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Absence photographique
L’absente
de Katell Paillard
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Je m’étais perdue en chemin, celui qui me menait chez moi. Je cherchais l’avenue principale. Mais plus je continuais, plus je m’enfonçais en territoire inconnu. J’étais un peu inquiète.
Il faisait nuit. Je pensais à celle qui me disait toujours que de toute façon, rien ne pouvait m’arriver si je gardais les yeux ouverts. Pourtant le vide se propageait, l’impuissance grandissait avec un silence assourdissant. Les chimères finirent par disparaître. Quand je levais les yeux, j’étais devant ma porte. C’était déjà le petit matin et tout recommençait. Ces photographies font écho à ma solitude face au deuil de ma mère et à l’espoir d’être mère moi-même un jour.
À la recherche d’objets énigmatiques, de rencontres étonnantes qui surgissent de l’ombre et des clairs-obscurs, je photographie le plus souvent lors de longues marches nocturnes en solitaire. La vision est souvent déjà capturée et il me faut parfois quelques secondes pour me rendre compte de ce que j’ai réellement devant les yeux. J’ai réalisé cette série en étant emportée par des sentiments contradictoires. Pourquoi sortir la nuit pendant des heures ? Est-ce le goût du risque ? Pourquoi ce besoin de solitude infinie ? La nuit, la vie est en suspens, les sens sont en éveil. J’ai le sentiment de disparaître dans la nuit et de plonger au plus profond de moi-même, d’être parfois absorbée par le néant.








