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Absence photographique
Paréidolies
images de guerre
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L’absence de photographies ou de films pendant la guerre du Golfe, puis l’Afghanistan et l’Irak, m’a véritablement troublé, et cette terrible actualité se déversant uniquement en paroles, il manquait une dimension : sans les images, pas de traces imprimées dans le cerveau. Il m’a fallu intervenir et rétablir l’équilibre en créant mes images personnelles.
Alors la traque du réel pour s’approprier la « vérité vraie » s’avère indispensable, surtout quand l’information et le pouvoir se mélangent par influences réciproques ou lobbies performants et quand on s’interroge sur le statut de l’image dans les médias ; car si les photographies sont tellement fausses qu’elles en deviennent parfaitement vraies, l’émotion et l’impression visuelle produites semblent encore plus fortes.
J’introduis le mouvement dans des images fixes pour signifier l’émotion face à l’événement, l’image floue partiellement « inachevée » participe à la re-création de l’image dans la tête du spectateur, re-formalise l’événement avec l’information déjà reçue et la légende guide cette reconnaissance de l’image. C’est un document historique qui est présenté et non une simple photographie, un document prouvant le « ça a été », même s’il faut l’interpréter pour le retrouver, car la légende est nécessaire pour expliquer la réalité de l’image.
Dans le flux continu des images télévisuelles, il m’a fallu effectuer un « arrêt sur image » pour réfléchir à la situation. En utilisant la représentation fixe d’une image de mouvement, il m’a été possible de représenter la guerre, les guerres du Golfe, d’Afghanistan et d’Irak et toutes les autres même... car le caractère universel de ce type d’image permettrait en changeant les légendes de couvrir malheureusement les guerres passées, présentes et à venir, le tout sans avoir de problème pour obtenir les visas. Les notes d’humour plus ou moins noires des légendes ne sont présentes que pour endurer l’horreur.
« La réalité suggère des images, l’image met en forme la réalité »
Alexis Jenni
« Un écran de télévision, la lucarne, symbole de communication télévisuelle ou virtuelle, s’impose dans ces années de sur-consommation d’images. Comment ne pourrait-elle pas devenir source de réflexion, voire source d’indignation ou de contestation. Didier de Nayer, passionné par l’information, observe avec un regard critique, voire humoristique, cette lucarne et en alimente intelligemment son œuvre.
Didier de Nayer, offusqué comme de nombreux citoyens, par les commentaires téléguidés et aveugles des journalistes lors de la Guerre du Golfe, d’Afghanistan ou d’Irak, et surtout choqué par l’absence d’images de photojournalistes indépendants, a décidé de « couvrir » ces événements. A sa façon évidemment. C’est à dire en recréant, à partir de peu de choses, les images qui auraient pu être le support des propos tenus dans les circonstances décrites. A l’instar d’un pamphlet ou d’une satire son œuvre interroge sur les manipulations dont nous sommes finalement tous victimes...
En re-photographiant les images de l’actualité américaine au Moyen-Orient, Didier de Nayer questionne leur authenticité et leur vérité. Les « Images de Guerre » deviennent des traces, au contenu informel chargé d’affect, qui sont chacune comme une photographie anonyme d’un moment qui persiste dans notre mémoire. Seul un mot ou une phrase pourra, en dernière instance, les rappeler à notre conscience des événements actuels.
Construite en forme d’ellipse sur la communication visuelle, cette exposition met en lumière une société qui, malgré ses évolutions scientifiques et techniques, ne semble pas avoir beaucoup évolué. La chasse à l’animal puis à l’homme, la traque, la violence, la mort sont encore présentes. Seules l’ampleur des dégâts et la surface du terrain de jeu ont évolué. Hélas. »
Raymond Viallon, Galerie Vrais Rêves
Note : le terme paréidolie désigne un type d’illusion qui fait qu’un stimulus, généralement visuel, vague ou ambigu, est perçu par un individu comme clair et distinct et est rapproché d’une forme physique connue. Chacun peut y voir ce qu’il veut selon son imaginaire ou sa culture.










