Société

La société est la forme que prend la « conscience de soi » de groupes humains. Elle est l’image « imprésentable » de l’homme lorsqu’il s’efforce de comprendre en quoi et comment il appartient à un ensemble plus vaste qui l’englobe et le détermine.

Groupe d’humains formant communauté, « la » société s’est globalisée au point d’être, sous certains aspects, devenue planétaire. Pourtant, cette société planétaire est elle-même composée d’une infinité de sociétés. Chaque « société » existe selon des modalités diverses et entretient avec toutes les strates temporelles qui constituent l’histoire humaine des relations différenciées.
Identité, aliénation, culture, droit, universalisme, langues, la société est le domaine où se forme le sens, qui, selon Marc Augé, est « la relation entre les uns et les autres, entre l’un et l’autre, en tant qu’elle est pensable, pensée, représentée et éventuellement instituée ».
Au cœur du fonctionnement des sociétés, on trouve la question de la croyance et de la formation du sens, c’est-à-dire celle des récits et des mythes, des fictions, qui leur permettent de « tenir ». La société est la forme que prend à un moment donné la « conscience ». Elle est l’image « imprésentable » de l’homme individuel, culturel et générique lorsqu’il se projette comme appartenant à un ensemble plus vaste.

mardi 27 janvier 2015

Des millions d’e(r)go iconoclastes !

Les réactions engendrées par la tuerie des 7 et 9 janvier ont révélé malgré le grand concert général unitaire du 11 janvier combien un pays est fragile qui a accepté de se soumettre sans réserve depuis des décennies à des dirigeants qui n’ont eu de cesse de lui confisquer chaque jour un peu plus les choix qu’il pouvait faire, les décisions qu’il pouvait prendre et donc, l’exercice de sa puissance propre et de sa liberté. Agissant ainsi, ils ne font qu’imposer à l’ensemble de la société le geste dont ils sont les complices stipendiés, de voir leurs prérogatives réduites à l’enregistrement de décisions qu’au fond ils ne prennent pas.

par Laure Reveroff

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dimanche 21 décembre 2014

Autrement que croire : schize et reconfiguration psychique — I/II

La schize est notre demeure. Une demeure intenable – il est impossible d’y tenir en place –, une demeure ne se trouvant en aucun lieu, nulle part, insituable donc – elle nous accompagne partout – et dans laquelle pourtant nous existons.

par Jean-Louis Poitevin

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dimanche 21 décembre 2014

Du Dancing au Tragique

Pour être d’une exquise gentillesse et d’une discrétion exemplaire, Thierry Malandain se trouve cependant périodiquement au cœur du débat. Auteur de plus de 80 pièces, le chorégraphe qui dirige le Centre Chorégraphique National de Biarritz tourne beaucoup, particulièrement à l’étranger quoi qu’il se voit régulièrement, en France, pris dans le vieux débat sur la contemporanéïté de la danse et le vocabulaire néo-classique. Lui s’avoue en dehors des polémiques, mais n’en assume pas moins son intérêt pour des formes issues de la tradition chorégraphique.

par Olivier Houeix et Philippe Verrièle

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dimanche 21 décembre 2014

Avec obstination

Mais pourquoi ce rictus amer, lui demandais-je plus tard lorsqu’elle eut accepté un bol de café.

par Joël Roussiez

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vendredi 28 novembre 2014

Le règne du mépris

La Fiac est passée. Paris photo a fermé ses portes, fin annuelle de la petite rengaine coulée dans le bruit médiatique. Ne l’entendent que ceux qui s’approchent trop près. Les autres vont dans l’indifférence à ce qui se trame à côté d’eux comme nous allons tous, indifférents aux guerres qui se trament dans des territoires voisins du nôtre, en notre nom et dont nous ne percevons justement que la rengaine médiatique. Avec une fermeté digne de celle qui s’exerce à l’entrée d’un camp de rétention quand il s’agit d’en interdire l’entrée à des curieux trop curieux, à la Fiac comme à Paris Photo, les responsables ont interdit à de nombreux journalistes et critiques d’art dûment accrédités mais qui n’avaient pas pu être présents le jour de l’ouverture ou qui n’étaient que des représentants de média considérés par eux comme sans intérêt pour la promotion de leur manifestation chérie.

par Laure Reveroff

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vendredi 28 novembre 2014

Je ne veux plus vous voir

On n’utilisait pas d’épluche-légumes. On préférait peler les patates avec un couteau sur le journal de la veille. J’ai découvert ça en quittant la maison pour me mettre en co-location. 
Quelques jours après mon emménagement, je suis partie une journée à la mer avec celle qui deviendrait rapidement mon amie. Dans la voiture, on est tombé sur France-Culture ; ça parlait de René Char, je me souviens avoir imité le présentateur. Je n’avais évidemment jamais entendu parler de lui et à la maison c’était une culture qui ne nous appartenait pas. On tombait dessus, on écoutait deux-trois phrases, on rigolait avant de zapper. Fanny elle, laissait l’émission. 

Ce projet est l’aboutissement en images d’un questionnement qui préoccupait déjà l’enfant, qui forge sûrement l’adulte. Le sentiment de trahir son milieu d’origine, et l’angoisse malgré tout d’une disparition inévitable. 

par Laura Lafon et Sylvain Duthu

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