samedi 1er mars 2025

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Cinéma

J’ai rendez-vous avec un arbre

un film de Benjamin Delattre

, Benjamin Delattre

J’avais entendu parler d’Eudaldo, un peintre chilien, auteur d’un millier de toiles, disparu depuis longtemps. On m’avait donné une adresse au bord de la Loire, au numéro 640 d’une route qui n’existait déjà plus. Personne n’était venu ici depuis des dizaines d’années. Tout était resté là, comme si quelqu’un avait fui.


Que deviennent les peintres disparus, quand venu de loin, il ne reste que les ruines de leur atelier ?
Que reste-t-il de la ferveur artistique d’un homme dont le temps a grignoté le souvenir ?

C’est un film qui est né d’abord d’une enquête sur l’un des peintres les plus reconnus des fronts populaires latino-américains des années 1930, ayant abandonné femme et enfants pour s’exiler en France — emporté par le rêve européen de beaucoup de peintres de l’époque... Le film raconte de quoi est faite la vie d’un peintre exilé, à travers le regard du personnage qui a retrouvé son atelier, au milieu de la nature sur les bords de Loire, à des milliers de kilomètres de l’Amérique latine.

Qui était Eudaldo Morales, héritier de l’art précolombien, dont les toiles naïves frôlant le surréalisme rencontrèrent un grand succès dans l’Amérique du Sud des années 1930, jusqu’à ce que sa mécène et amante ne l’entraîne en France, où il côtoiera Picasso, Neruda, Ginés Parra, les peintres de la Nouvelle École de Paris Alfred Manessier et Jean Le Moal, avant de connaître la pauvreté et l’effacement ?

J’ai rendez-vous avec un arbre, de Benjamin Delattre (Chi.-Fr., 2024, 78 min). Disponible jusqu’au 16 octobre 2025.

 

Image d’ouverture : « La Vache amoureuse », d’Eudaldo Morales.