lundi 28 avril 2014

Accueil > Livres en écriture > Vice Versa- IV

Vice Versa- IV

, Sandra Fastré et Yannick Vigouroux

Le rendez-vous était devenu incontournable. Nous avions pris goût à raconter une histoire pour chaque nouvelle image. Il se mêlait surprise, découverte et imagination. Voici le quatrième épisode de cette correspondance qui bâtissait progressivement notre amitié.

Jour 11-Image de Yannick Vigouroux

Texte de Sandra Fastré
" L’émotion, la force, l’intensité forment ce tourbillon qu’est la vie".

Jour 12 - Image de Sandra Fastré

Texte de Yannick Vigouroux
"J’aimerai toujours cette heure du soir, que je nomme cette « heure bleue » - même si en réalité il s’agit seulement d’une poignée de minutes -, qui se déplace au gré des saisons, que les jours s’allongent ou au contraire deviennent plus courts. Que je sois chez moi, dans une chambre d’ami ou d’hôtel, ou d’hôpital, j’aime observer cette lumière bleutée de plus en plus dense sur l’immeuble en face de ma fenêtre à Paris, ou sur la colline coiffée de quelques arbustes maigres qui annonce ce soir à 20 h 30, dans les Pyrénées, la fin de la journée, qui sera bientôt absorbée par la nuit et ses songes."

Jour 13 - Image de Yannick Vigouroux

Texte de Sandra Fastré
"L’automne s’invite peu à peu dans cette campagne encore endormie. La brume dépose sa rosée dans ce pré où j’imagine les bêtes encore blotties les unes contre les autres pour se réchauffer et vaincre l’humidité matinale. J’entends uniquement le chant des oiseaux. La nature commence à livrer des tâches de brun orangé au sol, premiers signes du changement de saison. La végétation est dense et offrira au promeneur la vision de superbes tableaux paysagers. Par petites touches, le rouge, le jaune et l’orange formeront avec harmonie des scènes inédites. Elle nous proposera des couleurs fauves et vives qui contrasteront avec ce ciel d’un bleu presque pur. Un dernier dimanche de découvertes où mes pieds fouleront les sentiers tracés par le troupeau. Le vent caressera la cime des arbres, leur conférant cette courbure étrange comme s’ils me souhaitaient la bienvenue. Puis, peu à peu, le pâturage entrera en hibernation, attendant patiemment le prochain printemps."

Jour 14 - Image de Sandra Fastré

Texte de Yannick Vigouroux
"Quels souvenirs gardons-nous des autres, des moments passés avec eux, rencontres éphémères ou plus durables ? Que retient notre mémoire. Quelle mosaïque complexe, pêle-mêle bariolé, à la manière d’un inventaire à la Prévert ! et ce matin, en se levant, me vient par exemple à l’esprit : la ride profonde barrant le front de ce conférencier si concentré ; la couleur rose des escarpins de Marion ; la fascination d’Édouard pour cette même couleur qu’il aimait associer à la feutrine, caractéristique que j’associerai toujours, désormais, à sa belle voix grave et profonde qui semblait peser, soupeser au micron prêt chaque mot prononcé (comme le message sur son répondeur...) ; le léger strabisme séduisant d’une actrice ; la façon si légère de se déplacer dans l’espace et de prononcer les mots assortis, toujours, d’onomatopées et d’anglicismes d’une amie... Ces détails sont aussi précieux que les galets parfaitement polis ou au contraire imparfaits que ramassent les enfants sur les plages et qu’ils stockent comme d’autres « joujoux de pauvres », écrirait Baudelaire, dans leurs boîtes à trésors. "

Jour 15- Image de Yannick Vigouroux

Texte de Sandra Fastré
"C’est l’histoire d’une rencontre. Nos regards se croisent, je lui souris. Il s’approche d’un pas sûr et se présente. Galant, il m’offre un verre et nous débutons ce jeu de séduction. Comme un tango Argentin, nous échangeons ensemble vers une direction impromptue à chaque instant. Nous nous découvrons dans cette danse improvisée. Nous savourons ce moment sans pour autant nous dévoiler totalement. Puis je décide d’y mettre fin. Lorsqu’il le comprend, il me demande mon numéro. C’est le hasard d’une rencontre qui donne une couleur différente à cette soirée. Nos chemins se séparent et nous nous quittons les étincelles aux yeux. Peut-être m’appellera- t-il ?"