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Ça marche
La marche partagée
Démarche photographique
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« Je me pose depuis longtemps la question de qu’est-ce qu’un artiste marcheur. »
Aujourd’hui les artistes sont soumis, ainsi que leur œuvre, aux lois du marché et des cotes. L’artiste marcheur, lui, échappe à cette emprise et représente le monde en toute liberté.
Tout d’abord, je pratique la marche en groupe, avec d’autres artistes ou/et avec des spécialistes des lieux traversés et des sujets traités, urbanistes, historien-nes, ingénieur-es, chercheur-euses… et souvent un public qui profite des récits, descriptions et analyses.
Les pratiques artistiques peuvent prendre plusieurs aspects. S’inscrivant, pour certains, dans l’action et dans une pratique de partage, dans l’instant, pendant la marche, dans l’espace traversé et par la compréhension de ce paysage sans qu’aucune trace ne soit produite par lui-même, autre que ses empreintes.
Pour d’autres au contraire, l’intention est de témoigner de sa façon de voir et d’interpréter cet espace à travers des dispositifs plastiques.
En tant que photographe depuis la fin des années 1980, je me situe plutôt dans la deuxième posture. Au cours d’itinéraires urbains ou péri-urbain et dans des lieux post-industriels, des friches ou en voie d’industrialisation, je cherche à révéler les paysages par des images fixes, des vidéos ou des cartes.
La cartographie peut être préparée ou reconstruite, souvent à l’aide des traces GPS. Ces parcours sont préparés, mais laissent aussi une part à l’improvisation, soit pour suivre une envie, une impulsion, soit pour s’adapter aux modifications du terrain par la nature ou par l’industrie.
Je pratique cette notion de marche partagée en collaborant avec deux artistes marcheurs urbains que je présenterais dans un second volet, Hendrik Sturm, récemment disparu, et Denis Moreau.
La marche a donc plusieurs sens pour moi selon qu’elle est un partage de connaissances et de données paysagères avec d’autres, ou qu’elle sert plutôt un processus de déroulement photographique.
Les territoires qui m’attachent se situent dans un périmètre proche de mon lieu de résidence, entre Marseille et le Rhône, lieux riches en histoire et toujours en évolution.
Mais je profite aussi de voyages et de rencontres pour élargir aussi mon cercle d’exploration.
Comme je le sous-entendais plus haut, les marches sont des moments intense activité intellectuelle et pas seulement physique.
Dans une « promenade », partagé ou photographique, le regard et l’esprit restent en éveil. Il faut croiser à la fois l’aspect plastique et iconique avec des considérations historiques, politique, environnementales, mémorielles…
La marche partagée
Ici autour de l’Étang de Berre à Martigues sur le GR2013 en 2016.
La marche photographique


