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Deformario
Vicente Occhionero
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Deformario n’est qu’une tentative imprudente, un élan indiscipliné pour naviguer parmi les débris graphiques de cette impossibilité. Le besoin de donner forme au chaos et de déformer le monde, afin que, dans la contorsion, de nouvelles possibilités s’ouvrent.
Deformario, c’est un parcours à travers les péripéties que mène ce dessinateur errant, pour tenter de contempler l’extraordinaire qui se cache dans le quotidien des personnes et des choses. Le terrible et l’insondable. La beauté d’une tempête inavouable.
Les contorsions de la ligne prennent forme bien avant d’apparaître sur le papier ou la toile. Elles naissent au cœur chaotique d’une pulsion ancienne et sans nom, trop lointaine et mystérieuse pour pouvoir être scrutée par des mots ou des décisions conscientes.
En réalité, je suis un dessinateur qui s’est également transformé en peintre au fil des années. J’ai commencé mon activité artistique très jeune en utilisant l’encre de Chine, en essayant de créer des bandes dessinées. J’étais fasciné par Alberto Breccia (maître uruguayen de cet art), par l’originalité et la noirceur de son œuvre.
Au fil du temps, ces impressions que le vieux Breccia a laissées dans mon esprit, ainsi que celles de tant d’autres dessinateurs, se sont mêlées à la force de l’œuvre d’artistes comme Francis Bacon (parmi tant d’autres), à beaucoup de littérature et à énormément, mais vraiment énormément, de musique.
Tout ce mélange d’impressions, ajouté à mon besoin impérieux de dessiner et de peindre, a donné naissance à ceci… un dessinateur, un peintre, une personne qui se consacre à cela.
Pour en venir plus précisément à mon activité, je m’intéresse à une multitude de choses, mais j’essaie (presque toujours en vain) de survoler – d’aussi près que possible – les mystères et les abîmes de l’apparente « quotidienneté » des gens.
Recréer les personnages et les circonstances où se posent ou habitent la solitude, le silence, le vide, etc. … Tout type de processus de déformation.
Créer les conditions, les rimes, pour que l’imagination et les bêtes de notre côté obscur se déchaînent ; et essayer de saisir quelque chose de tout cela par le trait ou la tâche.
L’une de mes influences et sources d’inspiration les plus importantes est l’expérience que je vis dans les ateliers que j’organise avec des personnes souffrant de troubles psychiques, au sein de différentes institutions de la ville (Paris). Les échanges quotidiens et les projets que nous menons ensemble me permettent d’apprendre et de m’enrichir constamment grâce à cette expérience directe.















