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Poésie
Barrage
(extrait, inédit)
,
c’était comme
plusieurs voix
influx nerveux de l’ennemi mâchant
les groseilles de l’arbuste
le plus violent
cri d’épervier
sur zone
déflagration
rompue déversée la retenue
en aval noyés les champs les villes
villages cimetières décharges créatures
boues produits agrochimiques et pétroliers
en amont du temps
résidus sédiments contaminés
avions obus casques
dessus leur crâne parfois
l’âme détale poursuivie
par le lièvre poursuivi
par la balle
le tout cartouche
dans un bois fossile
des branches
peut-être barreaux du zoo emporté
ou rayures du zèbre
des poissons à la barrière
animaux mêlés livrés
à crue décrue débâcle
arche nouée aux arbres
l’eau formes coulent d’animal
en animal une autre aile métal
enfouie dans la plume
tête ou Thot
cockpit
ki l’habite
en cris
l’arbre singe
girafe totémise
coquillages décachetés
mot mâchoire du haut
mot mâchoire du bas
l’écart
s’expose
un homme sa barque échouée
âgé assez pour avoir vu
la fabrique de la mer
l’eau douce autrefois submergeant
sa maison
Kakhovka sur le Dniepr
temps passé à métaboliser
l’argumentaire
entr’ouvert de porte jaune
alunie la veille
au ras du chemin
qui mène au fauteuil du chat pelé
brûlot vieux velours
le rocher qui pèle
c’est une chaussure dans les branches
ce rouge-gorge
c’est qui niaisement
sautillant sans voler
s’approche trop près
dedans dehors s’interprètent
les tombés de corps
constance des trottoirs
des herbes longues à leurs bords
qu’on tresse comme on noue son mouchoir
en langue errante
autour de l’arbre
écureuil rond
rose l’écureuil
non sa peau retournée
non, pas sa couleur
celle d’à côté
mains mots s’enroulent au moyeu
qui demande de travailler au fouet
l’arbre préféré
offert contre les poings serrés
Photo d’ouverture ©Martial Verdier
