dimanche 20 décembre 2015

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Majorette ! Majorette !

, Martial Verdier et Xavier Pinon

Au printemps 2015, Marine Le Pen et le FN lançaient une nouvelle charge contre l’art contemporain et annonçaient un retour sous sa gouvernance hypothétique à une culture plus proche des citoyens, des traditions locales et de « l’intérêt régional ».

Au printemps 2015 Marine Le Pen et le FN lançaient une nouvelle charge contre l’art contemporain et annonçaient un retour sous sa gouvernance hypothétique à une culture plus proche des citoyens, des traditions locales et de « l’intérêt régional ».

Marion Maréchal-Le Pen a repris le flambeau et la francisque pendant les élections régionales et Christophe Boudot, président du groupe FN au Conseil régional Rhône-Alpes enfonce le clou :
« Le front national soutient une politique culturelle du beau, de l’agréable, de l’harmonie, de l’esthétique et de l’enracinement respectueuse de la nature humaine et des valeurs civilisatrices. Il rejette la valorisation d’une « culture » élitaire, abstruse, laide, subversive, provocatrice, vide, cosmopolite, conformiste et politiquement correcte qui ne profite souvent à personne sinon à quelques artistes médiocres et ceci aux frais du contribuable. » [sic]

Par leur implantation locale, leur ancrage dans la culture populaire, principalement dans le nord et depuis quelques années de retour dans le sud-est principalement, les majorettes (meneuses de claque au Québec) deviennent ainsi, à leur corps défendant, les fers de lance d’une reprise en main autoritaire de la culture, contre « un art qui dégénère. »

Elles naissent pourtant aux États-Unis en 1872 comme tambour majorettes, mais le nom et les défilés en groupes autonomes n’apparaissent que dans les années 30. Elles sont importées en France dans les années 60 où elles défilent avec les cliques. Ces jeunes filles en justaucorps et mini-jupes qui marchent au pas en se trémoussant ne sont pas toujours bien vues et certaines régions les bannissent des défilés. Mais le FN, qui a une notion du temps démagogue confond décades et décennies quand il s’agit de culture traditionnelle, et ne supporte que des importations très sélectives.

Pourtant TK-21, comme Didier Super, aime les majorettes et défend la culture populaire.
Et c’est Xavier Pinon qui sauve les arts locaux de leur enfermement et nous montre comme à son habitude les plaisirs de la vie de province à travers cette fois des défilés de jeunes filles court vêtues sous le soleil de Normandie.