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Arts & Sciences
Cinq exercices critiques de l’arpenteur moderne
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Pour le troisième volet de notre dossier sur les rapports entre arts et sciences, ici désormais réfléchis sous le graphe A/S ou A&S, nous présentons le texte d’une intervention de Christian Ruby à un colloque à La Grange à Lausanne le 28 mars 2025. Outre servir l’objectif du colloque, il donne aussi des indications sur les pistes qu’il conviendrait de suivre désormais autour de ce graphe, pistes que des artistes, comme des scientifiques, ne cessent d’arpenter concrètement. Il dessine aussi explicitement des perspectives afin de soutenir les écoles d’art en grande difficulté et les institutions publiques scientifiques dont l’avenir est incertain.
Familier de longue date des interférences entre « arts et sciences », nous ne sommes pourtant ni artiste, ni savant. Simple philosophe, nous sommes voués à l’observation critique des activités humaines [1]. Si ne pas être directement de la partie invite à la modestie quant aux commentaires de travaux complices, cela peut aussi constituer un atout. Le recul gagné permet d’interroger leurs présupposés (quels arts ? quelles sciences ? quels liens ? etc.) et d’observer comment se forme un archipel spécifique de pratiques interférantes.
L’association des deux notions ou activités (arts et sciences) en archipel d’interférences, ou en réseau, doit en effet focaliser l’attention sur la conjonction de coordination, sa force et ses exigences, et garantir de ne pas tomber dans une simple addition ou pesée (un peu de… et un peu de…). C’est parce que nous avons abordé ces velléités de forger un tel archipel de cent façons différentes — avec des réseaux (TRAS, Universciences, CEA, Le Fresnoy…), face à des réussites, des échecs, des rapprochements vagues, des approches décoratives, des confusions entre science et technologie, etc. —, que nous avons appris à prendre de telles précautions avec ce qui se donne ordinairement pour A&S : outre des survivances de récits glorieux d’accords, des illustrations des sciences par les arts, un positivisme plaçant les sciences en juge de la valeur des arts, ou un romantisme dans lequel les arts jugeraient de la valeur des sciences.
Au cœur de la réflexion, des problèmes de déconstruction des disciplines, de critique des ancrages dans d’anciens modèles d’acceptabilité (le Beau, la Vérité), de refus des hiérarchies spéculatives, d’élaboration de jeux d’empiètement en promesses de naissance de nouveaux territoires, devraient émerger. Problèmes à ne pas simplifier en les recouvrant du terme « postmoderne », compte tenu des difficultés d’usage de ce vocable fréquemment confondu avec absence de règles ou de sens (« tout se vaut »). Nous ne pouvons non plus oublier la manière dont l’émergence de la notion A&S préside désormais à des exigences de financements, de coopérations entre institutions, de modalités de diffusion, ainsi que de modes/méthodes de formation (y compris universitaires [2] et scolaires) et d’expositions, etc.
Par l’intermédiaire de cinq exercices [3], nous nous proposons de mettre en évidence les modalités d’avènement et de développement de ces problèmes dans le champ culturel et social, au demeurant occidental — hors de la question des rapports Arts et Intelligence Artificielle qui dépasse nos compétences. Dans un propos lui-même en archipel, privilégiant des surfaces d’échange et des passages ou des « voyages » à l’encontre des pensées systématiques de l’identité et des frontières préservées/surveillées, nous tressons ici les fils d’un glossaire du « brouillage des frontières », qui conforterait ce que peut devenir un tel « archipel », en monde commun d’actes différents entrelacés dans un projet. D’autant qu’au cœur de cet archipel se tient et doit se tenir un destinataire : un public intéressé par A&S (ou une communication à des citoyennes et citoyens), ou l’espace public démocratique.
Désillusion
Premier exercice reliant des participant(e)s de l’archipel A&S : renforcer le fil polémique requis afin de distinguer les véritables affinités constitutives de cet archipel.
Dans ce qui est appelé A&S de nos jours, trop de choses sont embarquées.
Des savant(e)s qui peignent et des artistes qui prétendent « expérimenter », par exemple. Ce qui ne pose pas de problème tant qu’ils n’ont pas de prétention à A&S.
En revanche, dans de nombreux travaux rangés sous ce titre (A&S), il manque habituellement l’un des deux : soit les arts, pensés dans des termes classiques de figuration ou d’illustration ; soit les sciences, résumées dans les connaissances acquises, qu’il s’agisse de sciences dites « dures » ou « historiques » ou « humaines ».
S’il y est bien question du titre A&S, nous y observons un amas pré-critique de travaux, comme des œuvres artistiques illustrant une connaissance scientifique ou un travail scientifique employant les moyens de l’art, ou des travaux artistiques qui réclament seulement le soutien, l’approbation de scientifiques. Soit on y réduit les sciences à un support technique alimentant les arts (radiographie, instruments de restauration), réduisant l’art à l’exploitation de ce que les sciences fournissent ; soit on convoque les arts auprès des sciences afin d’organiser des expositions-spectacles destinées à captiver l’œil des néophytes. Le retour insistant, au sein de la modernité, de la forme « cabinet de curiosités » du XVIᵉ siècle cautionne ces confusions. Les « curiosités » (raretés, singularités de la nature) ne peuvent avoir l’ancienne signification puisqu’elles sont jugées après la défaite de la métaphysique, et se présentent sous l’outillage disciplinaire émancipé. Elles tombent dans des relations ludiques et des lieux qui conditionnent la lecture du résultat.
En un mot, l’exercice du décept est requis à proportion d’un manque de consistance ou de réciprocité dans les travaux. Nuance cependant : il est parfois des travaux indécidables. Cette indécidabilité renvoie au moins au fait que les frontières prétendument définitives, nous allons y revenir, sont toujours labiles, relevant d’une instabilité constitutive. Elle prouve aussi qu’arts et sciences ne sont pas isolés autant qu’on le croit et ne doivent pas être bloqués dans les images que l’on se fait classiquement de ces domaines.
Arpenteur moderne
Deuxième exercice : répondre à la question de savoir pourquoi tenter de tresser un monde commun dans un archipel A&S ? Dans les travaux A&S, qu’est-ce qui devrait se partager sinon d’abord des questions, dont celles destinées à contredire des découpages préalables ? Ne devrait-il pas s’agir d’un riche travail de décloisonnement, « indisciplinaire », de passerelles (dirait Jean-Marc Levy-Leblond [4]) et de nouveaux corpus communs à construire (dirait Gaston Bachelard [5]) ?
Si, bien sûr ! Encore faut-il avoir examiné la condition d’existence des divisions, bien avant de songer à une « réconciliation » et à son type (pragmatique, dialectique, herméneutique, critique…) si envisagée.
Nous voici renvoyés à « l’arpenteur moderne », cet être historique qui discrimine, fixe des frontières. Dans notre cas, il a tenté et réussi à tracer un vif écart avec la métaphysique et la théologie médiévales, ces savoirs qui normaient arts et sciences sans séparation entre elles, à l’aune des proportions de la Création, et unifiaient toutes choses en une autorité suprahumaine [6].
L’arpenteur en question a « mis de l’ordre dans les savoirs », construit des disciplines, divisé des tâches, instauré des lieux, des capacités et des temps, fondant l’ordre du monde moderne. Une « modernité » [7], sans différend cependant (selon le terme de Jean-François Lyotard). Arpenteurs, ce sont ceux qui ont forgé un consensus autour de confins de divers champs — les sciences dites « dures » et l’art perspectiviste uniquement, en conflit avec notre époque investie par d’autres sciences et pratiques artistiques —, appuyés sur des centres réifiés autour de socialités, des écoles isolées, se côtoyant tout juste dans le monde clos de l’université, sans interaction jusqu’à peu.
Sans cette séparation (ordre/désordre, pur/impur), ni les arts ni les sciences n’existeraient, ni même la philosophie moderne qui en assume la séparation. L’arpenteur a découpé - c’est le sens du mot « critique » (tracer des frontières, des partages) - des terrains, mesuré des actions, et légitimé des groupes de règles (des législations) séparés : ici l’esthétique et la théorie scientifique, toutefois sous couvert antique encore du Beau et de la Vérité. Dans sa volonté d’assigner des portions de terrain à telle ou telle savoir/profession — à la limite de désigner des types d’humains, l’Artiste, le Savant —, il a déployé, non l’indépendance, mais l’autonomie des arts et des sciences (chacun a ses règles propres sans vocation à réglementer l’autre) tout en la référent à un sujet (cogito universel à la René Descartes ou sujet transcendantal à la Immanuel Kant) ou à un grand récit du progrès dont un des modèles est l’Encyclopédie (Denis Diderot), laquelle pourtant ne déteste pas valoriser des transits (corrélats, et ainsi de suite).
Cet arpenteur, s’il est possible de le concentrer dans un nom, celui de Kant, il est plus largement possible de lui donner le nom du travail moderne de mise en discipline de territoires, selon les analyses de Michel Foucault.
Critique des enclosures
Troisième exercice : la critique des clôtures induites par l’arpenteur moderne, sans nostalgie, afin de structurer la possibilité de l’archipel A&S.
Le renvoi à l’arpenteur moderne (et occidental) ne concerne pas seulement lui, hier. Ce renvoi doit nous interroger nous-mêmes. Pourquoi avons-nous fini par penser établies, « naturelles » des disciplines, en les entretenant comme des territoires ontologiquement séparés par des frontières infranchissables — excluant simultanément la « pensée sauvage » — , alors que l’origine de ces territoires, montre justement l’arpenteur, n’est pas naturelle mais historique ? Pour aller plus loin, pourquoi parlons-nous encore souvent de l’archipel A&S sous des abstractions, des essentialisations : l’Art (le Beau, l’imagination, le sensible ou réception brute, le délié) et la Science (la Vérité, la raison, le raisonnement, l’efficacité) ? D’autant que ces abstractions unifient, sous des concepts uniques et univoques, des coutumes et parfois les distinctions hommes/femmes [8], les pratiques et orientations de chaque domaine ? Pourquoi beaucoup pensent-ils encore que les arts ne relèvent pas de concepts (ce qui est problématique, et d’autant plus à l’aune des arts contemporains), et que les concepts n’enveloppent pas des émotions (ce qui est problématique relativement aux impulsions de la recherche, etc.) ?
La persistance de tels propos est d’autant plus suspecte que les disciplines soi-disant encloses ne sont pas si fermées sur elles-mêmes que cela. Outre qu’elles se transforment de nos jours, elles entretiennent entre elles des liens autour de la faculté humaine de juger, lesquels ne leur sont pas extérieurs mais immanents.
Les disciplines ici en question, les arts et les sciences, même sous leurs anciennes versions (dont il faut préciser qu’elles ne sont pas toutes glorieuses si l’on pense aux sculpteurs illustrant les différentes « races » que « la science des races » des naturalistes élaborait), se nourrissent (se sont nourries) aussi de travaux réciproques, qu’on en apprécie le résultat esthétique ou non : des tableaux figurant des savants (peu de savantes jadis), des parallèles entre l’invention de la géologie et le paysage en peinture [9], des représentations des instruments scientifiques, des instruments scientifiques artialisés, etc. Que nous montre le CNAM, sinon qu’il est impossible de croire que les arts et les sciences n’ont jamais eu de souci de l’autre, et que ce souci est souvent une fonction de la conception du monde en cours, comme des déplacements des angles du regard sur le monde ?
Dès lors, les travaux A&S devraient lutter contre ces essentialisations, les critères conformes, contre une certaine inculture (la scission entre « j’aime » et « je sais »), et contre une croyance de chacun en soi comme sujet absolu (« je » sais tout, « je » peux tout faire, « je » suis artiste/savant(e)…) excluant le savoir « sauvage ». Ce serait sans doute la condition pour déployer un potentiel critique et émancipateur des sujets artistes et savant(e)s, voir du public, autour de rapports vivants entre des arts et des sciences interrogés sur leur vivacité.
L’archipel A&S ne devrait pas seulement se charger d’instaurer des liens entre arts et sciences, mais aussi de faire fructifier et étendre des liens existants. Faire tomber les frontières, de manière productive, non par ignorance…
Archipel
Quatrième exercice. Il porte sur ces liens immanents et les légitimations susceptibles d’aider à forger un commun ou des règles communes, et la question de savoir qui en décide.
Devant des modes d’actions et des compétences qui dialoguent, interagissent, ouvrent d’intéressants champs d’investigations expérientielles et de pratiques, ce qui se tisse, c’est bien un archipel [10] : des liens immanents, des coordinations modifiant les termes, une pragmatique des légitimités des activités [11], et une formation ou une culture en réseau.
La difficulté centrale des congruences de compétences au sein de cet archipel (A&S) est justement le choix du modèle de texture à adopter. En un mot, comment produire non seulement des façons de penser délégitimant les habitudes, mais encore produire de nouvelles formations de l’esprit ou de la recherche et les légitimer ?
Des modèles qui relâchent la trame encyclopédique, il en existe de toutes sortes. Listons-en quelques-uns : l’addition sous forme d’un pluralisme empiriste, l’arrangement esthétique, l’imposition d’une dialectique unifiante, le prône d’un retour à une métaphysique visant une totalité (l’être, le cosmos…), le nouveau mode encyclopédique (L’Encyclopédie Diderot, d’il y a quelques années), et ainsi de suite.
Nous avons tenté une esquisse de tableau sur ce point :
Pour nous, un tel archipel n’a sa véritable signification que s’il repose sur un travail d’interférences qui modifie l’un et l’autre pôle et désaccorde le sujet d’avec lui-même afin de l’ouvrir à l’altérité, disons d’abord à de nouveaux thèmes de recherche. Parmi lesquels désormais, par exemple, le vivant, l’écologie pour un humain non prédateur, le vivre ensemble (arts et sciences sociologiques dans le cadre de PEROU - Pôle d’Exploitation des Ressources Urbaines), le quantique, etc. Il s’agirait donc d’un travail d’interrogation réciproque dont la propriété serait d’introduire du jeu dans les savoirs et les pouvoirs des institutions, dans les images que chacun se fait de soi et de l’autre, dans les effrangements possibles de chacun.
Émancipation
Qu’il y ait encore d’autres obstacles à surmonter afin d’entretenir vivant un tel archipel, cela ne fait aucun doute. Les institutions, par exemple, avec leurs contraintes définissant les pratiques et les énoncés admissibles, préfèrent le réduire au divertissement, parfois sous enjeu de « transmission », plutôt qu’à une dynamique de culture [12]. Elles prennent le risque, en conséquence, de pétrifier les sujets récepteurs sur la scène publique, ce qu’on appelle « le public » (les profanes ?), ce public auquel un Friedrich von Schiller rend attentif en l’extrayant du présupposé négatif de l’opposition entre entendement et sensibilité [13] ?
Ce à quoi nous devons tenir, dans ces réflexions, c’est à la fois à l’émancipation des artistes et des savant(e)s des carcans de leur milieu, ainsi que des codes antérieurs et, j’insiste, à l’émancipation du destinataire A&S et de la parole publique sur A&S, des images dont on le (A&S) couvre (primat du ludisme et du divertissement, soi-disant préférence pour le sensible sur le concept, préjugés et ignorances, etc.). Par sa fréquentation des réflexions communes circulant dans des Incubateurs, des Lab(s) ou des Tiers-Lieux, voire les colloques A&S, et plus uniquement dans les institutions d’État réservées, le public A&S les combat de lui-même, aux côtés de médiatrices et médiateurs apprenant simultanément que leur rôle n’est pas (ne devrait pas être) de parler à la place des participants du public.
Certes, le public A&S est aussi susceptible d’angoisses devant les atteintes aux frontières (entre disciplines, s’il faut préciser derechef, quoique…), quoique sans doute pour d’autres raisons. Il doit faire le deuil de ses certitudes premières, lesquelles suscitent un recul de défense face au « mêlé », une frayeur envers ce qui mettrait « en jeu la civilisation », un désespoir de voir diminuer certaines auras. Dommage que cela n’atteigne pas toujours des éléments tout aussi percutants : le devenir marchandise de A&S, l’instrumentalisation des connaissances scientifiques, l’esthétisation des sciences par l’État, etc.
Là se joue donc une émancipation cruciale pour l’espace public. Ce public pourrait ne plus demander à A&S d’être ému (version art) ou sidéré (version science), d’être la visée d’une transmission ou d’une consommation. Il pourrait demander plutôt d’acquérir des compétences, de parler et de se former, de reconnaître que les arts sont des formes de la pensée, pensée anciennement figurale et performante de nos jours ; que les sciences sont des formes de pensée ouvertes ; et que nous devons aux deux de ne plus voir le monde dans les formes de récit dans lesquelles il était pensé jadis, les deux cristallisant des attitudes différentes face au monde et pouvant se nouer dans une pensée critique de l’état des choses/des humains ou du monde.
Il conviendrait sans doute de permettre à ce public de réfuter des approches qui ont fait trop longtemps autorité dans son quotidien. D’abord la séparation entre sensible et intelligible, toujours posée comme première et « évidente ». Ensuite les différences non explicitées entre expérimentation scientifique et « expérimentation » artistique (expérimentation, expérience, Erfahrung), comme l’usage confus de « observation » dans les deux cas (arts et sciences). Il en va de même pour l’usage du terme « bricolage », repris autant au « savoir sauvage » qu’aux pratiques populaires. Et pour caractériser encore les deux cas (arts et sciences), les termes « protocole » et « hypothèse » utilisés sans discernement. En somme, ces distinctions incitent bien à entretenir des rapprochements ou des différences mais, s’ils n’excluent donc pas des rapports, au contraire, produisent ou confirmes des divisions sociales, des choix d’objet de recherche, etc., imposés, incapables de donner lieu à émancipation.
Ce qui pourrait lui paraître justement décisif, ce sont les écarts que produisent les pratiques artistiques par rapport aux pratiques scientifiques, et réciproquement, dans un but commun. Ne peut-on concevoir les dynamiques A&S comme autant de trajectoires de culture articulées ouvrant sur le déploiement des compétences des individus anonymes, lesquels ne doivent pas être réduits à assister simplement à ce qu’on veut bien leur rendre visible ?
Notes
[1] Nos participations effectives se limitent aux œuvres et propos de Jean-Pierre Luminet (Paris), Jean-Marc Lévy-Leblond, Laurent Mulot, Valérie Legembre, Adrien Mondot, Claude Alma, etc.
[2] Observations faites à l’HEAR (Haute École des arts du Rhin) et à l’École d’Aix-en-Provence (expérience Locus Sonus). Le thème A&S ne doit pas présider à une réduction des uns aux autres, ni spectaculariser « la » science.
[3] Cf. Christian Ruby, Abécédaire des arts et de la culture, Toulouse, L’Attribut, 2015, article « Exercice ».
[4] -Cf. Jean-Marc Lévy-Leblond, La science n’est pas l’art, Paris, Hermann, 2010, ainsi que Martina Kramer, Un morceau d’air, trois dialogues sur l’invisible, avec Jean-Marc Lévy-Leblond, Iva Patarcec, Ludovic Lignon, Collection Préoccupations, L’Ollave, Clans (Alpes Maritimes), 2005.
[5] Cf. Christian Ruby, « Une philosophie des interférences », in Raison présente, Arts et Sciences, n°179, 2011, disponible sur Persée. Et Michel Serres, La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, Paris, Minuit, 1977.
[6] Relire à ce propos Ernst Gombrich, avec Didier Éribon, Ce que l’image nous dit, Paris, Arléa, 2010 ; John Dewey, L’art comme expérience, 1934, Paris, Folio, 2005 (p. 183-184) ; etc.
[7] Cf. Jean-François Lyotard, Le Différend, Paris, Minuit, 1983.
[8] Vieille histoire : Les hommes sont « évidemment » voués aux sciences et aux hauts échelons et les femmes vouées aux arts ou aux tâches subalternes dans les sciences. Anna Tsing rappelle comment ses parents lui ont refusé des études scientifiques parce que femme.
[9] S’il existe bien une relation entre la géologie et la peinture par le Cézanne des carrières de Bibémus, cela relève d’une conception du monde selon laquelle il est possible d’expliquer la surface par les couches souterraines.
[10] Cf. René Char, La pensée en archipel, Paris Gallimard, 1962, ou Édouard Glissant, « Conversation avec Hans Ulrich Obrist », in The Archipelago Conversations, Montréal, Isolarii 2021.
[11] Cf. Jean-François Lyotard, La condition postmoderne, Paris, Minuit, 1979.
[12] Sur la fonction des institutions, cf. Jean-François Lyotard, La condition postmoderne, op. cit., p. 34 et De la nature du rapport art et science, Mélodie Faury, Édouard Kleinpeter, Bastien Lelu, ENS Lyon, 2000 : http://ehvi.ens-lyon.fr/IMG/pdf/art_et_science.pdf.
[13] Friedrich von Schiller, Lettres sur l’éducation esthétique de l’humain, 1794, Paris, Aubier, 1992.




