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Routes & Roots
chemins et territoires
, et
La Route 66 est une légende américaine, en France nous avons la Nationale 7, qu’empruntait Charles Trenet !
Mais aussi les chemins de Compostelle et Le chemin des Dames.
Et ailleurs il y a les routes de la soie, les chemins de Damas, le trans-sibérien et les grandes migrations…
Find the paths
Il est aujourd’hui hyper hype d’être nomade. Cellphone, ordinateur portable, compagnies d’aviation low cost, cartes bancaires internationales, sont une panoplie standard. Mais cette élégance mondaine n’est réservée qu’à une partie du monde.
Il faut être né quelque part, tous les passeports ne se valent pas.
Le chemin parcouru est plus important que la destination, certains n’arrivent pas au bout ou encore le chemin ne fini pas, et il faut toujours se souvenir d’où l’on vient.
Dans le jeu de go le pouvoir se marque par des pierres comme des bornes qui définissent les territoires.
Imaginons une maitrise de l’espace imaginaire, de proche en proche.
Alors c’est quoi le voyage ?
Où en sont les frontières ?
Chacun doit être maître de son chemin.
Céline Bonnarde
Ridha Dhid
Françoise Lambert
Pier Paolo Patti
Virginie Rochetti
Céline Bonnarde
La longue route de sable
Le point de départ de ce travail est le livre de Pier Paolo Pasolini « La lunga strada di sabbia » (« La longue route de sable »), écrit à l’été 1959 pour la revue Successo. L’écrivain part de la frontière franco-italienne, suit la côte vers le sud jusqu’en Calabre. Il poursuit par la Sicile, rejoint ensuite le continent, longe la côte ionienne, puis celle adriatique, en remontant par les Pouilles pour finalement arriver à Trieste.
Je n’ai pas suivi ses traces, j’ai suivi mon propre parcours, au fil de mes séjours, en me servant de son livre comme d’un guide, d’un carnet de voyage intime, me révélant son ressenti, décrivant les paysages qu’il traverse, les rencontres qu’il fait une soixantaine d’années plus tôt.
Ma première rencontre avec l’Italie est avant tout intime. Carmen est entrée dans ma vie privée il y a plusieurs années et avec elle son pays d’origine.
À l’été 2021, nous partons sur la Côte Amalfitaine. J’embarque avec moi le livre de Pasolini et je commence mon aventure photographique, accompagnée de ses mots et de ses références.
Depuis, nous parcourons, au gré de nos envies, une sorte de longue route de sable, entrecoupée d’excursions s’éloignant de la mer, de retrouvailles en famille ou entre ami·es.
Les paysages traversés, nous les vivons ensemble. Je les saisis avec mon appareil photo, avec mon regard.
Ce sont nos points de chute, nos lieux d’habitation et de découverte, le temps d’un été, d’une pause printanière ou hivernale.
Ce sont nos lieux choisis, tantôt par l’une, tantôt par l’autre, poussée chacune par le désir de découvrir ou de réveiller des souvenirs, de les partager. Essayer de comprendre un peu plus l’autre ou l’autre de se dévoiler davantage.
Il ne s’agit pas d’un travail documentaire sur l’Italie, mais d’un arrêt sur quelques images, liées par un récit unique et pluriel à la fois.
Chaque image invite à susciter un souvenir, un sentiment, une signification, en fonction de son histoire, de son parcours, des traces laissées ici et ailleurs.
Ridha Dhid
Gestes de Paris. Voir, Lire, Agir
Gestes de Paris est une cartographie somatique de la ville scandée par le pas. En trois actes (Voir, Lire, Agir), l’artiste explore comment le chemin parcouru crée des ancrages : surprendre la chorégraphie des corps anonymes, révéler l’intensité des signes urbains, loger l’intime dans une archive mobile par le rituel des objets trouvés.
L’installation présentée à la galerie IMMIX réunit vingt-neuf totems et une série de photographies. Chaque bâton de bambou, transmué par l’accumulation d’élastiques à cheveux glanés sur les trottoirs parisiens, devient une colonne vertébrale du parcours, un condensé de matière, de gestes et de traces humaines prélevé dans l’espace et le temps.
La route devient rhizome. Chaque pas relève une trace ; chaque trace appelle un geste.
Françoise Lambert
Sur les bords de la longue route
La Nationale 20, c’est un peu la Route 66 en version française. Ancienne route des vacances, elle traverse une grande partie de la France, de Paris à la frontière espagnole, en passant par Orléans, Limoges et Toulouse, et par de nombreux autres lieux beaucoup moins connus. Françoise Lambert, qui habite au début de cet axe historique, à Montrouge (92), livre « des portraits de lieux et de gens », au fil d’un itinéraire de quelque 860 kilomètres. La photographe attache autant d’importance aux personnes rencontrées qu’aux mutations le long d’une route qui semble avoir toujours existé. Entamé en 2024, le road trip au long cours devient prétexte à tirer un portrait subjectif d’une France qui vit dans le périurbain, les petites villes et les villages.
Pier Paolo Patti
Aux origines (origo_gĭnis)
Il s’agit d’un projet vaste et articulé sur le thème des « origines » communes, ou plutôt de ses différentes ramifications qui se sont développées, entremêlées et opposées au fil des siècles.
Un travail sur les symboles, la religion et les conflits armés qui met en relation les pays de la Méditerranée, du Moyen-Orient, d’Europe de l’Est et de l’ancien bloc soviétique.
Un voyage qui tisse une trame complexe où s’entremêlent les références qui, au fil des siècles, ont façonné notre société contemporaine, des religions aux idéologies politiques et sociales, des frontières des États aux changements perpétuels des peuples.
Un terreau d’histoire, de traditions et de révolutions qui, bien que souvent en opposition les unes avec les autres, ont façonné notre monde actuel.
Les œuvres reflètent également dans leur matière notre lien avec le thème des origines, avec une approche archaïque et primordiale. Les images sont imprimées selon la plus ancienne méthode d’impression photographique : le cyanotype.
Le bleu de Prusse caractéristique crée le langage visuel qui lie le tout. Les impressions ne sont pas réalisées sur du papier blanc, mais sur certaines pages d’un vieil atlas, plus précisément les listes toponymiques où figurent toutes les villes, les petites communes et les métropoles du monde, chacune accompagnée de ses coordonnées.
La multiplicité des images dans leur ensemble traduit une tentative de cohabitation pacifique, une tentative de réécriture des événements.
Les relations qui se créent entre les images sont laissées à l’interprétation de celui qui les regarde. Dans chaque image, on peut rencontrer une partie de soi-même, de sa propre existence, de ses origines.
Virginie Rochetti
Tracer la route
Rouler et regarder. Photographier au petit hasard avec un téléphone.
Être un passager, laisser rouler l’ennui, le temps qui passe et regarder.
La route s’enfuit, le décor se brouille.
La route est une perspective qui se précipite sur vous, un paysage latéral en fuite libre, en rayures mouvantes, en éclats de lumières syncopés. La vision est floue, le bruit régulier du moteur hypnotise, la voix du GPS décrit le trajet avec un accent venu d’un autre pays, d’un ailleurs d’on ne sait où, alors surgissent les pensées, les images fugitives dans les reflets d’un rétroviseur, une chanson entendue il y a longtemps. La route comme la mémoire, se déploie et fuit en permanence, réactive les souvenirs, les évocations, les lieux et les gens, les liens qui nous ancrent dans le réel, dans l’existence. Ceux qui nous sont racines.
Dans la déconstruction pixellisée de l’image imprimée hors format, je retrouve cette impression d’indéfinition, de flottement de la pensée, le motif du pixel, soulignant la « pauvreté » des moyens employés, vient affirmer le statut éphémère et fragile de ces paysages. Il joue sur l’ambiguïté du positionnement de ces images dans le champ de la photographie, à cheval sur la représentation et le pur jeu d’observation de ces lieux qui n’ont pas de réalité hors le moment du voyage.
Une exposition liminale, un commissariat de Martial Verdier.
ROUTES & ROOTS
du 26 mars au 13 mai 2026
ImmixGalerie, Espace Jemmapes
116, Quai de Jemmapes, 75010 Paris
Vernissage jeudi 26 mars à 19h30

