lundi 26 février 2018

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Wagner fait rager

Les ciels de décembre

, Laëtitia Bischoff

Wagner fait rager
les ciels de décembre

des ponts de nuages
résonnent en cors

les teintes renversées
d’un cocktail exotique
dentent mon haut horizon

c’est la roche qui cueille
les éclairs
elle désape l’électricité
de toute pudeur
et réclame son bain de caresses

et si la lune était un trait
elle perdrait
la sagesse de ses
circonvolutions
elle deviendrait espiègle

elle narguerait le paysage
à n’importe quelle heure
partitionnerait la stratosphère
de sa trajectoire
nous ferait languir
de son retour

se présenterait
boule le soir
comme un chat
revenu de ses méfaits

les feuilles glapissent
avant de s’éteindre

les caravelles
de vapeur d’eau
font naufrage

la chaleur se resserre
le rouge se hâte
le vert expire

la pluie ne peut rien
contre la gueule de bois
du paysage

la lutte des teintes
de la bruine aux corbeaux

par où doit-on respirer,
par quel orifice expulse-t-on le plomb en gaz ?

les oiseaux
se débarrassent du sol

ils voguent d’air
en brassées sonores
défaussent leur soumission
remontent en échappée chaude

comme un bras
cassé au fil des jours

la rencontre d’une
épice et d’un vinaigre

deux feux intérieurs
ne se soupçonnaient guère

le ciel
balbutie
son
couché
de soleil

la bûche s’épanche
elle devient mer

elle crie en vagues
geint comme une faille tectonique