dimanche 28 janvier 2018

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Fêtons l’an 2018

Un passage pas si sage

, William Radet

Le décor était somptueux et les femmes étaient belles, à la fois discrètes et distinguées.

Dans leurs atours chatoyants, on les sentait parées pour un rite joyeusement étrange et elles émettaient un bruissement envoûtant autour des hommes, debout, cernés au centre de la pièce.

L’une d’elles, aux paupières bleues sur iris de jade, se déplia alors avec tant de langueur et de souplesse qu’elle provoqua un silence extraordinaire... et de sa gorge monta une mélopée lancinante dont le tempo devint de plus en plus vif, le timbre de plus en plus aigu jusqu’à la note ultime qui se brisa comme un cristal.
Une femme prêtresse aux courbes chaudes s’approcha pour la saisir à la taille, glisser une main douce dans le corsage de la diva et dit : « Messieurs, vous allez faire la ronde... »
Silence encore...
« Faites cercle autour d’elle. Elle sera seule au centre... Elle appellera chacune d’entre nous, mes sœurs, et chacune mettra à nu un homme qui lui sera désigné. Chaque homme déshabillé devra rester passif, immobile et muet, les bras le long du corps. Jamais il ne se retournera pour voir la femme restée derrière lui. »

Et tout cela se fit sereinement, souverainement.
Les femmes s’écartèrent...

La ronde était parfaite et les mâles obéissants. On distribua à chaque homme une belle et grasse olive verte ou brune qu’il devait tenir entre le pouce et l’index. Suivant les instructions précises chacun devrait saisir alors dans sa main gauche le sexe de son voisin de gauche et posa sa main droite sur la croupe de son voisin de droite.
Tous les gestes étaient doux.
La femme, au centre tournait au ralenti sur elle-même, sans qu’on puisse deviner où son regard s’attardait. Elle s’arrêta enfin et à la première note d’un chant rauque, l’ordre fut donné de placer les olives noires. Aucun fruit ne roula au sol tant chaque homme était adroit pour caler la forme oblongue entre les fesses de son voisin comme on pose les Rosebud, bijoux de fesse des dames. Les mains droites libres gagnèrent les hanches un peu frissonnantes.

Le rythme chanté accéléra un peu et la ronde commença… une ronde très lente qui permettait aux femmes d’observer la position des olives. L’homme qui savait le mieux garder le fruit, mariant adresse et fermeté, ce qui correspondait quasiment à l’idéal du fessier masculin fut désigné pour rejoindre la chanteuse au centre. Elle ôta son chemisier, découvrant des seins drus et en érection qu’elle fit glisser tout au long des vertèbres de l’élu avant de venir gober son olive avec gourmandise.
Ce fut comme un signal pour les autres femmes qui s’agenouillèrent derrière les hommes pour venir happer les olives. Les bouches s’approchèrent, les langues se délièrent... en silence. Certaines opéraient en pressant leurs seins pour faire des tétons de douces pinces....

Les olives furent recueillies dans un mortier d’argent.

Les hommes devaient rester toujours totalement immobiles, avec toujours au creux de leur main gauche le sexe (pas les bourses) de leurs voisins de gauche.
Quelques grosses queues gonflées émergeaient des plus petites mains, tandis que d’autres, rosissantes et timides hésitaient encore.
La chanteuse tendit la main à l’homme qui portait la plus belle érection (avec déjà une petite larme à la pointe) et l’emmena jusqu’au centre du cercle, s’agenouilla devant lui et sa bouche avala le membre tout entier.
Une autre femme vint prendre la place de l’homme dans la ronde, s’empara avec sa main gauche de la queue libre à sa gauche, attira l’homme vers elle, mit sa langue dans sa bouche et le fit s’allonger sur le dos...
et la tête entre ses jambes, la croupe tendue se mit à lui lécher le sexe avec ardeur...
et un homme s’allongea sous elle pour la lécher avec ardeur...
et une femme mit la tête entre ses jambes, la croupe tendue se mit à lui lécher le sexe avec ardeur...
et un homme s’allongea sous elle pour la lécher avec ardeur...
et une femme mit la tête entre ses jambes, la croupe tendue se mit à lui lécher le sexe avec ardeur...
et un homme s’allongea sous elle pour la lécher avec ardeur...
et une femme mit la tête entre ses jambes, la croupe tendue se mit à lui lécher le sexe avec ardeur...

Les langues étaient à l’honneur et la ronde était reconstituée.

La chanteuse et l’homme de la première érection passaient tout au long de la ronde en caressant les dos, les seins, les ventres...

Les olives furent broyées au pilon.
L’ordonnatrice glissait maintenant une main douce et huileuse entre les fesses des filles,
les embrassait et murmurait avec un sourire charmant « On ne sait jamais... » et les filles se passaient la main dans la rose raie et venaient glisser un doigt à l’entrée du petit cul serré des hommes et murmuraient « On ne sait jamais... » avant de replacer le sexe dans leur bouche.

Puis la diva se courba demanda à l’homme de la pénétrer tandis qu’elle léchait doucement l’ordonnatrice debout devant elle.

Ultime signal.
Tous les hommes se levaient pour venir foutre les femmes aux croupes tendues, s’échangeaient les femmes, se mélangeaient avec une joie inextinguible.

Après l’extase...
L’ordonnatrice dit « Pour passer à l’autre année, il faut passer par moi... »
et chaque homme vint à son tour la posséder avec vigueur... et à chaque de boutoir faisait monter les aigus de la diva !

Les femmes gagnèrent alors la pièce voisine, la salle à manger.
Sur la grande table, deux ou trois filles furent allongées, entourées ou recouvertes de mets et délices. Les hommes et les femmes s’attablèrent autour d’elles et firent ripaille et bombance avec sérénité et sagesse.

Quand aux aurores l’ordonnatrice demanda en souriant « Tout c’est bien passé ? »
tout le monde s’écria : « On n’a pas vu le temps passer... et nous sommes déjà en l’an 2018. »

Cette année sera d’amour ou ne sera pas ! »

William Radet est floulosophe
http://www.william-radet.fr/
Il reviendra bientôt dans TK-21
son blog william-radet.fr
willra75012@gmail.com
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