samedi 4 avril 2026

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Carnet de Bal

Col Tempo

Guido Guidi au BAL du 20 février au 24 mai 2026

, Alain Nahum

Guido Guidi a constitué au fil du temps une réflexion contemporaine sur l’image et le territoire. « Je ne crois pas au résultat définitif, dit-il, il n’existe que des étapes. »

Guido Guidi s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la photographie contemporaine. Son travail est impressionnant, ses séquences photographiques se déploient au BAL à Paris tel un long leporello articulé en cinq sections présentant dix huit séquences photographiques de plus de deux cents images mises en espace comme une liste à la Georges Perec :
Preganziol 1983 - Esercizi (exercices) 1968-69 - Attesa (attente) 1967-68 - Album 1970-80 - In una stanza (dans une pièce) 1971 - Facciata (façade) 1971-83 - Di sguincio (en biais) 1974-81 - In Montagna (à la montagne) 1983-88 - Dintorni di Cesena (environ de Cesena)1985-2004 - Venezia (Venise) 1983-2001 - Porto Marghera 1988-97 - Rimini nord 1991- PK TAV 139+500 2005 - Chioggia 2000 - Fiume (fleuve) 2007 - Carlo Scarpa Tomba Brion (tombe Brion) - Guimaräes 2011 - Raccolta indifferenziata (collecte indifférenciée) 2001-2023.

On ne peut pas ici décrire toutes ses séries, il faut venir les voir et s’immerger dans ce travail radical et contemporain. La scénographie du BAL est très réussie, elle permet à chacun de s’imprégner pas à pas des séquences photographiques rythmées par les intervalles qui les séparent. Un travail qui entrelace les signes du monde et la grammaire du paysage. Guido Guidi capture depuis les années 1960 des paysages ordinaires, des routes anonymes, des architectures modernes.
Il se concentre sur les espaces périphériques, à la marge, observant des situations non codifiées, incertaines, mal comprises. Pionnier du renouveau du territoire.

Il accorde une importance égale au banal et au monumental, aux détails négligés comme aux formes établies.

Dans sa série Col Tempo, il montre le temps qui passe entre l’ombre et la lumière et la prochaine ombre qui surgit. L’énergie est capturée par la succession des images. Il dit que le sujet réel de ses photographies ne se voit pas dans une photographie mais dans l’entre-deux photographique.

Pour Guido Guidi la façade d’une maison est un visage, la façade regarde le soleil. II a cette idée de la photographie comme une référence à l’espace de l’annonciation.

La relation avec ce que l’on regarde est essentielle pour lui. Ses tirages sont toujours de la même taille que ses négatifs, pour lui la photographie finale doit être à la même proportion que le négatif, c’est la vérité photographique.

Au fil de ses prises de vue quotidiennes, Guido Guidi a constitué peu à peu une archive poétique du territoire : une accumulation de points de vue, de variantes et de découvertes. Il envisage la photographie comme une note, une tentative. Il ne croit pas à un résultat définitif ; pour lui « il n’existe que des étapes ». Et il affirme son rejet de toute complaisance envers l’image unique et l’œuvre parfaite. « Quand je photographie quelque chose, je suis cette chose comme si je priais. »

Au fil de ses prises de vue quotidiennes, Guido Guidi a constitué peu à peu une archive poétique du territoire : une accumulation de points de vue, de variantes et de découvertes loin de toute recherche d’artifice ou de virtuosité.

Il a construit une grammaire du paysage et a profondément transformé le rapport entre langage photographique et perception du territoire. Donnant à son travail une portée politique.

Guido Guidi est autant photographe que penseur. Avec lui apprenons à renouveler notre regard.

Voir en ligne : https://www.le-bal.fr/2026/01/guido...

LE BAL, 6, impasse de la Défense, 75018 Paris
Ouvert le mercredi de 12h à 20h et du jeudi au dimanche de 12h à 19h.