dimanche 1er décembre 2024

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Poésie

Peindre avec le Cinéma

, Bernard Gast

Avec l’œuvre de Bernard Gast, un tout nouveau concept esthétique est né : « Peindre avec le Cinéma ! ». Chacune de ses œuvres est entièrement issue de films et réalisée avec des pellicules 35 mm du Cinéma. L’artiste commence par fabriquer une « Matrice » transparente, c’est-à-dire un objet, bricolé et poétique qu’il crée avec la matière même de ces films du Cinéma*.

Ça tremble sous nos pas, 2020
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,53 m) © Adagp & Bernard Gast

Ça tremble sous nos pas (2020)
L’humain... Je l’aime toujours avant tout de loin...
Tellement souvent il endeuille l’équilibre,
L’humain... Si vite prêt à sortir le calibre
Et te rendre au centuple... Tout le tintouin

It trembles under our steps (2020)
Human kind... I still love it but from far... 
So often it bereaves the equilibrium,
Human kind... So quickly ready to draw the gun
And to give you back a hundredfold... All the pandemonium

 

Raconte moi le Ciel, 2008
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,38 m) © Adagp & Bernard Gast

Raconte-moi le Ciel (2008)
L’enfant de sept ans se penche sur le berceau
où se trouve son frère qui vient de naître et lui dit :
Raconte-moi le Ciel… Car j’ai déjà tout oublié

Tell me the Sky (2008)
The seven-year-old child leans on the cradle
Where is lying his newly born brother and says to him :
Tell me the Sky… ’Cause I have already forgotten everything

 

Fin de partie, 2012
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,44 m) © Adagp & Bernard Gast

Fin de partie (2012)
La Peinture métaphysique de Chirico transpose ici la réalité. Le titre suggère le rêve halluciné de Beckett où la personne invalide et ravagée traverse un univers d’apocalypse.
 
Des berceaux sous la cendre déchirés de haine
Abordent par grappe de fuyards en peine
Sans alliés pour se définir éclairés
Égypte et consort aux paupières collées
La terre s’ouvre de maux accablants
Vers l’absurde issue des fardeaux blancs
Ah ! Quelque chose suit son cours
Depuis hier créer demain l’amour

Game over (2012)
Chirico’s Metaphysical Painting transposes reality here. The title suggests Beckett’s hallucinated dream where the disabled and devastated person goes through an apocalypse’s universe.
 
Craddles under ashes torn apart by hate
Hit by hard-pressed runaways bunch
Without allies to name them enlightened
Egypt and glued eyelids consort
Earth breaks open from overwhelming evils
Toward the absurd exit of the white burdens
Ah ! Something follows its course
From yesterday make tomorrow love

 

Joutes en eau profonde, 2015
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,28 m) © Adagp & Bernard Gast

Joutes en eau profonde (2015)
Ce naturalisme de la représentation suggère le réalisme social de Courbet.

La lutte s’engage sur la paroi des voilures
Une vie laborieuse loin du débarcadère
Les gueules de ressuscités pressent l’allure
Efforts désordonnés des combats légendaires

Jousts in deep waters (2015)
This naturalism of representation suggests Courbet’s Social Realism.

The fight starts on the cars’ panel
A arduous life far from the wharf
The mouths of the resurrected step up the pace
Sloppy efforts of legendary battles

 

Une larme a suffi, 2024
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 2,20 m) © Adagp & Bernard Gast

Une larme a suffi (2024) à Esther
Je vous aime vous
Quand sous nos pieds 
Le monde nous dit aime !
Quand dans la nuit
Votre main pose le Ciel
Au creux de la mienne…

Titre & image Bernard Gast - Poème Esther Dubois

 

L’Amour caresse sa joue, 2016
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,24 m) © Adagp & Bernard Gast

L’amour caresse sa joue (2016)
Ma peine trébuche à la fête de ta bouche
Où chantent mille fauves au souffle affamé
Le bal des mains délivre ta sainte-nitouche
Et j’écoute mon amour en ton coeur enflammé

Love caresses his cheek (2016)
My sorrow stumbles at your lips’ party where
A thousand starved breathing beasts are singing
The dance of hands delivers your fake prude
And I listen to my love in your flaming heart

 

N’être que par hasard, 2020
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 2,25 m) © Adagp & Bernard Gast

N’être que par hasard (2020)
Tout ce qui fit ma nuit est une peau de vache
Sous le soleil, se tenait un singe redressé,
Une page blanche aux maladresses lâches,
L’avènement du règne de l’enfant blessé

To be only by accident (2020)
All that made my night is a cow’s skin 
Under the sun, stood a straightened up monkey, 
A blank page with cowardly blunders, 
The advent of the reign of the wounded child 
 

 

Jardin du temps futur, 2023
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,36 m) © Adagp & Bernard Gast

Jardin du temps futur (2023)
J’ai reçu le rêve intense des seins d’Esther
Sa poitrine aux bourgeons frissonnants ruisselle
De l’audace d’un arbre déshabillé… Austère
Qui a troué le soleil de son carrousel

 

L’esprit de l’enfant, 2013
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,93 m) © Adagp & Bernard Gast

L’Esprit de l’enfant (2013)
J’ai cet immense amour… La source véritable
Le Ciel est toujours à l’heure de ma tendresse
Silence ! Et laissez-moi rouler sous la table
Je n’ai pas à me défendre de la paresse

The Spirit of the child (2013)
I have this great love… The true source 
The Sky is always on my tenderness’ schedule
Silence ! And let me roll under the table
I don’t have to defend myself of lazyness

 

Vénus, 2008
Peinture avec le Cinéma (1,20 x 1,93 m) © Adagp & Bernard Gast

Vénus (2008)
La morsure du fleuve te mouille à peine
Pieds nus dans le lit d’une étoile vagabonde
Qui s’enroule à ta forêt hallucinogène
Tu marches sur les eaux soudain pudibonde

Venus (2008)
The river’s bite barely moistens you 
Naked feet in the bed of a drifting star
That twists itself to your hallucinogenic forest
Suddenly prudish you walk over waters

 

Esther, Je vous veux… vous, 2024
Musique, texte et voix : Esther Dubois

*Ann MICHALSON – Painting with Cinema by Bernard Gast (2021) ; translated from american by Raphaël Loison, in tome 1 « Variations in abstraction » (according to the ‘October edition’ book) – I Gallery Editions, ART collection

Image d’introduction : Jouer à qui perd gagne, (2024), Peinture avec le Cinéma © Adagp & Bernard Gast