lundi 18 décembre 2017

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Figures de sable

Le Désert comme studio de création

, Gaëtan Viaris

Il s’agissait, dès lors, pour moi, de « saisir sur le vif » photographiquement le flux continuel et accéléré des figures mobiles crées par le danseur Tosch dans l’espace et dans l’instant…

Dans ce travail qui répond à l’invitation d’un collectif d’artistes, je propose une série de vues sur une création chorégraphique perdue au milieu du désert aux environs de Tombouctou. Il s’agissait, dès lors, pour moi, de « saisir sur le vif » photographiquement le flux continuel et accéléré des figures mobiles (son enchaînement rythmique) crées par le danseur Tosch dans l’espace et dans l’instant, appelons le « le larcin légitime » pour le restituer, in fine, sur la pellicule argentique noir et blanc. Ce que j’ai voulu transmettre ici, dans ces propositions photographiques par le biais d’une « dynamique impatiente » du déclenchement immédiat de l’obturateur la « précision de la coupure et « l’effet de proximité optique » c’est l’élan créateur du « geste chorégraphique » dans une plasticité amplifiée par le format 60 x 60 des tirages noir et blanc qui révèle alors l’analyse de ce que l’œil peut bien saisir en un « éclair » mais non fixer.
Mais aussi, une proposition du désert lui-même comme espace de création.

Un espace ouvert
Le désert, non clôturé, (espace centrifuge qui permet d’autant « une multiplicité de points de vues ») vide de tous spectateurs, à l’exception de quelques villageois des alentours venu en « curieux » qui, dès lors permet au photographe d’adhérer au plus près des figures accidentelles crées par le danseur. Dés lors se crée une double création, chorégraphique et photographique

Un sol meuble
Le sable par nature instable conduit à un déséquilibre non contrôlé dans l’action, tant de la part du danseur que du photographe

Lumière
Une source de lumière naturelle, le soleil éclatant du désert, qui permet une découpe franche, et accidentelle, des formes comme des moules lumineux dans des jeux de lumières différents selon l’heure de la journée.
Acte pur, brasier initial, puissance céleste, énergie spirituelle, source de création autant d’éléments qui constituent une « page vide » à remplir tant par la création chorégraphique que la création photographique qui lui fait écho.
la scène (le studio) c’est comme l’église, on croit en quelqu’echos Fortunée Gotto citée par Philippe Gallotta. [Galotta Actes Sud 2005]

Appareil photo 24x36 argentique
 focale 35mm, 
film noir et blanc Kodak 400 iso.

Exposition à ‘La cantine des photographes’
du 9 janvier au 30 janvier 2018
36, rue Keller 75011 Paris - 06 34 66 45 49
de mardi à vendredi 12 à 18 heures