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Ouverture de la châsse
les commodités de Dominique Gilbert
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Il existe des mystères, entre autres de Paris, en des lieux dits d’aisance faits pour libérer le contenu naturel des corps tout en allégeant leur âme.
Pour Dominique Gilbert, avec « Le bidet », le livre devient celui des commodités — des conversations comprises — pour repérer des relations diverses et douteuses génératrices de plaisirs, de haines, voire de quelques délinquances sexuelles.
Existe là — sinon saint ou ceint — un siège presque idéal. Occasion pour un fin limier et son acolyte de tirer des fils comme le papier hygiénique. Mais la police se méfie de la marée qui dégouline ses chaussées.
Quoique résolument policier et noir, le roman laisse humer des humeurs et des retours du refoulé — entre autres dans les affaires matrimoniales — même si tant se confondent, s’aiment et se trompent. D’autant qu’à l’impossible rien n’est tout nu.
Les enquêteurs donnent ici de l’ampleur à ce qu’ils cherchent en s’accroupissant sur une oblongue lunette, ce qui en littérature n’est pas chose commune. Preuve que grâce aux organes génitoires et méritoires ou non, l’existence, et même sa jouissance, reçoit sens, vérité et réalité loin d’un unique fondement supérieur. C’est ainsi que l’auteur retrouve les ressources de la nature inaliénable de l’humain. Que demander de plus ?
Dominique Gilbert, Le bidet, L’élocoquent, mars 2024, 210 pages - 23€
