paysage

samedi 27 juin 2015

Entretien avec Gilles Clément — II/II

Le concept de jardin en mouvement s’inspire de la friche : un terrain non entretenu est rapidement colonisé par de nombreuses plantes. Cette dynamique naturelle complexe, reposant sur de multiples interactions, peut être mise à profit pour composer un espace en perpétuelle évolution. Le jardinier tente d’infléchir « les énergies en présence — croissances, luttes, déplacements, échanges » pour « les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse », et sa devise devient : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre. »

par Hervé Bernard et Jean-Louis Poitevin

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samedi 27 juin 2015

Fragments de récitatifs

La solitude est un état, une réalité qui rend apte à explorer son propre cœur, mais aussi à approfondir les relations entre soi et le monde extérieur. Quand nous vivons dans cette situation, nous sommes incités à observer, dans l’espoir aussi d’incarner l’énergie que cela implique dans ce qui nous entoure.

par Sun Wei-Shiuan 文/孫維瑄

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lundi 25 mai 2015

Entretien avec Gilles Clément — I/II

Il nous semble naturel de vous avertir. Vous venez de si loin, votre voyage est si long. Vous pourriez accuser un retard sidéral quoique légitime ; il se pourrait qu’en lieu et place de notre civilisation vous ne trouviez que des ruines et des ossements. Par avance nous nous excusons de ce dérangement et souhaitons que l’odeur de la putréfaction ait disparu.

par Hervé Bernard et Jean-Louis Poitevin

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lundi 25 mai 2015

La signification suspendue

On oublie souvent que les photographies sont hantées par des voix, parce qu’elles ont à voir avec l’autre côté du vivant, avec les fantômes, avec l’oubli, avec l’absorption difficultueuse de l’altérité dans la chair putrescible qui ne cesse de clamer son innocence.

par François Sagnes et Jean-Louis Poitevin

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dimanche 24 mai 2015

Glaciers

Avant d’être admirée au XIXe siècle, puis domestiquée et consommée au XXe siècle, la montagne était source d’appréhension voire d’hostilité. Ainsi, jusqu’au XVIIIe siècle, les « glacières » de la « Montagne Maudite », l’actuel Mont-Blanc, ne sont guère visitées. Lorsqu’elles sont mentionnées, c’est pour décrire leurs dangers, ceux de leurs crevasses responsables de l’engloutissement de chasseurs.

par Aurore Bagarry et Luce Lebart

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dimanche 26 avril 2015

Plongée dans l’épaisseur du temps

La superposition d’images est aussi ancienne que la photographie. Historiquement, hasard de gestes imprécis ou volonté délibérée, la superposition d’images porte avec elle la preuve que photographie et magie sont sœurs jumelles. On pourrait aussi arguer qu’elle démontre précisément le contraire, qu’une image est toujours une construction, entendons ici, un montage, ou si l’on préfère une superposition d’états, qu’ils soient de matière ou de pensée, de vision ou d’intention.

par Francesca Dal Chele et Jean-Louis Poitevin

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dimanche 26 avril 2015

L’expression du vert

« Le paysage c’est le monde. Le monde tel qu’il est. Le monde tel qu’il va. Tous les signes et stigmates sont là. Outre la beauté brute et têtue de la nature, l’irréductibilité, par exemple, de la Méditerranée, des Alpes ou du plateau de Millevaches ; outre la situation particulière de ces territoires, les balafres et strates inexpugnables des infrastructures portuaires et industrielles, l’avidité dévoreuse des zones d’habitat urbain ; il y a l’épreuve physique. Celle du regard. Celle de la marche. Le flux des sensations et de la pensée. Celui des images, des mots et des sons pour l’approcher, l’apprivoiser et en rendre compte. Tout ce "chant général" qu’on peut aussi appeler : poétique du territoire. »

par Brigitte Palaggi , Christophe Galatry et Olivier Domerg

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mercredi 25 mars 2015

Le grand « lego »

Beomsik WON poursuit actuellement sa recherche sur les formes impossibles en architecture à travers un travail inlassable de montage dont le fondement est un travail de déconstruction. Démonter les formes existantes - ces assemblages qui forment aujourd’hui le visible urbain - et les remonter en fonction d’un plan mental ne tenant pas compte des impératifs imposés par les lois de la gravité, tel est l’enjeu de ces archisculptures portant le titre générique d’Antigravity.
Ici la déconstruction derridienne côtoie les fantômes encore non vus d’un futur ayant commencé de faire muter la réalité. C’est un éveil du regard qui constitue le véritable chantier de ce travail.

par Beomsik Won et Jean-Louis Poitevin

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jeudi 26 février 2015

Nothing But A Symphony

Nothing But A Symphony is a four-minute-and-twenty-second-long single channel video. The video sees the world as vibrating melodies in unison. The Korean top cellist Jungran Lee plays an invisible cello in concert with jellyfishes, and primary colors, creating a rhythmical harmony of Nature : the cellist, the jellyfishes, and the primary colors appear and re-appear respectively on the timeline of the video, creating a cadence. This arrangement between human and non-human performances levels the subject-object relationship through a non-anthropocentric point of view.

par Jae Wook Lee

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jeudi 26 février 2015

Surfaces sensibles

Être dans l’intime conviction d’appartenir à un lieu ; avoir le sentiment non pas tant d’habiter ce lieu que d’être habité par lui. C’est un sentiment que je ne connais pas, moi, fille d’Italiens immigrés aux États-Unis. Au contraire, dès ma petite enfance, c’est le sentiment d’être « étrangère » qui m’habite, et plus tard, c’est le déracinement volontaire vers Paris (mais les racines étaient si peu profondes …).

par Francesca Dal Chele , Frets Verhees et Marie Lopez

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