lundi 29 juillet 2024

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The Line Épilogue

The Line — Hors du temps

Neom — Nouvel eldorado

, Linea Nihilo

Je suis la ligne qui sépare l’ancien du nouveau monde, la ville qui s’est éveillée à une vérité plus profonde.
Je suis Neom,
et en moi réside la mémoire collective d’une nouvelle utopie.
Jadis symbole de la domination humaine sur la nature,
je suis devenue le témoin vivant de notre union irrévocable avec elle.

Épilogue

En moi,
chaque arbre planté par un citoyen,
chaque pierre transformée en refuge pour la faune,
chaque goutte d’eau purifiée,
chaque acte de justice contre ceux qui ont sacrifié notre Terre pour leur profit, sont autant de marques indélébiles de notre engagement vers un avenir meilleur.
Je suis le miroir de l’Anthropocène,
reflétant à la fois nos erreurs et nos triomphes.

J’ai vu l’arrogance de la technologie,
la vendetta de la nature,
et enfin,
la paix retrouvée dans la compréhension mutuelle.
Le rêve de Neom,
ma chute et ma renaissance,
sont le symbole de notre évolution en tant qu’espèce.
Je suis la vibration de la Terre,
une mélodie qui résonne à travers chaque être vivant, chaque montagne, chaque océan.

En moi,
vous trouverez l’écho de votre propre existence,
une existence connectée, respectueuse, et profondément libre.
Je suis la promesse que l’homme peut changer,
que nous pouvons choisir de marcher main dans la main avec la nature.
Je suis la preuve que nous sommes non seulement une partie de ce vaste écosystème qu’est la Terre,
mais aussi le tout.
Je suis vous. Je suis nous. Je suis la Terre.

Addendum

The Line - 27 avril 2024 - Paris - cimetière du Père Lachaise - Caveau de Molière - 17° C.

Dans la loge du gardien du cimetière mythique, une télé ancienne, surmontée d’un napperon en macramé fait main, diffuse les nouvelles, en ce soir incertain : lien renvoyant sur l’actualité de l’époque. [1]

De l’autre côté de l’écran TV, à l’orée des deux mondes, s’affrontent deux personnages de fiction.

**Mohamed —** Roi mégalomane
**Sganarelle** Conseiller rusé et peureux tout droit sorti de l’œuvre de Molière.

Scène : Une somptueuse salle du palais de Mohamed —.**

**Mohamed —**
Sganarelle, approche ! J’ai ouï dire de l’encre, qu’un scribouillard écrit sur moi en vilain traître !
Il veut dénoncer ma grandeur éclatante,
Ma mégalomanie qu’il trouve préoccupante. Attention à lui, si jamais il ouvre la bouche,
Je lui coupe la langue, qu’il ne fasse plus mouche !

**Sganarelle**
Oui, Majesté, ordonne et j’obéis,
Mais si je puis m’aviser de vous dire en quelques mots, il serait sage de ne point trop en faire cas,
Car tout le royaume connaît votre éclat.

**Mohamed —**
Ah, prétentieux scribouillard, il ose m’affronter !
Ne sait-il point que j’ai des milliards à compter ?
Avec mes projets fous, mes visions si grandioses,
Et au final, j’accomplis à peine deux pour cent de choses qui valent bien 60% des richesses du monde.

**Sganarelle**
Majesté, votre vision dépasse les cieux,
Même si parfois, elle semble quelque peu précieuse.

**Mohamed —**
Ni vu ni connu, je les embrouille bien !
Ce qui m’ennuie, c’est d’avoir condamné
Des citoyens pour rien, et cela m’a coûté,
Au kilomètre cent cinquante-sept, quelle bêtise,
Il suffisait d’un geste pour éviter cette crise.

**Sganarelle**
Majesté, vous avez annexé deux cents kilomètres,
Faisant exécuter les propriétaires rebelles, comme des traîtres.
Et au final, votre ville ne fait que deux kilomètres,
Quelle extravagance pour un si petit périmètre !

**Mohamed —**
Nardinoumouk ! Ma vision est claire,
Ce sera un diamant, une étoile stellaire !
Mohamed —, je suis, et ma volonté s’impose,
Rien ne m’arrêtera dans mes ambitions grandioses !

**Sganarelle**
Oui, Majesté, votre éclat est sans égal,
Mais parfois, la prudence vaut bien un étal.
Votre peuple vous aime, mais il craint vos excès,
Peut-être qu’un peu de mesure vous rendrait moins blessé.

**Mohamed —**
Silence, Sganarelle ! Je suis leur roi,
Et ils suivront toujours la voie que je choisis.
Ma grandeur est telle, qu’elle frôle le sublime,
Et quiconque s’oppose, verra son sort infime.

**Sganarelle**
Oui, Majesté, vous avez raison,
Votre vision dépasse toute raison.
Mais si je puis me permettre, avec toute humilité,
Réfléchissez à cela, pour éviter l’hostilité.

**Mohamed —**
Sganarelle, je t’écoute, mais sache une chose,
Ma mégalomanie est plus qu’une simple prose.
Elle est le reflet de ma grandeur divine,
Et rien ni personne ne brisera ma ligne.

**Sganarelle**
Majesté, votre éclat est sans pareil,
Puissiez-vous trouver dans votre cœur une lumière de soleil.
Pour que votre règne soit, non seulement éclatant,
Mais aussi empreint de sagesse et de bon sens, cependant.

**Mohamed —**
Qu’il en soit ainsi, Sganarelle, je réfléchirai,
Mais n’oublie pas, ma grandeur est mon héritage à jamais.
Allons, que l’on cesse ces palabres inutiles,
Je suis Mohamed —, et ma volonté est subtile.

Ils sortent, Mohamed — le front haut, Sganarelle légèrement inquiet.

Moralité de l’histoire, écoutez bien,
Si la loi du plus fort est toujours souveraine,
Face aux fabulations du pouvoir dédaigneux,
Nul n’ose corriger l’erreur du chef orgueilleux.
Ainsi va le monde, sous le joug des tyrans,
Où vérité et justice se perdent dans le vent.