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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>De la photographie du cadavre &#224; l'&#233;ternit&#233; virtuelle 2/5</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ir&#232;ne Jonas</dc:creator>


		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les rites fun&#233;raires ob&#233;issent &#224; deux logiques principales, celle qui consiste &#224; &#171; retenir &#187; le mort parmi les vivants et celle qui consiste &#224; venir dire que l'on s'en s&#233;pare.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2824-9d00f.jpg?1772390498' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les rites fun&#233;raires ob&#233;issent &#224; deux logiques principales, celle qui consiste &#224; &#171; retenir &#187; le mort parmi les vivants et celle qui consiste &#224; venir dire que l'on s'en s&#233;pare *.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu de la ritualit&#233; fun&#233;raire est de transformer le d&#233;c&#233;d&#233; en un d&#233;funt et de faire place au d&#233;funt en ritualisant cette s&#233;paration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Baudry, opus cit&#233;, p. 21&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le premier usage de la photographie &#224; la base de rituels fun&#232;bres, fut de reproduire un clich&#233; du mort, r&#233;alis&#233; de son vivant, afin de le joindre aux courriers familiaux, &#224; la notice n&#233;crologique, de pr&#233;senter celle-ci lors de la c&#233;r&#233;monie ou encore apr&#232;s l'enterrement de la disposer, avec la photographie, dans un coin de la maison, sous un cadre tendu d'un ruban de cr&#234;pe noir garni de fleurs, monument miniature et domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faire-part de d&#233;c&#232;s, souvent accompagn&#233; d'une photographie prise lors du vivant de la personne, est con&#231;u pour donner &#224; celui qui le re&#231;oit des informations essentielles : l'annonce de la mort et la pr&#233;sentation de la famille, des informations secondaires relatives au c&#233;r&#233;monial et, &#233;ventuellement, des informations compl&#233;mentaires concernant le d&#233;funt ou la cause du d&#233;c&#232;s. Il est envoy&#233; &#224; tous les amis et connaissances du d&#233;funt pour les tenir au courant de sa disparition, mais aussi pour leur fournir les informations n&#233;cessaires concernant la date et le lieu des obs&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3-46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/3-46-e5b08.jpg?1772486328' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;La tradition des avis de d&#233;c&#232;s (annunci funebri) placard&#233;s dans les rues, Italie.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Ir&#232;ne Jonas - Agence r&#233;v&#233;lateur
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En quoi diff&#232;re l'annonce de la mort sur un r&#233;seau social ? Les r&#233;seaux sociaux sont des mani&#232;res de garder du lien avec la personne. On y rend visible une partie de notre vie. Toutefois, comme le rappellent plusieurs articles dont celui de Sophie P&#232;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie P&#232;ne, Facebook mort ou vif, Questions de communication, 19/2011.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , la mort repr&#233;sente une part infime des th&#232;mes explicites des messages sur les r&#233;seaux sociaux. Bien qu'anciens et nouveaux faire-part disent tous deux le vide laiss&#233; par la perte, &#233;voque et/ou &#233;nonce les causes de la mort, le post sur Facebook perd la vocation de convier ses &#171; ami.es facebook &#187; &#224; la c&#233;r&#233;monie pour se limiter &#224; l'annonce du d&#233;c&#232;s. Par ailleurs, si les faire-part de d&#233;c&#232;s c&#233;l&#233;braient le culte de la famille, dans le sens o&#249; la famille rassembl&#233;e annon&#231;ait la mort de l'un des siens, et semblait mettre en sc&#232;ne sa coh&#233;sion et sa puissance face au reste de la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gabrielle Petitdemange, &#171; Les faire-part de d&#233;c&#232;s. Un autre langage du deuil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur Facebook, c'est l'individu seul, voire esseul&#233;, qui informe ses &#171; ami.es-Facebook &#187; de la mort d'un.e proche. &lt;i&gt;&#171; L'annonce du d&#233;c&#232;s de ma s&#339;ur sur facebook, avec une des rares photos o&#249; nous sommes toutes les trois, &#233;tait fait pour la communaut&#233; Facebook, amis et coll&#232;gues&#8230; Je lui fais une place dans l'historique de mon fil Facebook parce que j'y mets des &#233;tapes de ma vie et je ne pouvais pas faire comme si ma s&#339;ur n'&#233;tait pas morte. Je ne voulais pas &#234;tre plainte mais j'ai eu une inondation de condol&#233;ances &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si dans les deux cas sont annonc&#233;s le lien de parent&#233; avec le ou la disparu.e, &#233;ventuellement les causes de la mort, les &#233;motions ressenties par celle ou celui qui poste l'annonce du d&#233;c&#232;s ont une place particuli&#232;re sur les r&#233;seaux sociaux qu'elles n'avaient pas dans le faire-part. La photographie, souvent issue d'un album de photo, montre la personne d&#233;c&#233;d&#233;e avec la personne qui publie le post explicitant le lien mais aussi l'affection qui les unissaient : &lt;i&gt;&#171; Ma maman nous a quitt&#233;s aujourd'hui, j'ai eu la chance de la ch&#233;rir pendant 60 ans !!! &#187;&lt;/i&gt;. L'annonce de la mort sur les r&#233;seaux sociaux avec la pr&#233;sentation d'une photographie post-mortem reste extr&#234;mement rare. Le choix de Louise Rafkin de partager une photo de sa m&#232;re sur son lit de mort sur les r&#233;seaux sociaux pour annoncer sa mort a donn&#233; lieu &#224; un article dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, ce post ayant suscit&#233; de nombreux commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre nouveaut&#233; li&#233;e au r&#233;seaux sociaux, l'annonce du d&#233;c&#232;s sur la page facebook du disparu. Une &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fanny Georges, Virginie Julliard. Profilopraxie et apposition des stigmates (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui s'int&#233;resse au remplacement de l'image de profil montre qu'elle t&#233;moigne d'un changement de perspective tant au niveau photographique qu'&#233;nonciatif. On glisse ainsi d'une photographie que le d&#233;funt avait choisie pour la remplacer par une image, souvent choisie par un ou des proches, qui rende au mieux hommage au disparu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'annonce du d&#233;c&#232;s d&#233;passe la sph&#232;re de la famille et des proches pour s'&#233;tendre aux &#171; amis-Facebook &#187;, seuls les morts anonymes semblent &#234;tre encore davantage invisibilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26945 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/image_14_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/image_14_-10da3.jpg?1772485675' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Samy Ait Chikh
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Baudry, opus cit&#233;, p. 21&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sophie P&#232;ne, Facebook mort ou vif, &lt;i&gt;Questions de communication&lt;/i&gt;, 19/2011. &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/2617&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/questionsdecommunication/2617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gabrielle Petitdemange, &#171; Les faire-part de d&#233;c&#232;s. Un autre langage du deuil ? &#187;, in &lt;i&gt;Revue des Sciences Sociales&lt;/i&gt;, n&#176;31, 2003, p. 218-224.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fanny Georges, Virginie Julliard. Profilopraxie et apposition des stigmates de la mort : comment les proches transforment-ils la page Facebook d'un d&#233;funt pour la post&#233;rit&#233; ?. L&#237;nguas e Instrumentos Lingu&#237;sticos (Br&#233;sil), 2016, 37, pp.231-256. hal-01575175&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Accompagnement par l'association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes (MSMA) lors de l'inhumation d'une d&#233;funte anonyme. &#169; SAMY AIT CHIKH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(*) Louis-Vincent Thomas (1985), opus cit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chim&#232;re</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Chimere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Chimere</guid>
		<dc:date>2025-11-02T11:35:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>transhumanisme</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>
		<dc:subject>conscience </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parall&#232;lement au libertarianisme et &#224; l'ultralib&#233;ralisme, une &#171; pseudo Am&#233;rique &#187; a engendr&#233; deux autres monstres qui contaminent le monde. Denis Schmite poursuit son exploration du prom&#233;th&#233;en contemporain, de l'humain au transhumain au posthumain. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le papier peint avec lequel les hommes de science ont recouvert le monde de la r&#233;alit&#233; tombe en lambeaux... La beaut&#233;, cette beaut&#233; f&#233;line qui nous tient par les couilles en Am&#233;rique, est finie. Pour sonder la nouvelle r&#233;alit&#233;, il est d'abord (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/conscience" rel="tag"&gt;conscience &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2754-d4515.jpg?1772240718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parall&#232;lement au libertarianisme et &#224; l'ultralib&#233;ralisme, une &#171; pseudo Am&#233;rique &#187; a engendr&#233; deux autres monstres qui contaminent le monde. Denis Schmite poursuit son exploration du prom&#233;th&#233;en contemporain, de l'humain au transhumain au posthumain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1024px-fontana_del_bacchino__boboli__valerio_cioli_03_fontana_del_bacchino_boboli_valerio_cioli_03.jpg-ccby2_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/1024px-fontana_del_bacchino__boboli__valerio_cioli_03_fontana_del_bacchino_boboli_valerio_cioli_03.jpg-ccby2_5-ae636.jpg?1760473932' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fontana del Bacchino (Boboli), Valerio Cioli, CCby2.5.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le papier peint avec lequel les hommes de science ont recouvert le monde de la r&#233;alit&#233; tombe en lambeaux... La beaut&#233;, cette beaut&#233; f&#233;line qui nous tient par les couilles en Am&#233;rique, est finie. Pour sonder la nouvelle r&#233;alit&#233;, il est d'abord n&#233;cessaire de d&#233;monter les tuyaux, de d&#233;brider les conduites gangren&#233;es qui composent le syst&#232;me g&#233;nito-urinaire par o&#249; s'&#233;coulent les excr&#233;tions de l'Art... Les tuyaux sont obstru&#233;s par des embryons &#233;trangl&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henry Miller, Tropique du Cancer, 1934, &#201;ditions Deno&#235;l 1945, Traduction : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;Henry Miller&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
En guise d'illustrations de ces quelques paroles proph&#233;tiques d'Henry Miller extirp&#233;es de son &lt;i&gt;Tropique du Cancer&lt;/i&gt; on pourrait retenir la belle image d'une gracieuse chim&#232;re mise en sc&#232;ne par Matthew Barney dans son &lt;i&gt;Cremaster 3&lt;/i&gt;, mi-femme mi-l&#233;opard ici, mais parfois femme aux jambes de cristal ou bien d'acier, Aimee Mullins, superbe cr&#233;ature transhumaine transcend&#233;e par un artiste transhumaniste, si ce n'est post. &lt;i&gt;&#171; Un grand adepte de l'hybridation homme/machine, Barney, et de l'hybridation tout court. Les mutants et les cyborgs peuplent son monde fait de mythologie &#233;gyptienne, de rites shinto&#239;stes, de l&#233;gendes celtiques, d'industrie automobile d'antan, de chasse &#224; la baleine et de m&#233;tamorphoses, de magicien-performer prodige et de joueur de football dot&#233; de rotules en plastique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mon texte &#171; Spirales &#187; dans lequel je parle de Matthew Barney et de son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et puis, un blasto&#239;de tachet&#233; de couleurs phosphorescentes pour bien montrer les lign&#233;es cellulaires impliqu&#233;es, donc un pseudo embryon possiblement transg&#233;nique concoct&#233; par la Biom&#233;decine et le G&#233;nie g&#233;n&#233;tique. Quant &#224; &#171; l'Am&#233;rique &#187; et &#224; ses attributs, l'image ci-dessus repr&#233;sente assez bien cela. Dysmorphisme et infatuation ! En fait, la face hideuse d'une certaine population ! Et Miller, plus loin, dans ce qui pourrait &#234;tre une conclusion : &lt;i&gt;&#171; Il (faut) garder l'Am&#233;rique, toujours &#224; l'arri&#232;re-plan, une sorte de gravure carte postale, que l'on regarde dans ses moments de faiblesse [...]. &#199;a n'existe pas l'Am&#233;rique ! C'est un nom qu'on donne &#224; une id&#233;e abstraite... &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, bien que n'existant pas, l'Am&#233;rique va se trouver une fois encore au c&#339;ur du probl&#232;me. D'abord pourquoi n'existe-t-elle pas l'Am&#233;rique ? L'Am&#233;rique existe en tant que continent et non pas en tant que pays, or c'est d'un pays dont parle Henry Miller et plus pr&#233;cis&#233;ment d'une &#171; id&#233;e abstraite &#187;, d'un fantasme de pays pour les gens du Monde, en particulier pour les &#171; Am&#233;ricains &#187;. Le terme d'&#233;tats unis ne peut &#234;tre lui non plus accapar&#233; par une seule nation puisque sur le continent Am&#233;rique une majorit&#233; de pays, gigantesques au demeurant, au nord et au sud, ont cr&#233;&#233; une union d'&#233;tats. Par cons&#233;quent, le terme &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#231;a ne peut en aucune mani&#232;re qualifier un seul pays ou alors &#224; peu pr&#232;s tous, Canada, Mexique, Br&#233;sil, Argentine, Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon ! Quel est le probl&#232;me &#233;voqu&#233; ? Rong&#233;e par le prom&#233;th&#233;isme doctrinal, id&#233;ologique si on pr&#233;f&#232;re, cette pseudo Am&#233;rique a g&#233;n&#233;r&#233;, apr&#232;s ou parall&#232;lement au libertarianisme et &#224; l'ultralib&#233;ralisme, deux autres monstres, le transhumanisme et le posthumanisme, cellules oncog&#232;nes qui l&#224; encore vont m&#233;tastaser dans le monde entier car c'est bien de cancer dont il s'agit ici, toute la plan&#232;te s'&#233;tant concentr&#233;e sous son tropique. Concernant le transhumanisme les choses se sont install&#233;es sans brutalit&#233; aucune mais dans un rapide glissement, le plus souvent par consentement, parfois sur demande, d'&#224; peu pr&#232;s tous, sauf les sous-aliment&#233;s, les d&#233;nutris, les populations en zone de guerre, un tr&#232;s gros tiers de l'humanit&#233; exclus quand m&#234;me, le smartphone, eh oui ! un sixi&#232;me ou septi&#232;me sens mais surtout un parfait traqueur de l'individu globalis&#233;, les soins esth&#233;tiques, dont la chirurgie ainsi que les proth&#232;ses non strictement r&#233;paratrices, le sport, de comp&#233;tition ou non, qui sous-entend le dopage, le bodybuilding et ses mol&#233;cules diverses et vari&#233;es, les psychostimulants l&#233;gaux ou ill&#233;gaux, la procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e avec fertilisation en laboratoire, d&#233;sir et tendresse, et bien d'autres trucs encore.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/hq720.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/hq720-05e7a.jpg?1772204380' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est imparfait de par son corps et de par son esprit et il faut donc l'am&#233;liorer. Un certain nombre de philosophes, dont ceux de l'Universit&#233; Libre de Bruxelles qui ont dirig&#233; la belle &lt;i&gt;Encyclop&#233;die du transhumanisme et du posthumanisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Hottois, J.N. Missa et L. Perbal (dir.) - Encyclop&#233;die du tranhumanisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;voque, &#224; propos du transhumanisme, &lt;i&gt;&#171; un progressisme prom&#233;th&#233;en d'am&#233;lioration de la nature humaine par la technologie &#187;&lt;/i&gt;, une &lt;i&gt;&#171; utopie technoscientifique &#187;&lt;/i&gt; qui s'appuie sur &lt;i&gt;&#171; les progr&#232;s de la biom&#233;decine &#187;&lt;/i&gt;. La biom&#233;decine ne veut pas dire une m&#233;decine sans herbicide mais une m&#233;decine qui int&#232;gre les savoirs et les m&#233;thodes de la biologie, de la chimie et de la physique, donc une m&#233;decine hybride. On parlera par la suite beaucoup d'hybridation par rapport au sujet scientifique, comme de glissement ou de dilution. Pr&#233;cis&#233;ment, il y a une &lt;i&gt;&#171; dilution [progressive] des fronti&#232;res entre la m&#233;decine th&#233;rapeutique [ou curative] et la m&#233;decine d'am&#233;lioration [de l'humain] &#187;&lt;/i&gt;. En &#171; Am&#233;rique &#187; on parle de &#171; Human Enhancement &#187;. Il s'agit de &#171; transcender &#187; l'&#234;tre humain, d'o&#249; le slogan programmatique &lt;i&gt;&#171; Living longer, healthier, smarter and happier &#187;&lt;/i&gt;, vivre plus longtemps, en meilleure sant&#233;, plus intelligent et plus heureux. Dans une publication intitul&#233;e &#171; Au-del&#224; du th&#233;rapeutique... &#187;, le Comit&#233; d'&#233;thique am&#233;ricain pr&#233;sente &lt;i&gt;&#171; le human enhancement comme une sorte de prolongement naturel de l'activit&#233; m&#233;dicale &#187;&lt;/i&gt; avec comme objectif le bonheur, tandis que plus directement, dans un rapport prospectif, la National Science Foundation et le Department of Commerce affirme qu'il faut promouvoir &lt;i&gt;&#171; les innovations am&#233;liorant la performance des individus, agents &#233;conomiques &#187;&lt;/i&gt; pour la sauvegarde du leadership des &lt;i&gt;&#171; &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Sloterdijk, homme du &lt;i&gt;&#171; Remords... &#187;&lt;/i&gt; duquel il sera bient&#244;t question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peter Sloterdjik - Le Remords de Prom&#233;th&#233;e duquel il sera question dans mon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Gilbert Hottois et J&#233;r&#244;me Gaffette, donnent le nom d'anthropotechnique, ou d'anthropotechnie, aux techniques de &lt;i&gt;&#171; transformation extra-m&#233;dicale de l'&#234;tre humain par intervention sur son corps &#187;&lt;/i&gt;. On parle de &#171; M&#233;decine m&#233;liorative &#187; sans &#171; a &#187;, une m&#233;decine qui utilise des m&#233;dicaments nouveaux et des techniques th&#233;rapeutiques tout aussi nouvelles &#224; des fins curatives certes, mais aussi pour augmenter les capacit&#233;s humaines que ce soit l'intelligence et la force, pour am&#233;liorer l'apparence et r&#233;orienter les &#233;motions, par des psychotropes, avec comme objectif LE BONHEUR... et aussi gagner de l'argent mais &#231;a ce n'est jamais dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains qui partagent ce d&#233;sir d'am&#233;liorer, voire de transcender, l'humain iront jusqu'&#224; d&#233;clarer que &lt;i&gt;&#171; le transhumanisme doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un prolongement de l'humanisme des Lumi&#232;res &#187;&lt;/i&gt; et consid&#232;rent qu'ils font un usage &#171; rationnel &#187; des biotechnologies et des technosciences en g&#233;n&#233;ral. On notera que cette revendication de l'h&#233;ritage des Lumi&#232;res va &#224; l'encontre de la position du courant postmoderne regroupant &#224; peu pr&#232;s tous les philosophes fran&#231;ais de la seconde moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, Lyotard, Derrida, Deleuze, Foucault, et qui stigmatisait ce que le premier appelait les m&#233;tar&#233;cits, en gros les id&#233;ologies et utopies, dont il rejetait la faute aux Lumi&#232;res. Par contre ce courant adorait les technosciences, particuli&#232;rement Lyotard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, il y a beaucoup d'id&#233;es dans tout ceci, un trop-plein, mais y en a-t-il de vraiment belles des id&#233;es ? Henry Miller affirme que &lt;i&gt;&#171; l'esth&#233;tique de l'id&#233;e produit des pots de fleurs, et les pots de fleurs on les met sur la fen&#234;tre. Mais s'il n'y a pas de soleil ni de pluie, &#224; quoi bon mettre les pots de fleurs sur la fen&#234;tre ? &#187;&lt;/i&gt; Tout le probl&#232;me est l&#224; : y a-t-il encore des sources de vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; trans &#187; n'est que transitoire. Ainsi le philosophe et bio&#233;thicien John Harris va d&#233;clarer que le Saint Graal de l'am&#233;lioration est l'immortalit&#233;, &lt;i&gt;&#171; The Holy Grail of Enhancement is Immortality &#187;&lt;/i&gt;. L&#224;, le glissement du transhumanisme au posthumanisme va &#234;tre brutal, mais sans qu'on ait cherch&#233; &#224; le voir arriver. Il ne s'agit plus d'am&#233;liorer mais d'op&#233;rer une transformation &#171; biophysique &#187; de l'Homme en mobilisant toutes les technosciences, biom&#233;decine, g&#233;n&#233;tique, neurosciences, nanotechnologies, informatique, ainsi que toutes les recherches dans des domaines connexes comme la robotique, la biologie de synth&#232;se et l'intelligence artificielle. Dans le m&#234;me temps on en profite pour moderniser le vocabulaire et parler de &#171; Sciences et technologies convergentes &#187; ou bien encore de NBIC pour nanotechnologies, biom&#233;decine, informatique, sciences cognitives. En fait hybridation &#224; tous les &#233;tages ! Tout est dans tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nanotechnologies en voil&#224; un sujet int&#233;ressant et contemporain ! Des nanoparticules on en trouve partout, textiles antitaches et anti-transpiration, b&#233;ton, peintures et verres autonettoyants, cr&#232;mes solaires et cosm&#233;tiques, aliments, m&#233;dicaments etc. etc. et elles posent plein de probl&#232;mes de sant&#233; parce qu'elles s'accumulent dans nos organismes y compris dans nos cerveaux, parce qu'elles forcent toutes les barri&#232;res biologiques. Le nanom&#232;tre repr&#233;sente un milliardi&#232;me de m&#232;tre. La taille d'une bact&#233;rie est de mille nanom&#232;tres tandis que celle d'un virus est de dix nanom&#232;tres. On parle de nanoparticule pour tout objet d'une taille inf&#233;rieure &#224; cent nanom&#232;tres, mais souvent c'est 1,5 nanom&#232;tre, une quinzaine d'atomes. A cette &#233;chelle, la physique qui s'applique est la m&#233;canique quantique et les propri&#233;t&#233;s des mat&#233;riaux, physique, chimique, biologique, &#233;lectromagn&#233;tique, sont diff&#233;rentes de ce qu'elles sont &#224; l'&#233;chelle courante. Aussi pour travailler avec les nanoparticules, les trier et les assembler, il a fallu cr&#233;er un nouvel outil, le microscope &#224; effet tunnel, effet quantique bien connu des physiciens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'effet tunnel permet &#224; une particule de franchir une barri&#232;re de potentiel, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'un des mat&#233;riaux les plus int&#233;ressants, en particulier pour les militaires, c'est le nanotube de carbone, beaucoup plus l&#233;ger et infiniment plus r&#233;sistant que l'acier mais extr&#234;mement toxique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biologie de synth&#232;se, ou ing&#233;nierie du vivant, ou g&#233;nie biologique, marche la main dans la main avec le g&#233;nie g&#233;n&#233;tique et travaille notamment avec des polym&#232;res pris dans la nature ou artificiels, pour cr&#233;er de nouvelles mol&#233;cules, voire m&#234;me de nouvelles cellules dot&#233;es de g&#233;nomes synth&#233;tiques. Les d&#233;clarations sont toujours vertueuses, prot&#233;ger l'environnement, collaborer &#224; l'industrie de pointe, aider la m&#233;decine bien s&#251;r, par exemple v&#233;hiculer au moyen de navettes synth&#233;tiques guid&#233;es par des peptides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un peptide est un polym&#232;re d'acides amin&#233;s, l'argile avec lequel sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la chimioth&#233;rapie au c&#339;ur m&#234;me des tumeurs canc&#233;reuses puis les faire exploser au moyen des rayons ionisants de la radioth&#233;rapie pour une parfaite diffusion de la chimio dans la tumeur, mais on doit aussi, et entre autres, &#224; ces deux &#171; g&#233;nies &#187; la fabrication par transgen&#232;se des fameux OGM, organismes g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, et pas mal d'autres choses inqui&#233;tantes. L'outil CRISPR-Cas9, ciseaux g&#233;n&#233;tiques ou bistouri g&#233;n&#233;tique, comme on voudra, trouve ici son plein usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques-uns, pas n&#233;cessairement des antiprogressistes, en sont arriv&#233;s &#224; consid&#233;rer les nanotechnologies, le g&#233;nie g&#233;n&#233;tique, la biologie de synth&#232;se, et l'&#233;nergie nucl&#233;aire, comme &#233;tant les quatre cavaliers de l'apocalypse, l'intelligence artificielle en constituant in&#233;luctablement un cinqui&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4cavaliers.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH697/4cavaliers-0f203.jpg?1760473932' width='500' height='697' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les quatre cavaliers de l'Apocalypse, Arbrecht D&#252;rer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;entre 1498 et 1511
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Evgeny Morozov, un &#171; Am&#233;ricain &#187; comme son nom ne l'indique pas, mais surtout historien des sciences, sp&#233;cialiste du num&#233;rique et de ses implications sociales et politiques, raconte l'histoire d'un psychiatre hippie passionn&#233; de cybern&#233;tique, Warren Brodey, et &#224; travers celui-ci le tournant pris par la recherche en intelligence artificielle, c'est-&#224;-dire le passage de l'id&#233;e d'am&#233;lioration de l'humain &#224; celle d'augmentation de l'humain. &#192; l'instar d'un certain nombre de cybern&#233;ticiens de l'&#233;poque, Brodey voyait autour de lui &lt;i&gt;&#171; un gigantesque gisement d'intelligence, humaine, cr&#233;ative, impr&#233;visible, et po&#233;tique &#187;&lt;/i&gt; et se d&#233;fiait comme de la peste de l'IA et de ses d&#233;fenseurs dogmatiques. Il &#233;tait l'un des promoteurs, ardent, d'une v&#233;ritable &#171; philosophie de la cybern&#233;tique &#187;, &#224; savoir qu'&#224; partir d'une approche transdisciplinaire on devrait comprendre l'intelligence humaine tout comme les process industriels ou la machinerie soci&#233;tale. Il s'agissait pour lui, pour eux, de cr&#233;er des outils qui stimulent cette intelligence naturelle tout en la mettant en harmonie avec son environnement tout aussi naturel. Tout en travaillant &#224; la mise au point de son utopie humaniste et &#233;cologique au sein du MIT, Brodey se voyait entour&#233; de jeunes math&#233;maticiens et informaticiens, brillants et fougueux, qui cherchaient &#224; cr&#233;er pour le Pentagone et le complexe militaro-industriel l'IA de demain. Il a fini par quitter le MIT duquel il avait toujours refus&#233; une titularisation tout comme il avait rejet&#233; tout financement venant du Pentagone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Evgeny Morozov, &#171; Une autre intelligence artificielle est possible &#187; in Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, plein de nouveaux mat&#233;riaux, plein de nouveaux outils, plein de nouvelles techniques bourr&#233;es de vertus mais tr&#232;s fragiles ces vertus, pour reconstruire l'Homme, un &#171; work in progress &#187;, comme on dit en &#171; Am&#233;rique &#187;, fabriquer l'Homme nouveau, comme on a dit ailleurs, &lt;i&gt;&#171; un processus de perfectibilit&#233; continue &#187;&lt;/i&gt;, un chantier prom&#233;th&#233;en duquel Prom&#233;th&#233;e ne saurait &#234;tre tenu pour responsable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/stelarc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH765/stelarc-fb734.jpg?1772204380' width='500' height='765' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et on va se confronter une nouvelle fois au fantasme nourri par l'homme prom&#233;th&#233;en tel que saisi par Fran&#231;ois Flahault, celui d'autoengendrement et d'indestructibilit&#233;, expressions du virilisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;tour d'une phrase, le professeur Edith Heard l'a dit &lt;i&gt;&#171; et nous, &#233;chos indignes, allons derri&#232;re [elle] tout bas le r&#233;p&#233;tant &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edith Heard est g&#233;n&#233;ticienne, directrice g&#233;n&#233;rale du Laboratoire europ&#233;en de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la reproduction sexu&#233;e a un co&#251;t, celui qui se reproduit ne transmettant qu'une partie de son g&#233;nome. La reproduction non sexu&#233;e autorise la transmission de la totalit&#233; d'un g&#233;nome mais elle ne peut se faire que par clonage, en gros par introduction d'un noyau cellulaire au stade de la blastula, noyau qui contient le dit g&#233;nome, dans un ovocyte &#233;nucl&#233;&#233;. Mais &#171; l'ectogen&#232;se &#187; n'est pas chose ais&#233;e quand m&#234;me. Il faut implanter l'embryon ou le f&#339;tus dans un ut&#233;rus artificiel et c'est l&#224; que &#231;a se complique parce qu'il est tr&#232;s difficile, et bien plus encore, de reproduire le liquide amniotique que produit un ut&#233;rus naturel. On parle de &#171; technologie du choix germinal &#187; qui recouvre aussi la possibilit&#233; de modifier le patrimoine g&#233;n&#233;tique de l'enfant &#224; venir. Enfant sur catalogue ! Design du Vivant ! Voil&#224; ! Mais tout ceci &#171; peut &#187; aller beaucoup plus loin, comme on va le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cette obsession d'augmenter consid&#233;rablement les capacit&#233;s cognitives, m&#233;moire et intellect, au moyen de nano-implants dans le cerveau, et il est dit que l'un des titans de la Silicon Valley se targue d'y avoir recouru lui-m&#234;me &#224; ces implants c&#233;r&#233;braux. Beaucoup d'espoirs sont plac&#233;s dans les nanotechnologies, pour la cr&#233;ation d'interfaces homme-machine par exemple, un autre fantasme sans doute mais avec certaines applications probablement d&#233;j&#224; test&#233;es au niveau militaire puisque c'est de l'arm&#233;e &#171; am&#233;ricaine &#187; que toujours d&#233;pend la cr&#233;ativit&#233; des hommes de ce pays. Il ne faut jamais oublier qu'en deux cent cinquante ann&#233;es d'existence, &#171; l'Am&#233;rique &#187; a employ&#233; deux cent vingt-six ann&#233;es &#224; la guerre et &#224; des interventions ext&#233;rieures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un certain Ray Kurtzweil, non pas &#171; Am&#233;ricain &#187; mais Australien, futurologue de son &#233;tat et amoureux des technosciences, annonce l'&#233;mergence &#171; prochaine &#187; d'une &#171; singularit&#233; technologique &#187;, &#171; singularit&#233; &#187; &#233;tant un terme emprunt&#233; &#224; l'astrophysique et qui signifie &#224; peu pr&#232;s &#171; l'infini &#187;, en l'occurrence d'une intelligence non-biologique &#171; infiniment &#187; plus performante que l'intelligence humaine, un milliard de fois avance-t-il, &#224; telle point qu'elle pourrait &#233;voluer seule et rapidement concevoir puis donner naissance &#224; des machines encore plus intelligentes affirment d'autres technophiles. Kurtzweil, lui, entrevoit un processus en trois &#233;tapes. La parfaite mod&#233;lisation informatique d'un cerveau humain, puis le d&#233;veloppement exponentiel de l'informatique domestique, acc&#233;l&#233;ration de la loi de Moore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ou les &#171; lois &#187; de Moore sont des appr&#233;ciations bas&#233;es sur des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un superordinateur pour la famiille, enfin la fusion de l'intelligence artificielle et du contenu d'un cerveau humain, hybridation, chim&#232;re, avec &#224; terme l'&#233;mergence de ladite singularit&#233;, la supr&#234;me intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, bien plus qu'un glissement c'est un v&#233;ritable d&#233;rapage qu'op&#232;re le posthumanisme, un d&#233;rapage dans la d&#233;raison, vers une humanit&#233; non-biologique, vers une intelligence totalement artificielle mais dot&#233;e d'une conscience nouvelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nombre de ces gens-l&#224;, les posthumanistes, la Mort n'est donc qu'un probl&#232;me technologique &#224; r&#233;soudre. Ceci peut se faire en deux &#233;tapes. La premi&#232;re est d&#233;j&#224; largement amorc&#233;e par la convergence des technologies du Vivant, ou biotechnologies, avec les nanosciences, les technologies de l'information et les sciences cognitives, donc en activant les NBIC et en transcendant les formes actuelles de l'humain, en le remodelant et en prolongeant sa vie. Certains osent dire que l'homme qui vivra mille ans est d&#233;j&#224; n&#233; MAIS... la Mort reste encore au bout du chemin. Syndrome de Gilgamesh. La seconde, en rapprochant la robotique et l'IA et en t&#233;l&#233;chargeant le contenu du cerveau de l'homme dans une machine intelligente, serait une mani&#232;re de lui donner l'immortalit&#233; en le d&#233;barrassant d&#233;finitivement de son corps toujours p&#233;rissable malgr&#233; les changements d'organes rendus possibles. Av&#232;nement du nouveau Prom&#233;th&#233;e en abattant la fronti&#232;re entre l'humain et le non-humain ! MAIS... la partie non humaine serait en mesure de se rebeller et d'imposer son autonomie. La singularit&#233;, absolument non biologique ! Fin de l'humain ! Aboutissement des technosciences ou d&#233;lire science-fictionnel ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH575/denis-b08a0.jpg?1760473932' width='500' height='575' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La &#171; Mosa&#239;que du Triomphe &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;montage de Denis Schmite
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de mat&#233;riaux nouveaux, vivants ou inertes, de technologies puissantes et possiblement d&#233;viantes ainsi que de sciences fortement hybrid&#233;es, sollicite l'Art bien s&#251;r au point de cr&#233;er un courant r&#233;ellement avant-gardiste, qu'on a d&#233;j&#224; effleur&#233; avec le &#171; Prometheus Delivered &#187; de Thomas Feuerstein, le BIO-ART. Culture de cellules et de tissus organiques, clonage, mutations g&#233;n&#233;tiques et transgen&#232;se, fusion du biologique, des polym&#232;res synth&#233;tiques et de l'informatique, et bien d'autres choses encore. Les bio-artistes questionnent sans cesse la Science, taquinent la Philosophie, se contrefoutent des bien-pensants et des th&#233;ologiens de tous poils, et ils ne demandent rien &#224; la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral et &#224; ses politiciens en particulier, enfin &#224; l'inverse de beaucoup d'autres ils sont toujours passionnants et m&#234;me parfois amusants. Tout ce qu'ils font c'est d&#233;velopper des recherches en travaillant la mati&#232;re vivante, en collaborant &#233;troitement avec les scientifiques, dans la qu&#234;te sans fin d'une esth&#233;tique in&#233;dite, et en se proposant comme &#171; des &#233;veilleurs de consciences &#187;, &#224; l'oppos&#233; cette fois-ci des scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ch_1_v6i34e.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH602/ch_1_v6i34e-99493.jpg?1760473932' width='500' height='602' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La &#171; Bio-mosa&#239;que &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;montage de Denis Schmite
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une vaste d&#233;pendance du palais de la grande pr&#234;tresse libertarienne et transhumaniste version ga&#239;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ga&#239;anisme (Ga&#239;a, la terre dans la mythologie grecque) est un courant &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sorte de turgescence scrofuleuse dress&#233;e par Gehry, le palais pas la grande pr&#234;tresse, celle qui s'emploie &#224; arracher de son coutelas d'argent le c&#339;ur de diamant de la &#171; pure &#187; cit&#233; d'Arles, la grande pr&#234;tresse pas la turgescence, Pierre Huyghe a momentan&#233;ment pos&#233; une installation complexe pr&#233;tendument faite pour frapper d'effroi le visiteur ou, pour le moins, le plonger dans un bain ins&#233;cure, un espace de m&#233;ditation voulu tr&#232;s inconfortable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une semi-p&#233;nombre, quelques larges &#233;crans diffusent les images, d&#233;form&#233;es mais tr&#232;s belles, que l'on dit puis&#233;es dans le cerveau de personnes auxquelles on aurait donn&#233; quelques th&#232;mes &#224; malaxer, &#339;uvres d'art ou organismes vivants, par exemple. On aurait ainsi capt&#233; les flux neuronaux de ces personnes par &#233;lectroenc&#233;phalogramme ou au moyen d'&#233;lectrodes implant&#233;es dans certaines r&#233;gions du cortex et on les aurait d&#233;cod&#233;s dans un ordinateur, c'est ce qu'on appelle &#171; l'interface neuronale directe &#187;. Et puis, une &#171; intelligence artificielle &#187; aurait lu tout &#231;a et aurait reconstitu&#233; les images n&#233;es dans la t&#234;te des gens avant de les envoyer sur les &#233;crans, mais pas n'importe comment. Ces images d&#233;filent souvent tr&#232;s vite car elles suivent le rythme de prolif&#233;ration de cellules canc&#233;reuses contenues dans des incubateurs. On notera que beaucoup de bio-artistes utilisent les cellules canc&#233;reuses qui exercent sur eux une v&#233;ritable fascination car, non soumises &#224; l'apoptose, mort cellulaire programm&#233;e, elles sont consid&#233;r&#233;es comme &#233;tant immortelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a recouvert le sol de cette sorte de hangar-&#233;table d'une &#233;paisse couche de terre sur laquelle on a d&#233;pos&#233; des fourmili&#232;res grouillantes et des art&#233;facts biod&#233;gradables faits de r&#233;sine synth&#233;tique et de mati&#232;res organiques qui ressemblent furieusement &#224; certaines images projet&#233;es, tandis qu'aux poutres m&#233;talliques sont suspendus des nids d'abeilles appel&#233;es &#224; virevolter. L&#224;-dedans tout est en interaction et rien n'est fait pour durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; et la r&#233;alit&#233; ? Dystopie et impermanence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas tenus de croire tout ou partie de cet &lt;i&gt;&#171; After Uunwelt &#187;&lt;/i&gt; franchement posthumaniste car Pierre Huyghe est dot&#233; d'un imaginaire d&#233;bordant et, qui plus est, c'est un merveilleux conteur d'histoires improbables, toute impr&#233;gn&#233;es qu'elles sont de croyances enfantines, de fables anciennes ou modernes, de bestiaires pseudo-fantastiques, de fantasmes d'adulte, et d'univers multiples paradoxalement proches, d'une hybridation de tout ceci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; et la r&#233;alit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, il n'y a pas de r&#233;alit&#233;, elle n'existe pas, tout comme la v&#233;rit&#233; du reste. Il n'y a que des illusions, des images, des chim&#232;res, si ce n'est la souffrance, la douleur, la peine, la col&#232;re inflig&#233;es par les illusions des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henry Miller a compris ce discours et de commenter : &lt;i&gt;&#171; Oh ! apr&#232;s tout, ce sont l&#224; pens&#233;es nocturnes provoqu&#233;es par une promenade sous la pluie apr&#232;s deux mille ans de Christianisme &#187;&lt;/i&gt;.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22886 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/71jspjneb7l__uf1000_1000_ql80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/71jspjneb7l__uf1000_1000_ql80_-a903d.jpg?1760473932' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; suivre&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Miller, &lt;i&gt;Tropique du Cancer&lt;/i&gt;, 1934, &#201;ditions Deno&#235;l 1945, Traduction : Henri Fluch&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mon texte &#171; Spirales &#187; dans lequel je parle de Matthew Barney et de son ascension par l'ext&#233;rieur de la rampe du Guggenheim Museum de Central Park dans le &lt;i&gt;Cremaster 3&lt;/i&gt; et de sa rencontre avec Aimee Mullins, tant&#244;t femme l&#233;opard, tant&#244;t femme aux jambes de cristal. Aimee Mullins est une athl&#232;te handisport, un mannequin et une actrice.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G. Hottois, J.N. Missa et L. Perbal (dir.) - Encyclop&#233;die du tranhumanisme et du posthumanisme (Librairie Philosophique J. VRIN, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Peter Sloterdjik - Le Remords de Prom&#233;th&#233;e duquel il sera question dans mon texte &#171; Arationalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'effet tunnel permet &#224; une particule de franchir une barri&#232;re de potentiel, pour faire simple de passer au travers d'un obstacle plut&#244;t que passer au-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un peptide est un polym&#232;re d'acides amin&#233;s, l'argile avec lequel sont fa&#231;onn&#233;s les prot&#233;ines (voir &#171; Conscience &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Evgeny Morozov, &#171; Une autre intelligence artificielle est possible &#187; in &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; n&#176;845, Ao&#251;t 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Edith Heard est g&#233;n&#233;ticienne, directrice g&#233;n&#233;rale du Laboratoire europ&#233;en de biologie mol&#233;culaire, titulaire de la chaire &#171; &#201;pig&#233;n&#233;tique et m&#233;moire cellulaire &#187; au Coll&#232;ge de France, membre de l'Acad&#233;mie des sciences, m&#233;daille d'or du CNRS en 2024. C'est une sp&#233;cialiste de l'inactivation du chromosome X. Et puis il y a cette r&#233;miniscence enfantine d'un tr&#232;s court po&#232;me d'Alexandre Dumas &#171; Le po&#232;te l'a dit et nous &#233;chos indignes allons derri&#232;re lui tout bas le r&#233;p&#233;tant l'Angleterre est un nid de cygnes au milieu d'un immense &#233;tang &#187;. Edith Heard est d'origine britannique et c'est un hommage que je lui rends.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La ou les &#171; lois &#187; de Moore sont des appr&#233;ciations bas&#233;es sur des constatations de l'&#233;volution du mat&#233;riel informatique en termes de puissance et de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le ga&#239;anisme (Ga&#239;a, la terre dans la mythologie grecque) est un courant &#171; &#233;cologiste &#187; du transhumanisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>No&#235;l Ravaud</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Noel-Ravaud</link>
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		<dc:date>2025-07-27T15:45:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Christophe Nourisson</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>performance</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Artiste, plasticien, performeur, vid&#233;aste, photographe, po&#232;te, cr&#233;ateur de revue, No&#235;l Ravaud &#233;tire les tentacules de son &#339;uvre dans les m&#233;andres de ton cerveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'une ann&#233;e s'est &#233;coul&#233;e depuis la disparition de ce vertigineux artiste. Sauvage et raffin&#233;, anarchiste et profond&#233;ment farceur, pauvre parce qu'incorruptible au regard de l'&#233;conoma capitaliste, il laisse en rade une &#339;uvre d'une fondamentale importance pour l'art en France entre 1990 &#224; 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais amorc&#233; un texte sur l'une de ses expositions en 2018 &#224; Marseille. Je le livre ici, dans le contre-temps de l'inactuel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2721-7ff44.jpg?1772188272' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Artiste, plasticien, performeur, vid&#233;aste, photographe, po&#232;te, cr&#233;ateur de revue, No&#235;l Ravaud &#233;tire les tentacules de son &#339;uvre dans les m&#233;andres de ton cerveau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus d'une ann&#233;e s'est &#233;coul&#233;e depuis la disparition de ce vertigineux artiste. Sauvage et raffin&#233;, anarchiste et profond&#233;ment farceur, pauvre parce qu'incorruptible au regard de l'&#233;conoma capitaliste, il laisse en rade une &#339;uvre d'une fondamentale importance pour l'art en France entre 1990 &#224; 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais amorc&#233; un texte sur l'une de ses expositions en 2018 &#224; Marseille. Je le livre ici, dans le contre-temps de l'inactuel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comme il est tr&#232;s probable que l'on va crever, on se rendra compte que c'&#233;tait une vie, simplement au moment o&#249; l'on cr&#232;ve. Fin de la vie. Fin du po&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;i&gt;Robert Filliou&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'art comme semi-conducteur &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait tenter des carottages en pied de mur ou d'effleurement &#224; la surface de semi-conducteur dont la propri&#233;t&#233; passant de la valence &#224; la conduction nous permettrait de tenter une transcription chaotique de cet engagement suffocant. Ce dont on ne pourrait douter, c'est que la rencontre avec les ouvrages de No&#235;l Ravaud ne laisserait pas de r&#233;pit. Ce serait la premi&#232;re impression perceptible &#224; la d&#233;couverte de l'installation pr&#233;sent&#233;e &#224; la galerie GT &#224; Marseille en mai 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenue, &#224; la s&#233;ance de &lt;i&gt;curling&lt;/i&gt; collectif, expos&#233;e sur les 3 murs et le sol de la galerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante-cinq dessins imprim&#233;s sur papier photo furent s&#233;lectionn&#233;s sur l'ensemble des 353 existants le jour du vernissage. Ils sont expos&#233;s sous l'&#233;nigmatique titre : &lt;strong&gt;pendant 365 jours j'ai le m&#234;me &#226;ge que Mary Shelley &#224; sa mort.&lt;/strong&gt; Les dessins sont color&#233;s et encadr&#233;s, install&#233;s sur le mur selon une logique qui nous &#233;chappe mais qui respecte l'orthogonalit&#233; du format. La dispersion des &#339;uvres m&#233;nage des respirations. Quatre photo-images de la s&#233;rie &lt;strong&gt;je me souviens&lt;/strong&gt; sont align&#233;s et une &lt;strong&gt;Chronologie de Mary Shelley jusqu'en 1962&lt;/strong&gt; est manuscrite &#224; raz de sol comme une bande passante. 8 &lt;strong&gt;lignes de confidentialit&#233;&lt;/strong&gt; soit : des planchettes de bois imprim&#233; et d&#233;pos&#233;es au sol ; deux livrets (mode d'emploi/cartel) dont on pouvait manifestement se saisir sont accroch&#233;s avec des chaines &#224; un poteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des temps, des espaces, des m&#233;moires lointaines et imm&#233;diates qui s'enchev&#234;trent. Il y aurait des parall&#232;les &#224; faire avec les feuillets glac&#233;s servant de support aux plong&#233;es mondaines de No&#235;l Ravaud. Il faudrait ainsi se pencher sur le blanc d'une banquise pour faire venir &#224; soi les profondeurs sans horizons des mondes enfouis, ce serait l&#224; une tache r&#233;clamant opini&#226;tret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22664 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/noel_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH355/noel_2-e5a73.jpg?1751392402' width='500' height='355' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez No&#235;l Ravaud les &#171; dessins &#187; recouvrent des photo-montages, des impressions augment&#233;es d'&#233;criture, rehauss&#233;s, tous produits en tirage num&#233;rique couleur et fabriqu&#233;s avec une patinante souris d'ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier coup d'&#339;il la ligne est souvent tremblante, souvent interrompue. On reconnait de multiples figures qui cohabitent dans une m&#234;me composition : cr&#233;atures informes, rhizomes, formes anthropomorphes, corps morcel&#233;s, proth&#232;ses, animaux, monstres, machines, objets, arbres, fleurs, &#233;pluchures ou encore vers de terre... Les inserts photographiques font surgir : homme - singe - veau - vache - cochon - carcasse - mort ou vif... C'est un &#171; presque tout &#187; du monde qui se trouve chaque fois convoqu&#233;. Nous assistons au broyage duchampien du riche et bicam&#233;ral &lt;i&gt;Paradis&lt;/i&gt; de Jan Brueghel (1607).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22665 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/noel_3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH359/noel_3-86965.png?1751392402' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le couple de &lt;i&gt;selfiwoman / selfiman,&lt;/i&gt; sorte d'Adam et Eve bio-politiquement modifi&#233;, expose-t-il fi&#232;rement l'un de leurs bras absurdement allong&#233; en perche &#224; selfie. &lt;i&gt;Parle &#224; ma main !&lt;/i&gt; &#8211; Oui, ma main-smartphone filtre d&#233;j&#224; ta parole. Plus loin les doigts marionnettes s'interpellent : &lt;i&gt;&#8211; Not a man &#8211; Not a woman.&lt;/i&gt; La greffe a prise, pas de retour &#224; la vie nue, &lt;i&gt;O.rganisme G.&#233;n&#233;tiquement M.odifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bio et Zo&#233;, souverainet&#233; et gouvernance, Foucault &#224; Buenos Aire en 75, Agamben et son Homo Sacer, a minima.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22666 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/noel_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH360/noel_4-76398.jpg?1751392402' width='500' height='360' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pas de sortie, de points de fuites, plut&#244;t une lat&#233;ralit&#233; hors cadre, une superposition de pellicules d&#233;notatives qui fabriquent un espace sans fond. Chaque apparition semblant surgir du chaos d'une ville o&#249; le reflet des enseignes se confondent avec la r&#233;alit&#233;. Si l'on accepte de franchir ce premier seuil, les &#339;uvres de No&#235;l Ravaud pr&#233;figureront une promenade en train fant&#244;me o&#249; nous ne serons pas surpris d'&#234;tre effray&#233;s. Cela tiendra &#224; la mutilation de la langue... &lt;i&gt;unnilingus, applOdissements...&lt;/i&gt; &#224; l'usage des devinettes... &lt;i&gt;chercher l'erreur, chercher l'anachronisme. &#192; la sentence... Dans les hangars d'Amazon l'ouvrier est le bras du logiciel, You're not her for sell attention / You're not her for pay attention&lt;/i&gt;. Les &#233;pigraphies semblent parfois nous prendre &#224; parti et d'autres fois se r&#233;v&#232;lent autot&#233;liques. L'invention de figure chim&#233;rique comme un monstre &#224; cinq t&#234;tes ou la duplication &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; d'une m&#234;me figure reproduite avec un l&#233;ger coefficient d'erreur (d'art) domine. Ce qui s'anime l&#224;, devant ces dessins, serait proche de ce que les meilleures &#339;uvres peuvent proposer, capacit&#233; &#224; provoquer la curiosit&#233;, l'interrogation, la perplexit&#233;. Dans cet entre-deux incertain se joue ce quelque chose d'essentiel de l'art sans que jamais on ne puisse r&#233;ellement le nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent autocollantes, les &lt;i&gt;lignes de confidentialit&#233;&lt;/i&gt; apparues au-devant des guichets des services publics dans les ann&#233;es 2010 norment l'espace, elles organisent le d&#233;placement et r&#233;duisent le contact des corps. Ici, elles sont imprim&#233;es sur des planchettes d&#233;pos&#233;es au sol et manifestement expos&#233;e &#224; la merci des visiteurs. Ces &#171; tr&#233;buchets &#187; convoquent l'attention joueuse, tant leur mobile incongruit&#233; vient d&#233;placer lat&#233;ralement les rep&#232;res. Les &lt;i&gt;lignes de confidentialit&#233;&lt;/i&gt; de No&#235;l Ravaud &#233;voquent plut&#244;t l'accident. Engageant au sens propre les exp&#233;rimentateurs - lecteurs - performeurs dans la chute. Cette proposition, v&#233;ritable &lt;i&gt;Blitz&lt;/i&gt; po&#233;tique, joue avec les limites de l'art de la performance. La suggestion transgressive d'une inqui&#233;tante dr&#244;lerie est patente. Cette &#339;uvre &#233;tait pr&#233;monitoire d'une glissade soci&#233;tale vers la bio-gouvernance, dont l'interm&#232;de Covid a d&#233;finitivement act&#233; l'effectivit&#233;. Elle renverse en rire sardonique, le pathos d'une intimit&#233; enchain&#233; aux injonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je me souviens de Bruce Nauman plantant un bon piquet de coin,&lt;/strong&gt; la l&#233;gende, &#233;crite &#224; m&#234;me l'image, qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre de Bruce Nauman &lt;i&gt;Setting a Good Corner&lt;/i&gt; (2000), figure une antenne relais plant&#233;e en d&#233;sert proven&#231;al. Pass&#233; ma&#238;tre dans l'usage des parall&#232;les disjonctifs, l'artiste nous entraine dans des constellations r&#233;flexives. Nous identifions l'&#233;tranget&#233; des perceptions supportant les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;manents. Elles rel&#232;vent ici, d'une discussion in/amicale avec des &#339;uvres, d'une situation trouv&#233;e qui, comme ce parapluie abandonn&#233; pourrait &#233;voquer la sculpture &lt;i&gt;Maman&lt;/i&gt; (1999) de Louise Bourgeois. Mais la l&#233;gende disorthographique, &lt;strong&gt;Je me souviens du souri de Louise Bourgeois,&lt;/strong&gt; coupe court &#224; la trivialit&#233; d'une simple citation. L'&#339;uvre vaut plut&#244;t comme le support d'un r&#233;cit plus vaste tel que l'utilisation de la photographie chez W.G. Sebald. La photographie ne valant pas pour elle-m&#234;me mais en tant que support d'une narration ne se substituant pas &#224; elle. C'est pr&#233;cis&#233;ment la fonction de la photographie, dans ce contexte, que de faire l'&#233;conomie de l'&#233;criture descriptive. D&#232;s lors, on l'aura compris, chacun des &#233;l&#233;ments de cette installation n'a valeur pleine et enti&#232;re que dans le cadre de ce projet &#233;tendu des 365 jours sous la tutelle mortelle de Mary Shelley.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/noel_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH777/noel_5-31e5a.jpg?1751392402' width='500' height='777' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ature du docteur Frankenstein se tient &#224; l'aff&#251;t derri&#232;re le grand verre. Ce loup-garou exp&#233;rimental revigor&#233; par les baquets de Mesmer fait surgir, sans s'y r&#233;duire, deux probl&#233;matiques qui traversent l'&#339;uvre de No&#235;l Ravaud : d'une part le versant, que l'on dit aujourd'hui transhumaniste, aliment&#233; par la &#171; croyance &#187; en le progr&#232;s, sur lequel les cyniques r&#233;citants de la Silicon Valley continuent de sp&#233;culer ; d'autre part l'exp&#233;rience rat&#233;e du philanthropique docteur fait appara&#238;tre la figure de l'exclu, du migrant, du banni. Difficile de poser une parabole plus compl&#232;te du monde contemporain. La r&#233;surgence de la cr&#233;ature fictionnalise l'&#233;tat des corps biopolitiques comme condition de la gouvernance. Nous sommes tous des cr&#233;atures, abim&#233;es ou augment&#233;es par la technique, mais ce que les transhumanistes veulent &#233;carter, c'est la vuln&#233;rabilit&#233;, en folie d'immortalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des innombrables dessins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Machine c&#233;libataire ou &#224; tuer : comme faux, pic, lance, trident, casse-t&#234;te ou actualit&#233; permanente d'une toujours probl&#233;matique guerre du P&#233;loponn&#232;se. Guerre : comme abattoir, vaporisateur, bombardier, temp&#234;te du d&#233;sert et Bambiland. Mais aussi sadomasochiste machine &#224; c&#226;lins de Mary Temple Grandin en apart&#233; du troublant visage embarqu&#233; de Greta Thunberg. Autistes hypersensibles &#224; l'animal souffrant, auquel certains vaniteux pensent &#233;chapper. Heureux tout de m&#234;me que cela se termine parfois par le bref rappel d'une temp&#234;te emportant yacht et h&#233;licopt&#232;re en voyage sans retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lignes trac&#233;es au crayon photoshop d'une machine &#224; coudre, &lt;i&gt;Un souvenir d'enfance&lt;/i&gt;, titre &#233;ponyme de l'essai de &lt;i&gt;Sigmund Freud sur Leonardo da Vinci,&lt;/i&gt; tentent de rassembler les &#233;l&#233;ments disloqu&#233;s. L'artiste semble proc&#233;der &#224; un lent travail de montage, de reconnexion d'&#233;l&#233;ments &#233;parpill&#233;s, jet&#233;s &#224; la mer en attente d'une comparution sur divan. Apparition de d&#233;risoires jouets de plage &#224; laquelle s'accroche fermement les d&#233;rivants mis au ban des &#233;tats durablement install&#233;s dans l'exception. Dans la benne &#224; ordure parfois devenue oikos des bannis, il r&#233;cup&#232;re aussi les organes des corps mutil&#233;s sans contrepartie. Embarqu&#233; sur une vedette de sauvetage, No&#235;l Ravaud ram&#232;ne &#224; lui les restes abandonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/png/noel_6.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH368/noel_6-aa360.png?1751392402' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apparition fugace d'injonctions contradictoires Ignorer-supprimer-liker se superposant &#224; l'image d'un pendu, 2 fois &#171; Like &#187; &#224; outrance saturant l'espace. Cette &#339;uvre ne se prive de rien, il y a l&#224; jubilation cathartique, mode Western &#224; la Sam Peckinpah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e de cerveaux ennuy&#233;s et amus&#233;s par les brumes d'un interminable hiver, par le vide inqui&#233;tant d'une nature devenue presque irr&#233;m&#233;diablement distante, l'&#339;uvre de Mary Shelley irrigue une chambre de r&#233;sonance dont la m&#233;moire vive n'a d&#233;lib&#233;r&#233;ment rien &#224; voir avec l'automatisme normatif des &#034;Intelligences&#034; artificielles. Ce dont il est question, est bien un &lt;i&gt;ce qui sauve,&lt;/i&gt; pas toujours tr&#232;s agr&#233;able, mais dont la n&#233;cessit&#233; fait loi de l'art. Sauver donc, ces petits oiseaux, petits singes de laboratoire, vache &#224; hublots et champ&#234;tres fleurettes, qui sous l'air tendre de la captation &#233;motionnelle, interpellent notre approche indiff&#233;rente &#224; la modification du vivant. On se souviendra &#224; ce titre de travaux ant&#233;rieurs de l'artiste autours des, d&#233;j&#224; dat&#233;s, jouets num&#233;riques que furent les tamagochis, ces doublures virtuelles des empathies niaiseuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/noel_7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH342/noel_7-96cda.jpg?1751392402' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme un lac tumultueux d&#233;bordant de toute part, l'exposition engageait jeu de langue et d'anus, tenu dans la distance transgressive et inacceptable de la v&#233;rit&#233; de l'art. Il est toujours hasardeux de proposer quelques parall&#232;les, de tracer des g&#233;n&#233;alogies. Je peux n&#233;anmoins tenter d'imaginer le fil des voix qui arriv&#232;rent dans le Poitou natal &#224; l'oreille et aux yeux de l'artiste au d&#233;but des ann&#233;es 1980, celle des conjonctions d&#233;tonantes de musiques punks et savantes. Le fant&#244;me de Raoul Hausmann dans l'indiff&#233;rence de Limoges ou de Robert Filliou aux Eysies. Jeux de l'art et hurlement. Plus tard, sur un fil tordu qui jamais ne s'arr&#234;ta, il faudra &#233;pingler Mike Kelley, Paul Mac Carthy ou Jason Rhodes. &lt;i&gt;All over&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;Fucking Bastard&lt;/i&gt; pris dans l'urgence d'un n&#233;cessaire massacre &#224; la tron&#231;onneuse. Sans &#233;tonnement, la Rance cultiv&#233;e est en panique face &#224; de telles fulgurances. Les r&#233;flexes d&#233;fensifs des vieilles bourgeoisies ran&#231;aises et incultes dont la g&#233;n&#233;alogie ne fait, elle, aucun doute, sait se d&#233;ployer avec toute sa puissance de nuisance. Il n'y aurait donc aucun &#233;tonnement &#224; voir certaines &#339;uvres marginalis&#233;es. Les jeux d'ironies et d'humours sont appr&#233;ci&#233;s lorsqu'ils viennent du s&#233;rail. Jeux de mots de pr&#233;cieuses ridicules, sans effet autre que celui d'&#233;pater les gogos, mais cela fait tout de m&#234;me de prestigieuses carri&#232;res d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partagions la d&#233;jection des couleuvres am&#232;res. No&#235;l m'envoya une derni&#232;re image quelques heures avant que je n'apprenne sa disparition. La photographie verticale est prise en contre-plong&#233; &#224; l'angle de la terrasse du Palais des arts et de la rue des trois Mages &#224; Marseille. Une terrasse s'avance en promontoire, un cheval de bronze se cabre devant les passants qui remontent la rue. Un cheval ridicule qui ressemble &#224; un z&#232;bre. Le mur de sout&#232;nement socle majestueusement la sculpture et est recouvert de graffitis comme autant d'authentiques traces urbaines. L'&#339;il s'attarde sur les plus lisibles d'entre elles : SANG et FARCE. Cet amoncellement de signes spontan&#233;s en apparence loufoque convoque la tragi-com&#233;die du regard en qu&#234;te de sens, car l'art demeure un jeu &lt;i&gt;a la vida ! a la muerte !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/noel_8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/noel_8-9e288.jpg?1772188272' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sans doute est-ce ne pas trop insister que de dire, combien les &#339;uvres de No&#235;l Ravaud sous les atours emprunt&#233;s parfois au grotesque et au langage des ruelles obscures avaient ceci d'incisif, qu'elles ne concernaient rien de moins, que la vitalit&#233; des offrandes po&#233;tiques imm&#233;moriales et impertinentes insupportablement mises au rebut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.documentsdartistes.org/artistes/ravaud/repro.html" class="spip_out"&gt;https://www.documentsdartistes.org/...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &#169;Favret-Manez&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Illimitation</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Illimitation</link>
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		<dc:date>2025-03-31T08:34:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Reprise de la libre lecture du &#171; Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Flahault avec quelques &#233;chos musicaux du &#171; Prometeo. Tragedia dell'ascolto &#187; de Luigi Nono&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Mythologie" rel="tag"&gt;Mythologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH85/arton2652-467c4.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Reprise de la libre lecture du &#171; Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187; de Fran&#231;ois Flahault avec quelques &#233;chos musicaux du &#171; Prometeo. Tragedia dell'ascolto &#187; de Luigi Nono&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si l'ultralib&#233;ralisme puise dans les ressources que lui offre la plan&#232;te au risque de d&#233;grader le milieu de vie que celle-ci constitue, il puise &#233;galement dans le capital social et civilisationnelle des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles il se d&#233;ploie au risque de d&#233;t&#233;riorer les liens non marchands qui soutiennent l'existence humaine. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Gaia d'abord enfanta Ouranos &#233;toil&#233; elle enfanta les hautes montagnes aussi la mer st&#233;rile qui bout puis unie &#224; Ouranos Ok&#233;anos tourbillons profonds Koios et Krios et Hyp&#233;rion et Iap&#233;tos et Theia et Themis et Mnemosyne et Phoibe... &#233;coute... l'aimable T&#233;thys...le dernier qu'elle enfanta fut le subtil Kronos plus terrible des enfants... Iap&#233;tos &#233;pousa... l'Ok&#233;naide aux belles chevilles Klim&#233;n&#232;... elle enfanta... M&#233;noitios Epim&#233;theus Prometheus subtil alerte Ithax... &#233;coute... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luigi Nono, &#171; Prometeo &#187;, (extrait du prologue)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#339;uvre largement inspir&#233;e de la &#171; Th&#233;ogonie &#187; d'H&#233;siode &#8211; Ch&#339;ur et voix parl&#233;es.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L478xH570/photo02-72d46.jpg?1742661868' width='478' height='570' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Page d'un carnet de travail de Luigi Nono relative au prologue de son &#171; Prometeo &#187;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; les hommes &#233;ph&#233;m&#232;res... des larves de r&#234;ve... habitaient sous terre comme des fourmis... jusqu'&#224; ce que moi je leur montre l'aurore et le cr&#233;puscule &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; toi &#224; cette falaise immobile... tu fl&#233;triras dans les ardeurs du soleil... es-tu comme un nouveau seigneur envieux et impr&#233;visible... Prometheus cette esp&#233;rance se lib&#233;rer du dieu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[...] crois-tu ton feu tout puissant ? nommes-tu v&#233;rit&#233; cette &#233;troite clairi&#232;re ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de la premi&#232;re &#238;le du Prometeo inspir&#233; du &#171; Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e se pr&#233;occupe des hommes, c'est entendu... Il leur apporte le feu, donc les &#171; Arts &#187; au sens large que les Grecs anciens donnaient &#224; ce terme, c'est une certitude ! Mais ce feu suffit-il &#224; lui seul &#224; faire civilisation, et plus simplement soci&#233;t&#233; ? Le dieu du Christianisme, lui, donne aux hommes &lt;i&gt;&#171; une &#226;me raisonnable et immortelle &#187;&lt;/i&gt; et puis les hommes, pour des &#171; raisons &#187; pratiques, s'organisent en soci&#233;t&#233;, et &#231;a ce n'est pas vrai du tout parce que des formes de soci&#233;t&#233;s ont exist&#233; bien avant que les hommes soient compl&#232;tement des hommes, bien avant que le processus d'hominisation soit achev&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'homme est un animal social &#187;&lt;/i&gt;, enfin c'est ce qui a &#233;t&#233; dit, mais la soci&#233;t&#233; est-elle une fin en soi pour tous les hommes et... pour toutes les femmes ? &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; n'existe pas &#187;&lt;/i&gt; dira beaucoup beaucoup plus tard Margaret Thatcher, en embo&#238;tant gaillardement le pas &#224; Ayn Rand, l'id&#233;ologue en chef des ultralib&#233;raux &#233;tats-uniens. Toujours est-il qu'au Moyen &#194;ge tardif puis &#224; la premi&#232;re Renaissance certains, philosophes et th&#233;ologiens, consid&#233;raient que la d&#233;ch&#233;ance qui faisait suite au p&#233;ch&#233; originel, avait constitu&#233; une r&#233;elle opportunit&#233; de progr&#232;s et de connaissance et avait permis de reconsid&#233;rer le r&#244;le de Dieu, de le recr&#233;er en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant, Lucr&#232;ce revisitant les th&#232;ses d'&#201;picure, prolongateur des Atomistes, allait encore plus loin en prescrivant la qu&#234;te de savoir pour se d&#233;barrasser des mythes et de la superstition religieuse (4). Mais dans le polyth&#233;isme grec il n'y a pas de cr&#233;ateur. Ga&#239;a, la d&#233;esse m&#232;re de tous les immortels, jaillit de Chaos ou Faille, ab&#238;me certes mais aussi principe primordial. Du reste pour les philosophes grecs, enfin ceux qui se sont livr&#233;s &#224; ces superbes sp&#233;culations cosmologiques, je veux dire les Atomistes d&#233;j&#224; cit&#233;s, les Mil&#233;siens et surtout le sublime Anaxagore et son No&#251;s, principe premier de l'Univers ou intelligence universelle, l'inspirateur de Teilhard de Chardin pour sa noosph&#232;re, il n'est absolument pas question des dieux et donc pas de Prom&#233;th&#233;e.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Atomistes : Leucippe et D&#233;mocrite (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re). Mil&#233;siens : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Chr&#233;tiens Dieu est le cr&#233;ateur de toutes les choses, donc de la chose humaine, et pourtant pur esprit il lui a donn&#233; sa propre image &#224; lui, l'homme. Les philosophes et les th&#233;ologiens chr&#233;tiens, sujets pensants par excellence, abandonnent &#224; la masse des fid&#232;les la croyance en la vie &#233;ternelle, dans l'au-del&#224;, ainsi qu'en la Providence divine, r&#233;confort et protection si besoin est, et pour eux il va s'agir d'accro&#238;tre leur &lt;i&gt;&#171; parent&#233; avec Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Il ne s'agit plus de vie &#233;ternelle mais de &lt;i&gt;&#171; conna&#238;tre ce que Dieu connait &#187;&lt;/i&gt; et partant de se conna&#238;tre &#224; travers lui. &lt;i&gt;&#171; L'homme [monoth&#233;iste]&lt;/i&gt;, dit Fran&#231;ois Flahault, g&lt;i&gt;r&#226;ce au privil&#232;ge de la pens&#233;e qui l'apparente &#224; Dieu, a le pouvoir de retrouver ce que Dieu a pens&#233;. &#187;&lt;/i&gt; De fait, l'Homme a la volont&#233; d'acqu&#233;rir lui-m&#234;me une sorte de transcendance par rapport au Monde, en p&#233;n&#233;trant les lois de la Nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; d&#233;j&#224; l'entreb&#226;illement d'une porte vers l'Illimitation, avant la r&#233;surgence du mythe de Prom&#233;th&#233;e li&#233;e &#224; la red&#233;couverte des textes anciens, grecs et latins, avec la Renaissance. Ainsi, Henri Estienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henri Estienne (1531-1598).&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, imprimeur, humaniste et polyglotte, traducteur d'Eschyle, fait r&#233;solument de Prom&#233;th&#233;e le cr&#233;ateur d'Adam, et affirme que le feu qu'il a d&#233;rob&#233; au ciel n'est pas destin&#233; &#224; donner vie &#224; ce dernier &#8212; ou plut&#244;t &#224; ce premier, mais bien &#224; lui apporter toutes les techniques dont il pourra avoir besoin. Le feu est bien la pomme de la Connaissance. Reconna&#238;tre dans le condamn&#233; le bienfaiteur supr&#234;me, le r&#233;dempteur, c'est faire justice. Et les astronomes, &#224; la m&#234;me &#233;poque, de se lancer dans la compr&#233;hension, par l'observation et les calculs, cette fois-ci, de la m&#233;canique c&#233;leste &#8212; Tycho Brahe et son g&#233;o-h&#233;liocentrisme, puis Copernic et Kepler avec leur h&#233;liocentrisme, enfin Galil&#233;e avec son &lt;i&gt;&#171; &#233;criture math&#233;matique du livre de l'univers &#187; &lt;/i&gt; comme il disait. Les math&#233;matiques r&#233;v&#232;lent des causalit&#233;s qu'on ne soup&#231;onnait pas. Il y a un profond d&#233;sir de comprendre les choses c&#233;lestes mais probablement pas de prom&#233;th&#233;isme en t&#234;te ni d'hubris, &#224; l'instar des Grecs anciens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est remis en question ce n'est pas la transcendance mais le dogme &#171; cosmologique &#187; que repr&#233;sentent Aristote et Ptol&#233;m&#233;e, parce que davantage qu'insuffisant il est totalement erron&#233;, et c'est l&#224; une d&#233;marche passablement dangereuse face &#224; la broyeuse inquisitoriale. Toujours est-il, accro&#238;tre sa connaissance, d&#233;couvrir, c'est repousser les limites impos&#233;es par la Nature et la religion, compl&#233;ter et parfaire la construction du Soi.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L308xH238/photo03-08f57.jpg?1742661868' width='308' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ptol&#233;m&#233;e, G&#233;ocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22262 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L305xH244/photo04-93188.jpg?1742661868' width='305' height='244' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Tycho Brahe, G&#233;o-h&#233;liocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22263 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L304xH254/photo05-6c316.jpg?1742661868' width='304' height='254' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Copernic et Kepler, H&#233;liocentrisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;gravure du XVII&#7497; si&#232;cle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault d&#233;cerne &#224; la Science un r&#233;el pouvoir &#233;mancipateur par rapport &#224; la transcendance, mais le terme est peut-&#234;tre excessif pour l'&#233;poque, la Renaissance. Toujours est-il, au-del&#224; de la christianisation du mythe op&#233;r&#233;e par les philosophes et les th&#233;ologiens qui conduit &#224; reconsid&#233;rer la relation &#224; Dieu, en quelque sorte &#224; refa&#231;onner son image, &#224; le recr&#233;er, c'est le c&#244;t&#233; transgressif de Prom&#233;th&#233;e qui va en fasciner beaucoup, les Lumi&#232;res, les r&#233;volutionnaires, puis les Romantiques, puis les scientistes, puis les id&#233;ologues, puis les dictateurs, puis les &#233;conomistes, jusqu'aux affairistes et politiciens contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Romantiques r&#233;habiliteront les r&#233;prouv&#233;s, les d&#233;chus, Adam, Ca&#239;n, Lucifer, le porteur de lumi&#232;re que certains d'entre eux assimileront &#224; Prom&#233;th&#233;e. Ils esth&#233;tiseront le Prom&#233;th&#233;isme mais au fil du temps on glissera de ce prom&#233;th&#233;isme po&#233;tique, vers un prom&#233;th&#233;isme doctrinal pour lequel la soif de Justice et les aspirations artistiques ne seront plus du tout le moteur et ceci au profit de l'exigence d'Illimitation de l'homme m&#233;ritant, &#171; l'homme d'exception &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Flahault &#233;tablit une g&#233;n&#233;alogie d&#233;taill&#233;e et une analyse &#233;rudite de ce qu'il appelle &lt;i&gt;&#171; l'id&#233;al prom&#233;th&#233;en &#187;&lt;/i&gt;, puis il &#233;voquera le Robinson Cruso&#233; de Daniel Defoe et surtout il analysera l'&#339;uvre de Jules Verne dans laquelle les &#171; hommes d'exception &#187; pulluleront, N&#233;mo, Robur, Lidenbrock, Hatteras et quelques autres, tous personnages de d&#233;mesure baignant dans une &#233;paisse soupe scientiste. Enfin, il va s'attaquer au lib&#233;ralisme qui constamment dans la d&#233;mesure va rapidement devenir ultra, l'ultralib&#233;ralisme donc, accompagn&#233; dans sa soif de conqu&#234;te du Monde par un courant &#171; philosophique &#187;, l'objectivisme, qu'on finira par appeler libertarianisme, m&#234;me si ce qualificatif ne plait pas &#224; certains tenants dudit objectivisme. Il y est question de r&#233;alit&#233;, de raison et d'individualisme forcen&#233;. Et cette philosophie, c'est Ayn Rand, nom que s'est donn&#233; la fille d'un pharmacien de Saint-P&#233;tersbourg apr&#232;s s'&#234;tre r&#233;fugi&#233;e tr&#232;s jeune aux &#201;tats-Unis et qui, malgr&#233; une assez faible culture philosophique, l'a bricol&#233;e plus ou moins &#224; partir d'Aristote et largement propag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayn Rand &#233;tait passionn&#233;e de cin&#233;ma et dans un premier temps elle a &#233;crit des sc&#233;narios pour Hollywood. Puis viendront des romans dont deux seront rapidement des bestsellers aux &#201;tats-Unis, des compl&#233;ments de la Bible dit-on : &#171; Atlas Shruggled &#187;,(Atlas leva les &#233;paules) qu'elle appellera plus tard &#171; La gr&#232;ve &#187;, et surtout &#171; The Fountainhead &#187;, la source vive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport peut entretenir Ayn Rand avec Prom&#233;th&#233;e ? Qu'est-ce qui peut bien rattacher sa &#171; philosophie &#187; au Prom&#233;th&#233;isme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que d'origine juive, Alissa Rosenbaum, Ayn Rand, est profond&#233;ment ath&#233;e. La question de la toute-puissance de Dieu ne se pose donc pas pour elle. Il n'y a pas de transcendance &#224; contester ni &#224; renverser. En cela, elle se d&#233;marque de l'une de ses sources d'inspiration, Ralph Waldo Emerson, le p&#232;re du transcendantalisme am&#233;ricain, qui affirmait que l'individu cr&#233;ateur &lt;i&gt;&#171; partage l'existence autonome de la d&#233;it&#233; &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le transcendantisme, mouvement litt&#233;raire et philosophique, reprenant en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle fait dire &#224; Howard Roark, son h&#233;ros de &#171; The Fountainhead &#187; : &lt;i&gt;&#171; Le cr&#233;ateur ne sert rien ni personne. Il ne vit que pour lui-m&#234;me. Et c'est en vivant pour lui-m&#234;me que l'homme est capable de r&#233;aliser les &#339;uvres qui sont l'honneur de l'humanit&#233;... Le cr&#233;ateur vit pour son &#339;uvre... Son v&#233;ritable but est en lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici le cr&#233;ateur c'est Roark pas Dieu. Roark est l'homme prom&#233;th&#233;en, il cr&#233;e, mais c'est un Prom&#233;th&#233;e &#233;go&#239;ste, il ne cr&#233;&#233; que pour lui et si les autres s'&#233;merveillent de cette cr&#233;ation tant mieux mais ce n'est pas l'objectif. Comme l'indique Fran&#231;ois Flahault &lt;i&gt;&#171; il y a un droit naturel et souverain de l'individu &#187;&lt;/i&gt; et il ajoute &#224; propos de Roark que c'est le &lt;i&gt;&#171; type de g&#233;nie romantique, de l'artiste qui tire son &#339;uvre de son propre fond... se place au-dessus du commun des mortels &#187;&lt;/i&gt;. Prom&#233;th&#233;e qui n'est plus dieu demeure le mod&#232;le de l'homme d'exception, en l'occurrence l'architecte prodige Howard Roark, un rebelle, un insurg&#233; envers la soci&#233;t&#233;... L'homme prom&#233;th&#233;en !
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;104&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L466xH284/photo06-0a024.jpg?1742661868' width='466' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gary Cooper dans &#171; Le rebelle &#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;version cin&#233;matographique de &#171; The Fountainhead &#187;.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ayn Rand ne connaissait rien &#224; l'Art en g&#233;n&#233;ral et &#224; l'architecture en particulier, m&#234;me si certains avancent qu'elle aurait pu &#234;tre influenc&#233;e par la grande figure de Frank Lloyd Wright, mais elle a fait de son h&#233;ros un &#171; artiste romantique &#187; &#224; la virilit&#233; extr&#234;me et &#224; la sexualit&#233; violente qui rejette, voire m&#234;me cherche &#224; d&#233;truire, l'architecture europ&#233;enne car bourr&#233;e de fioritures classiques selon lui. Il veut r&#233;aliser &lt;i&gt;&#171; des buildings audacieux, modernes, am&#233;ricains &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aborder l'univers d'Ayn Rand, c'est plonger dans l'&#226;me noire de l'Am&#233;rique, ou plus pr&#233;cis&#233;ment des &#201;tats-Unis, c'est c&#244;toyer ses d&#233;mons. Et du point de vue d&#233;moniaque Roark, qui n'accepte aucune limite, va tr&#232;s loin. Il dynamite un immeuble qui vient d'&#234;tre achev&#233; parce qu'il estime qu'on a d&#233;tourn&#233; son projet, qu'on l'a d&#233;natur&#233; pour l'adapter au go&#251;t du public. Il lancera au tribunal pour sa d&#233;fense que &lt;i&gt;&#171; Les grands cr&#233;ateurs, les penseurs, les artiste, les savants, les inventeurs, se sont toujours dress&#233;s, solitaires, contre les hommes de leur temps &#187;&lt;/i&gt;. Il sera acquitt&#233; tout en ayant affich&#233; son m&#233;pris &#224; l'&#233;gard de ceux qui ne sont pas des hommes d'exception, les gens ordinaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques ann&#233;es sur une sc&#232;ne en Avignon, Ivo van Hove a donn&#233; une adaptation tr&#232;s fid&#232;le, dans ses outrances et sa crudit&#233;, de &#171; The Fountainhead &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence gentiment, rien de tonitruant, si ce n'est qu'on y &#233;voque un acte sexuel vif et forc&#233;, c'est dans le texte de Rand et pas dans le film de King Vidor, mais il y a de tr&#232;s belles d&#233;clarations au sujet de la libert&#233; auxquelles tout le monde ne peut que souscrire. On continue en durcissant progressivement le propos, le tout entrecoup&#233; de l'effeuillage d'une femme superbe, pour en finir avec un cr&#233;do libertarien tr&#232;s long et totalement insupportable dont les moments forts, hurlements du d&#233;sir &#171; d'exister librement &#187; sans aucune entrave ni contrainte pour l'homme d'exception, sont soulign&#233;s par les applaudissements des deux premiers rangs, les autres restant parfaitement silencieux car sous le choc de l'inacceptable. Tout le monde sort de la repr&#233;sentation les nerfs &#224; vif, sauf les deux premiers rangs, sans m&#234;me avoir salu&#233; les com&#233;diens, ni m&#234;me la femme superbe ce qui est terriblement injuste. &#171; The Fountainhead &#187; est de la pure propagande, nocive, o&#249; l'on proc&#232;de par glissement progressif du raisonnement (8). &lt;i&gt;&#171; Le prom&#233;th&#233;isme d'Ayn Rand donne tous les droits aux individus d'exception &#187; &lt;/i&gt; r&#233;sume Fran&#231;ois Flahault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'&#233;conomistes &#233;tats-uniens, conduits par Ludwig von Mises et son &#233;l&#232;ve Friedrich von Hayek, ont reconnu tr&#232;s t&#244;t Ayn Rand et sa philosophie objectiviste en ce qu'elle &#233;tait porteuse des m&#234;mes valeurs que celles qu'ils d&#233;fendaient &#224; savoir &lt;i&gt;&#171; le droit naturel et souverain de l'individu &#187; &lt;/i&gt; face au collectif, la libert&#233; d'entreprendre et le mot d'ordre &lt;i&gt;&#171; laissez faire &#187;&lt;/i&gt;. Seul l'individu est r&#233;el et rationnel. Il se doit d'&#234;tre &#233;go&#239;ste, on parlera&lt;i&gt; &#171; d'&#233;go&#239;sme rationnel &#187;&lt;/i&gt; et les relations humaines doivent &#234;tre rationnelles. Les hommes doivent traiter les uns avec les autres &lt;i&gt;&#171; sur la base d'un &#233;change librement consenti &#187;&lt;/i&gt; mais contractuel et &lt;i&gt;&#171; un minimum d'&#201;tat reste n&#233;cessaire pour garantir les droits individuels &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire pour donner un cadre juridique au contrat mais pas plus. Fran&#231;ois Flahault rappelle que pour Rand et Hayek &lt;i&gt;&#171; toute forme de politique sociale [est] le cheval de Troie du collectivisme &#187;&lt;/i&gt;, et que &lt;i&gt;&#171; les pr&#233;l&#232;vements fiscaux constituent un abus de pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. Toute contrainte, de quelque nature qu'elle soit est contreproductive. Laissez faire ! Ce qu'il faut c'est une &#233;conomie libre qui repose sur la libre collaboration des individus. &lt;i&gt;&#171; C'est de la rencontre des &#233;go&#239;smes et de leur harmonisation naturelle par la main invisible du march&#233; que nait la richesse g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il y a surgissement d'une nouvelle transcendance, le march&#233;, pour laquelle la &#171; main invisible &#187; serait l'&#233;quivalent de la providence divine. La main invisible du march&#233; est une formule qu'a utilis&#233;e l'&#233;conomiste classique Adam Smith notamment dans son &#339;uvre majeure &#171; Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations &#187; et qui d&#233;signe les m&#233;canismes par lesquelles le march&#233; s'auto-r&#233;gule. On parle aussi d'un &lt;i&gt;&#171; jeu naturel des causes &#187;&lt;/i&gt; mais qui repose aussi sur la raison. Pour Hayek les acteurs &#233;conomiques sont toujours rationnels ce que les faits, les paniques boursi&#232;res par exemple, d&#233;mentent absolument. Tout ce que fait l'&lt;i&gt;homo oeconomicus&lt;/i&gt;, l'une des formes du &#171; sujet connaissant &#187; et de l'homme prom&#233;th&#233;en, s'inscrit dans des processus rationnels. Chasser une transcendance c'est cr&#233;er un vide et la nature humaine a horreur du vide d'o&#249; les cultes &#233;ph&#233;m&#232;res rendus &#224; la D&#233;esse raison et &#224; l'&#202;tre supr&#234;me, dans d'autres circonstances et &#224; une autre &#233;poque.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L438xH628/photo08-35652.jpg?1742661868' width='438' height='628' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Le prom&#233;th&#233;isme ultralib&#233;ral et libertarien repose sur quatre piliers qui constituent pour Fran&#231;ois Flahault quatre &lt;i&gt;&#171; erreurs fondamentales &#187;&lt;/i&gt; et qu'il s'emploiera &#224; d&#233;monter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#234;tre humain se con&#231;oit en dehors de la nature ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le discours sur la rationalit&#233; ne fait que masquer la propension de l'Homme &#224; l'Illimitation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le d&#233;ni de l'interd&#233;pendance humaine en op&#233;rant la distinction entre l'Homme et la soci&#233;t&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'affirmation de soi inconditionnelle et absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve Mises et Hayek en Suisse au mont P&#232;lerin o&#249; ils fonderont avec d'autres, dont le tristement c&#233;l&#232;bre Milton Friedman, p&#232;re de la th&#233;orie mon&#233;tariste et ma&#238;tre &#224; penser des Chicago Boys qui ont fait du Chili de Pinochet un laboratoire, un groupe de r&#233;flexion dit la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin. Cette &#171; soci&#233;t&#233; &#187; est en fait la m&#232;re de tous les &#171; think tanks &#187;, organisations &#171; priv&#233;es &#187; et ultralib&#233;rales qui abreuvent de leurs conseils, aujourd'hui-m&#234;me, tous les d&#233;cideurs du Monde. Il s'agissait alors de cr&#233;er la bible, encore une, de l'&#233;conomie dite de march&#233; et de la pens&#233;e lib&#233;rale et de rejeter le keyn&#233;sianisme, &#224; l'instar de Ayn Rand qui l'assimilait, ainsi que le New Deal de Roosevelt, au communisme. De nombreux membres de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin ont re&#231;u le prix de la Banque de Su&#232;de, le Nobel d'&#233;conomie sur lequel les &#201;tats-Unis exercent un quasi-monopole.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22268 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/photo10-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH249/photo10-2-c6759.jpg?1772213244' width='500' height='249' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hayek pr&#233;sidant une s&#233;ance de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Je ne sais plus qui a dit que le lib&#233;ral, et &#224; fortiori l'ultralib&#233;ral, est un &#171; religieux &#187; qui pousse la logique de son &#233;glise au paroxysme en v&#233;n&#233;rant non seulement l'&#233;conomie de march&#233; et l'entreprise priv&#233;e, mais aussi en pr&#244;nant la suppression des libert&#233;s individuelles pour le commun, la cessation de toute r&#233;gulation &#233;tatique et le &#171; laissez-faire &#187; int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prom&#233;th&#233;isme de Ayn Rand a impr&#233;gn&#233;, et impr&#232;gne toujours, la vie &#171; intellectuelle &#187; et politique des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et contamine particuli&#232;rement les R&#233;publicains, malgr&#233; son ath&#233;isme, mais on peut dire aussi, aujourd'hui, une grande partie du camp d&#233;mocrate, gens de Wall Street et de la Silicon Valley, du monde de l'Art et du spectacle etc... &lt;i&gt;&#171; Les &#201;tats-Unis furent [sont] la premi&#232;re soci&#233;t&#233; morale de l'histoire &#187;&lt;/i&gt;, proclamait-elle en oubliant l'esclavage suivi par la s&#233;gr&#233;gation raciale et le massacre des &#171; Natives &#187;, premier g&#233;nocide de l'histoire moderne. Cette id&#233;ologie contamine les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique donc mais pas seulement, toute l'Europe et le Monde entier aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dystopie globale !
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22267 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;122&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L426xH270/photo09-a7325.jpg?1742661951' width='426' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ayn Rand t&#233;moignant devant la commission des activit&#233;s anti-am&#233;ricaines institu&#233;e par le Maccarthysme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;le 20 octobre 1947
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ils tombent les hommes souffrants aveugl&#233;ment comme l'eau de falaise en falaise vers l'incertain en bas... dans l'incertain en bas... fr&#232;res malheureux du dieu du dieu fr&#232;res malheureux. &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de la deuxi&#232;me &#238;le du Prometeo inspir&#233; de &#171; Hyp&#233;rion &#187; d'H&#246;lderlin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Septembre et octobre 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#339;uvre largement inspir&#233;e de la &#171; Th&#233;ogonie &#187; d'H&#233;siode &#8211; Ch&#339;ur et voix parl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de la premi&#232;re &#238;le du Prometeo inspir&#233; du &#171; Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233; d'Eschyle &#187;. Selon Nono, le dialogue entre Hepha&#239;stos et Prom&#233;th&#233;e ne doit pas &#234;tre dit mais ressenti &#224; partir des quatre groupes orchestraux et des solos de cordes, avec intervention de Mythologie dont le texte s'entend.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Atomistes : Leucippe et D&#233;mocrite (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mil&#233;siens : Thales, Anaximandre et Anaxim&#232;ne (6&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Anaxagore (5&#7497; si&#232;cle avant notre &#232;re).&lt;br class='autobr' /&gt;
Noosph&#232;re : sph&#232;re de la pens&#233;e humaine qui enveloppe la Terre, au-dessus de l'atmosph&#232;re, dans laquelle certains voient l'annonce d'Internet. Concept cr&#233;&#233; par Vladimir Vernadski (1863-1945) et d&#233;velopp&#233; par Pierre Theilhard de Chardin (1881-1955).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henri Estienne (1531-1598).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le transcendantisme, mouvement litt&#233;raire et philosophique, reprenant en gros la th&#232;se de Rousseau : &#171; L'Homme est n&#233; bon, c'est la soci&#233;t&#233; qui le corrompt et le rend mis&#233;rable &#187;. Il pr&#244;ne le respect de l'Homme &#224; l'&#233;gard de la nature. Grands noms : Emerson (&#171; Nature &#187;, 1836) et Thoreau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de la deuxi&#232;me &#238;le du Prometeo inspir&#233; de &#171; Hyp&#233;rion &#187; d'H&#246;lderlin avec transformation &#233;lectronique des voix chant&#233;es et parl&#233;es ce qui donne un sentiment d'instabilit&#233; et de chute.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Membres de la Soci&#233;t&#233; du Mont-P&#232;lerin lors de sa premi&#232;re rencontre en 1947.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>D&#233;mesure</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Demesure</link>
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		<dc:date>2025-03-02T10:08:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Mythologie</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au fil des si&#232;cles le mythe de Prom&#233;th&#233;e pos&#233; par H&#233;siode, ce berger auquel les muses de l'H&#233;licon si bien dansantes et si bien chantantes ont donn&#233; un b&#226;ton de bel olivier et inspir&#233; le &#171; chant mystique &#187;, ce mythe essentiel a donc a subi quelques mutations cons&#233;quentes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH134/arton2629-74602.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='134' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au fil des si&#232;cles le mythe de Prom&#233;th&#233;e pos&#233; par H&#233;siode, ce berger auquel les muses de l'H&#233;licon si bien dansantes et si bien chantantes ont donn&#233; un b&#226;ton de bel olivier et inspir&#233; le &#171; chant mystique &#187;, ce mythe essentiel a donc a subi quelques mutations cons&#233;quentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;151&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L363xH476/promethee_1-818bf.jpg?1739713470' width='363' height='476' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Statue de Prom&#233;th&#233;e brandissant la foudre devant la centrale nucl&#233;aire de Tchernobyl.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#171; Les dieux sont morts, car la foudre est &#224; moi. &#187; **
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Prom&#233;th&#233;e, ayant form&#233; les hommes avec de la terre et de l'eau, leur donna le feu &#224; l'insu de Jupiter, l'ayant d&#233;rob&#233; dans une fine tige de f&#233;rule. Jupiter s'en &#233;tant aper&#231;u, ordonna &#224; Vulcain de le clouer sur le Caucase, qui est une montagne de Scythie. [...] il fut d&#233;livr&#233; par Hercule &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Pseudo-Apollodore (Ier ou IIe si&#232;cle) - Biblioth&#232;que - Livre I - Chapitre VII.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est Apollodore le Mythographe qui raconte cette histoire, mais il la tient d'autres c'est s&#251;r, peut-&#234;tre bien de Ph&#233;r&#233;cyde d'Ath&#232;nes, un mythographe lui aussi mais beaucoup, beaucoup plus ancien et dont il ne reste traces d'aucun &#233;crit, si ce n'est quelques feuillets possiblement dissimul&#233;s derri&#232;re l'iconostase d'un monast&#232;re du mont Athos o&#249; on les y aurait oubli&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc Prom&#233;th&#233;e ne se cantonnerait pas au r&#244;le d'apporteur de civilisation mais il aurait cr&#233;&#233; l'homme... l'homme mais pas la femme puisque celle-ci fut fa&#231;onn&#233;e par H&#233;pha&#239;stos, le Vulcain des Latins, sur ordre de Zeus, le Jupiter des Latins, pour r&#233;compenser &#201;pim&#233;th&#233;e, le &lt;i&gt;&#171; nigaud &#187;&lt;/i&gt; selon H&#233;siode, et surtout pour nuire aux hommes, car divinement belle certes mais bien trop curieuse, Pandora, la premi&#232;re femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;siode (VIIe si&#232;cle avant notre &#232;re) &#8211; Les Travaux et les Jours.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les hommes seraient faits d'argile et d'eau, recette d&#233;j&#224; test&#233;e par les dieux Maya en qu&#234;te d'adoration mais qui n'a pas fonctionn&#233; du tout chez eux. &lt;i&gt;&#171; Au premier vent tout se dispersait, &#224; la premi&#232;re pluie tout fondait, et puis &#224; chaque instant tout se ramollissait et s'effondrait... humanit&#233; molle... &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chapitre traitant du Popol Vuh (Le livre du Conseil) dans mon texte le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le climat de la Gr&#232;ce devait &#234;tre bien moins humide et venteux que celui du Guatemala en cette &#233;poque de gen&#232;se.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi qu'il en soit, l'argile et l'eau ne pouvaient suffire &#224; elles seules, &#233;videmment, et il fallait encore le souffle de vie, conf&#233;r&#233; par Minerve, plus ou moins l'Ath&#233;na des Grecs, ainsi qu'un &#233;l&#233;ment pour la maintenir cette vie, le feu de la Connaissance d&#233;rob&#233; par Prom&#233;th&#233;e, soit dans la forge de Vulcain soit au char du soleil, les avis divergeant sur ce point.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apollodore rappelle aussi qu'H&#233;siode &#233;voquait un autre motif de la col&#232;re de Zeus &#224; l'&#233;gard de Prom&#233;th&#233;e. Il y aurait eu tromperie sur la mati&#232;re des sacrifices, des os couverts de graisse au lieu de chair et de tripaille. Et puis il rapporte aussi que Douris de Samos parlait de l'amour que ressentait fortement Prom&#233;th&#233;e &#224; l'&#233;gard de Minerve, ce que faisait plus que condamner le &#171; p&#232;re &#187; de celle-ci, Jupiter. Beaucoup de litiges et de griefs en fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boccace dans &#171; Genealogium deorum gentilium &#187;, sa g&#233;n&#233;alogie des dieux pa&#239;ens, analyse le Mythe et fait une distinction franche entre deux Prom&#233;th&#233;e, le cr&#233;ateur du premier homme et le transmetteur de la civilisation, donc de la culture. Ces deux dieux &#171; fabriquent &#187; deux types d'hommes, l'homme de la cr&#233;ation, &#171; l'homme &#224; l'&#233;tat de nature &#187;, pur mais aussi ignorant et faible, donc sujet au p&#233;ch&#233; originel, et l'homme rachet&#233; par le don du feu, l'homme en voie de connaissance puis connaissant, l'homme &#224; l'&#233;tat de civilisation, mais attachant au mot &#171; civilisation &#187; plus de largeur et surtout de hauteur, on pr&#233;f&#232;rera &#224; ce stade &#171; l'homme &#224; l'&#233;tat de soci&#233;t&#233; &#187;. Partant de l&#224;, tout coupable qu'il est, Prom&#233;th&#233;e le cr&#233;ateur d'homme est un bienfaiteur ce qui est un gage d'innocence et m&#234;me d'un peu plus. Comme le souligne Fran&#231;ois Flahault, il y a l&#224; t&#233;moignage d'une &#171; christianisation &#187; du mythe de Prom&#233;th&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Piero di Cosimo, le d&#233;licat peintre florentin, illustre cette &#233;volution du &#171; mythe de Prom&#233;th&#233;e &#187; dans une sorte de bande dessin&#233;e en deux volets, un diptyque &#233;parpill&#233; entre deux institutions, et malheureusement c'est presque toujours le cas quand il s'agit de diptyque ou de triptyque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/promethee_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/promethee_2-306fb.jpg?1772188019' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier tableau, dans la partie gauche, on voit Prom&#233;th&#233;e fa&#231;onnant l'homme en la pr&#233;sence &#233;merveill&#233;e d'&#201;pim&#233;th&#233;e, puis, au centre, la sculpture achev&#233;e sur un socle, un &#233;ph&#232;be, et enfin sur la gauche Minerve invitant Prom&#233;th&#233;e &#224; l'accompagner suivi de leur envol &#224; tous deux vers l'Olympe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le second tableau, profitant de sa mont&#233;e au ciel, alors au centre d'un gros nuage moutonneux, Prom&#233;th&#233;e d&#233;robe un peu de feu &#224; une roue du char du soleil puis, sur la gauche, il donne le souffle de vie &#224; la statue de l'homme en approchant de son c&#339;ur le roseau qui contient ce feu vol&#233;. D&#233;j&#224; la peau n'a plus une teinte argileuse et l'homme parait s'animer. Sur la droite, Prom&#233;th&#233;e est li&#233; &#233;troitement au tronc d'un arbre effeuill&#233;, ce qui renvoie au bois de la crucifixion, sur une branche duquel le &#171; chien ail&#233; de Zeus &#187;, l'aigle, attend f&#233;brilement de lui d&#233;vorer le foie. Au centre, au milieu d'une petite assembl&#233;e, Minerve pr&#233;sente une Pandora langoureuse &#224; &#201;pim&#233;th&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/promethee_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH273/promethee_3-05b8a.jpg?1772188019' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Christianisation du mythe certes mais Prom&#233;th&#233;e n'est pas le Christ pour autant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Flahault rappelle fort justement que pratiquement toujours &lt;i&gt;&#171; dans la trag&#233;die grecque, la fronti&#232;re qui s&#233;pare le juste et l'injuste, l'innocence et la culpabilit&#233;, ne passe pas entre deux personnages, elle n'oppose pas le bon et le m&#233;chant ; cette fronti&#232;re passe &#224; l'int&#233;rieur d'un personnage... &#187;&lt;/i&gt; Ce sont les autres qui voient et disent ce que lui-m&#234;me ne veut pas voir. D&#233;j&#224; chez Eschyle, les visiteurs de Prom&#233;th&#233;e sur son rocher le mettent en garde contre ses propos inconsid&#233;r&#233;s. Le ch&#339;ur compos&#233; des filles d'Oc&#233;an : &lt;i&gt;&#171; Toujours de l'audace ! Malgr&#233; cette am&#232;re infortune ne vouloir rien c&#233;der ! Ton langage est bien t&#233;m&#233;raire ! ... Quel est ton espoir ? Ne vois-tu pas que tu as manqu&#233; de sagesse ?... &#187;&lt;/i&gt; Oc&#233;an lui-m&#234;me, dieu plus ancien que Zeus : &lt;i&gt;&#171; ... Rentre en toi-m&#234;me ; forme-toi un nouveau caract&#232;re... Plus d'outrages, plus de traits ac&#233;r&#233;s : prends garde... j'ai l&#224; devant moi les fruits qu'on tire d'une langue trop pr&#233;somptueuse... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eschyle (525-456 avant notre &#232;re) - Prom&#233;th&#233;e enchain&#233;.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; Ce qui est reproch&#233; &#224; Prom&#233;th&#233;e c'est son arrogance et son orgueil, en un mot son HUBRIS, sa d&#233;mesure. L'hubris, le grand mot est jet&#233;, qui va traverser toutes les &#233;poques et pratiquement tous les hommes... et bien des femmes aussi !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L274xH512/promethee_6-1540c.jpg?1739713470' width='274' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Prom&#233;th&#233;e cr&#233;ateur de l'homme et pourvoyeur de la Connaissance se positionne de facto comme LE concurrent de Zeus. Il remet en question le dieu supr&#234;me puisqu'il remplit une partie de ses fonctions, la cr&#233;ation, celle de l'homme, et qu'il s'est empar&#233; de son attribut majeur, le feu ou la foudre, tout en &#233;tant celui qui voit dans le futur, par opposition &#224; &#201;pim&#233;th&#233;e, &#171; celui qui pense apr&#232;s &#187;, et aux autres dieux aussi qui n'ont pas le don de voyance. Prom&#233;th&#233;e s&#233;pare le dieu supr&#234;me de l'homme tout en le reliant &#224; lui par la Connaissance. C'est ici d&#233;j&#224; une sacr&#233;e br&#232;che ouverte dans la transcendance ! Il ne reste plus qu'&#224; op&#233;rer le glissement de Prom&#233;th&#233;e &#224; l'Homme, lui faire profiter de cette br&#232;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre connaissant c'est &#234;tre conscient, et &#234;tre conscient c'est avoir la capacit&#233; de penser. &#192; partir de l&#224; qu'est-ce qui pourrait emp&#234;cher de penser l'Infini ? Fran&#231;ois Flahault cite Ludwig Feuerbach : &lt;i&gt;&#171; La religion, du moins la chr&#233;tienne, est la relation de l'homme &#224; lui-m&#234;me... l'&#234;tre conscient a pour objet l'infinit&#233; de sa propre conscience &#187; et puis &#171; Homo homini deus est &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ludwig Feuerbach (1804-1872) - L'Essence du Christianisme (1841).&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'homme est un dieu pour l'homme car &#233;tant un &#234;tre conscient il peut penser l'Infini. Dieu pense le monde et le cr&#233;e en m&#234;me temps. La cr&#233;ation c'est ce qui d&#233;finit l'artiste. Donc Dieu est un artiste, l'Artiste ! Dieu peut mettre une id&#233;e dans l'esprit de l'homme, et celui-ci, r&#233;alise alors une imitation de l'id&#233;e, ici c'est un artisan, mais l'homme peut aussi &lt;i&gt;&#171; concevoir une id&#233;e qui n'existait pas avant lui &#187;&lt;/i&gt; et quand il la r&#233;alise cette id&#233;e il y a non plus imitation mais cr&#233;ation. Il y a donc similitude entre l'homme et Dieu. La qu&#234;te de l'homme connaissant c'est conna&#238;tre ce que connait Dieu, comprendre l'univers qu'a cr&#233;&#233; Dieu, accro&#238;tre sa parent&#233; avec lui puisque l'homme a &#233;t&#233; fait &#224; l'image de Dieu. Pour les philosophes, et les th&#233;ologiens, &#234;tres connaissants par d&#233;finition, la religion ne peut donc plus se r&#233;sumer &#224; une simple sot&#233;riologie, une doctrine de salut de l'&#226;me. Il faut d&#233;coupler le corps et l'esprit, la mati&#232;re et l'&#226;me. Le corps est corruptible mais l'&#226;me est immortelle. L'&#226;me c'est le &#171; sujet pensant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Saint-Augustin, il existe une &lt;i&gt;&#171; parent&#233; entre personne humaine et personne divine &#187;&lt;/i&gt;, ce qui peut constituer une premi&#232;re formulation du Cogito mais demeure la &lt;i&gt;&#171; d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Pour Descartes l'&#226;me est bien s&#251;r cr&#233;&#233;e par Dieu mais &lt;i&gt;&#171; l'&#234;tre se r&#233;alise dans le conna&#238;tre &#187;&lt;/i&gt;, et il va plus loin encore, Descartes, en d&#233;clarant qu'il faut &lt;i&gt;&#171; se rendre comme ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ren&#233; Descartes (1596-1650) - Discours de la m&#233;thode.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; C'est cette formule quasi programmatique qui pose LE probl&#232;me ! L'homme connaissant se croit en position d'ext&#233;riorit&#233; par rapport au monde mat&#233;riel, la Nature, comme il se sentira plus tard en position d'ext&#233;riorit&#233; par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. Hubris ! Il va s'agir de chercher &#224; conna&#238;tre les lois de la Nature pour s'approprier celle-ci. Certains diront qu'il y a un &lt;i&gt;&#171; pouvoir naturel d'appropriation &#187;&lt;/i&gt; ... de la Nature. Parall&#232;lement, il y a construction et d&#233;veloppement de l'Id&#233;e de Soi et aussi de &#171; l'individu prom&#233;th&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on a oubli&#233; c'est que plus on joue avec le feu plus on risque de se br&#251;ler. Tout ceci ne peut que tr&#232;s mal finir. C'est pour cette raison que Fran&#231;ois Flahault consacre quelques lignes de son introduction &#224; l'&#233;vocation de la catastrophe de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH358/promethee_4-fbec8.jpg?1739713470' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ao&#251;t 2024&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Fran&#231;ois Flahault, &lt;i&gt;Le cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;, Contribution &#224; une histoire de la d&#233;mesure humaine (Mille et une nuits, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Louis M&#233;nard (1822-1901), Prom&#233;th&#233;e d&#233;livr&#233; in &lt;i&gt;Po&#235;mes&lt;/i&gt; (1863), cit&#233; par Fran&#231;ois Flahault dans &lt;i&gt;Le cr&#233;puscule de Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Pseudo-Apollodore (Ier ou IIe si&#232;cle) - Biblioth&#232;que - Livre I - Chapitre VII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;siode (VIIe si&#232;cle avant notre &#232;re) &#8211; &lt;i&gt;Les Travaux et les Jours&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chapitre traitant du &lt;i&gt;Popol Vuh&lt;/i&gt; (Le livre du Conseil) dans mon texte le Th&#233;&#226;tre de Dieu in &lt;i&gt;Autour de la Cosmogonie-Cosmologie de Hildegarde von Bingen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eschyle (525-456 avant notre &#232;re) - &lt;i&gt;Prom&#233;th&#233;e enchain&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ludwig Feuerbach (1804-1872) - &lt;i&gt;L'Essence du Christianisme&lt;/i&gt; (1841).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ren&#233; Descartes (1596-1650) - &lt;i&gt;Discours de la m&#233;thode&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Y a-t-il un spectateur sans corps ?</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Y-a-t-il-un-spectateur-sans-corps</link>
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		<dc:date>2025-02-02T11:31:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christian Ruby</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>art</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8230; mais s'il y a un(e) spectateur&#183;trice sans corps, comment le public d'art fait-il corps et quel corps ? C'est la question &#224; laquelle tente de r&#233;pondre le volume d'analyses dirig&#233; par Bruno Trentini, intitul&#233;&lt;/i&gt; Le corps spectatoriel &#224; l'&#233;preuve &lt;i&gt;(2024, Bordeaux, Le Bord de l'eau), par ailleurs accompagn&#233; d'un autre volume,&lt;/i&gt; Le corps &#224; l'&#339;uvre, cr&#233;er, vivre, interagir &lt;i&gt;(Ibidem), dirig&#233; avec Paul Dirkx et Jeanne E. Glesener.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH37/arton2610-8ed2d.jpg?1772248095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='37' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8230; mais s'il y a un(e) spectateur&#183;trice sans corps, comment le public d'art fait-il corps et quel corps ? C'est la question &#224; laquelle tente de r&#233;pondre le volume d'analyses dirig&#233; par Bruno Trentini, intitul&#233;&lt;/i&gt; Le corps spectatoriel &#224; l'&#233;preuve &lt;i&gt;(2024, Bordeaux, Le Bord de l'eau), par ailleurs accompagn&#233; d'un autre volume,&lt;/i&gt; Le corps &#224; l'&#339;uvre, cr&#233;er, vivre, interagir &lt;i&gt;(Ibidem), dirig&#233; avec Paul Dirkx et Jeanne E. Glesener.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Il n'interroge pas d'autres mani&#232;res d'artifier le corps (tatouages, body art), de faire corps politique (manifestation) ou en d&#233;fense (homosexuels, handicap&#233;s, minorit&#233;s), ni la mani&#232;re dont certains corps sont abusables (femmes, enfants&#8230;). Il en est d'ailleurs une qui est complexe : c'est l'exp&#233;rience corporelle synchrone, mais pas n&#233;cessairement collective (ce qui serait &#224; reprendre &#224; la lumi&#232;re du travail de Judith Butler&lt;/i&gt; (Dans quel monde vivons-nous ?, &lt;i&gt;Paris, Flammarion, 2023), survenue lors de l'&#233;pid&#233;mie de Covid-19, exp&#233;rience qui malgr&#233; tout portait &#224; solidarit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Non, ce volume interroge cette question du corps dans le &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; aux &#339;uvres et travaux artistiques. Entendons bien : dans le &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; spectatoriel, le &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; auctorial participant par ailleurs du second volume, lequel est laiss&#233; ici de c&#244;t&#233;. Cette question, donc, d&#233;pouill&#233;e au long des articles du premier volume, dont nous rendons compte ici, &lt;i&gt;Le corps spectatoriel &#224; l'&#233;preuve,&lt;/i&gt; n'est pas si innocente que beaucoup le croient, ainsi que nous l'avions sugg&#233;r&#233; dans notre conf&#233;rence : &lt;i&gt;Huit notes autour du corps-spectateur (d'art), Ou Dante et Virgile, au Purgatoire, ont besoin de leurs yeux pour voir le beau&lt;/i&gt; (19 avril 2018, Tours, Mus&#233;e des Beaux-arts). Au demeurant, tout un &#171; corpus &#187; de tableaux, de dessins, de photographies, de films, de captations th&#233;&#226;trales donnant &#224; voir des spectateurs/trices tourne autour d'un certain m&#233;pris de leur corps, compar&#233; au sch&#232;me anatomique du &#171; beau &#187; (harmonie, proportions) d&#233;fini d&#232;s la Renaissance, du regard et des gestes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_22060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_0283.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_0283-6b625.jpg?1737321628' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'une absurde philosophie des spectateurs &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ordinairement, la grande d&#233;rive autour du corps spectatoriel est organis&#233;e parce que &#171; spectateur &#187; semble toujours renvoyer &#224; un individu consid&#233;r&#233; en soi, isol&#233; sur son si&#232;ge ou devant une &#339;uvre. Or un tel individu, que l'on pourrait appeller &#171; spectateur &#187;, n'existe pas, parce que &#171; spectateur &#187; (voire &#171; regardeur &#187;, etc.) n'advient que dans un &lt;i&gt;rapport&lt;/i&gt; (aux &#339;uvres), lui-m&#234;me d&#233;pendant du &lt;i&gt;principe&lt;/i&gt; de l'adresse ind&#233;termin&#233;e &#224; n'importe qui, r&#233;sultat des pratiques artistiques (&#339;uvres ou travaux, installations, performances, protocoles, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette consid&#233;ration d&#233;cisive met en pi&#232;ces les approches les plus ordinaires de ces questions, le plus souvent marqu&#233;es au sceau d'absurdes cr&#233;dits accord&#233;s &#224; des vocables philosophiques &#233;cul&#233;s. L'article d'Agn&#232;s Lontrade (&lt;i&gt;Le spectateur &#224; l'&#233;preuve du jeu et du don&lt;/i&gt;) souligne ce fait sous la critique qu'elle conduit des esth&#233;tiques d&#233;sincarn&#233;es d'un spectateur innocent et ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et certes, le plus souvent, lorsque le corps est cit&#233;, c'est dans les termes classiques du corps oppos&#233; &#224; l'esprit, lesquels sont r&#233;fut&#233;s par d'autres auteurs de l'ouvrage (Christian Ruby, Coline Mathet, Marianne Massin). Il devrait donc &#234;tre possible de r&#233;fl&#233;chir cette question du corps spectatoriel autrement. Mais cela suppose que l'on se d&#233;fasse encore de deux axes d'analyse philosophiquement tra&#231;ables attach&#233;s au dualisme : les approches empiristes et les approches rationalistes, ces deux options imposant l'id&#233;e d'une perception d&#233;sincarn&#233;e, li&#233;e soit &#224; des donn&#233;es sensibles atomiques r&#233;pondant &#224; des principes d'association propres &#224; l'entendement (les empiristes), soit &#224; une id&#233;e unifiante, elle-m&#234;me m&#233;tonymie du sujet pensant (les rationalistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce qui regarde l'empirisme, souvenons-nous de la doctrine longtemps pr&#233;gnante dans le cadre de l'art public. Cette doctrine pr&#233;tend que cette pratique d'art dans les lieux publics produira des effets (civiques, moraux, culturels) &#224; proportion de son approche par les sens des passants singuliers et quelconques (pas toujours spectateurs). Dans la version r&#233;publicaine classique : par la hauteur et l'effet de domination (bien relev&#233;s par Charles Baudelaire et en photographie par Brassa&#239;), par la gestuelle et une image inspiratrice (la &#171; moraline &#187; relev&#233;e par Friedrich Nietzsche), par le lieu d'implantation et la fr&#233;quentation (r&#233;examin&#233;s r&#233;cemment par la revue &lt;i&gt;M&#233;moire en jeu,&lt;/i&gt; n&#176;21, 2024). Le mus&#233;e en plein air fait alors office de lieu d'&#233;ducation subreptice par le moyen d'un corps consid&#233;r&#233; comme simple r&#233;cepteur par rapide impr&#233;gnation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/art_public_susanna_hesselberg_quand_mon_pe_re_est_mort_2022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/art_public_susanna_hesselberg_quand_mon_pe_re_est_mort_2022-a2395.jpg?1772188263' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Art public : Susanna Hesselberg, Quand mon p&#232;re est mort, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; En ce qui regarde le jugement du spectateur, il est pr&#233;suppos&#233; qu'en termes d'esth&#233;tique classique &#8211; d&#233;riv&#233;e avec pertinence ou non de propos d'Immanuel Kant, rappel&#233;s par Thomas Morisset dans son article qui d&#233;borde d'ailleurs le cadre de l'art (&lt;i&gt;Sentir et appr&#233;cier sensiblement&lt;/i&gt;) &#8211;, si le jugement esth&#233;tique doit &#234;tre pur, c'est qu'il est d&#233;sint&#233;ress&#233;. Et s'il est d&#233;sint&#233;ress&#233;, sans poids du d&#233;sir et de l'agr&#233;ment, alors il convient de n&#233;gliger le corps du spectateur dans toutes les consid&#233;rations le prenant pour objet. Au mieux, il devient un moyen technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces deux approches de l'art, empiriste et rationaliste, non seulement ne peuvent pas &#234;tre aussi antagonistes que leurs partisans le croient, mais encore sont d&#233;pass&#233;es par de nombreux travaux d'artistes r&#233;percut&#233;s sur le public. &#192; preuve, dans ce &lt;i&gt;Glossaire pour le XXI&#7497; si&#232;cle,&lt;/i&gt; dirig&#233; par Michael Marder &amp; Giovanbattisa Tusa (publi&#233; &#224; Dijon, aux presses du r&#233;el, 2024), au mot &#171; corps &#187;, cette r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre de l'artiste &#201;milie Conrad qui consiste &#224; faire ondoyer son torse sur le sol rugueux afin de faire de son corps une question vivante &#224; l'adresse du public, une question haptique, une prosodie du corps entra&#238;nant les assistants de ses performances &#224; r&#233;sonner avec elle. Et que dire de nos jours du corps du spectateur m&#233;di&#233; par les machines, quand ce n'est pas les difficult&#233;s de cohabitation autour d'une &#339;uvre, les outils de communication, etc. ! ainsi que les explorent Ugo Schimizzi &#224; propos des jeux pervasifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'un support sociologique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est toujours possible de minimiser la dimension du jugement de go&#251;t, mais il est impossible de ne pas saisir le double mouvement qui le structure : le rapport &#224; un objet social commun distinct du sujet &#233;metteur du jugement et le rapport aux autres, susceptible ou non d'un &#171; sens commun &#187;. En cela, une r&#233;flexion sur le corps spectatoriel est n&#233;cessairement projet&#233;e dans l'histoire et la sociologie, deux champs de recherche largement parcourus par Peter Berger et Pierre Bourdieu, sur les travaux desquels nous n'insistons pas ici. C'est sans doute en passant par la dimension du corps fatigu&#233; que ces champs transparaissent au mieux dans les analyses, puisque &lt;i&gt;&#171; une personne spectatrice et fatigu&#233;e est [donc] &#224; l'&#233;preuve des failles de son propre corps &#187;&lt;/i&gt; (Bruno Trentini, &lt;i&gt;&#192; bout de force, une esth&#233;tique du corps fatigu&#233;&lt;/i&gt;), et des failles qui replacent les sensibilit&#233;s dans un processus global. C'est &#224; juste titre que Trentini cale sa r&#233;flexion sur le propos jadis tenu par un pr&#233;sident de cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, que l'on peut d&#233;caler : plus les &#171; gens &#187; sont fatigu&#233;s plus leur cerveau est disponible&#8230; et si ce n'&#233;tait pas vrai ou plut&#244;t le contraire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est justement en ce point que l'ouvrage, dans sa teneur globale, n'oublie pas de souligner qu'il existe un rapport particulier &#339;uvre-spectateur en culture occidentale entretenu par les institutions qui assurent l'h&#233;ritage du th&#233;&#226;tre &#224; l'italienne (horaires pr&#233;cis, chaises align&#233;es, silence requis) et du mus&#233;e classique (ordonnance des &#339;uvres, silence requis), et qui diff&#232;re de celui d'autres cultures et d'autres &#233;poques (Barbara Formis, &lt;i&gt;La sc&#232;ne au-del&#224; du spectacle&lt;/i&gt;). Dans d'autres propos, cette question rel&#232;verait de l'aboutissement d'un long processus de domestication du corps du spectateur, qui d&#233;bute &#224; partir de la seconde moiti&#233; du XVIII&#7497; si&#232;cle, &#233;poque o&#249; &#233;mergent les b&#226;timents sp&#233;cialis&#233;s dans l'activit&#233; spectaculaire. Petit &#224; petit, les spectateurs, qui deviennent un public, vont &#234;tre progressivement disciplin&#233;s, d'une part par l'intervention de l'&#201;tat qui vise &#224; assurer la s&#233;curit&#233; des personnes et &#224; r&#233;primer les troubles &#224; l'ordre public, d'autre part par la constitution de la mise en sc&#232;ne en tant que discipline artistique et la repr&#233;sentation en tant qu'&#339;uvre d'art qui impliquent l'instauration radicale de la place des spectateurs, inexistants dans l'art de culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; N'est-ce pas l&#224;, justement, que s'est jou&#233; un rapport sp&#233;cifique au corps, par l'interm&#233;diaire duquel naissent le spectateur et ce que nous nommons le public ? C'est souvent en termes de n&#233;gation du corps que cela s'interpr&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Le corps r&#234;v&#233;, id&#233;al est un corps absent ou mort. Le spectateur r&#234;v&#233; est un spectateur sans corps, sans bronches encombr&#233;es ni articulation ankylos&#233;e. Il doit rester immobile, fig&#233; &#187; &lt;/i&gt; puisque &lt;i&gt;&#171; le culturel cela se m&#233;rite ! &#187; &#187;&lt;/i&gt; (Agn&#232;s Lontrade). Mais c'est oublier que le corps du spectateur, et bient&#244;t de la spectatrice (plus avant dans le XVIII&#7497; si&#232;cle), joue un r&#244;le primordial dans l'exercice du spectacle. S'il est vrai que dans une salle de spectacle, le spectateur manifeste une &#171; attention rituelle &#187; vis-&#224;-vis de l'&#339;uvre et que son corps est soumis &#224; des r&#232;gles contraignantes comme ne pas bouger ou ne pas faire de bruit, nous sommes aujourd'hui loin de cette id&#233;e d'asc&#233;tisme dans le fait d'aller au spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le corps spectatoriel &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'interview conduite par Marianne Massin (&lt;i&gt;&#192; l'&#233;preuve des disjonctions&lt;/i&gt;) avec l'artiste Anri Sala recadre la d&#233;marche globale du volume autour d'une question qui traverse la plupart des commentaires. Le regard (ou l'oreille, etc.) tendu vers une &#339;uvre d&#233;cline-t-il une exp&#233;rience ou un exercice spectaroriels ? Ce qui est ici en jeu, c'est une pens&#233;e de l'art rapport&#233;e &#224; un temps de construction qui est bien celui du corps du spectateur ou de la spectatrice. L'artiste pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; Ces &#339;uvres ne sont pas l&#224; pour &#234;tre vues comme des contenus, mais plut&#244;t pour cultiver &#224; l'int&#233;rieur de chacun ce potentiel d'intervalle, ce d&#233;calage, de perte d'&#233;quilibre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Certes, il existe bien des &#339;uvres &#224; exp&#233;riences, comme il existe des &#339;uvres &#224; usages (notamment dans les 1% scolaires, comme l'a montr&#233; Marie-Laure Viale dans sa th&#232;se, non publi&#233;e). Et existent non moins des discussions autour de l'emploi du terme &#171; exp&#233;rience &#187;, Massin en sugg&#233;rant la teneur par allusion &#224; des discussions avec la philosophe Catherine Grout et la danseuse Micheline Leli&#232;vre. Mais en g&#233;n&#233;ral, le principe m&#234;me d'une adresse ind&#233;termin&#233;e &#224; chacune et chacun implique une sorte de n&#233;gociation de chaque instant entre soi et l'&#339;uvre envelopp&#233;e dans une vigilance aiguis&#233;e dans la r&#233;ception. Et de conclure que les dispositifs, notamment ceux que propose Anri Sala, permettent au spectateur d'&#233;prouver et de cultiver un rapport de syncope &#224; l'int&#233;rieur de lui-m&#234;me. N'est-ce pas exactement ce qui peut prendre le nom d'exercice, cette invitation &#224; se vivifier soi-m&#234;me et &#224; exercer sa vigilance sur le suspens du jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;alit&#233;, la discussion sur ce plan est plus large qu'on ne le croit. Elle engage en sous-main une critique des &#171; spectateurs &#187; de m&#233;dias de masse. Depuis longtemps, on leur reproche leur &#171; passivit&#233; &#187;, leur mani&#232;re de se livrer au formatage dans lesquels on les conduit, leur inculture par dissolution de soi dans l'image. Le photographe Olivier Culmann en a propos&#233; une version tout &#224; fait explicite dans un ancien ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_4517.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/img_4517-41116.jpg?1772188263' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	L'exaltation de l'id&#233;e d'exp&#233;rience relativement aux arts tend &#224; imposer une distinction entre deux types de spectateurs : les spectateurs &#224; exp&#233;rience, qui agissent et se mobilisent pour saisir l'image avec pertinence, et les spectateurs &#224; passivit&#233;, qui re&#231;oivent l'image sans prendre de distance avec elle. L'ouvrage a au moins le m&#233;rite sur ce plan de ne pas adh&#233;rer &#224; ce partage un peu rapide et formel, par trop distinctif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le corps du public &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Reste une question qui traverse aussi ce volume. Qu'en est-il du corps du public ? Ou plut&#244;t, le public fait-il corps ? Et quel corps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Thomas Morisset, en fin de volume, conduit une r&#233;flexion &#224; partir de laquelle des r&#233;ponses peuvent &#234;tre &#233;labor&#233;es. En s'int&#233;ressant aux gestes et aux efforts d'autrui tels qu'ils sont appr&#233;hend&#233;s dans les &#339;uvres et les spectacles, il livre une s&#233;rie de remarques. Ainsi, insiste-t-il sur le d&#233;veloppement de la culture de sa sensibilit&#233; par chacun et chacune dans la confrontation impos&#233;e dans le spectacle entre spectateur et &#339;uvre et entre les spectateurs. Cette culture passe donc pour une des modalit&#233;s de constitution du public. Ce dernier n'est ni un bloc, ni une chose, ni imm&#233;diatement form&#233; : il r&#233;sulte des interactions activ&#233;es durant le temps de la confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En somme, r&#233;fl&#233;chir &#224; cette dimension esth&#233;tique revient &#224; se demander non seulement ce que signifie faire corps, mais encore en quoi et pourquoi il est important de faire corps ou de pouvoir faire corps. Ce ne sont pas seulement les pratiques artistiques traditionnelles qui sont mises ainsi en point de mire, mais encore les arts vivants, et surtout les arts de la rue. D'autant que ces derniers sont souvent propuls&#233;s au rang de mod&#232;le d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; transposable &#224; la forme d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux images pourraient porter ce d&#233;bat. La premi&#232;re se trouve en t&#234;te de cet article. Elle renvoie au travail de Ruedi et V&#233;ra Baur, dans le quartier des Loch&#232;res &#224; Sarcelles. Ce travail, portant sur un immeuble entier, ne se contente pas d'interroger la place du sensible dans les lieux et l'espace publics. Ce qu'il accomplit tout de m&#234;me. Il prolonge largement l'analyse en direction du public de l'ouvrage, d'autant que ce public, les habitantes et habitants de l'immeuble, se trouve &#234;tre au principe de la cr&#233;ation de l'installation. Se rencontrent par cons&#233;quent en ce point la diversit&#233; des sensibilit&#233;s, la diversit&#233; des personnes et des cultures, et la diversit&#233; des rapports &#224; des &#339;uvres d'art. Heureusement Ruedi et V&#233;ra Baur ne pr&#233;tendent pas pour autant proposer des recettes en mati&#232;re d'art et de public. Mais ce &#224; quoi ils ont &#339;uvr&#233; contribue fort bien &#224; sculpter un public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La seconde image appartient &#224; Henri Cartier-Bresson. Nous la livrons &#224; l'approche que le lecteur et la lectrice voudra bien se proposer. Elle est toutefois coh&#233;rente avec le d&#233;veloppement que nous venons de donner &#224; lire et &#224; critiquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/william_powell_frith_a_private_view_at_the_royal_academy.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH324/william_powell_frith_a_private_view_at_the_royal_academy-57f5a.jpg?1737321628' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;William Powell Frith, A Private View at the Royal Academy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autour de l'architecture baroque et de la spirale</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Autour-de-l-architecture-baroque</link>
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		<dc:date>2025-02-02T11:27:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>baroque</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Johannes Kepler, tout en am&#233;liorant la th&#233;orie copernicienne, va remettre en question le primat du cercle, figure absolue de la perfection divine &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, au profit de celui de l'ellipse, v&#233;ritable g&#233;om&#233;trie qui marque le mouvement des plan&#232;tes autour du soleil.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/baroque" rel="tag"&gt;baroque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2619-d4f4f.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Johannes Kepler, tout en am&#233;liorant la th&#233;orie copernicienne, va remettre en question le primat du cercle, figure absolue de la perfection divine &#224; l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale, au profit de celui de l'ellipse, v&#233;ritable g&#233;om&#233;trie qui marque le mouvement des plan&#232;tes autour du soleil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH372/spirale_baroque-8-945a0.jpg?1772204456' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; DR
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien avant Newton, Johannes Kepler en arrivera &#224; sp&#233;culer sur la gravitation universelle, c'est-&#224;-dire sur l'attraction des corps entre eux en fonction de leurs masses. Mais, tout math&#233;maticien et astronome qu'il ait pu &#234;tre, Kepler demeure un ancien du point de vue de la M&#233;taphysique, c'est-&#224;-dire qu'il est encore impr&#233;gn&#233; de vieille mystique d'inspiration plus pa&#239;enne que chr&#233;tienne. Par exemple, il investit le soleil d'un r&#244;le de moteur dans le syst&#232;me plan&#233;taire et donc dans l'Univers, autrement dit il lui accorde une place privil&#233;gi&#233;e, bien qu'archa&#239;que, dans le syst&#232;me divin, et puis il y a aussi sa croyance in&#233;branlable en l'astrologie, d&#233;rive quasi in&#233;vitable d'un penseur de cette &#233;poque &#224; la fois math&#233;maticien et astronome.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH485/spirale_baroque-2-96fe6.jpg?1737542649' width='500' height='485' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la cosmologie et de ses magnifiques lois, lois b&#226;ties &#224; partir d'une histoire assez compliqu&#233;e d'embo&#238;tement de tout un tas de poly&#232;dres r&#233;guliers qui constituerait l'infrastructure de cette architecture sph&#233;rique qu'est l'Univers, o&#249; Kepler redevient vraiment int&#233;ressant, c'est dans le domaine musical, avec sa conception d'un Univers harmonique &#224; la fois largement inspir&#233;e de &#171; l'harmonie des sph&#232;res &#187; des Pythagoriciens et de &#171; L'Harmonica &#187; de Ptol&#233;m&#233;e, et en r&#233;action avec elles et eux. Je ne rentrerai pas dans tous les d&#233;tails. Mais l'id&#233;e de base chez Johannes Kepler se rapproche assez largement de celle d'Hildegarde von Bingen, &#224; savoir que l'Univers constitue la face visible de Dieu, son image, et que l'harmonie de la musique est un reflet de celle de l'Univers, donc de l'harmonie qui &#233;mane de Dieu. On pourrait attribuer &#224; chaque plan&#232;te une ou plusieurs notes, notes de musique s'entend, pas celles de l'&#233;cole de notre enfance, en fonction des variations de leurs vitesses de rotation entre le p&#233;rih&#233;lie, distance la plus courte par rapport au soleil, et l'aph&#233;lie, distance la plus longue, en consid&#233;rant bien s&#251;r des orbites elliptiques. Plus l'ellipse est grande, plus le rapport des vitesses de rotation, ou vitesses angulaires, est &#233;lev&#233;, plus le nombre de notes est important, cas de Mercure, et &#224; l'inverse si l'ellipse est tr&#232;s courte, et la vitesse angulaire faible, il pourrait n'y avoir qu'une seule note, cas de V&#233;nus. Les plan&#232;tes jouent donc une symphonie cosmique dont la musique des Hommes, tant vocale qu'instrumentale, s'inspire largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ellipse a domin&#233; l'art renaissant et le Baroque, la musique on vient de le voir avec Kepler et son &#171; Harmonices Mundi &#187;, mais aussi la peinture et l'architecture. En fait, et de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on pourrait parler d'une sorte de contamination de l'Art et de tout ce qui est relatif &#224; la pens&#233;e, y compris la pens&#233;e th&#233;ologique, par la cosmologie et ses avanc&#233;es. Dans la peinture, on retrouve l'ellipse de-ci de-l&#224; jusque dans la Sixtine, et peut-&#234;tre n'a-t-on que trop cit&#233; le dieu de Michel-Ange envelopp&#233; de son manteau ovo&#239;de tout plein d'anges et de ch&#233;rubins, image de l'&#339;uf cosmique enfermant d&#233;j&#224; Eve, la tentatrice fatale, Dieu qui donne naissance &#224; Adam en effleurant sa main d'un doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ellipse est omnipr&#233;sente dans l'architecture romaine archi-domin&#233;e par les figures de Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, et Francesco Borromini. Du c&#244;t&#233; du Bernin et de l'ellipse architecturale on se tournera surtout vers la place &#224; quatre rang&#233;es d'arcades de la basilique Saint-Pierre, colonnade qui figure deux bras ouverts pour accueillir le peuple des fid&#232;les, mais c'est l&#224; une ellipse non ferm&#233;e pour que ledit peuple puise acc&#233;der &#224; la place et contempler la splendeur et la puissance de son &#201;glise et de ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable ma&#238;tre de l'ellipse c'est Borromini, collaborateur tragique du Bernin, &#224; qui la ville de Rome doit un nombre impressionnant de basiliques, d'&#233;glises, de palais et de villas. Severo Sarduy dans ce d&#233;sert glac&#233; qu'est &#171; Barroco &#187; d&#233;finit l'ellipse comme &#233;tant &lt;i&gt;&#171; l'anamorphose du cercle &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Severo Sarduy (1937 - 1993), po&#232;te et critique d'art d'origine cubaine, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;alis&#233;e par Borromini pour &#233;tablir le plan de &#171; San Carlino &#187; &#224; Rome. Il est vrai que Borromini est par excellence l'architecte du Baroque qui int&#232;grera dans ses &#339;uvres toutes ses superbes outrances et ses magnificences innovantes en les m&#234;lant &#224; de beaux morceaux puis&#233;s dans l'Antique, le Gothique et le Renaissant. Mais, le v&#233;ritable apport de Borromini c'est la lumi&#232;re, non pas celle qui jette au passage des vitraux le v&#234;tement d'Arlequin sur les prie-Dieu ou les dalles humides des &#233;glises, mais la lumi&#232;re z&#233;nithale tombant de puits elliptiques creus&#233;s dans des coupoles souvent elliptiques aussi. Les ellipses de Borromini sont discr&#232;tes mais divines car la lumi&#232;re qu'elles diffusent c'est &#171; la Sapienza &#187;, la sagesse d'un dieu qui purifie et instruit les Hommes. Du reste, Borromini fut l'architecte de la &#171; Sapienza &#187; et de son &#233;glise &#171; Sant'Ivo &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;glise Saint-Yves-de-la-Sagesse qui appartient &#224; l'&#233;norme complexe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH492/spirale_baroque-5-4c2e4.jpg?1737542649' width='500' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux m'emp&#234;cher de percevoir l'architecture baroque, celle de Borromini, comme l'une des figures adopt&#233;es par la musique sacr&#233;e. Le rythme compliqu&#233; dict&#233; par ses fa&#231;ades, courbes, contre-courbes, incurvations, arcs de cercles invers&#233;s, indentations multiples, concavit&#233;s et rotondit&#233;s r&#233;unies, les riches ornementations de ses lignes int&#233;rieures et ext&#233;rieures, lignes tant m&#233;lodiques que polyphoniques, ses volumes plus ou moins vastes, habiles modulateurs de sons, on parlerait aujourd'hui d'une musique spatialis&#233;e, ces zones de clair-obscur ou d'&#233;clats lumineux, des &#233;blouissements chromatiques, tout, absolument tout, fait musique dans le Baroque et son architecture. Maintenant, la question est de savoir si, malgr&#233; l'ellipse de Kepler, le Baroque e&#251;t &#233;t&#233; pleinement ce qu'il est hors contexte de la Contre-R&#233;forme ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L494xH742/spirale_baroque-4-8a383.jpg?1737542649' width='494' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; Severo Sarduy qui ne consid&#232;re dans le Baroque &#224; peu pr&#232;s que l'ellipse, chez Borromini l'ellipse n'est qu'une figure g&#233;om&#233;trique parmi beaucoup d'autres convoqu&#233;es, en fait toutes, cercle, triangle, &#233;toile, rectangle, carr&#233;, poly&#232;dres en tout genre, ou des parties, ou des combinaisons de ces figures, comme le &#171; sceau de Salomon &#187;, deux triangles en &#233;toile avec des arcs de cercle qui constituent l'id&#233;e de &#171; Sant'Ivo &#187;, et d'autres bien plus savantes encore. Chez lui, il y a beaucoup d'arcades, de colonnades et de plafonds &#224; caissons, et puis, c'est vrai, toujours la divine lumi&#232;re, &#224; la fois produit et composante de l'architecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi les tensions, les torsions, la dynamique du Baroque, c'est la Spirale qui l'exprime le mieux, Spirale &#224; laquelle tous les artistes ont eu maintes et maintes fois recours, et particuli&#232;rement Borromini et Le Bernin, en multipliant au sein de leurs architectures les colonnes torsad&#233;es, les escaliers h&#233;lico&#239;daux, et les volutes ioniques et corinthiennes, bien s&#251;r. Mais, la Spirale est surtout et avant tout une exp&#233;rience de pens&#233;e, qui peut s'&#233;prouver physiquement parfois, lorsque le regard cherche &#224; se porter tr&#232;s haut, jusqu'au centre des coupoles, l&#224; o&#249; volette l'Esprit dit saint, et qu'il tournoie dans sa course ascensionnelle, prenant appui sur le sommet des baldaquins, les chapiteaux &#224; enroulements des colonnes, les ailes battantes des putti, les entablements des rotondes qui diffusent la lumi&#232;re de Borromini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Spirale n'est pas n&#233;e de la cosmologie car en ces temps, et pour longtemps encore, on ignorait tout de l'existence des galaxies. La Spirale est un concept &#233;nerg&#233;tique et inspir&#233; qui a travers&#233; les &#226;ges, depuis les chapiteaux de la Gr&#232;ce et les fines colonnes d'Apam&#233;e en Syrie, et qui a &#233;t&#233; magnifi&#233; par la Renaissance et le Baroque. Michel-Ange me la fait deviner dans le marbre de &#171; La Vierge et l'Enfant &#187; de Bruges, lorsque ce dernier se d&#233;tache d&#233;licatement mais r&#233;solument de sa m&#232;re au regard triste et int&#233;rioris&#233;, qu'il se d&#233;gage du genou et de l'ample robe pliss&#233;e qui l'enveloppe, qu'il s'appr&#234;te &#224; l&#226;cher la douce main, forc&#233;ment apaisante face &#224; l'angoisse des souffrances futures, et &#224; poser le pied &#224; terre en vue de conqu&#233;rir le Monde. Seconde et v&#233;ritable naissance. Mouvement de l'Enfant, amorce d'une spirale dans laquelle se dissout La Madone pour redevenir La Vierge. Exp&#233;rience de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L428xH694/spirale_baroque-6-3c7b0.jpg?1737542649' width='428' height='694' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je la vois aussi inscrite dans le marbre du Bernin lors de &#171; L'enl&#232;vement de Pers&#233;phone &#187;, ou de Proserpine puisque Le Bernin est latin, lorsque cette derni&#232;re tente de s'arracher des mains puissantes et convoiteuses qui s'imprime d&#233;j&#224; dans sa chair d&#233;sirable, et que, prenant appui sur l'une des t&#234;tes de Cerb&#232;re, elle repousse d'une main la face hideuse de l'agresseur et cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, dans une torsion tragique, un mouvement spiral&#233;, une aspiration vers le ciel. Tentative d'&#233;vasion par et dans la Spirale. Exp&#233;rience de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L305xH742/spirale_baroque-7-63bdc.jpg?1737542649' width='305' height='742' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Fernando Pessoa, un homme qui se d&#233;fiait des d&#233;finitions abstraites, disait [de la spirale] que &lt;i&gt;&#171; c'est un serpent sans serpent qui s'enroule verticalement autour de rien &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernando Pessoa - Le livre de l'intranquillit&#233; - Traduction Fran&#231;oise Laye (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Pessoa, ce qui est filtr&#233; par nos sens n'est pas la r&#233;alit&#233;. Il faut dire avec ses mots et ses images en courant le risque de ne pas &#234;tre compris. Seule l'expression litt&#233;raire, le vrai savoir dire, permet de rendre la vie r&#233;elle et la sort de sa trivialit&#233;. Il appartient &#224; chacun d'entre nous de d&#233;finir sa spirale. Mais cette id&#233;e du serpent fait appara&#238;tre l'image d'une spirale n&#233;gative, celle du serpent de la d&#233;ch&#233;ance que l'on trouve chez Masaccio, Cranach, D&#252;rer et beaucoup d'autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;nergie de la spirale, axe tournoyant du Monde, elle-m&#234;me tournant sur son axe invisible, en m&#234;me temps que dynamique de la Modernit&#233;, c'est une &#339;uvre au nom &#233;nigmatique qui nous la fait percevoir, ressentir, &#233;prouver le mieux... &#171; Le probl&#232;me du fond et de la forme dans l'architecture du baroque (seul le tombeau sera tien sans partage) &#187;, imposante sculpture-installation aux marges du minimalisme et de l'art conceptuel, en fait franchement conceptuelle, con&#231;ue et r&#233;alis&#233;e par Reinhard Mucha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physiquement, on se trouve confront&#233; &#224; un hybride de vaisseau spatial et de baraquement de chantier, &#224; la forme approximative de tambour pos&#233; sur un cercle de parpaings. Le cylindre, ou plus exactement le dod&#233;ca&#232;dre, est constitu&#233; de produits manufactur&#233;s, cloisons m&#233;talliques, plaque de formica, &#233;chelles en aluminium, tubes de n&#233;on, tous &#233;l&#233;ments strictement fonctionnels utilis&#233;s d'ailleurs pour leur fonctionnalit&#233; par l'institution qui pr&#233;sente occasionnellement, trop rarement, cette installation. Donc au premier regard, rien de bien attirant. Jean Genet disait que lorsque l'on aborde l'Art &lt;i&gt;&#171; il faut se mettre en &#233;tat de na&#239;vet&#233; &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Genet &#8211; L'atelier d'Alberto Giacometti (Marc Barbezat &#8211; L'Arbal&#232;te &#8211; 1963).&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; c'est-&#224;-dire ne pas censurer ses impressions brutes, c'est gros, c'est rouge, c'est pas beau, c'est beau, mais apr&#232;s il faut exercer ce que Sol LeWitt appellera plus tard son &lt;i&gt;&#171; regard mental &#187;,&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire aller bien au-del&#224; de l'&#339;uvre objet-mat&#233;riel, ici se d&#233;gager de l'image somme toute banale renvoy&#233;e par l'utilisation de mat&#233;riaux de construction et d'am&#233;nagement, comme nous y invite le titre de l'&#339;uvre de fa&#231;on tr&#232;s directe du reste. En effet, malgr&#233; son aust&#233;rit&#233; apparente, elle r&#233;unit tous les principes de l'art baroque, absolument tous, tant du point de vue esth&#233;tique que du point de vue sociopolitique et c'est bien l&#224; l'id&#233;e qui est artistique, bien plus que l'objet dans son apparence &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Baroque c'est le d&#233;bordement int&#233;gral, la submersion des sens, le primat de l'impression, la sortie de tous les cadres, le d&#233;cloisonnement de toutes les pratiques, leur m&#233;lange, leur mixage, leur empi&#232;tement l'une sur l'autre, la profusion ornementale, l'exc&#232;s, la dispersion, la confusion, la luxuriance, la saturation de l'espace et en m&#234;me temps l'explosion de ses limites, l'expansion dans toutes les directions, pour les classiques la pure injure faite au bon go&#251;t, pour les autres la tentative de s&#233;duction historiquement la plus aboutie, un absolu, le spectacle int&#233;gral, l'art total. Mais tout art qui se veut total est un art par nature totalitaire, en d&#233;pit de ses aspects profond&#233;ment novateurs, puisqu'il ne permet aucune respiration, qu'il ne laisse aucune ouverture, aucun espace libre pour la pens&#233;e autonome. Le Baroque est un art ultrar&#233;actionnaire, l'art de la Contre-R&#233;forme, un art antihumaniste et morbide car il ne suffit pas de couvrir le corps des supplici&#233;s d'ors et de perles, de sculpter leur image dans le marbre de Carrare le plus pur, de les baigner dans le chant ondoyant et s&#233;raphique des castrats, pour faire oublier le caract&#232;re effroyable de leur supplice. Son objectif c'est l'&#233;touffement, l'&#233;crasement, la soumission inconditionnelle au dogme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH338/spirale_baroque-9-831bc.jpg?1737542649' width='500' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Baroque est probablement le premier &#224; poser, ou plut&#244;t le premier qui am&#232;ne &#224; se poser, puisque lui-m&#234;me n'est rien d'autres qu'un flot d'images n&#233;gatrices absolues d'interrogation, la question fondamentale qui tourmentera tous les si&#232;cles qui ont suivi son &#233;closion, question paradoxalement moderne puisque d&#233;fiant le temps : qu'est-ce qu'une &#339;uvre d'art et &#224; quoi peut-elle bien servir ? Ce sont les fondements du Baroque et cette question que met en sc&#232;ne Mucha, mise en sc&#232;ne car c'est bien de th&#233;&#226;tre dont il s'agit. Tout d'abord, il utilise les mat&#233;riaux les plus triviaux, des mat&#233;riaux qui consid&#233;r&#233;s isol&#233;ment ne portent aucune charge &#233;motionnelle, et avec eux il remplit totalement l'espace en les disposant d'une mani&#232;re qui annihile leur fonction traditionnelle. Il les d&#233;tourne compl&#232;tement de leur usage et par la m&#234;me provoque chez l'observateur un &#233;garement, un effarement. Il confond, m&#233;lange, confronte, maltraite les domaines et les pratiques en proposant une &#339;uvre ind&#233;finissable, architecturale par le traitement des volumes et l'agencement des mat&#233;riaux, sculpturale par son modelage rigoureux et l'impossibilit&#233; d'y p&#233;n&#233;trer, picturale par le soin apport&#233; &#224; la composition. Il brise tous les crit&#232;res d'esth&#233;tisme, brutalise, voire injurie, les go&#251;ts et les sens, bricole une machine dont le fonctionnement &#233;chappe &#224; toute compr&#233;hension possible. Il fait &#339;uvre de subversion en tournant r&#233;solument le dos aux id&#233;ologues dominants qui eux ne proposent aux peuples que du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mucha provoque l'artiste, son spectateur, son client, l'institution mus&#233;ale qui l'h&#233;berge. Pour l'artiste il r&#233;cuse le statut d'artisan g&#233;nial orgueilleux de son savoir-faire et p&#233;tri de sensibilit&#233;. Au spectateur, il retire tous les cadres de r&#233;f&#233;rence qui le rassuraient. Au client, il refuse le bel objet d&#233;coratif &#224; poser ou &#224; accrocher dans son salon. Quant au mus&#233;e, il le ridiculise en d&#233;cr&#233;tant &#339;uvre d'art un assemblage d'ustensiles qui servent &#224; le construire ou &#224; l'am&#233;nager. En r&#233;sum&#233;, Mucha s'attaque de front &#224; l'art bourgeois et &#224; la richesse du baroque. Dans l'art bourgeois et le baroque spectaculaire, il n'entrevoit qu'un vide d&#233;sesp&#233;rant, un gouffre sans fond, un abysse, puisque l'un et l'autre ne reposent que sur l'apparence, d&#233;clarent le primat de la forme et de ce fait refusent qu'&#233;merge un fond. A bien y r&#233;fl&#233;chir, le monument de Mucha pourrait bien &#234;tre le tombeau de l'esth&#233;tisme et de la pr&#233;tention bourgeoise. Pour Reinhard Mucha, artiste conceptuel s'il en est, l'Art n'est plus une question de forme mais de fonction. Il a une mission celle de questionner la soci&#233;t&#233;, microcosme des acteurs de l'Art, en tout premier lieu, quant &#224; leur raison d'&#234;tre, leur finalit&#233;, et la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;rale, le macrocosme en second lieu, quant &#224; ses valeurs culturelles, politiques et autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ingr&#233;dients de la postmodernit&#233; entrent dans la composition de cette sculpture-installation, hybridation, transdisciplinarit&#233;, primat de la technologie et j'en passe, et pourtant il ne s'agit pas d'une &#339;uvre postmoderne, tout du moins pas par rapport &#224; la question du Baroque. Engendr&#233; par la Contre-R&#233;forme, on l'a d&#233;j&#224; dit, le Baroque a, dans un premier temps, satur&#233; tout l'espace artistique puis est progressivement tomb&#233; dans un demi-sommeil avec des phases paradoxales de Rococo, sorte de clinquant d&#233;gag&#233; de tout caract&#232;re purement religieux, sorte de pornographie architecturale &#224; l'usage de la haute bourgeoisie de ces &#233;poques et des troupeaux touristiques contemporains. A la fin du vingti&#232;me si&#232;cle, il a &#233;t&#233; totalement r&#233;habilit&#233; par les postmodernes, d&#233;rang&#233;s par l'esth&#233;tique froide et d&#233;passionn&#233;e, selon eux, du modernisme et d&#233;sorient&#233;s par la radicalit&#233; artistique et politique des avant-gardes. La volont&#233; des postmodernes &#233;tait de d&#233;molir, pour ne pas employer le concept derridien de d&#233;construire, ce bloc modernisme/avant-garde, trop strict, trop dogmatique, trop id&#233;ologique et trop savant &#224; leur go&#251;t, &#233;difice dont l'Humanisme et les Lumi&#232;res avaient pos&#233; les fondations, en organisant le retour du Baroque en architecture notamment, avec des gens comme Frank Gehry par exemple, et en musique aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reinhard Mucha, lui, se livre &#224; une critique syst&#233;matique du Baroque &#224; finalit&#233; r&#233;actionnaire, r&#233;action dans un premier temps &#224; la R&#233;forme et dans un second temps &#224; la Modernit&#233;, tout en rendant hommage au mouvement, &#224; la dynamique, &#224; l'&#233;nergie qu'il partage avec la Modernit&#233; et c'est ici que revient l'escalier de Rembrandt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans mon texte &#8220;Spirales&#8221; je fais une analyse plus ou moins psychanalytique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la Spirale, car &#171; Le probl&#232;me du fond et de la forme dans l'architecture du baroque &#187; n'est, en derni&#232;re analyse, rien d'autre qu'une spirale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mucha a cercl&#233; son dod&#233;ca&#232;dre de trois rang&#233;es de tubes &#224; n&#233;on et a dispos&#233; deux par deux, en oblique et sur deux &#233;tages, c'est-&#224;-dire entre les cercles de n&#233;ons, huit escabeaux d'aluminium. Les escabeaux impriment &#224; l'ensemble de la sculpture un mouvement de torsion, mouvement &#233;nergique et &#233;nerg&#233;tique, renforc&#233; par la lumi&#232;re, &#233;nergie &#233;lectrique, des cercles de n&#233;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est question de mort aussi et peut-&#234;tre bien de quelque chose qui aurait &#224; voir avec Allemagne et son histoire. Sur l'une des faces du dod&#233;ca&#232;dre est accroch&#233; un grand panneau de formica tout noir, &#233;cran qui ne renvoie aucune image, miroir qui ne refl&#232;te rien, plaque fun&#233;raire ne portant aucune inscription. La reconstruction allemande propre, nette, rapide, efficace et sans &#226;me, s'est op&#233;r&#233;e froidement en foulant les cendres de dizaines de millions de personnes, sur les ruines fumantes de L'Europe et de l'Humanisme et par cons&#233;quent sur le tombeau pr&#233;cipitamment scell&#233; de la Modernit&#233;. Reinhard Mucha dit quelque chose l&#224;-dessus, il ne faut pas en douter. Plus rien de sensible et de v&#233;ritablement sens&#233; ne pourra &#234;tre r&#233;alis&#233; et, comme l'a dit un jour Samuel Becket, je crois, &lt;i&gt;&#171; L'Humanisme est devenu le pet du monde&#8230; apr&#232;s Auschwitz &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH465/spirale_baroque-1-7710b.jpg?1772204456' width='500' height='465' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Extraits de &#171; Autour de la parole et de la musique d'Hildegarde von Bingen &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
et de &#171; Spirales &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Severo Sarduy (1937 - 1993), po&#232;te et critique d'art d'origine cubaine, est l'auteur de &#171; Barroco &#187; (Le Seuil - 1975), essai que beaucoup consid&#232;rent comme une r&#233;f&#233;rence absolue sur l'art baroque et qui est en fait un ouvrage o&#249; l'on parle fort mal et fort peu du Baroque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;glise Saint-Yves-de-la-Sagesse qui appartient &#224; l'&#233;norme complexe de l'Universit&#233; de Rome, la Sapienza.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernando Pessoa - Le livre de l'intranquillit&#233; - Traduction Fran&#231;oise Laye (Christian Bourgois Editeur - 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Genet &#8211; L'atelier d'Alberto Giacometti (Marc Barbezat &#8211; L'Arbal&#232;te &#8211; 1963).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans mon texte &#8220;Spirales&#8221; je fais une analyse plus ou moins psychanalytique et th&#233;ologique du &#171; Philosophe en m&#233;ditation &#187; de Rembrandt, petit tableau construit autour d'un escalier en spirale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Galipettes et attracteurs &#233;tranges</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Christophe Nourisson</dc:creator>


		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>installation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les langues que nous parlons limitent effectivement nos conceptions conscientes du monde, mais aucun mot ne peut dissiper le pouvoir que la gravit&#233; et la pluie et le besoin constant que nous avons de l'air de la Terre ont sur les formes de nos corps, sur la tournure et la texture de nos pens&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2515-7f278.jpg?1772251784' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les langues que nous parlons limitent effectivement nos conceptions conscientes du monde, mais aucun mot ne peut dissiper le pouvoir que la gravit&#233; et la pluie et le besoin constant que nous avons de l'air de la Terre ont sur les formes de nos corps, sur la tournure et la texture de nos pens&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DAVID ABRAM. Devenir animal une cosmologie terrestre. P.171. &#233;d. Dehors. 2024.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
David Abram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je repense au r&#233;cit que l'artiste fait de cette rencontre soudaine avec une parfaite feuille de papier A4 tomb&#233;e au sol. &#192; la facult&#233; de ce blanc de papier &#224; venir troubler son appr&#233;ciation du monde. &#192; la suspension spatiale et temporelle de la perception op&#233;r&#233;e par le rectangle de blanc. &#192; la nette g&#233;om&#233;trie rectangulaire qui amorcerait un dialogue sans fin entre soi et les choses. &#192; l'observation fascinante d'un monde qui r&#233;appara&#238;t en bordure de ce qui n'aurait ni forme, ni mati&#232;re. L'artiste affect&#233; par la vue &#8212; ce tact sans contact &#8212; d'une figure g&#233;om&#233;trique fragile produite par l'industrie, entre en exp&#233;rience. Ses &#339;uvres nomm&#233;es Galipettes prolongent et rejouent l'intuition premi&#232;re d'un &#171; &lt;i&gt;Blitz&lt;/i&gt; &#187; comme une mani&#232;re de faire art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les galipettes r&#233;f&#232;rent &#224; des surfaces perc&#233;es impeccablement, de papier, d'acier, de verre, de miroir et plus r&#233;cemment de trames grillag&#233;es, elles peuvent &#233;pouser diff&#233;rents contextes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_sans_titre._galipette_papier_a4_1992__c_philippe_robin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH625/2_sans_titre._galipette_papier_a4_1992__c_philippe_robin-a79f2.jpg?1721841908' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sans titre, papier A4, 1992
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Philippe Robin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#232;gle de jeu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tenons-nous au-devant d'une imaginaire pi&#232;ce inaugurale, soit une feuille de papier A4 perc&#233;e d'un carr&#233; d&#233;coup&#233;. La dimension des c&#244;t&#233;s du carr&#233; est obtenu par la soustraction de la largeur &#224; la longueur. Ainsi le carr&#233; d'un rectangle de format 21 x 29,7 centim&#232;tre aura une dimension de 8,7 centim&#232;tre par 8,7 centim&#232;tre. Galipette premi&#232;re d'un rectangle en carr&#233; de vide, cela se tient. Tracer &#8212; percer un carr&#233;, jusqu'&#224; la limite extr&#234;me o&#249; le rectangle redevenu carr&#233; annulerait l'op&#233;ration avec un carr&#233; de plein devenu carr&#233; de vide ; ici, pas de carr&#233; dans le carr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feuillet rectangulaire demeure comme une aire volatile de r&#233;ception graphique fa&#231;onn&#233;e par les &#234;tres humains. Toutes les feuilles : &lt;i&gt;&#171; laissez parlez les petits papiers &#187;&lt;/i&gt;, papier journal, chiffon, buvard, de riz ou d'Arm&#233;nie, d'acier, d'aluminium ou de platine, imprim&#233; ou pas, macul&#233; ou pas, peint ou pas, parfaitement rectangle ou pas. Certaines &#339;uvres de papier sont accroch&#233;es au mur comme des tableaux, d'autres jouent avec l'espace et toutes op&#232;rent un &#233;tonnant cadrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;nouer le standard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1786 Georg Christoph Lichtenberg, initia la standardisation naissante de la papeterie avec l'adoption d'un ratio &#233;l&#233;gant : &#8730;2 = 1,414, pour le calcul de divers formats de papier. Ce fut l'un des rapports, qui facilita la r&#233;alisation des livres parce qu'il maintenait l'homoth&#233;tie de chacune des feuilles pli&#233;es en deux. La simplification et l'&#233;l&#233;gance de la d&#233;coupe des feuillets particip&#232;rent &#224; la rationalisation de cette production manufacturi&#232;re. Le ratio fut d&#233;finitivement adopt&#233; par le &lt;i&gt;Deutsches Institut f&#252;r Normung&lt;/i&gt; en 1922 comme norme standard et internationale, puis inonda les pays des pratiques formats A &#8212; B &#8212; C. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la sous-face invisible de la nouvelle production papeti&#232;re, des invariants num&#233;riques hors sol et hors temps s'install&#232;rent durablement. Ils se sont infiltr&#233;s dans les quatre coins de nos quotidiens, de la feuille de papier &#224; l'habitat, de l'horloge au trac&#233; des villes. La loi des nombres donna le tempo d'un nouveau monde sans nuits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si &lt;i&gt;ce qui manque ne peut pas &#234;tre compt&#233;,&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;CCL&#201;SIASTE, 1,15.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les morts, l'eau vive d&#233;j&#224; partie ou des nuages au loin, l&#224;-bas, cela ne compterait-il pas ? Le pliage du monde aux douteuses et incontestables lois des nombres participe &#224; l'uniformisation des &#233;coum&#232;nes mais est-ce vraiment le monde que nous habitons ? &#192; mes pieds, papier, pas encore emport&#233; par les vents, mais un peu chiffonn&#233; tout de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_contro_le_cosmique._double_page_du_journal_libe_ration._60_x_40_cm_2017__c_philippe_robin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_contro_le_cosmique._double_page_du_journal_libe_ration._60_x_40_cm_2017__c_philippe_robin-5deac.jpg?1772205954' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le cosmique, Lib&#233;ration des 17 et 18 mars 2018, 2018
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Philippe Robin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papiers de vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les doubles-pages de journal sont gliss&#233;es entre deux feuilles de verre, tr&#232;s l&#233;g&#232;rement d&#233;coll&#233;es du mur, quelques millim&#232;tres y suffisent pour spatialiser la feuille. Bien qu'elle f&#251;t encapsul&#233;e, elle demeurera une feuille volante prise dans les infinis flux de la perception. Cette inframince surface trou&#233;e coop&#232;re avec le mur, l'architecture et le paysage. Certaines retiennent le regard de l'artiste : pages du Herald Tribune, du Corriere de la Sera, du Monde... Lieu d'une &#171; &lt;i&gt;Blitzkrieg&lt;/i&gt; &#187; des signes et des images en pellicule d'encre : DRAGHI / PASOLINI , FERRARI / XI XINPING, SOTEBY'S / MALEVICH... Les contours sont parfois abim&#233;s, d&#233;chir&#233;s ou color&#233;s. Seule la d&#233;coupe tr&#232;s nette du carr&#233; cr&#233;e un manque, une absence, un arrachement des signifiants, d&#232;s lors, la suspension op&#232;re comme un acc&#233;l&#233;rateur. L'ouverture au d&#233;ploiement festif des signes amput&#233;s g&#233;n&#232;re des collisions qui provoquent de nouvelles combinaisons mol&#233;culaires &#8212; Entre la photographie du corps &#233;chou&#233; du petit Alyan Kurdi et une publicit&#233; pour les bijoux de la princesse s'&#233;tale en vis-&#224;-vis la condition journalistique prise dans les rets d'une &#233;conomie capitaliste, entre publicit&#233; et information&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JEROME FENOGLIO. R&#233;fugi&#233;s, Une photo pour ouvrir les yeux. Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; Ces signes des temps qui, une fois consomm&#233;s, sont renvoy&#233;s aux avenues des passages &#233;ph&#233;m&#232;res ou au pilon des nettoyeurs d&#233;ploient dans leur pr&#233;l&#232;vement artistique un triple potentiel s&#233;mantique, esth&#233;tique et m&#233;taphysique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_martha_rosler._cleaning_the_drapes._1967-1972.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH366/4_martha_rosler._cleaning_the_drapes._1967-1972-2f8fc.jpg?1772205954' width='500' height='366' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Martha Rosler, Cleaning the Drapes, 1967-1972
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#233;d&#233; relevant du d&#233;-coll/age est balis&#233; dans ses formes contemporaines par des artistes comme Wolf Vostell qui inaugurait la notion, &#224; la vue de la une du Figaro du 6 septembre 1954, rapportant le crash d'un avion &#224; l'a&#233;roport de Shannon en Irlande ou par l'artiste experte en d&#233;voilement Martha Rosler. Chez DDV la nature m&#234;me du support et le geste pr&#233;cis de la d&#233;coupe alt&#232;re l'objectivit&#233; des signes. La fr&#233;quence des retards occasionn&#233;s par un percement, une fragilit&#233; des bords ou les multiples interventions color&#233;es, mettent en question toute tentative d'interpr&#233;tation qui ne prendrait pas en compte le mouvement irr&#233;ductible du regard : Le prince Charles en kilt au ch&#226;teau de Balmore, perl&#233; de points de couleurs, l'autocollant &lt;i&gt;d'houmous&lt;/i&gt; bleu barrant la pyramide de Kh&#233;ops ou bien les d&#233;chirures s'offrant parfois un voyage dans le vide du papier. L'&#339;il en navigation instruit un r&#233;gime d'interpr&#233;tation de l'image qui passe aussi par la couleur. L'autocollant d'houmous r&#233;pondant &#224; la typographie du mot tatoo encr&#233; dans le m&#234;me bleu. Les points macules de peinture rouge dialoguant avec les chaussettes du prince troublent la saisie des signifiants. &#192; travers l'&#233;videment ou le d&#233;p&#244;t de couleur, l'agentivit&#233; des signes ainsi malmen&#233;s devrait nous amener &#224; revisiter notre rapport aux &#339;uvres. L'infra-linguistique du percept agit de concert avec le concept. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chez Martha Rossler, la mise en visibilit&#233; de registre contradictoire op&#233;rant, gr&#226;ce au collage, d'un int&#233;rieur am&#233;ricain cosy en balcon d'une sc&#232;ne de la guerre du Vietnam, retient l'attention sur la critique adress&#233;e aux mass media et leurs caract&#232;res manipulatoires. Elle prend appui sur une s&#233;miotique confiante des images que Dominique de Varine ne cesse de faire trembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; consid&#233;rer la s&#233;rie r&#233;alis&#233;e avec les doubles-pages de journaux, je d&#233;c&#232;le une d&#233;prise objectale. Comment d&#232;s lors appr&#233;hender, ces &#034;Objets en moins&#034; et par o&#249; notre exp&#233;rience sensible s'y trouve convoqu&#233;e ? Erwin Strauss dans son ouvrage &lt;i&gt;Le sens des sens&lt;/i&gt; qualifiait la perception de &#171; &lt;i&gt;d&#233;termination de ce qui est d&#233;terminable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ERVWIN STRAUSS. Du sens des sens. Contribution &#224; l'&#233;tude des fondements de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; &#187; L'auteur proposait d'y substituer le &#171; sentir &#187; et le &#171; se mouvoir &#187;. Notions qui red&#233;finissent le sujet d'une exp&#233;rience dans le paysage contre l'extra-mondanit&#233; des spatialit&#233;s g&#233;ographiques sans horizons. Catherine Grout l'&#233;nonce en ces termes : &#171; &lt;i&gt;le sentir et donc l'espace du paysage, correspond &#224; un &#234;tre reli&#233; en communication avec le monde environnant, sans d&#233;termination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CATHERINE GROUT. Le sentiment du monde. Exp&#233;rience et projet de paysage. P. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; &#187; En d'autres termes, la s&#233;paration du sujet en lecture d'un monde de signes r&#233;duirait le champ &#233;largi de l'exp&#233;rience et par extension de toute exp&#233;rience esth&#233;tique. Cette critique non voil&#233;e du cognitivisme et des scalpels habituels de l'approche perceptive nous permet d'appr&#233;hender des &#339;uvres qui ne sont pas de purs objets d&#233;tach&#233;s qu'il faudrait simplement lire ou d&#233;coder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste de cr&#233;ation produit, &#224; l'&#233;quilibre entre sens et non-sens, une disponibilit&#233; qui le rend profond&#233;ment politique. Il y a l&#224;, comme le savoir ant&#233;diluvien d'un monde d'avant l'&#233;mergence d'une appropriation par la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_elfiraction_verre_186_x_123_x_1_cm_moulin_de_constance_2024_c_dominique_de_varine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/5_elfiraction_verre_186_x_123_x_1_cm_moulin_de_constance_2024_c_dominique_de_varine-efdbf.jpg?1772205954' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Elfiraction, verre, 186 x 123 x 1 cm, Moulin de Constance, 2024
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169;Dominique de Varine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Petits lorsqu'ils s'offrent en proth&#232;se manipulable et parfois de grandes dimensions, les plans prennent place dans diff&#233;rents contextes, de la galerie &#224; l'atelier, du jardin &#224; la pleine nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au loin, presque invisible, un plan de verre rectangulaire perc&#233; d'un carr&#233; s'adosse &#224; un arbre, il refl&#232;te toutes les images du monde changeant. En son centre vide, c'est la continuit&#233; du r&#233;el hors cadre qui appara&#238;t. Ici, dans cet &#233;videmment mat&#233;riel op&#232;re un mouvement de bascule troublante qui siphonne et d&#233;gorge le r&#233;el. L'&#233;cran de verre pos&#233; au sol de biais attrape les reflets de ses entours. Il intercale une surface sp&#233;culaire d&#233;stabilisante entre les profondeurs des dedans et dehors. &#192; son contact, ce sont nos rep&#232;res spatiaux de verticalit&#233; et d'horizontalit&#233; qui vacillent. Ce basculement l&#233;ger pris dans la continuit&#233;, du d&#233;placement du visiteur, ouvre &#224; une autre compr&#233;hension de la fabrique les images. Assur&#233;ment, le reflet comme image premi&#232;re semble convoqu&#233; &#224; la table de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21484 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;95&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_sans_titre._galipette_et_structure_portante._inox._2022__300_x_280_x_250_cm_c_philippe_robin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH625/6_sans_titre._galipette_et_structure_portante._inox._2022__300_x_280_x_250_cm_c_philippe_robin-a48d3.jpg?1721841908' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sans titre, Galipette et structure portante : inox, 300 x 280 x 250 cm, 2022
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Philippe Robin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Accroch&#233;e &#224; un portique, une grille de m&#233;tal perc&#233;e, pendue &#224; la verticale. Plan d'immanence d'un stabile en capacit&#233; virtuelle de s'arracher &#224; la pesanteur. Dire le plan encore, cette fois en croisement de lignes qui croisent l'acier &#224; l'orthogonale. Sculpture d'air d'un plan ouvert &#224; toutes les affectations du vide. La tranche du plan qui tranche l'espace met en p&#233;ril la surface, qui devenue ligne nous invite aux banquets des sensations myst&#233;rieuses. On s'arr&#234;te et on se tient t&#234;te au ciel, pied au sol devant ce plan en capacit&#233; de r&#233;volution &#224; 360&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus &#233;tonnant encore, ce grand m&#226;t vertical de plein champ, maintenu &#224; sa base par le volume d'un double cube grillag&#233;. Une ligne verticale qui file en assaut c&#233;leste, comme une antenne. Elle est flanqu&#233;e de trois Galipettes. Des trames m&#233;talliques, noires et de diff&#233;rentes dimensions qui sont orient&#233;es dans le m&#234;me axe et coiff&#233;es d'une trame carr&#233;e. Au plus proche d'une verticale en attente d'un &#233;clair, l'indicible sensation &#233;nerg&#233;tique nous rappelle aux m&#233;moires des cages de Faraday et des baquets de Mesmer. Le t&#233;nu de l'apparition s'y fait subtil, en effet, la vue sur la tranche joue les passes-murailles et la grille accroche la lumi&#232;re en filigrane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une boucle de cuivre biscornue traverse le carr&#233; perc&#233; d'une petite plaquette rectangulaire de platine. Une galipette &#224; porter comme un bijou. Cette sculpture ornementale fait compagnonnage avec l'humain, en collier, en bracelet. La surface polie capte le visible et se d&#233;place le long de la boucle au gr&#233; de nos mouvements, elle expose l'infini volatilit&#233; de toutes formes de fixation. Rep&#233;r&#233; sur le corps de l'autre, cet &#233;trange ornement, magn&#233;tise l'environnement comme le fait l'impeccable verticale m&#233;tallique du m&#226;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reliance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les surfaces mat&#233;rielles accueillent les d&#233;p&#244;ts pelliculaires d'images de toute nature, des reflets jusqu'aux innombrables graphies. Lorsqu'elles sont perc&#233;es d'un parfait carr&#233;, elles intercalent un cadre entre le spectateur et les choses. Ce cadre vagabond raconte une autre histoire que celle des &lt;i&gt;Camera Obscura,&lt;/i&gt; qui par souci d'objectivit&#233; tentaient l'impossible capture d'un temps et d'un espace irr&#233;ductibles dans le temps d'une exp&#233;rience monoculaire, &#224; l'abri des rumeurs du biote et du cosmos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disponibles sous les formats vari&#233;s de papier, de m&#233;tal, de miroir ou de verre, les plans sont emprunt&#233;s &#224; l'industrie, ils sont les lieux d'un souvenir originel de la g&#233;om&#233;trie. La surface g&#233;om&#233;trique r&#233;f&#232;re aux &#171; id&#233;&#239;t&#233;s abstraites &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EDMUND HUSSERL. L'origine de la g&#233;om&#233;trie. Traduction de Jacques Derrida. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui, comme une formule magique, permettraient d'acc&#233;der aux mouvements secrets de l'imperceptible. Il est probable que les &#234;tres humains se surprirent eux-m&#234;mes lorsque, en attention d'un jeu d'enfant, ils imagin&#232;rent une droite autour de laquelle s'enroulaient les corps ou bien que d'une ombre projet&#233;e, ils en d&#233;duisirent la mesure des pyramides&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DIOGENE LA&#203;RCE : &#171; Hi&#233;ronyme dit que Thal&#232;s mesura les pyramides d'apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La philosophie gr&#233;co-latine a &#233;rig&#233; en discours de v&#233;rit&#233; les &#171; id&#233;alit&#233;s abstraites &#187;. Dans le r&#233;gime prolong&#233; de gouvernance num&#233;rique qui est le n&#244;tre, il est salutaire de rencontrer des artistes qui, &#224; la mani&#232;re des petits corps en jeu de roulade, nous invitent &#224; m&#233;diter sur l'impasse affective d'une dramatisation de la schize int&#233;rieure. On le voit, c'est la vitalit&#233; d'un jeu qui &#233;prouve le monde &#224; l'envers, celui d'une t&#234;te au sol en mouvement r&#233;volutionnaire, qui perp&#233;tue l'autre de la transmission pris dans l'&#233;paisseur du monde. Ce sont ces hommes, femmes et enfants toujours branch&#233;s sur les baignoires qui d&#233;bordent, les pommes qui soudainement se d&#233;tachent ou les roues de bicyclette qui s'animent en feu follet, qui &#233;branlent la doxa d'une s&#233;paration corps &#8212; esprit. Ils sont les porteurs d'une m&#233;moire cach&#233;e dans les tr&#233;fonds d'une proto-histoire, &#224; l'&#233;vidence toujours active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de vide ouvre sur un fragment de r&#233;el que jamais rien ne fige, parce que la continuit&#233; perceptive d&#233;roule les fluctuations du dedans et du dehors, du stable et de l'instable. L'intuition artistique m&#251;rit ici le projet d'une reliance, depuis l'ombrageux de la conscience, car le logos des ombres est encore l'ombre du logos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MICHEL SERRES. Ce que Thal&#232;s a vu au pied des pyramides, Hermes II. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/992311810?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Dominique de Varine&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mature, acier, 150 x 75 x 800 cm, 2018 (copyright Seymour Chase Dugowson)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DAVID ABRAM. &lt;i&gt;Devenir animal une cosmologie terrestre&lt;/i&gt;. P.171. &#233;d. Dehors. 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#201;CCL&#201;SIASTE, 1,15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;JEROME FENOGLIO. &lt;i&gt;R&#233;fugi&#233;s, Une photo pour ouvrir les yeux.&lt;/i&gt; Le Monde 3/09/2015. &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/04/refugies-une-photo-pour-ouvrir-les&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/04/refugies-une-photo-pour-ouvrir-les&lt;/a&gt; yeux_4744650_3214.html.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ERVWIN STRAUSS. Du sens des sens. Contribution &#224; l'&#233;tude des fondements de la psychologie. 1&#691;&#7497; &#233;dition 1935. Traduit de l'allemand par Georges Thin&#232;s et Jean-Pierre Legrand. &#233;d. J&#233;r&#244;me Millon. 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CATHERINE GROUT. &lt;i&gt;Le sentiment du monde. Exp&#233;rience et projet de paysage.&lt;/i&gt; P. 37. &#233;d. La lettre Vol&#233;e. 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;EDMUND HUSSERL. &lt;i&gt;L'origine de la g&#233;om&#233;trie.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction de Jacques Derrida. &#233;d. Presse Universitaire de France. P. 181. Paris. 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;DIOGENE LA&#203;RCE : &lt;i&gt;&#171; Hi&#233;ronyme dit que Thal&#232;s mesura les pyramides d'apr&#232;s leur ombre, ayant observ&#233; le temps o&#249; notre propre ombre est &#233;gale &#224; notre hauteur. &#187; Vie, doctrine et sentences des philosophes illustres,&lt;/i&gt; Thal&#232;s, I, 27. &#233;d. Le livre de poche. 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MICHEL SERRES. Ce que Thal&#232;s a vu au pied des pyramides, &lt;i&gt;Hermes II. L'Interf&#233;rence.&lt;/i&gt; P.172. Les &#233;ditions de Minuit. 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;t&#233; 2024 au Moulin de Constance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Exposition collective du 29/06/2024 au 29/09/2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur rendez-vous uniquement&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Moulin de Constance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
rue Chante Grenouille, 17800 Pons &lt;br class='autobr' /&gt;
fmx.desligneris@gmail.com&lt;br class='autobr' /&gt;
06.22.39.38.25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'introduction : &#169; Takeshi Miyamoto&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_atelier_de_dominique_de_varine_2023_c_philippe_robin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_atelier_de_dominique_de_varine_2023_c_philippe_robin.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;534&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Atelier de Dominique de Varine 2023
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Philippe Robin
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;vanescences</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Evanescences</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Evanescences</guid>
		<dc:date>2024-07-01T07:25:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>voyage</dc:subject>
		<dc:subject>moyen-orient</dc:subject>
		<dc:subject>nostalgie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le temps s'&#233;coulait hors du temps, les petits matins s'&#233;tiraient langoureusement et tous les soirs se paraient d'orange. C'&#233;tait cela l'Arabie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/voyage" rel="tag"&gt;voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/moyen-orien" rel="tag"&gt;moyen-orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/nostalgie" rel="tag"&gt;nostalgie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH94/arton2494-94613.jpg?1772204049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le temps s'&#233;coulait hors du temps, les petits matins s'&#233;tiraient langoureusement et tous les soirs se paraient d'orange. C'&#233;tait cela l'Arabie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Temps dilat&#233;, temps de l'Arabie, se fondre dans l'espace aussi, se faire oublier dans l'ombre d'un muret, n'&#234;tre plus que regard, apprendre l'Orient&#8230; s'asseoir sur un tas de pierres ou se noyer dans le feuillage d'un arbre bas, et puis regarder simplement les gens vivre, prendre le pouls de cette humanit&#233; primordiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/denis_schmite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH733/denis_schmite-3d744.jpg?1717589579' width='500' height='733' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;J'&#233;tais Hamlet !... Derri&#232;re moi le spectre de Palmyre.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il y eut cette belle fin d'apr&#232;s-midi de printemps et cette rencontre avec le petit musicien de Tadmor la secr&#232;te... Nous l'avions entendu de tr&#232;s loin sa fl&#251;te de jonc. C'&#233;tait comme un serpentin qui se d&#233;ployait dans l'air encore chaud, une sinuso&#239;de m&#233;lodieuse qui allait droit au c&#339;ur. Nous le d&#233;couvr&#238;mes accroupi au pied d'une colonne, tout pr&#232;s du th&#233;&#226;tre antique, tranquille et harmonieux. C'&#233;tait un jeune homme doux et roux, au visage t&#226;ch&#233; de son. Nous &#233;change&#226;mes quelques phrases courtoises dans nos langues respectives puis il nous proposa d'aller visiter son jardin. Nous le suiv&#238;mes par les chemins rafraichissants de la belle palmeraie, juste derri&#232;re le grand temple de Baal. Il nous offrit de l'eau et profusion de dattes, puis silencieux, assis &#224; m&#234;me le sol, nous nous content&#226;mes d'&#233;couter le chant des oiseaux et leurs battements d'ailes, simplement et r&#234;veusement. La vie ne devrait jamais &#234;tre plus compliqu&#233;e que cela&#8230; Temps &#233;vanoui de l'Arabie.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/capture_d_e_cran_2024-06-06_a_12_51_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH337/capture_d_e_cran_2024-06-06_a_12_51_copie-906e6.jpg?1717702067' width='500' height='337' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telle &#224; Palmyre, Tadmor la secr&#232;te, des villes avaient surgi des sables, &#233;taient n&#233;es quasi spontan&#233;ment du d&#233;sert et les gens vivaient parmi les vestiges du pass&#233;, au milieu de l'Histoire... Ils habitaient de la mani&#232;re la plus naturelle qui soit le berceau de l'humanit&#233;, au carrefour des peuples, &#224; la crois&#233;e des courants invasifs et des chemins caravaniers. Ils travaillaient des champs que les Romains avaient trac&#233;s et born&#233;s, comme au nord d'Alep en pays Kurde. Les civilisations endog&#232;nes, Sum&#233;riens, Babyloniens, Canan&#233;ens, Aram&#233;ens, Chald&#233;ens, Palmyr&#233;ens, et exog&#232;nes, Hittites, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Byzantins, Crois&#233;s de toute l'Europe, Mongols, Ottomans, et bien d'autres encore avant et apr&#232;s, avant surtout, s'&#233;taient d&#233;pos&#233;es comme des couches alluvionnaires, des strates d'intelligence humaine qui constituaient un terreau composite et bien fertile sur lequel avait germ&#233;, puis pouss&#233;, le &#171; peuple &#187; le plus charmant et le plus courtois de l'Orient, et peut-&#234;tre de la terre enti&#232;re, le peuple syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hospitalit&#233; syrienne &#233;tait in&#233;galable. Il suffisait de s'adosser &#224; un muret pour qu'un verre de th&#233; au miel vous soit tendu par une main anonyme par-dessus ce muret. Le th&#233; c'&#233;tait toute la chaleur de l'Orient et le miel toute la douceur de l'Arabie, suc de son &#226;me noble et pure dilu&#233; dans un tout petit verre mordor&#233;. En Syrie, le th&#233; davantage qu'un rituel d'accueil, qu'une politesse rendue au visiteur, &#233;tait un partage authentique, une mani&#232;re d'eucharistie la&#239;que pourrait-on dire, le franc t&#233;moignage d'une fraternit&#233; ressentie pour le moins, et d&#233;j&#224; ce moins me remplissait l'&#226;me, &#224; moi. Ce partage du th&#233; c'&#233;tait une offre de suspension du temps pour rester un peu ensemble et tenter de se d&#233;couvrir un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied des ruines archi-mill&#233;naires d'Ugarit, j'ai bu le th&#233; avec un b&#233;douin &#233;leveur de moutons, en compagnie de ses femmes et de ses enfants, sous la tente qu'il avait dress&#233; l&#224;. Les uns et moi, l'autre, nous nous regardions, &#233;tonn&#233;s de cette rencontre, heureux d'avoir gomm&#233; une totale improbabilit&#233; en un instant, instant que nous cherchions &#224; &#233;tirer les uns et moi, l'autre, avec ce verre de th&#233; que nous d&#233;gustions &#224; minuscules gorg&#233;es. Nous diluions le temps dans nos verres de th&#233;. La vie ne devrait jamais &#234;tre plus compliqu&#233;e que cela... Temps &#233;vanoui de l'Arabie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_21250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ruines-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH319/ruines-2-0808d.jpg?1717703089' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout pr&#232;s des ruines pluris&#233;culaires du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, l'un de ces anachor&#232;tes de style ancien qui, pour se rapprocher de Dieu, avait choisi de vivre au sommet d'une colonne de marbre, un aspirant au ciel, aid&#233; par deux chevaux &#224; la robe blanche &#233;clabouss&#233;e de beige, un homme labourait son champ dans la fra&#238;cheur du petit matin. L'attelage progressait lentement, mais sans difficult&#233; apparente, et le soc tra&#231;ait un sillon bien droit dans la terre grasse et rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans les allers-retours lents et silencieux d'un laboureur dans son champ, et j'en ai regard&#233; beaucoup des laboureurs ici et ailleurs, quelque chose qui semble participer de la m&#233;canique terrestre, mais d'une m&#233;canique r&#233;guli&#232;re, horlog&#232;re, sans &#224;-coups, pour ainsi dire m&#233;tronomique. Chaque laboureur est un m&#233;tronome de sa terre. Il lui donne une cadence, un tempo. Il y fait na&#238;tre, ou mieux, il en r&#233;v&#232;le la pulsation profonde. Mais le laboureur est un m&#233;tronome silencieux. Il n'a pas besoin d'exhorter ses b&#234;tes en poussant des cris rauques ou en usant du b&#226;ton comme un charretier, ni de les forcer &#224; grand renfort de chiens harceleurs et aboyeurs comme un berger regroupant son troupeau en une masse compacte. C'est un homme calme, patient, compr&#233;hensif et attentionn&#233; qui &#233;tablit une v&#233;ritable relation de compagnonnage avec ses b&#234;tes, homme et attelage ont un travail &#224; mener &#224; bonne fin, et qui a m&#234;me des pr&#233;ventions pour elles. Le laboureur est &#224; la fois m&#233;ticuleux et contemplatif. Il veille &#224; la rectitude de son sillon comme un sculpteur amoureux de la mati&#232;re et s&#251;r de son art, et dans le m&#234;me temps cette rectitude tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment parall&#232;le &#224; une autre rectitude, celle du sillon pr&#233;c&#233;dent, para&#238;t &#234;tre pour lui la source et/ou l'objet d'une in&#233;puisable m&#233;ditation &#224; dimension incontestablement socio-cosmique. Le sillon droit est certes le fruit d'un travail appliqu&#233; mais c'est aussi l'image de ce que pourrait &#234;tre un monde non chaotique, mesur&#233;, harmonieux. Le laboureur &#224; sa t&#226;che montre l'application d'un ancien copieur de musique qui devait au pr&#233;alable tracer ses port&#233;es &#224; la plume sur une feuille de papier vierge et il &#233;prouve le ravissement d'un compositeur inspir&#233; lorsqu'il explore les champs sonores et les lignes harmoniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, le printemps pr&#233;coce avait d&#233;ploy&#233; un tapis de fleurs multicolores. L'homme et ses chevaux continuaient &#224; effectuer leur va-et-vient tranquille. Assis sur une pierre, &#224; c&#244;t&#233; d'un &#233;norme bouquet d'iris tigr&#233;s, la dame que j'accompagnais et moi-m&#234;me les regardions man&#339;uvrer, l'homme et les b&#234;tes. Soudain, le laboureur abandonna son attelage apr&#232;s l'avoir mis &#224; l'arr&#234;t et se dirigea lentement vers nous. Il sortit de sa poche un couteau pliant et coupa prestement quelques fleurs qu'il offrit avec un large sourire &#224; la dame que j'accompagnais.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_21247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/chateau_de_saladin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH755/chateau_de_saladin-d71a5.jpg?1717702156' width='500' height='755' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai en t&#234;te une autre histoire, celle d'un homme qui avait intens&#233;ment v&#233;cu l'Histoire : le gardien du ch&#226;teau de Saladin. C'&#233;tait un homme serein qui allait sur ses quatre-vingt ans tout en en paraissant &#224; peine soixante. Je le revois accroupi sur ses talons et le sourire aux l&#232;vres devant la grande porte de la vieille forteresse, tripotant son chapelet d'agr&#233;ment d'une main et tirant sporadiquement de profondes bouff&#233;es d'une grosse cigarette de tabac brun qu'il tenait de l'autre main. Le gardien du ch&#226;teau de Saladin &#233;tait l'un de ces beaux vieillards profonds et rac&#233;s qui m&#233;ditent le jour durant &#224; l'ombre des murailles des kraks massifs. Beaucoup d'entre eux avaient emprisonn&#233; dans leurs yeux la couleur de la m&#233;diterran&#233;e captur&#233;e sur les rivages d'Ugarit et de Lattaqui&#233; mais de plus prosa&#239;ques que moi diront qu'il s'agit l&#224; du simple h&#233;ritage tenu des chevaliers crois&#233;s de France. Le regard du gardien du ch&#226;teau de l'&#201;mir avait conserv&#233;, quant &#224; lui, la m&#233;moire de l'ombre des cachots de cette m&#234;me France contre laquelle il avait lutt&#233; &#224; l'&#233;poque du mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on s'accroupissait &#224; son c&#244;t&#233; en partageant une cigarette, alors il pouvait parler longuement de sa jeunesse combattante, de son engagement pour la libert&#233; et pour quelques autres valeurs, de fusillades, de bombes mais aussi de femmes &#224; larges croupes et aux yeux de houris, de courses-poursuites effr&#233;n&#233;es dans les ruelles de Damas et d'Alep, des quelques vingt ann&#233;es qu'il avait pass&#233; dans les ge&#244;les de France, dont cinq avec de lourdes cha&#238;nes aux pieds, puis brusquement se taire et, le sourire toujours aux l&#232;vres, parcourir de son regard sombre, comme s'il caressait le flanc d'une femme, les courbes superbes des vertes collines environnant les ruines imposantes sur lesquelles il veillait. Le gardien du ch&#226;teau de Saladin, digne h&#233;ritier de l'&#201;mir, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; un jeune homme fortement engag&#233; &#233;tait devenu un vieil homme tout &#224; fait serein.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Les souks de Damas qui encerclaient la grande mosqu&#233;e des Omeyyades bruissaient tel un &#233;norme essaim d'abeilles qui se serait coll&#233; &#224; l'arbre de son tr&#233;sor, p&#226;te de verre et or m&#234;l&#233;s. Les voitures &#224; bras, les portefaix, les petits &#226;nes, charg&#233;s de rouleaux de soie venue d'Inde ou de cotonnades, de sacs de f&#232;ves et d'amandes s&#232;ches, de riches tapis d'Iran ou d'Afghanistan, les charrettes remplies de fruits ou de cuivres martel&#233;s, se bousculaient avec grand tapage sous la tr&#232;s haute arche de verre obscurci. Ce brouhaha contrastait fortement avec la lumi&#232;re jaune et apaisante que diffusaient les &#233;clairages des &#233;choppes. Paix lumineuse, toujours lumi&#232;re. Les souks d'Alep, les plus grands de tout l'Orient &#224; l'&#233;poque, &#233;taient ray&#233;s par la belle lumi&#232;re qui filtrait des toits de t&#244;le cribl&#233;s de soleil. Les petites boutiques irradiaient le jaune, l&#224; encore, ce qui avivait les couleurs des tas d'&#233;pices en c&#244;nes, rouge, jaune, orange, vert, et soulignait les &#233;clats moir&#233;s des &#233;toffes pr&#233;cieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que son effervescence pouvait laisser accroire, sa fi&#232;vre apparente, le souk ce n'&#233;tait pas le bazar. Un ordre parfait y r&#233;gnait. Ici, on d&#233;coupait le mouton &#224; queue grasse, plus loin on proposait les fruits secs et les &#233;pices moulues, plus loin encore tous les parfums de l'Arabie et tous les tissus de l'Orient, et ailleurs encore la lumi&#232;re jaune faisait &#233;tinceler les ors des joaillers, colliers et bracelets qui constituent la v&#233;ritable r&#233;serve de valeur du Sud du monde. Tout irradiait. Temps &#233;vanoui de l'Arabie.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;A Damas et &#224; Alep, dans l'entrelacs des ruelles &#233;troites, dans la cour des anciens caravans&#233;rails, &#224; la porte des vieux palais aux fa&#231;ades noircies et aux volets de bois, on croyait sentir encore la pr&#233;sence ambigu&#235; de Lawrence, ce subtil connaisseur des tribus, des familles et des dynasties, un amoureux d&#233;clar&#233; de l'Arabie et le seul occidental porteur d'un projet &#171; moderne &#187; pour elle, qui disait vouloir faire de la Syrie un &#233;tat libre et m&#234;me la grande puissance r&#233;gionale. Mais l'Occident a trahi son alli&#233; contre les Ottomans, le ch&#233;rif de la Mecque, le roi du Hedjaz, a permis au sultan wahhabite du Nedjd de le renverser et ainsi de contr&#244;ler les lieux saints de l'Islam. L'Occident a morcel&#233; l'Arabie, a trac&#233; &#224; la r&#232;gle sur une carte des fronti&#232;res dans le d&#233;sert immense, et ses grands &#233;tats de l'&#233;poque se sont partag&#233;es une grosse portion de son territoire. Les mandats, ils appelaient &#231;a, pour nous autres ce ne sont que des colonies. La tyrannie s'est install&#233;e partout car l'&#201;tat moderne est un oxymore. L'ali&#233;nation revient, ou appara&#238;t, d&#232;s lors que l'&#201;tat s'installe. Quelle utilit&#233; pouvait bien rev&#234;tir un &#201;tat &#171; moderne &#187; pour des b&#233;douins parfaitement adapt&#233;s &#224; un monde sans limite, ou pour des n&#233;gociants dont les caravanes parcouraient d&#233;j&#224; l'Orient en son presque entier, ou pour des paysans qui comme partout vivaient au rythme des saisons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom d'une pseudo-modernit&#233;, l'&#201;tat-tyrannique cherche &#224; lin&#233;ariser et &#224; raccourcir le temps circulaire et dilat&#233; de ces gens-l&#224;, agriculteurs, artisans, commer&#231;ants ou autres, tous vivant avec le soleil. Le portrait du tyran s'affichait sur tous les murs de Syrie, des banderoles &#224; son nom surplombaient toutes les rues, des statues le repr&#233;sentant en pied et en gloire se dressaient sur presque toutes les places. La t&#233;l&#233;vision diffusait en boucle des d&#233;fil&#233;s militaires et des chants l'encensant tandis que son image aur&#233;ol&#233;e, un soleil, une ic&#244;ne byzantine, s'incrustait progressivement dans l'&#233;cran. Mais personne ne pr&#234;tait plus attention &#224; tout cela. Les gens et le tyran vivaient dans des mondes parall&#232;les. Chacun vaquait &#224; ses affaires. La rue syrienne vrombissait et les souks de Damas et d'Alep continuaient &#224; bruisser comme des &#233;normes essaims d'abeilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Damas, au sein des belles Omeyyades, pr&#232;s du reliquaire du Baptiste, je m&#233;ditais sur les apports in&#233;gal&#233;s de l'Arabie et de cette premi&#232;re dynastie, et des suivantes aussi, &#224; l'Europe, architecture, math&#233;matiques, physique, chimie, m&#233;decine, philosophie, musique, po&#233;sie, un d&#233;licat art de vivre, une certaine tol&#233;rance ethnico-religieuse, une vraie noblesse d'&#226;me. Apports in&#233;gal&#233;s, sauf par ceux de la Gr&#232;ce, bien entendu, cet autre martyre de l'Occident pr&#233;dateur. Meurtre de la m&#232;re, complexe d'&#201;lectre. Al-Andalus !&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, l'on consid&#232;re toujours la porte nord des Omeyyades comme &#233;tant la porte du Paradis, B&#226;b al-Faradis. A l'&#233;cart de l'Occident, sans son tyran, la Syrie aurait pu &#234;tre le Paradis terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par tous les soirs d'orange, non loin des souks moyen&#226;geux d'Alep, les vieux amis se retrouvaient au pied de la formidable citadelle pour tirer de suaves bouff&#233;es de leurs longs narghil&#233;s aux r&#233;servoirs de verre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant... les flammes de la guerre l&#233;chaient d&#233;j&#224; les portes de la Syrie. L'Occident avait lanc&#233; l'un de ses chiens de chasse exotiques, lui aussi implacable tyran, fr&#232;re de Ba'as du syrien, mais son fr&#232;re ennemi, &#224; l'assaut de la th&#233;ocratie iranienne, et &#224; l'a&#233;roport de Damas les Pasdarans en visite officielle braillaient en salves les slogans que le Guide supr&#234;me leur avait dict&#233;s. Je les ai vus et entendus. De l'autre c&#244;t&#233;, au Liban, le trop plein de r&#233;fugi&#233;s palestiniens avait servi de pr&#233;texte pour allumer un conflit fratricide qui n'en finissait pas, partis religieux contre familles &#224; la noblesse douteuse et clans plus ou moins mafieux, en v&#233;rit&#233; variation &#224; l'orientale sur le vieux th&#232;me de la lutte des classes, musulmans pauvres contre riches maronites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Propagation de l'incendie &#224; Hama. J'ai vu ses maisons &#233;ventr&#233;es, ses toits &#233;clat&#233;s par la canonnade, ses norias g&#233;antes paralys&#233;s et les berges de l'Oronte, ce fleuve rebelle mais &#244; combien romantique, totalement d&#233;sert&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans auparavant, le tyran alaouite avait fait donner l'arm&#233;e pour mater la contestation par les Fr&#232;res de son soutien inconditionnel au chiisme iranien. Une arm&#233;e contre une ville. Des soldats contre des civils. Des artilleurs et des tankistes contre des agriculteurs et des artisans. Un massacre ! Plusieurs dizaines de milliers de morts. Mort du panarabisme et du panislamisme ! La guerre brise le temps circulaire de la vie simple et bonne, ce temps imm&#233;morial, le lin&#233;arise, le redresse &#224; coups de marteau. Il y a le temps d'avant la guerre, les ann&#233;es de la guerre, le temps d'apr&#232;s la guerre. La guerre impose par sa force la m&#233;moire douloureuse. La guerre inonde les yeux des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant... le printemps en Syrie &#233;tait encore beau ces ann&#233;es-l&#224; comme nulle part ailleurs, des fleurs partout dans les champs, et les gens &#233;taient encore doux comme nulle part ailleurs, de la chaleur dans tous les c&#339;urs ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/hamlet_bis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/hamlet_bis-88aef.jpg?1717702517' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;La Syrie encore, mais beaucoup, beaucoup plus tard. La Syrie &#233;tait une terre dont on ne pouvait se d&#233;faire une fois qu'on l'avait rencontr&#233;e, une terre de douceur et de langueur, de solitude un peu triste quelquefois aussi, comme ces lents apr&#232;s-midis de Damas, le vendredi, loin des femmes de Damas, o&#249; sur ses places les jeunes hommes d&#233;s&#339;uvr&#233;s trainaient sans but. Ainsi, j'avais un peu discut&#233; avec l'un d'entre eux qui &#233;trangement s'&#233;tait pris de passion pour un chanteur fran&#231;ais oubli&#233; aujourd'hui. Il en avait adopt&#233; le style vestimentaire et fl&#226;nait l&#224; en fredonnant tendrement ses chansons romantiques. Et il me dit combien il aimait son chanteur, et combien il aimait la France, et combien il aimait toute la po&#233;sie aussi. Syrie, terre de nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pays avait chang&#233; et une certaine lassitude l'avait gagn&#233;. L'Occident avait envoy&#233; quantit&#233; d'arch&#233;ologues pour fouiller ses vieilles n&#233;cropoles, retaper &#224; la va-vite les sanctuaires de dieux totalement oubli&#233;s des Hommes, et comprendre, si faire se peut, le fonctionnement de ses antiques cit&#233;s, et ils grattaient inlassablement la terre, les arch&#233;ologues, et ils creusaient des trous de taupes, pour en extirper d'infimes tessons de banales poteries qu'ils peinaient &#224; reconstituer, laborieusement plus que minutieusement, et ils exhumaient des momies vieilles de deux mille ans qu'ils laissaient moisir dans des sarcophages de verre au mus&#233;e de Palmyre o&#249; ils exhibaient d&#233;j&#224; les surprenants bustes fun&#233;raires d'hommes et de femmes qui avaient connu Z&#233;nobie et qui semblaient ouvrir des yeux tout ronds, de surprise, quand un tr&#232;s rare voyageur venait leur rendre visite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens de Syrie avaient gard&#233; la douceur du miel qu'ils mettaient dans leur th&#233; mais ils &#233;taient fatigu&#233;s. &#171; Les gens sont fatigu&#233;s &#187; me confirma un jeune marchand d'un peu tout &#224; Palmyre avec lequel, pr&#233;cis&#233;ment, nous sirotions un th&#233;, tous deux assis sur un tas de tapis dans un recoin de sa boutique. Trop de touristes, trop d'arch&#233;ologues ! L'espace-temps de la petite ville se r&#233;tr&#233;cissait, se racornissait, sous le poids des exigences et des caprices de tout un chacun. L'Occident imposait d&#233;j&#224; une pr&#233;figuration de l'effondrement. Les &#233;quilibres sont particuli&#232;rement fragiles dans ces ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, la nuit &#233;tait belle qui tombait sur les portiques &#224; colonnes et les tombeaux-tours de la cit&#233; antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hama, elle, avait &#233;t&#233; totalement reconstruite, plus de trace apparente de l'&#233;pouvante, et, &#224; nouveau, les norias g&#233;antes brassaient tranquillement les eaux de l'Oronte. Calme &#233;trange cependant. Le tyran, plus que jamais pr&#233;sent sur les murs et les places de Syrie, avait fait tracer de larges routes au pied des citadelles franques pour faciliter la circulation des cars de touristes d'Occident qui inondaient le pays et aussi... les mouvements de ses chars d'assaut. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y avait plus de vieillards nobles et m&#233;ditatifs aux portes des kraks majestueux et le gardien du ch&#226;teau de l'&#201;mir Saladin s'&#233;tait depuis longtemps &#233;vanoui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, par tous les soirs d'orange, les vieux amis se retrouvaient encore au pied de la formidable citadelle d'Alep pour tirer de suaves bouff&#233;es de leurs longs narghil&#233;s aux r&#233;servoirs de verre.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Et puis, la guerre. Sous un pr&#233;texte fallacieux, l'Occident &#233;crasa le voisin irakien, bombarda ses villes, mitrailla ses habitants, pilla ses mus&#233;es, br&#251;la les livres de ses biblioth&#232;ques, fit main-basse sur son or noir, d&#233;vasta de fond en comble un pays, r&#233;duisit &#224; n&#233;ant son &#233;conomie, insupportable spoliation, livra ses habitants aux d&#233;mons et aux lanceurs de bombes, annihila une culture archi-mill&#233;naire. &#171; All the perfumes of Arabia will not sweeten&#8230; &#187;. De toute fa&#231;on tous les parfums de l'Arabie se sont &#233;vapor&#233;s car leurs flacons ont &#233;t&#233; bris&#233;s en mille et un fragments que m&#234;me Sh&#233;h&#233;razade ne saurait recoller en mille et une nuits de Bagdad. &#201;vanescence.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il ne peut r&#233;sulter d'un tel forfait que de sombres rancunes, des d&#233;sirs meurtriers de revanche, de nouveaux app&#233;tits de sang. La monarchie wahhabite, hostile au nouveau pouvoir chiite et &#224; la th&#233;ocratie iranienne qui l'appuyait, et soutenue en cela par certains &#233;mirats, d&#233;versa &#224; plein seau le salafisme dans les esprits et les dollars dans les poches ad&#233;quates pour alimenter le soul&#232;vement. Les officiers rescap&#233;s de l'arm&#233;e d&#233;faite recrut&#232;rent &#224; tout-va et form&#232;rent de la chair &#224; canon. Une fois de plus les flammes de la guerre l&#233;ch&#232;rent les portes de la Syrie. &#192; l'int&#233;rieur, la trag&#233;die de Hama avait laiss&#233; quantit&#233; de blessures qui ne parvenaient pas &#224; cicatriser. Les ressentiments &#233;taient nombreux et, par cette p&#233;riode troubl&#233;e, exacerb&#233;s. Le tyran &#233;tait un chef de guerre dont la tribu constituait le gros de l'arm&#233;e et dont la parano&#239;a lui avait fait essaimer par tout le pays des escadrons de chars et des batteries de missiles mal dissimul&#233;s par les dunes du d&#233;sert. L'incendie de la guerre s'engouffra en Syrie et continue de la d&#233;vorer. D&#233;j&#224;, Alep et Ohms ne sont plus que cendres. Deir Ez-Zoor et Palmyre sont tomb&#233;es entre les mains des salafistes venus en partie d'Irak. Des centaines de milliers de gens sont morts et des millions d'autres se sont exil&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/photo_der-cb85f.jpg?1772204050' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La Syrie est une plaie ouverte dans ma pauvre conscience, la ruine de tout espoir de r&#233;demption de l'Humain. Durant des si&#232;cles, les ruines de la Syrie, riches s&#233;diments temporels laiss&#233;s par des civilisations h&#233;t&#233;rog&#232;nes, Amorites, Canan&#233;ens, Hittites, Aram&#233;ens, Assyriens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Chr&#233;tiens d'Occident, Mamelouks, Ottomans, et j'en oublie sans doute, donc les ruines de la Syrie furent continuellement habit&#233;es, sans fa&#231;on aucune, par des gens humbles et doux. Ruines vivantes qui n'&#233;taient par cons&#233;quent plus ruines, puisque renaissantes &#224; chaque g&#233;n&#233;ration humaine. J'ai d&#233;j&#224; rapport&#233;, ailleurs, bien des rencontres au c&#339;ur ou &#224; proximit&#233; de ces ruines, celle du gentil fl&#251;tiste/jardinier qui d&#233;roulait de fines sinuso&#239;des faites de sons dans l'ombre d'un mur pr&#232;s du temple de Ba&#226;lshamin &#224; Palmyre, ou bien encore celle du laboureur/philosophe et amoureux fou des belles fleurs sauvages, juste au pied du monast&#232;re de Sim&#233;on le Stylite, Qal'at Sam'an, ou bien encore celle du gardien apais&#233; du ch&#226;teau de Saladin, Qal'at Salah ad-Din.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'&#233;voquerai ici surtout c'est la cit&#233; de Bosra, &#224; elle seule un sacr&#233; carrefour, de civilisations, de religions, de marchandises, capitale de la province romaine d'Arabie, aujourd'hui village druzze, ou ce qu'il en reste apr&#232;s la bataille dont elle fut le &#171; th&#233;&#226;tre &#187;, elle et son th&#233;&#226;tre, l'un des plus beaux du monde antique dit-on. Un peu avant que ne s'ouvre le beau soir d'orange, j'ai vu les ruines de Bosra s'animer apr&#232;s les premiers retours des champs et les sorties des &#233;coles, femmes et hommes devisant en voisins au bord de voies pav&#233;es o&#249;, autrefois, d&#233;filait la troisi&#232;me L&#233;gion cyr&#233;na&#239;que et o&#249; passaient des caravanes qui irriguaient toute la p&#233;ninsule arabique, des nuages d'enfants tournant comme des vols circulaires de martinets siffleurs sur des places bord&#233;es d'&#233;glises pal&#233;ochr&#233;tiennes, de mosqu&#233;es datant des premiers temps de l'Islam, ainsi que de majestueux vestiges de colonnades romaines. Les ruines vivaient et leurs habitants faisaient maisons de tout, renfor&#231;ant les murs pourtant d&#233;j&#224; &#233;pais avec tout ce qu'ils trouvaient, morceaux de colonnes et d'entablement, &#233;boulis divers, ce n'&#233;tait pas les tas de vieilles pierres qui manquaient, et utilisant les feuilles d'acanthe des chapiteaux corinthiens pour soutenir les c&#226;bles &#233;lectriques qui alimentaient lesdites maisons. Tout ceci n'allait pas du tout dans le sens des arch&#233;ologues du monde entier qui se sentaient quelque peu rejet&#233;s de leurs champs de fouilles qu'ils estimaient l&#233;gitimes. Ce sont l&#224; gens qui se plaisent &#224; d&#233;terrer ce qui est mort et &#224; tracer des plans sur ce qui avait &#233;t&#233;&#8230;ou sur ce qui aurait pu &#234;tre. Aussi, ces derniers faisaient-ils du Th&#233;&#226;tre, l'un des plus beaux du monde antique dit-on, une mani&#232;re de forteresse refusant par de fortes grilles l'acc&#232;s &#224; ceux qui vivaient ici, &#224; Bosra, et qui poussaient l'outrage jusqu'&#224; utiliser comme lieu d'aisance public l'antique cryptoportique. Une dizaine d'ann&#233;es plus tard tout &#233;tait rentr&#233; dans l'ordre&#8230; enfin, pour les arch&#233;ologues, comme j'ai pu le constater&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#193; quelques centaines de m&#232;tres du site de Bosra, on avait relog&#233; la population dans de &#171; confortables &#187; cubes en parpaings recouverts de t&#244;le ondul&#233;e, habitat parfaitement inadapt&#233; au climat de la r&#233;gion, suffoquant l'&#233;t&#233; et glacial l'hiver, et les arch&#233;ologues pouvaient enfin gratter la terre comme il convenait pour y r&#233;cup&#233;rer de la menue monnaie imp&#233;riale, un peu rogn&#233;e sur les c&#244;t&#233;s, et des morceaux d'&#233;cuelles sans &#226;ge, mais dont certaines plut&#244;t r&#233;centes quand m&#234;me, et les d&#233;poser dans les vitrines des mus&#233;es. Moins de vingt ans plus tard, tout s'est encore consid&#233;rablement simplifi&#233;&#8230; &#224; coup de canons et de barils de dynamite exp&#233;di&#233;s des avions. La bataille ! Ruine de la ruine, &#171; fractalisation &#187; des ruines. Mais, on nous a rassur&#233;. Le th&#233;&#226;tre de Bosra, l'un des plus beaux du monde antique dit-on, n'a presque pas &#233;t&#233; endommag&#233; et les &#171; touristes &#187; pourraient revenir &#224; nouveau le visiter. La Syrie reste une plaie ouverte dans ma pauvre conscience&#8230;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre_2_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH737/sans_titre_2_copie-e7cc5.jpg?1717590272' width='500' height='737' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des ann&#233;es maintenant j'avais ramass&#233; sur le site sum&#233;rien de Mari, &#224; quelques dizaines de kilom&#232;tres au sud de Deir Ez-Zoor, un joli morceau d'argile, un fragment de poterie. Il y a un peu plus de quatre mille ans un artiste tra&#231;ait du bout du doigt, ou &#224; l'aide d'un b&#226;tonnet, dans la glaise toute fra&#238;che, une s&#233;rie de lignes parall&#232;les, comme des port&#233;es musicales, et tout au milieu une ondulation bien r&#233;guli&#232;re, une sorte de vague stylis&#233;e, une sinuso&#239;de, qui bien s&#251;r ne manque pas de me renvoyer, lorsque je la regarde, c'est-&#224;-dire souvent, au son de la fl&#251;te du gentil musicien de Palmyre. Palmyre fut depuis, et &#224; de multiples reprises, le th&#233;&#226;tre cruel de tr&#232;s violents combats, et ce jusque dans la palmeraie, derri&#232;re le temple de Baal, jusque dans son jardin &#224; lui. Les destructions furent multiples, l'H&#244;tel Zenobia &#224; la terrasse duquel j'aimais regarder la belle nuit tomber sur les portiques &#224; colonnes et les tombeaux-tours a &#233;t&#233; incendi&#233;, tous les habitants ont fui ou bien sont morts. Tout est d&#233;solation maintenant. L'Arabie est d&#233;truite et ce pour toujours. Gens, valeurs humaines, villes et villages, maisons, paysages, palmeraies et champs, usines et &#233;choppes, civilisations, la musique, vieilles cultures, th&#233;&#226;tres antiques, temples anciens, mosqu&#233;es, tout est an&#233;anti, r&#233;duit en cendres. Tout est d&#233;truit &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'a-t-il bien pu advenir du petit musicien-jardinier ?
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre_1_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L499xH800/sans_titre_1_copie-24e2a.jpg?1719650169' width='499' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#201;vanescences &#187;, fragments ; &#171; Les laboureurs &#187; et &#171; G&#233;om&#233;trie &#187;, extraits. 2015 pour l'essentiel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : &#201;clat de feuille d'acanthe, cartouche de guerre, &#233;caille de marbre gypseux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art en causes</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Soixantieme-Biennale-de-Venise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Soixantieme-Biennale-de-Venise</guid>
		<dc:date>2024-06-02T08:32:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Moulon</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sous le commissariat g&#233;n&#233;ral d'Adriano Pedrosa, la soixanti&#232;me Biennale de Venise est plus politique que jamais. O&#249; l'on d&#233;couvre, allant des pavillons des Giardini aux palais v&#233;nitiens, des formes tout aussi contemporaines que les causes qui y sont port&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Creation-et-commentaires" rel="directory"&gt;Cr&#233;ation et commentaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2477-9aa98.jpg?1772233325' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous le commissariat g&#233;n&#233;ral d'Adriano Pedrosa, la soixanti&#232;me Biennale de Venise est plus politique que jamais. O&#249; l'on d&#233;couvre, allant des pavillons des Giardini aux palais v&#233;nitiens, des formes tout aussi contemporaines que les causes qui y sont port&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pavillon fran&#231;ais a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; Julien Creuzet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julien Creuzet :&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui l'a investi avec quantit&#233; de sculptures que des fibres color&#233;es, dont on ne sait ni la nature ni la provenance, relient d&#233;licatement. Il convient de les contourner pour visionner les s&#233;quences d'animation o&#249; d'autres objets &#233;voluent en immersion dans quelques mers, possiblement celle des Cara&#239;bes. Les basses d'une musique, qui, elle aussi, emplit l'espace, r&#233;sonnent jusque dans nos chairs. Les corps se contorsionnent tandis que les regards balayent l'espace o&#249; les fibres se poursuivent au sein d'&#233;crans de grande dimension. Point de titre pour cette &#339;uvre d'art englobante, mais un po&#232;me qui propulse dans les ailleurs de la pens&#233;e de l'artiste : &lt;i&gt;&#171; Attila cataracte ta source aux pieds des pitons verts finira dans la grande mer, gouffre bleu, nous nous noy&#226;mes dans les larmes mar&#233;es de la lune &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_bartana.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/02_bartana-3f8c7.jpg?1715015726' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Yael Bartana, Light of Nations, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Yael Bartana&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yael Bartana :&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; compte parmi les artistes qui cette ann&#233;e repr&#233;sentent l'Allemagne. Ses cr&#233;ations participent d'une forme d'&#339;uvre d'art totale intitul&#233;e &lt;i&gt;Thresholds.&lt;/i&gt; Et son approche est des plus coh&#233;rentes avec la th&#233;matique g&#233;n&#233;rale de cette Biennale : &lt;i&gt;Foreigners Everywhere.&lt;/i&gt; Puisque c'est un voyage spatial, possiblement sans retour, d'un groupe d'humains symbolisant l'espoir de l'humanit&#233; qu'elle met en sc&#232;ne. Avec, d&#232;s l'entr&#233;e, l'imposante sculpture cin&#233;tique et lumineuse du vaisseau incarnant la promesse d'une Terre seconde. L'astronef est aussi pr&#233;sent dans le film qui, au centre du pavillon, documente quelques danses rituelles &#224; l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233;. En ces temps troubles o&#249; tant de conflits agitent le monde et jusque dans les all&#233;es des Giardini, l'id&#233;e d'une catastrophe globale serait-elle propice aux r&#233;conciliations ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_mohri.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/03_mohri-5cd77.jpg?1715015727' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Yuko Mohri, Compose, 2024.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au sein du pavillon japonais, Yuko Mohri&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yuko Mohri :&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;alise des petites exp&#233;riences qui constituent un tout artistique. L'artiste, connue pour son int&#233;r&#234;t port&#233; aux actions de l'infime, y connecte des fruits au travers d'&#233;lectrodes et de c&#226;bles &#224; des microcontr&#244;leurs pour alimenter des ampoules &#233;lectriques et moduler des sons. Ce ph&#233;nom&#232;ne bien connu dans la communaut&#233; &lt;i&gt;Do It Yourself&lt;/i&gt; &#224; l'international intrigue toutefois le public de l'art &#224; Venise. Plus encore, il &#233;veille les consciences quant aux actions qui, d&#233;risoires en apparence, permettent d'agir sur le monde lorsqu'elles sont prodigu&#233;es &#224; grande &#233;chelle. Car c'est associant nos efforts que nous pouvons collectivement agir pour le climat &#224; l'heure o&#249; l'impact carbone de l'art contemporain doit &#234;tre consid&#233;r&#233; et que l'&#233;cologie compte parmi les causes de cette Biennale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_huygue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/04_huygue-25ab1.jpg?1715015727' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierre Huyghe, Offspring, 2018.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La collection Pinault&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pinault Collection :&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a pour habitude de synchroniser ses expositions avec la manifestation, or celle de la Punta della Dogana intitul&#233;e &lt;i&gt;Liminal&lt;/i&gt; est int&#233;gralement d&#233;di&#233;e &#224; Pierre Huyghe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Huyghe :&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les installations priv&#233;es de cartels forment un tout o&#249; l'&#339;uvre de l'artiste, progressivement, se r&#233;v&#232;le au travers de pi&#232;ces comme &lt;i&gt;Offspring&lt;/i&gt;, un dispositif sono-lumineux dont la fum&#233;e blanche augmente la puissance po&#233;tique. Celle-ci s'inscrit dans la continuit&#233; d'une &#339;uvre ant&#233;rieure (&lt;i&gt;L'exp&#233;dition scintillante,&lt;/i&gt; 2002) qui s'articulait d&#233;j&#224; autour des Gymnop&#233;dies 3 and 4 d'Erik Satie. Le syst&#232;me g&#233;n&#233;ratif de ce nouveau dispositif lui permet d'int&#233;grer les modifications de son environnement imm&#233;diat pour g&#233;n&#233;rer d'infinies variations des partitions du compositeur. Selon Pierre Huyghe : &lt;i&gt;&#171; Il s'agit d'exposer quelqu'un &#224; quelque chose, plut&#244;t que quelque chose &#224; quelqu'un. &#187;&lt;/i&gt; Ce qui fait du public, par cons&#233;quent, le v&#233;ritable sujet de l'&#339;uvre !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_ntjam.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/05_ntjam-10842.jpg?1715015727' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jos&#232;fa Ntjam, Swell of sp&#230;c(i)es, 2024.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, la LAS Art Foundation berlinoise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LAS Art Foundation :&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, explorant les relations des arts aux sciences et technologies, s'est install&#233;e dans la cour de l'Accademia di Belle Arti di Venezia en y construisant une structure pour recevoir l'exposition &lt;i&gt;Swell of sp&#230;c(i)es&lt;/i&gt; de Jos&#232;fa Ntjam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Josefa Ntjam :&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le prisme d'un bleu &#233;lectrique de ce pavillon temporaire con&#231;u par l'architecte Giulia Foscari s'int&#232;gre par le contraste. Au-del&#224; de son minimalisme absolu, cette extension architecturale permet de baigner les sculptures organiques de l'artiste Jos&#232;fa Ntjam dans une ambiance toute mus&#233;ale sc&#233;nographi&#233;e par la lumi&#232;re. Quant au film qui est central &#224; l'exposition &lt;i&gt;Swell of sp&#230;c(i)es,&lt;/i&gt; il hybride divers m&#233;dias entre autres esth&#233;tiques qu'une sc&#232;ne en trois dimensions unifie. Allant des profondeurs de l'oc&#233;an aux confins de l'espace, le narratif est inspir&#233; par la cosmogonie Dogon selon laquelle le dieu Amma cr&#233;a les &#233;toiles en jetant de la terre dans le ciel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_akten.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/06_akten-0fbf8.jpg?1715015727' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Memo Akten, Boundaries, 2023-2024.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la Vanhaerents Art Collection&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vanhaerents Art Collection :&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de Bruxelles a investi la Chiesa di Santa Maria della Visitazione situ&#233;e &#224; Zattere pour y pr&#233;senter la cr&#233;ation &lt;i&gt;Boundaries&lt;/i&gt; de Memo Akten&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Memo Akten :&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Ce dernier l'a int&#233;gralement con&#231;ue et r&#233;alis&#233;e avec des applications d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative dont il faisait d&#233;j&#224; grand usage avant que cela ne devienne une tendance de l'art. L'imposante cimaise de diodes &#233;lectroluminescentes dispos&#233;e au sein du c&#339;ur de l'&#233;glise lui conf&#232;re une v&#233;ritable monumentalit&#233;. La relative lenteur des images comme des sons qui constituent la s&#233;quence &lt;i&gt;Boundaries&lt;/i&gt; agit litt&#233;ralement sur nos corps comme sur nos esprits. Au point que l'on n'a d'autre alternative que de se laisser porter par un flux o&#249; la nature s'immisce dans l'&#233;ther. Nos corps sont bien ici alors que nos esprits progressivement s'&#233;loignent pour int&#233;grer la mati&#232;re des images comme celle des sons qui semble port&#233;e par une vague stellaire. C'est ainsi que Memo Akten pratique un art de l'&#233;vasion dont il convient de faire l'exp&#233;rience jusqu'&#224; la fin de cette soixanti&#232;me Biennale de Venise, le 24 novembre 2024.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julien Creuzet : &lt;a href=&#034;https://www.juliencreuzet.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.juliencreuzet.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yael Bartana : &lt;a href=&#034;https://yaelbartana.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://yaelbartana.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yuko Mohri : &lt;a href=&#034;https://mohrizm.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mohrizm.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pinault Collection : &lt;a href=&#034;https://www.pinaultcollection.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pinaultcollection.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Huyghe : &lt;a href=&#034;https://www.crousel.com/actualite/pierre-huyghe-grand-prix-artistique-de-la-fondation-simone-et-cino-del-duca-2024-05-03/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.crousel.com/actualite/pierre-huyghe-grand-prix-artistique-de-la-fondation-simone-et-cino-del-duca-2024-05-03/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LAS Art Foundation : &lt;a href=&#034;https://www.las-art.foundation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.las-art.foundation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Josefa Ntjam : &lt;a href=&#034;https://ntjamjosefa.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ntjamjosefa.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vanhaerents Art Collection : &lt;a href=&#034;https://vanhaerentsartcollection.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vanhaerentsartcollection.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Memo Akten : &lt;a href=&#034;https://www.memo.tv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.memo.tv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Biennale de Venise : &lt;a href=&#034;https://www.labiennale.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.labiennale.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'ouverture : Julien Creuzet, Attila cataracte ta source aux pieds des pitons verts finira dans la grande mer, gouffre bleu, nous nous noy&#226;mes dans les larmes mar&#233;es de la lune, 2024.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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