dimanche 3 octobre 2021

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FrenchMasks. SGDG

, Guillaume Dimanche

Les masques se déploient, les masques se confrontent, ils se croisent et se recouvrent. Une exposition FrenchMasks.SGDG était visible dans la galerie Le Bazar, hôpital Saint Jean de Dieu à Lyon du 16 au 30 septembre dans le cadre de la BHN9 (Biennale Hors Norme 9), biennale d’art brut et singulier. Un ensemble de 83 pièces étaient présentées, construites à partir de la même base photographique, initialement diffusée sur des réseaux sociaux dans un format carré, parmi les 215 autoportraits saisis pendant une année.

L’assemblage pour cette exposition, proposait une appréhension dans un espace d’une interface multi-fenêtres. Ces autoportraits nés dans l’isolement du printemps 2019, apparus sur les écrans, circulant sur les réseaux et les écrans, dans l’immobilité du regardeur, forcent ici au mouvement. Sur le mur sont les tirages, affiches, aquarelles, copies laser forment nu ensemble unique et cohérent. Non seulement les techniques mais aussi les formats sont mélangés. Non seulement les œuvres s’étalent sur le mur, mais elles se recouvrent, se cachent, se fragmentent. On entre dans ce lieu d’exposition comme on entre dans un paysage, virtuel ou réel, comme on entre avec un casque dans une réalité virtuelle. Cet accrochage, forçant au mouvement, force la liberté du corps, force la libération de l’esprit. Cet autoportrait masqué, multiplie les points de vu du sujet répété, donne une appréhension visuelle incarnée.

Face à ce mur, un alignement palissade, montre une suite d’affiches, grands formats de 115 x 80 cm à 170 x 130 cm, des masques végétaux, construits avec des cornichons, aïl ou graines de pissenlits. Collées sur des emballages de vélo, pour leur grande taille, et repris à l’encre de Chine, parfois au scotch. Ils sont encadrés, décollés des parois murales, en autonomie, avec des tasseaux, des bois de palette et d’autres diverses récupérations mobilières. Ces pièces deviennent des protections innocentes, nullement accrochées, ni attachées, ni sécurisées à un mur. La palissade est un objet de protection et de défense. Elles sont bricolées, fragiles, légères, déplaçables sans force. Un trait de vent les renverseraient.

En novembre, pour le Mois de la Photo à Grenoble, les FrenchMasks.SGDG seront collés sur les murs de la ville. Ils constitueront le lien, à travers la ville, de l’ensemble des expositions, en même temps qu’une suite et une nouvelle extension des précédents accrochages. En intégrant les images à l’architecture, similairement à des fresques, mais temporaires et fragiles, à nouveau les Masks impliqueront un mouvement du corps dans l’espace. À nouveau le réel et le virtuel, entreront en collision.

FrenchMasks.SGDG, Mois de la Photo, Grenoble, 5 novembre / 5 décembre