samedi 31 mars 2018

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À partir d’une pratique d’artiste marcheur et d’un travail d’échange photographique sur Instagram sur nos villes portuaires respectives, l’idée naît de produire des diptyques où Buenos-Aires et Marseille se confrontent l’une à l’autre.

La dérive
(Mais la dérive, dans son unité, comprend à la fois ce laisser-aller et sa contradiction nécessaire : la domination des variations psycho-géographiques par la connaissance et le calcul de leurs possibilités… G. Debord.)

C’est l’histoire d’une rencontre entre deux villes portuaires. C’est le désir de partager par des cheminements photographiques deux univers urbains lointains et sans aucun passé commun. Ces deux ports racontent des histoires semblables, des usages communs et surtout des espaces laissés de la même manière en déshérence. Le hasard nous a conduit et guidé, confrontant nos regards à travers des espaces improbables

Sincronia c’est la restitution de nos marches dans les espaces à l’abandon ou en jachère industrielle dans ces grands ports sur nos continents respectifs. C’est montrer comment chacun de nous deux perçoit l’espace qu’il traverse, le transcrit et comment ensemble nous l’avons questionné, comment nous avons tenter d’en révéler les contradictions et les similitudes.

En marchant, nos itinéraires dessinent des lignes sinueuses qui tracent les contours de formes urbaines, périurbaine et d’espaces abandonné.
À travers une pratique commune de la marche, nous décidons de dessiner nos parcours géographiques comme outils de documentations et de caller un tempo pour rapprocher nos dérives et construire des récits synchrones.
Les itinéraires se sont imposés à nous, révélant une pratique de déambulation très différente d’une ville l’autre. Deux histoires côtières et des usages totalement différents se font jour.

Nous choisissons nos parcours, nous réalisons les prises de vues et choisissons nos images sans nous concerter. Nous illustrons ainsi nos ‘dérives’ à partir des itinéraires établient parallèlement au trait de côte de chacune des deux villes.

L’un après l’autre nous plaçons en lignes nos images, en les rassemblant dans l’ordre chronologique de leur réalisation, et nous jouons sur le hasard que va générer le réseau..

Les deux villes se rencontrent sans que jamais l’on ne distingue l’une de l’autre, sans que l’une ou l’autre ne soit identifiable. Est-ce Buenos Aires ou Marseille ?
Dans ce « frottement » des images, dans cette dualité naît une troisième image, mentale.

Naturellement nous rapprochons des constructions, rues, arbres, abris de fortune, ou tas de pierres et cette ligne d’horizon des mers qui relient nos port comme les web a relié nos photos.

Si nous marchons dans une même direction selon les points cardinaux c’est une synchronie, mais alors nous n’allons pas dans un même sens par rapport à la côte et à la mer.