mercredi 14 mars 2012

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Penser la posthistoire

TK-21 le programme

Projet éditorial : Images, appareils, société, cerveau

, Comité de rédaction , Jean-Louis Poitevin , La rédaction , Martial Verdier et Pierre Benielli

Images, appareils, société, cerveau : voilà les vecteurs de TK-21 La Revue.
TK-21 est née du désir de diffuser et de prolonger le travail de plusieurs années d’activité avec le Groupe Novembre, des rencontres multiples qui se sont nouées dans une réflexion sur les images depuis 2005.

En 2005, Jean-Louis Poitevin et Martial Verdier avec les membres du Groupe Novembre auxquels s’adjoignent rapidement Bernard Gerboud, Daniela Goeller et Pierre Benielli, décident de se retrouver régulièrement dans une recherche autour de la question de l’image. Afin de donner un cadre à leurs activités, ils ont fondé l’association TK-21, et ont décidé de se retrouver une fois par mois, d’octobre à juin, pour travailler sur des textes théoriques sur la photographie.

Photographes plasticiens, les membres du Groupe Novembre ne se satisfaisaient pas des théories en cours sur la photographie en général ni sur celle concernant la photographie plasticienne à laquelle ils se rattachent. Le déclic qui a présidé à leurs rencontres a eu lieu lors de la découverte des textes de Vilém Flusser.

Ils ont commencé à travailler sur son livre, Pour une philosophie de la photographie. Neuf chapitres, neuf séances et une tentative modeste de « déplier » ce texte afin d’en appréhender toutes les implications : telle fut la première année de travail dans ce séminaire.

Les thèses de Flusser sont à l’opposé des thèses de Barthes, qui constituent aujourd’hui une sorte de vulgate dans laquelle nombre de discours sur la photographie, en particulier en France, continuent à s’enliser. Elles leur semblaient devoir ouvrir des pistes de réflexion nouvelles. En tout cas, elles permettaient de tenter une sortie de cette conception faisant de l’image photographique un indice de la réalité et montrait l’urgence de questionner l’image sous tous ses aspects, à la fois en tant qu’objet, mais en relation avec celui qui la produit, les appareils qu’il utilise pour cela et enfin en fonction de l’impact des images produites sur le psychisme tant de celui qui les a réalisées que de ceux qui les voient.
Pour eux, s’ouvrit alors un champ d’analyse différent de celui des célèbres studium et punctum et de la relation de l’image au passé à travers la formule du « ça a été ». Par contre, ils se trouvèrent confrontés à la question des relations entre texte(s) et image(s) qu’il devenait possible d’inscrire dans une perspective généalogique.

Cette perspective mettait en question notre croyance en l’immuabilité de la conscience. Ainsi de la question de l’image, il fallut déployer une analyse de la conscience à partir d’un point de vue généalogique.

Grâce à ce lien avec les temps d’avant l’histoire s’est mise en place une réflexion dont l’image constitue à la fois le centre et l’opérateur majeur. L’image qu’il fallait alors interroger était l’image vidéo.

La parenté entre certaines remarques sur ces images et certaines conceptions en vigueur dans le monde de la préhistoire permit de tisser des ponts avec des éléments saillants de notre époque, celle de la post-histoire, au sens que Flusser donne à ce terme.

Ces séminaires sont donc un lieu de réflexion sur l’image dans la mesure où l’on entend par image l’ensemble des productions visuelles signifiantes nées des appareils de toutes sortes et produites en particulier dans les mégapoles de la planète.

Au cours des six ans durant lesquelles ce séminaire s’est tenu, nous avons vécu une évolution radicale de notre questionnement. C’est ce qui nous a conduit à fonder TK-21 LaRevue.

Photographie d’ouverture ©Martial Verdier