jeudi 24 mai 2012

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Rrolls Selavy : the Spirit of Ecstasy

, Francine Flandrin et Katia Feltrin

Francine Flandrin et Katia Feltrin duettistes hue Dada ont récemment exposé à Anywhere Galerie Rrolls Sélavy, Le Grand Verre et LHOOCUL, les fruits d’une résidence à Paris-Bordeaux, le flambant café décrépi du pimpant syndicat des péripatéticiennes de la rue des Vertus, à Paris dans le 3e. Elles racontent la naissance d’une trilogie mythique.

The spirit of Ecstasy

Le point de départ de cette série puise son origine dans la résidence en bagnole « un aller sans retour Paris-Cinglais », proposée aux artistes du « Goth MLF » (M comme Marie Aerts, Léa comme Léa Le Bricomte, F comme Francine Flandrin) exposant en novembre 2011 à l’atelier des Vertus, 6, rue des Vertus, Paris 3e.

Naquit, notamment, lors de cette résidence en bagnole « zéro rond qui tourne pas rond », l’œuvre collective de Francine Flandrin et Katia Feltrin, Le Duel sans plomb, sous-titrée au contact de la réalité la « Performance fuel » en raison du panneau « Performance fuel » placé aux dessus de la tête des duettistes, qu’elles ne virent point, hypnotisées qu’elles étaient par le voyage déroutant Paris-Cinglais. Se révéla, plus tard, sur la photographie, une divinité tutélaire, Shell, un dérivé direct de Vénus et de son cortège érotique mythologique.

Sous les bons hospices de la déesse Aphrodite, toujours, Marie Aerts, chargée de la prise de vue, saisit miraculeusement un camion citerne au moment du clic, bien sûr, sans le faire exprès. Endormie, elle sut capter ce qu’André Kertesz ou Robert Doisneau auraient appelé « la magie de l’instant ».
Motivées par la magie somnambulique de cette résidence en bagnole, Francine Flandrin et Katia Feltrin ne rêvaient plus que de récidiver. Le temps passa. Soudain à la galerie Paul-Louis Flandrin, rue de Grenelle, Paris 7e, l’idée d’un nouveau duel s’empara de l’esprit fantasque de ces deux duettistes désormais inséparables (elles préparent un défilé pour le 14 juillet aux Vivres de l’art, anciens vivres de la marine, à Bordeaux).

« il n’y a d’utile que les choses inutiles » Picabia

À la galerie Paul-Louis Flandrin, Katia Feltrin racontait à une élégante aventurière toute de cuir vêtue, Sybille S., un événement majeur de sa vie, le rapt de ses géraniums côté rue, de son appartement sis au rez-de-chaussée, à Pantin. Elle exprima alors son extrême désarroi face à la vénalité supposée des voleurs et à leur absence de poésie. Ces derniers ne subtilisèrent que les fleurs à valeur marchande et non les autres, certes délicates.

La cuirassée Sybille expliquait, quant à elle, que dans le 7e, à son grand dam, on ne vendait plus de jacinthe car elles n’étaient pas assez rentables. Et lorsqu’en plus, elle stationnait avec sa Rolls Royce devant les boutiques de fleurs, on évitait toujours soigneusement de lui parler de jacinthes, ses fleurs préférées, impossibles à dénicher dans les échoppes du 7e.
Nous jacassions ensemble sur l’absence de poésie de ce monde capitaliste, lorsque soudain Francine, qui s’était joint à notre passionnante conversation d’une oreille distraite ou discrète, s’électrise tout d’un coup de tout l’arc de son corps en entendant le mot « Rolls ».

TILT

« Mais pourquoi ne ferions-nous pas une résidence en Rolls Royce ? », interrogea Francine Flandrin derechef. Aussitôt, nous racontâmes exaltées à notre cuirassée notre fait d’arme : Le Duel sans plomb, la performance fuel et la convainquimes sur le champ de nous prêter sa Rolls Royce pour la performance Rrolls Selavy. Les bulles de champagne aidant, elle adhéra immédiatement à notre projet… Mais les bulles parties y renonça.

Elle fut miraculeusement remplacée par l’homme le plus patient du monde, Philippe Sarkissian, qui fit le tour au moins 40 fois de la rue des vertus pour réaliser avec nous et Nadège Murez, la photographe dépêchée sur place, le très éprouvant shooting Rrolls Selavy, devant le flambant bar décrépi « Paris-Bordeaux », pimpant syndicat des péripatéticiennes, tenu par Charlie qui figure en position centrale dans la photographie du Grand Verre (à boire).

Une tendance « Vintage » exacerbée de l’art contemporain

Surfant sur la vague VINTAGE de l’art contemporain qui fait feu de tout bois des icônes populaires et Dada depuis des décennies, les duettistes hue Dada réalisèrent leur duel-partie d’échec-scrabble LHOOCUL face à la boutique de FRIPES de la rue des vertus et ce, sur le capot de la Rolls Royce en plaçant bien sûr au centre de la composition la Spirit of Ecstasy, la sculpture érotique moulée sur le capot des Rrolls (qui comporte deux RR sur le logo comme dans Rrose Selavy).
L’une plaça les lettres du scrabble CUL, qu’elle portait en bague depuis un mois, et l’autre s’aidant du « L » commença un LHOOQ. Ce qui fait : 3+1+1 contre 1+4+1+1+8.

La partie d’échecs se poursuit avec l’ivresse du Grand Verre, pas celui de La mariée mise à nu par ses célibataires, même (1915 et 1923), non celui que Charlie, le tenant du café des Vertus, du syndicat des péripapéticiennes, remplit de vrai champagne.

Dans LHOOCUL, les duettistes poussent le cul de la Rolls Royce. L’une d’entre elles le fouette pour tenter de la faire avancer. Le fouet est une solution inadaptée face à la panne. Spectaculaire, parfaitement inefficace, elle est Hu DADA.