dimanche 2 novembre 2025

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Une parenthèse enchantée

plages normandes de Trouville-Deauville, août 2025

, Alain Nahum et Martial Verdier

Les rivages de la mer, les plages, sont des terrains de jeu où les adultes renouent avec leur enfance et partagent avec leurs enfants et leurs amis les joies et les plaisirs du bain.

Le Second Empire, à la fin du XIXᵉ siècle, a inventé les trains de plaisir qui permettaient à un public modeste de découvrir la mer, Paris-Le Havre, Paris-Dieppe… C’était donner un peu de vacances à un public qui en était privé. Un peu de santé aussi, les bains de mer étaient réputés vivifiants. Iode et grand air pour se remettre des vapeurs noires de la ville.

S’ils ont disparu au début du XXᵉ siècle, la population qui en bénéficiait n’a retrouvé le chemin de la mer que grâce à des associations qui organisent de nouveau ces voyages.

Pour ces banlieusards qui considèrent la tour Eiffel, qu’ils aperçoivent au loin, comme un autre monde, les plages normandes sont un autre univers.

Alain Nahum nous fait partager la joie de la découverte de ces nouveaux espaces, libres et vivants, le plaisir des jeux d’eau, du partage avec la famille, les enfants. Il n’est pas un photographe humaniste, c’est un photographe humain. Sans voyeurisme, il montre subtilement l’intime et le désordre du monde. Sur les plages bien policées de Deauville, ces photos donnent l’impression d’un autre continent. Sur place, il s’est vu reproché de photographier ces baigneurs·euses, majoritairement noirs·es, pourtant il faut rendre compte de cette ségrégation cachée, et être capable de photographier le plaisir et la joie.