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dimanche 5 mai 2013
ChambretaudCeci n’est pas une ville à proprement parler. Ni même une partie d’une ville. Un bourg tout au plus, ou une partie d’un bourg.
Chambretaud – 2013 – Antoine Tricot par Antoine Tricot |
Surface signifiante, animée, pixellisée ayant envahi les écrans et les cerveaux, l’image est devenue aujourd’hui un opérateur perceptif et cognitif.
Une image est une surface signifiante sur laquelle apparaissent des éléments, lignes, couleurs, formes diverses, qui entretiennent des relations ne relevant pas de la logique verbale et textuelle, mais d’une dimension « magique ». Fixe pendant des millénaires, l’image s’est animée avec l’invention du cinéma. Depuis l’invention de la vidéo et des appareils numériques elle ne peut plus être perçue comme analogique. Définie par les programmes des appareils, elle n’est plus qu’une organisation transitoire de pixels qui oscille entre émergence de manifestation visuelle offrant à la vision humaine des éléments reconnaissables et disparition ou brouillage de ces mêmes éléments. Tout a lieu en permanence sur les écrans de la planète. Multipliée à l’infini, elle envahit la réalité et les cerveaux comme une hallucination continue. Prenant la place du texte dans le champ élargi de la connaissance, elle est devenue un opérateur perceptif et cognitif.
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dimanche 5 mai 2013
ChambretaudCeci n’est pas une ville à proprement parler. Ni même une partie d’une ville. Un bourg tout au plus, ou une partie d’un bourg.
Chambretaud – 2013 – Antoine Tricot par Antoine Tricot |
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dimanche 5 mai 2013
Haïku 3 & 4Fait d’hiver par Emmanuèle Lagrange |
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dimanche 5 mai 2013
Images d’ÉrosCorps, masculins, féminins, nus ou déployant des aspects de leur nudité, ils sont saisis dans l’imagerie érotique entre les deux extrémités que le regard autorise, la présentation de l’immensité du corps, totalité inaccessible possiblement appréhendable d’un seul regard y compris dans ses mélanges avec d’autres corps et la présentation, partes extra partes, du devenir paysage du corps à travers son découpage en morceaux. par Jean-Louis Poitevin |
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mercredi 1er mai 2013
Le jardin aux fleurs peintesCe n’est ni à l’Est, ni à l’Ouest d’Éden que nous trouvons le jardin aux fleurs peintes, mais à la jonction mentale entre la ligne de balayage d’une caméra vidéo et un certain silence qui effrayait tant Pascal. par Hervé Ic et Jean-Louis Poitevin |
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mercredi 1er mai 2013
L’immémorableAfin de poursuivre son hommage à Magdi Senadji, TK-21 LaRevue s’associe avec les éditions À une SOIE, afin de republier l’ensemble des ouvrages réalisés par le photographe et quelques amis écrivains avec cet éditeur entre 1992 et 2000. Le premier fascicule s’intitule L’immémorable. Les images sont celles de masques africains que Magdi Senadji a réalisées au fil du temps. Le texte a été écrit par Pierre Bergounioux. L’ouvrage date de 1994. Il est en fait le deuxième de la série réalisée par les éditions À une SOIE, mais le premier republié par TK-21 LaRevue. par Pierre Bergounioux |
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mercredi 1er mai 2013
Les Petites Ostensions III/IVpar Hervé Rabot |
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mercredi 1er mai 2013
Figures dansantesFlux du geste par Gaëtan Viaris de Lesegno † |
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jeudi 21 février 2013
Magdi SenadjiTK-21 LaRevue ouvre une réflexion consacrée au photographe Magdi Senadji, dix ans après sa disparition. Photographe important des années 80 et 90, Magdi Senadji, outre quelques expositions, a surtout publié quatre livres importants Facile, Gombrowicz, Prague et Bovary, tous parus aux Éditions Marval. Cet éditeur ayant cessé son activité et Magdi Senadji n’ayant laissé de son côté que peu de tirages originaux, son œuvre est aujourd’hui presque invisible même si quelques tirages sont présents dans quelques institutions. Les livres qu’il a publié sont pour la plupart épuisés. Quant aux six fascicules parus aux Éditions À une Soie, TK-21 les republiera dans ses prochains numéros. TK-21 LaRevue ayant pour désir de rendre à nouveau accessible l’ensemble de cette œuvre va entreprendre un travail de recherche afin de mener à bien ce projet. Pour rendre hommage à Magdi Senadji dix ans après sa disparition, TK-21 LaRevue publie deux textes de Danielle Robert-Guédon extraits de ses romans, Le désespoir du singe et Les vivants, les morts et les marins dans lesquels elle évoque la figure de Magdi Senadji. Nous accompagnons ce portrait littéraire de quelques images et d’un portrait. par Danielle Robert-Guédon |
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jeudi 21 février 2013
Les Petites Ostensions II/IV— C’était le 11 janvier, n’est-ce pas ? La nuit où je suis né. — Oh Sal, tu devrais arrêter de m’interroger là-dessus. Ça s’est passé il y a si longtemps, ça n’a plus d’importance. — Pour moi, si, tante Clara. Et tu es la seule à pouvoir me le raconter. Tu comprends ? Tu es la seule, tante Clara. — Tu n’as pas besoin de crier. Je t’entends parfaitement, Salomon. Pas la peine de me bousculer ni de dire des gros mots. — Je ne te bouscule pas. J’essaie simplement de te poser une question. — Tu connais déjà la réponse. Elle m’a échappé il y a un instant, et maintenant je le regrette. — Tu ne dois pas le regretter. L’important, c’est de dire la vérité. Il n’y a rien de plus important. — C’est que ça paraît si… si… je ne veux pas que tu penses que j’invente. J’étais près d’elle dans sa chambre cette nuit là, vois-tu. Molly Sharp et moi, nous y étions toutes les deux, on attendait l’arrivée du docteur, et Elisabeth criait et se débattait si fort qu’il me semblait que la maison allait s’écrouler. — Que criait-elle ? — Des choses affreuses. Ça me rend malade d’y penser. — Raconte-moi, tante Clara. — Elle criait tout le temps : « Il essaie de me tuer. Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » — Elle parlait de moi ? — Oui, du bébé. Ne me demande pas comment elle savait qu’il s’agissait d’un garçon, mais c’est comme ça. Le moment approchait, et toujours pas de docteur. Molly et moi, nous tentions de la faire s’étendre sur son lit, de la cajoler pour qu’elle se mette en bonne position, mais elle refusait de coopérer. « Écarte les jambes, on lui disait, ça fera moins mal. » Mais Elisabeth ne voulait pas. Dieu sait où elle trouvait tant d’énergie. Elle nous échappait pour courir vers la porte, et répétait sans cesse ces hurlements terribles : « Il essaie de me tuer. Ne le laissons pas sortir. » Finalement, nous l’avons installé de force sur le lit, je devrais plutôt dire Molly, avec un petit peu d’aide de ma part — cette Molly Sharp était un bœuf — mais une fois-là, elle a refusé d’ouvrir les jambes. « Je ne le laisserai pas sortir, criait-elle. Je l’étoufferai d’abord là-dedans. Enfant monstre, enfant monstre. Je ne le laisserai pas sortir avant de l’avoir tué. » Nous avons voulu l’obliger à écarter les jambes, mais Elisabeth se dérobait, elle ruait et se débattait, tant et si bien que Molly s’est mise à la gifler — vlan, vlan, vlan ! aussi fort qu’elle pouvait — ce qui a mis Elisabeth dans une telle colère qu’après ça, elle n’a plus été capable que de hurler comme un bébé, le visage tout rouge, avec des cris perçants à réveiller les morts. — Bon Dieu. — De toute ma vie, je n’ai jamais rien vu de pire. — C’est pour ça que je voulais t’en parler. — Enfin, je suis tout de même sorti, n’est-ce-pas ? Paul AUSTER, 1989, Moon Palace, éditions Actes Sud, 1990 pour la traduction française, traduit de l’américain par Christine LE BOEUF. par Hervé Rabot |