photographie

jeudi 21 février 2013

Magdi Senadji

TK-21 LaRevue ouvre une réflexion consacrée au photographe Magdi Senadji, dix ans après sa disparition. Photographe important des années 80 et 90, Magdi Senadji, outre quelques expositions, a surtout publié quatre livres importants Facile, Gombrowicz, Prague et Bovary, tous parus aux Éditions Marval. Cet éditeur ayant cessé son activité et Magdi Senadji n’ayant laissé de son côté que peu de tirages originaux, son œuvre est aujourd’hui presque invisible même si quelques tirages sont présents dans quelques institutions. Les livres qu’il a publié sont pour la plupart épuisés. Quant aux six fascicules parus aux Éditions À une Soie, TK-21 les republiera dans ses prochains numéros.

TK-21 LaRevue ayant pour désir de rendre à nouveau accessible l’ensemble de cette œuvre va entreprendre un travail de recherche afin de mener à bien ce projet.

Pour rendre hommage à Magdi Senadji dix ans après sa disparition, TK-21 LaRevue publie deux textes de Danielle Robert-Guédon extraits de ses romans, Le désespoir du singe et Les vivants, les morts et les marins dans lesquels elle évoque la figure de Magdi Senadji. Nous accompagnons ce portrait littéraire de quelques images et d’un portrait.

par Danielle Robert-Guédon

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jeudi 21 février 2013

Les Petites Ostensions II/IV

— C’était le 11 janvier, n’est-ce pas ? La nuit où je suis né.

— Oh Sal, tu devrais arrêter de m’interroger là-dessus. Ça s’est passé il y a si longtemps, ça n’a plus d’importance.

— Pour moi, si, tante Clara. Et tu es la seule à pouvoir me le raconter. Tu comprends ? Tu es la seule, tante Clara.

— Tu n’as pas besoin de crier. Je t’entends parfaitement, Salomon. Pas la peine de me bousculer ni de dire des gros mots.

— Je ne te bouscule pas. J’essaie simplement de te poser une question.

— Tu connais déjà la réponse. Elle m’a échappé il y a un instant, et maintenant je le regrette.

— Tu ne dois pas le regretter. L’important, c’est de dire la vérité. Il n’y a rien de plus important.

— C’est que ça paraît si… si… je ne veux pas que tu penses que j’invente. J’étais près d’elle dans sa chambre cette nuit là, vois-tu. Molly Sharp et moi, nous y étions toutes les deux, on attendait l’arrivée du docteur, et Elisabeth criait et se débattait si fort qu’il me semblait que la maison allait s’écrouler.

— Que criait-elle ?

— Des choses affreuses. Ça me rend malade d’y penser.

— Raconte-moi, tante Clara.

— Elle criait tout le temps : « Il essaie de me tuer. Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. »

— Elle parlait de moi ?

— Oui, du bébé. Ne me demande pas comment elle savait qu’il s’agissait d’un garçon, mais c’est comme ça. Le moment approchait, et toujours pas de docteur. Molly et moi, nous tentions de la faire s’étendre sur son lit, de la cajoler pour qu’elle se mette en bonne position, mais elle refusait de coopérer. « Écarte les jambes, on lui disait, ça fera moins mal. » Mais Elisabeth ne voulait pas. Dieu sait où elle trouvait tant d’énergie. Elle nous échappait pour courir vers la porte, et répétait sans cesse ces hurlements terribles : « Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » Finalement, nous l’avons installé de force sur le lit, je devrais plutôt dire Molly, avec un petit peu d’aide de ma part — cette Molly Sharp était un bœuf — mais une fois-là, elle a refusé d’ouvrir les jambes. « Je ne le laisserai pas sortir, criait-elle. Je l’étoufferai d’abord là-dedans. Enfant monstre, enfant monstre. Je ne le laisserai pas sortir avant de l’avoir tué. » Nous avons voulu l’obliger à écarter les jambes, mais Elisabeth se dérobait, elle ruait et se débattait, tant et si bien que Molly s’est mise à la gifler — vlan, vlan, vlan ! aussi fort qu’elle pouvait — ce qui a mis Elisabeth dans une telle colère qu’après ça, elle n’a plus été capable que de hurler comme un bébé, le visage tout rouge, avec des cris perçants à réveiller les morts.

— Bon Dieu.

— De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de pire.

— C’est pour ça que je voulais t’en parler.

— Enfin, je suis tout de même sorti, n’est-ce-pas ?

Paul AUSTER, 1989, Moon Palace, éditions Actes Sud, 1990 pour la traduction française, traduit de l’américain par Christine LE BOEUF.

par Hervé Rabot

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jeudi 24 janvier 2013

Photographie liquide — III /III

« Croisant ses réflexions sur la photographie et sur la notion d’auteur, Joan Fontcuberta aborde sous un angle nouveau l’exposition de soi, cette forme de jeu avec le Je. Partant du constat d’un monde envahi par l’image – qui fait qu’aujourd’hui « nous habitons l’image » –, l’artiste s’interroge sur la nécessité, pour le photographe, d’en produire d’autres encore.

par Laura Lafon

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mardi 18 décembre 2012

Photographie liquide — II/III

Le concept de liquidité régit la photographie à l’ère numérique, sa pratique, sa fonction, son expression artistique. La photographie n’a de sens aujourd’hui que dans sa diffusion voire sa production numérique. Bien loin d’être morte, la photographie vit simplement une période qui la dépasse tout en la replaçant en son cœur : la postphotographie.

par Laura Lafon

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mardi 27 novembre 2012

Berlin - Ringbahn

Berlin - Ringbahn est une exploration fugitive de la capitale allemande à partir de la ligne de RER/S-Bahn qui la ceinture. Une tentative de définition de cette ville insaisissable en cheminant sur sa frontière transparente.
Antoine Tricot – Berlin, Février-Juillet 2010.

par Antoine Tricot

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mardi 27 novembre 2012

Photographie liquide — I/III

« Pourquoi réalisez-vous des autoportraits ? Prenez-vous des photos de vous seulement pour vous ou aussi pour vos amis en ligne ? »

par Laura Lafon

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mardi 27 novembre 2012

Cheap Land

Devant cette image de Richard Petit, je me sens comme un trappiste découvrant l’usage du presse-purée.

par Richard Petit

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mardi 20 novembre 2012

TK-21 L’atelier

Première de TK-21 L’atelier (qui remplace le séminaire).
En présence du photographe Pascal Hausherr qui parlera de son travail et de son livre Encore et débattra avec vous autour du sujet :
photographie et conscience de classe !

par Martial Verdier et Pascal Hausherr

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vendredi 26 octobre 2012

Correspondances vibratoires

L’association de deux éléments hétérogènes est l’une des sources incompressibles de la pensée. Point de départ de toute forme de comparaison et donc de toute relation, la métaphore établit un lien entre des éléments à partir d’une ressemblance supposée.

par Jean-Louis Poitevin et Philippe Fabian

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