dimanche 1er décembre 2024

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Un programme pour l’écoute, la dance et le plaisir…

C’est du jazz latino 31

criollo, crioulo, creole

, Pedro Alzuru

Un autre aspect du jazz latino que nous souhaitons commenter est sa relation avec toutes les nuances que contient le terme créole (criollo, crioulo, creole).

Le terme « créole » prend différentes significations selon les époques et les régions. Tout semble indiquer qu’il vient du portugais crioulo, terme utilisé dans le Brésil colonial pour désigner les noirs nés sur le continent américain, les différenciant de ceux originaires d’Afrique. À l’inverse, dans l’Amérique coloniale espagnole, le terme criollo désignait les enfants d’Espagnols nés en Amérique et les différenciait ainsi des blancs péninsulaires (blancos peninsulares), ceux nés en Espagne. Les lois de la colonie permettaient uniquement à ces derniers de participer à l’administration coloniale, sous-valorisant les créoles blancs (blancos criollos) qui ne pouvaient donc pas participer à la vie politique et décider de leur destin. Cette ségrégation administrative et politique entre blancs péninsulaires et créoles blancs est, entre autres, à l’origine des guerres d’indépendance des cinq nations libérées par Simon Bolívar. Dans le reste des pays qui composent aujourd’hui l’Amérique latine, le processus d’indépendance a plus ou moins la même origine, avec ses spécificités.

Dans plusieurs pays d’Amérique hispanique aujourd’hui, comme l’Argentine, le terme criollo désigne tous les descendants de la population coloniale, blancs ou métis, à l’exclusion des noirs et des indigènes. Déjà au XXe siècle, au Brésil, le nom était étendu aux métis en général, mais il commençait à être considéré comme raciste. Pour Darcy Ribeiro, anthropologue brésilien, la culture créole est une configuration historique-culturelle issue de la mise en place de l’économie sucrière sur la côte du nord-est du Brésil, au sens général, issue du métissage entre blancs, indiens et noirs.

Au Portugal et dans ses anciennes colonies africaines (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Cap-Vert et Sao Tomé et Principe), les enfants issus de mariages interraciaux et, en général, la population née de la rencontre des cultures européennes et africaines, étaient désignés comme crioulos, sans avoir une connotation négative.

Dans l’Amérique coloniale espagnole, les descendants des Européens nés dans les territoires et colonies espagnoles d’Amérique étaient appelés criollos, et le mouvement pour les positions politiques et ecclésiastiques en Nouvelle-Espagne, jusqu’alors réservé aux blancs de la péninsule, était appelé criollismo, un conflit qui, comme nous l’avons souligné, a été à l’origine de l’éclatement de l’indépendance. Criollo vient de « criar », une personne née et élevée dans une place déterminée, dans ce cas en Amérique.

Au XVIIIe siècle, dans les colonies d’Amérique, les différences entre les créoles blancs et les blancs péninsulaires se sont approfondies, ce qui a conduit à une concurrence ouverte et à des affrontements tout au long du siècle. Dans le même temps, la confluence entre les indigènes, métis, mulâtres, bruns, noirs, indiens (appelés « castes inférieures ») avec les créoles se développait, en raison des affinités qui s’établissaient entre eux. En raison du métissage qui s’était produit entre les Espagnols, les descendants d’Espagnols et d’autres groupes ethniques, de nombreux créoles n’étaient plus seulement des descendants de blancs, sens originel du terme, mais dans une plus ou moins grande mesure d’Amérindiens et d’Africains.

Nous n’avons aucun doute sur l’usage officiel et populiste qui a été fait du terme, mais identifier ceux « nés ici », « ceux de notre terre », ne se réduit pas à cet usage, à cette relation idyllique, voire chauvine qui peut atteindre à la xénophobie, on sait que le métissage ne met pas fin aux différences, que les différences si elles n’existent pas s’inventent, les religions et les idéologies se sont justement chargées de nous créer des ennemis. Il y a aussi une charge d’égalité dans les différences, de définition d’un processus qui a commencé à un moment donné, mais qui n’a pas de fin et qui a à voir avec l’histoire de l’espèce humaine.

Bien que les descendants des Européens, des peuples indigènes et des Africains coexistent dans les pays d’Amérique latine, avec les charges génétiques les plus diverses les uns des autres, ce qui a amené Darcy Ribeiro à parler de peuples témoignages (les peuples autochtones), de peuples transplantés (les Européens et les Africains) et les peuples nouveaux (produit des trois précédents), on ne peut plus — comme le recommande l’anthropologie libérée de son origine coloniale — se référer aux relations entre les êtres humains en termes raciaux, mais en termes ethniques, c’est-à-dire en mettant l’accent sur leur culture, non pas dans la couleur de la peau.
Nous pouvons souligner les différences, les différents couleurs de peau, les caractéristiques physiques, entre « blancs » et « métis », mais nous ne pouvons pas ignorer une culture commune qui traverse ces différences que quelques-uns volent maximiser, une culture commune qui s’est développée au fil de plus de cinq cents ans, malgré les malentendus mutuels, les nationalismes, les idéologies, les pressions néocolonialistes qui ne se lassent pas dans leurs efforts pour nous diviser.

Une partie de cette culture commune, partagée par des voisins qui ne peuvent plus s’ignorer, a donné naissance, a distillé le jazz latino. Si bien que jusqu’à maintenant le jazz est perçu comme une musique surtout afro-américaine, il faut reconnaitre que le jazz latino est une musique qui prend en charge sa multiple origine, américaine, africaine, européenne, c’est-à-dire, criollo.

Nous avons ici une petite liste de musiciens et de groupes multiprisés, interprètes de jazz latino auxquels, a juste titre, on pourrait appeler criollos : Roberto Perera, Arturo Sandoval, Herb Alpert, Poncho Sánchez, Chucho Valdés, David Sánchez, Los Hombres Calientes (groupe de latin jazz de la Nouvelle-Orléans), Gonzalo Rubalcaba, etc. En fait une liste croissante, sans fin, de tous les coins du monde.

Les personnes présentes sur cette petite liste sont tous américains, du sud et du nord, mais il y a aussi de nombreux musiciens d’autres origines qui ont connu du succès en tant qu’artistes et interprètes de jazz latino, tels que : le trompettiste américain Dizzy Gillespie, la chanteuse polonaise Grazina Auguscik, le vibraphoniste anglais Roger Beaujolais, le chef d’orchestre espagnol Xavier Cugat, les pianistes espagnols Tete Montoliu et Chano Dominguez, le guitariste norvégien Marius Gundersen, le guitariste allemand Ottmar Lieber, l’harmoniciste allemand Hendrik Meurkens, le saxophoniste espagnol Jorge Pardo, etc.

Si l’on considère leurs pays d’origine, plus précisément : États-Unis, Cuba, Porto Rico, Mexique, à l’exception de l’Uruguayen Perera, ce n’est pas un hasard, ces pays sont probablement ceux avec la plus grande production du genre.

Leurs récompenses montrent leur succès auprès de la critique, leurs ventes les légitiment sur le marché et auprès du public, leurs présentations sur les scènes internationales les plus diverses montrent la mondialisation du jazz latino, loin cependant des autres genres avec un plus grand succès auprès des masses de consommateurs tel que le hip hop, le reggaeton, le rap, la pop, le rock, etc.

Ceci nous parle d’un type de musique qui brise les étiquettes et les oppositions, comme nous l’avons souligné, entre culte et populaire, folklorique et urbain, élitiste et de masse, occidental et non-occidental, etc., précisément pour cette raison, pensons-nous, de viser et d’atteindre la fusion du jazz et des genres latinos les plus variés, satisfaisant à la fois le danseur et le mélomane les plus exigeants, se produisant dans les contextes les plus hétéroclites, tels que bars, salles de danse, théâtres, salles de concert, spectacles publics, festivals, etc., ses ventes ne sont pas comparables à celles de genres musicaux plus ouvertement engagés dans la conquête des masses, plus attachés à la quantité qu’à la qualité.

Cela nous dit aussi qu’il faut situer l’origine du jazz latino à côté de la même origine du jazz dans la ville de la Nouvelle-Orléans à la fin du XIXe siècle, caractérisée par le melting pot, comme sans doute aucune autre ville à l’époque aux États-Unis, c’est-à-dire par une population aux origines les plus hétérogènes et parmi elle par une population considérable d’origine caribéenne et hispanique. Cette diversité se confirmera dans la ville de New York dans les années 1940 du siècle dernier, dans ses quartiers populaires et ses dancings, ainsi que dans les groupes musicaux qui animaient ces dancings, latinos, américains noirs et blancs, italiens, juifs, anticipant les luttes contre le racisme et pour les droits sociaux et culturels qui caractériseront les États-Unis dans les décennies suivantes, préfigurant également la culture globalisée contemporaine.

Roberto Perera, harpiste de jazz uruguayen, dans les styles smooth jazz et fusion. Né en 1952 à Montevideo, capitale de l’Uruguay, Perera a à peine 12 ans lorsque sa mère l’inscrit dans un conservatoire de musique où il sélectionne la rare harpe paraguayenne à 36 cordes. La technique complexe de Perera consiste à plier avec précision les cordes pour créer des dièses et des bémols tout en glissant sur la harpe d’une manière apparemment sans effort, ce qui témoigne de l’énorme habileté et de la discipline requise.
En 1993, il a remporté le prix Billboard Contemporary Latin Jazz Album of the Year pour son deuxième album Heads Up, Dreams & Desires. Il a été choisi directeur musical pour les Hispanic Heritage Awards au Kennedy Center en 1997 et 1998 et a été élu artiste de jazz préféré dans sa catégorie à plusieurs reprises dans le sondage annuel des lecteurs du magazine Jazziz. Il a participé à de nombreux enregistrements, dont 100 Years of Latin Love Songs de D’Rivera et Abriendo Puertas de Gloria Estefan.
1 Donde, Roberto Perera, album Dreams & Desires, 1992.

Arturo Sandoval, trompettiste, pianiste et compositeur de jazz cubain-américain. Tout en vivant dans son Cuba natal, Sandoval a été influencé par les musiciens de jazz Charlie Parker, Clifford Brown et Dizzy Gillespie. En 1977, il rencontre Gillespie, qui devient son ami et mentor et l’aide à quitter Cuba lors d’une tournée avec l’Orchestre des Nations Unies. Sandoval est devenu citoyen américain naturalisé en 1998. Sa vie a fait l’objet du film For Love or Country : The Arturo Sandoval Story (2000) avec Andy García. Sandoval a remporté des Grammy Awards, des Billboard Awards et un Emmy Awards. Il a joué à la Maison-Blanche et au Super Bowl (1995).
2 Be-Bop, Arturo Sandoval, album Arturo Sandoval y El Tren Latino, 1995.

Herb Alpert, trompettiste, chanteur et compositeur américain, né en 1935 à Los Angeles. Il a été le numéro un d’un groupe latino appelé Tijuana Brass Il commence les cours de trompette à l’âge de huit ans et joue dans les bals dès son adolescence. Après ses études à Fairfax High School, au cours de son service militaire en 1955, il joue fréquemment durant les cérémonies. Il reprend ensuite ses études à l’université du Sud de la Californie, au sein de laquelle il est musicien de la fanfare. Sa carrière débute chez RCA sous le nom de Dore Alpert, avec le hit de Dante & the Evergreens Alley Oop. En 1962, il fonde avec son partenaire Jerry Moss le label A&M Records.
Peu après, Alpert baptise le Tijuana Brass Orchestra. En 1962, celui-ci sort son premier album, The Lonely Bull, inspiré des mariachis et d’un orchestre de corridas au Tijuana. Le succès du Tijuana Brass popularise la musique latino-pop, même si aucun des membres de l’ensemble n’était réellement hispanique. Plusieurs succès latino-américains brésiliens ou d’Amérique du Nord tels que du folklore du Texas ou country et de bien d’autres pays, ou de sa composition, seront aussi interprétés dans ce style typique du Tijuana. En 1965 l’orchestre sort l’album Going Places, d’où seront issus les hits souvent réadaptés pour la danse.
Toujours dans un style d’inspiration mexicaine, il forme parallèlement l’ensemble du Baja Marimba Band privilégiant cette fois en instrument vedette le marimba, jouée par Julius Wechter. En 1966, il entre dans le livre Guinness des records pour être le seul artiste à classer simultanément cinq albums dans le top 20 des meilleures ventes aux États-Unis.
Herb Alpert a reçu avec son groupe Tijuana Brass six Grammy Awards. Il dissout le groupe en 1969, mais ressort néanmoins un album en 1971. En 1974, Alpert reforme un groupe, avec des anciens du Tijuana Brass et de nouveaux musiciens, sous le nom de TJB, avec lesquels il sort deux albums. Sous son label A&M Records, il produit de nombreux artistes, comme les The Carpenters ou Janet Jackson.
Vers 1980, il réenregistra quelques nouveaux albums, sous un tempo de rythmique disco. Concernant la période des années 1980, son plus grand succès musical est obtenu en 1987 avec le single intitulé Diamonds, incluant la participation vocale de Janet Jackson, produit par Jimmy Jam et Terry Lewis.
En 2000, il rachète les droits de ses chansons à Universal Music, qui a racheté A&M, et commence à remasteriser ses disques, publiés maintenant par le label Shout ! Factory. https://fr.wikipedia.org/wiki/Herb_Alpert
3 Passion Dance, Herb Alpert, album Passion Dance, 1998.

Hot House est un album d’Arturo Sandoval, sorti sur N2K Records en 1998. En 1999, l’album a valu à Sandoval le Grammy Award de la meilleure performance de jazz latino.
Liste des titres. Toutes les chansons composées par Arturo Sandoval, sauf indication contraire : 1. Funky Cha-Cha, 2. Rhythm of Our World, 3. Hot House (Tadd Dameron), 4. Only You (No Se Tu) (Armando Manzanero), 5. Sandunga, 6. Tito, 7. Closely Dancing, 8. Mam-Bop, 9. New Images, 10, Cuban American Medley, 11. Brassmen’s Holiday (Mario Ruiz Armengol).
Dans le morceau que nous avons choisi forment le Personnel : Arturo Sandoval première et deuxième trompettes, solos de trompette, solo de bugle, arrangements, solo de synthétiseurs ; Tim Devine synthétiseurs ; Oskar Cartaya basse ; Dennis Marks basse ; Willie Jones III batterie ; Edwin Bonilla bongos, clochette, güiro, timbales ; Manuel Castrillo
bongos, congas, güiro, timbales ; Joe Barati quatrième trombone ; Dana Teboe premier, deuxième et troisième trombone ; Jason Carder troisième et quatrième trompette ; Richard Eddy arrangements.
4 Rhythm of Our World, Arturo Sandoval, album Hot House, 1998.

All Music a décrit Poncho Sanchez comme « l’un des percussionnistes les plus influents du jazz ». Il s’est produit fréquemment dans des salles de différentes tailles, des salles de concert aux festivals de jazz locaux. Son CD de 2005, Do It ! présente le groupe de funk Tower of Power sur deux morceaux, ainsi que le trompettiste sud-africain Hugh Masekela. Sanchez collabore souvent avec le chef d’orchestre José Rizo. Il a joué de la conga sur l’album nommé aux Grammy Mongorama produit par Rizo. Sanchez a été présenté sur le single "Tangerine" d’Ilya Serov, sorti le 9 janvier 2018.
Les pistes d’Afro-Cuban Fantasy, sorti en 1998 : 1. Ritmo Remo, 2. Morning, 3. Subway Harry, 4. Guapacha, 5. Darn That Dream, 6. Sambroso, 7. Willow Weep For Me, 8. Afro-Cuban Fantasy, 9. Ven Pa Bailar, 10. Close Your Eyes, 11. I Remember Spring, 12. Playboy’s Theme
Et l’équipe : basse Tony Banda ; bongos, percussions Jose "Papo" Rodriguez ; congas, chant, percussions Poncho Sanchez ; bugle, trompette Sal Cracchiolo ; piano David Torres ; saxophones soprano, alto, ténor et baryton, flûte Scott Martin ; timbales, batterie Ramon Banda ; trombone Francisco Torres, chant Dianne Reeves (pistes : 2, 5, 11).
5 Close Your Eyes, Poncho Sanchez, album Afro-Cuban Fantasy, 1998.

Chucho Valdés (1941), pianiste, chef d’orchestre, compositeur et arrangeur cubain dont la carrière s’étend sur plus de 50 ans. Membre originel de l’Orquesta Cubana de Música Moderna, il fonde en 1973 le groupe Irakere, l’un des groupes de jazz latino les plus connus de Cuba. Son père, Bebo Valdés, et son fils, Chuchito, sont également pianistes. En tant qu’artiste solo, il a remporté quatre Grammy Awards et trois Latin Grammy Awards.
Bele Bele en la Habana est un album de Valdés, sorti en 1998. Il a soutenu l’album avec une tournée nord-américaine. L’album a atteint la 22e place du classement des albums de jazz de Billboard et a été nominé pour un Grammy Award pour la « meilleure performance de jazz latino ».
Produit par Réne López et enregistré à Toronto, Valdés menant le trio. Les morceaux sont : Con Poco Coco, écrit par Bebo Valdés, le père de Chucho ; Los Caminos écrit par Pablo Milanés ; Lorraine, dédié par Valdés au propriétaire du Village Vanguard ; But Not For Me, reprise de la chanson de Gershwin ; Son Montuno a été écrit par Valdés dans les années 1960.
Le Philadelphia Inquirer a noté que plusieurs morceaux « contiennent des références au danzon cubain de type suite et aux lignes de poursuite à grande vitesse agitées associées à l’hybride afro-cubain de l’ère bebop de Dizzy Gillespie ». Le Los Angeles Times a déclaré que « la musique va du son au mambo, du danzon au guaguancó ».
All Music a écrit que « Valdés est partout au clavier, à l’aise avec tout, de la complexité classique ravélienne à l’introspection de Bill Evans en passant par les craquements à la Cecil Taylor ».
https://en.wikipedia.org/wiki/Bele_Bele_en_la_Habana
6 Lorraine, Chucho Valdés, album Bele Bele en la Habana, 1999.

David Sánchez (1968, Porto Rico), saxophoniste ténor de jazz, lauréat d’un Grammy. Après avoir rejoint Columbia Records, Sanchez a sorti sept albums. En 2005, il a remporté le Grammy Awards du meilleur album de grand ensemble de jazz pour Coral. Enregistré en République tchèque avec l’Orchestre philharmonique de la ville de Prague, Coral comprend un sextet : le saxophoniste alto Miguel Zenón, le pianiste Edsel Gomez, les bassistes John Benitez et Ben Street, le batteur Adam Cruz et le percussionniste Pernell Saturnino.
R.J. DeLuke, dans l’article David Sanchez et son univers 01/03/2004, affirme : David Sanchez, le saxophoniste percussif, est originaire de Porto Rico et apporte avec lui les rythmes latins que l’on pourrait associer à ce milieu. Mais il avance aussi à toute allure dans le courant dominant, sa vie ayant changé lorsque sa sœur est rentrée à la maison avec un album de Miles Davis avec John Coltrane. Il a également étudié avec des artistes comme Kenny Barron et Larry Ridley et a fait son apprentissage avec Elvin Jones, Roy Haynes, Charlie Haden et McCoy Tyner. Et il reconnaît une énorme dette envers Dizzy Gillespie. Ajoutez à cela toutes ses influences latines, notamment son travail avec Eddie Palmieri, Hilton Ruiz, Claudio Roditi, et vous obtenez un riche vivier d’influences dans lequel puiser.
Et c’est exactement ce que Sanchez a fait. Mais malgré tout, il dit que le jazz est américain. Pas seulement américain. L’Amérique (le continent, pour être plus claire, dit je) : « Chaque fois qu’ils veulent recréer ou présenter ce qu’est l’Amérique, le jazz est là », a-t-il déclaré. « L’Amérique s’est formée et s’est construite au moment où le jazz était en train de se développer. C’est donc le symbole. C’est un synonyme. Chaque fois que vous parlez de ce qu’est l’Amérique, c’est synonyme de jazz. »
Les choses ont ralenti depuis les tragédies du 11 septembre aux États-Unis, mais Sanchez voit que les choses doivent avancer. « Il faut continuer. Ils l’ont dit très clairement. Si vous ne voulez pas que les choses s’effondrent, vous devez simplement vivre votre vie normalement. Et ils commencent aussi à se rendre compte qu’ils ont besoin de musique, vous savez ? Ils ont besoin de choses qui peuvent nourrir leur âme et les élever », a-t-il déclaré.
Après ses CDs, Obsesión en 1998 et Melaza en 2000, tous deux nominés aux Grammy Awards pour le meilleur album de jazz latin, sort Travesía, en octobre 2001.
« Le [jazz] ne sera jamais une musique pop. Il ne ressemblera jamais à ça. Il aura ses moments de faiblesse, ses moments de bonheur. Mais il sera toujours là parce qu’il est très fort. » D.S.
https://www.allaboutjazz.com/david-sanchez-and-his-universe-david-sanchez-by-rj-deluke
7 Los Aretes de la Luna, David Sánchez, album Obsesión, 1998.

Los Hombres Calientes était un groupe de jazz basé à la Nouvelle-Orléans. Ils sont surtout associés au jazz latin, en particulier au jazz afro-cubain et au jazz contemporain. Leur premier album éponyme en 1998 a été salué par le New Orleans Times-Picayune. Bill Summers, Irvin Mayfield et Jason Marsalis faisaient partie des membres fondateurs. Discographie : Los Hombres Calientes (1998) ; tome 2 (1999) ; tome 3, New Congo Square (2000) ; tome 4, Vodou Dance (2003) ; tome 5, Carnival (2005).
Dans l’équipe de Los Hombres Calientes tome 2 : basse Edwin Livingston ; batterie, coproducteur Jason Marsalis ; percussion, vocaux Yvette Summers ; percussion, vocaux, producteur Bill Summers ; piano Victor Atkins ; trompette, coproducteur Irvin Mayfield.
8 Feel Like Makin’ Love, album Los Hombres Calientes tome 2, 1999.

Gonzalo Rubalcaba (1963) est un pianiste et compositeur de jazz afro-cubain. Il est né à La Havane, dans une famille musicale. Il a adopté le nom de son arrière-grand-mère à des fins professionnelles. Avec l’Orquesta Aragón, Rubalcaba effectue une tournée en France et en Afrique en 1983. Il forme son propre Grupo Projecto en 1985.
Dans Inner Voyage, un excellent personnel : Michael Brecker, saxe ; Gonzalo Rubalcaba, piano ; Jeff Chambers, basse ; Ignacio Berroa, batterie. Sept morceaux de Rubalcaba et deux standards : 1. Yolanda Anas, 2. Promenade, 3. The Hard One, 4. Sandyken, 5. Here’s That Rainy Day, 6. Caravan, 7. Joan, 8. Blues Lundvall, 9. Joao.
Au moment de la sortie de l’album d’après Matt Cibula : « Sa plus grande réussite jusqu’à présent a été son dernier disque, Inner Voyage, sorti en 1999. Soixante-treize minutes d’introspection sur un seul disque, il a mis en valeur une section rythmique brillante (le bassiste Jeff Chambers et le batteur Ignacio Berroa) et une nouvelle introspection de Rubalcaba dans ses compositions. Il a écrit des chansons très différentes pour chacun de ses trois enfants (Yolanda Anas, Joao et Joan), un magnifique et majestueux hommage à Carter intitulé Promenade, des hommages sincères à des amis (Sandyken) et à des dirigeants de maisons de disques (Blues Lundvall), et des séances d’entraînement technique (The Hard One). Il a également réussi à donner à Caravan et Here’s That Rainy Day un nouvel aspect ; même le saxophoniste Michael Brecker, qui a participé à deux chansons, semblait revigoré. C’était une prouesse monumentale ».
https://www.popmatters.com/rubalcabagonzalo-supernova-2496057264.html
9 Yolanda Anas, Gonzalo Rubalcaba, album Inner Voyage, 1999.

Poncho Sánchez (né Filoberto Sanchez, 1951) conguero américain, chef d’orchestre de jazz latino et chanteur de salsa. Sanchez a joué avec des artistes tels que Cal Tjader, Mongo Santamaría, Hugh Masekela, Clare Fischer et Tower of Power. En 2000, lui et son ensemble ont remporté le Grammy Award du meilleur album de jazz latino pour leur travail sur l’album Latin Soul de Concord Picante, Les pièces sont : El Conguero, Ven Pa Bailar, Ican, Watermelon Man, Conga Blue, Lisa, Besame Mama, Guaripumpe, Listen Here/Cold Duck Time, Mama Guela. Ican en est le 3e morceaux et le personnel de la bande : Ramon Banda shekere, timbales ; Tony Banda basse, shekere, chant ; John Burk mixage, producteur ; Sal Cracchiolo bugle, trompette ; Ron Davis, mixage ; Scott Martin flûte, saxophone ; Poncho Sanchez congas, mixage, percussions, timbales, chant ; David Torres mixage, piano ; Francisco Torres trombone ; Mike Whitman saxophone baryton.
Au moment de la sortie de l’album, le critique Ed Kopp souligne : « Avec ses rythmes en contrepoint, son piano entraînant et ses cuivres enjoués, le jazz latino de Sanchez a un attrait universel. Latin Soul est une sorte d’album rétrospectif live qui retrace les 16 années de relation de Sanchez avec Concord Picante. Il existe une synergie palpable entre le groupe et le public sur cette collection de 10 chansons, enregistrées lors de concerts à Los Angeles et Oakland. Le groupe se nourrit de la foule, ce qui en fait une écoute optimiste et dansante ».
10 Ican, Poncho Sanchez, album Latin Soul, 1999.

Ainsi se termine l’épisode 31 de C’est du jazz latino, Un espace pour l’écoute, la danse et le plaisir... consacré aux déclinaisons du terme créole. C’est toujours un plaisir pour nous de partager avec vous, nous avons hâte de vous retrouver dans notre prochaine émission.

C’est du jazz latino épisode 31
Un espace pour l’écoute, la danse et le plaisir…

1 Donde, Roberto Perera, album Dreams & Desires, 1992.
2 Be-Bop, Arturo Sandoval, album Arturo Sandoval y El Tren Latino, 1995.
3 Passion Dance, Herb Alpert, album Passion Dance, 1998.
4 Rhythm of Our World, Arturo Sandoval, album Hot House, 1998.
5 Close Your Eyes, Poncho Sanchez, album Afro-Cuban Fantasy, 1998.
6 Lorraine, Chucho Valdés, album Bele Bele en la Habana, 1999.
7 Los Aretes de la Luna, David Sánchez, album Obsesión, 1999.
8 Feel Like Makin’ Love, album Los Hombres Calientes vol. 2, 1999.
9 Yolanda Anas, Gonzalo Rubalcaba, album Inner Voyage, 1999.
10 Ican, Poncho Sanchez, album Latin Soul, 1999.