dimanche 28 janvier 2018

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La maréchalerie, un centre d’art 2/3

Retour sur une programmation

, Hervé Bernard et Jean-Louis Poitevin

La rencontre avec Jeanne Susplugas initiée par Max Torregrossa de la galerie Vivoequidem, a été l’occasion de la découverte d’un lieu rare, un centre d’art lié à une école d’architecture, et de sa directrice, Valérie Knochel Abécassis. Ce deuxième entretien d’une série de trois permet à la directrice de La Maréchalerie de préciser ce qui pour elle distingue le rôle d’un architecte de celui d’un artiste tout en insistant sur ce qui les rapproche. Elle poursuit cet entretien par une présentation détaillée des artistes qui ont jalonné l’histoire du lieu qu’elle dirige depuis sa création, une occasion rare d’appréhender la richesse de cette programmation hors norme.

Le Centre d'Art de la Maréchalerie, 2/3 Versailles from BERNARD Hervé (rvb) on Vimeo.

Art versus architecture
Lieu dédié à la production in situ d’œuvres, La Maréchalerie occupe dans le paysage des centres d’art une place à part. En effet, c’est bien le questionnement du lieu, de l’occupation d’un lieu par des œuvres d’art et plus globalement à la relation entre art et architecture qui constitue le ressort de cette programmation.

Orta

Mais qu’est-ce qui différencie un artiste d’un architecte ? Et y a-t-il une si profonde différence entre les positions et les actes des uns et des autres ? Valérie Knochel Abécassis déploie ici une argumentation qui tend à distinguer clairement ces deux activités créatrices en insistant sur les possibilités plus grandes que les pratiques artistiques déploient dans le mise en place de propos utopiques ou dystopiques. L’enjeu pour la directrice de La Maréchalerie étant que chaque exposition parvienne à exprimer une poésie extrême, la seule, à ses yeux, capable de nous toucher profondément.

Caroline Sébilleau

Un panorama
Afin de rendre plus efficace sa démonstration, Valérie Knochel Abécassis revient en détail sur l’ensemble de la programmation qu’elle a mise en place depuis la création du lieu. L’écouter, c’est alors non seulement faire un voyage dans le temps mais un voyage à travers la richesse de la création, française en particulier, tant les noms d’artiste qu’elle cite, les expositions qu’elle évoque, et qui ont toutes eu lieu dans cet endroit magique, sont en effet tous porteurs de cette puissance poétique qu’elle invoque. On le comprend alors, un tel lieu est évidemment le cocon où peuvent croître des œuvres singulières, mais c’est bien parce qu’il est animé par une personnalité elle aussi singulière et puissante, attentive aux artistes et capable de les aider à offrir le meilleur d’eux-même, que ce lieu continue de briller dans le ciel de l’art, actuellement en France.

Vincent Mauger