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Smaris Elaphus
Quatre portraits
Dunia Ambatlle
,
Deux poupées, un grand chauve et puis l’égarée. Quatre portraits.
Pourquoi ?
Eh bien, parce qu’ils ont caressé ma joue et qu’ils ne sont plus là, évidemment.
Promenade à Toulouse, à trois, dans une ville dont on ne parle pas la langue mais qui accueille dans une « chambre » (mot prononcé avec un drôle d’accent), plusieurs camarades, les amputés de l’âme. Chambre surplombant une boucherie chevaline qui existe encore, sans doute. Pont des Demoiselles, le bien nommé.
Neuf ans après la séparation et le départ, voilà de drôles de retrouvailles. Lui ne s’y attendait plus, en voulait-il vraiment ? La vie avait continué, mais c’était sans compter sur la ténacité des femmes. Les voilà présentes, trop présentes pour le joueur, le « chevalier » chauve qui a accepté, puisqu’il ne pouvait pas tricher à ce jeu-là.
Et puis la quatrième, celle dont la beauté a causé la faute. Grâce, nom prometteur. Belle et seule, elle est partie, fruit au ventre dans un drôle de périple. Pas de chance, mais l’ironie ourlant toujours ses lèvres carmin.
Les images renvoient, bien sûr, à une autre époque, celle de l’opiniâtreté. La couleur retrouvée les ravive comme les ont ravivées la colère et la peur.
Ils seront là, tant que la mémoire fera d’eux des personnages, non pas romanesques, mais toujours visibles.
Le bruit est un halètement, celui de la fatigue pendant la traversée nocturne d’une montagne gelée en quête d’un ailleurs plus libre, peut-être. Celui des vagues sur le pont d’un bateau qui tangue vers un pays inconnu, toujours plus au sud, où le rêve n’est plus de mise. Tumulte des autres, silence intérieur puisque toute parole s’est avérée inutile.
L’amour demeure la qualité essentielle de l’image. Les grands défauts en sont l’absence et peut-être l’incompréhension.
Mais, entre douceur et amertume, la mémoire parle et poursuit son chemin.




