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Un programme pour l’écoute, la dance et le plaisir…
C’est du jazz latino 42
les flûtistes
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Bien que la flûte et le violon ne soient pas aussi omniprésents dans le jazz latino que les trompettes, les trombones ou la section rythmique, leur présence est historique et, de fait, ils connaissent un regain d’intérêt notable. Ce sont des instruments qui ajoutent une texture très distinctive, tantôt aérienne et agile, tantôt lyrique et nostalgique, ce qui les rend particulièrement attrayants dans ce genre.
La flûte [1] possède un héritage très fort dans la musique cubaine, antillaise et dans le jazz latino. Parmi les caractéristiques de son jeu, on peut souligner l’influence notable de la charanga, son rôle le plus important vient des charangas cubaines et de celles qui, basées sur ce format, se sont répandues à travers les Amériques, dont beaucoup étaient basées à New York dans les années 1950, 1960 et 1970. Dans ce format orchestral, la flûte (généralement la flûte en bois à cinq clés, bien que la flûte traversière moderne soit plus couramment utilisée aujourd’hui) partage le rôle mélodique principal avec le violon. Cela confère à la section des vents un son très doux et élégant. Il convient également de noter son agilité et sa virtuosité, la flûte est un instrument incroyablement agile, qui se traduit par des solos rapides et mélodiques, pleins d’arpèges et de gammes vertigineuses qui peuvent être très impressionnants. Les flûtistes de jazz latino possèdent généralement une technique raffinée pour naviguer dans les rythmes et les harmonies complexes du jazz. Outre la charanga, il convient de noter l’influence de la guaracha et d’autres rythmes et mélodies entraînants : la flûte excelle à jouer des mélodies entraînantes et à improviser dessus avec un phrasé très rythmé et dansant. Ses lignes mélodiques sont souvent chantantes et apportent de la légèreté à l’ensemble. Une autre vertu de la flûte est sa capacité à créer du dialogue et du contraste. Elle peut alterner entre un brillant instrument soliste et un instrument à vent, contrastant avec le son plus « métallique » des trompettes ou des trombones ; son timbre clair ressort facilement.
Un groupe de flûtistes remarquables doit être mentionné, et ce, dans les styles les plus divers : Richard Egües, de l’Orchestre d’Aragon, pionnier absolu de la flûte dans la charanga et influence incontournable ; José Fajardo, figure clé de l’explosion de la charanga à New York et également influence majeure ; Dave Valentín, l’un des flûtistes de latin jazz les plus célèbres de l’histoire, connu pour sa polyvalence et sa sonorité distinctive ; Nestor Torres, autre géant contemporain, fusionne jazz, pop et rythmes latins avec sa flûte ; le vénézuélien Huascar Barradas, qui intègre les genres nationaux de son pays aux traditions caribéenne, latino-américaine et jazz.
Impossible d’aborder l’histoire et le statut actuel de ces deux instruments dans la musique latine et le jazz sans évoquer la forme orchestrale et le rythme de la charanga. La charanga, en tant que forme orchestrale et sonorité distinctive, s’est répandue depuis Cuba, notamment à l’âge d’or du danzón, du cha-cha-cha et du mambo, influençant une grande partie du continent et la diaspora latine aux États-Unis.
Si la forme charanga « pure » (flûte, violons, piano, basse, percussions) est plus fidèle à ses racines cubaines, de nombreux groupes étrangers ont adopté l’essence de la charanga, fusionnant sa sonorité distinctive (notamment la flûte et les violons avec des rythmes latins) avec leurs propres traditions ou avec le jazz, créant ainsi ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de jazz latino et des sous-genres de la salsa. Certaines charangas et certains groupes fortement influencés par la charanga sont nés et ont survécu dans d’autres pays, principalement aux États-Unis (surtout à New York, qui était un creuset culturel) et à Porto Rico, où l’influence cubaine était massive. Aux États-Unis (principalement à New York) : l’Orquesta Broadway est probablement la charanga la plus célèbre et la plus durable en dehors de Cuba. Fondée à New York en 1962 par les frères Eddy Zervigón (flûte) et Rudy Zervigón (violon et leader) ; l’Orquesta Broadway est devenue un pilier de la scène salsa et jazz latino de la Big Apple. Conservant le format classique de la charanga cubaine, elle a connu une immense popularité, faisant découvrir le cha-cha-cha et le danzón aux nouvelles générations et les fusionnant avec la salsa. Elle a enregistré de nombreux albums et est devenue un incontournable.
Charanga America, fondée à New York, a également connu son apogée dans les années 1970 et 1980, avec l’enregistrement de plusieurs albums. Elle a conservé le format traditionnel de la charanga, en y intégrant le swing new-yorkais. Son tube « Ayúdame San Antonio » est un bon exemple de son style. Charanga 76, bien que de courte durée, était un autre orchestre new-yorkais important des années 1970, combinant le format charanga aux tendances salsa de l’époque. Charanga Sensación, autre groupe new-yorkais de premier plan, a suivi le format charanga et a contribué à la scène salsa. Joe Quijano y Su Conjunto Cachana, bien que n’étant pas un pur charanga, ont été fortement influencés par le format charanga, incluant souvent des flûtes et des violons, et leur musique mambo et pachanga avait cette saveur particulière. Quijano (portoricain) a joué un rôle essentiel dans la popularisation de ces rythmes à New York. (Pacheco y su Charanga, avant les Fania All-Stars, Johnny Pacheco (dominicain) a eu une charanga très réussie dans les années 1960, qui a contribué à l’explosion de la pachanga. Son approche était plus rythmique et dansante, et bien qu’elle ait ensuite évolué vers un format d’ensemble avec trompettes, ses débuts avec la charanga ont été très influents. Eddie Palmieri (à ses débuts et dans certains projets), bien que Palmieri (nuyorican) soit connu pour ses « orchestres de trombone », on le retrouve dès ses débuts avec son groupe La Perfecta et dans certains projets tout au long de sa carrière, où l’on retrouve des influences et des éléments de la charanga, incluant parfois la flûte. Sa capacité à fusionner les genres a toujours été remarquable.
Alberto Socarrás, né à Manzanillo, Cuba, le 19 septembre 1908-(1987), est un flûtiste qui joue du jazz, du merengue, du mambo et du cha-cha-cha. Le jeune Alberto Socarrás, âgé de 7 ans, commence par apprendre la flûte en 1915 avec sa mère Dolores Estacio, et s’initie tout seul au jeu du saxophone en écoutant des disques de Rudy Wiedoeft. Il rejoint ensuite le Conservatoire Provincial de Musique à Santiago de Cuba, puis complètera ses études au Timothy Music Conservatory à New York, obtenant un diplôme équivalant à un doctorat en musique.
The Cuban Jazz Band est fondé en 1922 par Jaime Prats à La Havane. La formation inclut son fils Rodrigo Prats au violon, Alberto Socarrás à la flûte et au saxophone, et Pucho Jiménez au trombone à coulisse. Des travaux récents citent cet ensemble comme étant le tout premier jazz band à Cuba, mais ils furent plusieurs groupes à pouvoir prétendre à ce titre. En 1926, âgé de 18 ans, il décide d’immigrer aux États-Unis où il effectuera toute sa carrière avec une reconnaissance et un succès public, à partir de 1927, il fait la connaissance de Clarence Williams qui l’invite à rejoindre son Clarence Williams Orchestra et le Clarence Williams’ Jazz Kings. Durant les quatre années qui suivront, Socarrás enregistre huit pièces musicales où la flûte est prédominante. Son enregistrement du vrai premier solo de flûte jazz dans le titre Have You Ever Felt That Way lui vaudra de rentrer à tout jamais dans l’histoire de la musique jazz noire américaine. Le 5 septembre 1930, Alberto Socarras enregistre pour l’orchestre Walter Bennett’s Swamplanders, plusieurs titres dont You Can’t Be Mine et Somebody Else’s Too. En 1931, de nouvelles sessions d’enregistrement le conduisent à jouer avec le Russell Wooding’s Grand Central Red Caps. Socarrás formera par suite en 1937 le Magic Flute Orchestra.
Durant les années cinquante, Socarras fera un retour à ses sources musicales, pour devenir un musicien hors pair de charanga cubaine, de mambo et de cha-cha-cha. Il est décédé à New York le 26 août 1987.
1 Capricho brujo, album Latin Impressions by Alberto Socarrás, 1957.
Richard Egües (né le 26 janvier 1924 à Cruces et mort le 1er septembre 2006 à La Havane) est un flûtiste cubain. Après avoir appris à jouer du saxophone, de la clarinette et du piano, il décide de se spécialiser dans la flûte dans les années 1940, jugeant que les joueurs de flûtes disposent de plus de temps de récupération durant les représentations. Egües devient le principal représentant du style charanga parmi les flûtistes cubains.
Les groupes de charanga sont composés de voix, de percussions, de cordes ainsi que d’un flûtiste qui se retrouve au centre de cette architecture. Egües exerça de nombreuses années en tant que flûtiste au sein de l’un des plus fameux groupes de musique charanga de Cuba : l’Orquesta Aragon (fondé en 1939). Durant plusieurs années, il ne fit pas partie intégrante du groupe et ne participait que de façon temporaire aux projets musicaux. Mais après le départ en 1954 de Rolando Lozano, alors leader de l’Orquesta Aragon, Egües fut finalement sollicité pour intégrer à part entière le groupe et prendre la place de leader de la composition. Egües reste avec le groupe plus de 30 ans et devient un participant actif du groupe (comme flûtiste, compositeur et interprète). Il meurt des suites d’un accident vasculaire cérébral.
2 Angoa, Richard Egües, album Cuban sessions, 1999.
Herbie Mann, de son vrai nom Herbert Solomon, né le 16 avril 1930 et mort le 1er juillet 2003, est un flûtiste de jazz américain. Dès la fin des années 1950, Herbie Mann a contribué à faire de la flûte un instrument de jazz. Mann a souvent incorporé dans ses compositions des éléments tirés de la musique africaine, afro-cubaine, d’Europe de l’Est, moyenne-orientale, indienne et brésilienne. Il débute avec l’accordéoniste Mat Mattews et la chanteuse Carmen McRae. Dans les années 1950-60, il joue avec de nombreux jazzmen (Sarah Vaughan, Clifford Brown, Clark Terry, Chet Baker, Bill Evans, Bobby Jaspar.
Précurseur de la world music, il enregistre des albums intégrant des éléments puisés dans les "musiques du monde". On peut l’entendre avec des musiciens brésiliens (Baden Powell, Antônio Carlos Jobim, João Gilberto, Sergio Mendes...), cubains (Carlos "Patato" Valdes, Willie Bobo...), indiens (Vasant Rai...) ou nigérians (Babatunde Olatunji...).
À la fin des années 1960, s’éloignant du jazz et de la bossa nova, il s’oriente vers un jazz fusion mâtiné de rhythm and blues et de musique soul (cf. l’album Memphis Underground avec Larry Coryell, Sonny Sharrock et Roy Ayers). Durant l’été 1969, il se produit au Harlem Cultural Festival. Dans les années 1970, il enregistre même quelques albums dans un style disco et des albums avec la chanteuse Cissy Houston. En 1974, il enregistre un album de style reggae. Dans les années 1980-90, on peut encore l’entendre aussi bien dans des contextes totalement jazz (avec Ron Carter, Phil Woods, Miroslav Vitouš...) que dans des contextes rock ou pop (avec Average White Band, Tonto’s Expanding Head Band, Stereolab...). Il meurt à 73 ans, des suites d’un cancer de la prostate.
3 Todos locos, Herbie Mann, album Flautista, 1960.
Johnny Pacheco est un musicien, compositeur, arrangeur, producteur et directeur musical né le 25 mars 1935 à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine, et mort le 15 février 2021 à Teaneck, dans l’état américain du New Jersey. Il est considéré comme l’une des figures les plus influentes de la musique latine et caribéenne pour avoir été le cofondateur avec Jerry Masucci du label Fania. Cela a été décisif dans la consolidation de la salsa.
Johnny Pacheco doit sa passion pour la musique à son père, Rafael Azarías Pacheco, clarinettiste et chef de l’orchestre de Santa Cecilia. À onze ans, il émigre à New York avec sa famille. Il apprend à jouer de l’accordéon, du violon, du saxophone et de la clarinette, puis à la Juilliard School des percussions. Il devient un des principaux percussionnistes de son temps. Il joue et enregistre avec les plus importants artistes américains. Après l’apprentissage de la flûte, il est reconnu comme étant l’un des meilleurs flûtistes de son époque.
En 1958, il fait partie de la Charanga Duboney de Charlie Palmieri, avec le chanteur Vitín Avilés. En 1960, il organise son premier et légendaire orchestre, Pacheco y Su Charanga. Son premier album Johnny Pacheco y su Charanga vol. 1, chez Alegre Records, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires la première année, devenant la meilleure vente d’albums du moment. L’album est un classique. En 1964, il sort chez Fania son nouvel album, Cañonazo, qui abandonne la charanga au profit du conjunto.
Découvreur de talents, c’est lui qui donne leur chance à des gens comme Willie Colón, Hector Lavoe, ou encore qui remet sur les rails la carrière de Celia Cruz. C’est également lui qui dirige l’orchestre mythique réunissant tous les talents du label Fania, le Fania All Stars, avec lequel il part en tournée dans le monde entier. Il est nommé neuf fois aux Grammy et obtient dix disques d’or.
Il a démontré sa solidarité avec les victimes de l’ouragan Georges. Il a également participé à un concert pour la lutte contre le SIDA, en novembre 1988 à New York. En juin 1996, Johnny Pacheco est le premier producteur de musique latine à recevoir le NARAS (National Academy of Recording Arts & Sciences) Award à New York. Il meurt le 15 février 2021 à Teaneck, dans le New Jersey.
4 Desafinado, Johnny Pacheco, album Spotlight on Pacheco, vol. 5, 1963.
Hermeto Pascoal (né le 22 juin 1936 à Arapiraca, État d’Alagoas, et mort le 13 septembre 2025 à Rio de Janeiro) est l’un des multi-instrumentistes et musiciens d’avant-garde les plus renommés du Brésil. Il est considéré comme une sommité du jazz brésilien. Pascoal a contribué plus résolument au développement de la musique rythmique contemporaine avec des éléments d’improvisation que de nombreux compositeurs et arrangeurs du milieu jazz.
Hermeto Pascoal est albinos et, tant par son apparence que par son expressivité musicale, est une figure extraordinaire. Il joue de nombreux instruments, dont l’accordéon, le saxophone, la flûte traversière, la guitare, ainsi que divers instruments de percussion et claviers. Au Brésil, on le surnomme « O Bruxo » (le magicien, le sorcier) « car il peut faire de la musique avec tout ce qui l’entoure » De plus, sa modernisation du choro à la fin des années 1960 a donné à la musique brésilienne un élan important et inspiré d’autres artistes.
Hermeto Pascoal a fait ses premières expériences musicales à l’âge de 10 ans avec l’accordéon et la flûte. Il a ensuite fait ses premières apparitions sur scène avec son frère aîné, José Neto Pascoal. En 1950, la famille s’est installée à Recife. Peu après, il a commencé ses premières expériences musicales, à la recherche de nouvelles sonorités, apprenant tous les instruments qui lui tombaient sous la main. Autodidacte, Pascoal mélange différents styles, tels que la musique brésilienne, le jazz et la musique contemporaine
Son album A Música Livre de Hermeto Pascoal (1973), sorti pendant la dictature militaire, devient un album de la contre-culture brésilienne. Sur l’album Slave Mass, il utilise des cochons vivants, tirés par la queue, comme instruments de percussion. Il a enregistré l’album Eu E Eles (1999) en solo avec des dizaines d’instruments différents.
5 Bebê, Hermeto Pascoal, album A mύsica livre de Hermeto Pascoal, 1973.
Justo Pastor Almario Gómez (18 février 1949) est un musicien de jazz latino colombien, flûtiste, saxophoniste et chef d’orchestre basé à Los Angeles. Il fait partie des musiciens recrutés par Mongo Santamaría pour son groupe dans les années 1970, notamment sur l’album Afro–Indio (1975). Né à Sincelejo et résidant à Medellín, Almario est issu d’une tradition musicale familiale et se consacre aux instruments à vent depuis son enfance.
Il a étudié au prestigieux Berklee College of Music de Boston, dans le Massachusetts, avant de rejoindre Mongo Santamaría. Il s’est produit en concert et sur des enregistrements avec son propre groupe. Il travaille avec le batteur Richie García, le bassiste Guillermo Guzmán, le guitariste George Krischke et le pianiste Billy Cantos.
Almario a aussi accompagné Jon Lucien, Frank Foster, Freddie Hubbard et Willie Bobo. Il a également joué dans le groupe funk-jazz Koinonia d’Abraham Laboriel (basse électrique), aux côtés d’Álex Acuña (batterie), Harlan Rogers (claviers) et Bill Maxwell (batterie), et a été invité dans les groupes de Machito, Tito Puente, Cal Tjader et Poncho Sánchez.
Dans les années 90, Almario, de confession chrétienne, a participé à des enregistrements de gospel en direct avec Hosanna Music aux côtés de ses collègues de Koinonia, Abraham Laboriel et Álex Acuña, avec les artistes Don Moen (Worship), Ron Kenoly (Lift Him Up, God is Able et Sing Out) et Lionel Pettersen (Rejoice Africa), où sa virtuosité en soliste, tant à la flûte qu’au saxophone, est particulièrement remarquable. Il a également participé à des enregistrements avec des artistes chrétiens hispanophones tels que Marcos Vidal (Live Praise and Worship), le Res Q Band d’Álvaro López (Por Amor), Alejandro Alonso (Alguien) et bien d’autres. Dans les années 90, il a également enregistré un projet solo de gospel instrumental avec Abraham Laboriel, intitulé Justo y Abraham.
6 Abrazos y besos, Justo Almario, album Family time, 1989.
David Peter Valentin (29 avril 1952 – 8 mars 2017) était un flûtiste de jazz latino d’origine portoricaine. Valentin est né dans le Bronx, à New York. Il a fréquenté la High School of Music & Art. Il a appris les percussions dès son plus jeune âge et, à 10 ans, jouait déjà de la conga et des timbales de manière professionnelle.
Il a suivi les cours d’Hubert Laws, qui est devenu son mentor. Dans les années 1970, Valentin a combiné les styles afro-cubain, brésilien et funk avec le jazz au sein de son ensemble, qui comprenait à plusieurs reprises Bill O’Connell (piano), Lincoln Goines et Ruben Rodriguez (basse), Richie Morales et Robby Ameen batterie), Sammy Figueroa et Giovanni Hidalgo (congas).
Il a été le premier musicien à signer chez GRP Records, un label fondé par Dave Grusin et Larry Rosen spécialisé dans le smooth jazz, le jazz fusion et le jazz-pop-latino. Il a enregistré son premier album avec Ricardo Marrero en 1977. Au fil du temps, il a enregistré avec Noel Pointer, Patti Austin, Lee Ritenour, Chris Connor, David Benoit, Eliane Elias et Nnenna Freelon. Jusqu’en 1979, il était aussi instituteur.
Pendant plusieurs années, Valentin a été directeur musical des Golden Latin Jazz All-Stars de Tito Puente et a également fait des tournées avec le Conjunto Libre de Manny Oquendo. En 2000, il est apparu dans le documentaire Calle 54 avec l’orchestre de Tito Puente.
Pendant sept années consécutives, il a été élu meilleur flûtiste de jazz par les lecteurs du magazine Jazziz. En 1985, il a été nominé aux Grammy Awards du meilleur instrumentiste R&B. En 2003, il a remporté un Grammy pour le projet Caribbean Jazz, un album qu’il a enregistré avec Dave Samuels. Le 8 mars 2017, Valentin est décédé des suites d’un accident vasculaire cérébral et de la maladie de Parkinson dans le Bronx, à l’âge de 64 ans.
7 Smile, Dave Valentin, album Pure Imagination, 2011.
Andrea Brachfeld (née le 3 mai 1954 à Utica, New York) est une musicienne de jazz américaine (flûte traversière, composition). Brachfeld commence le piano à six ans et la flûte à dix ans. Entre 1969 et 1972, elle est diplômée de la High School of Music & Art de Manhattan, où elle joue avec Noel Pointer et Nat Adderley. Elle suit également les ateliers Jazz mobile, où Jimmy Heath est l’un de ses professeurs de flûte. À 16 ans, elle donne ses premiers concerts de jazz. Elle étudie ensuite la flûte à la Manhattan School of Music avec Harold Bennett et Andrew Loyla. Elle prend pareillement des cours particuliers avec Hubert Laws, Eddie Daniels, George Coleman, ainsi qu’avec Lloyd McNeill, élève de Dolphy.
En 1974, elle commence à travailler avec Tipica New York, un groupe de charanga, et d’autres groupes latinos tels que le Benito Sextet, Tipica Ideal et Joe Quijano. Elle a par ailleurs joué avec Tito Puente, Ray Barretto et Machito. En 1976, Brachfeld a participé à l’album éponyme Charanga ’76 avec le groupe, suivi de l’album Encore, et est devenue la première femme à jouer de la flûte dans un groupe de charanga aux États-Unis.
Brachfeld a enregistré son premier album, Andrea, en 1978. Un an plus tard, à l’invitation de Renato Capriles, elle s’est rendue au Venezuela, où elle a formé un groupe avec lequel elle a assuré les premières parties de Gary Burton, Chick Corea et Paco de Lucia.
Son album Remembered Dreams est sorti en 2001. D’autres albums ont suivi, dont Beyond Standards, 2006, et Into the World : A Musical Offering, 2008. Sous le nom de Kala Devi, elle a enregistré l’album Songs from the Divine : Spiritual Flute Music for Yoga and Meditation, 2009. En 2014, l’album bop Lady of the Island, 2014 et l’album Lotus Blossom, 2015.
Brachfeld a reçu le prix Louis Armstrong de Jazz Interactions en 1974 pour son excellence. En 2015, elle a été saluée comme la meilleure flûtiste de jazz par le magazine Hot House. Elle a également reçu le prix Prix Chico O’Farrill pour l’ensemble de sa carrière en jazz latino aux États-Unis.
8 Mambo Yo, Andrea Brachfeld, album Into the World : A Musical Offering, 2008.
Néstor Torres (né le 21 avril 1957 à Mayagüez) est un flûtiste de jazz portoricain. Torres, qui a grandi à Porto Rico, a été encouragé musicalement par son père, vibraphoniste, qui l’a présenté très jeune à Cal Tjader, Dave Brubeck et Tito Puente. Après s’être d’abord consacré à la batterie à l’âge de cinq ans, il a changé d’avis à douze ans. Il a commencé à prendre des cours de flûte à l’Escuela Libre de Música, puis a intégré l’Universidad Interamericana de Puerto Rico.
À 18 ans, il a déménagé avec sa famille à New York. Il a d’abord étudié au (Mannes College of Music de New York, puis à Boston au New England Conservatory of Music et au Berklee College of Music jusqu’en 1977. De retour à New York, il a joué avec Puente et Eddie Palmieri, qui l’ont soutenu, mais a également travaillé dans des groupes de charanga comme l’Orchestra Rytmo Africa-Cubana.
Depuis 1981, il enregistre des albums sous son propre nom. La même année, il s’installe à Miami, où il joue dans des groupes de salsa et enseigne dans des universités du sud de la Floride. Son album Morning Ride, sorti en 1990 sur Verve Records, s’est classé parmi les dix meilleures ventes de jazz. Un accident de bateau a d’abord freiné la carrière de Torres ; cependant, d’autres albums ont suivi régulièrement. This Side of Paradise a remporté un Latin Grammy du « Meilleur album instrumental pop » en 2001. L’album live Jazz Flute Traditions contient des reprises de chansons connues pour flûte de jazz.
9 Once Upon A Time In Santo Domingo, Nestor Torres, album Dominican Suite, 2022.
Huáscar Barradas (Maracaibo, État de Zulia, 12 juin 1964) est un musicien, compositeur et producteur vénézuélien spécialisé dans la flûte. À l’âge de neuf ans, il est fasciné par Casse-Noisette de Tchaïkovski. Il commence ses études musicales au Conservatoire José Luis Paz. Il devient ensuite membre fondateur du premier Orchestre national d’enfants du Système d’orchestres d’enfants et de jeunes du Venezuela, mondialement reconnu.
Petit à petit, il développe son talent pour la flûte et commence à interpréter de la musique traditionnelle vénézuélienne à l’Estudiantine de la jeunesse de l’État de Zulia. Ce parcours le mènera à la découverte de la musique populaire et de ses différents courants, explorant des genres aux rythmes caribéens, ainsi que le jazz, la pop et d’autres courants musicaux. À 12 ans, il donne ses premiers concerts en soliste et, à 16 ans, il rejoint un groupe de musique caribéenne. Puis, à 17 ans, le gouvernement régional de Zulia lui offre une bourse et part aux États-Unis.
Lors de son voyage à San Jacinto, au Texas, il remporte le concours du Texas Junior College et, peu après, se rend à New York pour étudier au Brooklyn College avec Bernard Golberg. Il étudie également le jazz au City College de New York avec le bassiste légendaire Ron Carter, et la direction d’orchestre à la Julliard School of Music avec le maestro Vincent la Selva. Il est également invité à des concerts, des pièces de théâtre, des comédies musicales et des opéras.
Après avoir obtenu une licence d’interprétation musicale avec mention, il retourne dans son pays natal, où il travaille comme flûtiste solo à l’Orchestre symphonique de Maracaibo. Peu après, une bourse lui permet d’étudier à l’École de musique de Francfort, en Allemagne.
En 1992, il enregistre son premier album, intitulé Huáscar Barradas Folklore From Venezuela. Après douze ans de travail à l’étranger, il rentre au Venezuela et remporte un concours pour le poste de flûtiste solo à l’Orchestre philharmonique national du Venezuela. Plus tard, il est sélectionné pour rejoindre l’Orchestre symphonique municipal de Caracas. Au cours de sa carrière, il a enregistré 18 albums.
10 Capullito de alhelί, Huascar Barradas, album Latineando, 2006.
Ainsi s’achève notre programme consacré à la flûte dans le jazz latino. Dans l’histoire de la musique latine, qu’il s’agisse de certains genres nationaux ou de leurs diverses fusions, il convient de mentionner un groupe de flûtistes remarquables, aux styles très variés. C’est ce que nous avons tenté de vous présenter aujourd’hui. Nous vous invitons à revenir pour le prochain épisode.
Notes
[1] Flûte (ou flute) est un terme générique désignant un instrument de musique à vent dont le son est créé par l’oscillation d’un jet d’air autour d’un biseau droit, en encoche ou en anneau.
Ce souffle peut être dirigé librement par l’instrumentiste dans le cas des flûtes traversières, des instruments de type quena ou encore des flûtes de Pan, ou canalisé par un conduit en étant émis par le musicien lui-même dans le cas des différents types flûtes à bec ou en étant créé par une soufflerie mécanique dans le cas du jeu d’orgue.
Les flûtes sont le plus souvent de forme tubulaire mais parfois globulaire, en graminée, en bois, en os ou en corne, mais aussi en pierre, en terre cuite, en plastique, en métal (or, argent…), en ivoire et même en cristal, la flûte peut être formée d’un ou de plusieurs tuyaux, avec ou sans trous, ou posséder une coulisse.
C’est du jazz latino 42 (les flûtistes)
Un espace pour l’écoute, la danse et le plaisir...
1 Capricho brujo, album Latin Impressions by Alberto Socarrás, 1957.
2 Angoa, Richard Egues, album Cuban sessions, 1999.
3 Todos locos, Herbie Mann, album Flautista, 1960.
4 Desafinado, Johnny Pacheco, album Spotlight on Pacheco, vol. 5, 1963.
5 Bebê, Hermeto Pascoal, album A mύsica livre de Hermeto Pascoal, 1973.
6 Abrazos y besos, Justo Almario, album Family time, 1989.
7 Smile, Dave Valentin, album Pure Imagination, 2011.
8 Mambo Yo, Andrea Brachfeld, album Into the World : A Musical Offering, 2008.
9 Once Upon A Time In Santo Domingo, Nestor Torres, album Dominican Suite, 2022.
10 Capullito de alhelί, Huascar Barradas, album Latineando, 2006.
