lundi 5 mai 2025

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Errance

à propos du « Prometeo. Tragedia dell’ascolto » de Luigi Nono

, Denis Schmite

Prometeo est une œuvre complexe, bourrée de références tant musicales que philosophiques ou poétiques, composée à une époque charnière, celle de la mort des utopies anciennes et résidu des multiples faillites de l’Histoire, une époque en attente de perspectives, par un homme pour le moins compliqué et très engagé, Luigi Nono1.

« Le seul souvenir qui me reste de la révolution : silence et beauté . »  [1]

« Prométhée représente surtout un grand problème : l’angoisse envers ce qui est différent… Mais il faut continuer à chercher, à errer, à aller de l’avant ; on va comme sur l’eau, sans route. Avec pour devise "peut-être". »  [2]

Comme son titre l’indique deux thèmes sont abordés dans le Prometeo de Luigi Nono, à savoir une proposition de devenir pour Prométhée déchu à l’instar des autres dieux, d’une part, et ce que Nono appelle « tragedia dell’ascolto », tragédie de l’écoute, un constat, « et la nécessité qui est la nôtre de recréer tous les possibles » du son, d’autre part.

Bien que chanté et instrumenté, Prometeo n’est ni un opéra ni un oratorio, aucun élément scénique, pas de personnages, pas de costumes ni de décors, en fait pas de plateau, tout au plus pourrait-on parler d’une suite de cantates mais sans aucun effet virtuose.
Il s’agit d’un évènement performatif du fait des moyens qu’il nécessite et des contraintes techniques et individuelles qu’il impose, quatre ensembles orchestraux, différents instrumentistes solos, un chœur, cinq chanteurs solistes, deux narrateurs, un dispositif d’électronique live pour transformer les sons ainsi que douze haut-parleurs, deux chefs d’orchestre. Comme le souligne Lydia Jeschke, la performance, au sens artistique du terme, réside aussi dans le fait que l’exploration des « possibles » du son est liée à la variabilité et à la richesse des contextes architecturaux. Chaque concert est une nouvelle expérience dans un espace nouveau. Le changement d’espace impacte l’interprétation de l’œuvre [3].

Un projet de livret a été écrit par un philosophe, ami de longue date de Nono, Massimo Cacciari, dans lequel le compositeur picorera des extraits plus ou moins longs. Il s’agit d’un très beau poème pour lequel Cacciari a convoqué beaucoup de Grecs anciens, dont Hésiode et Eschyle évidemment, mais aussi bien après eux, Hölderlin, Goethe, Walter Benjamin, Arnold Schönberg, Cacciari lui-même, et bien d’autres encore. Le Prométhée de Nono et de Cacciari s’éloigne progressivement puis radicalement du mythe et de ses développements c’est-à-dire de l’humaniste, du rebelle, du démiurge, du héros romantique. Il est devenu un voyageur, un errant au cœur d’un archipel à la recherche d’une nouvelle terre.

Prolongeant ce que disait Nono, Laurent Feneyrou le décrit comme « l’incarnation de l’inquiétude continue, de l’anxiété pour l’inconnu, pour l’inédit… de l’inquiétude pour l’autre » mais aussi porteur de l’espoir, « elpis », et cet espoir c’est ce qu’on appelle l’utopie, « un terme idéal sans cesse repoussé » [4]. Donc une utopie nouvelle pour celui qui erre dans le no man’s land d’une transition lente, celle dont la sortie sera réclamée par Nono en son temps et maintenant par nous… si toutefois celle-ci est raisonnablement envisageable. Nono a fait de son Prométhée, comme il disait, « une figure emblématique de la quête et de l’errance ».

L’archipel parcouru par Prométhée

La partition est constituée d’un prologue, de cinq îles, de deux « stasima » [5], de deux interludes, de deux sections trois voix, mais comme le précise Jürg Stenzl ce « n’est pas une simple succession de mouvements isolés, mais une continuité… Ce chemin n’est pas parcouru d’une manière linéaire au sens d’un récit traditionnel mais se compose d’une succession d’épisodes… à leurs tours fragmentés. Il y a un entrecroisement de lignes diversifiées, aux différentes tendances, des carrefours, des interruptions, des superpositions… La vérité ne peut être qu’inquiétude, recherche, fragment » [6].

Á l’écoute, il est difficile, sinon impossible, de suivre, de reconnaître le texte « parce qu’il est musique ». Il est souvent immergé dans la musique. Parfois, bien qu’inscrit dans la partition, il n’est ni chanté, ni parlé. Et puis, nombreuses sont les superpositions de mots ou de syllabes, les entrecroisements de discours ou de situations, sans compter les effets de l’électronique live. Prometeo, dira encore Jürg Stenzl, « est un chemin qui ouvre continuellement vers d’autres chemins, sans jamais arriver à une fin ».
Donc, travail sur l’espace, la traversée de l’archipel et la spatialisation de la musique, mais aussi travail sur le temps, le passé, la mythologie et les tragédies de l’Histoire, le présent, l’errance et la recherche d’un absolu, le futur, la construction brique par brique de l’utopie nouvelle… avec « pour devise "peut-être" ». Et puis aussi des temps emboîtés dans des temps, temps du jugement et du supplice, temps des prophéties, temps du Héros, temps de l’Homme, temps de l’Ange.

On l’a déjà vu le Prologue revisite la naissance des dieux, donc celle de Prométhée, telle que chantée par Hésiode La « Théogonie ». et la première île résume le dialogue entre Héphaïstos et Prométhée repris, pour l’essentiel, d’Eschyle transposé par Cacciari. Temps de l’accusation, de la menace et du supplice. « toi, fils de Thétys, je te clouerai… /toi, aux nœuds inextricables/… /toi, la peine omniprésente te rongera… ».

Sur la seconde île, au rocher de laquelle il est cloué, Prométhée voit passer devant lui Io toute mugissante de douleur sous les piqures du taon diligenté par une Héra jalouse. « la divinité/toujours violente /te chasse » constate-t-il et pour éteindre ses plaintes commence alors le temps des prophéties. « sur les charriots vont les Scythes/… Europe/tu entreras en Asie/… /passe les fleuves tonnants/… / va aux sources /du soleil/… /suis les rives d’Éthiopie/… /où des montagnes tombe le fleuve sacré/… où se trouve Kanope ». Puis cette étrange annonce de la fin des dieux reprise d’Eschyle inspiré par Pindare : « amères noces toujours violentes » [7]. Hölderlin revisité par Cacciari conclura cette rencontre avec une belle complainte sur le destin des Hommes et de Prométhée, « du dieu/frères malheureux ».

Vient le premier « tre voci », trois voix [8], pour l’immortel prise de conscience du temps, prélude nécessaire au temps de l’Homme. « écoute/suis/ce moment/lueur d’un instant/d’un battement de cils/d’un instant/ne parle pas d’hier/aujourd’hui le soleil lance la corde de l’aube/… /des anges font irruption/parfois/des anges/cristal/du matin/des ailes pourpres battent/la mesure du temps s’accomplit/écoute/écoute/écoute  ».
Non-linéarité du récit, impasse est faite sur les mouvements tectoniques, le « chien ailé de Zeus », la libération laborieuse, et désormais on s’inscrit dans le présent. À partir d’ici la complexité s’installe avec le mélange, le chevauchement, voire la fusion des îles trois, quatre et cinq, donc des textes et des références, Sophocle, Hölderlin, Schönberg, Hésiode, Eschyle, Nietzche et Nono lui-même, des temps aussi bien sûr, celui annoncé de l’Homme, celui du Héros, celui de l’Ange, des thématiques, le travail, l’errance sur les mers, la nécessité d’un nouveau droit, des voix, sopranos, altos et ténor. Il y aussi ce qui est dit et ce qui ne l’est pas, bien qu’inscrit dans la partition, cas de la cinquième île.

« je te procure une maison et un bœuf /… /et une femme », paraphrase d’Hésiode qui dans « Les Travaux et les Jours » prescrit à son frère Persès. « Procure-toi d’abord une maison, un bœuf laboureur et une esclave non mariée », ce qui ne couvre pas exactement la même chose.
Aussitôt, « s’il t’est donné d’être un héros/tu ne peux l’être que sur la mer » et puis « retourne-t-en Prometheus/… /la voix du dieu t’appelle », et puis « mets-toi à labourer », et puis « les étoiles guident ta main sur la rame », et encore « tu vois brillante/… /cité divine /la fameuse Athènes/là tu laisseras pousser un arbre » et enfin « qu’il y ait transgression la refonte d’une autre loi/ loin de Dikè c’est là un miracle » [9].

Curieuse époque que celle-ci, les dieux sont déchus et par conséquent c’est la fin de la mythologie, mais différentes voix disent à Prométhée ce qui lui reste à faire, cultiver la terre, prendre la mer, rejoindre Athènes, créer un nouveau droit puisque le « Nomos » divin n’a plus cours. Mais, dans un premier temps, celui du Héros, Prométhée va se confondre à Ulysse, « Prométhée est Ithax » déclarait Hésiode, « ta rame suivra de rapides Néréïdes », lui avait-on prédit et de son errance dans les belles îles il rapportera à Athènes, le narcisse, le crocus irisé, peut-être même l’olivier, mais aussi et surtout « l’abondance de la mémoire » et ça on l’invite étrangement à le dire « à l’ange », mais c’est ici la Grèce et ses mystères, tout comme cette déclaration « là devant un autel tu parleras avec Zeus ».

Prométhée s’est retiré dans le désert et là il entend en chœur le second trois voix [10].

« écoute/dans le désert loue la terre/elle nous est donnée la faible force/mais elle suffit/mais elle suffit à faire sauter une époque/de transformer le silence/la durée vide/écoute cet instant/ une faible force/… /du silence faire du cristal/combler des évènements/horribles/… /mais elle suffit à faire sauter une vie de son époque/… /un souffle secret/une profonde entente/… /écoute-les/écoute-les/écoute-les ».

Ce « Tre voci » est-ce un rêve de Prométhée ? Sont-ce des voix portées par le vent du désert ?
En fait, avec ce concept fondamental de « faible force », à apparence d’oxymore, Cacciari convoque Walter Benjamin et son ange de l’histoire, « l’angelus novus » que Paul Klee lui avait offert.
« du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir… le progrès » [11]. Derrière l’ange les ruines de la Modernité, tout comme dans le dos du Hamlet d’Heiner Müller, « les ruines de L’Europe » [12].

Heiner Müller, l’un des deux narrateurs du Prometeo donné à Milan.

Donc la « faible force » fait prendre conscience du désastre et nourrit l’espérance du salut afin que nous puissions vaincre l’antéchrist, en cela elle est « messianique » et pas seulement rédemptrice.
Temps de l’Ange ! Prométhée, aux multiples figures donc aux multiples voix, ne serait-il pas lui-même « l’angelus novus » ?

Pour Laurent Feneyrou, Nono « fait de son héros un autre nom de la classe ouvrière… faible mais qui peut faire sauter une époque au cours de l’histoire ». Donc l’immanence capable de renverser la transcendance, de se réapproprier son destin, de dompter « Anankè » [13], donc de se désaliéner, de rétablir la Modernité, mais fragile, « faible » parce que toujours à la merci d’un retour de la transcendance, de quelle que nature que celle-ci puisse être. « Crise de la Modernité » !

Mais Prométhée n’en est pas là. Certes, c’est son insubordination qui a précipité la chute des dieux et « par le feu, les hommes [commencent à tirer] vers la lumière ce que dieu [Zeus] leur avait caché… ». Il ne peut que rêver à de nouveaux mondes, de nouvelles organisations sociales et à l’initiation de nouvelles lois. Le second stasimon jette la base sur laquelle reposera le droit, partager l’espace, la juste distribution ou redistribution de celui-ci. « de nombreux noms/une seule forme/c’est le partage initial/… /dominer/est transgression/la refonte/est l’abattre/défendre/c’est ce qui dans le cercle du feu révèle/ouvre/des chemins multiples… ».
Mais tout demeure très largement incertain et Laurent Feynerou, tout à fait opportunément, fait référence au titre d’une œuvre postérieure de Luigi Nono, très belle au demeurant, « Caminantes, no hay caminos, hay que caminar », marcheur, il n’y a pas de chemins, il n’y a qu’à cheminer ».

Pour Massimo Cacciari le travail de Luigi Nono se résume dans la formule : Écoute-Silence-Possible. Toute sa musique reposerait ainsi sur ce trépied.
L’écoute et l’exécution musicales sont contraintes parce qu’à l’époque bourgeoise on leur réserve des espaces, toujours les mêmes, qui imposent leur géométrie, salles de concert et théâtres. Tout se fait uniquement sur un plan horizontal. On joue, on « donne », la musique partout de la même façon, que ce soit à New-York, à Sydney, à Londres, à Tokyo, à Paris. Partout l’espace détourne l’écoute, est conçu pour détourner l’écoute. Les gens, interprètes et auditeurs, sont placés de la même façon partout, par conséquent le son et son écoute sont les mêmes partout. Dans les salles de concert et de théâtre, le son est immédiatement visualisé. On abuse de la tendance tout à fait humaine à traduire le son en images, à privilégier la vision par rapport à l’audition, en instaurant des rituels, en cultivant la starification des interprètes, chanteur, instrumentiste virtuose, ou chef d’orchestre, en imposant des récits.

Comme le martèlent Nono et Cacciari on emploie le son pour signifier « quelque chose d’extérieur à lui », on impose « une écoute visualisée de la métaphore », on « entrave la possibilité de la perception et partant d’une véritable écoute ». « En donnant un sens à l’écoute on la prive de tout autre possible » [14].
C’est cela la tragédie de l’écoute !
Beaucoup d’œuvres ont été et sont encore composées pour des espaces spécifiques. « Leur écriture [celle des compositeurs] avait [ont] une relation directe avec les voûtes, les coupoles, les particularités architecturales », dit Nono prenant pour exemple les motets à deux chœurs de Bach composés pour le volume de Saint Thomas de Leipzig, son ampleur et ses résonances spécifiques, et qu’on veut jouer n’importe où ailleurs. Mais il est vrai aussi qu’il n’a pratiquement jamais quitté Saint Thomas, Bach.

Et puis il y a la couleur. « Je m’efforce d’écouter les couleurs comme j’écoute les ciels et les pierres de Venise : comme des rapports d’ondulations, de vibrations… dégagés de tout lieu symbolique » et Nono de poursuivre « Je me suis amusé à écouter et numéroter les différentes sonorités du "Lavement des pieds" du Tintoret. Il s’agit justement d’un espace à épisode, à îlots… cette couleur permet l’exitus de toute géométrie de type euclidien ». Ce que recherche Nono c’est « un espace musical mathématique… écouter les rapports, les rythmes mathématiques… [découvrir une] capacité de l’invention dans la complexité… complexité de rapports numériques en soi et pour l’écoute. »

Et de conclure « … lorsque le problème de l’écoute ne peut pas être réduit à la solution figurative de l’image, lorsque le problème de la couleur n’est plus réductible au " symbolisme de la couleur", lorsque se pose la nécessité de faire réagir ensemble les deux dimensions, alors il faut un espace différent de l’espace tridimensionnel ».
Venise ! Luigi Nono va expliquer Venise qui l’a ouvert à la complexité.
« Venise est un système complexe qui offre exactement cette écoute pluridirectionnelle… les sons des cloches se diffusent dans différentes directions… Venise est un "multi-univers acoustique" absolument opposé au système tyrannique de transmission et d’écoute… ». Il faut bouleverser l’ordre imposé par les salles de concert et les théâtres.

Et Cacciari, cet autre vénitien, de le diriger vers le silence. « La "nature" est… cette dimension que nous pourrions définir comme… "silence"… lorsque tu te trouves véritablement dans le silence, alors tu commences à écouter la nature du son… ». Propos que Nono apprécie particulièrement « … musique de la nature, fondée sur des silences ou résonne "l’inaudible"… Je me sens en ce moment comme si ma tête était San Lorenzo… j’ai l’impression d’occuper l’espace et les silences de San Lorenzo… je m’efforce de trouver les sons capables de lire, de révéler ces espaces et ces silences : les sons dont serait fait Prometeo… Je cherche donc à identifier les différents espaces… il y aura au moins cinq plans acoustiques différents, rendus possibles par la technologie [électronique] avec d’infinies possibilités de mutation, de "jeux", jusqu’à quatre simultanés, avec des vitesses différentes, des dynamiques différentes, des sons, des signaux, des directions différents. »

San Lorenzo
« L’espace révèle le son, le son lit l’espace. » (Luigi Nono)

Massimo Cacciari définit une nouvelle fois le travail de Luigi Nono. C’est un « travail de composition des possibles », et il utilise pour le qualifier les termes de « compossibles » et de « compossibilité ».
Ne jamais oublier que le possible est ce qui peut être réel.

Et Nono n’en finit pas de s’interroger pour son Prometeo. « Comment réaliser à San Lorenzo les infinis possibles de San Lorenzo… cet espace qui a bouleversé même mes plus récents modes d’écoute, qui m’a révélé d’autres possibles que ceux que j’ai jusqu’alors écouté… ». San Lorenzo en tant que multivers acoustique et multivers des possibles ! Illimitation !
Apprendre à écouter.

À suivre.

Notes

[1« 12 h 08 à l’est de Bucarest », film réalisé par Corneliu Porumboiu.

[2Luigi Nono cité par Jürg Stenzl, musicologue, dans un texte intitulé « Les chemins de Prometeo.

[3Idem.

[4Laurent Feneyrou, musicologue rattaché à l’IRCAM et chercheur au CNRS, entre autres, « Mais ici finit l’utopie. Sur le Prometeo de Luigi Nono » in « Musique et utopies » (Cité de la musique. Les éditions - 2010).

[5Le stasimon (stasima au pluriel) est un chant du chœur qui se tient debout et immobile dans le théâtre grec.

[6« Les chemins de Prometeo » déjà cité.

[7Pindare (518-438 avant notre ère) dans la huitième de ses « Isthmiques » : « Thémis, au milieu du conseil céleste, fit entendre cette parole : "il est écrit dans les destins que de la belle déesse de la mer doit naître un roi plus puissant que son père. Ainsi les traits que lancera le bras nerveux de ce fils seraient plus redoutables que la foudre, plus formidables que le trident si jamais elle s’unissait à Jupiter ou au frère de ce dieu tout puissant…" ». Zeus et Poséidon mirent fin à leur rivalité et il fut donné Pélée, un mortel, pour époux à Thétis de qui elle eut un fils, Achille.

[8Composé à partir d’extraits du « Maître du jeu » de Massimo Cacciari inspiré des « Thèses sur la philosophie de l’histoire » de Walter Benjamin. Voix : soprano, alto, ténor.

[9Dikè : déesse de la justice morale mais aussi « La Dikè désigne la fatalité qui dispose et enchaîne essentiellement tout étant… » (Heidegger).

[10Source : pareil que pour le premier 3 voix (10). Voix : soprano, alto, ténor, basse en chœur.

[11Walter Benjamin. « Sur le concept d’histoire ».

[12Heiner Müller, « Hamlet-machine ».

[13Anankè : concept métaphysique qui désigne ce qui est « nécessité » ainsi que déesse qui est une allégorie du destin.

[14Toutes les citations sont extraites d’une conversation entre Luigi Nono et Massimo Cacciari au printemps 1984 juste avant la création de la première version du Prometeo qui eut lieu dans l’église sécularisée de San Lorenzo à Venise.

Tous les textes des chants sont extraits du livret d’écoute établi par Col Legno et SWR (traduction française : Martine Passelaigne - 2007).