vendredi 4 août 2023

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Ceci est un essai autobio graphique

, Dan Hayon

Intitulée d’après la chanson des Kinks, la série de photographies de Dan Hayon « The Acute Schizophrenia Paranoia Blues (Oh, il n’y a pas de remède à la schizophrénie aiguë) », semble, à première vue, être drôle, mais il s’agit en fait d’un essai introspectif très sérieux.

Pour un artiste, se mettre en scène ce n’est pas un concept nouveau, mais contrairement aux autres photographes (la liste est longue), qui utilisent décors élaborés et gros budgets, moi j’ai choisi de m’incruster dans des images trouvées sur internet. Mais seulement dans les images qui, métaphoriquement, ont quelque chose à voir de loin ou de près avec ma vie, fut-elle passée, présente ou future.

« The Acute Schizophrenia Paranoia Blues » est une série qui porte les marques de mes thèmes principaux : la fragilité humaine, la mortalité, le subconscient collectif, le mal et le bien, le sexe, mes obsessions et angoisses. Et quelques-unes de mes petites faiblesses.

Le mythe fondateur de notre culture moderne repose sur la notion de réussite. Mon ambition est de mettre en tension deux des chimères absolues de notre époque : la quête de popularité/richesse et l’idéal de sobriété.

Dans certaines de mes images, j’aurais dû aussi m’interroger sur la relation entre la lumière et le temps qui passe, entre la matière et le mouvement perpétuel, entre les "senses" et l’absence de sens, entre la multiplication et l’addition, entre la contraction et la distension, entre l’accumulation et la désagrégation.

Mais je n’interroge rien du tout, car poser beaucoup de questions profondes, c’est assez fatiguant pour un artiste de mon âge.

Ron Padgett, le grand poète américain (et ami) qui a écrit le poème très connu « How to be perfect », voyant mes photos, a bien saisi le côté sérieux et même parfois triste de ce projet.

Un jour, j’ai montré une partie de ces images à un psychiatre qui a son cabinet dans l’immeuble où j’habite, et je lui ai demandé s’il pouvait en tirer des conclusions. Il y eut un long silence, après quoi il répondit : « Je pense qu’il vaut mieux ne pas savoir, mais si vous voulez vraiment savoir, je peux vous donner une consultation ou une séance d’hypnose, comme un service entre voisins. »

Je ne sais pas quand cette série va prendre fin. Peut-être qu’elle va se continuer sans moi…

Qui est Dan Hayon ?

Polizeibeamter

Si l’on veut croire la date inscrite sur sa carte d’identité, Dan Hayon doit avoir soixante-seize ans. Il est probablement né en Roumanie, mais malheureusement rien n’est sûr aujourd’hui.

Tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il a fini des études à l’Académie des beaux-arts à Bucarest, dans la section Design graphique et Affiches. Contemporain de Ceausescu, il a quitté la Roumanie en 1972. Aujourd’hui il habite à Paris, pas loin de l’endroit où repose son mentor en photographie, Eugène Ionesco. Il a vécu dans plusieurs pays avant de s’établir en France.

De temps en temps, il montre ses photos en Royaume Uni, en France et en Roumanie, dans le cadre d’expositions personnelles et collectives. Nombre de ses photos se trouvent dans des collections privées et des interviews avec lui ont été publiées dans plusieurs magazines.

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Portfolio

Amusing the commoners
A gentleman accordeonist
Being targeted by mi6
Custodian of the light
Dancer in the rain
Crucified
Dedicated follower of fashion
Delicatessen salesman
Facing the inevitable destiny
Incurable dreamer
Science martyr
Nosferatu
Pater familias
Wysiwyg
Playing chess with Tolstoï
Scientific researcher
One word and you’re dead baby

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