Accueil > Les rubriques > Cerveau > Le contraire de n’en faire qu’à sa tête
Smaris Elaphus
Le contraire de n’en faire qu’à sa tête
Ivan Messac
,
L’artiste est-il plus libre que chacun d’entre nous ? Je ne le pense pas. Nous voudrions qu’il nous surprenne, qu’il nous étonne… qu’il soit libre.
Sa vraie liberté est celle qu’il prend avec son œuvre. Elle n’est gage ni de son talent, ni de sa réussite. Mais nous voulons qu’il ait cette liberté, qu’il nous la fasse partager. L’une des fonctions de l’artiste serait-elle d’assumer la part de liberté dont nous privent parfois nos obligations sociales ou familiale ?
Pas facile !
Pas une seule de mes œuvres, des milliers réalisés durant les cinquante dernières années, n’illustre mon idée de la liberté, mais toutes expriment ma soif de liberté. Mes changements stylistiques autant que techniques sont en eux-mêmes une quête de liberté. Je me fie aux glissements de ma pensée pour découvrir les facettes de celui que je suis et de ce que je suis avec les autres. Le plus souvent je montre l’oppression, l’absence de liberté, et parfois la joie, le bonheur d’exister…
Être libre, c’est avant tout être libre avec soi-même, c’est-à-dire le contraire de n’en faire qu’à sa tête.


