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Poésie
Pénélope est une salope
si ça lui plait
,
À Lilith,
À Pénélope, À Médée, à Perséphone et à Bobo, à toutes les belles succubes
et aux incubes en transition
À Viviane, à Marianne, à Morgane et à Ariane, à Josiane et Anne-Marie, et Annie, et Yeleen, Châyâ, Corinne et Aïcha, et Aanaq et Wen et Ahn et Ayoka et
Car
Tu ne considéreras pas la Terre comme ton jardin et ta propriété et ta propre poubelle
Car Gaïa est ton égale et ta pourvoyeuse
Car
la femme est doublement fendue
Son sourire horizontal et son sourire vertical en font l’être le plus complet qui soit.
Par la bouche et dans sa couche créatrice de ce tout ce qui est,
Elle nomma le monde en 21 jours.
Le dernier jour elle offrit au monde son trop plein de sang afin que s’en abreuvent tous les êtres.
Et L’ARN se répandit.
Depuis les étoiles du ciel jusques en Normandie, en Arcadie,
en Tragédie.
Sous la terre, dans les eaux, au plus profond
de la pierre
qui roule
Sur le chemin
Un humain dans la houle
Un papier à la main
Un mot apporte la paix
Joue avec le destin
Conjure les mauvais sorts
Une pierre sur un caillou bâtit un chemin
Les pieds dans la boue elle rugit de joie
Fait tourner la pluie
Elle nomme le monde Monde et le sauve
La pierre se casse
Le papier enroule la pierre
La pierre roule sur la terre
Il pleut
on entend les gouttes
joli tambourin
ça coule sur le chemin
l’orage gronde
l’eau se gonfle
la pierre roule
l’eau coule, un éclair là-haut
l’arbre gémit dans le vent
le bois s’enflamme
le feu brûle la feuille
la flamme danse de chaud
L’eau goûte le feu
Tout brûle
Du bois monte une fumée
Elle cherche l’oiseau
l’oiseau s’envole
traverse la pluie
la pluie remplit le puits
Le puits absorbe l’eau
L’eau court encore
La porte arrête l’eau
L’éclair frappe à la porte
la maison est fermée
le feu brûle la porte
tu cours
trébuches sur la pierre
L’eau est avalée par la terre
La pierre tombe dans le puits
Le sang coule sur la peau
Les genoux dans la boue
Le sang bât sous la peau
Cailloux et ciseaux
La pierre roule dans l’eau
Nous glissons dans le puits
Le puits avale la pluie
Le puits tourne autour de la nuit
La nuit s’enroule autour des paupières
Je suis la pierre qui roule
Une humaine dans la houle
Je vais où ça coule
Je vais où ça roule
où ça croule
où ça s’écroule
Là-bas, plus loin,
Ce serait cool
Pierre sur caillou
Un mur monte
La mer est immense
Caillou qui roule, blesse le pied
Pierre lancée, blesse l’esprit
Le puits sur le chemin
Un trou où tu t’écoules
La pierre tombe dans l’eau
L’eau éclabousse
L’humain a soif
La soif se répand
L’humain lui répond
Saisit la pierre
La pierre tombe
Casse le caillou
L’idée jaillit
S’évapore dans les temps
Un temps, se suspend
L’oiseau rapace
Ramasse
Ho l’oiseau !
La lune dans l’étang
Se mire
Ô mort, admire son chemin
destin chagrin
parchemin
Le papier se froisse,
te coupe.
Fuis.
Tu bruis
Tout bruisse
Je lis
Je glisse
M’enlise
et hisse
et ho
et hop
l’oiseau
Ô mort
Tout dort


