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Le périlleux exercice public de l’art
entretien avec l’artiste Jean-Christophe Nourisson
, et
Par la série d’articles que je publie dans TK 21 autour du travail d’un ou d’une artiste, mon objectif est, après rencontres et discussions, de décrire et de commenter pour le public un certain nombre de propositions artistiques dans le contexte qui est le leur, et de tenter de susciter et de multiplier les relations qui peuvent se tisser entre les créatrices/eurs, les artistes et les publics des expositions, les citadin(e)s et la ville lorsqu’il s’agit d’art public.
Que ces relations soient qualifiées et qualifiables d’esthétique ou non, selon les significations prêtées à ce terme dans le cadre de l’art contemporain, elles sont centrales puisque, paradoxalement, elles doivent assumer, de nos jours, ce qui a fondé l’art classique à partir de la Renaissance : l’adresse indéterminée à chacune et chacun, et la rupture avec les avant-gardes du XXe siècle qu’on rencontre dans les pratiques contemporaines.
Les œuvres dont il est question, petit à petit, sont désormais des œuvres originales, destinées à des espaces ouverts et pluriels et pas uniquement au White Cube, notamment les lieux urbains collectifs. C’est au sein de cette option que se joue aussi la république contemporaine, la res-publica, par conséquent les possibilités offertes aux corps des passants, puis des regardeurs de réaliser ce qui fait la démocratie. En l’occurrence, avec le travail de Jean-Christophe Nourisson, des corps assis, debout, couchés, qui s’offrent à des rencontres, à des jeux sans obligation, ni sanction. La propriété de ces œuvres, on peut l’observer dans les visuels qui accompagnent le dialogue publié ci-dessous, est évidemment, malgré ou à l’encontre du premier regard, l’indétermination fonctionnelle puisqu’il s’agit d’art et non de design. Cette indétermination n’assigne pas une place définitive aux corps. Elle se déploie dans la multiplicité des possibilités, laissant sa part aux occupants.
L’échange auquel nous nous sommes livrés, Jean-Christophe et moi, ne concerne pas seulement l’œuvre, la détaillant ou la soumettant à analyse. Il concerne aussi les dynamiques de la commande dans laquelle les artistes sont pris de nos jours. Et il aboutit heureusement à des considérations plus larges.
Christian Ruby : Tu as répondu plusieurs fois à des commandes en vue de lieux publics (Arras, Lille, Nice, Riom, Toulouse, Évry). Qu’attendent les commanditaires dans ce cas ?
Jean-Christophe Nourisson : Chaque commande est particulière mais je ne sais jamais vraiment ce qu’attendent les commanditaires.
Comme tu le sais, dans le cadre du 1% artistique, il s’agit d’une commande à laquelle les collectivités territoriales ne peuvent pas échapper puisque cela relève d’une obligation.
On peut déjà distinguer deux types d’accueil fait à cette obligation. Parfois cela est saisi comme une opportunité de permettre à l’art d’entrer dans des bâtiments publics. D’autres fois cela est vécu comme une contrainte, et d’autre fois encore, comme à Arras, il s’agit d’une commande sans obligation. L’Université réussit à dégager un budget pour réaliser plusieurs œuvres disséminées sur le Campus, à partir d’une envie qui émane d’un petit groupe de personnes.
Tu sais aussi que dans le cadre de la commande publique l’artiste a affaire à un collège qui va des usagers à l’architecte, aux « experts » artistiques, aux politiques. Les attentes peuvent y être divergentes. Là où un architecte sera sensible à la résonnance conceptuelle ou plastique avec son ouvrage, un usager pourra attendre un agrément, tandis qu’un politique pourra être sensible à l’art comme vecteur de communication.
Autrement dit, je ne sais jamais ce qu’attendent les commanditaires. Il s’agit rarement d’une personne (un prince !) qui sait ou non ce qu’elle veut et pourquoi. Je ne peux en avoir qu’une idée vague à travers des appels d’offres qui orientent plus ou moins la commande. Ces appels sont souvent rédigés de manière administrative, sous forme d’une adresse impersonnelle. J’essaie toujours d’en savoir le maximum. D’ailleurs, il y a des commandes auxquelles je ne réponds pas (celle d’une collectivité, ouvertement d’extrême droite ou des demandes clairement à côté de ma pratique, par exemple).
En dehors des attentes explicites qui relèvent souvent d’un vocabulaire référant à l’amélioration du cadre de vie ou d’une pacification des espaces, les appels d’offres cachent leur pauvreté conceptuelle derrière un vocabulaire technique à rallonge. C’est le jeu des marchés publics qui réfère essentiellement au juridique. J’y décèle des représentations de l’art installées dans un imaginaire soi-disant commun. Beaucoup d’architectes perpétuent cette conception par culture du consensus. Tu peux en avoir idée en consultant les visuels de projets d’architectes ou de paysagistes. Ils cèdent d’abord à des impératifs : il y fait toujours beau, les êtres humains sont souriants et bien dans leur corps, ils sont joyeux. Aujourd’hui les dessins comportent toujours une inévitable prairie fleurie et tu y retrouves les poncifs de la sculpture contemporaine qui donnent la touche Arty au projet. C’est devenu un réflexe.
Une attente implicite tend même à s’affirmer sans retenue, celle que l’on pourrait appeler l’effet Bilbao ou Soho puissance 10. Depuis Bilbao — l’érection de l’architecture de Frank Gehry et les effets induits de tourisme — la fréquence d’apparition de l’art contemporain mainstream dans les visuels d’architectes n’a cessé de croître. Le modèle est exporté aux quatre coins de la planète, il parie sur un art qui accompagne l’attractivité économique. Je caricature un peu, mais je n’ai pas encore trouvé de commande dans laquelle la désobéissance civile, voire la remise en cause des ordres établis, apparaisse. En un mot, c’est une touche signifiante de pure communication qui assigne l’art à une place.
Et à la fin, c’est celui qui paye qui a le pouvoir de signer le contrat. Ainsi chaque commande précise ce qui ne peut pas être gouverné, mais l’est de fait.
Comment l’artiste peut-il y répondre ? Comment échapper à l’effet et au décoratif lors d’une commande ?
Dans un premier temps, il faut décevoir, refuser le spectacle et toute forme d’adhésion à un art appareillé à une quelconque bonne intention. S’en tenir à la colonne vertébrale de son travail, dans mon cas les interrelations entre soi et les choses. Il faut convaincre et faire vaciller les attentes, c’est un exercice périlleux.
Justement, l’intervention artistique ne transforme-t-elle pas un embryon de lieu en véritable espace ?
C’est en effet l’espace en tant qu’espacement qui fabrique la qualité d’un lieu. J’essaie de m’y employer à l’interface des œuvres, de l’architecture, du paysage et des êtres humains conduits à fréquenter le lieu. J’ai l’impression de m’être entrainé toute ma vie à développer une analytique sensible de l’espace et à déployer des hypothèses de travaux plastiques qui iraient au contact des autres et rendraient enfin l’espace public au public.
Le dessin de chacune de mes pièces détermine leurs capacités à dialoguer dynamiquement les unes avec les autres pour chaque espace spécifique. Pour les « pensoirs », la géométrie biaise ouvre sur le ciel et offre la possibilité de s’en protéger. Les praticables sont à la fois des scènes et des surfaces de délassement. Les « pensoirs » et praticables réunis multiplient les potentialités d’appréhension de l’installation. On peut s’en tenir à distance comme devant un panorama. Mais cela ne résiste pas au moindre déplacement du regard et du corps qui chemine d’une place à l’autre. Ce qui s’anime ce ne sont pas simplement les œuvres mais les corps des usagers présents. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’imposer un dispositif de capture des corps, comme pourrait l’accomplir une salle de théâtre, mais plutôt de laisser ouvertes les possibilités de réunion commune. La conception et la réalisation exigent une attention soutenue aux relations qui s’établissent entre le corps et la volumétrie, la densité de 1400 kg pour chaque pensoir, la texture, du béton moulé finement et de la couleur, ici un blanc marbre et un noir texturé, ou une conjonction bois-béton pour les deux plans horizontaux. C’est à la croisée de l’ensemble de ces décisions que je fixe précisément la réalisation.
Étant donnée sa dynamique formelle propre, chacune des pièces composant l’ensemble propose une orientation. Ma méthode consiste à mettre en difficulté toute tentative de saisie visuelle unitaire qui focaliserait le regard sur une œuvre unique. Je multiplie les unités et met ainsi en mouvement les points de vues sans les réduire à un plan de projection (le cadre). Puis j’organise la dispersion, en proposant un éclatement de la bulle néo-classique toujours si présente dans l’aménagement : figure de symétrie - alignement - composition géométrique - axe majeur... Nous en avons déjà parlé à propos des compositions aléatoires pour l’ensemble de pièces sur le campus de Nice. À Arras les six pièces invitent chacune et chacun à entrer dans la danse, à considérer l’objet qui fait signe dans la continuité d’un espace non fini qui accompagne chacun(e). Enfin je laisse la possibilité au corps de venir y prendre place.
Les sites sur lesquels je travaille sont en général la résultante de décisions purement fonctionnelles, ce qui en soi pourrait être qualitatif si, et c’est là que se joue pour moi la bascule, une réflexion sensible accompagnait ces projets. Souvent, je dois constater que la réflexion esthétique est décorrélée de ce qui donne consistance à un lieu. Cela tient en partie au processus de commande et à la formation des architectes et paysagistes. Formation qui maintient à quelques exceptions près la doxa schizophrénique de la différence ontologique entre le sensible et l’intelligible, la nature et la culture, le sujet et l’objet… À Arras, pour cette dernière commande, la prairie sur laquelle je suis intervenu est ceinte par des voies bitumés qui définissent le périmètre, enclosant l’espace vert. Comment atténuer cette sensation de clôture, d’ilot, élargir l’horizon qui accompagne chacun dans son cheminement ? L’espace paysager dévolu à l’implantation de l’œuvre s’inscrit dans les poncifs du jardin d’agrément des années 1970. Comment surmonter le dessin de l’espace vert ? J’ai souvent envie de tout reprendre (des sols aux plantations), mais je dois m’adapter à la situation. Enfin l’architecture du campus, évidemment prédominante, donne son identité au lieu. Ici les bâtiments courbes et circulaires en brique correspondent aux différents pôles d’enseignement. Comment surmonter ou se laisser couler dans l’identité de cette architecture ? Je fais, ici, le constat d’échec du bâti à fabriquer du lieu. J’ai pensé que la réalisation devait se distinguer et ne pas jouer de connivence. Ce qui m’arrive parfois lorsque je réussis à accompagner une intention architecturale de qualité comme à Riom.
La sculpture dans sa définition élargie peut être éphémère comme cela se rencontre chez des artistes aussi divers que Thomas Hirshhorn ou Otto Piene, ou durable comme c’est le cas de certaines œuvres de Bruce Nauman ou Lothar Baumgarten. À Arras, comme sur les autres sites sur lesquelles je suis intervenu, je fais le pari d’une présence qui engage les œuvres sur le temps long. Cela met à l’épreuve la question du soin apportée aux sculptures mais plus largement l’intérêt que l’on porte à un lieu public. Il y a le devenir ruine de la sculpture publique qui angoisse tous les commanditaires mais parfois on me rappelle plusieurs années après l’installation pour mener une campagne de restauration comme c’est le cas à l’abbaye de Maubuisson ou à Lille. Les œuvres testent ainsi la capacité des citoyens à se saisir de l’entité juridique propriétaire des œuvres. Cela confirme l’intérêt commun qu’il y a à maintenir la vie non marchande que ces œuvres engendrent. Peut-être est-ce aussi parce que l’on se débarrasse plus facilement des objets que d’un lieu et que parfois les objets sont indissociables du lieu.
Mes œuvres peuvent être perçues comme un support de médiation entre les humains qui fréquenterons l’installation, dans l’alternance de leur propre mouvement : pas d’attention possible à celui qui ne trouverait pas le sommeil, pas de conscience à celui qui ne rêve pas, pas de présent sans passé. Je me réjouis à l’idée que mes sculptures puissent favoriser l’apparition d’un lieu qui ferait surgir les liens profondément improductifs qui nous unissent. Ce qui signifie que l’espace dont je parle n’est pas un contenant.
Mais de ce fait, l’intervention de l’artiste ne sème-t-elle pas le trouble chez les commanditaires ?
Je suis très heureux si je sème le trouble mais si je suis aussi troublé moi-même par les réactions incitées. Il est bon de semer le trouble dès lors que les œuvres ruminent au-delà du visible et sont irréductibles à l’objet. Ce sont des objets malgré tout, mais en tant qu’ils engendrent du proche et du lointain, qu’ils défont toute saisie unitaire, qu’ils s’intercalent dans le flux du vivant. Le trouble provient de la saisie sensible. On sent bien qu’il se passe quelque chose qui est pourtant difficile à nommer et parfois intraduisible.
Surtout lorsque les commanditaires conçoivent la présence sculpturale comme décorative !
Le décoratif n’a rien en soit de problématique, d’ailleurs beaucoup d’artistes et non des moindres, le revendiquent. Toutefois, la sculpture ne s’y réduit pas et l’art encore moins. Les appréciations en termes de beau et de laid, de nourritures bonnes ou mauvaise n’ont pas cessés de se déplacer. Les recherches d’Alain Corbin sur l’histoire des sensibilités relativisent totalement l’établissement d’un jugement esthétique une fois pour toute. On comprend avec lui ou avec Norbert Elias combien les sensations et les émotions sont enchevêtrées à l’histoire et aux milieux. Je fais totalement confiance au passant, qui perçoit en lui-même les relations complexes, parce qu’elles ne sont pas simplement des relations de vision, qui se nouent entre lui et les artefacts. Je pense ainsi que la perception des œuvres n’est pas nécessairement liée à la spectatorialité.
L’attente décorative ne résiste pas à l’expérience de l’art. Regardez encore et encore la réception des vieilles godasses crottées peintes par Van Gogh et tant d’autres œuvres, celles des soi-disant barbares qui attirent maintenant les foules. L’éducation peut parfois aider à déplacer les certitudes qui entourent les relations entre art et beauté. Les artistes depuis toujours accompagnent les métamorphoses du sensible et souvent avec le coup d’avance qui les fait apparaitre comme « affreuses ». Ce qui anime mes créations n’est pas le souci du beau.
Comment conçois-tu ton écriture spatiale (matière-forme-espace) et son lien avec les passants ?
Cela résulte d’une lente distillation qui a conduit à formuler une écriture, dans l’oscillation d’un débat entre le concret et l’abstrait.
Je pars de l’espace, celui, précis, sur lequel je vais travailler, et ce n’est jamais abstrait. L’espace tel que je l’entends est constitué de champs électro-magnétiques qui recomposent et influent sur les chaînes du vivant, et dont on devine qu’il ne s’agit plus d’éther. Les coups répétés de la physique quantique et du symbiotique en biologie rendent caduque toute définition de l’espace qui se tiendrait encore du côté d’un désastreux Ground zéro à conquérir. En tant qu’humain participant à la modification sensible de l’espace, j’essaie d’intervenir avec le tact nécessaire à la construction en me glissant, intercalant, négociant avec l’instabilité du vivant visible et invisible.
Ma méthode ressemble à celle d’un dresseur de pierre. J’éprouve les sensations multiples des embryons de lieu sur lesquels je travaille. C’est sans doute ce qui devient le plus important au fil du temps. Je marche, sillonne, éprouve les qualités atmosphériques et lumineuses, me rends disponible à l’écoute, explore ce qui conditionne la sensation, l’architecture, le paysage, les usages humains.
D’un point de vue plus abstrait, chaque lieu est porteur d’une histoire. Pourquoi tel bâtiment est-il placé à tel endroit ? Pourquoi tel type de matière ou de forme ? Tout cela me raconte les histoires des imaginaires politique, social et esthétique qui préexistent. Avant même que je me décide à proposer quelque projet que ce soit, il y a sur place un champ d’énergie qui réfère au terrestre et au culturel. Dans la tension d’une histoire toujours en devenir, j’opère une analyse fine qui passe au crible analytique et au crible de la sensation cette première approche du lieu. Mes outils sont très simples, un carnet de notes manuscrites et un appareil photographique.
Arrivé à l’atelier, je tente de comprendre, le où et le quand de la proposition. C’est une phase durant laquelle je formule des réponses aux questions qui apparaissent au fil de la recherche. Lorsque j’ai enfin une idée assez claire, je fabrique des hypothèses plastiques dessinées qui pourraient se glisser entre chacune de ces réalités. Verticalité - horizontalité - volumétrie - puis matériau, chacun de ces termes dans sa mise en œuvre formule une courbure de l’espace-temps et engage les œuvres dans leurs rapports aux hommes, femmes et enfants, qui fréquenteront ce lieu augmenté. J’essaie d’intervenir de manière homéopathique dans le plurivers toujours saturé d’une maison jamais tout à fait blanche.
À Arras, tu as produit un ensemble articulé d’œuvres faisant signe aux passants. Mais que cherches-tu à accentuer : les surfaces sensibles de chaque œuvre, la marche dans l’espace local ?
Pour cette dernière commande, la fréquentation du campus ouvert sur la ville, régulièrement emprunté à pied dans le but de relier deux quartiers, et bien sûr la présence des étudiants et du personnel de l’université constituent le premier public. Je fais le pari du frôlement, de l’interférence que les œuvres engendrent dans le cours de la marche, c’est-à-dire d’une modification de ces indicibles mouvements qui nous alertent inconsciemment. Ce qu’en termes savant James Gibson nommait les « affordances ».
J’espère que la présence des œuvres sera en capacité de modifier sensiblement la perception du lieu. Pour cela, j’installe des ensembles dont les pièces très souvent identiques entrent en résonnances les unes avec les autres. À l’université d’Arras, deux praticables horizontaux et quatre pièces verticales en bois et béton sont mis en place. Cet ensemble dispersé, on peut le voir sous de multiples angles qui se renouvellent sans cesse au fil des déambulations. Il n’impose pas de point de vue, de bon angle, sous lequel on verrait la sculpture. Au contraire, il invite à la marche, à la danse et à toute autre posture en mouvement. Chaque œuvre est praticable, on peut s’y asseoir, s’y allonger, s’y tenir debout. Chacune devient le support de multiples activités. Chacune invite à une appropriation partagée.
Dans ce cas, je dirais que c’est tout ce que j’ai accumulé dans ma pratique qui me permet de faire fonctionner l’installation. Mon attention aux matériaux, aux surfaces, à la volumétrie rend fluide la relation entre le proche et le lointain, le mouvement et la pause.
Je tente de construire un lieu ouvert à l’activité et à la rêverie, à l’expérience renouvelée du monde et des autres. C’est la dimension première du lieu que de mettre en interrelation les humains. Si l’espace peut exister indépendamment de notre présence, le lieu n’existe pas sans les hommes qui le traversent ou y prennent place.





