Villes

La ville est en train de disparaître sous nos yeux, laissant désormais place dans toutes les régions du monde à des mégapoles, espaces de type urbain qui ne connaissent pas de centre ou qui ont vidé le centre de sa substance et qui se développent sans règle apparente, consommant l’espace et le régurgitant comme un déchet. Dans ces « villes », corps, comportements, inventions, tout est en reconfiguration permanente. Réalité et simulation y constituent les deux faces d’un seul et unique processus.

Ensemble de lieux dans lesquels les hommes ont commencé à vivre, il y a plus de cinq mille ans, la ville regroupe la plupart des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture. Développée dans le monde à partir modèle occidental, la ville s’est constituée autour d’un centre. Unité urbaine étendue et fortement peuplée, la ville s’est définie en opposition au village et aux zones naturelles et sauvages ou à celles que l’homme a conquises pour y développer l’agriculture.
Le XXe siècle a vu l’émergence des mégapoles, entités urbaines de plusieurs dizaines de millions d’habitants qui ont accompagné l’explosion démographique que connaît la terre. En 2050 plus des deux tiers des humains vivront dans ces villes « dont le centre est partout et la circonférence nulle part ».
Rem Koolhaas donne le nom de ville générique à ces villes qui ont su se libérer « de l’esclavage du centre » et de la « camisole de force de l’identité ». Dans ces mégapoles qui ont englouti « la » ville, les hommes expérimentent leur sortie des conditions « naturelles » d’existence en faisant à travers cette expansion sans fin l’expérience, peut-être la seule nouvelle, de la redondance, là où jusqu’à présent, ils avaient fait l’expérience de la différenciation.

vendredi 28 novembre 2014

Construction Site Dreg

Entre destruction et construction, entre ruine et angles droits des murs neufs et nus, il y a des restes innommables, cadavres indiciels d’une activité paradoxale, celle de construire ou formes en attente d’un devenir excité. Ces éléments coagulent le temps comme la glace enveloppe ce qu’elle prend, corps, objet, souvenir, accord entre matière et oubli. Ces œuvres de Jihyun Jung constituent le troisième volet de cet ensemble qui, entre les pôles incernables de la destruction et de la construction, laisse exister ces résidus qui sont comme le témoignage d’un engendrement paradoxal, celui de la vie, celui de la pensée, celui du rêve. Ce que nous voyons sont des morceaux de rêves séchés.

par Jean-Louis Poitevin et Jihyun Jung

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mardi 28 octobre 2014

Construction site

Après les destructions, des images de bâtiments en court de destruction, l’état antérieur ou postérieur selon le point de vue auquel on se place. Car on peut choisir de voir ce qui existait avant la ruine jeune abolie ou après puisqu’en général sur cet emplacement devenu vide, on reconstruit. Cette tension est le cœur vivant de l’œuvre de Jihyun Jung.

par Jihyun Jung

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mardi 28 octobre 2014

Salonique un port sans fin

Jean-Christophe Ballot, qui connaît cette ville, a choisi de n’en montrer que des aspects secs et comme désertés par les hommes.

par Jean-Christophe Ballot et Jean-Louis Poitevin

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vendredi 26 septembre 2014

Demolition Site

‘Demolition Site’ of Jihyun Jung shows us the artist’s traces left in a demolition site in redevelop area. We think we have been used to those sites but at the same time in some way we haven’t. People both desire and feel uncomfortable about newly built cities, which are built only for political and economic benefits trampling on their past.

par Jihyun Jung

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vendredi 26 septembre 2014

Agir l’espace

Note sur sept « maquettes abandonnées » de Mengzhi Zheng présentées à la Galerie Martine et Thibault de La Châtre en septembre 2014 dans le cadre de l’exposition collective Cosmic players.

par Jean-Louis Poitevin et Mengzhi Zheng

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mercredi 30 juillet 2014

Éternelle Babel

Jean-Francis Fernandès est un classique, un classique avec un regard décentré.
On pourrait croire qu’il photographie la ville et les gens parce qu’il aime la ville et les gens. C’est sans doute vrai. Mais ses images ne relèvent pas de cette photographie dite humaniste censée déclencher chez ceux qui les regardent les sursauts d’un exercice compassionnel. Quand il photographie les gens, lui, c’est leur ombre qu’il voit avant tout, et ceux qui parviennent malgré tout à loger leur corps dans ses images sont pour la société des ombres ou des fantômes qui hantent une société qui les rejette.

par Jean-Francis Fernandès † et Jean-Louis Poitevin

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mercredi 30 juillet 2014

Chambres avec vues

Mon travail de peinture et d’installation s’articule selon deux axes : œuvres in situ et pièces autonomes. Il est souvent mis en lien et élaboré dans un espace ou avec un environnement donnés.

par Soizic Stokvis

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mardi 24 juin 2014

Desciudades

Luis Moragon est peintre et photographe. Si ses derniers tableaux s’inspirent d’images de cinéma, ses photographies, elles tentent de parcourir la distance et l’écart qui existe, en lui, entre Paris sa ville d’adoption et Alicante, sa ville natale. Pour cela, il a mis au point un dispositif technique qui confère à chacune de ses images une densité fantomatique et irréelle et qui le conduit à penser la ville comme une « non ville », et l’image comme le vecteur d’une approche déconstructrice de l’urbain.

par Luis Moragon

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mardi 24 juin 2014

Perdus, peut-être…

Pol Lujan est un de ces photographes, rares, qui savent associer déplacement et regard, déambulation et vitesse, lenteur extatique de l’observation et rapidité de la capture.

par Jean-Louis Poitevin et Pol Lujan

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mardi 27 mai 2014

Voyance

Karine Maussière regarde le monde avec des yeux de voyageuse transtemporelle. Elle jette ses yeux vers le grand dehors paysager, celui qui s’étale aux marges du monde urbain et qui est peuplé de ces ruines jeunes dont elle semble être tombée amoureuse.

par Jean-Louis Poitevin et Karine Maussière

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