dimanche 30 octobre 2016

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Dé-Croire #2

Jean-Francis Fernandès / Pol Lujan – Exposition OVNI du 7 novembre au 13 novembre 2016 – Vernissage le 9 novembre

, Jean-Francis Fernandès et Pol Lujan

Deux adeptes d’une photographie en noir et blanc dont nous avons évoqué à maintes reprises le travail dans TK-21 LaRevue reviennent avec des images inédites dans lesquelles nous sommes invités, nous les humains de ce début de millénaire, à faire face à ce qui, de nous, constitue sans doute un portrait sans concession.
Dans ce texte, Jean Francis Fernandès s’exprime aussi avec simplicité et puissance sur ce qui constitue l’essence de son approche photographique. Pol Lujan, lui, nous propose une méditation sur ce qui constitue le cœur de nos préoccupation les plus évidentes et les plus obscures. À travers un extrait d’un texte de Jean Lacroix, il nous implique dans la confrontation avec nous-même en tant que supports et sujets de nos croyances.

Jean-Francis Fernandès

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Pol Lujan

La croyance est un phénomène universel qui concerne certains individus, et d’une certaine manière tous les êtres vivants : pour entreprendre une action, il faut « croire » à la possibilité de sa réalisation.

Si le plus souvent la croyance est associée au mysticisme et à la religion, elle fait constamment partie de la réalité quotidienne, dans chaque acte et geste de la vie, dans ce qui semble le plus banal ou anodin. Le doute est le mécanisme qui, en chaque individu, remet en cause l’image qu’il se fait de la réalité. Mais comme il est impossible de remettre perpétuellement toutes ses connaissances en cause pour agir, nous agissons selon une approche plus ou moins fine de la réalité selon nos buts, les situations et les contextes.
Par exemple, croire que le relief d’une région est immuable est suffisant et nécessaire dans les contextes de la vie quotidienne, alors qu’un géologue considérera le relief sous un angle dynamique et à longue échéance.

La croyance répond à un besoin qui semble s’ancrer profondément dans l’individu, et ne peut être gérée aussi librement que la notion de libre arbitre le laisserait imaginer.
La question, dès lors, n’est pas de savoir si une croyance est criminelle ou pas, mais plutôt de savoir si on choisit de croire pour la mort ou pour la vie. Et c’est là que se pose la question de la responsabilité du croyant et de l’interprète ainsi formulée : Vais-je croire pour la vie ou pas ?

Lacroix, Marxisme, existentialisme, personnalisme,1949, p. 117. 

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