dimanche 2 février 2025

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Smaris Elaphus

Marie le Moigne

Liberté et Insolence

, Corridor Eléphant et Marie Le Moigne

Les photographies de Marie le Moigne incarnent « Liberté et Insolence » en invitant à la contemplation et à l’évasion. Les images montrent le corps féminin mêlé à la nature dans une atmosphère suspendue et intemporelle.

L’élément provocateur de la série réside dans la représentation du corps féminin nu, libre. La nudité, souvent perçue comme un acte de rébellion ou d’insolence, est ici un acte de liberté corporelle et d’émancipation des contraintes sociales et culturelles. Je souhaite montrer le corps féminin dans sa vulnérabilité comme dans sa force. De plus, il est présenté sans fard ni artifice, tel quel en immersion dans la nature, faisant corps avec cette dernière. En choisissant de montrer le corps nu dans un état de contemplation et de connexion avec la nature, ces photographies tentent de défier les normes et les tabous, et revendiquent d’un certain point de vue le droit à la liberté et à l’auto-expression.

En tant que femme, photographier est absolument un acte de liberté et c’est un acte fort qui me tient à cœur. En photographiant, je cherche à explorer et à partager des histoires qui autrement pourraient rester invisibles ou sous-représentées. La photographie est une forme d’auto-expression et d’auto-affirmation.
Capturer des images de corps féminins nus, dans leur état le plus naturel et vulnérable, est une sorte d’acte de défiance contre les normes sociétales qui cherchent à contrôler et à objectiver le corps féminin. En montrant le corps tel qu’il est, sans artifices, les attentes et les stéréotypes sont défiés, ainsi, j’exerce mon droit à la liberté corporelle et artistique.

Dernièrement, j’ai lu le livre « Traverser l’invisible : énigmes figuratives de Francesca Woodman et Vivian Maier ». Cet ouvrage est marquant, et il m’a amené à réfléchir sur la notion de liberté dans la photographie. J’ai un attachement particulier pour les œuvres de Francesca Woodman c’est pourquoi c’est son autoportrait intitulé "Self-Deceit #1", Rome, 1978 que je choisis pour répondre à cette question.
Cette image capture la liberté de l’auto-représentation. Grâce à l’autoportrait, la photographe utilise son propre corps pour exprimer ses états d’âmes, par là elle affirme son autonomie en se montrant telle qu’elle est. La liberté se caractérise aussi dans l’expérimentation qu’elle exploite dans l’utilisation du flou ou encore du mouvement. Ainsi, elle repousse les limites de la photographie traditionnelle. Cette approche reflète une liberté créative où les règles conventionnelles sont brisées. D’autre part, Francesca Woodman crée des scènes oniriques et introspectives dans lesquelles ces environnements évoquent une quête de liberté intérieure, une exploration de soi sans les contraintes du monde extérieur.

Ma démarche artistique s’enracine dans une écriture sensible et intime de l’image, s’étendant au-delà de la photographie pour inclure la peinture, l’écriture et la vidéo. Cette démarche est une exploration de l’identité et de la féminité, ancrée dans une recherche poétique et visuelle qui lie le corps à la nature et à la matière.

[L’IDENTITÉ, LA FÉMINITÉ]
À travers mes œuvres, je cherche à comprendre et à illustrer l’identité mêlée au tumulte du monde. Les temporalités sont dissoutes. Les voyages entre passé, présent, futur peuvent s’opérer. Mes photographies et autres créations montrent des corps nus, sans artifices. Ces corps, comme le monde qui les entoure, sont des lieux poétiques ou encore narratifs. Mon travail interroge la manière dont le corps et les matériaux subissent les assauts du temps, laissant des traces et des écritures propres à chaque expérience.

[MATIÈRE]
J’utilise la matière brute, organique et corporelle comme une forme d’écriture. En écrivant directement sur la matière, je capture des instants, des poèmes, des proses et des mots qui se transforment en œuvres cryptées aux lectures multiples. La gestuelle du peintre et de l’écrivain(e) se retrouve dans chaque œuvre, créant un langage visuel unique et personnel.

[LE LANGAGE & L’ÉCRITURE]
Quel est le langage partagé entre un corps et son environnement. Quelle trace, laisse-t-il derrière lui et dans la nature ? Des images à la fragilité singulière se dégagent de cette recherche, elles baignent dans une atmosphère épurée, silencieuse. On plonge dans un univers à la frontière entre le rêve et la réalité, dans un dialogue entre le paysage et le corps.

« Contempler,
attendre,
être hors du temps,
intemporel(le)…
S’autoriser l’absence psychique,
rêver.
Se laisser voguer sur l’océan des chimères.
Prendre le temps.
Le saisir,
l’occuper ou au contraire laisser le vide prendre place.
Regarder, sentir, ressentir…
Respirer. Breath.
Escale érotique.
Se laisser envahir par l’instant.
Un instant suspendu.
Un instant qui se révèle
à la lumière de la photographie qui se développe. »

Voir en ligne : https://marielemoigne.com

𝔐𝔞𝔯𝔦𝔢 𝔏𝔢 𝔐𝔬𝔦𝔤𝔫𝔢 (@marie.le.moigne)

SMARIS 1

SMARIS 2