jeudi 30 juillet 2026

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Arts & Sciences

Arts & Sciences : Un simple supplément d’art ou de science ?

, Christian Ruby

L’engouement pour les projets de collaboration arts-sciences se traduit à la fois dans la multiplication des programmes de résidences arts-sciences, en particulier dans le milieu de la recherche académique (institutions, Collège de France, universités), et dans la programmation proposée par de nombreux lieux culturels, Labs et Tiers-lieux, mais aussi galeries d’art, quand cela ne concerne pas des revues théoriques. Au-delà de ces engagements, il témoigne d’une crédibilité partagée quant à la nécessité et la fertilité d’un décloisonnement potentiel des mondes des sciences et des arts, et à la capacité de ces croisements à engendrer de nouveaux objets de connaissances et de conceptions du monde, éventuellement promoteurs d’une vivification de l’esprit public.

Mais peu d’études fines – il faudrait donc reprendre l’enquête de 2022-2023 dont le rendu ouvre cette chronique – portent un regard réflexif et critique sur ces expériences de collaboration entre artistes et chercheurs ou chercheuses, et surtout sur les présupposés philosophiques ou culturels engagés par les un·es et les autres, sur les représentations des sciences et des arts. Ce qui est pourtant central au vu de ces condensations problématiques que manifeste le vocabulaire de LA Science et de L’Art.

Tel est le fil conducteur de cet article, qui prend en charge et amplifie la perspective d’une revue, Raison Présente, et se relie à un entretien avec un artiste, Bernard Moninot, que présente Marc Thierry. Pour penser les rapports Arts & Sciences, il convient de se défaire de nombreux préjugés. Pour pratiquer des rapports entre Arts & Sciences, il faut reconnaître que les optiques d’un « mélange », d’un pluri(-disciplinaire), d’un multi(-disciplinaire), etc., souvent mises en avant, n’ont d’intérêt que sous la forme de la co-construction d’objets inédits entre chacun des domaines (arts et sciences).

C’est bien l’objectif du numéro (n° 236, janvier 2026) de la revue Raison Présente auquel nous nous adossons, intitulé « Arts & Sciences, quelles co-constructions ? ». Il s’oppose à deux options : les tenants de la subordination, ou de l’art posé comme ornement des sciences (ou l’inverse) ; les tenants d’une unité incontrôlée ou sauvage de ces deux pratiques. Il s’y refuse au profit d’une réflexion sur quelques questions centrales, concernant autant artistes et scientifiques que le public adressé : comment peut s’élaborer un objet possible entre arts et sciences ? Quelles formations cela engage-t-il des un·es et des autres ? Comment désarticuler les partages antérieurs et réarticuler de nouvelles pratiques ? Et surtout, quelle part réserver aux publics potentiels, visés, par exemple, aussi par la très en vogue EAC (l’éducation artistique et culturelle) ?

C’est sur ces points qu’il importe de travailler – alliage, collaboration, transdiscipline, lien, simple rencontre, conciliation, co-construction, tels sont les termes utilisés par les auteurs du numéro –, surtout si l’on veut renforcer l’optique d’une interaction fructueuse arts et sciences, bénéfique pour la « créativité » de tous et toutes. Renforcement qui peut s’étendre à l’élaboration de futurs ouvrages littéraires (sur le modèle de Balzac, Flaubert, Zola, etc. ayant travaillé sur les sciences de leur époque) ou artistiques (sur le modèle aussi de Vinci, Schöffer, Oulipo, Queneau, etc. ajustant eux-aussi leur époque à cette interaction), et à la diffusion des savoirs et de la construction d’une culture commune. Il importe justement d’étudier ce qui peut relier précisément ces domaines - en dehors d’une « bonne volonté » relative à des disciplines conçues comme figées, ou d’un « sentiment d’unité » posé en réconciliation extérieure, souvent folklorique –, ce que cela change dans la manière de percevoir le monde social et politique qui organise les partages, lesquels recouvrent encore le partage mâle (sciences)/femme (arts), ce qui peut caractériser le contenu de nouveaux savoirs dégagés ?

Mettre le sens commun en tension

Dans de nombreux discours portant sur des associations Arts & Sciences, il est aisé de constater que le fond premier d’une partie de ces affiliations repose souvent sur la représentation globale d’une époque de détresse, d’une société qui se disloque en frontières fermes et communautés disqualifiantes. De cette représentation d’une unité perdue (à vérifier) est aisément tirée l’idée d’un besoin de ciment social, à restaurer (si on se fait un portrait avantageux de ce passé) ou à produire (si on cherche un nouveau concept de société). Ciment social ? C’est-à-dire un ensemble d’opinions articulées à une « vie authentique » palliant, selon les cas, quelque chose de révolu ou une absence de projet. Tels sont les cas étudiés par les auteurs dans Raison Présente.

Cette vie aurait l’unité pour destination la plus haute, la recherche d’une ligne directrice édifiante, en particulier à l’encontre des séparations, des partages, des complexités inextricables imposées par ce qui est traité comme dogmatismes et brisures dont les coupables seraient l’État et la bureaucratie.

Ces séparations – dont nous n’examinons ici ni la réalité, ni l’efficacité, ni l’objectif – ne satisfont pas, sont mal vécues, et le sens commun cherche à penser ou repenser des liens sur ce motif d’une sorte de conscience d’une fragmentation dommageable. Ces discours ne sauraient cependant être méprisés. Toutefois, ils sont peu étayés, peu historicisés et très globalisés. Il y a souvent dans ces cadres des manières de penser à la Homais qui visait La Science en remplacement de la religion [1]. De ce fait, ils sont le plus souvent à la recherche de formes un peu obscures de liens à tout prix (hors religion pour éviter Homais) : cohabitations, échanges mondains, petites académies entre sympathisants, etc.

Surtout que, trop souvent, sous couvert de réflexion sur un rapport arts et sciences, ils élaborent leur propos autour d’équivoques : l’art, la science, nous l’avons dit, mais aussi la confusion entre science et technique, par exemple, ce que mettent en cause plusieurs auteurs. Et sur ce plan, les discours condamnés par ce numéro de Raison Présente en arrivent à réduire non moins les arts à leur condition technique (importante sans doute), permettant de soumettre les sciences à des propriétés utilisables par les arts, et l’inverse. Ainsi en va-t-il de commentaires fréquents portant sur le cinéma ou la photographie. Il y a en eux un rapport complexe à la technique, mais sans doute pas un rapport aux sciences.

Que de ce fait, on ne tienne pas compte des découpages historiques et de la manière de les transformer n’est sans doute pas très grave, mais ce qui l’est, c’est que ce fond de « bonne volonté » instaure d’emblée des relations de subordination et d’exploitation : les arts viennent se mettre au service des savoirs, le plus souvent sous forme d’illustration, dans l’épiphanie d’une science triomphante.

De surcroît, ces discours relient les partages visés au défaut contemporain de la « transmission », expliquant les rapports conflictuels avec les jeunes générations (Z, etc.), lesquels sont mis au compte des portables, des écrans, etc., sous forme « d’absence de culture ». Ils vantent alors l’invention de supports un peu magiques, dans des expositions, afin de reconstituer communication et transfert entre les un·es et les autres.

C’est ainsi que l’objectif Arts & Sciences, du moins la formule, passe pour modèle de la reconstitution de liens entre des activités séparées. Pour autant ces « liens » ne sont pas pensés, dans la mesure où le fait de pousser Arts & Sciences à se côtoyer n’est pas lier ; le fait de renouer avec une utilisation des arts par les sciences ou l’inverse, n’est pas non plus un lien ; le fait d’invoquer des formules anciennes plus ou moins justifiées ne peut avoir cette fonction, etc. Quoique nombre de colloques reposent sur des notions qu’il aurait fallu étudier, ainsi, au-delà des colloques de Pontivy ou de Cerisy, ces lieux permettant de « penser ensemble ». Un exemple ancien :

Des formes de subalternité 

En réalité, de quoi héritons-nous ? Certes, une exploration minimale indique bien l’existence d’un certain nombre de problèmes que les auteurs de Raison Présente reprennent, aussi bien à partir des arts (les artistes : Yann Toma, Edwige Armand, Francesco Caruana…) qu’à partir des sciences (les chercheurs : Moreno Andreatta, Marc-Williams Debono…). Cela étant, ils ne sont sans doute pas aussi aisés à récuser qu’on le croit. Au demeurant, quelques philosophes, depuis longtemps déjà, se méfient des séparations caricaturales pourtant réellement entretenues dans notre culture. Par exemple :

Friedrich von Schiller, qui déteste les coupures inutiles, ne cesse de souligner que le double défaut de ces dernières, en matière d’art et de science, réside dans la formule traditionnelle (déjà à son époque) par laquelle l’art est seulement au service des sciences, sous le prétexte que les sciences représentent un culture plus élevée, et/ou dans la formule inverse par laquelle les sciences sont placées très en-dessous de l’art, en muant les sciences en servante de l’art [2].

G.W.F. Hegel quelques années plus tard, très exactement en 1818, dans son Cours d’Esthétique, condamne les scientifiques qui croient que l’art se contenterait de revivifier la sécheresse du concept, prétexte pour le mettre à leur service (sous forme d’illustration). En cela, il témoigne de la présence dans les doctrines de l’époque de la vieille opposition de l’artiste – et de la nécessité de lui « apporter » le savoir –, et de la froideur du savant dédaignant le sensible. Opposition qu’il récuse.

En somme la subalternité, arts/sciences dans notre cas, dans quelque sens qu’elle se produise, tient à la fois à une forme de culture, à ses institutions et à ses croyances. Cette forme cependant est instable, ce qu’il importe de relever, car cela rend possible des transformations. D’abord, elle n’est justement pas unilatérale, elle joue sur une inversion potentielle :

Ou bien le scientifique dans ses exposés ou ses travaux prend appui sur une œuvre d’art comprise comme simple image-reflet de son travail ; le scientifique au mieux commente l’image ;
Ou bien l’artiste se règle sur sa compréhension du texte du scientifique sous forme de représentation, et son image ou sa peinture est renvoyée au projet de visibiliser des connaissances.

Dans ces cas, il y a subordination même si elle change de sens. Mais surtout, ce changement de sens empêche les doctrines de se croire uniques.

De surcroît, l’instabilité envahit d’autres domaines, au point que l’art, classiquement sous forme d’image, passe soit pour une analogie, soit pour plus évidente et pédagogique que les mots. Elle illustre mais n’a pas d’autonomie. Elle se fait simple esthétisation ou vulgarisation ludique des connaissances scientifiques, dans laquelle les sciences se donnent pour une pédagogie du surplomb (de la vérité).

Une partie de ces réflexions s’autorise d’ailleurs du vocabulaire de l’esthétique et/ou de la connaissance, mais elle le manipule en fabriquant une opposition essentielle entre ces deux notions. Elle fabrique l’opposition : art = esthétique = représentation, et sciences = concept = vérité, afin d’identifier des disciplines, mais en les figeant dans des limites/frontières. Nulle part n’est faite au jeu qui peut construire ou déconstruire les oppositions, en rendant sa vivacité aux recherches des deux côtés. Ce que cependant font les auteurs de ce numéro de Raison Présente. Et que, en ce qui concerne le temps présent, on évitera de simplifier en les recouvrant du terme « postmoderne », compte tenu des difficultés d’usage de ce dernier vocable.

Enfin, insistons encore, on oublie que La Science, sauf dans le scientisme, n’existe pas comme un fait immuable ! Nous sommes confrontés à une histoire des sciences et des pratiques expérimentales plutôt que de La Science. De même, L’Art n’existe qu’au travers des mythes de la page blanche et de la création. Ces deux termes correspondent au mieux à des stéréotypes sociaux normatifs, à des règles préjugées. Cela a abouti à des rapports extérieurs entre arts et sciences. Le plus souvent à des sciences pour lesquelles les arts, sous forme d’images, sont instrumentalisés : des tableaux sur les savants (l’artiste en assurant la gloire), des représentations des instruments scientifiques (l’artiste rendant hommage à la technique), des mises en figures à des fins « pédagogiques » de résultats scientifiques, des instruments scientifiques artialisés (des valeurs esthétiques adviennent au savoir), des emprunts sur lesquels Walter Benjamin insistait déjà en 1939 [3].

Le recours transcendantal

Ces éléments appellent à réviser nos formules trop rapidement construites, et nos projets de réconciliation arts et sciences, voire nos perspectives d’unité.

Encore ne pouvons-nous négliger deux autres voies les concernant, celles du transcendant et du transcendantal, c’est-à-dire celles de penser l’unité entre arts et sciences comme imposée ou fomentée par une puissance extérieure, Dieu ou l’esprit humain.

Effectivement, ce type de raisonnement existe, et se trouve parfois utilisé, qu’on y adhère ou non.

Deux mots sur le recours transcendant à une divinité, au demeurant puisée dans les religions du Livre ou non, voire simplement dans une croyance mystique. Il consiste à indiquer que Dieu, ou un dieu ayant tout créé, a donné naissance à toutes les activités également. Elles seraient toutes de même valeur, et juxtaposées. L’organisation de liens entre elles relèveraient de ce Dieu, ou devrait s’exécuter à partir de la croyance en une unité du monde grâce à lui. D’où le problème de l’agencement ou de l’unification prend la tournure d’un recours extérieur, alors que, depuis le début de cet article, nous nous attachons à saisir des relations interdiscursives et immanentes aux domaines en question.

La version transcendantale est plus intéressante. Ce vocabulaire tient à Immanuel Kant, et contourne tout recours transcendant. Il consiste à postuler des structures profondes de l’esprit humain qui se sont instituées – originairement, mais il existe aussi des postulations historiques – pour faire jouer un même fonctionnement dans des pratiques différentes, délimitées par l’arpenteur moderne. Cet arpenteur a découpé, – c’est le sens du mot « critique » (tracer des frontières) – des terrains, mesuré des actions, et légitimé deux ou plusieurs législations (ici, l’esthétique et la théorie scientifique), des coloris différents, des rhétoriques séparées et nécessaires. Dans sa capacité à assigner des portions de terrain à quelqu’un, une profession, etc., il a cependant déployé l’autonomie des œuvres arts et sciences, répétons, l’autonomie, donc pas l’indépendance.

Ainsi les conditions de possibilité déterminées par l’esprit humain tracent un champ de déterminations qui rend compte de proximités opérationnelles. Ainsi arts et sciences seraient d’une certaine manière déjà reliables, avant qu’une unité effectivement naisse par le travail des un(e)s et des autres. Cela donnerait lieu à des règles admissibles de fonctionnement réciproque et définirait des points d’application valides.

Quoi qu’il en soit de ce type de propos, il n’a heureusement pas empêché, même bien avant l’élaboration de problématiques « interdisciplinaires », la mise en place de champs de parole élargis, conçus et vécus comme indispensables par des artistes, des scientifiques et des philosophes, ainsi qu’en rappelle l’existence François Dosse, dans son article de la revue, à propos de l’exposition Les Immatériaux (1985), et d’objets élaborés ou interrogés. Ils se caractérisent par des régimes de pensée immanents à des pratiques confrontées arts et sciences en chaque chercheur·euse et entre chercheur·euses. Ils et elles s’accordent alors sur la nécessaire interrogation de la diversité des modes d’approche du monde, sur l’essentielle ouverture contrôlée à la transversalité – y compris leur propre transversalité. S’iels ont chacun des affinités avec la démarche de co-construction Arts & Sciences, iels la légitiment différemment : par des veines philosophiques, toutes en tension et en polémiques fructueuses, notamment dans des institutions à cette destination (ici sans évoquer notamment Polytech Dijon (Université de Bourgogne Europe), et le travail de Jean-Christophe Nourisson) :

Des formes de co-construction et de transformation culturelle

D’une manière ou d’une autre, la rencontre entre l’artiste et le/la chercheur-euse créé un espace de co-construction et de recherche à la frontière mobile de deux mondes, ou de deux communautés de pratiques et d’institutions qui, elles, peuvent figer les choses. Ce type d’espace à la frontière, cet entre-deux qui conduit à une redéfinition des règles, des normes et des identités, sans doute posées par l’arpenteur moderne, est central dans l’optique Arts & Sciences, mais non moins décisif dans nos sociétés, qu’on le qualifie d’état liminaire en anthropologie, d’espace de cohabitation en sociologie, de jeu social nécessaire en politique, etc. D’où l’on comprend aussi pourquoi nous avons précisé en tête de réflexion qu’il ne fallait pas mépriser les propos du sens commun, dans la mesure où le lien implicite qu’il veut valoriser entre arts et sciences, il en fait un témoin socio-politique.

Les questions sous-jacentes à ces pensées, auxquelles il importe de répondre notamment au cœur de toute formation du public, cependant sont les suivantes :

Pourquoi avons-nous fini par penser établies une fois pour toutes des disciplines comme territoires séparés, alors que l’origine de ces territoires n’est pas naturelle mais historique ?
Pourquoi les pensons-nous souvent sous des abstractions, des essentialisations : L’Art et La Science ? Pourquoi le rapport ainsi entre art et science est-il pensé par des artistes et des savants, ainsi que par le public sous forme de divertissement – illustration scientifique ou science articisée – plutôt que comme dynamique de culture ?
Ne risque-t-on pas une réification des actions réciproques potentielles et la pétrification des sujets récepteurs (le public) ?
Ne risquons-nous pas aussi d’en faire un nouveau domaine spécialisé, avec des modèles fixes ?
Afin de sortir des pensées classificatoires, du schème cognitif de la catégorisation du réel, faut-il pour autant inventer des fictions dans lesquelles les êtres, les choses et les disciplines ne sont plus considérés de cette manière, pour que chacun·e – ici, artistes et savant·es – accepte de se concevoir comme cohabitant d’un monde partagé, appelé par conséquent à questionner les cloisonnements et à valoriser les interactions ?
Dans quelle mesure des modèles de penser du type réseau, rhizome ou hybridation peuvent-ils donner corps à un archipel Arts & Sciences en rapport avec un collectif social et politique vivant ?

C’est bien là une dimension culturelle centrale que nous avons choisi de renvoyer à l’idée de coconstruction (dans tous les cas), et donc aussi à la dimension de l’éducation artistique et culturelles (EAC).

Effectivement, pour qu’un tel archipel Arts & Sciences ait lieu, non seulement dans des pratiques entre artistes et scientifiques, mais encore dans les esprits et l’esprit public, il faut encore que la hiérarchie entre les « disciplines » en question (les arts, les sciences) ait été transformée ou le soit dans les travaux présentés sous ce titre. Or, dans ce qui, de nos jours, se donne pour Arts & Sciences, ne trouvons-nous pas encore trop de perspectives qui ne décollent pas d’une conception représentative des arts d’un côté (les arts illustrent les sciences) et une conception positiviste des sciences de l’autre (les sciences sont au somment de la hiérarchie), voire une conception encore romantique (les arts sont plus profonds que les sciences) ? Quand on n’invoque pas les anciens cabinets de curiosités. C’est évidemment faire fi des démarches artistiques et scientifiques contemporaines qui ne valorisent plus les mêmes sujets, les mêmes techniques, les mêmes relations qu’autrefois.

Notes

[1cf. Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet

[2Autoportrait, Paris, Klincksieck, 2004, p. 35

[3in L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, (version 1939, Paris, Gallimard, 2000). Ou à des arts qui parodient les sciences.

Voir en ligne : www.christianruby.net