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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Lauren Huret</title>
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		<dc:creator>ArtsHebdoM&#233;dias et Marie-Laure Desjardins</dc:creator>


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		<dc:subject>Futur</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs, r&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins. Ici, celle de Lauren Huret.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dystopie" rel="tag"&gt;dystopie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2344-6b914.jpg?1772207114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant le 23&#7497; congr&#232;s de la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise des Sciences de l'Information et la Communication (SFSIC) &#224; l'IUT Bordeaux Montaigne, l'exposition Info Data Art r&#233;unit 4 &#339;uvres de 4 artistes singuli&#232;rement pr&#233;occup&#233;s par ces sujets : David Guez avec Disque dur papier, Lauren Huret avec Praying for my haters, Olga Kisseleva avec Memory Garden, et B&#233;r&#233;nice Serra avec Customs. ArtsHebdoM&#233;dias pr&#233;sente ici l'&#339;uvre de Lauren Huret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alis&#233;e par Marie-Laure Desjardins, cette s&#233;lection se consacre tout particuli&#232;rement aux donn&#233;es num&#233;riques et s'interroge sur les questions de circulation de l'information dans l'espace public, la tra&#231;abilit&#233; de l'information et des donn&#233;es, l'organisation du travail dans les entreprises de contenus num&#233;riques et sur les langages de programmation informatique. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste Lauren Huret est partie &#224; Manille, aux Philippines, en juin 2018, afin d'enqu&#234;ter sur le travail des mod&#233;ratrices et mod&#233;rateurs de contenu, expos&#233;s &#224; des milliers d'images traumatisantes chaque jour. Ces personnes, engag&#233;es par les entreprises des r&#233;seaux sociaux tels que Facebook et Instagram, trient sans rel&#226;che les &#171; contenus utilisateurs &#187; pouvant circuler sur les plateformes en ligne et d&#233;terminent de leur libre circulation. Lauren Huret interroge les cons&#233;quences psychiques et physiques de ce travail &#224; travers son concept d'&#171; images maudites &#187;, ainsi que ses effets &#224; long terme pour nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'artiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lauren Huret est une artiste, qui vit et travaille &#224; Gen&#232;ve. Elle a &#233;tudi&#233; &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne, aux Beaux-Arts de Bordeaux et &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design (HEAD), &#224; Gen&#232;ve. Son travail visuel, ainsi que ses recherches, compos&#233;s principalement de vid&#233;os, d'installations, de performances et de collages, s'attachent &#224; mettre en lumi&#232;re les syst&#232;mes de croyance produits par nos dispositifs techniques et m&#233;diatiques. Elle a publi&#233; &#224; ce jour cinq ouvrages dont Artificial fear, Intelligence of Death, &#233;d. Link, co-pub. Kunsthaus Langenthal, 2016 ; L'&#226;ge des techniciens, avec Pac&#244;me Thiellement, &#233;d. Clinamen, 2017 et Praying for my haters, &#233;d. CCS Paris, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du parcours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parler de mon parcours oblige &#224; revenir au temps marquant de la pr&#233;adolescence. N&#233;e &#224; Paris au milieu des ann&#233;es 1980, j'ai grandi &#8211; de 9 &#224; 14 ans &#8211; aux Cara&#239;bes, &#224; l'&#233;poque du d&#233;veloppement du Web. Dans cette r&#233;gion o&#249; des pratiques religieuses diverses s'imbriquent, la magie est tr&#232;s pr&#233;sente. Alors que mon imaginaire en &#233;tait impr&#233;gn&#233;, mes parents ont acquis un ordinateur. Cette &#171; apparition &#187; m'a passionn&#233;e au point que j'ai voulu comprendre le fonctionnement de l'appareil dans les moindres d&#233;tails. Le r&#233;alisme magique du lieu a transform&#233; les outils de communication et d'information en objets magiques de transmission d'affect. La question du spectre m'a longtemps habit&#233;e. Ce rapprochement entre cybern&#233;tique, technologies, d&#233;veloppement des r&#233;seaux d'une part, et syst&#232;mes de pens&#233;e li&#233;s &#224; la spiritualit&#233; ou au mysticisme, d'autre part, ont &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Erik Davis dans TechGnosis : Mythes, Magie et Mysticisme dans l'&#232;re de l'Information. Un livre qui m'a beaucoup int&#233;ress&#233;e. J'ai, d'ailleurs, rencontr&#233; l'auteur des ann&#233;es plus tard aux &#201;tats-Unis. Il faut &#233;galement souligner que je n'ai jamais r&#233;fl&#233;chi &#224; devenir autre chose qu'artiste &#8212; peut-&#234;tre un temps journaliste, mais ce f&#251;t &#233;ph&#233;m&#232;re &#8212; et je n'ai jamais quitt&#233; les pr&#233;occupations n&#233;es aux Cara&#239;bes. &#192; la sortie des Beaux-Arts de Bordeaux, j'ai organis&#233; des expositions en tant que commissaire et j'ai aussi mont&#233; une revue d'art contemporain qui s'appelait Superstition, puis j'ai obtenu un master &#224; la Haute &#233;cole d'art et de design de Gen&#232;ve et en suivant un poste dans son d&#233;partement Recherche. Poste qui a beaucoup influenc&#233; ma pratique actuelle car j'y ai appris des m&#233;thodologies, issues de l'anthropologie et de la sociologie, que je me suis appropri&#233;e et dont je me sers pour mes projets. J'ai r&#233;alis&#233; des questionnaires pour presque tous mes projets, que ce soient ceux concernant l'IA, les mod&#233;rateurs de contenus, ou aujourd'hui l'image sacr&#233;e. Cependant mon travail est artistique et non scientifique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du processus cr&#233;atif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pars souvent d'un sujet auquel je ne connais pas grand-chose et qui m'intrigue. Que se passe-t-il derri&#232;re un &#233;cran ? Comment les informations sont-elles transmises ? Quel est le fonctionnement des entreprises li&#233;es &#224; l'information et &#224; la communication ? Etc. Plus je vieillis, plus je m'int&#233;resse aussi aux cons&#233;quences politiques. Je pars d'un int&#233;r&#234;t pour une question en lien avec l'actualit&#233;, puis je r&#233;alise des recherches. Je creuse. Quand j'ai commenc&#233; &#224; travailler sur l'intelligence artificielle en 2015, &#224; travers le sujet pr&#233;cis de ses mythes et fantasmes, j'avais le sentiment que notre quotidien allait &#234;tre boulevers&#233; par cette avanc&#233;e technologique, que l'IA, telle qu'elle &#233;tait en train de se d&#233;finir, allait impacter nos comportements et nos id&#233;es. Ce qui m'int&#233;resse toujours, c'est de mettre en &#233;vidence les processus de transformation li&#233;s aux technologies de l'information et de la communication. J'ai beaucoup travaill&#233; sur le smartphone, par exemple. Depuis 2015, j'ai int&#233;gr&#233; l'hypnose dans ma pratique. La premi&#232;re pi&#232;ce &#233;tait une performance, Relaxing Data, sorte de voyage guid&#233; dans le temps qui commen&#231;ait en 1984 &#8212; ann&#233;e de ma naissance, mais aussi titre du c&#233;l&#232;bre roman dystopique d'Orwell &#8212; et se terminait en 2016. Je d&#233;crivais les avanc&#233;es technologiques, les unes apr&#232;s les autres, et demandais aux participants de d&#233;tendre certaines parties de leur corps au fur et &#224; mesure du r&#233;cit. Naissait alors une contradiction entre l'injonction &#224; se rel&#226;cher tout en recevant des informations stressantes sur l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; allant vers toujours plus de surveillance. J'utilise &#233;galement l'hypnose pour produire certains textes, obtenir un mat&#233;riel plus profond d'&#233;criture. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;135&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH342/vue_de_l_exposition_info_data_art_plateau-te_le_de_l_iut_universite_bordeaux_montaigne._sur_les_e_crans_praying_for_haters__c_photo_mld-42067.jpg?1695309378' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vue de l'exposition Info Data Art
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;plateau-t&#233;l&#233; de l'IUT, Universit&#233; Bordeaux Montaigne. Sur les &#233;crans Praying for Haters. &#169;Photo MLD
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de Praying for Haters&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Praying for Haters est la premi&#232;re pi&#232;ce dont j'ai &#233;crit le texte quasiment int&#233;gralement sous hypnose. C'&#233;tait important pour ce sujet qui traite des mod&#233;rateurs de contenu dont le travail impacte fortement le subconscient. Tout a commenc&#233; avec un article d'Adrian Chen dans le magazine am&#233;ricain Wired. Le journaliste y expliquait la situation alarmante des milliers de personnes qui trient &#224; longueur de journ&#233;e les contenus des r&#233;seaux sociaux, comme Facebook et Instagram, et sont expos&#233;s &#224; des images insoutenables, en plus d'&#234;tre transform&#233;s en censeurs. J'apprenais &#224; cette occasion que ce ne sont pas des algorithmes, mais des humains qui effectuent ces t&#226;ches, contrairement &#224; ce que les entreprises du Web laissent entendre. Je suis partie aux Philippines pendant un mois pour tenter d'&#233;tablir les faits et recueillir sur place des t&#233;moignages, mais cela n'a pas &#233;t&#233; possible. Les employ&#233;s ont des contrats de confidentialit&#233; tr&#232;s stricts et ils sont &#233;troitement surveill&#233;s. Les seuls &#233;changes que j'ai pu avoir ont &#233;t&#233; num&#233;riques et les informations dramatiques : quelques mois &#224; trier les contenus des r&#233;seaux suffisent pour d&#233;truire psychologiquement les employ&#233;s, de nombreux suicides sont d&#233;plor&#233;s. J'ai voulu mettre le point sur ces images que je qualifie de &#171; maudites &#187;. Praying for my Haters est une sorte de portrait tr&#232;s sombre de cette situation. J'ai ouvert chaque fen&#234;tre du b&#226;timent film&#233; pour y diffuser ces &#171; images maudites &#187;, que j'ai r&#233;ussi &#224; enregistrer avant leur censure. Les notes de musique qui hantent la vid&#233;o sont extraites d'un enregistrement r&#233;alis&#233; dans un karaok&#233;, &#224; Manille. Praying for Haters fait partie d'un ensemble de pi&#232;ces con&#231;ues pour une exposition monographique pr&#233;sent&#233;e &#224; Paris, au Centre culturel suisse, en 2019. &#192; signaler, le tr&#232;s int&#233;ressant documentaire, sorti en 2018, The Cleaners (Les Nettoyeurs du Web) de Hans Block et Moritz Riesewieck, avec lesquels j'ai &#233;t&#233; en relation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos des technologies de l'information et de la communication&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'int&#233;resse &#224; l'aspect &#8220;magique&#8221; de la transmission des informations et des affects. Comment ces nouvelles mani&#232;res de communiquer entre humains impactent nos usages, notre environnement, et les modifient. J'ai le sentiment que nous sommes devenus ces technologies. Dans une performance r&#233;cente, je propose aux participants de devenir, sous hypnose, un satellite et de regarder la Terre d'en haut. Je cherche &#224; comprendre comment nous interpr&#233;tons ce que nous n'arrivons pas &#224; comprendre, comment nous appliquons nos mythes, fantasmes, imaginaires&#8230; aux technologies de l'information et de la communication. Il est tr&#232;s rare de trouver quelqu'un qui puisse expliquer le fonctionnement d'un ordinateur. Pourtant ces objets font partie de notre quotidien. L'image, qui s'affiche quasi myst&#233;rieusement, induit un caract&#232;re magique &#224; l'information retranscrite. Pour ma part, j'ai fait la d&#233;marche d'apprendre et de comprendre l'ordinateur et ses usages. Comment entreprendre de d&#233;mystifier quelque chose que l'on ne conna&#238;t pas ? Je m'impose toujours une double dynamique, d'abord un processus de d&#233;mystification puis une mani&#232;re artistique et fantasque d'exprimer cette derni&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos du r&#244;le de l'artiste au XXI&#7497; si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la logique de ce qui pr&#233;c&#232;de, peut-&#234;tre pourrions-nous dire que le r&#244;le de l'artiste est double et contradictoire, &#224; la fois il doit d&#233;mystifier et &#8220;remystifier&#8221;. Je ne m'int&#233;resse pas &#224; la figure h&#233;ro&#239;que ou g&#233;niale de l'artiste, telle qu'elle a pu &#234;tre impos&#233;e en d'autres temps. Seules les &#339;uvres peuvent &#234;tre importantes. La question n'est pas tant qu'elles soient en mesure de d&#233;noncer quelque chose mais plut&#244;t qu'elles trouvent des moyens diff&#233;rents, percutants, pour attirer l'attention et la r&#233;flexion de ceux qui les croisent. Le r&#244;le de l'artiste est peut-&#234;tre d'&#233;tablir ce processus de transformation pour transmettre les histoires qui le traversent, proposer de voir et de comprendre autrement. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/lauren-huret-de-limage-maudite-a-limage-sacree/" class="spip_out"&gt;Voir dans Arts Hebdo M&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture &gt; Praying for my haters, Lauren Huret, 2019. Boucle vid&#233;o 4K, 17'. Cr&#233;ation sonore : Antoine Bellini et Lauren Huret. Coproduction : Centre culturel suisse Paris, Pro Helvetia.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fusion des possibles</title>
		<link>https://www.tk-21.com/La-fusion-des-possibles</link>
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		<dc:date>2023-05-05T10:54:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Moulon</dc:creator>


		<dc:subject>Art contemporain</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les possibles d'hier sont les r&#233;alit&#233;s d'aujourd'hui que sans cesse nous fusionnons pour les am&#233;liorer encore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Art-contemporain-176" rel="tag"&gt;Art contemporain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2267-db077.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les possibles d'hier sont les r&#233;alit&#233;s d'aujourd'hui que sans cesse nous fusionnons pour les am&#233;liorer encore.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces soixante derni&#232;res ann&#233;es, bien des artistes ayant une forte app&#233;tence pour les technologies de leur temps ont anticip&#233; nos environnements ou usages avec leurs cr&#233;ations. C'est souvent en d&#233;tournant des innovations qu'ils innovent &#224; leur tour. Quand leurs pratiques diversifi&#233;es se rejoignent au fur et &#224; mesure que leurs techniques s'agglom&#232;rent. Du laboratoire scientifique &#224; l'atelier d'artiste, tout se passe &#224; la jonction du mat&#233;riel et de l'immat&#233;riel comme &#224; celle de l'intelligence et des donn&#233;es, sans omettre les r&#233;alit&#233;s que l'on rassemble en les consid&#233;rant &#233;tendues. Il n'est plus de domaine de recherche autonome, isol&#233; des autres. En cette &#233;poque o&#249; la notion de tendance artistique n'est absolument plus op&#233;rante, l'exposition&lt;/i&gt; La fusion des possibles&lt;i&gt; de&lt;/i&gt; La Topographie de l'Art, &lt;i&gt;avec des &#339;uvres issues de pratiques convergentes, se veut &#234;tre l'expression de la symbiose des id&#233;es comme de celle des formes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;prouver la perception&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19348 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01_possi.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH499/01_possi-d9fcb.jpg?1772202772' width='500' height='499' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Peter Weibel, Possible, 1969.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'il est des installations qui ouvrent les champs des possibles, celle de &lt;strong&gt;Peter Weibel&lt;/strong&gt; en fait partie. C'est d'ailleurs l'adjectif &lt;i&gt;Possible&lt;/i&gt; qui, tout en lui donnant son titre, nous appara&#238;t projet&#233; sur le mur. Mais quelle n'est pas la surprise du public invit&#233; &#224; croiser la lumi&#232;re du projecteur cin&#233;matographique, lorsqu'il s'aper&#231;oit de l'incapacit&#233; de son ombre &#224; avaler les quelques caract&#232;res typographiques composant l'adjectif de tous les possibles ? La pertinence de cette installation lumineuse tient int&#233;gralement &#224; ce bref instant de doute qui nous prend &#224; d&#233;pourvu. A ce moment pr&#233;cis o&#249; l'auteur de l'&#339;uvre, qui s'av&#232;re r&#233;solument perceptuelle, nous contraint &#224; la raison.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19349 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02_globus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/02_globus-7de62.jpg?1683289551' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vera R&#246;hm, Globus, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'autre installation tout aussi lumineuse mais davantage immersive et s'articulant aussi autour du langage, c'est &lt;i&gt;Globus&lt;/i&gt; du corpus &lt;i&gt;La nuit est l'ombre de la terre&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Vera R&#246;hm&lt;/strong&gt;. Cette phrase du linguiste allemand Johann Leonhard Frisch l'obs&#232;de tout autant qu'elle nous envo&#251;te d&#232;s lors qu'on en saisit l'extr&#234;me pr&#233;cision. Et c'est pour en souligner l'universalit&#233; que l'artiste n'a de cesse de la traduire en un nombre consid&#233;rable de langues connues ou inconnues. Sa fa&#231;on de nous &#233;voquer tant les langues qui nous s&#233;parent que cette Terre qui nous unit, en cette &#233;poque o&#249; nous sommes tiraill&#233;s entre le r&#234;ve d'habiter des plan&#232;tes lointaines et la r&#233;alit&#233; d'un monde dont nous nous devrions de prendre soin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03_azimu.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/03_azimu-8de18.jpg?1683289551' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Victoire Thierr&#233;e, Azimut (d&#233;tail), 2019.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Victoire Thierr&#233;e&lt;/strong&gt;, l'ambivalence fait place &#224; l'ambigu&#239;t&#233; de ce que l'on observe au travers d'un tirage photographique sans pour autant le comprendre. Depuis l'int&#233;rieur d'un b&#226;timent, le point de vue est ext&#233;rieur &#224; ce qui a pourtant les allures d'une architecture dont l'&#233;chelle ne nous dit rien. Il s'agit en fait d'un &lt;i&gt;Simulateur de Tir&lt;/i&gt; dont on apprend la vertu apaisante du vert p&#226;le qui le recouvre. La couleur est semblable &#224; celle des blocs chirurgicaux o&#249; l'on sait qu'elle retire sa saturation au sang humain. Dans le contexte militaire de l'image, cette teinte si particuli&#232;re nous appara&#238;t telle une &#233;trange tentative de d&#233;dramatiser la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sculptures m&#233;diatiques&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04_snake.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/04_snake-f331b.jpg?1772202772' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Samuel Bianchini, Snackable (d&#233;tail), 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec son installation vid&#233;o &lt;i&gt;Snakable&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;Samuel Bianchini&lt;/strong&gt; nous pr&#233;sente ce qui d'ordinaire est hors de notre vue, c'est-&#224;-dire le dos d'un moniteur dont le mur refl&#232;te d&#233;licatement les images diffus&#233;es. L'action se passe en dehors du cadre mais dans notre champ de vision p&#233;riph&#233;rique. Quand le c&#226;ble, dont on suppose qu'il transporte un signal vid&#233;o, se contorsionne subrepticement ainsi que le ferait un serpent tentant de s'affranchir d'une contrainte. Comme si le fil conducteur, de ce qu'il convient de consid&#233;rer telle une sculpture cin&#233;tique ou plus exactement robotique, &#233;tait anim&#233; par les donn&#233;es ainsi v&#233;hicul&#233;es dont il serait avec l'&#233;cran et le mur parmi les seuls t&#233;moins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05_artefa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH282/05_artefa-7d881.jpg?1683289551' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julien Maire, Artefacts, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec ses &lt;i&gt;Artefacts&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;Julien Maire&lt;/strong&gt; nous transporte au mus&#233;e sans que l'on sache d'o&#249; proviennent ces objets &#233;voquant une possible arch&#233;ologie du futur. La nature de ses formes ou contres-formes oscille entre la rugosit&#233; froide de mat&#233;riaux essentiellement m&#233;talliques et le raffinement des scintillements lumineux qu'elles &#233;mettent. La variabilit&#233; des effets ainsi produits &#233;voque quelques formes de langages, comme si ces objets inertes s'adressaient &#224; nous, mais pour nous transmettre quels messages ? A moins que nous ne soyons pas pr&#234;ts &#224; interpr&#233;ter de telles po&#233;sies du scintillement quand les techno-&#233;rudits chercheront &#224; saisir la nature d'une telle magie des technologies ! Quant &#224; l'artiste, il envisage ses cr&#233;ations comme autant de &lt;i&gt;time killers n'annon&#231;ant qu'elles-m&#234;mes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/06_doubl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/06_doubl-7aa77.jpg?1683289551' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Michele Spanghero, Double Negative, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Double Negative&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Michele Spanghero&lt;/strong&gt; est une autre sculpture dont le message, tout aussi &#171; dissimul&#233; &#187;, est audio. Car ce dernier est interne &#224; l'objet en transmettant les vibrations &#224; la bo&#238;te qui le contient et fait partie int&#233;grante de l'installation. Le son originel n'est autre que la signature sonore de l'atelier de l'artiste. Ce qui renvoie aux performances d'atelier dont les artistes t&#233;moignent au travers de m&#233;dias sons ou images. C'est par cons&#233;quent le lieu de son &#233;mergence qui fait l'&#339;uvre. Cette derni&#232;re continuant &#224; &#171; performer &#187; dans l'espace de l'exposition sans que l'on sache non plus en interpr&#233;ter le signal. Un appel une fois encore &#224; l'imagination des spectatrices ou spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aux contours ind&#233;finis&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07_3600.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/07_3600-f45b7.jpg?1683289551' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Thibault Brunet, 3600 secondes de lumi&#232;re / N43 C47, 2022.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les nuages de la s&#233;rie &lt;i&gt;3600 secondes de lumi&#232;re&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Thibault Brunet&lt;/strong&gt; s'appr&#233;cient diversement selon les distances tant ils sont photographiques de loin et picturaux de pr&#232;s. Ils n'appartiennent pourtant &#224; aucune de ces cat&#233;gories puisque ce dernier en a fait l'acquisition sous la forme de mod&#232;les en trois dimensions sur des sites pour cr&#233;ateurs de jeux vid&#233;o. Avant de leur attribuer leurs instants respectifs au travers d'une infinit&#233; de lumi&#232;res virtuelles. C'est donc avec un th&#232;me r&#233;current de l'histoire de l'art que l'artiste questionne la repr&#233;sentation avec les technologies de son temps. Ces nuages &#171; plus vrais que nature &#187; et si parfaitement cadr&#233;s sont autant de pures fictions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/08_thecl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH499/08_thecl-4b77f.jpg?1683289551' width='500' height='499' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Ronsiaux, The Cloud, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le nuage (&lt;i&gt;The Cloud&lt;/i&gt;) de &lt;strong&gt;Fran&#231;ois Ronsiaux&lt;/strong&gt; est tout aussi fictionnel bien que son contextes et &#233;tat soient autres, puisque c'est sur un fond noir &#233;voquant l'absence que, sans cesse, il se m&#233;tamorphose. Le trouble, dans ce cas, vient davantage de son apparente profondeur qui semble d&#233;passer l'&#233;paisseur de l'&#233;cran vid&#233;o lui servant d'&#233;crin. Le fait qu'il s'inscrive dans le temps comme dans l'espace lui conf&#232;re une pr&#233;sence singuli&#232;re. Il est &#224; la fois bien &#224; sa place dans l'environnement qui lui est d&#233;di&#233; et en m&#234;me temps parmi nous. Comme si nous partagions le m&#234;me air, le m&#234;me ciel, en cette &#232;re de cohabitation renforc&#233;e des &#234;tres et objets du virtuel comme du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/09_aquat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/09_aquat-77790.jpg?1772202773' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Golnaz Behrouznia, Aquatilium, 2014-2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Difficile de nommer ce qui est immerg&#233; dans les conteneurs en verre de la s&#233;rie &lt;i&gt;Aquatilium&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Golnaz Behrouznia&lt;/strong&gt; dont l'esth&#233;tique, souvent, convoque les sciences du vivant. Elle nous rappelle ainsi le r&#244;le essentiel de l'observation, tant en cr&#233;ation artistique qu'en recherche scientifique. Initi&#233;e dans l'atelier-laboratoire de l'artiste, ces pi&#232;ces flottantes ne s'ach&#232;vent qu'avec les commentaires des observatrices ou observateurs. C'est ainsi que chacune, chacun, nous nous projetons en de telles abstractions pour oser des interpr&#233;tations personnelles n'attendant que d'&#234;tre &#233;chang&#233;es avec autrui. Or n'est-ce pas l&#224; le propre des id&#233;es, en art comme en science ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la nature et du vivant&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_outof.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/10_outof-8d9fb.jpg?1683289552' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Marie Lelouche, Out Of Spaces, 2021.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est des cr&#233;ations qui s'initient dans l'observation quand d'autres induisent l'&#233;coute. Ce qui fut le cas des installations du corpus &lt;i&gt;Out of Spaces&lt;/i&gt; que &lt;strong&gt;Marie Lelouche&lt;/strong&gt; a con&#231;u lors d'une r&#233;sidence au plus pr&#232;s de ce qui symbolise si parfaitement la nature : les chants d'oiseaux. Ses dispositifs se d&#233;ploient tant dans l'espace tangible de l'exposition que dans celui, virtuel, auquel on acc&#232;de via un casque. O&#249; l'on retrouve d'&#233;tranges &#233;l&#233;ments filaires associ&#233;s &#224; d'amples tissus &#233;voquant quelques plumages. Notons que les cris des volatiles animent les drap&#233;s en trois dimensions qui, s'affranchissant ainsi de la gravit&#233;, nous &#233;loignent plus encore du poids de nos corps dont l'exp&#233;rience nous lib&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19357 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11_dispar.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/11_dispar-007f2.jpg?1683289552' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Donatien Aubert, Disparues - bouquet, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La vitrine qui prot&#232;ge la sculpture &lt;i&gt;Disparues - bouquet&lt;/i&gt; du corpus &lt;i&gt;Les jardins cybern&#233;tiques&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Donatien Aubert&lt;/strong&gt; nous propulse &#224; nouveau dans une ambiance mus&#233;ale. Un dispositif de monstration tout &#224; fait adapt&#233; lorsque l'on apprend que les cinq plantes composant l'assemblage ont disparu de la surface de la Terre. Il est int&#233;ressant aussi de remarquer que l'artiste les a (re)d&#233;couvertes en &#233;vacuant la poudre qui les recouvrait du fait de la technologie de frittage utilis&#233;e. C'est ainsi qu'il a r&#233;v&#233;l&#233; les contours de ce qu'il avait auparavant mod&#233;lis&#233; sur donn&#233;es scientifiques avec une minutie semblable &#224; celle des arch&#233;ologues d&#233;couvrant les traces de vies ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/12_jevien.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/12_jevien-3d0a8.jpg?1683289552' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Marion Roche, Je viens de te voir en r&#234;ve, 2021.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une autre sculpture fait r&#233;f&#233;rence au vivant, celle intitul&#233;e &lt;i&gt;Je viens de te voir en r&#234;ve&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Marion Roche&lt;/strong&gt;. Sa partie m&#233;tallique &#233;voque les neurones comme se les repr&#233;sentent les neuroscientifiques avec lesquels elle a collabor&#233;. Issues d'un proc&#233;d&#233; d'impression en quatre dimensions, ses terminaisons sont constitu&#233;es de formes en mat&#233;riau hydrophile t&#233;moignant de r&#234;ves que l'artiste a livr&#233;s durant des s&#233;ances d'&#233;lectroenc&#233;phalographie. C'est-&#224;-dire qu'elles se transforment au contact de l'eau &#224; l'inverse des r&#234;ves qui se figent au contact de la lumi&#232;re les interrompant avant que la conscience ne les r&#233;organise, quitte &#224; les alt&#233;rer un peu mais pour les pr&#233;server davantage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de la performance&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13_monad.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/13_monad-d08ab.jpg?1683289552' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sabrina Ratt&#233;, Monade, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;guli&#232;rement, les technologies num&#233;riques r&#233;activent les genres artistiques. C'est le cas avec les tirages de la s&#233;rie &lt;i&gt;Monades&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Sabrina Ratt&#233;&lt;/strong&gt;. S'il s'agit d'autoportraits en trois dimensions, ceux-ci sont v&#233;ritablement aux mesures pr&#233;cises de l'artiste qui les a obtenus en pratiquant la photogramm&#233;trie. Ce corps que, litt&#233;ralement, elle maltraite en en alt&#233;rant des parties est &#224; consid&#233;rer comme sa v&#233;ritable empreinte avec laquelle elle performe au sein d'espaces virtuels sans cesse renouvel&#233;s. Se faisant, elle r&#233;active aussi la pratique de l'auto-filmage que les contemporaines et contemporains des premiers enregistreurs vid&#233;o portables initiaient d&#233;j&#224; &#224; la fin des ann&#233;es soixante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/14_toxicg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/14_toxicg-d6fd6.jpg?1683289552' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Kamilia Kard, Toxic Garden - Dance Dance Dance, 2022.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Kamilia Kard&lt;/strong&gt;, ce sont les gestes des participantes et participants qui sont capt&#233;s pour animer leurs avatars au sein des performances en ligne &lt;i&gt;Dance Dance Dance&lt;/i&gt; du corpus &lt;i&gt;Toxic Garden&lt;/i&gt;. La beaut&#233; de la nature foisonnante des jardins que l'artiste d&#233;veloppe au sein du jeu vid&#233;o Roblox n'ayant d'&#233;gal que la toxicit&#233; des plantes &#8211; &#224; l'instar de la cigu&#235; ayant caus&#233; la mort de Socrate &#8211; qui la compose eu &#233;gard aux innombrables empoisonnements qu'elles ont caus&#233; depuis la Gr&#232;ce antique. Mais l'&#201;cole d'Ath&#232;nes, o&#249; autrefois on discourait, n'est plus. Aujourd'hui, c'est sur les m&#233;dias sociaux que les d&#233;bats trop souvent se terminent en invectives.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;106&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/15_jeter.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH282/15_jeter-20239.jpg?1683289552' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Caroline Delieutraz, Je te relaxe en touchant des &#339;uvres (en collaboration avec Behind The Moons), 2021.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caroline Delieutraz&lt;/strong&gt;, quant &#224; elle, d&#233;l&#232;gue sa performance &lt;i&gt;Je te relaxe en touchant des &#339;uvres&lt;/i&gt; &#224; la Youtubeuse BehindTheMoons reconnue pour sa pratique de l'ASMR, l'acronyme anglais pour : &lt;i&gt;&#171; Autonomous Sensory Meridian Response &#187;&lt;/i&gt;. Ses &#339;uvres, comme celles de ses amis artistes, n'y sont appr&#233;ci&#233;es que pour les sons &#224; peine audibles qu'elles produisent lorsqu'elles sont manipul&#233;es avec une d&#233;licatesse extr&#234;me. Ce sont par cons&#233;quent des &#339;uvres d'art visuel qui participent &#224; produire une cr&#233;ation d'art sonore. La s&#233;quence vid&#233;o documentant la performance, &#233;trangement, prend v&#233;ritablement toute sa dimension relaxante lorsque le public &#233;quip&#233; d'un casque audio la visionne les yeux ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'esth&#233;tique des machines&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_19362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/16_frame.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH499/16_frame-715a9.jpg?1772202773' width='500' height='499' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Sassoon, Frame, 2020.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans le travail de &lt;strong&gt;Nicolas Sassoon&lt;/strong&gt; une unit&#233; de style tr&#232;s marqu&#233;e. Quand son esth&#233;tique fait &#233;cho aux limites, en termes de repr&#233;sentation visuelle, qui &#233;taient inh&#233;rentes aux micro-ordinateurs des ann&#233;es quatre-vingt. L'usage des trames de demi-teinte, &#224; cette &#233;poque, &#233;tait une n&#233;cessit&#233; quand aujourd'hui ce m&#234;me usage immod&#233;r&#233; rel&#232;ve d'un choix v&#233;ritablement affirm&#233;. C'est le traitement, plus que le sujet, qui dans le cas de &lt;i&gt;Frame&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Plant&lt;/i&gt; fait l'image, l'&#339;uvre. Au point que, sur le site de l'artiste, sont pr&#233;sent&#233;s des motifs ne repr&#233;sentant plus qu'eux-m&#234;mes. Ce qui renvoie &#224; d'autres pratiques r&#233;solument r&#233;tiniennes, celles d'un art optique, qui n'ont de cesse de r&#233;&#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/16_imnot-8b712.jpg?1772202773' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pascal Dombis, I AM NOT A ROBOT, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui aujourd'hui peut se targuer d'&#234;tre &#224; m&#234;me de dissocier en toute situation un humain d'une machine quand c'est &#224; nous de prouver aux robots en ligne que nous n'en sommes pas ? L'installation &lt;i&gt;I AM NOT A ROBOT&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Pascal Dombis&lt;/strong&gt; s'articule autour de tels questionnements. Mais il nous appara&#238;t que la machine, dans ce cas, est affect&#233;e par une forme de doute artificiel. Un trouble qu'elle exprime au travers de bugs de diff&#233;rentes natures. Le bug pouvant aussi bien &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la seule opportunit&#233; pour les machines de s'affranchir de tout contr&#244;le. Un tel bug signalerait ainsi le d&#233;but d'un programme plus que sa fin inopin&#233;e. Les fictions, qui toujours pr&#233;c&#232;dent les sciences, regorgent de tel d&#233;buts.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/18_albert.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/18_albert-3dbae.jpg?1683289552' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Albertine Meunier, HyperChips, 2023.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par l'acc&#232;s &#224; toutes et tous de services d'intelligence artificielle d&#233;di&#233;s &#224; la cr&#233;ation d'image par le texte. &lt;i&gt;Albertine Meunier&lt;/i&gt; s'en amuse avec les non-clich&#233;s de sa s&#233;rie &lt;i&gt;Hyperchips&lt;/i&gt;. Car le principal d&#233;bat qui &#233;merge de cette r&#233;cente d&#233;mocratisation porte sur les droits d'auteur. Or, ses images, au-del&#224; de leur perfectibilit&#233;, &#233;voquent toutes l'esth&#233;tique du photographe anglais Martin Parr que, pourtant, l'artiste n'&#233;voque pas dans son &lt;i&gt;&#171; prompt &#187;&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire dans le court texte qu'elle saisit inlassablement pour obtenir des images avant de les prot&#233;ger en NFT, ces titres de propri&#233;t&#233; d'un nouveau genre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La Topographie de l'Art : &lt;a href=&#034;https://www.topographiedelart.fr/possibles.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.topographiedelart.fr/possibles.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Peter Weibel : &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Weibel&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Weibel&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vera R&#246;hm : &lt;a href=&#034;https://veraroehm.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://veraroehm.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Victoire Thierr&#233;e : &lt;a href=&#034;https://www.victoirethierree.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.victoirethierree.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Samuel Bianchini : &lt;a href=&#034;https://dispotheque.org/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dispotheque.org/fr&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Julien Maire : &lt;a href=&#034;http://julienmaire.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://julienmaire.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Michele Spanghero : &lt;a href=&#034;https://www.michelespanghero.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.michelespanghero.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Thibault Brunet : &lt;a href=&#034;https://thibaultbrunet.fr/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://thibaultbrunet.fr/fr&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Ronsiaux : &lt;a href=&#034;http://francoisronsiaux.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://francoisronsiaux.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Golnaz Behrouznia : &lt;a href=&#034;https://www.golnazbehrouznia.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.golnazbehrouznia.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marie Lelouche : &lt;a href=&#034;https://marielelouche.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marielelouche.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Donatien Aubert : &lt;a href=&#034;https://www.donatienaubert.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.donatienaubert.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marion Roche : &lt;a href=&#034;https://marionroche.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marionroche.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sabrina Ratt&#233; : &lt;a href=&#034;https://sabrinaratte.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sabrinaratte.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Kamilia Kard : &lt;a href=&#034;https://kamiliakard.love/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kamiliakard.love/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Caroline Delieutraz : &lt;a href=&#034;http://www.delieutraz.net/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.delieutraz.net/fr/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nicolas Sassoon : &lt;a href=&#034;https://nicolassassoon.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nicolassassoon.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Dombis : &lt;a href=&#034;https://dombis.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://dombis.com/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Albertine Meunier : &lt;a href=&#034;https://www.albertinemeunier.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.albertinemeunier.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frontispice : La Topographie de l'Art, La fusion des possibles, 2023.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Big and small animals are watching you</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Big-and-small-animals-are-watching</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Big-and-small-animals-are-watching</guid>
		<dc:date>2020-05-01T17:31:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La&#235;titia Bischoff</dc:creator>


		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Oui, la civilisation est cern&#233;e. Mais les animaux sont encore l&#224; qui nous aident &#224; nous orienter.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH85/arton1669-70e87.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Oui, la civilisation est cern&#233;e. Mais les animaux sont encore l&#224; qui nous aident &#224; nous orienter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est Nadeije Layneyrie-Dagen qui me les a point&#233;s du doigt dans la conclusion de son livre &lt;i&gt;Animaux cach&#233;s, animaux secrets&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Layneyrie-Dagen N., Animaux cach&#233;s, animaux secrets, Citadelles &amp; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : un bouvreuil et une grenouille r&#233;sident dans &lt;i&gt;Le d&#233;jeuner sur l'herbe&lt;/i&gt; d'Edouard Manet. Me voici avec des nouvelles fra&#238;ches de 1863. Happ&#233;s par tant de gloses au sujet d'une femme nue en plein pique-nique entour&#233;e d'hommes habill&#233;s, nous &#233;tions pris dans un face-&#224;-face entre l'humain peint et l'autre visiteur, &#233;pris, &#233;prouv&#233;s par les dessous d'un regard et d'une mise en sc&#232;ne. Les humains se regardent les uns les autres se regardant, effigies, cr&#233;ateurs, miroit&#233;s dans leurs retors artistiques. Tant de bruit au c&#339;ur de ce tableau, c'est-&#224;-dire au c&#339;ur de ce sous-bois, de cette place forte de l'art occidental. Une &#233;claircie se referme, la for&#234;t r&#233;appara&#238;t &#224; l'est, &#224; l'ouest et au-dessus de cette bande d'humains, de ce territoire qu'ils ont fait leurs. Et sur ces bords, tout en haut &#224; midi du tableau, le bouvreuil plane, toutes plumes d&#233;ploy&#233;es. Et au bord du coin gauche, tout en bas, la grenouille contemple un hors-champ qui n'est pas l'affaire du spectateur. Voici notre civilisation cern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_dejeuner.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH389/1_dejeuner-b36ff.jpg?1588354313' width='500' height='389' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oui, la civilisation est cern&#233;e. C'est aussi la r&#233;flexion que je me suis faite en re-re-re-regardant &lt;i&gt;Le roi et l'oiseau&lt;/i&gt; de Paul Grimault et Jacques Pr&#233;vert avec mon fils, en ces temps de confinement. L'immense cit&#233;-ch&#226;teau est cern&#233;e, par le dessous o&#249; vivent les lions, par le dessus o&#249; vit l'oiseau. Quand ces deux extr&#233;mit&#233;s se rejoignent, c'en est fait du Roi et de son immense ch&#226;teau. De ce palais o&#249; lui et ses gardiens se confinent : personne dans les rues, voyez ces perspectives longues et vides. D'ailleurs, souvenez-vous, c'est plut&#244;t de l'image du roi dont il s'agit, car le roi n'est plus depuis que son double, qui ne louche pas, est sorti tout droit d'un tableau honorifique et a pris sa place. C'est l'image du pouvoir &#8212; l'effigie vivante du Roi &#8212; qui s'est accapar&#233;e les r&#234;nes des &#233;v&#233;nements et qui pourchasse les images id&#233;ales d'amour et de fra&#238;cheur &#8212; la berg&#232;re et le ramoneur sortis eux aussi de leurs toiles peintes. Le Pouvoir va chercher la machine avec laquelle il d&#233;cimera les bas-fonds, l&#224; o&#249; survivent tous les humains dans leurs masures grises sans soleil. Mais quand les animaux, l'Id&#233;al &#8212; le ramoneur et la berg&#232;re &#8212; et la machine font front commun, le Roi &#8212; le Pouvoir &#8212; est d&#233;cim&#233; et tout son luxe et ses marques civilisationnelles volent ou sont broy&#233;s en &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation et le monde sont ici deux entit&#233;s herm&#233;tiques l'une &#224; l'autre. Quand est-ce que l'existence du monde nous appara&#238;t comme un espace non encore vu, jusqu'ici non arpent&#233; par les personnages principaux et par le regardeur, quand est-ce que le monde prend corps ? Quand le ramoneur et la berg&#232;re parlent &#224; l'homme aveugle de l'existence de l'oiseau et du soleil. Alors l'aveugle s'&#233;crit en faisant tourner sa bo&#238;te &#224; musique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous sommes sauv&#233;s, la vie est belle, le monde existe &lt;/i&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L429xH650/2_oiseau-1b334.jpg?1588354313' width='429' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le monde semble donc &#234;tre, non pas ce qui remplit l'espace, mais ce qui se trouve en fronti&#232;re de civilisation, repouss&#233;, mais vivant. Pour faire un raccourci de Manet &#224; Grimault, le monde est gard&#233; par des lions, des oiseaux et une grenouille. Il appara&#238;t comme l'espace qui va &#171; sauver &#187; les humains. Il est le dehors de la civilisation. Alors la question subsidiaire, &#224; l'actualit&#233; patente pourrait se retrouver dans les mots de l'anthropologue Tim Ingold, lorsqu'il formule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous consid&#233;rons-nous comme des &#234;tres &#224; l'int&#233;rieur d'un monde ou comme des &#234;tre sans monde ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ingold T. Marcher avec les Dragons, 2013, p. 29&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; habitons-nous aujourd'hui, cela ressemble-t-il &#224; un espace vide d'animaux mais empli de marques civilisationnelles ? S'agit-il d'un monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#234;tre &#171; cerne &#187; la civilisation, au sens cette fois-ci plus figur&#233;, et pointe ses pieds d'argile et ses incoh&#233;rences, je pense au &lt;i&gt;Chat du rabbin&lt;/i&gt; de Joann Sfar et d'Antoine Delesvaux. Voici un autre dessin anim&#233; que j'ai re-re-regard&#233;. Les acc&#232;s civilisationnels sont ici religieux, dogmatiques et ont traits aux &#233;tiquettes politiques. Bref la civilisation brille par son morcellement. Le Chat incarne l'incongru au c&#339;ur d'une s&#233;rie de figures arch&#233;typales : le rabbin, le ma&#238;tre rabbinique, le chek, les fanatiques du d&#233;sert, l'orthodoxe &#233;pris du tsar, le juif ashk&#233;naze aux allures de petit prince, l'Africaine, les juifs d'Ethiopie, l'&#201;tat fran&#231;ais&#8230; Ce sont bien les antagonismes de principe qui ressortent des relations humaines, ces incoh&#233;rences que le Chat se fait un plaisir de souligner par ses questions, ses requ&#234;tes et ses commentaires. Il rebat les cartes des continuit&#233;s et des discontinuit&#233;s qui jalonnent notre existence. Il pose l'amour et la volont&#233; comme continuit&#233; entre les &#234;tres et demande d&#232;s lors d'&#234;tre aupr&#232;s de sa ma&#238;tresse puisqu'il l'aime et demande &#224; faire sa Bat Mitsva puisqu'il veut &#234;tre juif. Les humains lui r&#233;pondent par la discontinuit&#233; des esp&#232;ces, il est un chat. Mais un chat qui parle taille une br&#232;che, non par sa compr&#233;hension de ce qui l'entoure, qui ne perd rien de sa relativit&#233; ni de sa subjectivit&#233;, mais par le dialogue. Son r&#244;le de marginal d&#233;rangeant pour les autres protagonistes change au fil du film et cette capacit&#233; au dialogue lui offre un r&#244;le nouveau au sein de sa petite communaut&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L480xH650/3_chat-34ba7.jpg?1588354313' width='480' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Chat r&#232;gle tous les probl&#232;mes par dialogue&lt;/i&gt; &#187; pr&#233;cise l'ashk&#233;naze lorsqu'il atteint la J&#233;rusalem &#233;thiopienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement le Chat a pour m&#233;rite d'avoir d&#233;senfl&#233; chacun de &#171; la &#187; v&#233;rit&#233; c'est-&#224;-dire de son r&#233;confort venu d'en haut. Le Chat met &#224; mal l'espoir de transcendance de l'humain et il poss&#232;de les fonctions d'une sentinelle. Les animaux sont nos sentinelles. Ils sont une mise en garde contre certaines de nos vell&#233;it&#233;s. Fr&#233;d&#233;rick Kreck dans &lt;i&gt;Les chauves-souris et les pangolins se r&#233;voltent&lt;/i&gt; &#224; para&#238;tre d&#232;s la fin du confinement aux &#201;ditions Zones Sensibles, ne dit rien d'autre dans une interview accord&#233;e &#224; &lt;i&gt;M&#233;diapart&lt;/i&gt;. Kreck revient de Chine o&#249; ses interlocuteurs sur le terrain n'ont pas h&#233;siter &#224; qualifier la pand&#233;mie de &#171; vengeance de la nature &#187;. Certes, il est peut &#234;tre plus simple de d&#233;cortiquer les messages de sentinelles de dessins qui plus est, prolixes, qui ont quelque chose d'un chat cynique et critique ou d'un oiseau polyglotte et rebelle, mais sautons un pas de plus, que retiendrons-nous de nos autres sentinelles ? :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne faut pas re-s&#233;parer [les humains et les animaux], [&#8230;] Je crois davantage &#224; l'id&#233;e de refonder ce pacte sur l'&#233;change de signaux d'alerte entre humains et non-humains.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;, article par Joseph Confavreux publi&#233; le 20 mars 2020.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Layneyrie-Dagen N., &lt;i&gt;Animaux cach&#233;s, animaux secrets&lt;/i&gt;, Citadelles &amp; Mazenod, Paris, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ingold T. &lt;i&gt;Marcher avec les Dragons&lt;/i&gt;, 2013, p. 29&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mediapart.fr&lt;/a&gt;, article par Joseph Confavreux publi&#233; le 20 mars 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pluralit&#233; des pratiques digitales</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Pluralite-des-pratiques-digitales</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Pluralite-des-pratiques-digitales</guid>
		<dc:date>2019-01-28T22:51:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Moulon</dc:creator>


		<dc:subject>modernit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Appareil</dc:subject>
		<dc:subject>post-histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jamais une technique ou technologie n'a autant d&#233;multipli&#233; les pratiques artistiques de mani&#232;re aussi fulgurante que durable, &#224; commencer par les domaines du son et de l'image qui en ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;volutionn&#233;s. Au point qu'il n'est pas une seule &#339;uvre, aujourd'hui, sans sa part, aussi infime soit elle, de num&#233;rique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/modernite" rel="tag"&gt;modernit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil-35" rel="tag"&gt;Appareil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/post-histoire" rel="tag"&gt;post-histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1365-8e7aa.jpg?1772196908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jamais une technique ou technologie n'a autant d&#233;multipli&#233; les pratiques artistiques de mani&#232;re aussi fulgurante que durable, &#224; commencer par les domaines du son et de l'image qui en ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;volutionn&#233;s. Au point qu'il n'est pas une seule &#339;uvre, aujourd'hui, sans sa part, aussi infime soit elle, de num&#233;rique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bonjour tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'en est fini des cahiers que l'on initiait en &#233;crivant &lt;i&gt;&#171; Mon cher journal &#187;&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, sur &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt;, on s'adresse au plus grand nombre en s'exclamant : &lt;i&gt;&#171; Bonjour tout le monde &#187;&lt;/i&gt;. M&#234;me les programmes informatiques, depuis le livre de 1978 &lt;i&gt;The C Programming Language&lt;/i&gt; de Brian Kernighan et Dennis Ritchie, s'initialise en toute politesse : &lt;i&gt;&#171; hello world &#187;&lt;/i&gt;. Ce qui n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; l'artiste fran&#231;ais Fabien L&#233;austic dont la pratique, souvent, se situe entre l'art, les sciences et technologies. Celui-ci, en 2016, a commenc&#233; &#224; r&#233;diger cette formule t&#233;moignant de la bonne ex&#233;cution d'applications ou de scripts depuis une quarantaine d'ann&#233;es &#224; m&#234;me les murs de salles d'expositions. Tous les caract&#232;res sont de lumi&#232;re, mais il en est un, le premier &#171; O &#187;, qui s'allume et s'&#233;teint alternativement. Le &lt;i&gt;Hello World&lt;/i&gt; se fait ainsi &lt;i&gt;Hell of a World&lt;/i&gt;. Comme si le monde merveilleux auquel nous pr&#233;parent les grandes entreprises du num&#233;rique pouvait aussi se transformer en un enfer sur terre. Et l'on se souvient de cette s&#233;quence publicitaire r&#233;alis&#233;e par Ridley Scott pour Apple en 1984 pour son slogan &lt;i&gt;&#171; On January 24th, Apple Computer will introduce Macintosh. And you'll see why 1984 won't be like 1984 &#187;&lt;/i&gt;. Le r&#233;alisateur et la marque se r&#233;f&#232;rent alors &#224; l'ouvrage &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; que George Orwell r&#233;digea en 1949. L'&#233;crivain y brosse le portrait d'une soci&#233;t&#233; sous haute surveillance que, ironie du sort, nous sommes peut-&#234;tre en train pr&#233;parer dans notre usage immod&#233;r&#233; des services qui nous sont propos&#233;s. Mais comment George Orwell aurait-il pu anticiper cette propension que nous avons toutes et tous &#224; documenter, par nous-m&#234;mes, nos vies avec tant de pr&#233;cision ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_rose.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH429/2_rose-edc4c.jpg?1548717873' width='500' height='429' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Anne-Sarah Le Meur, Rosespose_075, 2018,courtresy Galerie Charlot.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Du code &#224; l'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, la fondation Prada de Venise a r&#233;activ&#233; l'exposition historique &lt;i&gt;When Attitudes Become Form&lt;/i&gt; que le curateur ind&#233;pendant Harald Szeemann avait con&#231;ue en 1969 &#224; la Kunsthalle de Bern. L'id&#233;e &#233;tant notamment que les processus primaient sur les r&#233;sultats et que, par cons&#233;quent, l'inach&#232;vement pouvait enfin &#234;tre revendiqu&#233;. Mais que s'est-il pass&#233; durant les quarante-quatre ann&#233;es qui ont s&#233;par&#233; ces deux &#233;v&#233;nements ? Le code s'est immisc&#233; dans tous les secteurs d'activit&#233; pour s'imposer et faire forme tant chez les urbanistes que chez les architectes ou designers de tout domaine. Quand bien m&#234;me il est g&#233;n&#233;ralement cach&#233; ou tout simplement incompr&#233;hensible pour la plupart d'entre nous. Certains artistes n'ont pas &#233;chapp&#233; &#224; l'appel du langage des machines, &#224; l'instar d'Anne-Sarah Le Meur qui fait &#339;uvre, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, en d'infinies variations que lui autorisent les nombres. On pense ici &#224; la proportion divine des anciens bien que son travail soit exclusivement abstrait. Sans omettre qu'elle a &#233;radiqu&#233; toute forme de geste pour le remplacer par des mouvements inspir&#233;s, avec une relative libert&#233;, par la math&#233;matique. C'est le processus du code s'ex&#233;cutant qui fait donc l'&#339;uvre que l'artiste peut modifier ou interrompre &#224; loisir afin d'&#234;tre, elle-m&#234;me, surprise. Lorsqu'elle g&#233;n&#232;re des images fixes, celles-ci constituent autant d'&#233;tapes inachev&#233;es vers le sublime que tant d'artistes, comme Marc Rothko auquel Anne-Sarah Le Meur se r&#233;f&#232;re fr&#233;quemment, ont tent&#233; d'atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12027 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_index.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/3_index-309ea.jpg?1772211117' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;fleuryfontaine, Index, 2017.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sans d&#233;but ni fin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;n&#233;rativit&#233;, en art, est une attitude de nature &#224; renforcer l'essentiel des formes, sp&#233;cifiquement celles qui s'inscrivent dans la dur&#233;e comme c'est le cas dans le travail des artistes parisiens Galdric Fleury et Antoine Fontaine qui, ensemble, composent le duo &lt;i&gt;fleuryfontaine&lt;/i&gt;. S'ils ont en commun d'avoir &#233;tudi&#233; l'architecture, sujet qui les passionne, ils ne sont pas pour autant attir&#233;s par l'id&#233;e de construire des b&#226;timents, sauf ceux susceptibles d'accueillir des id&#233;es ou des concepts. Et l'on pense ici &#224; la revue d'architecture britannique &lt;i&gt;Archigram&lt;/i&gt; des ann&#233;es soixante. Le duo n'a de cesse de proposer des d&#233;ambulations au sein de cr&#233;ations sans d&#233;buts ni fins. En 2017, il se sont focalis&#233;s sur le couloir au travers de l'installation g&#233;n&#233;rative &lt;i&gt;Index&lt;/i&gt;. Le couloir, en apparence, n'est qu'un lieu de passage dont les architectes s'affranchiraient si l'on pouvait se t&#233;l&#233;porter. Ce n'est pas un lieu, par d&#233;finition, puisqu'il dessert des pi&#232;ces. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette fonction organisatrice qu'il devient indissociable des pouvoirs qu'exercent les dirigeants de minist&#232;res ou d'administrations, d'universit&#233;s ou de prisons. Ces espaces sans identit&#233;s propres que sont les couloirs sont donc interchangeables, comme nous le montre la cr&#233;ation de &lt;i&gt;fleuryfontaine&lt;/i&gt;. Et c'est peut-&#234;tre en cela que ces endroits nous fascinent, comme ils n'ont cess&#233; de fasciner des g&#233;n&#233;rations de cin&#233;astes plut&#244;t que de photographes. Car les couloirs sont des non-lieux dont l'usage s'inscrit dans la dur&#233;e. Et c'est l&#224; le v&#233;ritable sujet de l'&#339;uvre &lt;i&gt;Index&lt;/i&gt; puisque celle-ci est infinie. Quand les peintures ou couleurs changent, mais que les portes ou appliques en trois dimensions sont similaires, la machine, simplement, en d&#233;cide les implantations. C'est ainsi que ces artistes sont &#224; l'origine d'un cadre algorithmique autant que filmique alors que l'&#339;uvre continue de se &#171; calculer &#187; en leur absence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12028 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;121&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_nimb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/4_nimb-aa987.jpg?1548717873' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Joanie Lemercier &amp; James Ginzburg, Nimbes, 2014, coproduction SAT Montr&#233;al, production artistique Juliette Bibasse.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;De l'immersion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immersion comptait d&#233;j&#224; parmi les principaux champs d'investigation des artistes aux pratiques exp&#233;rimentales dans les ann&#233;es quatre-vingt-dix. Ces derniers s'exprimaient alors essentiellement aux travers d'&#233;v&#233;nements d&#233;di&#233;s comme l'International Symposium on Electronic Art (ISEA) de Montr&#233;al en 1995 dont a &#233;merg&#233; la Soci&#233;t&#233; des Arts Technologiques (SAT). Et c'est en 2011 que la SAT de Montr&#233;al s'est dot&#233; d'un d&#244;me consacr&#233; aux projections sph&#233;riques &#224; 360 degr&#233;s. Cela en a fait le passage oblig&#233; d'artistes contemporains comme Joanie Lemercier et James Ginzburg d&#233;sireux d'y d&#233;velopper des exp&#233;riences immersives telle que &lt;i&gt;Nimbes&lt;/i&gt; (2014). La Satosph&#232;re peut accueillir jusqu'&#224; 350 personnes aussi l'exp&#233;rience est-elle r&#233;solument collective. Le public est invit&#233; &#224; s'allonger confortablement puisque le spectacle, en temps r&#233;el, se joue au-dessus et tout autour. Les motifs, fragments de nature ou d'architecture, s'entrem&#234;lent autant que les types de m&#233;dias associant la photographie &#224; la vid&#233;o, au scanning ou &#224; la mod&#233;lisation en trois dimensions. Pour qu'un monde, dans une totale obscurit&#233;, litt&#233;ralement, se dessine. Les particules qui s'&#233;l&#232;vent nous ram&#232;nent &#224; la gravit&#233; que nous subissons bien qu'elle semble s'estomper au fil de l'exp&#233;rience tant celle-ci est englobante. Dans cette cr&#233;ation, des indices nous guident vers le r&#234;ve. Aussi, chacune et chacun, nous parvenons &#224; donner un sens qui est le n&#244;tre &#224; ce monde dont le r&#233;cit nous enveloppe temporairement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12029 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_neplus.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/5_neplus-d8ce4.jpg?1772211117' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Judith Deschamps, Ne plus &#234;tre dans votre regard, c'est dispara&#238;tre, 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Du virtuel et du genre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Judith Deschamps a grandi dans les ann&#233;es 1990-2000, &#233;poque &#224; laquelle, les jeux vid&#233;o se multipliant, la figure de l'avatar s'est impos&#233;e. Et c'est en 2016, &#224; l'occasion de la performance &lt;i&gt;Ne plus &#234;tre dans votre regard, c'est dispara&#238;tre&lt;/i&gt;, qu'elle se pr&#233;sente au public de la Fondation d'Entreprise Ricard aux c&#244;t&#233;s de son avatar. Ce dernier est impr&#233;cis dans ses gestes et mouvements si l'on consid&#232;re l'extr&#234;me r&#233;alisme de celles et ceux que l'on incarne aujourd'hui au travers de consoles. Mais surtout, ce qui l'oppose aux personnages qui peuplent les jeux vid&#233;o, c'est qu'il n'a pas de genre. Et c'est en ce sens qu'il est, sans l'&#234;tre tout &#224; fait, Judith Deschamps assumant quant &#224; elle le r&#244;le de l'interpr&#232;te pendant la performance. L'avatar d&#233;clare en anglais &lt;i&gt;&#171; Tout comme Judith Deschamps n'a pas choisi d'&#234;tre une femme, je n'ai pas choisi cet &#233;tat, je n'ai pas choisi d'&#234;tre un &#234;tre artificiel, virtuel &#187;&lt;/i&gt;. L'artiste, traduisant en fran&#231;ais les paroles de son double virtuel, parle d'elle-m&#234;me &#224; la troisi&#232;me personne pour d&#233;velopper un discours portant sur l'identit&#233; tout en l'&#233;largissant &#224; l'extr&#234;me comme le font les th&#233;oriciennes et th&#233;oriciens &lt;i&gt;Queer&lt;/i&gt;. Avec &lt;i&gt;Ne plus &#234;tre dans votre regard, c'est dispara&#238;tre&lt;/i&gt;, Judith Deschamps pratique une forme de renversement. Car c'est elle qui fait le lien entre l'&#234;tre qu'elle interpr&#232;te et le public. Se faisant, elle interroge le genre au travers de cet autre sans genre puisqu'artificiel. C'est ainsi que le virtuel, ayant &#233;merg&#233; dans le champ de l'art avec les ann&#233;es quatre-vingt-dix n'est plus ici une fin mais un moyen nous encourageant &#224; envisager, autrement, le genre social.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_abstr.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/6_abstr-79445.jpg?1772211117' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rafael Rozendaal, Abstract Browsing, 2014, collection of Stedelijk Museum Amsterdam.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Un autre regard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder l'Internet, c'est rappeler que ce sont les artistes, dans le monde de l'art, qui ont &#233;t&#233; les premiers &#224; l'investir avec l'&#233;mergence du Web dans les ann&#233;es quatre-vingt-dix, bien avant que les institutions ne s'y aventurent ou que les galeries n'y commercent. Appartenant d&#233;j&#224; &#224; la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration d'artistes s'exprimant en r&#233;seau, Rafael Rozendaal a pris l'habitude de d&#233;poser ses &#339;uvres en ligne depuis le d&#233;but des ann&#233;es deux mille selon un principe assez simple : en associant une id&#233;e &#224; une forme et une adresse. Mais c'est en 2014 qu'il nous propose un autre regard sur les pages que pourtant nous connaissons bien en d&#233;veloppant une extension intitul&#233;e &lt;i&gt;Abstract Browsing&lt;/i&gt; &#224; ajouter au navigateur &lt;i&gt;Chrome&lt;/i&gt;. C'est alors que tous les contenus textes ou images sont remplac&#233;s par des aplats de couleur satur&#233;es. Les structures cach&#233;es de nos sites pr&#233;f&#233;r&#233;s se transforment en autant de compositions abstraites qu'aucun peintre n'aurait imagin&#233;, pas m&#234;me Peter Halley. Car elles ne sont que les cons&#233;quences de recherches accrues d'efficacit&#233;. Pourtant, elles font bel et bien &#339;uvres sur les murs de la galerie Steve Turner en 2016. L'artiste ayant s&#233;lectionn&#233; les plus surprenantes de ces non-compositions pour en obtenir des tapisseries de grandes tailles, les amateurs d'art de Los Angeles portent alors un autre regard sur ce qu'ils croyaient pourtant conna&#238;tre, ici &lt;i&gt;Gmail&lt;/i&gt;, l&#224; &lt;i&gt;Twitter&lt;/i&gt; ! L'usage de m&#233;tiers &#224; tisser n'&#233;tant pas neutre si l'on consid&#232;re celui invent&#233; par Joseph Marie Jacquard en 1801. Car il &#233;tait enfin &#171; programmable &#187; gr&#226;ce &#224; une carte perfor&#233;e qui fait figure de v&#233;ritable anc&#234;tre des m&#233;moires de masse composant le &lt;i&gt;cloud&lt;/i&gt; de toutes nos donn&#233;es avant m&#234;me qu'elles ne s'organisent en pages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_data.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/7_data-1fd25.jpg?1772211117' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Varvara &amp; Mar, Data Shop, 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Donn&#233;es personnelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder l'Internet, c'est aussi &#233;voquer nos donn&#233;es personnelles qui int&#233;ressent tant d'entreprises priv&#233;es et publiques. Des data qu'elles collectent et s'&#233;changent g&#233;n&#233;ralement sans m&#234;me que l'on ne s'en aper&#231;oive. Et force est de reconna&#238;tre que nous manquons de repr&#233;sentations mentales lorsqu'il s'agit de grandes quantit&#233;s de donn&#233;es. Ce ne sont pas les all&#233;es interminables des rares data centres acceptant qu'on les photographie qui sont de nature &#224; am&#233;liorer notre vision en r&#233;seau des flux incessants de nos donn&#233;es personnelles. Certains artistes, comme Varvara Guljajeva et Mar Canet, du duo Varvara &amp; Mar, se proposent de nous aider &#224; se les figurer. L'id&#233;e, avec l'installation &lt;i&gt;Data Shop&lt;/i&gt; (2017), &#233;tant d'encapsuler leurs propres donn&#233;es dans des bo&#238;tes de conserve pour les aligner sur les rayonnages d'un supermarch&#233; reconstitu&#233;. Cela a pour effet de convoquer &#224; la fois les conserves de &lt;i&gt;Merda d'artista&lt;/i&gt; (1961) de Piero Manzoni, quant &#224; leur caract&#232;re r&#233;solument personnel, et celles de soupe &lt;i&gt;Campbell&lt;/i&gt; accumul&#233;es en 1962 par Andy Warhol. C'est ainsi que l'on peut s'imaginer le march&#233;, au plus offrant, de nos data. On pense aux donn&#233;es personnelles de millions d'utilisateurs de Facebook que la soci&#233;t&#233; &lt;i&gt;Cambridge Analytica&lt;/i&gt; a mis &#224; disposition de femmes ou d'hommes politiques souhaitant influencer les &#233;lecteurs en 2015. Varvara &amp; Mar attirent donc notre attention sur la valeur des traces qui ne sont autres que les cons&#233;quences de nos d&#233;ambulations d&#233;sint&#233;ress&#233;es en ligne. Mais aussi, &#224; l'Internet des objets qui se profile et avec lequel les entreprises envisagent d&#233;j&#224; de documenter, pour les monnayer, les moindres de nos faits et gestes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12032 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_light.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/8_light-b8273.jpg?1772211117' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;milie Brout &amp; Maxime Marion, Lightning Ride, 2017, vid&#233;o UHD, 7'40'', courtesy Galerie 22,48 m&#178;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;En communaut&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internet, c'est aussi et surtout des contenus en masse que le nombre de vues valide alors que jamais les fronti&#232;res entre artistes et non-artistes n'ont &#233;t&#233; aussi peu d&#233;limit&#233;es. Des contenus qui, par leur nature, dessinent des contours tout aussi flous de communaut&#233;s addictives. &lt;i&gt;YouTube&lt;/i&gt; regorge de s&#233;quences dont l'&#233;tranget&#233; interpelle les artistes de la g&#233;n&#233;ration d'&#201;milie Brout et Maxime Marion. Ensemble, ils se sont appropri&#233;s les s&#233;quences de celles et ceux qui, d&#233;sirant porter des pistolets &lt;i&gt;Taser&lt;/i&gt;, ont particip&#233; &#224; des s&#233;ances de certification. Les artistes ont alors ralenti les sc&#232;nes tout en leur donnant les allures de peinture &#224; l'huile. Plus que la touche, dont l'aspect heurte ou s&#233;duit la r&#233;tine, ce sont les attitudes de ces volontaires &#224; l'&#233;lectrification de &lt;i&gt;Lightning Ride&lt;/i&gt; (2017) qui &#233;voquent l'histoire de l'art. Et plus particuli&#232;rement les repr&#233;sentations du Saint S&#233;bastien qui, dans les peintures de la Renaissance, jamais ne souffre malgr&#233; le nombre imposant de fl&#232;ches ayant atteint la chair en profondeur. Condamn&#233; par C&#233;sar, le saint s'adressant &#224; ses propres archers aurait d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Archers, Archer, si jamais vous m'aim&#226;tes, que votre amour je le connaisse encore, &#224; mesure de fer ! Je vous le dis, je vous le dis : celui qui plus profond&#233;ment me blesse, plus profond&#233;ment m'aime &#187;&lt;/i&gt;. Cette th&#233;&#226;tralit&#233; se retrouve dans le collage vid&#233;o-picturale d'&#201;milie Brout et de Maxime Marion, tant dans les sourires si peu tent&#233;s de souffrance au moment des chocs &#233;lectriques que dans la compassion de celles et ceux qui accompagnent les volontaires jusqu'au sol.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_learn.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/9_learn-cbc7d.jpg?1772211117' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Memo Akten, Learning to see : Gloomy Sunday, 2017.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Apprendre &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, un ordinateur &lt;i&gt;IBM&lt;/i&gt; gagne une partie d'&#233;chec contre un humain, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Garry Kasparov. En 2015, c'est une application &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt; qui gagne contre un joueur de go professionnel. Mais qu'adviendrait-il, au-del&#224; des &#233;poques, si ces deux intelligences artificielles s'affrontaient ? Probablement rien car les machines, du laboratoire de recherche &#224; l'usine de fabrication, ne savent faire que ce qu'on leur a appris, quand bien m&#234;me elle le fasse tellement plus vite et si parfaitement. C'est ce que nous dit l'&#339;uvre de Memo Akten, &lt;i&gt;Learning to see : Gloomy Sunday&lt;/i&gt; de 2017. Peu importe ce que l'artiste lui propose, elle ne sait repr&#233;senter que ce qu'elle conna&#238;t d&#233;j&#224;. C'est ainsi qu'un chiffon &#224; poussi&#232;re devient un rivage de bord de mer et qu'un adaptateur de t&#233;l&#233;phone se fait rocher caress&#233; par l'&#233;cume. Le r&#233;seau de neurones artificiels de &lt;i&gt;Learning to see : Gloomy Sunday&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; entra&#238;n&#233; par l'artiste qui lui a &#171; appris &#224; voir &#187;, d'o&#249; le titre de l'&#339;uvre. De son c&#244;t&#233;, le sous-titre nous indique l'ennui que procurerait une intelligence si pr&#233;visible, pass&#233; l'effet de surprise relatif tout de m&#234;me &#224; sa dext&#233;rit&#233;. Il y a dans cette pi&#232;ce quelque chose qui nous rassure en tant qu'humain, tant sur la sup&#233;riorit&#233; cr&#233;ative de l'artiste sur la machine qui pourtant, ici, fait &#339;uvre. Sans l'humain, la machine ne serait pas d'un grand usage, ni dans l'industrie ni en art. &#192; une &#233;poque o&#249; nous avons d&#233;l&#233;gu&#233; nos connaissance &#224; des serveurs et nos intelligences &#224; des applications, la relation que nous entretenons avec les technologies se rejoignant &#8211; en art comme en toute autre discipline &#8211; est celle d'une interd&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article r&#233;dig&#233; dans le cadre du projet PARTITA&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration couverture : Fabien L&#233;austic, Hello World, 2016, source Juan Cruz Ibanez, ADAGP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du chef-d'&#339;uvre et du code </title>
		<link>https://www.tk-21.com/Du-chef-d-oeuvre-et-du-code</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Du-chef-d-oeuvre-et-du-code</guid>
		<dc:date>2018-12-31T17:05:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Moulon</dc:creator>


		<dc:subject>Appareil</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au ZKM de Karlsruhe, deux expositions interrogent le r&#244;le des technologies et m&#233;dias dans l'art. Si la premi&#232;re, &lt;i&gt;Art in Motion&lt;/i&gt;, est r&#233;solument historique, la seconde &lt;i&gt;Open Codes 2&lt;/i&gt;, continue dans sa deuxi&#232;me version de consid&#233;rer l'emprise du num&#233;rique sur nos soci&#233;t&#233;s contemporaines.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Appareil-35" rel="tag"&gt;Appareil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1352-83e7e.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au ZKM de Karlsruhe, deux expositions interrogent le r&#244;le des technologies et m&#233;dias dans l'art. Si la premi&#232;re, &lt;i&gt;Art in Motion&lt;/i&gt;, est r&#233;solument historique, la seconde &lt;i&gt;Open Codes 2&lt;/i&gt;, continue dans sa deuxi&#232;me version de consid&#233;rer l'emprise du num&#233;rique sur nos soci&#233;t&#233;s contemporaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'exposition &lt;i&gt;Art in Motion. 100 Masterpieces with and through Media&lt;/i&gt; rassemble une centaine d'&#339;uvres, d'instruments et d'appareils entre autres curiosit&#233;s technologiques comme cette r&#233;plique de l'&lt;i&gt;Ultimate Machine&lt;/i&gt; con&#231;ue par le th&#233;oricien de l'information Claude Shannon au d&#233;but des ann&#233;es 1950. Pos&#233;e sur un socle, celle-ci est montr&#233;e telle une sculpture. Pr&#233;sentant un interrupteur &#171; on/off &#187; sur sa face sup&#233;rieure, elle ne &#171; sait &#187; que se d&#233;sactiver m&#233;caniquement quand elle a &#233;t&#233; activ&#233;e par un humain. Dans son extr&#234;me simplicit&#233;, elle a pourtant inspir&#233; bien des scientifiques, comme Marvin Minsky dont on sait l'importance des travaux sur l'intelligence artificielle, ainsi que des auteurs de science-fiction comme Arthur C. Clarke consid&#233;rant le &#171; sinistre &#187; de cette &lt;i&gt;&#171; machine qui ne fait rien - absolument rien - except&#233; s'&#233;teindre elle-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt;. Cette machine ultime qui, par son inutilit&#233; absolue nous questionne, a sa place aujourd'hui plus que jamais parmi les objets connect&#233;s dont les entreprises du digital nous vantent l'autonomie au point que, bien souvent, elles finissent d&#233;connect&#233;es au fin fond de nos tiroirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_ulti.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/2_ulti-3ae05.jpg?1772224313' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Claude Elwood Shannon, Ultimate Machine, 2018 (r&#233;plique).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'installation filmique de Nam June Paik est aussi des plus radicales puisque l'on ne voit que le rectangle aux bords arrondis d'un gris clair aux infinies variations. La bobine de 16 mm de &lt;i&gt;Zen for Film (Fluxfilm n&#176;1)&lt;/i&gt; datant de 1964 a simplement &#233;t&#233; sortie de sa bo&#238;te pour &#234;tre projet&#233;e, encore et encore au gr&#233; de ses monstrations. La r&#233;f&#233;rence aux 4'33&#034; de silence de John Cage est &#233;vidente. De leur c&#244;t&#233;, les amateurs de peintures monochromes y verront davantage une &#233;vocation par l'image en mouvement de la non moins c&#233;l&#232;bre toile du &lt;i&gt;Carr&#233; blanc sur fond blanc&lt;/i&gt; de Kasimir Malevitch. Mais que voit-on r&#233;ellement &#224; la surface de ce film d&#233;nu&#233; d'images ? Des rayures de ses projections ant&#233;rieures qui, associ&#233;es aux poussi&#232;res de l'environnement de sa pr&#233;sentation, animent cet aplat de lumi&#232;re pure. Les seuls sons m&#233;caniques du projecteur 16 mm n&#233;cessaire &#224; l'installation font que cette &#339;uvre n'est en rien silencieuse. Sans omettre les spectatrices et spectateurs qui entrent et sortent de l'image, comme pour l'habiter de quelques silhouettes fantomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_zen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_zen-45edb.jpg?1772224313' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nam June Paik, Zen for Film (Fluxfilm n&#176;1), 1964.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi la centaine de chefs-d'&#339;uvre que les curateurs Peter Weibel et Siegfried Zielinski ont rassembl&#233;s, se trouvent quelques tirages de l'artiste Lynn Hershman Leeson dont &lt;i&gt;Camerawoman&lt;/i&gt;. Celui-ci est int&#233;ressant &#224; de multiples &#233;gards. D'abord par sa date, 1986, &#233;poque o&#249; il &#233;tait davantage question de la figure du cameraman sur des plateaux de tournage. Et, face &#224; cette femme &#224; t&#234;te de cam&#233;ra, comment ne pas avoir une pens&#233;e pour Donna Haraway qui aurait tant pr&#233;f&#233;r&#233; &#234;tre un cyborg, sans genre pr&#233;d&#233;termin&#233;, plut&#244;t qu'une d&#233;esse au genre bien d&#233;termin&#233;. Quant au titre de la s&#233;rie, &lt;i&gt;Phantom Limb&lt;/i&gt;, il renvoie &#224; ces membres fant&#244;mes qui, selon celles ou ceux qui ont &#233;t&#233; amput&#233;s, continuent de se &#171; manifester &#187;. Comme si Lynn Hershman avait anticip&#233; cet objet qui nous augmente si parfaitement aujourd'hui, le &lt;i&gt;smartphone&lt;/i&gt;. Cet esp&#232;ce d'implant ext&#233;rieur au corps, connect&#233; au reste du monde, et avec lequel nous documentons nos vies par l'image. Il nous manque d&#233;j&#224; lorsqu'il n'est qu'&#224; quelques m&#232;tres de nous, sans parler de notre profond d&#233;sarroi lorsqu'il affiche &#171; batterie faible &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_camera.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/4_camera-dc659.jpg?1772224313' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynn Hershman Leeson, Camerawoman (Phantom Limb), 1986.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le ZKM accueille aussi la version deux de &lt;i&gt;Open Codes&lt;/i&gt;, une exposition qui documente nos rapports aux technologies &#233;mergentes &#224; l'image du tirage de la s&#233;rie &lt;i&gt;Autonomous Trap 001&lt;/i&gt; de James Bridle. On y d&#233;couvre une voiture autonome que l'intelligence artificielle a pi&#233;g&#233;e. &#192; moins que ce ne soit l'artiste lui-m&#234;me qui ait dress&#233; un pi&#232;ge en dessinant &#224; m&#234;me la chauss&#233;e un cercle dont les limites interdisent tout franchissement pour qui respecte le code de la route. Notons que, pour se faire, James Bridle a utilis&#233; du sel, ce qui n'est pas neutre si l'on consid&#232;re l'aspect sacr&#233; du condiment dans bien des cultures. &#192; commencer par les combattants qui, en sum&#244;, le d&#233;versent au sol par poign&#233;es en signe de purification. Mais revenons au v&#233;hicule autonome qui, faute d'enfreindre les r&#232;gles, reste prisonnier sur une aire de repos. Quand le Mont Parnasse est tout pr&#232;s, en ce paysage que n'importe quel humain d&#233;sirerait explorer. La d&#233;cision, en ce qui concerne l'intelligence artificielle, allant bien au-del&#224; du code ou des algorithmes puisqu'elle convoque tant le juridique que l'&#233;thique, et bien plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_auto.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/5_auto-d2f91.jpg?1772224313' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;James Bridle, Autonomous Trap 001, 2017 (photogramme).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration couverture : Vue de l'exposition Art in Motion, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liens :&lt;br class='autobr' /&gt;
ZKM : &lt;a href=&#034;https://zkm.de&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://zkm.de&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lynn Hershman Leeson : &lt;a href=&#034;http://www.lynnhershman.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lynnhershman.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
James Bridle : &lt;a href=&#034;https://jamesbridle.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jamesbridle.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des nouvelles du num&#233;rique</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Des-nouvelles-du-numerique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Des-nouvelles-du-numerique</guid>
		<dc:date>2018-06-30T17:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La&#235;titia Bischoff</dc:creator>


		<dc:subject>Appareil</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il est un continent o&#249; nous mac&#233;rons, o&#249; l'on s'y trempe jusqu'&#224; une ultime d&#233;coction.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH143/arton1257-7dda1.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='143' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est un continent o&#249; nous mac&#233;rons, o&#249; l'on s'y trempe jusqu'&#224; une ultime d&#233;coction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce continent se nomme num&#233;rique. Une fois entr&#233;, on nous somme d'y rester, la marche &#224; suivre change, elle se transforme, alors on reste, on s'accroche. Ce continent a aspir&#233; nos d&#233;marches administratives pour s'en faire une production vivri&#232;re. Nous sommes de plus en plus des touristes en voyage organis&#233;. Le num&#233;rique est comme une couche, un cocon au d&#233;part confortable, qui se resserre de plus en plus. Il se fait n&#233;cessitant, requ&#233;rant plus de texte, de m&#233;moire, de s&#233;curit&#233;, de manipulations, elles-m&#234;mes de plus en plus complexes ou bizarres. Il aspire nos actes, les avale dans son cortex. O&#249; sont pass&#233;s les bas de laine et les placards, auxquels personne ne touchait ? Nous avons de nouveaux classeurs, on y laisse fouiner Google. Nos tr&#233;sors sont &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bout de po&#233;sie se niche forc&#233;ment, quelque part, dans ce nouveau continent, mais o&#249; ? Au c&#339;ur du point de d&#233;part, au fin fond d'une puce &#233;lectronique existent signes et formes. Val&#233;rie Legembre, photographe-plasticienne travaillait &#224; ST Microelectonics, en tant qu'op&#233;ratrice en salle blanche. Au fil de ce travail utilitaire, son &#339;il de photographe passe les barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, se met &#224; fonctionner m&#234;me en tenue blanche int&#233;grale. Elle rapi&#232;ce des jointures au microscope. Au nanom&#232;tre, quelle surprise. Avec l'accord formel, &#233;crit, sign&#233; de ses employeurs, elle peut dor&#233;navant photographier ces bribes de nouveau monde. Une g&#233;om&#233;trie cod&#233;e, travaill&#233;e comme un langage, des couleurs s&#233;duisantes, voici les tapis, les tapisseries, les motifs identitaires du num&#233;rique. Il s'est construit un d&#233;cor de silice, une langue hi&#233;roglyphique. Bien loin des monuments hyper-visit&#233;s de la cit&#233; num&#233;rique, niche la culture propre d'un monde invisible. Une culture qui a sa propre pouss&#233;e intime, une culture qui ne se sait pas elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de ma conversation avec une puce &#233;lectronique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'ai pris pour Azt&#232;que&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tu &#233;tais inerte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu me crois Atlas&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis qu'argile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je t'ai pris pour ville&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans tes rues, je fonds,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tu t'es moqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon conte&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu r&#233;ponds par signes cadenc&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je te pense sah&#233;lien&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es neuf&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te dis sans saveur&lt;br class='autobr' /&gt;
Je t'ai cru mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_inca.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH662/1_inca-5be80.jpg?1772191723' width='500' height='662' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait de la s&#233;rie Motifs &#8211; Val&#233;rie Legembre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement bien loin des centres villes de ce nouveau continent, vivent aussi des danses. Les algorithmes font mine de respirer, de descendre en pesanteur, ils singent des tourments. L'humain y voit du vent, de la lumi&#232;re, de la pluie, des tourbillons. Les th&#233;&#226;tres d'Adrien M et Claire B, sont comme un fil de saison en terre num&#233;rique. En une heure &#224; peine, on parcourt une ann&#233;e climatique. Ce sont des intemp&#233;ries avec lesquelles l'acteur ou le danseur converse, sur lesquelles parfois il intervient. Des points de lumi&#232;re se mettent &#224; bouger au passage des bras, des jambes, des mains. Quand l'humain pointe l'index, un point lumineux vient ricocher directement dessus puis rebondit dans l'espace. Une actrice tourbillonne et les points se transforment en jets tournoyant de lumi&#232;re. Le r&#233;el et le virtuel sont en perp&#233;tuel conversation. Adrien M et Claire B ont cr&#233;&#233; l'oc&#233;an, le pont des rencontres po&#233;tiques entre le code et le corps. Ensemble, tous deux jouent et dansent. L'un parfois nargue l'autre mais les rapports de force sont &#233;quitables. Le spectateur en oublie que le jongleur-informaticien et la plasticienne de cette compagnie de spectacle sont aux commandes.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/145201272&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/145201272&#034;&gt;Le mouvement de l'air / The movement of air&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/amcb&#034;&gt;Adrien M &amp; Claire B&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, sur notre bonne vieille terre r&#233;elle, &#224; grand renfort de Printemps du num&#233;rique, de bourse d&#233;di&#233;e aux initiatives artistiques dans le champ du num&#233;rique, le politique et ses gros sabots usent de l'art car l'art d&#233;livre comme il se doit, comme de tout temps, entre autres, le message des puissants. Pour cr&#233;er les marques du futur, qui marqueront les esprits du pr&#233;sent, on forcera la r&#233;volution des usages avec l'art en &#233;tendard. Heureusement certains plasticiens et artistes du spectacle vivant, subventionn&#233;s ou non, sont l&#224; pour nous faire converser avec un num&#233;rique de vie, avec un continent riche de danses, de m&#339;urs, de langues et d'images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Couverture : Extrait de la s&#233;rie Plan&#232;tes &#8211; Val&#233;rie Legembre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Artistes &amp; Robots </title>
		<link>https://www.tk-21.com/Artistes-Robots</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Artistes-Robots</guid>
		<dc:date>2018-04-30T19:55:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Moulon</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>
		<dc:subject>Robot</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'exposition &lt;i&gt;Artistes &amp; Robots&lt;/i&gt; consid&#233;rant l'usage, en art, des machines et du code que les Galeries Nationales du Grand Palais pr&#233;senteront du 5 avril au 9 juillet 2018 est particuli&#232;re &#224; bien des &#233;gards.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Robot" rel="tag"&gt;Robot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1225-4eca1.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exposition &lt;i&gt;Artistes &amp; Robots&lt;/i&gt; consid&#233;rant l'usage, en art, des machines et du code que les Galeries Nationales du Grand Palais pr&#233;senteront du 5 avril au 9 juillet 2018 est particuli&#232;re &#224; bien des &#233;gards.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout d'abord parce qu'elle est &#224; l'initiative d'un artiste qui n'est autre que Miguel Chevalier qui a consacr&#233;, jusqu'ici, sa carri&#232;re au virtuel et aux interfaces. Ce dernier, comme conseiller artistique, a su s'entourer de l'historienne de l'art Laurence Bertrand Dorl&#233;ac et du commissaire d'exposition J&#233;r&#244;me Neutres. Et c'est ensemble qu'ils ont con&#231;u cet &#233;v&#233;nement questionnant les relations qu'entretiennent les artistes aux robots de toute nature. L'exposition structur&#233;e en trois parties s'ouvre sur l'&#339;uvre historique &lt;i&gt;CYSP 1&lt;/i&gt; de Nicolas Sch&#246;ffer. Datant de 1956, elle est aujourd'hui consid&#233;r&#233;e comme la toute premi&#232;re installation interactive de l'histoire de l'art puisqu'elle r&#233;agissait d&#233;j&#224; aux variations de sons comme &#224; celles de lumi&#232;res ou couleurs. Il aura donc fallu une soixantaine d'ann&#233;es pour que des institutions comme le Grand Palais consid&#232;rent enfin les apports essentiels du m&#233;dium num&#233;rique dans l'art contemporain. La premi&#232;re partie de l'exposition &lt;i&gt;Artistes &amp; Robots&lt;/i&gt; qui, &#224; n'en pas douter fera date, rassemble des &lt;i&gt;&#171; machines &#224; cr&#233;er &#187;&lt;/i&gt; o&#249; les artistes, ayant envisag&#233; des situations en sc&#233;nographiant leurs machines acceptent qu'elles cr&#233;ent en leur absence. Spectatrices et spectateurs parachevant ces m&#234;mes installations performatives de leurs commentaires inattendus. Il est davantage question, avec la seconde partie de cette exposition d&#233;di&#233;e aux &lt;i&gt;&#171; &#339;uvres programm&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, des codes ou langages que des artistes-programmeurs, comme cet autre pionnier Manfred Mohr, &#233;crivent pour que des machines les interpr&#232;tent. Ou quand la computation fait art en calculant des &#339;uvres qui s'inscrivent dans la continuit&#233; d'une histoire de l'art qu'elles n'ont de cesse de renouveler &#224; l'&#232;re du tout digital. L'intelligence artificielle, car elle ne pouvait &#234;tre absente de cette exposition, est tr&#232;s largement &#233;voqu&#233;e au sein de la troisi&#232;me partie d'&lt;i&gt;Artistes &amp; Robots&lt;/i&gt;. Aux c&#244;t&#233;s des incontournables Stelarc ou ORLAN, on remarque la pr&#233;sence d'une sculpture, &lt;i&gt;Sans Titre&lt;/i&gt; (2016), de l'artiste Takashi Murakami dont on sait la reconnaissance au sein de la sph&#232;re de l'art contemporain &#224; l'international. Ne serait-ce pas l&#224; la preuve par l'&#339;uvre de l'int&#233;r&#234;t que portent les grands artistes contemporains sur les grandes questions de leur temps. Notons enfin l'existence d'un catalogue poursuivant parfaitement l'exp&#233;rience de l'exposition &lt;i&gt;Artistes et Robots&lt;/i&gt;. Celui-ci ayant &lt;i&gt;Visage en nuages de points&lt;/i&gt; (2017) de Catherine Ikam &amp; Louis Fr&#233;ri pour couverture. Il est conclu, en derni&#232;re de couverture, avec quelques questions dont &lt;i&gt;&#171; Un robot peut-il avoir de l'imagination ? &#187;&lt;/i&gt;. A la r&#233;ponse par la n&#233;gative que pourraient encore donner aujourd'hui bien des chercheurs en intelligence artificielle, nous pr&#233;f&#233;rerons relire Philip K. Dick !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.grandpalais.fr" class="spip_out"&gt;Grand Palais&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration couverture : Miguel Chevalier, &lt;i&gt;Extra-Natures&lt;/i&gt;, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blogs de Dominique Moulon&lt;br class='autobr' /&gt;
mediaartdesign.net &lt;br class='autobr' /&gt;
mediaartdesign.net/blog.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Morel et son invention</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Morel-et-son-invention-1206-1206</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Morel-et-son-invention-1206-1206</guid>
		<dc:date>2018-03-30T22:21:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>post-histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'occasion de l'exposition &#034;L'invention de Morel ou la machine &#224; images&#034; qui se tient &#224; la Maison de l'Am&#233;rique latine, nous republions le texte de cette conf&#233;rence de 2007 (TK-21 N&#176; 10).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/post-histoire" rel="tag"&gt;post-histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1206-9f20d.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion de l'exposition &#034;L'invention de Morel ou la machine &#224; images&#034; qui se tient &#224; la Maison de l'Am&#233;rique latine, nous republions le texte de cette conf&#233;rence de 2007 &lt;a href='https://www.tk-21.com/Seminaire-2007-2008-VIII-Le' class=&#034;spip_in&#034;&gt;(TK-21 N&#176; 10)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En effet comme nous le confirme chaque jour qui passe sur cette terre la puissance magique des images n'a pas disparu. En effet, elle ne tient pas seulement dans le fait que &#171; cet espace-temps propre &#224; l'image n'est autre que le monde la magie &#8212; monde o&#249; tout se r&#233;p&#232;te et o&#249; toute chose participe &#224; un contexte de signification &#187; comme l'&#233;crit Wil&#233;m Flusser, mais dans le fait que &#171; les images techniques omnipr&#233;sentes autour de nous sont sur le point de restructurer magiquement notre &#8221;r&#233;alit&#233;&#8221; et de la transformer en un sc&#233;nario plan&#233;taire d'images &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L450xH675/6_casares-58d51.jpg?1522442058' width='450' height='675' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Question d'image&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman d'Aldolfo Bioy Casares, &lt;i&gt;L'invention de Morel&lt;/i&gt; date de 1940. La dimension profond&#233;ment visionnaire de ce texte n'a &#233;chapp&#233; &#224; personne, mais il n'est pas certain que l'on ait pris en compte la question essentielle que ce texte nous pose aujourd'hui et que l'on pourrait formuler ainsi : Que nous veulent les images ? ou plut&#244;t : Que veut l'image en nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quelle image parle-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en effet, l'image dont il est ici question n'est pas ic&#244;ne ou tableau, &#224; l'&#233;vidence elle en d&#233;rive, en descend ou si l'on pr&#233;f&#232;re recourir au vocabulaire th&#233;ologique, elle en proc&#232;de. Il est vrai pourtant que les images que ce roman invente sont d'un genre particulier, des images que l&#8216;on pourrait qualifier d'impossibles, mais qui par la vertu de cette fiction acc&#232;dent &#224; l'existence. En effet, ce ne sont pas non plus, &lt;i&gt;stricto sensu&lt;/i&gt;, des images cin&#233;matographiques, m&#234;me si elles sont projet&#233;es par un appareil et qu'elles ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es par un autre appareil. On peut dire qu'elles sont plut&#244;t des sortes d'hologrammes. Mais c'est bien sous le statut d'images qu'elles existent, d'images mobiles et projet&#233;es dans l'espace et cela &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images invent&#233;es par Morel sont donc &#224; la fois des repr&#233;sentations de la r&#233;alit&#233; et une r&#233;alit&#233; en tant que telle, ce que sont toutes les images, mais elles sont aussi, m&#234;me si ce sujet n'est pas directement abord&#233; comme un probl&#232;me mais bien comme quelque chose de r&#233;solu, le r&#233;sultat de calculs savants ayant permis d'&#233;laborer et de construire une machine, ou plut&#244;t un appareil voire deux appareils, capables de produire et de projeter ces images. Comme toutes les images &#171; invent&#233;es &#187; par des appareils, celles-ci ne sont donc plus d'abord des projections de la r&#233;alit&#233; mais bien des mat&#233;rialisations des concepts abstraits ayant permis de les r&#233;aliser. L'imagination de Bioy Casares est venue buter sur ce point essentiel et cela &#224; la fois au sens d'y tr&#233;bucher mais aussi au sens de le r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de nos plonger dans l'univers inqui&#233;tant de ce roman, vous me pardonnerez de vous rappeler en quelques mots l'&#233;trange histoire qu'il raconte et dont le Venezuela et la ville de Caracas ne sont pas absents, la ville &#233;tant nomm&#233;e deux fois dans le texte et le pays faisant l'objet d'une d&#233;claration de foi patriotique &#224; l'extr&#234;me fin du livre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10642 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/1_casares.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH461/1_casares-9e30f.jpg?1772190368' width='500' height='461' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Luc Courchesne, Portrait One, 1990, 1m &#215; 1m, Dispositif interactif Photo de l'artiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; d'une histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce roman est donc le journal d'un fugitif qui pour &#233;chapper &#224; la justice de son pays finit par se r&#233;fugier sur une &#238;le apparemment d&#233;serte mais qui a la r&#233;putation d'&#234;tre le foyer d'une maladie myst&#233;rieuse. Entour&#233;e de mar&#233;cages, elle est domin&#233;e par un monticule central qui est occup&#233; par une b&#226;tisse solide comprenant une chapelle, un &#171; mus&#233;e &#187;, des chambres, des cuisines, des souterrains et m&#234;me une piscine. Il choisit de vivre dans le mar&#233;cage, craignant que l'&#238;le ne soit visit&#233;e et qu'il soit repris par des visiteurs &#233;ventuels, mais il se rend r&#233;guli&#232;rement dans la b&#226;tisse. Un jour, il entend des pas et des voix et aper&#231;oit des gens qui ont l'air d'habiter ces lieux. Il ne les a pas entendus ou vus arriver. Surmontant son angoisse, il les observe et finit par rep&#233;rer dans le groupe qui semble mener une vie de rentiers en vacances, une femme tr&#232;s belle dont il tombe amoureux. Au risque d'&#234;tre d&#233;couvert, il va tout tenter pour attirer son attention et se faire aimer d'elle. Mais, pas plus d'ailleurs que les autres habitants, elle ne semble remarquer sa pr&#233;sence. Bannissant toute prudence, il finit par se m&#234;ler &#224; leur vie. Il est alors contraint de remarquer de singuli&#232;res particularit&#233;s. D'une part, il leur arrive de r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes gestes et les m&#234;mes paroles avec les m&#234;mes interlocuteurs. D'autre part, ils se livrent &#224; leurs occupations au demeurant frivoles sans tenir compte des conditions m&#233;t&#233;orologiques, comme de danser sur la terrasse au son d'un phonographe et sous une pluie torrentielle. Parfois, dans le ciel, il voit deux lunes ou deux soleils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette aberration, il va se mettre &#224; &#233;chafauder des hypoth&#232;ses. Il est peut-&#234;tre le jouet d'hallucinations, ces personnes sont peut-&#234;tre des extra-terrestres, il est peut-&#234;tre mort ou il a tout simplement affaire &#224; des fous. Au cours de leurs r&#233;apparitions, il apprend &#224; conna&#238;tre leurs noms et s'aper&#231;oit que Morel, le chef du groupe tente, apparemment en vain, de s&#233;duire celle qu'il aime, Faustine, mais elle ne lui t&#233;moigne qu'une &#233;trange et absolue indiff&#233;rence, comme tous les autres d'ailleurs. Laissons le soin au grand &#233;crivain fran&#231;ais Maurice Blanchot le soin de poursuivre ce r&#233;sum&#233; : &#171; Allons au d&#233;nouement. L'organisateur de cette petite compagnie est un savant qui a r&#233;ussi &#224; obtenir des &#234;tres et de toutes choses une image absolue, telle qu'elle s'impose &#224; tous les sens comme le double identique et incorruptible de la r&#233;alit&#233;. Le savant &#224; leur insu, a &#171; film&#233; &#187; ses amis, dans chaque instant de leur vie pendant une semaine qui sera &#233;ternelle et qui recommence chaque fois que les mar&#233;es mettent en mouvement la machinerie d'o&#249; d&#233;pendent les appareils de projection. Jusqu'ici, le r&#233;cit n'est qu'ing&#233;nieux. Mais il nous est r&#233;serv&#233; un second d&#233;nouement o&#249; l'ing&#233;niosit&#233; devient &#233;mouvante, poursuit Maurice Blanchot. Le fugitif vit donc aupr&#232;s des images, il vit aupr&#232;s de la fascinante jeune femme &#224; laquelle peu &#224; peu il se sent li&#233;, mais cependant pas assez, il voudrait entrer dans le cercle de son indiff&#233;rence, entrer dans son pass&#233;, modifier le pass&#233; au gr&#233; de son d&#233;sir ; d'o&#249; lui vient ce dessein : adapter ses gestes et ses paroles aux gestes et aux paroles de Faustine pour qu'ils se r&#233;pondent comme une allusion &#224; ce qu'un spectateur croirait &#234;tre leur intimit&#233; heureuse. Ainsi vit-il toute une semaine pendant laquelle, mettant en mouvement les appareils de prise d'images, il se fait reproduire avec elle et avec tous, devenant &#224; son tour image et vivant merveilleusement dans cette intimit&#233; imaginaire (naturellement il s'empresse de d&#233;truire la version de la semaine o&#249; il n'&#233;tait pas). Le voil&#224; d&#233;sormais heureux et m&#234;me une sorte de bienheureux : bonheur et &#233;ternit&#233; qu'il doit payer, c'est le prix, de sa mort, car les rayons sont mortels. &#187; (Maurice Blanchot, &lt;i&gt;Le livre &#224; venir&lt;/i&gt;, chapitre VII, p. 138)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu de ce roman d'anticipation est bien celui-ci, tenter de comprendre ce qu'il en est de la puissance magique de l'image. Elle &#233;tait, en 1940, suffisamment install&#233;e dans nos vies pour avoir d&#233;voil&#233; &#224; ses observateurs les plus lucides, ses puissances les plus &#233;videntes. Mais le jeu de la fiction permettait d&#233;j&#224; d'&#233;voquer de mani&#232;re directe certains aspects plus violents, plus radicaux qui ne se sont r&#233;v&#233;l&#233;s dans toute leur puissance finalement qu'apr&#232;s un demi-si&#232;cle suppl&#233;mentaire de domination sur nos esprits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10643 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_casares.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH314/2_casares-c43b6.jpg?1772190368' width='500' height='314' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;SLIDERS_lab, TMWKTM, 2009&#8208;2015, Dimensions variables, Installation de cin&#233;ma ge&#769;ne&#769;ratif, Photo des artistes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Image sans raison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image, on le sait, nous lie, &#224; la fois &#224; nous-m&#234;me et &#224; l'autre, au regard de l'autre mais aussi &#224; cet autre qui est, au moins dans le mythe de la cr&#233;ation, celui qui nous cr&#233;a, pour le dire d'une formule qui relie les traditions platonicienne et chr&#233;tienne, &#224; la fois &#224; son image et &#224; sa ressemblance. Mais que signifie cette distinction ? Elle engage en fait la question de la pr&#233;sence, de la pr&#233;sence du divin dans l'image comme de la pr&#233;sence de l'humain. Le divin peut exister sous deux formes, celle des id&#233;es dans la tradition grecque et celle du corps, du corps du Christ, du dieu devenu homme, dans la tradition chr&#233;tienne. Le dieu vivant est celui dont le visage, dit-on, s'imprima sur le linge que lui tendit V&#233;ronique, donnant ainsi naissance &#224; l'image ach&#233;iropoi&#232;te, &#224; la premi&#232;re et ultime image, &#224; l'unique image, celle qui n'ayant pas &#233;t&#233; faite de main d'homme servit de base et de l&#233;gitimation au d&#233;veloppement de l'imagerie chr&#233;tienne et aux discours au sujet de la ressemblance et de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux traditions, nous savons que les choses ne furent pas si simples et que les positions de d&#233;part, platonicienne comme chr&#233;tienne, sont plut&#244;t iconoclastes qu'iconophiles. Si ce point est souvent &#233;voqu&#233;, on ne se demande que rarement pourquoi la pens&#233;e grecque et la pens&#233;e chr&#233;tienne sont, dans leurs textes fondateurs tout au moins, oppos&#233;es &#224; l'image. La premi&#232;re, c'est sans doute parce qu'elle est fascin&#233;e par les figures rationnelles que sont les id&#233;es et qu'elle pense qu'il est possible de rendre compte du r&#233;el par le texte et l'&#233;criture, &#224; travers une pens&#233;e dialogique. L'autre trouve dans les textes dont elle s'inspire, ceux de l'Ancien Testament et dans ceux qu'elle se met &#224; composer et qui deviendront le Nouveau Testament, les moyens suffisants permettant de rendre compte des relations entre l'homme et son cr&#233;ateur. Dans les deux cas, l'image est moins n&#233;cessaire qu'in&#233;vitable, mais surtout &#224; combattre au nom d'une puret&#233; de la pens&#233;e qui ne s'atteint que par le texte ou d'une pl&#233;nitude de la pr&#233;sence qui ne s'atteint que par l'abolition de toute distance, de toute m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, sans doute faut-il le dire d'une mani&#232;re simple, la pens&#233;e et le cerveau ne se contentent pas, pour saisir le monde, de la seule pens&#233;e conceptuelle organis&#233;e lin&#233;airement. La saisie du monde passe aussi par cette dimension magique qui est celle de l'image, m&#234;me si elle ne se r&#233;duit pas &#224; celle de l'image, en ceci que l'image rend pr&#233;sent ce qui est absent l&#224; o&#249; le texte permet au mieux d'accepter l'absence en expliquant les raisons de cette absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image serait ainsi du c&#244;t&#233; du r&#234;ve ou de la magie, de l'irrationnel, l&#224; o&#249; le texte serait, lui, du c&#244;t&#233; de la raison, des raisons et du rationnel. Pourtant, l'image, les images sont aussi porteuses d'&#233;l&#233;ments qui permettent de s'orienter dans l'existence, et donc de connaissances, m&#234;me si elles sont d'un autre ordre. Et nous savons aussi que cette distinction, pour valide qu'elle soit, ne recouvre pas ce que l'histoire nous montre, &#224; savoir que les images et les textes ont toujours entretenu des relations complexes et m&#234;l&#233;es, si entrelac&#233;es m&#234;me, qu'il est parfois difficile de les s&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10644 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_casares.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH362/3_casares-09be6.jpg?1522442058' width='500' height='362' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Piotr Kowalski, Information transcript, 1991, Dimensions variables, Hologrammes, Photo de l'artiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que veut la conscience ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage du roman &lt;i&gt;L'invention de Morel&lt;/i&gt; se trouve faire face &#224; un double probl&#232;me, celui de ne pas disposer des livres dont il aurait besoin et celui d'&#234;tre confront&#233; &#224; des images qui sont &#224; la fois plus que des images bidimensionnelles et pourtant rien que des images. Au fond, sa situation est la m&#234;me que celle de l'homme moderne qui se trouve avec des textes devenus opaques et qui ne lui permettent plus de poursuivre v&#233;ritablement sa qu&#234;te, et qui se trouve envahi par des images qui, elles, dressent devant lui les apparences d'un paradis d'affects purs. Mais si elles ne permettent pas d'acc&#233;der &#224; une transmission des connaissances qui est la seule forme r&#233;ellement acceptable d'&#233;ternit&#233;, il semble pourtant qu'elles en offrent une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les rapports aux images, on sait ce qu'il en est dans le roman, elles prennent toute leur puissance dans la mesure o&#249; parmi elles, se trouve une femme dont le h&#233;ros tombe amoureux. En ce qui concerne les livres voici ce que l'on peut lire au d&#233;but du roman : &#171; Il y a un hall, aux biblioth&#232;ques in&#233;puisables et incompl&#232;tes : on n'y trouve que des romans, de la po&#233;sie, du th&#233;&#226;tre [...] J'ai parcouru les rayons, en qu&#234;te d'une documentation pour certaines recherches que mon proc&#232;s avait interrompues et que je souhaitais poursuivre dans la solitude de l'&#238;le (je crois que nous perdons l'immortalit&#233; parce que la r&#233;sistance &#224; la mort n'a pas &#233;volu&#233; ; nous insistons sur l'id&#233;e premi&#232;re, rudimentaire, qui est de retenir vivant le corps tout entier. Il suffirait de chercher &#224; conserver seulement ce qui int&#233;resse la conscience) &#187; (p. 17-18). Or qu'est-ce qui int&#233;resse la conscience ? C'est sans doute la question implicite qui hante ce texte. Ce qui est certain, c'est qu'elle est comme rendue impuissante par la faillite des textes &#224; rendre le monde transmissible et donc &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette faillite des textes est certes m&#233;taphorique, mais elle est effective dans la trame narrative du roman En effet, aucun livre ne va &#234;tre consid&#233;r&#233; par le h&#233;ros comme susceptible de lui ouvrir les portes de l'&#233;ternit&#233;, entendons, lui permettre d'envisager la mise ne place d'une transmission durable de ce qui pour lui se r&#233;v&#232;le essentiel. En d'autres termes les textes ne sauvent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se pose donc aussi la question de ce qui peut para&#238;tre essentiel &#224; un homme qui, m&#233;taphore l&#224; aussi de l'humanit&#233; perdue dans un cosmos inhospitalier, est seul et sans aucune ressource, sur une &#238;le qui se r&#233;v&#232;le n'&#234;tre pas d&#233;serte, mais hant&#233;e par des sortes de fant&#244;mes humains. Et ce qui va lui para&#238;tre essentiel, ce ne sera pas de sauver une forme ou une autre du savoir, ni m&#234;me de chercher &#224; comprendre le contenu de l'invention de Morel et de le transcrire afin de le transmettre &#224; ceux qui viendraient un jour sur l'&#238;le, mais bien de sauver ce qui n'a pourtant aucune autre existence que fictive, l'amour absolu qu'il &#233;prouve pour une morte qui hante l'espace temps sous la forme d'une image tridimensionnelle et avec laquelle il n'a d'autre relation que celle qu'il invente de toute pi&#232;ce, dans ses r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui hante la conscience ce n'est donc pas le savoir, la connaissance, mais l'image, et l'image dans tous les sens du terme, au sens d'objet visible r&#233;el mais non vivant, mais aussi au sens d'apparence mensong&#232;re et trompeuse s'opposant &#224; la certitude qui peut na&#238;tre de la connaissance r&#233;gl&#233;e de la consistance du r&#233;el et de la v&#233;rit&#233;. Ce qui hante la conscience, du moins lorsqu'un homme se trouve dans une situation o&#249; il est seul, abandonn&#233; et faisant face &#224; l'existence d'appareils capables de capter et d'&#233;mettre des signaux sous forme d'images et &#224; travers elles une nouvelle forme d'&#233;ternit&#233;, ce qui la hante donc, c'est le para&#238;tre. Mais avec ce terme, ce n'est pas tant l'apparence qui est vis&#233;e que le geste m&#234;me d'appara&#238;tre et de se tenir l&#224; dans le visible, d'&#234;tre en quelque sorte un objet pour une &#233;ventuelle conscience &#224; venir. C'est donc &#224; se dissoudre comme conscience pour na&#238;tre comme image pure d'un affect pur, f&#251;t-il comme tout affect inexistant en dehors de l'esprit qui le con&#231;oit et l'&#233;prouve, que cherche la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est de tenter de d&#233;terminer si cette propension est li&#233;e &#224; la conscience elle-m&#234;me ou au fait qu'elle se trouve en pr&#233;sence d'appareils d'un genre nouveau ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10645 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;111&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_casares.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/4_casares-0f7dc.jpg?1772190368' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Darrot, (titre a&#768; venir), re&#769;alisation pour l'exposition L'Invention de Morel 2017 Photo de l'artiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aura&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte rest&#233; c&#233;l&#232;bre, Walter Benjamin tente de comprendre ce qui se produit dans la relation de l'homme aux images &#224; partir de l'invention de la photographie d'une part et du cin&#233;ma d'autre part. Afin de rendre compte de la mutation de la transmission des informations entre le r&#233;gime textuel qui pr&#233;c&#232;de celui des images reproductibles m&#233;caniquement et qui est celui de la conscience historique et rationnelle et le r&#233;gime nouveau qui s'installe et qui est rendu possible par la &#171; cr&#233;ation &#187; d'un nouveau genre de psychisme bas&#233; sur un type de reconnaissance et de connaissance par les images, il a recours &#224; la notion d'aura. L'aura d&#233;signe une sorte de fond originaire dans lequel une chose prend et trouve sa signification. &#171; Ce qui fait l'authenticit&#233; d'une chose est tout ce qu'elle contient d'originairement transmissible, de sa dur&#233;e mat&#233;rielle &#224; son pouvoir de t&#233;moignage historique &#187; (&#171; L'&#339;uvre d'art &#224; l'&#232;re de sa reproductibilit&#233; technique &#187;, p. 92). Or cet enracinement de la chose est ce qui est plus que menac&#233;, ce qui est d&#233;truit par l'apparition des images reproductibles m&#233;caniquement. &#171; On pourrait dire, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, que les techniques de reproduction d&#233;tachent l'objet reproduit du domaine de la tradition &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 92). Ce d&#233;tachement, cet arrachement, est pr&#233;cis&#233;ment ce qu'induit non seulement dans l'attitude des hommes vis-&#224;-vis des choses, mais des hommes vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes, la pr&#233;sence d'un appareil enregistreur, capteur et &#233;metteur d'images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au cin&#233;ma, l'important est moins que l'interpr&#232;te pr&#233;sente au public un autre personnage que lui-m&#234;me ; c'est bien plut&#244;t qu'il se pr&#233;sente lui-m&#234;me &#224; l'appareil &#187; note en effet encore Walter benjamin (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p.104-105). En ce point de son analyse, il &#233;voque un roman de Pirandello, intitul&#233;, &lt;i&gt;On tourne&lt;/i&gt;, et dans lequel ce dernier a d&#233;j&#224; parfaitement compris ce qui est en jeu dans la mani&#232;re dont le corps de l'acteur est per&#231;u par cet acteur m&#234;me pr&#233;cis&#233;ment lorsqu'il tourne, c'est-&#224;-dire lorsqu'il s'offre au dieu avide et d&#233;voreur que l'on nomme la cam&#233;ra. &#171; Les acteurs de cin&#233;ma, &#233;crit Pirandello, se sentent comme en exil. En exil non seulement de la sc&#232;ne, mais encore d'eux-m&#234;mes. Ils remarquent confus&#233;ment, avec une sensation de d&#233;pit, d'ind&#233;finissable vide et m&#234;me de faillite, que leur corps est presque subtilis&#233;, supprim&#233;, priv&#233; de sa r&#233;alit&#233;, de sa vie, de sa voix, du bruit qu'il produit en se remuant, pour devenir une image muette. La petite machine jouera devant le public avec leurs ombres, et eux, ils doivent se contenter de jouer devant elle &#187; (Pirandello cit&#233; par Walter Benjamin, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p.105). On le comprend, au d&#233;tail manquant pr&#232;s de la voix et du bruit que l'imagination de Bioy Casares a su combler, &lt;i&gt;L'invention de Morel&lt;/i&gt; peut appara&#238;tre comme le roman dans lequel la question de l'aura est pos&#233;e et avec elle la question de la nouvelle structure psychique qui appara&#238;t et s'inscrit dans l'homme au contact prolong&#233; des appareils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'homme sur l'&#238;le est en exil, mais il l'est doublement, car &#224; l'exil loin des hommes qu'il fuit, s'ajoute l'exil loin de celle qu'il aime et cet exil a ceci de particulier qu'il a lieu alors m&#234;me que le corps du h&#233;ros est en quelque sorte &#171; en pr&#233;sence &#187; m&#234;me de celle qu'il aime. Mais il est en pr&#233;sence d'une absente pourrait-on dire, puisqu'elle n'est qu'image projet&#233;e dans ce ciel vide des passions mortes qu'est le territoire inhospitalier de cette &#238;le abandonn&#233;e. L'aura est donc pr&#233;cis&#233;ment ce qui manque &#224; cette absente-l&#224; qui pourtant a tout y compris la parole. Mais il lui manque quelque chose et c'est pr&#233;cis&#233;ment non pas la vie, elle existe avec toutes les apparences de la vie dans les moments enregistr&#233;s bien s&#251;r, mais la conscience. Faustin, comme tous les autres acteurs involontaires de cette farce tragique, ne sent ni ne pense. En d'autre termes, elle ne per&#231;oit rien, ni elle-m&#234;me, ni les autres. En d'autres termes, elle est priv&#233;e de conscience, c'est-&#224;-dire qu'elle ne peut plus se projeter imaginairement dans une dur&#233;e autre que celle de son existence factuelle, celle des gestes qu'elle r&#233;p&#232;te par la gr&#226;ce des machines, &#224; l'infini et pour l'&#233;ternit&#233;. Elle a perdu son aura et est devenue une image. Mais, on le comprend &#224; la fin, elle et tous ceux qui se pavanent sur cette &#238;le sont morts. Leur mort fut m&#234;me la condition de leur acc&#232;s, involontaire de surcro&#238;t &#224; cette &#233;ternit&#233; de l'image qui est la leur d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10646 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;105&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_casares.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/5_casares-7c351.jpg?1522442059' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Masaki Fujihata, Morel's Panorama, 2003, Dimensions variables, Dispositif interactif Photo de l'artiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peur et fascination&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance des images tient en ce qu'elles rendent pr&#233;sente une absence, que ce soit un &#234;tre, une chose ou une id&#233;e. Mais leur puissance tient aussi non tant &#224; leur statut d'image qu'&#224; la fascination qu'exercent sur l'homme les appareils, en particulier ceux qui servent &#224; produire des images fixes ou mobiles. Ces appareils, des hommes les ont invent&#233;s et construits, mais ils semblent avoir acquis une sorte d'autonomie r&#233;elle de fonctionnement par rapport &#224; leurs inventeurs. Cette autonomie n'est pas non plus un &#233;l&#233;ment n&#233;gligeable dans la fascination qu'ils exercent sur les esprits et les consciences, pour ne pas dire les &#226;mes. Mais la fascination n'est jamais loin de l'horreur panique, &#224; croire m&#234;me, qu'elles habitent dans le cerveau &#224; quelques neurones de distance ! Et c'est bien entre fascination et panique que se joue l'une des sc&#232;ne les plus inqui&#233;tantes de ce roman, le moment o&#249; le h&#233;ros d&#233;couvre que les images ont une consistance mat&#233;rielle sup&#233;rieure &#224; celle de la r&#233;alit&#233; m&#234;me. &#171; J'avais fait demi-tour et avan&#231;ais les yeux baiss&#233;s. Comme je regardais le mur, j'ai eu le sentiment d'&#234;tre d&#233;sorient&#233;. Je cherchai la fente que j'avais faite. Elle n'y &#233;tait plus. J'ai cru que ce pouvait &#234;tre un int&#233;ressant ph&#233;nom&#232;ne d'optique et j'ai fait un pas de c&#244;t&#233;, pour voir si l'illusion persistait. J'ai tendu les bras dans un geste aveugle. J'ai palp&#233; tous les murs. J'ai ramass&#233; &#224; terre les morceaux de porcelaine et de brique que j'avais fait tomber en per&#231;ant l'ouverture. J'ai palp&#233; la muraille au m&#234;me endroit, tr&#232;s longtemps. J'ai &#233;t&#233; oblig&#233; d'admettre qu'elle s'&#233;tait reconstruite &#187; (p. 103-104). En d'autres termes les images projet&#233;es par l'appareil invent&#233; par Morel sont indestructibles. Ou si l'on pr&#233;f&#232;re, leur aura a tout enti&#232;re &#233;t&#233; absorb&#233;e par l'image. Et c'est en cela que tient la fascination qu'exerce l'image sur l'esprit humain. &#171; J'&#233;tais boulevers&#233; par la terreur de me trouver dans un lieu enchant&#233; et par la r&#233;v&#233;lation confuse que le merveilleux se manifestait aux incr&#233;dules tels que moi, intransmissible et mortel, pour se venger &#187; (p. 105). On sait le choix que va faire le h&#233;ros, le sacrifice de son corps mat&#233;riel, prix &#224; payer pour acc&#233;der &#224; l'&#233;ternit&#233; de ces images dans lesquelles il va venir se glisser afin d&#8216;y partager la vie de celle qu'il aime et qui pourtant ne le conna&#238;t pas, la belle Faustine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;129&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/7_casares-77115.jpg?1772190368' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Julio Le Parc, Continuel Lumie&#768;re Cylindre, 1962, 168 cm &#215; 123 cm &#215; 37 cm Bois, inox, moteur, source lumie&#768;re, &#169;Atelier Le Parc
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puissance magique des images&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas l&#224;, dans ce choix d&#233;lib&#233;r&#233; d'accepter de mourir pour rejoindre une sorte de paradis &#224; la fois r&#233;el et absurdement irr&#233;el, que Bioy Casares r&#233;ussit &#224; nous faire comprendre ce qu'il en est de la v&#233;ritable puissance magique des images ? Elle ne tient pas seulement dans le fait que &#171; cet espace-temps propre &#224; l'image n'est autre que le monde la magie &#8211; monde o&#249; tout se r&#233;p&#232;te et o&#249; toute chose participe &#224; un contexte de signification &#187; comme l'&#233;crit Wil&#233;m Flusser dans son livre &lt;i&gt;Pour une philosophie de la photographie&lt;/i&gt; (p. 10), mais dans le fait que &#171; les images techniques omnipr&#233;sentes autour de nous sont sur le point de restructurer magiquement notre &#8221;r&#233;alit&#233;&#8221; et de la transformer en un sc&#233;nario plan&#233;taire d'images &#187; (p. 11). Le roman de Bioy Casares est sans aucun doute l'un de ceux qui ont le plus directement permis de percevoir ce qui &#233;tait en jeu avec l'invention des appareils et en particulier des appareils capteurs et &#233;metteurs d'images. Ce qui est enjeu, c'est bien que leur accumulation nous plonge dans un monde o&#249; la lin&#233;arit&#233; historique ne constitue plus la r&#233;f&#233;rence absolue, l'&#233;talon auquel on mesure le sens de la vie. Le monde des images met fin &#224; notre croyance dans la puissance de l'histoire. Il ouvre devant nous un autre monde, gouvern&#233; par une temporalit&#233; circulaire dans laquelle peut exister une nouvelle forme de conscience, la conscience magique. Cette conscience magique est celle qui gouvernait les hommes vivant avant l'invention de l'&#233;criture et de l'histoire, celle qui s'empare de nous &#224; l'aube du troisi&#232;me mill&#233;naire, au moment o&#249; &#171; l'homme oublie que c'est lui qui a cr&#233;&#233; les images afin de s'orienter gr&#226;ce &#224; elles dans le monde. Il n'est plus en mesure de le d&#233;chiffrer, il vit d&#233;sormais en fonction de ses propres images : l'imagination s'est mu&#233;e en hallucination &#187; (Wil&#233;m Flusser, p. 11). C'est bien un homme hallucin&#233; que le h&#233;ros de ce roman, puisqu'il ne peut r&#233;sister &#224; l'attrait qu'exercent sur lui les images. Il est vrai, il y a parmi ces images celles d'une femme, mais elle ne l'a jamais connu, il ne la conna&#238;t que sous son statut d'image et il sait qu'elle est morte, suite &#224; la r&#233;alisation de ces images. Et apr&#232;s avoir tergivers&#233; un moment il finit par choisir. &#171; La logique nous commande de rejeter les esp&#233;rances de Morel. Les images ne vivent pas [&#8230;] Un jour on inventera un appareil plus complet [...] Alors la vie deviendra un d&#233;p&#244;t de la mort. Mais, m&#234;me &#224; ce moment-l&#224;, l'image ne vivra pas : elle n'aura pas connaissance d'objets essentiellement nouveaux. Elle conna&#238;tra seulement tout ce qu'elle a senti ou pens&#233;, ou les combinaisons ult&#233;rieures de ce quelle a senti ou pens&#233; &#187; (p. 97). L'image pour Bioy Casares est donc du c&#244;t&#233; du pass&#233;, mais sa puissance s'exerce pourtant sur l'avenir en ceci que dans un monde gouvern&#233; par la magie, l'histoire et la logique n'&#233;tant plus la voix dominante permettant de s'orienter dans l'existence, il devient possible de choisir une &#233;ternit&#233; fausse, l'&#233;ternit&#233; promise par l'image, &#224; une vie r&#233;elle, vraie, mais qui ne conna&#238;t comme &#233;ternit&#233; que celle de la transmission de son aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point essentiel est le suivant. Dans un monde gouvern&#233; par les images, dans un monde o&#249; leur magie est loi, c'est une autre conscience qui s'installe. Elle se distingue de la conscience historique ou de la forme historique et rationnelle de la conscience en ceci qu'elle ne s'oppose pas &#224; des strates d'inconnaissance, y compris en son propre sein, strates que l'on nomme alors l'inconscient mais qu'elle est comme divis&#233;e en deux, une partie pouvant faire quelque chose que l'autre ignore ou r&#233;prouve sans que cela l'emp&#234;che de fonctionner. Cette forme nouvelle de conscience est peut-&#234;tre aussi tr&#232;s ancienne. C'est un tel fonctionnement psychique qui caract&#233;risait les hommes vivant dans un monde gouvern&#233; par la magie, le monde d'avant l'histoire et que Julian Jaynes, dans son livre &lt;i&gt;La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit&lt;/i&gt;, caract&#233;rise comme bicam&#233;ral, c'est-&#224;-dire fonctionnant par la s&#233;paration entre les deux h&#233;misph&#232;res du cerveau, l'un disant &#224; l'autre ce qu'il doit faire, l'un &#233;tant la chambre d'&#233;cho de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tant dans le cerveau du h&#233;ros que cette partition se fait jour, quoiqu'elle soit effective &#224; travers cette d&#233;cision de type schizo&#239;de, de mourir pour vivre une non-vie dans une &#233;ternit&#233; &#171; d'image &#187; plut&#244;t que de vivre une vie pleine dans un monde hostile, que dans l'opposition entre deux mondes, celui de la r&#233;alit&#233; historique politique, physique, bref celui de la vie dont a &#233;t&#233; banni le h&#233;ros et le monde des images, celui o&#249; elles r&#232;gnent seules, o&#249; m&#234;me leur reproduction est assur&#233;e, l'&#238;le donc, monde dans lequel le temps n'a plus cours mais dans lequel la vie elle-m&#234;me n'est plus la valeur absolue. Et c'est bien cela la puissance des images, leur capacit&#233; &#224; s'opposer &#224; la force de la vie en nous et de nous faire pr&#233;f&#233;rer une vie &#233;ternelle sans corps, &#224; la vie dans un corps auquel n'est promis que la mort physique et une improbable r&#233;surrection.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Exposition : L'invention de Morel ou la machine &#224; images&lt;br class='autobr' /&gt;
Commissaire : Thierry Dufr&#234;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
Maison de l'Am&#233;rique latine&lt;br class='autobr' /&gt;
217, Bd Saint-Germain &#8211; 75007 Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;l. : 01 49 54 75 00 &lt;br class='autobr' /&gt;
du 16 mars 2018 au 21 juillet 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
Lundi au vendredi : 10h &gt; 20h &#8211; Samedi : 14h &gt; 18h&lt;br class='autobr' /&gt;
Ferm&#233; les dimanches et jours f&#233;ri&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artistes : Michel Bret/Edmond Couchot, Luc Courchesne, Jean-Louis Couturier (A.Jihel-JLC), Fr&#233;d&#233;ric Curien/Jean- Marie Dallet (SLIDERS_lab), Nicolas Darrot, Leandro Erlich, Masaki Fujihata, Piotr Kowalski, Julio Le Parc, Rafael Lozano-Hemmer, Jean-Pierre Mourey, St&#233;phanie Solinas, Pierrick Sorin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;-Croire #4</title>
		<link>https://www.tk-21.com/De-Croire-4</link>
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		<dc:date>2016-10-30T10:00:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Bernard et Jean-Guy Lathuili&#232;re</dc:creator>


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		<dc:subject>landscape</dc:subject>
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		<dc:subject>environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Futur</dc:subject>
		<dc:subject>OVNI</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entre fascination non dissimul&#233;e en particulier pour les espaces urbains chez Jean-Guy Lathuili&#232;re et, ici, concentration exponentielle du regard sur la puissance d'enfermement avec respiration suppos&#233;e possible chez Herv&#233; Bernard, ce sont les bords m&#234;mes de nos angoisses et de nos d&#233;sirs secrets que nous parcourons ici, d'un &#339;il d'autant plus distant qu'il ne nous semble pas avoir affaire &#224; la forme dure de nos passions mais plut&#244;t &#224; une image presque insouciante.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/landscape" rel="tag"&gt;landscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/post-histoire" rel="tag"&gt;post-histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/environnement" rel="tag"&gt;environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/OVNI-95" rel="tag"&gt;OVNI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH105/arton946-c4f63.jpg?1772191439' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre fascination non dissimul&#233;e en particulier pour les espaces urbains chez Jean-Guy Lathuili&#232;re et, ici, concentration exponentielle du regard sur la puissance d'enfermement avec respiration suppos&#233;e possible chez Herv&#233; Bernard, ce sont les bords m&#234;mes de nos angoisses et de nos d&#233;sirs secrets que nous parcourons ici, d'un &#339;il d'autant plus distant qu'il ne nous semble pas avoir affaire &#224; la forme dure de nos passions mais plut&#244;t &#224; une image presque insouciante. Chacun de ces deux photographes livre &#224; sa mani&#232;re un aper&#231;u textuel sur ses &#034;intentions&#034; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cities [ ] Urbanitudes ou le juste contraire de la Syldavie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En la fin des anne&#769;es 30, Georges Re&#769;mi, dans un e&#769;lan cre&#769;ateur, donna vie a&#768; un e&#769;tat aux valle&#769;es boise&#769;es et pittoresques, aux tre&#768;s douces collines verdoyantes plonge&#769;es dans un silence troublant ou&#768; l'esprit pouvait s'offrir repos et quie&#769;tude. Klow, capitale douillette et agre&#769;able a&#768; l'abri du pe&#769;lican noir, a&#768; distance de nos regards, tapie derrie&#768;re un rideau de brumes cotonneuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le&#769;thargie rassurante garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas les paradis. Dans ce cas, difficile de re&#769;sister a&#768; la violence de l'assaut d'un virus urbain, difficile de refuser la brutalite&#769; ge&#769;ome&#769;trique des villes traverse&#769;es. Je n'aime pas les paradis, mais spectateur enchante&#769; d'un monde qui se de&#769;voile, je m'abandonne souvent a&#768; ce ge&#769;ne&#769;reux hasard, parfois si bienveillant, qui guide les pas du voyageur curieux vers une rive perdue, vers un parc cache&#769; par un ouvrage inutile, vers des espaces a&#768; l'organisation formelle surprenante, vers des ailleurs qui ne se re&#769;ve&#768;lent qu'au cre&#769;puscule et retiennent longtemps captif le promeneur fascine&#769; et ravi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contempler une ville, c'est porter un regard re&#769;flexif sur le paysage urbain et accepter d'emble&#769;e la nature de cet espace pour s'y fondre entie&#768;rement avec l'agac&#807;ante aisance d'un fe&#769;lin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi abandonner avant tout sa conscience aux effets du lieu : le pre&#769;sent restera toujours insaisissable et l'image d'un souffle ne devient possible que si l'on s'attache a&#768; ces ombres fugaces, que si l'on devient souffle soi-me&#770;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/rvb_herve-bernard_barbe.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/rvb_herve-bernard_barbe-9a45b.jpg?1772191439' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;21 Herve Bernard
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les barbel&#233;s de l'environnement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Habiter c'est faire partie d'un lieu, c'est participer &#224; ses qualit&#233;s. Polluer notre habitat, nous oblige &#224; nous en pr&#233;server, nous barricader derri&#232;re des proc&#233;dures pour &#233;viter d'&#234;tre atteints, contamin&#233;s, bless&#233;s voire tu&#233;s par cette pollution. Tel des barbel&#233;s plac&#233;s l&#224; pour nous prot&#233;ger de nos ennemis, ces proc&#233;dures sont des cl&#244;tures protectrices des empoisonnements. Cependant, de facto, elles nous interdisent d'appartenir &#224; ce lieu : notre habitat.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pollution nous enferme, nous clo&#238;tre derri&#232;re des syst&#232;mes d'ouverture et de fermeture destin&#233;s &#224; son &#233;vitement, &#224; son d&#233;tournement, &#224; nous prot&#233;ger. Compte-tenu des risques encourus au contact des fruits de l'industrie chimiques, nucl&#233;aires, le principe de pr&#233;caution, enfant du principe de protection transforme ces syst&#232;mes en un enfermement symbolique r&#233;ducteur d'&#233;changes. Ils se muent ainsi en une cl&#244;ture entre la nature et nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien souvent, les dits barbel&#233;s sont d'ailleurs plac&#233;s l&#224; pour nous interdire d'entrer dans ces d&#233;charges. Le paradoxe de ces cl&#244;tures sens&#233;es nous prot&#233;ger de la pollution de ces lieux ou des risques &#224; circuler dans des lieux, tel les usines chimiques ou les centrales nucl&#233;aires, c'est leur porosit&#233;. Elle est monstrueuse ! Ces cl&#244;tures laissent passer les liquides et les gaz expector&#233;s par ces d&#233;charges et autres lieux... &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la complexification des pollutions a surgi, simultan&#233;ment, une complexification des syst&#232;mes de protection b&#226;tisseur d'un isolement. Dans la lutte contre les risques de cette pollution, la complexit&#233; de ses syst&#232;mes d'ouverture et de fermeture n&#233;cessaire &#224; une protection &#171; efficace &#187; nous a conduit &#224; r&#233;cup&#233;rer tout l'arsenal s&#233;curitaire : cam&#233;ra, syst&#232;mes de t&#233;l&#233;d&#233;tection... et, sous pr&#233;texte de nous prot&#233;ger, &#224; faire notre des comportements fleurant l'attitude liberticide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le barbel&#233; est un symbole de d&#233;ch&#233;ance. D&#233;ch&#233;ance des lieux qui l'entoure, d&#233;ch&#233;ance des b&#226;timents en raison des pratiques qu'ils dissimulent aux publics. D&#233;ch&#233;ance des b&#226;timents et lieux abandonn&#233;s. Cette derni&#232;re est souvent dissimulatrice d'une d&#233;ch&#233;ance environnementale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pollution engendre des privations de libert&#233;. Ces barbel&#233;s sont une structure extr&#234;mement l&#233;g&#232;re dont l'enl&#232;vement, la destruction est complexe et on&#233;reuse. O&#249; sont les cisailles de la pollution ? La pollution-barbel&#233;e forclot, d&#233;truit la communaut&#233; et fait de nous des r&#233;fugi&#233;s. L'un comme l'autre, ils nous rappellent la brutalit&#233; du pouvoir, l'un comme l'autre, ils conduisent &#224; l'enfermement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cl&#244;ture parfaitement &#233;tanche n'existe pas parce qu'aucune cl&#244;ture nous prot&#233;gera de la folie de l'&#234;tre humain comme nous le montre l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelque chose a lieu.</title>
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		<dc:date>2016-06-30T15:11:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hannibal Volkoff et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Cet ouvrage montre le travail d'Hannibal Volkoff, jeune photographe &#224; la recherche d'une &#233;nergie vitale comme une r&#233;sistance entre l'&#233;tude sensorielle des corps adolescents et le reportage autours de leurs expressions culturelles.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Futur" rel="tag"&gt;Futur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/arton908-84499.jpg?1772262127' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet ouvrage montre le travail d'Hannibal Volkoff, jeune photographe &#224; la recherche d'une &#233;nergie vitale comme une r&#233;sistance entre l'&#233;tude sensorielle des corps adolescents et le reportage autour de leurs expressions culturelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il pourra sembler &#224; ceux qui ne voyant pas, ne sont pas non plus capables d'imaginer et encore moins de penser, que rien d'autre n'a lieu dans les photographies d'Hannibal Volkoff que la mise en sc&#232;ne des attitudes et des comportements d'une jeunesse sinon d&#233;prav&#233;e et perdue du moins vivant hors du cadre, fut-il &#233;largi, de ce qui dans la soci&#233;t&#233; peut passer pour acceptable. Et cela est in&#233;vitable, car qui mis &#224; part ceux-l&#224; qui font de la d&#233;bauche un geste radical permettant de chatouiller les &#233;toiles, celles qui creusent l'imaginaire des vies intenses et dont t&#233;moigne par exemple &lt;i&gt;La fureur de vivre&lt;/i&gt; et quelques r&#233;volt&#233;s contre le froid de l'hiver soci&#233;tal ou quelques illumin&#233;s tra&#238;nant leur lanterne dans le recoin d'une histoire qui s'enlise, &#171; sait &#187; que ce monde que l'on dira &#171; bourgeois &#187; et qui est en fait devenu dans sa version plan&#233;taire un monde lib&#233;ral-totalitaire, n'a pas encore d&#233;teint sur la totalit&#233; des cerveaux et des corps ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_sans_titre-21.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/10_sans_titre-21-9136d.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Car c'est cela qu'ils font ceux que l'on voit sur ces images, prendre en charge de toute leur &#233;nergie le d&#233;ficit permanent de vitalit&#233; qui s'&#233;coule poussivement des ordres plats qui fusent aujourd'hui de partout : &#234;tre soi-m&#234;me ! alors que tout conduit &#224; inscrire sa vie dans des cadres de plus en plus contraignants dont l'effet majeur est pr&#233;cis&#233;ment de conduire au d&#233;ni de cette &#171; personnalit&#233; &#187; dont chacun est cens&#233; &#224; la fois &#234;tre dot&#233; et qu'il est somm&#233; de construire tout au long de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11_sans_titre-7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/11_sans_titre-7-4d278.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que voit-on sur ces images ? Rien que des gens, jeunes, se livrant apparemment sans inhibition aux plaisirs que leur offre la ville la nuit. Ils ont des corps et il s'en servent, pourrait-on dire, conduisant leur jeune carcasse &#224; &#233;prouver &#224; partir du seuil pr&#233;caire de l'indiff&#233;rence &#224; tout ce qui n'est pas eux, &#233;cho illimit&#233; &#224; l'indiff&#233;rence dans laquelle la soci&#233;t&#233; tient de facto la plupart de ses membres, ce qui fait que la vie &#171; a &#187; un sens, le fait m&#234;me de vivre, c'est-&#224;-dire d'&#233;prouver des intensit&#233;s, par d&#233;finition variables et discontinues, de mani&#232;re aussi constante et continue que possible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/17_sans_titre-16.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/17_sans_titre-16-b7455.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra ici de cette phrase du divin marquis : &#171; &#192; quelque point qu'en fr&#233;missent les hommes, la philosophie doit tout dire &#187;. Ce que devrait pouvoir, mais a si rarement pu la philosophie, les images le peuvent, mais tout aussi rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, ce tout pose probl&#232;me, mais il est &#224; peu pr&#232;s vain de tenter de le d&#233;limiter, ce tout, car ce n'est pas une question de limite ou de fronti&#232;re qui serait imp&#233;rativement inscrite au sol sur le stade de foot de l'esprit. C'est en fait fr&#233;mir qui pose non pas probl&#232;me mais qui constitue le c&#339;ur de l'outrage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/19_sans_titre-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/19_sans_titre-12-82369.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, &#171; fr&#233;mir, quoi d'autre ? &#187; doit-on se demander aujourd'hui avec le plus grand s&#233;rieux et cela quel que soit l'&#226;ge que l'on s'accorde ? La r&#233;ponse fuse : rien ! Car tout passe par l&#224; : pas les corps, mais les affects qui les traversent, pas les d&#233;sirs mais les plaisirs qui renversent ces corps, pas l'esprit, mais le id&#233;es qui font trembler ces corps, pas la pens&#233;e, mais les pens&#233;es qui hantent ces corps et aux injonctions inchoatives et brusques sinon brutales auxquelles pr&#233;cis&#233;ment ils ne se d&#233;robent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car d'o&#249; viennent, non pas les enfants, mais les fr&#233;missements qui agitent les corps ? La fable est durable quoique tant de fois distill&#233;e qu'elle n'a plus aucun go&#251;t, et c'est l&#224; que le syndrome d'une pens&#233;e &#171; bourgeoise &#187; est le plus manifeste et qu'elle continue d'&#234;tre ressass&#233;e &#224; partir de cette antienne selon laquelle il existerait quelque chose comme une int&#233;riorit&#233;. Une telle int&#233;riorit&#233; con&#231;ue comme dimension en soi de l'individu, et &#224; partir de quoi il faudrait penser l'individu, le sujet, c'est ce qui ne tient plus, socialement, psychiquement, politiquement, individuellement. L'int&#233;riorit&#233; n'est pas un mythe, c'est une fiction qui ne soul&#232;ve plus d'enthousiasme, au moins chez ceux qui paraissent sur ces images et chez tant d'autres sans qu'ils ne parviennent &#224; se l'avouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'Hannibal Volkoff photographie, au-del&#224; d'une g&#233;n&#233;ration d'adolescents refusant manifestement d'entrer dans l'&#226;ge dit adulte, c'est une mutation soci&#233;tale profonde. Il est devenu, en tout cas pour eux, de croire en la l&#233;gitimit&#233; des discours et des modes de vie qui font de la conscience le fondement m&#234;me du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/25_sans_titre-35.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/25_sans_titre-35-3097d.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est l'inconscience qui les caract&#233;rise, mais il importe d'entendre par ce terme non pas le fait qu'ils ne sauraient pas ce qu'ils font, mais bien au contraire le fait qu'ils sont en train de configurer une autre mani&#232;re de penser ou du moins de concevoir leur pr&#233;sence dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en effet, ils le font sans savoir o&#249; cela les conduit, mais c'est bien l&#224; que se joue et le frisson et la pens&#233;e, et le tremblement du corps comme mode d'acc&#232;s aux extases id&#233;elles et les id&#233;es comme prolongement de l'exp&#233;rience &#224; travers les figures d'une impossible nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait la force de ces images, c'est qu'elles se tiennent au plus pr&#232;s d'une exp&#233;rience singuli&#232;re. Il faut les dire politiques non au sens du militantisme mais de l'engagement de l'&#234;tre dans le combat du jour. Il faut les dire sensuelles non au sens du d&#233;ploiement des figures du d&#233;sir sur les lignes de forces de l'ob&#233;issance &#224; un mod&#232;le, mais au sens o&#249; elles expriment une explosion constante d'instants d&#233;livr&#233;s de l'obsession de la fin. Il faut les dire anti-eschatologiques puisqu'elles montrent comment le reflux du d&#233;ni social g&#233;n&#233;ralis&#233; peut ne pas conduire &#224; un repli narcissique (non ! pas de narcissisme ici, juste des individus dont ont expose une confirmation frissonnante de leur existence fr&#233;missante) et le d&#233;ploiement de gestes souvent li&#233;s au sexe peut ne pas conduire &#224; l'explicitation des attendus au tribunal de l'histoire. Il faut les dires extimes en ceci qu'elles mettent en jeu l'existence d'un mode de vie ne consid&#233;rant pas l'intimit&#233; comme n&#233;cessaire au d&#233;ploiement des plaisirs. Il faut les dire sid&#233;rantes en ce qu'elles abolissent distinctement la fronti&#232;re non tant entre bien et mal ou entre inhibition et d&#233;sinhibition qu'entre moi et non-moi, fronti&#232;re qui structure tous les discours depuis plus d'un si&#232;cle &#224; partir desquels s'est organis&#233;e la croyance en cette forme sujet &#224; laquelle nous devons en principe nous contraindre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_sans_titre-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/6_sans_titre-9-18244.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici, donc, des images parce que les images ont certains pouvoirs que les mots parfois perdent. Et l'un de ces pouvoirs que les mots et les images ont en commun mais qui est aujourd'hui rendu palpable essentiellement par des images qui font l&#233;g&#232;rement saillance &#224; la surface du flux qu'elles habitent comme autrefois les mots habitaient la surface des murs, c'est celui de faire exister l'immensit&#233; des corps dans l'exigu&#239;t&#233; des espaces de vie de telle mani&#232;re que la catastrophe de la chute du ciel sur terre se r&#233;v&#232;le &#234;tre non une promesse mais un &#233;tat de fait potentiellement vivable et m&#234;me joyeux puisque la poussi&#232;re des &#233;toiles &#233;tant d&#233;sormais clairement sur terre, il suffit de remuer les bras pour qu'elle apparaisse, nu&#233;e dense et miroitante et savoir que l'on vit au milieu elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/42_sans_titre-41.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/42_sans_titre-41-d85b2.jpg?1509813711' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces images d'Hannibal Volkoff en donnent si l'on veut la preuve, mais alors en ceci qu'elles brassent ces poussi&#232;res d'&#233;toiles jusqu'&#224; nous faire ressentir le fr&#233;missement qu'il y a de savoir que le voyage de la vie s'accomplit dans la dimension interstellaire qui d&#233;sormais hante la ville, l'histoire, et le regard de l'autre au moment o&#249; ils s'envole justement du c&#244;t&#233; des &#233;toiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Signature le 2 juillet &#224; partir de 18h, Galerie Hors-Champs&lt;br class='autobr' /&gt;
13 rue de Thorigny 75003 Paris&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.galerie-hors-champs.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.galerie-hors-champs.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous naissons de partout&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Photographies Hannibal Volkoff&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;face de Julien Cendres&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions des Presses Litt&#233;raires&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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