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samedi 23 novembre 2013
Lorsque le corps épuisé s’abandonne aux errances des rêvesSous la voûte d’une alcôve coulait l’eau d’une fontaine intérieure, il faisait frais comme au milieu de la nuit. par Joël Roussiez |
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samedi 23 novembre 2013
Lorsque le corps épuisé s’abandonne aux errances des rêvesSous la voûte d’une alcôve coulait l’eau d’une fontaine intérieure, il faisait frais comme au milieu de la nuit. par Joël Roussiez |
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samedi 26 octobre 2013
Peu importe d’où je commenceHommage à Parménide par Joël Roussiez |
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mardi 28 mai 2013
Contenter ce besoin de voirJe plane à deux pas de ma capsule, c’est un plaisir curieux car il ne fait pas plaisir mais il allège ; on se sent lourd pourtant comme rempli d’eau ; dans le scaphandre il fait une chaleur tempérée à l’égal de celle du corps ; je me sens ainsi comme dans un bain sans eau et je perçois mal l’extérieur, pour ainsi dire pas, parfois. par Joël Roussiez |
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dimanche 5 mai 2013
Les Petites Ostensions IV/IVje m’égare de mamers natif là coupé court là raie à gauche au long des voies ferrées par Hervé Rabot |
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dimanche 5 mai 2013
L’enterrement des plaintes — hommages divers (Bâsho, Platon, Le Gréco...)Je me disais dès le matin : c’est intéressant mon petit pin-pin et je me réjouissais de l’état des choses, d’une phrase lue dans un livre : « toute voyelle non marquée est brève », par exemple ou bien d’une proposition : « conçois donc, comme nous disons, qu’ils sont deux rois... », ou bien encore de la santé du corps qui s’éveillait tandis que la nuit à la fenêtre se présentait encore de manière mystérieuse et lointaine comme un animal qui attend. par Joël Roussiez |
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mercredi 1er mai 2013
Les écrivains des Éditions de MinuitLes écrivains minuitistes semblent tous souligner qu’il faudrait de l’ironie, de la distance, du presque rien pour constituer ce qu’on pourrait appeler une littérature d’après la littérature, manière en quelque sorte désincarnée puisqu’elle refuserait d’être proche des choses telles qu’on les sent au profit d’un développement autour d’un état d’esprit ou d’un vécu commun. par Joël Roussiez |
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jeudi 21 février 2013
Unter drei Augen - Sous un triple œil« Das moralische Gesetz in mir “ La loi morale en moi par Alexander Kluge |
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jeudi 24 janvier 2013
Les Petites Ostensions I/IV— C’était le 11 janvier, n’est-ce pas ? La nuit où je suis né. — Oh Sal, tu devrais arrêter de m’interroger là-dessus. Ça s’est passé il y a si longtemps, ça n’a plus d’importance. — Pour moi, si, tante Clara. Et tu es la seule à pouvoir me le raconter. Tu comprends ? Tu es la seule, tante Clara. — Tu n’as pas besoin de crier. Je t’entends parfaitement, Salomon. Pas la peine de me bousculer ni de dire des gros mots. — Je ne te bouscule pas. J’essaie simplement de te poser une question. — Tu connais déjà la réponse. Elle m’a échappé il y a un instant, et maintenant je le regrette. — Tu ne dois pas le regretter. L’important, c’est de dire la vérité. Il n’y a rien de plus important. — C’est que ça paraît si… si… je ne veux pas que tu penses que j’invente. J’étais près d’elle dans sa chambre cette nuit là, vois-tu. Molly Sharp et moi, nous y étions toutes les deux, on attendait l’arrivée du docteur, et Elisabeth criait et se débattait si fort qu’il me semblait que la maison allait s’écrouler. — Que criait-elle ? — Des choses affreuses. Ça me rend malade d’y penser. — Raconte-moi, tante Clara. — Elle criait tout le temps : « Il essaie de me tuer. Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » — Elle parlait de moi ? — Oui, du bébé. Ne me demande pas comment elle savait qu’il s’agissait d’un garçon, mais c’est comme ça. Le moment approchait, et toujours pas de docteur. Molly et moi, nous tentions de la faire s’étendre sur son lit, de la cajoler pour qu’elle se mette en bonne position, mais elle refusait de coopérer. « Écarte les jambes, on lui disait, ça fera moins mal. » Mais Elisabeth ne voulait pas. Dieu sait où elle trouvait tant d’énergie. Elle nous échappait pour courir vers la porte, et répétait sans cesse ces hurlements terribles : « Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » Finalement, nous l’avons installé de force sur le lit, je devrais plutôt dire Molly, avec un petit peu d’aide de ma part — cette Molly Sharp était un bœuf — mais une fois-là, elle a refusé d’ouvrir les jambes. « Je ne le laisserai pas sortir, criait-elle. Je l’étoufferai d’abord là-dedans. Enfant monstre, enfant monstre. Je ne le laisserai pas sortir avant de l’avoir tué. » Nous avons voulu l’obliger à écarter les jambes, mais Elisabeth se dérobait, elle ruait et se débattait, tant et si bien que Molly s’est mise à la gifler — vlan, vlan, vlan ! aussi fort qu’elle pouvait — ce qui a mis Elisabeth dans une telle colère qu’après ça, elle n’a plus été capable que de hurler comme un bébé, le visage tout rouge, avec des cris perçants à réveiller les morts. — Bon Dieu. — De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de pire. — C’est pour ça que je voulais t’en parler. — Enfin, je suis tout de même sorti, n’est-ce-pas ? Paul AUSTER, 1989, Moon Palace, Éditions Actes Sud, 1990 pour la traduction française, traduit de l’américain par Christine LE BOEUF. par Hervé Rabot |
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jeudi 24 janvier 2013
Des hôtes de passageNous cheminons vers la mort à pas lents dans un chemin tranquille bercés par la présence de constructions anciennes et de jardins qui touchent en nous des sensibilités de vieillards. par Joël Roussiez |