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Poésie
Peindre avec le Cinéma
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Avec l’œuvre de Bernard Gast, un tout nouveau concept esthétique est né : « Peindre avec le Cinéma ! ». Chacune de ses œuvres est entièrement issue de films et réalisée avec des pellicules 35 mm du Cinéma. L’artiste commence par fabriquer une « Matrice » transparente, c’est-à-dire un objet, bricolé et poétique qu’il crée avec la matière même de ces films du Cinéma*.
Ça tremble sous nos pas (2020)
L’humain... Je l’aime toujours avant tout de loin...
Tellement souvent il endeuille l’équilibre,
L’humain... Si vite prêt à sortir le calibre
Et te rendre au centuple... Tout le tintouin
It trembles under our steps (2020)
Human kind... I still love it but from far...
So often it bereaves the equilibrium,
Human kind... So quickly ready to draw the gun
And to give you back a hundredfold... All the pandemonium
Raconte-moi le Ciel (2008)
L’enfant de sept ans se penche sur le berceau
où se trouve son frère qui vient de naître et lui dit :
Raconte-moi le Ciel… Car j’ai déjà tout oublié
Tell me the Sky (2008)
The seven-year-old child leans on the cradle
Where is lying his newly born brother and says to him :
Tell me the Sky… ’Cause I have already forgotten everything
Fin de partie (2012)
La Peinture métaphysique de Chirico transpose ici la réalité. Le titre suggère le rêve halluciné de Beckett où la personne invalide et ravagée traverse un univers d’apocalypse.
Des berceaux sous la cendre déchirés de haine
Abordent par grappe de fuyards en peine
Sans alliés pour se définir éclairés
Égypte et consort aux paupières collées
La terre s’ouvre de maux accablants
Vers l’absurde issue des fardeaux blancs
Ah ! Quelque chose suit son cours
Depuis hier créer demain l’amour
Game over (2012)
Chirico’s Metaphysical Painting transposes reality here. The title suggests Beckett’s hallucinated dream where the disabled and devastated person goes through an apocalypse’s universe.
Craddles under ashes torn apart by hate
Hit by hard-pressed runaways bunch
Without allies to name them enlightened
Egypt and glued eyelids consort
Earth breaks open from overwhelming evils
Toward the absurd exit of the white burdens
Ah ! Something follows its course
From yesterday make tomorrow love
Joutes en eau profonde (2015)
Ce naturalisme de la représentation suggère le réalisme social de Courbet.
La lutte s’engage sur la paroi des voilures
Une vie laborieuse loin du débarcadère
Les gueules de ressuscités pressent l’allure
Efforts désordonnés des combats légendaires
Jousts in deep waters (2015)
This naturalism of representation suggests Courbet’s Social Realism.
The fight starts on the cars’ panel
A arduous life far from the wharf
The mouths of the resurrected step up the pace
Sloppy efforts of legendary battles
Une larme a suffi (2024) à Esther
Je vous aime vous
Quand sous nos pieds
Le monde nous dit aime !
Quand dans la nuit
Votre main pose le Ciel
Au creux de la mienne…
Titre & image Bernard Gast - Poème Esther Dubois
L’amour caresse sa joue (2016)
Ma peine trébuche à la fête de ta bouche
Où chantent mille fauves au souffle affamé
Le bal des mains délivre ta sainte-nitouche
Et j’écoute mon amour en ton coeur enflammé
Love caresses his cheek (2016)
My sorrow stumbles at your lips’ party where
A thousand starved breathing beasts are singing
The dance of hands delivers your fake prude
And I listen to my love in your flaming heart
N’être que par hasard (2020)
Tout ce qui fit ma nuit est une peau de vache
Sous le soleil, se tenait un singe redressé,
Une page blanche aux maladresses lâches,
L’avènement du règne de l’enfant blessé
To be only by accident (2020)
All that made my night is a cow’s skin
Under the sun, stood a straightened up monkey,
A blank page with cowardly blunders,
The advent of the reign of the wounded child
Jardin du temps futur (2023)
J’ai reçu le rêve intense des seins d’Esther
Sa poitrine aux bourgeons frissonnants ruisselle
De l’audace d’un arbre déshabillé… Austère
Qui a troué le soleil de son carrousel
L’Esprit de l’enfant (2013)
J’ai cet immense amour… La source véritable
Le Ciel est toujours à l’heure de ma tendresse
Silence ! Et laissez-moi rouler sous la table
Je n’ai pas à me défendre de la paresse
The Spirit of the child (2013)
I have this great love… The true source
The Sky is always on my tenderness’ schedule
Silence ! And let me roll under the table
I don’t have to defend myself of lazyness
Vénus (2008)
La morsure du fleuve te mouille à peine
Pieds nus dans le lit d’une étoile vagabonde
Qui s’enroule à ta forêt hallucinogène
Tu marches sur les eaux soudain pudibonde
Venus (2008)
The river’s bite barely moistens you
Naked feet in the bed of a drifting star
That twists itself to your hallucinogenic forest
Suddenly prudish you walk over waters
*Ann MICHALSON – Painting with Cinema by Bernard Gast (2021) ; translated from american by Raphaël Loison, in tome 1 « Variations in abstraction » (according to the ‘October edition’ book) – I Gallery Editions, ART collection
Image d’introduction : Jouer à qui perd gagne, (2024), Peinture avec le Cinéma © Adagp & Bernard Gast










