LaRevue - Arts, cultures et sociétés


LaRevue, n°72-73


Éditorial

« Le mariage de la raison et du cauchemar qui a dominé tout le XXe siècle a enfanté un monde toujours plus ambigu. Les spectres de technologies sinistres errent dans le paysage des communications et peuplent les rêves qu’on achète. L’armement thermonucléaire et les réclames de boissons gazeuses coexistent dans un royaume aux lueurs criardes gouverné par la publicité, les pseudo-événements, la science et la pornographie. Nos existences sont réglées sur les leitmotive jumeaux de ce siècle : le sexe et la paranoïa. La jubilation de Mc Luhan devant les mosaïques de l’information ultra-rapide ne saurait nous faire oublier le pessimisme profond de Freud dans Malaise dans la civilisation. Voyeurisme, dégoût de soi, puérilité de nos rêves et de nos aspirations – toutes ces maladies sont contenues dans le cadavre le plus considérable de l’époque : celui de la vie affective. » J.G. Ballard, Préface à l’édition française de Crash.

DATA Meta DATA

Ce numéro double est entièrement consacré au colloque organisé au mois d’avril par TK-21 LaRevue.
Nous présentons les vidéos des interventions accompagnées du texte des conférences.
Les actes seront publiés prochainement en édition papier.
A voir également les expositions qui ont accompagné ce colloque.

« Face au déferlement des images »

« Comment artistes et photographes en Europe et Asie réagissent aux mega data. »

Un colloque TK-21 & Data Meta Data
13 avril 2017
Institut National d’Histoire de l’Art, Salle Walter Benjamin 9h-18h
INHA - 2 rue Vivienne - 75002 Paris

Présentation par Jean-Louis Poitevin
TK-21 LaRevue
organise son premier colloque autour de deux axes qui sont au cœur des réflexions qui y sont menées depuis près de six ans sans relâche, le statut des images aujourd’hui et la rencontre avec le monde asiatique.

Qu’est-ce aujourd’hui, que l’Image-Icône entre Europe et Asie ? Extraction et singularité. De l’Inspiration, Pascal Payen-Appenzeller.
Pourquoi « l’image-icône » ? : pour rendre compte de la présence « mystique et opérative » du paysage pour l’Asie, et du visage pour l’Occident, ce qui entraine d’une part les correspondances en Poèsie et d’autre part l’Oraison.
La singularité : elle s’exprime par le fait que chaque œuvre porte son identité à la manière « d’une personne démasquée ».
L’extraction : il s’agit de la question du champ, c’est-à-dire de la profondeur, et de l’espace autrement dit de la Lumière.
L’inspiration : elle comprend le souffle , le style, le témoignage, l’ensemble traduisant à la façon d’une exploration l’esprit de la chose représentée.

Repenser les archives photographiques chinoises à l’ère du BigData par Marine Cabos.
Cette intervention propose de porter un autre regard sur la manière dont les archives photographiques chinoises se reconstruisent, et parfois se réinventent, à travers les pratiques numériques.

L’esthétique de dix mille photographies superposées chez Atta Kim : « Toutes choses finissent par disparaître ». Hyeon-Suk KIM.
La série Indala d’Atta Kim, mille photographies emplies, superposées, est pleine de couleur grise, mais elle semble vide sans une image précise. Elle représente le monde invisible qui appartient au monde visible. En analysant les œuvres d’Atta Kim, particulièrement la série On-Air Project, nous allons observer le rapport entre apparition et disparition, entre visible et invisible, entre vide et plénitude.

Une image de Taïwan, la lumière des multi-cultures et la délicatesse de l’ombre, Wei-Shiuan Sun.
Cette intervention présentera une brève histoire de l’art photographique taïwanais des années 50 à nos jours à travers l’esthétique, les thématiques et la conception de l’espace en s’appuyant notamment sur l’exposition de Chungliang Chang et de Shih-Tsung Hung qui a lieu dans le cadre de ce colloque.

« Tokyo-Eyes » 2014-2017 - A la rencontre des Regards, Alain Nahum,
Dévoilement, furtives impudeurs japonaises ou la fabrique de
C’est à partir du regard que beaucoup de choses se jouent en photographie. « Lors de son voyage au Japon en 2014 face à la pudeur, à la réserve des japonais, je me suis demandé comment photographier ce peuple photographe. Provoquer des faces à faces, des échanges. La photographie pouvait-elle devenir le lieu d’une rencontre furtive, réveiller des regards ... »

Fonction esthétique et politique des images/symboles nationaux entre Corée et Occident, Choi Chungwoo.
Les images artistiques ou commerciales sont un reflet de la société. Nous tenterons à travers les événements politiques contemporains (accident du ferry Sewol, destitution de la présidente ...) en Corée du Sud, de réfléchir sur la stratégie idéologique des images artistiques ou politiques. S’agit-il encore de la « rhétorique de l’image » (Roland Barthes) ?

Thomas Ruff, des pixels pornographiques qu’on prendrait pour des lueurs astronomiques, Isabelle Hersant.
Il s’agira d’interroger la transformation paradoxale annoncée dans l’intitulé. Comment l’image pornographique, qui est image d’une chair hyper incarnée, peut-elle se faire l’image opposée que devient l’image subliminale produite par sa « simple » pixellisation ? Et dans la problématique que pose ce phénomène de transcendance, c’est au mécanisme de la fable que nous serons ramenés, productrice quant à elle d’images où se cristallise l’hyper présence du corps, entre un certain réel du rêve et une véritable fiction du fantasme.

Expositions

Aperçu d’une nouvelle photographie chinoise Fan Xi & Jing Wang,
galerie La Ville a des Arts, 15, rue Hégésippe Moreau, 75018 Paris.

Photo Meta Data - Paris/Taipei avec Chang Chung-Liang et Hung Shih-Tsung, galerie La Ville a des Arts.

Frontières de l’être, (Image et désontologisation), Jean Guy Lathuilière, Olivier Perrot, Martial Verdier
Mamia Bretesche Gallery - 77 rue Notre Dame de Nazareth - 75003 Paris

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montage photo Martial Verdier

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