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Smaris Elaphus
Stephane Bougeot
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« Unconcerned, but not indifferent » (« Détaché, mais pas indifférent »)
Corridor Elephant : Pourquoi avoir choisi ces photographies en réponse au thème Liberté & Insolences ?
SB : Chacune des photographies proposées ici offre à celui qui les regarde une forme de voyage, de rêverie et de mouvement. Un premier pas délicat mais accessible à tous vers les libertés, la liberté ! avec un peu d’humour et de poésie. Le temps de se raconter des histoires, de s’imaginer des vies, sa vie et partir loin. En quelque sorte, la pire des insolences dans un monde où l’humain, la paresse, l’inactivité, le geste gratuit est devenu répréhensible face à des tableurs Excel et des courbes de rentabilités.
Photographier est-il un acte de liberté ?
Oui évidement, comme tout geste créatif. Photographier est un amplificateur d’émotions et donc de vie. Vie et liberté étant liées, vivre sans liberté c’est mourir. Sans limites, la photographie est un très bon arrangement avec les contingences du réel.
Dans l’histoire de la photographie, quelle est l’image qui pour vous incarne la liberté ?
Plus qu’une photographie parmi d’autres, c’est l’approche photographique de Man Ray avec ce qu’il a appelé ces rayographies/rayogrammes (photogrammes) qui pour moi incarne la liberté. Il a avec une certaine forme d’insolence bousculé tout le processus photographique, en supprimant purement et simplement l’outil premier du photographe : l’appareil photo.
Avec cette liberté d’action, il est revenu au fondement même de la photographie, du mot « photographie » : écrire avec la lumière. Détaché de toutes règles photographiques, son geste est d’une grande pureté. Il est libre.
Comment définiriez-vous votre démarche artistique ?
À travers mes photographies, je raconte des histoires, sans aucune morale à la fin, où chacun peut s’identifier dans les espaces racontés. Avec humour et quelques fois ironie, mais toujours en douceur comme une forme de poésie. Des contes en image ou des images racontées sur le fil, entre un monde réel et imaginaire. La vie y est omniprésente, avec sa liberté d’action et son insolence, son impertinence mais également sa forme d’absence en écho à cette maxime : C’est la vie, ça va passer.
Voir en ligne : www.stephanebougeot.com




