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Mateurs et montreuses
Louise Brodsky
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La principale préoccupation de Louise Brodsky est de comprendre le mécanisme psychologique de la dépression et du suicide. Plus tard, elle rencontre la question de la condition féminine et de la sexualité, et sa réflexion s’élargit tout en puisant dans les mêmes préoccupations fondamentales. Pourquoi l’être humain, doté de conscience et de morale, vacille-t-il en permanence entre le plaisir et la souffrance ? Pourquoi cette attirance vers la destruction ? Et pourquoi cet instinct de survie ?
Louise Brodsky, artiste bruxelloise multidisciplinaire, découvre l’art dès le plus jeune âge. Elle suit des cours extrascolaires de dessin durant son enfance et, petit à petit, sa grande passion pour ce domaine est née. À 20 ans, elle tente des études d’architecture à l’Institut Supérieur Victor Horta et des études de dessin et sculpture à l’École de Recherche Graphique, mais après avoir entrepris un voyage en Australie, elle reprend des études d’illustration à l’École de Promotion sociale des Instituts Saint-Luc à Bruxelles. Depuis, elle ne cesse de suivre des cours dans diverses académies afin de développer son propre univers créatif.
En 2017, elle décide de se lancer dans la ferronnerie d’art et a pour but de maitriser une matière qu’elle trouve plus passionnante que la terre ou le plâtre. Elle élabore des sculptures mais aussi du mobilier design et de la restauration d’art nouveau.
Dès l’enfance, Louise connut de grands bouleversements qui lui inspirèrent et inspirent des questions. Avec des problématiques venues très tôt, Louise Brodsky crée un monde propre et prend conscience du sens de son travail artistique et de sa recherche graphique visant à comprendre le paradoxe entre plaisir et souffrance, la limite entre soumission et domination. Mais aussi le balancement entre destruction et construction autant dans l’intimité la plus profonde de l’être humain que dans le fonctionnement de la société.
Pour preuve, il n’est pas jusqu’au « Salon de la mort », d’écraser Thanatos par Éros. Chacun des dessins de Louise Brodsky possède en effet une signification personnelle. Ce dessin (ci-dessus) détient une histoire et signe la fin d’un amour toxique, d’un sacrifice. C’est le dernier geste avant une renaissance. Il est fait d’après une photo (jamais publiée) de Irving S. T. Garp.
Les œuvres de Louise Brodsky décrivent souvent, selon sa volonté, une trajectoire métaphorique et existentielle où l’artiste piétine, repasse par les mêmes voies en recommençant ce qui ne commence jamais et qui nous menace délicieusement et tragiquement. Pour ses dessins narratifs, elle met en scène, avec élégance, divers jeux entre le subtil et l’arrogant, le secret et l’évidence. Un envers du miroir de nos territoires conquis apparaît sous forme de songe, de rêve que la créatrice découpe en une suite de lieux d’un d’abandon et de liberté.
Surgit un espace vacant donc ouvert et presque aussi onirique que discrètement tragique. Les décors s’arc-boutent. Ils échappent à toute localisation précise et donnent une éternité à cet éphémère de moments soudains figés de manière provisoire. Reste une scénographique essentielle, grave, délétère mais jouissive et érotique. Une telle œuvre reste à sa manière des plus engagée. Mais à la place des mots d’ordre, ce sont les images qui servent de revendication.

