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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>L'esprit du son</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique God&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>musique concr&#232;te/acousmatique</dc:subject>
		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous n'avions pas pu interviewer &#201;liane Radigue pour notre s&#233;rie d'articles sur la musique Concr&#232;te/Acousmatique, mais son d&#233;c&#232;s le 23 f&#233;vrier nous a incit&#233; &#224; reprendre cette article de V&#233;ronique God&#233; pour ArtsHebdooM&#233;dias, qui fait un point tr&#232;s complet sur son travail.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entendre" rel="directory"&gt;Entendre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/musique-concrete-acousmatique" rel="tag"&gt;musique concr&#232;te/acousmatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH97/big_6arp45000_radigue-credit-ima-3c1d8.jpg?1775293057' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous n'avions pas pu interviewer &#201;liane Radigue pour notre s&#233;rie d'articles sur la musique Concr&#232;te/Acousmatique au printemps 2024, mais son d&#233;c&#232;s le 23 f&#233;vrier 2026 nous a incit&#233; &#224; reprendre cet article de V&#233;ronique God&#233; pour ArtsHebdooM&#233;dias, qui fait un point tr&#232;s complet sur son travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si ses propositions sonores nous font traverser des mondes, c'est qu'&#201;liane Radigue entretient avec les sons une relation toute particulie&#768;re, e&#769;coutant &lt;i&gt;&#171; ce qu'ils ont a&#768; dire &#187;&lt;/i&gt;, et tente de &lt;i&gt;&#171; leur re&#769;pondre sans affiliation a&#768; une quelconque tradition &#187;&lt;/i&gt; ; les ralentir, les dilater pour mieux nous faire entendre toutes leurs re&#769;sonances. Apre&#768;s avoir expe&#769;rimente&#769; le son par injection dans les anne&#769;es 1950, elle cre&#769;e sur les premiers synthe&#769;tiseurs des abstractions e&#769;lectroniques a&#768; partir de visions telluriques, me&#769;taphysiques ou sculpturales, qu'elle distille dans des pie&#768;ces introspectives de plus d'une heure. Parcimonie et se&#769;rendipite&#769;, patience et de&#769;termination sont les ve&#769;ritables instruments de cette artiste inspire&#769;e par &#171; l'infra-perceptible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/tete_radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH645/tete_radigue-7ff87.jpg?1772971742' width='500' height='645' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Eliane Radigue
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Adoube&#769;e par les fondateurs de la musique concre&#768;te, les compositeurs se&#769;riels et les expe&#769;rimentateurs les plus te&#769;me&#769;raires, elle donne des concerts en France et aux &#201;tats-Unis de&#768;s les anne&#769;es 1970, alors que ses &#171; musiques combinatoires &#187; sont expose&#769;es en galerie. Ve&#769;ritable source d'inspiration pour toute une ge&#769;ne&#769;ration d'artistes e&#769;lectroniques, &#201;liane Radigue poursuit son voyage a&#768; l'inte&#769;rieur du son et reconfigure aujourd'hui les frontie&#768;res entre interpre&#768;te et compositeur, par la transmission orale de pie&#768;ces uniques, imagine&#769;es pour des musiciens et acousticiens chevronne&#769;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas de the&#769;orie, ni de grands &#8220;statements&#8221;&lt;/i&gt;, annonce l'artiste qui semble s'excuser. &lt;i&gt;Je n'ai pas l'intention de changer le monde de la musique, j'ai toujours fait la musique que j'avais envie de faire, c'est aussi simple que c&#807;a ! &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue est un esprit libre, une compositrice qui invente sa pratique et son langage. Elle est a&#770;ge&#769;e d'une vingtaine d'anne&#769;es, quand a&#768; l'issue d'une confe&#769;rence a&#768; Paris, en 1955, elle rencontre Pierre Schaeffer, qui accepte de la prendre comme stagiaire au studio d'essai qu'il dirige rue de l'Universite&#769;. La&#768; ou&#768; fut fonde&#769;, quatre ans plus to&#770;t, le Groupe de recherche de musique concre&#768;te, qui pre&#769;figure l'actuel GRM (Groupe de recherches musicales). &#201;liane Radigue y de&#769;couvre un vocabulaire sonore primitif qui la passionne et qu'elle explore encore aujourd'hui. Marie&#769;e au peintre Arman, dont elle a trois enfants, la jeune femme vit alors a&#768; Nice ; elle est proche d'Yves Klein et entoure&#769;e d'amis peintres avec lesquels Arman fondera L'e&#769;cole de Nice. &lt;i&gt;&#171; J'ai partage&#769; toute cette aventure, dite des &#8220;nouveaux re&#769;alistes&#8221;, et conserve&#769; une grande curiosite&#769; pour la peinture, mais ce n'e&#769;tait pas vraiment mon histoire,&lt;/i&gt; confie-t-elle. &lt;i&gt;Mon me&#769;dium n'a toujours e&#769;te&#769; que le son, depuis le de&#769;but. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH282/1.pierre-schaeffer-d453a.jpg?1772971742' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierre Schaeffer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De&#768;s l'a&#770;ge de 10 ans, &#201;liane, qui grandit a&#768; Paris, ache&#768;te avec son argent de poche des tickets de concert au The&#769;a&#770;tre du Cha&#770;telet, pour y passer ses apre&#768;s-midi libres : &lt;i&gt;&#171; J'e&#769;tais scotche&#769;e dans un fauteuil, pre&#768;s des balcons,&lt;/i&gt; se souvient-elle. &lt;i&gt;&#192; l'e&#769;poque, les concerts de musique classique e&#769;taient extre&#770;mement intimes, on pouvait compter dix personnes devant moi dans la salle. C'est la&#768;, que j'ai rec&#807;u mes plus grandes e&#769;motions musicales. &#187;&lt;/i&gt; La jeune fille apprend le piano et joue de la harpe, mais elle ne peut se conside&#769;rer musicienne. &lt;i&gt;&#171; Les anne&#769;es 1950 repre&#769;sentent pour moi la de&#769;couverte du son, tel qu'il a e&#769;te&#769; re&#769;ve&#769;le&#769; par John Cage, par Karlheinz Stockhausen et Pierre Schaeffer : a&#768; savoir, l'e&#769;largissement du domaine sonore pour le rendre musical, par la pratique et l'e&#769;coute, qui sont indissociables. &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue rejoint alors cette famille, qui depuis Vare&#768;se et Scelsi, s'est affranchie des notes pour se concentrer sur le son.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Pierre Schaeffer, elle apprend une pratique, qu'elle conside&#768;re comme un privile&#768;ge, mais ce qui l'inte&#769;resse le plus, ce sont les &#171; sons sauvages &#187;, les &#171; feed-back &#187; et les larsens &#8211; appre&#769;cie&#769;s ni des techniciens ni me&#770;me des compositeurs de musique concre&#768;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'ai e&#769;coute&#769; et respecte&#769; ces sons comme tels et n'ai surtout pas essaye&#769; d'en faire quelque chose qui re&#769;fe&#769;rerait a&#768; ma formation en musique classique occidentale. Mais s'ils e&#769;taient mai&#770;trise&#769;s de fac&#807;on tre&#768;s de&#769;licate, on pourrait les faire e&#769;voluer : un le&#769;ger doigte&#769; sur les potentiome&#768;tres d'enregistrement ou de lecture permettrait d'apprivoiser ces accidents et d'obtenir de subtiles variations. J'e&#769;coutais ce qu'ils me racontaient et j'essayais &#8211; si j'ose dire &#8211; de leur re&#769;pondre dans leur propre langage. &#187;&lt;/i&gt; Une autre technique consistait a&#768; jouer avec le son par injection, a&#768; l'aide de deux magne&#769;tophones : un enregistreur deux pistes, dont l'une est reprise par le deuxie&#768;me appareil avant d'e&#770;tre &#171; re&#769;injecte&#769;e &#187; sur la seconde piste du premier ; la combinaison des deux enregistrements produit un effet de de&#769;phasage dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/big_6magneto-radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH369/big_6magneto-radigue-bb1b9.jpg?1772971742' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Magne&#769;tophone a&#768; bande pour enregistrer les se&#769;quences sonores e&#769;mises par le synthe&#769;tiseur de son.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En marge des chercheurs en musique concre&#768;te, qui re&#769;coltent des sons &#171; naturels &#187; sur des bandes magne&#769;tiques et travaillent essentiellement le montage et le mixage, &#201;liane Radigue aime jouer sur ces intervalles, ces distorsions et ces ralentissements &lt;i&gt;&#171; qui questionnent les sons de l'inte&#769;rieur et en re&#769;ve&#768;lent la couleur &#187;&lt;/i&gt;. Pierre Schaeffer recommandera la jeune expe&#769;rimentatrice aupre&#768;s du directeur de la radio nic&#807;oise pour qu'elle puisse pratiquer plus souvent. Malheureusement celui-ci ne peut de&#769;cemment accorder deux heures de studio a&#768; &lt;i&gt;&#171; cette jeune bricoleuse de magne&#769;tophones &#187;&lt;/i&gt;. &#201;liane Radigue attendra donc dix ans &#8211; le temps d'e&#769;lever ses enfants &#8211; avant de pouvoir retourner a&#768; Paris ou&#768; elle devient l'assistante de Pierre Henry, au studio Apsome. &lt;i&gt;&#171; Toutes ces anne&#769;es m'ont finalement permis de de&#769;canter mes propres options musicales &#187;&lt;/i&gt; dit-elle, comme si elle n'avait jamais cesse&#769; d'explorer le son. &lt;i&gt;&#171; Lorsque j'habitais pre&#768;s de l'ae&#769;roport de Nice, le bruit des avions e&#769;tait beaucoup moins violent que ce qu'il est maintenant : on voyageait dans cet univers sonore ; a&#768; travers le filtrage naturel de l'oreille, on pouvait cre&#769;er ses propres musiques. C'est comme c&#807;a, d'ailleurs, que j'ai vu l'e&#769;volution se faire entre les premiers avions a&#768; he&#769;lice et les caravelles qui e&#769;taient tre&#768;s musicales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, l'une des premie&#768;res pie&#768;ces de l'artiste est pre&#769;sente&#769;e a&#768; la galerie Yvon Lambert, a&#768; Paris : &#931; = A = B = A + B est grave&#769;e sur un disque accompagne&#769; de la note suivante : &#171; Les faces A et B de ce disque peuvent se combiner entre elles a&#768; l'infini et a&#768; n'importe quelle vitesse, 78, 45, 33 ou 16 tours. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait des Entretiens avec &#201;liane Radigue, par Bernard Girard, e&#769;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Un an plus tard, la galerie Lara Vincy, proche du mouvement Fluxus, pre&#769;sente Vice et versa, une nouvelle proposition combinatoire e&#769;dite&#769;e sous la forme de deux pistes, que l'auditeur peut lire se&#769;pare&#769;ment ou simultane&#769;ment a&#768; plusieurs vitesses, soit au plus court (2'42&#8221;) ou au plus long (13'41&#8221;). &lt;i&gt;&#171; C'est ce que j'appelle la pe&#769;riode pre&#769;historique de mon travail &#187;&lt;/i&gt;, re&#769;sume l'artiste. Mais tout est de&#769;ja&#768; la&#768; : le son en tant qu'entite&#769;, appre&#769;hende&#769; comme une sculpture observe&#769;e sous diffe&#769;rents angles, cette importance consacre&#769;e a&#768; l'e&#769;coute attentive et la place donne&#769;e a&#768; l'auditeur, a&#768; la fois manipulateur et interpre&#768;te. &lt;i&gt;&#171; Lorsque ce travail a e&#769;te&#769; appele&#769; musique, je n'ai pas e&#769;te&#769; plus royaliste que les musiciens tre&#768;s estimables qui m'honoraient de ce titre,&lt;/i&gt; admet &#201;liane Radigue. &lt;i&gt;C'est probablement a&#768; ce moment que je suis devenue musicienne ! &#187;&lt;/i&gt; Une prise de conscience qui va s'affirmer lors d'un se&#769;jour aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La synthe&#768;se new-yorkaise&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_27002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/big_10-partition-_-radigue-entretiens.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH409/big_10-partition-_-radigue-entretiens-129ce.jpg?1772971742' width='500' height='409' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Extrait d'une partition signe&#769;e Eliane Radigue
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A partir des anne&#769;es 1970, &#201;liane Radigue ne capture plus les sons, elle les cre&#769;e : recommande&#769;e par Steve Reich, rencontre&#769; quelques anne&#769;es plus to&#770;t &#8211; quand il jouait encore avec Philip Glass &#8211;, elle obtient une re&#769;sidence d'artiste d'un an a&#768; l'universite&#769; de New York, pour travailler sur un synthe&#769;tiseur. &lt;i&gt;&#171; Il me semblait e&#769;vident que le synthe&#769;tiseur correspondait beaucoup mieux a&#768; une certaine musique que j'avais envie de faire et qu'il m'e&#769;tait impossible de cre&#769;er avec des instruments traditionnels, ou pluto&#770;t qu'aucun musicien acoustique a&#768; cette e&#769;poque n'aurait accepte&#769; d'interpre&#769;ter. &#187;&lt;/i&gt; Inexistant en France, honni par les pe&#768;res de la musique concre&#768;te, il est encore rare aux &#201;tats-Unis. &#201;liane Radigue de&#769;couvre l'un des plus anciens, le Moog, puis le Buchla, le petit Putney IMS venu d'Angleterre, l'Electrocomb et enfin l'ARP 2500 qui sera, pendant trente-cinq ans, son instrument de pre&#769;dilection. Dans les studios de la NYU School of the Arts, qu'elle partage avec Laurie Spiegel, spe&#769;cialiste de l'informatique musicale, et le compositeur Rhys Chatham, elle apprend a&#768; ge&#769;ne&#769;rer du son a&#768; partir des e&#769;le&#769;ments modulaires relie&#769;s entre eux par diffe&#769;rents ca&#770;bles ! Les patchs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur un synthe&#769;tiseur, les oscillateurs e&#769;mettent les sons de base, dont le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Buchla Modular Electronic Music System, que le fondateur du studio Morton Subotnick a contribue&#769; a&#768; de&#769;velopper, lui donnent &lt;i&gt;&#171; le sentiment d'ope&#769;rer dans un plat de spaghettis, a&#768; la recherche des potentiome&#768;tres &#187;&lt;/i&gt;. Elle re&#769;alise la&#768; sa premie&#768;re pie&#768;ce e&#769;lectronique, Chry-ptus, compose&#769;e de deux bandes de 22' et 23' qui pouvaient se jouer avec une de&#769;synchronisation initiale de 1' a&#768; 1'30&#8221;, cre&#769;ant ainsi de multiples variations. La pie&#768;ce est joue&#769;e le 6 avril 1971 au New York Cultural Center devant un public curieux et attentif. Malgre&#769; le succe&#768;s de cette premie&#768;re performance, l'artiste, en puriste &#8211; voire, un tantinet radicale &#8211;, pense qu'il est de son devoir de ne pas donner deux fois le me&#770;me concert ; une posture artistique qu'elle tend a&#768; conserver aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A New York, &#201;liane Radigue co&#770;toie toute l'avant-garde minimaliste ame&#769;ricaine : John Cage, James Tenney, Philip Corner, Terry Riley, Phill Niblock &#8211; qui l'invitera a&#768; jouer Three Nights of four Years Work dans l'espace expe&#769;rimental The Kitchen &#8211; ou encore Tom Johnson, qui publiera en 1973, dans Village Voice, les premie&#768;res critiques de ses compositions. &lt;i&gt;&#171; Tous ces encouragements ont e&#769;te&#769; fondamentaux,&lt;/i&gt; dit-elle. &lt;i&gt;Robert Ashley, Pauline Oliveros, David Berman... m'ont beaucoup soutenue. &#187;&lt;/i&gt; En France, cette forme de reconnaissance est venue plus tard. Sollicite&#769;e en 1970 par Roger Tallon pour l'Exposition universelle d'Osaka, elle propose ne&#769;anmoins sept petites pie&#768;ces pour un labyrinthe sonore au Pavillon franc&#807;ais. Joue&#769;es a&#768; la Villa Arson (2011) et dans les jardins de la Fondation Cartier, a&#768; Paris (2015), elles n'auront e&#769;te&#769; finalement re&#769;alise&#769;es qu'en 1998, au Mills College d'Oakland aux &#201;tats-Unis !&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Me&#769;taphysique de la composition&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_26998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/big_3arp45000_radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH373/big_3arp45000_radigue-da5c1.jpg?1772971742' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Eliane Radigue et son synthe&#769;tiseur ARP 5000
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tre&#768;s vite, l'artiste se concentre sur de longues compositions de 90 minutes, qu'elle construit, sans clavier ni partition, en osmose avec le synthe&#769;tiseur ARP, embarque&#769; a&#768; son retour dans ses bagages sur le paquebot France. Officiant seule dans son studio-appartement de la rue Liancourt, a&#768; Paris, elle doit encore s'approprier la machine : &lt;i&gt;&#171; Techniquement, mon travail consistait a&#768; synthe&#769;tiser une masse sonore, a&#768; en harmoniser la hauteur des sons, pour lui faire traverser plusieurs modes de transformation par des modulations d'amplitude et de fre&#769;quences. Car toutes les variations se faisaient a&#768; partir de la me&#770;me matie&#768;re initiale. Puis venaient les filtrages, avant d'ope&#769;rer au mixage final, qu'il fallait a&#768; l'e&#769;poque mener d'une seule traite. &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue cre&#769;e ses propres graphes pour me&#769;moriser les branchements fonctionnels a&#768; partir desquels elle fera e&#769;voluer ses courants sonores. Cette forme d'e&#769;criture d'une grande exigence, pre&#769;cise et de&#769;licate, peut lui prendre plus d'un an, parfois deux, avec des moments de pause pour se rafrai&#770;chir les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai toujours une ide&#769;e pre&#769;conc&#807;ue et une repre&#769;sentation tre&#768;s claire de la musique que j'ai envie de faire,&lt;/i&gt; poursuit la compositrice. &lt;i&gt;Me&#770;me s'il s'agit bien souvent d'une abstraction, je pars toujours d'une image, d'une forme, qui ne doit pas ne&#769;cessairement refle&#769;ter l'interpre&#769;tation de la pie&#768;ce, mais c'est un protocole qui me sert a&#768; sa construction. &#187;&lt;/i&gt; Tel un mode&#768;le mathe&#769;matique, la vision d'une de ses pie&#768;ces les plus anciennes, &#936; 847, partait d'un co&#770;ne fait de sons dont elle de&#769;roulait petit a&#768; petit certains fils sonores pour former au final une coupe, c'est-a&#768;-dire un co&#770;ne inverse&#769; : &lt;i&gt;&#171; Si je n'avais pas connu cette passion pour le son, j'aurais aime&#769; e&#770;tre architecte, ce sont deux arts qui exigent de concevoir en trois dimensions &#187;&lt;/i&gt;, confie-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L440xH640/big_11-concert-radigue-entretiens-2-5fd37.jpg?1772971742' width='440' height='640' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Affiche des concerts Manifestes, 1979
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le the&#768;me qui en donne la couleur, la musique d'&#201;liane Radigue se de&#769;veloppe comme un long flux continu sans effet ni rupture, ce qui lui vaut souvent d'e&#770;tre associe&#769;e a&#768; du drone ; mais pluto&#770;t qu'un bourdonnement statique, ses notes longuement tenues nous transportent dans un courant nourri par de constantes et imperceptibles variations. L'artiste nous fait pe&#769;ne&#769;trer le son comme lorsqu'on s'approche d'un monochrome de Rothko, Klein ou Soulages : pour en saisir toutes les nuances, l'espace et les vibrations. &lt;i&gt;&#171; Cette musique est faite pour l'auditeur &#187;, souligne l'auteur, qui conside&#768;re l'e&#769;coute et la re&#769;ception du son comme l'un des aspects les plus passionnants de son travail. &lt;i&gt;&#171; Elle atteint son but lorsqu'elle re&#769;ve&#768;le chez la personne qui l'e&#769;coute sa propre musique inte&#769;rieure a&#768; travers les sons qu'elle propose. &#187; &lt;/i&gt; Ge&#769;rard Fre&#769;my, grand interpre&#768;te de Cage avec qui elle collabora sur Geelriandre en 1972, disait de sa musique qu'elle e&#769;tait &lt;i&gt;&#171; comme un re&#769;ve&#769;lateur de nos paix ignore&#769;es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'inspiration bouddhiste, Les 5 Chants de Milarepa fut conc&#807;ue comme une offrande ; elle fait intervenir la voix de Lama Kunga pour les chants tibe&#769;tains et celle de Robert Ashley en anglais. Dans La Trilogie de la mort, la premie&#768;re pie&#768;ce, Kyema, est inspire&#769;e du livre des morts tibe&#769;tains alors que le Bardo&#776; Thodol de&#769;crit les six e&#769;tats de conscience, e&#769;voquant la continuite&#769; de l'e&#770;tre... Les compositions d'&#201;liane Radigue sont toujours empreintes d'une dimension me&#769;taphysique, spirituelle ou tellurique forte : &lt;i&gt;&#171; Un jour, mon amie compositrice Miche&#768;le Bokanovski me demande un son qui serait &#8220;le silence des e&#769;toiles&#8221; ; je trouve cela merveilleux. Avec mon synthe&#769;tiseur, j'ai ajuste&#769; les potentiome&#768;tres et j'ai envoye&#769; le son. Elle m'a dit : &#8220;Oui, c'est cela !&#8221; Cre&#769;er un bruit de locomotive sur un synthe&#769;tiseur m'importe peu, je trouve l'original plus inte&#769;ressant en soi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Interfe&#769;rence de l'interpre&#768;te&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_27007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L354xH354/12-elemental2-2-93f7f.jpg?1772971742' width='354' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Couverture du CD Elemental II, 2005
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Occam Ocean est sa future &#339;uvre inacheve&#769;e... &lt;i&gt;&#171; Et inachevable par de&#769;finition, e&#769;tant donne&#769;e la manie&#768;re dont elle se construit ! &#187;&lt;/i&gt;, pre&#769;cise-t-elle. Sous-tendues par le the&#768;me de l'eau, 45 pie&#768;ces ont de&#769;ja&#768; e&#769;te&#769; transmises par voix orale, une constante fondamentale dans l'approche d'&#201;liane Radigue qui, depuis douze ans, ne travaille plus qu'avec des musiciens et leurs instruments acoustiques. Exit le synthe&#769;tiseur ! Le compositeur et instrumentiste Kasper Toeplitz, pierre angulaire des sce&#768;nes noise et de la musique dite savante, fut le catalyseur de cette rupture : lors d'un di&#770;ner avec Phill Niblock, en 2000, celui-ci demande a&#768; &#201;liane Radigue de lui cre&#769;er une pie&#768;ce pour contrebasse e&#769;lectronique. Elle accepte de se pre&#770;ter au jeu et lui propose Elemental II : &lt;i&gt;&#171; &#192; chaque rupture de technique ou de style, j'utilise le the&#768;me des e&#769;le&#769;ments. Ici, pour la premie&#768;re fois de ma vie, je devais construire toute une pie&#768;ce, dans une e&#769;troite collaboration verbale, en tenant compte de la double personnalite&#769; du musicien et de son instrument. J'ai tente&#769; l'expe&#769;rience, car elle s'inscrivait dans un univers sonore encore familier : celui de l'e&#769;lectronique. Mais lorsqu'un violoncelliste de la qualite&#769; de Charles Curtis m'a lui aussi sollicite&#769;e pour l'e&#769;criture d'une nouvelle pie&#768;ce, je n'avais plus du tout envie de m'occuper d'un synthe&#769;tiseur ! Je dois a&#768; Kasper cette nouvelle liberte&#769;. &#187; &lt;/i&gt; &#192; 80 ans, &#201;liane Radigue exulte : dans le cadre du Crak Festival, a&#768; Paris en septembre 2015, elle met en sce&#768;ne sa premie&#768;re pie&#768;ce orchestrale pour instruments acoustiques ; 27 musiciens de l'Onceim &#8211; l'Orchestre de nouvelles cre&#769;ations, d'expe&#769;rimentations et d'improvisations musicales, de&#769;die&#769; a&#768; la transmission d'une musique contemporaine atypique &#8211; jouent ensemble un nouvel opus d'Occam Ocean, pour un concert unique en l'e&#769;glise Saint-Merri. L'interpre&#769;tation est exceptionnelle, on ne sait plus trop qui joue quoi, l'osmose ope&#768;re, le public est relie&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;106&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/big_7-concertonceim-st-merry.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/big_7-concertonceim-st-merry-aaf64.jpg?1772971742' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Occam Ocean, concert donne&#769; par l'orchestre Onceim a&#768; l'e&#769;glise Saint-Merri, a&#768; Paris, en septembre 2015
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, je peux dire que je suis musicienne, et me&#770;me que je suis ne&#769;e musicienne, mais il m'a fallu du temps pour pouvoir l'accepter : d'ailleurs, la musique que je voulais faire, je ne l'ai vraiment entendue que lorsqu'ont e&#769;te&#769; acheve&#769;es les trois Naldjorlak par Charles Curtis, Carol Robinson et Bruno Martinez entre 2005 et 2009, c'est-a&#768;-dire tre&#768;s re&#769;cemment. &#187;&lt;/i&gt; Cre&#769;e&#769; au CAPC de Bordeaux en 2009&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interpre&#769;te&#769; le 23 novembre 2013 dans le cadre du Festival d'automne a&#768; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le triptyque fut joue&#769; au Colle&#768;ge des Bernardins, lors du Festival d'automne a&#768; Paris, en novembre 2013. &#201;liane Radigue e&#769;tait assise au premier rang dans le public, a&#768; quelques centime&#768;tres des interpre&#768;tes. &lt;i&gt;&#171; Ce sont eux et leurs instruments qui font la musique ! Toute la pe&#769;riode pendant laquelle j'ai travaille&#769; avec le synthe&#769;tiseur n'a e&#769;te&#769; qu'une approche, finalement, de cette musique que j'avais en moi. Avec ces musiciens, notre que&#770;te consiste a&#768; faire vivre le son de l'inte&#769;rieur, ce qui a toujours e&#769;te&#769; une constante dans mon travail. Il s'agit de faire e&#769;merger et de jouer ensemble toutes les partielles, harmoniques et subharmoniques, qui sont les constituantes les plus subtiles du son. Sans la fondamentale, il n'y a pas de musique, mais pour moi c'est l'aspect &#8220;grossier&#8221; du son. Ce que j'aime, ce sont les &#8220;over-tones&#8221;, avec ces petits battements, ces pulsations et le&#769;ge&#768;res interfe&#769;rences lorsque deux instruments jouent ensemble. C'est de l'ordre de l'immate&#769;riel, mais c'est l'esprit du son qui m'inte&#769;resse ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 juillet 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/eliane-radigue-lesprit/" class="spip_out"&gt;Vers l'article d'ArtsHebdoMedias&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait des Entretiens avec &#201;liane Radigue, par Bernard Girard, e&#769;ditions Aedam Musicae (2013). L'e&#769;dition limite&#769;e pre&#769;sente&#769;e chez Yvon Lambert en 1969 fut reprise par Povertech Industries en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur un synthe&#769;tiseur, les oscillateurs e&#769;mettent les sons de base, dont le timbre de&#769;pend de la forme de l'onde. Les potentiome&#768;tres sont des boutons permettant de contro&#770;ler et d'ajuster les signaux analogiques tels que le volume et la fre&#769;quence. Les patchs sont les ca&#770;bles utilise&#769;s pour connecter diffe&#769;rents modules entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interpre&#769;te&#769; le 23 novembre 2013 dans le cadre du Festival d'automne a&#768; Paris, au Colle&#768;ge des Bernardins, le triptyque Naldjorlak I, II et III fit l'objet d'une cre&#769;ation au CAPC de Bordeaux en 2009, par Charles Curtis, Carol Robinson et Bruno Martinez, pour violoncelle et deux cors de basset.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ga&#235;tan Viaris de Lesegno</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Gaetan-Viaris-de-Lesegno-2802</link>
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		<dc:date>2026-02-03T09:25:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Notre ami Ga&#235;tan a disparu en ce d&#233;but d'ann&#233;e &#224; quelques jours de son 86&#7497; anniversaire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2802-557b8.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre ami Ga&#235;tan a disparu en ce d&#233;but d'ann&#233;e &#224; quelques jours de son 86&#7497; anniversaire. Il nous accompagnait depuis des ann&#233;es en nous pr&#233;sentant ses expositions et proposait des cr&#233;ations sp&#233;cifiques pour TK-21 LaRevue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ses grandes passions, la photographie, la peinture baroque et le cin&#233;ma, ont &#233;t&#233; le moteur de son travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ga&#235;tan r&#233;v&#233;lait une vision des tableaux qui ne pouvait &#234;tre celle des historiens ou des conservateurs. Le passage en noir et blanc avec des contrastes inattendus, des anamorphoses cr&#233;&#233;es par des prises de vues lat&#233;rales, des recadrages&#8230; lui permettaient de nous donner un nouveau sentiment plus contemporain pour ces chefs-d'&#339;uvres un peu oubli&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa recherche visuelle s'inscrit dans la droite ligne d'un travail de ma&#238;trise &#224; l'Universit&#233; de Paris VIII (Image, fili&#232;re Photographie), sous la direction de Jean-Claude Moineau. La bourse Villa L&#233;onard de Vinci (1990) lui a permis de poursuivre ses recherches dans de nombreux mus&#233;es am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait aussi fan de cin&#233;ma et ses relectures de films d'Hitchcock &#233;taient &#233;tonnantes. Sa grande culture cin&#233;matographique nous a &#233;galement permis de d&#233;couvrir une perle, &lt;a href='https://www.tk-21.com/Film' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Film &#187;, de Samuel Beckett, avec la derni&#232;re apparition de Buster Keaton.&lt;/a&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/arton2696.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH409/arton2696-d5cb0.jpg?1772186721' width='500' height='409' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Film
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Samuel Beckett et Buster Keaton
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_22453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/18_26.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH408/18_26-efcf8.jpg?1772186721' width='500' height='408' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;18.26
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;u&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tk-21.com/Gaetan-Viaris-de-Lesegno-1365&#034;&gt;Ga&#235;tan Viaris dans TK-21&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici une contribution de Philippe de Valembois &#224; la m&#233;moire de Ga&#235;tan, qui s'inspire de sa vie et de ses photos :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;300&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;no&#034; allow=&#034;autoplay&#034; src=&#034;https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/soundcloud%253Atracks%253A2251958687&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true&amp;visual=true&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div style=&#034;font-size: 10px; color: #cccccc;line-break: anywhere;word-break: normal;overflow: hidden;white-space: nowrap;text-overflow: ellipsis; font-family: Interstate,Lucida Grande,Lucida Sans Unicode,Lucida Sans,Garuda,Verdana,Tahoma,sans-serif;font-weight: 100;&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/philippe-valembois&#034; title=&#034;Philippe Valembois&#034; target=&#034;_blank&#034; style=&#034;color: #cccccc; text-decoration: none;&#034;&gt;Philippe Valembois&lt;/a&gt; &#183; &lt;a href=&#034;https://soundcloud.com/philippe-valembois/20260122-en-hommage-a-gaetan-viaris-de-lesegno&#034; title=&#034;2026.01.22 - En hommage &#224; Gae&#776;tan Viaris de Lesegno&#034; target=&#034;_blank&#034; style=&#034;color: #cccccc; text-decoration: none;&#034;&gt;2026.01.22 - En hommage &#224; Gae&#776;tan Viaris de Lesegno&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.tk-21.com/Gaetan-Viaris-de-Lesegno-1365" class="spip_out"&gt;Ga&#235;tan Viaris dans TK-21&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Judith et Holopherne, noir et blanc, extrait d'une s&#233;rie de photographies re&#769;alise&#769;es a&#768; partir de peintures du Caravage (Palais barberini Rome).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J&#233;r&#244;me Peignot</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Jerome-Peignot-2738</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Jerome-Peignot-2738</guid>
		<dc:date>2025-09-29T15:16:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>musique concr&#232;te/acousmatique</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Peignot, que nous avions eu la chance d'interviewer avec Marc Jacquin pour les num&#233;ros 154 et 160 de TK-21 en juin 2024, est d&#233;c&#233;d&#233; ce 19 juillet.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Entretiens" rel="directory"&gt;Entretiens&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/musique-concrete-acousmatique" rel="tag"&gt;musique concr&#232;te/acousmatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH98/arton2738-ecaf3.jpg?1772186868' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Peignot, que nous avions eu la chance d'interviewer avec Marc Jacquin pour les num&#233;ros 154 et 160 de TK-21 en juin 2024, est d&#233;c&#233;d&#233; ce 19 juillet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; de l'&#201;cole Estienne, &#233;crivain, po&#232;te, il &#233;tait &#233;galement homme de radio, coproducteur du &#171; Masque et la plume &#187; sur France Inter et producteur sur France Culture entre autres, des &#171; Chemins de la connaissance &#187; et des &#171; Nuits magn&#233;tiques &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#233;miologue, il a &#233;t&#233; charg&#233; d'enseignement &#224; l'Universit&#233; de Paris I (&#171; Panth&#233;on-Sorbonne &#187;) sur l'&#233;criture, la calligraphie et la typographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fut charg&#233; de mission par Jack Lang sur le m&#234;me th&#232;me ainsi que sur la conservation du plomb et le transfert du plomb &#224; l'informatique. Il a d&#233;fendu jusqu'&#224; la fin le retour des poin&#231;ons originaux du Garamond &#224; l'Imprimerie Nationale, alors qu'ils sont depuis l'op&#233;ration douteuse de la vente (puis du rachat !) des locaux de la rue de la Convention, stocker dans une r&#233;serve du nord de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le fils de Suzanne Peignot, cantatrice amie de Francis Poulenc et son grand-p&#232;re Georges d&#233;veloppa la fonderie typographique G. Peignot &amp; fils, issue d'une longue tradition typographique (qui deviendra Deberny &amp; Peignot en 1923) pour laquelle travaill&#232;rent Cassandre, Adrian Frutiger&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait tr&#232;s attach&#233; &#224; sa tante Colette, la &#171; Laure &#187; de Georges Bataille, dont il publia les &#171; E&#769;crits &#187; en 1976 chez Jean-Jacques Pauvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous invitons &#224; revoir cette rencontre avec un personnage hors du commun.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.tk-21.com/Je&#769;ro&#770;me-Peignot-l-acousmate' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH325/arton2485-e3fa7.jpg?1758201547' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;TK-21 LaRevue n&#176;154&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Je&#769;ro&#770;me Peignot, l'acousmate
Ce soir on bruitera&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22798 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.tk-21.com/Typoesie' class=&#034;spip_in spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH376/arton2575-b1104.jpg?1758201547' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;TK-21 LaRevue n&#176;160&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Typo&#233;sie, J&#233;r&#244;me Peignot&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Francis Fernand&#232;s</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Jean-Francis-Fernandes-2611</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Jean-Francis-Fernandes-2611</guid>
		<dc:date>2025-02-02T12:28:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Francis Fernand&#232;s &#8224; et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Jean-Francis Fernand&#232;s a disparu le 1&#7497;&#691; janvier 2025. &lt;br class='autobr' /&gt;
Photographe-cin&#233;aste, depuis dix ans il nous accompagnait, il aimait publier son travail dans TK-21.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2611-484f7.jpg?1772204057' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Francis Fernand&#232;s a disparu le 1&#7497;&#691; janvier 2025. &lt;br class='autobr' /&gt;
Photographe-cin&#233;aste, depuis dix ans il nous accompagnait, il aimait publier son travail dans TK-21.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_5308.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_5308-dccc9.jpg?1737555922' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Photographe &#224; la sensibilit&#233; exacerb&#233;e, Jean-Francis Fernand&#232;s travaillait essentiellement sur l'humain, m&#234;me dans ses photos de paysage ou d'architecture, c'est une humanit&#233; qui transparait comme dans sa s&#233;rie sur la restauration du Louvre o&#249; il met en avant la vie avant la pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il appelait son &#171; complexe d'abandon &#187; l'a fait se rapprocher des enfants autistes. Il a &#233;t&#233; profond&#233;ment marqu&#233; par cette exp&#233;rience, nous avions en projet de refaire une s&#233;rie dans une autre structure, mais son &#233;tat de sant&#233; nous a oblig&#233; &#224; repousser, trop longtemps&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href='https://www.tk-21.com/Ste&#769;phane-Godard-ft-Jean-Francis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Il avait cependant en 2021 entretenu un dialogue avec le po&#232;te St&#233;phane Godard dont l'enfance s'est d&#233;roul&#233;e dans des institutions tr&#232;s semblables &#224; celle que Jean-Francis avait photographi&#233;es, et qui s'&#233;tait reconnu dans ses images.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photographe exigeant, Jean-Francis Fernand&#232;s a beaucoup tir&#233; lui-m&#234;me ses images avec un grand souci du noir, du blanc, du gris pour sortir le maximum de ses images.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;volution des technologies l'avait pouss&#233; vers le num&#233;rique, mais il ne s'y sentait pas &#224; l'aise et il progressait doucement pour trouver la forme qui lui conviendrait le mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons choisi ici quelques-unes de ses derni&#232;res photos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publierons quelques-uns de ses films qu'il nous avait confi&#233;s au cours de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/22_mai_2010_-_137.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/22_mai_2010_-_137-8336b.jpg?1737555922' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_0032.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_0032-f6648.jpg?1737555922' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_0184.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/img_0184-18901.jpg?1737555922' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_5638_-_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_5638_-_copie-7839f.jpg?1737555922' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_6669.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/img_6669-c8131.jpg?1737555922' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22072 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/img_9962_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/img_9962_2-f9f1a.jpg?1737555922' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.tk-21.com/Jean-Francis-Fernandes-3414" class="spip_out"&gt;Les articles de Jean-Francis Fernand&#232;s dans TK-21&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acc&#233;l&#233;ration de la spirale &#8212; II/II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Acceleration-de-la-spirale-II-II</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Acceleration-de-la-spirale-II-II</guid>
		<dc:date>2021-11-30T22:42:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>Hommage</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La disparition de Werner Lambersy, qui nous confia tant de textes in&#233;dits, nous affecte profond&#233;ment. Un ami dispara&#238;t et nous lui rendons hommage en publiant la seconde partie d'un texte qui met en perspective son parcours et son oeuvre. Ce texte fut publi&#233;, en son temps, aux &#233;ditions des Vanneaux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH133/arton1980-c81e3.jpg?1772268844' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La disparition de Werner Lambersy, qui nous confia tant de textes in&#233;dits, nous affecte profond&#233;ment. Un ami dispara&#238;t et nous lui rendons hommage en publiant la seconde partie d'un texte qui met en perspective son parcours et son oeuvre. Ce texte fut publi&#233;, en son temps, aux &#233;ditions des Vanneaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Programmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Werner Lambersy distingue trois types de textes dans son &#339;uvre ou si l'on veut trois mani&#232;res d'&#233;crire. Il y a les textes tr&#232;s brefs, des sortes de Ha&#239;ku sans la rigueur formelle. Il y a les textes longs, port&#233;s par des phrases d'une respiration ample. Il y a enfin les textes jet&#233;s sur le papier quand tout le reste le d&#233;sesp&#232;re. Ceux-l&#224;, en prise directe sur la r&#233;alit&#233;, traduisent le quotidien et brassent les effluves du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce classement formel en r&#233;pond un autre. Il rel&#232;ve d'une m&#233;ditation profonde sur les enjeux non seulement de l'&#233;criture mais de la place de l'homme dans un monde en cavale vers son propre an&#233;antissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait en fait poser la question &#224; l'envers. Quelles sont les figures oblig&#233;es ou si l'on veut le programme implicite voire explicite de la gouvernance plan&#233;taire quand &#224; l'&#233;laboration de l'homme socialement int&#233;gr&#233; ? Il doit &#234;tre ob&#233;issant, se contenter d'&#234;tre lui-m&#234;me, une sorte de moi minuscule r&#233;duit aux acqu&#234;ts et trouvant dans les &#233;chos d'un je d&#233;clin&#233; en mille versions semblablement diff&#233;rentes sur les &#233;crans des m&#233;dias, les accomplissement sch&#233;matiques auxquels sa vie de mis&#232;re ne lui laisse pas l'acc&#232;s. Il doit boire les images comme si elles &#233;taient la v&#233;rit&#233;, mais pas n'importe quelles images, celles que d'autres pr&#233;parent pour lui et lui donnent &#224; consommer sur les &#233;crans &#233;ternellement connect&#233;s pour lui sur tous les toits de la plan&#232;te. Il doit accepter comme version de l'histoire, de la sienne comme individu et comme &#233;l&#233;ment de l'esp&#232;ce celles que lui resservent depuis quelques mill&#233;naires, les religions, les morales et les polices. Il est le personnage contradictoire, fils d'un dieu qu'il ne verra jamais et devant se r&#233;signer &#224; n'&#234;tre qu'&#224; peine le fils de ses parents. Enfin, la connaissance qu'il d&#233;veloppe du monde qui l'entoure comme de son monde int&#233;rieur est bas&#233;e sur des actes r&#233;flexes qui lui interdisent l'acc&#232;s &#224; des v&#233;rit&#233;s qu'il pourrait v&#233;rifier par lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'une certaine mani&#232;re &#224; un processus d'analyse et de renversement constants de ces figures de l'enfermement subjectif que les artistes les plus ambitieux et les plus novateurs du XXe si&#232;cle se sont pour l'essentiel consacr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas &#233;tonnant de trouver des parall&#232;les entre tel po&#232;te et tel artiste vid&#233;aste, entre tel peintre et tel musicien, entre tel penseur et tel romancier. Il y en a beaucoup dans le si&#232;cle, mais ils ne sont pas l&#233;gion hors du panth&#233;on de la gloire jetable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Werner Lambersy fait partie de ce clan plan&#233;taire et discret, opini&#226;tre et inventif qui n'a cess&#233; de contredire les tentations morbides de l'&#233;poque par des vers dans lesquels la vie explose et se rend ind&#233;finiment insaisissable par les fourches caudines de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi aussi bien les lectures que les voyages les amiti&#233;s r&#233;elles que les complicit&#233;s litt&#233;raires, les combats vitaux que les proc&#233;dures souterraines participent &#224; l'alchimie si particuli&#232;re de son &#339;uvre et permettent de dessiner les courbures de sa psychog&#233;ographie intime. L'Afrique lui a apport&#233; la beaut&#233; du cri contre l'injustice. L'Allemagne, la douleur du contradictoire. Le Qu&#233;bec, la grandeur du pays. L'Inde, le secret du secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les parent&#233;s absolues, ces parall&#232;les qui ne cessent de se rejoindre justement dans les mots des uns et des autres sans que l'on puisse dire qu'ils appartiendraient plus &#224; l'un qu'aux autres mais bien &#224; tous et qui permettent de comprendre les enjeux non d'une &#339;uvre mais d'un si&#232;cle, et en tout cas ceux d'une mutation profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en va-t-il avec Lokenath Bhattacharya qui comme lui a fourbi les armes pour l'affrontement de la vie. Il a dit qu'au petit moi qui rumine ses perversit&#233;s, la po&#233;sie oppose un corps en proie au monde. Qu'&#224; la fascination pour les images faites par d'autres et crach&#233;es par les &#233;crans de la mis&#232;re, la po&#233;sie r&#233;pond par un arsenal de visions divines, humaines, animales, &#233;tranges et &#233;trang&#232;res. Que pour d&#233;chirer ces r&#233;cits qui trament de l'ennui pour combler l'ennui, il faut utiliser le scalpel des mots, leur danse de vie et de mort sur la chair des &#233;vidences, et tracer de leur acier imputrescible des v&#233;rit&#233;s inacceptable sur les peaux de l'amour. Que pour renverser la puissance accablante du mensonge, il faut accepter de vivre sa vie enti&#232;re &#224; construire des ch&#226;teaux de sable et de cartes dans les plis de l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutons-le un instant. &#171; Le corps est un temple, le divin reste &#233;veill&#233;. Le vent de la temp&#234;te fait de tout tes atomes. Pourquoi devrais-tu t'inqui&#233;ter ? &#187; &#171; Nous sommes juste &#224; la fin d'une phrase, dress&#233;s, debout, construisant notre ligne, cette chambre, notre maison &#8211; qui est poussi&#232;re de la route, autre forme du vide. C'est l'orage, regarde ! Les mots sont d&#233;j&#224; venus, ou ils sont encore l&#224;, ou ils viendront bient&#244;t. Images. Sens dessus dessous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L411xH600/1_lambersy-7-25183.jpg?1638313561' width='411' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fiction g&#233;n&#233;rale ou petite physique du d&#233;chet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie est un combat ou une lutte au sens o&#249; l'on parle de combat amoureux ou de lutte amoureuse. C'est aussi beau et aussi dangereux que cela peut &#234;tre tragique et magique. Mais avant de livrer le combat avec l'autre, il faut le livrer avec soi contre soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une rengaine peu partag&#233;e par les thurif&#233;raires et les commissaires des litt&#233;ratures officielles. C'est le fondement absolu de toute &#339;uvre qui entend passer le seuil du myst&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seuil du myst&#232;re se situe dans cette zone improbable qui en s&#233;parant les deux faces du mot d&#233;chire les certitudes de celui &#224; travers qui ils passent. C'est &#224; cela qu'il faut faire face. Ce combat est invisible &#224; l'&#339;il nu et seuls les po&#232;mes en t&#233;moignent. Cela peut &#234;tre ou devenir le combat de chacun. Mais qui choisira de le mener sachant qu'il n'y a ni m&#233;daille, ni honneurs, mais douleur et chant comme uniques r&#233;compenses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi un autre enjeu, celui qui fait partie de toute d&#233;marche spirituelle, la transformation de soi ou l'affirmation de son existence comme vecteur unique du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule attitude digne d'un homme sup&#233;rieur, c'est de persister tenacement dans une activit&#233; qu'il sait inutile, respecter une discipline, qu'il sait st&#233;rile, et s'en tenir &#224; des normes de pens&#233;e, philosophique et m&#233;taphysique, dont l'importance lui appara&#238;t totalement nulle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de d&#233;claration aussi radicale et aussi exacte que celle de Fernando Pessoa au paragraphe 98 de son &lt;i&gt;Livre de l'intranquillit&#233;&lt;/i&gt;. Elle concerne chaque homme en tant qu'il a affaire &#224; la langue et le po&#232;te en ceci qu'il sait son activit&#233; aussi inutile qu'essentielle, puisqu'elle porte finalement sur la survie de l'homme dans et par la langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, durant l'autre moiti&#233; du XXe si&#232;cle, il a fallu donner &#224; cette position d'existence un accent sensiblement nouveau. En effet, s'il &#233;tait assez ais&#233; de comprendre que le sujet &#233;tait une fiction, il devenait urgent de r&#233;affirmer celle-ci sur un mode essentiel. Car la fiction &#233;tait devenue entre-temps le moyen par lequel une certaine figure du sujet &#233;tait transform&#233;e en norme et les autres renvoy&#233;es aux portes de l'oubli. La fiction servit et sert encore de masque &#224; la fiction. Elle a subi le sort de tous les mots qui ont &#233;t&#233; soit affadis, vid&#233;s m&#234;me de leur substance, soit d&#233;doubl&#233;s, au point de finir par fonctionner comme des automates soumis aux ordres d'esprits l&#226;ches et avides de puissance, de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi a-t-on vu dans tous les secteurs de l'art, se d&#233;velopper des pratiques qui all&#232;rent chercher ailleurs que dans les fastes de la culture officielle, les &#233;l&#233;ments d'une po&#233;tique contemporaine. La po&#233;sie de Werner Lambersy a creus&#233; son sillon dans cette terre-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres artistes, il n'avait qu'un corps pour penser le monde. Et avoir un corps, &#234;tre corps, &#234;tre le corps, c'&#233;tait non seulement vivre et penser, mais c'&#233;tait cela &#234;tre un homme sup&#233;rieur au sens o&#249; en parle Pessoa. Et de m&#234;me que Pessoa a trouv&#233; la trame de son &#339;uvre dans les jeux de lumi&#232;re qui ourlaient le Tage et les rues de Lisbonne, Werner Lambersy a trouv&#233; les th&#232;mes essentiels de son &#339;uvre sur les chemins de la vie, du voyage, des femmes, du vin et de toutes ces choses de rien qui t&#233;moignent de l'infinie beaut&#233; des choses comme des drames sans fin que le hasard engendre. Il a regard&#233; ce qui vient, ce qui passe et ce qui reste, mais il a pu le faire parce qu'il a &#233;t&#233; &#224; la fois celui qui est, celui qui vient et celui qui revient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi voit-on se former sous nos yeux une stratification qui n'est plus celle des trois types de textes, courts, longs et d&#233;sesp&#233;r&#233;s qu'il &#233;voquait, mais une stratification plus complexe. Le corps est premier, mais il l'est comme puissance double, voix &#233;mettrice et chambre d'&#233;cho des voix du monde et de la voix sans nom. Sentir, boire, manger, faire l'amour sont des activit&#233;s absolument po&#233;tiques en ce qu'elles rel&#232;vent de l'&#233;lan vital qui fait la vie plus forte que le silence de tout dans le vide quantique de l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu, car il faut bien une fois en prononcer le nom, est nulle part et partout. Bien s&#251;r il n'existe pas, mais il est, au c&#339;ur du chant humain, l'envers des paroles et la source de la voix. Il est aussi la voix, unique et dissemblable. Il n'est rien d'autre et sans doute m&#234;me cela, il faut l'entendre comme une m&#233;taphore, comme un aveu, comme un cri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cosmos lui est partout. Il est &#224; chaque endroit du monde, dans le coin de l'&#339;il de l'enfant comme dans le coin de nuit habit&#233; par le mendiant, dans les reflets qui changent sur la surface des eaux us&#233;es de la mort industrialis&#233;e comme entre deux mots &#224; la consonance fratricide. Il est &#233;gal au n&#233;ant et le n&#233;ant reste, lui, ce qui ne se ressemble jamais, comme la miette de pain au coin des l&#232;vres de celui qui a faim et le trou noir entre les yeux du d&#233;sespoir d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a l'aveu in&#233;vitable que tout est fiction. Pour certains, c'est le signe d'une v&#233;rit&#233; plus vraie que celle qui rayonne dans les mots, pour d'autres, c'est le signe d'une perversion inextinguible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Werner Lambersy, cette fiction g&#233;n&#233;ralis&#233;e est &#224; la fois une chance et la seule r&#233;ponse possible au mensonge g&#233;n&#233;ralis&#233;. En effet, elle le pr&#233;c&#232;de &#224; la fois historiquement et ontologiquement et elle constitue le seul moyen d'&#233;chapper au pi&#232;ge mortel que le mensonge g&#233;n&#233;ralis&#233; dresse sur le chemin de nos vies. L'&#339;uvre, alors, consiste &#224; &#233;laborer le mensonge pour qu'il retourne &#224; la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L406xH600/2_lambersy-7-3308a.jpg?1638313561' width='406' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V&#233;rit&#233; de l'instant, v&#233;rit&#233; de l'image&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est au fond pas un paradoxe, mais si l'on veut tenter de rapprocher l'&#339;uvre de Werner Lambersy de celle de quelques-uns de ses contemporains, c'est moins du c&#244;t&#233; des &#233;crivains qu'il faut se tourner, que par exemple vers certains des ma&#238;tres de l'art vid&#233;o, comme Nam June Paik, Gary Hill ou Bill Viola par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, tous ont d&#233;ploy&#233; leurs images &#224; partir d'une relation profonde &#224; l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gary Hill, dans une &#339;uvre portant le titre de &lt;i&gt;M&#233;ditations (towards a remake of Sounding)&lt;/i&gt;, filme du sable s'&#233;coulant dans un haut-parleur d'o&#249; sort une voix parfois audible parfois non. Cette voix qui sort du haut-parleur, qui fait vibrer le sable et d'une certaine mani&#232;re l'engloutit, est audible, par moments. Elle dit entre autre ceci : &#171; une image vaut moins sans les mots / &#224; l'int&#233;rieur des mots des voix parlent / une voix parle &#224; travers une voix / une voix d&#233;nude une voix qui apporte des voix &#187; et plus loin, &#171; un millier de grains de sable / un gain de voix produit un changement apportant une voix extr&#234;mement vieille / une voix nue repose dans le sable / des grains soi-disant de verre aiguisent une voix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art vid&#233;o est moins un art des images seules que l'art du temps pr&#233;sent qui permet de repenser et de recomposer les relations entre l'image et la voix, entre le mot et la voix, entre le silence et la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi ce &#224; quoi la po&#233;sie de Werner Lambersy se voue, faire entendre la voix dans les voix. Et elle op&#232;re pour cela d'une mani&#232;re qui ressemble, dans son montage m&#234;me, au travail r&#233;alis&#233; par les grands artistes de l'art vid&#233;o qui consiste &#224; faire r&#233;sonner l'instant de toute l'immensit&#233; du temps en faisant entrer dans cet instant une infinit&#233; d'images. La vid&#233;o est l'art par lequel la spirale est devenue visible et audible simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;mbra montre mieux que tout autre livre, la mani&#232;re qu'a Werner Lambersy de faire entrer dans le po&#232;me l'infinit&#233; du temps en le fragmentant en une infinit&#233; d'images, fragmentation qui a pour effet paradoxal de constituer un liant tel, que l'ensemble tient dans la mesure o&#249; ce qui se fragmente est un corps en proie &#224; la n&#233;cessit&#233; de transformer la signification du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vid&#233;o a ceci de particulier qu'elle peut, au contraire du film, inclure une infinit&#233; d'image dans une image. Entre le mouvement d'onde et le pixel un ballet s'op&#232;re sur l'&#233;cran qui rend possible des figures insens&#233;es. Chaque vibration de l'image est comme celle d'un neurone et la mati&#232;re premi&#232;re qui constitue l'image est une unit&#233; d'information asignifiante qui est transform&#233;e en signification par le jeu r&#233;gl&#233; des associations, des combinaisons, des formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un personnage sortant de l'anonymat de l'arri&#232;re monde, l'image-son de la vid&#233;o se retrouve, &#224; peine constitu&#233;e, en train d'agir sur la signification du monde. Le po&#232;me est de cette engeance-l&#224; qui, &#224; partir des mots pris comme unit&#233; asignifiante, leur permet de donner vie et voix &#224; une force neuve au gr&#233; d'associations inattendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de l'image est une v&#233;rit&#233; de l'instant mais d'un instant tel, que, capable de recueillir en lui une infinit&#233; d'instants, il les fait devenir monde. Car, ici, chaque fragment du monde &#171; est &#187; litt&#233;ralement le monde. Chaque reflet dans un verre ou un fleuve est l'ensemble du visible. Chaque phrase m&#234;me interrompue par un coup de tonnerre est l'ensemble du dicible et donc parle par la voix de la voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L432xH600/3_lambersy-7-2a9c0.jpg?1638313561' width='432' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le principe de non-contradiction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le livre qu'il consacre &#224; l'analyse d'une vid&#233;o de Bill Viola, &lt;i&gt;The Reflecting Pool&lt;/i&gt;, Jean-Paul Fargier &#233;crit ceci : &#171; Red&#233;finir le temps, changer ses &#233;chelles, relativiser l'espace, approfondir la dur&#233;e, d&#233;plier l'unit&#233;, chauffer la contradiction, forger la non-contradiction, diviser le moi, disperser le corps, fracturer la copie, d&#233;pr&#233;cier l'original, anoblir l'objet, fracturer le go&#251;t, dissoudre le r&#233;el, griffer le vide, signer le n&#233;ant&#8230; Tout ce qui trame la modernit&#233; grouille dans les eaux de &lt;i&gt;The Reflecting Pool&lt;/i&gt;. On y voit vibrer non seulement les &lt;i&gt;must&lt;/i&gt; de la pens&#233;e vid&#233;o mais le &lt;i&gt;nec plus ultra&lt;/i&gt; de la pens&#233;e moderniste qui sous-tend l'art contemporain pendant au moins trente ans. Car si &lt;i&gt;The Reflecting Pool&lt;/i&gt; ne contient pas de symboles, il v&#233;hicule de la pens&#233;e. De le pens&#233;e en acte, de la pens&#233;e en &#233;cho, de la pens&#233;e ramass&#233;e. Et nous transporte dans la pens&#233;e. La pens&#233;e du moment, la pens&#233;e de l'&#233;tant, la pens&#233;e du temps. De la pens&#233;e vraiment ? et comment ! oui, comment ? Le principe de non-contradiction, vous voyez ? Une chose ne peut pas &#234;tre elle-m&#234;me et son contraire. Impossible, en r&#233;alit&#233;. Eh bien ici, &#231;a arrive. &#187; Et cela aussi ne cesse d'arriver dans les po&#232;mes de Werner Lambersy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de non-contradiction est au c&#339;ur d'une bataille pour le sens qui a travers&#233; tout le XXe si&#232;cle. Les tenants d'une rationalit&#233; dogmatique l'ont refoul&#233;e au point d'assassiner en eux, la part du r&#234;ve. Car ce n'est pas seulement la vid&#233;o ou le po&#232;me qui peuvent r&#233;pondre avec la puissance de leur logique propre aux associations apparemment illogiques engendr&#233;es par le recours au principe de non-contradiction, c'est la pens&#233;e humaine tout enti&#232;re. La rationalit&#233; n'est qu'un moment extr&#234;me du possible dans le champ infini du r&#234;ve. Et pr&#233;cis&#233;ment, qu'une chose soit et ne soit pas en m&#234;me temps, c'est cela en quoi consiste la spirale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Werner Lambersy, trois de ses textes sont comme les piliers du temple d'air et de vent, de songe et de souffre, de transparence et de nuit qu'il a construit avec sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le cri pouss&#233; contre toute forme de dictature semble aller de soi, c'est parce que la po&#233;sie, assumant en cela la part essentielle qui revenait autrefois aux religions, choisit, mais avec le discernement de l'occasion et non celui du dogme, la vie contre la mort, le juste contre l'injuste et le pire contre le meilleur lorsqu'il prend la forme accablante d'un contr&#244;le de tout &#224; chaque instant de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie est avant tout plong&#233;e dans le temps. Cela implique d'accepter un &#233;cart&#232;lement volontaire de ses facult&#233;s et une forme de voyance sans faille. Il s'agit moins de pr&#233;dire l'avenir, il est si sombre, si pr&#233;visible d&#233;sormais, que de continuer &#224; d&#233;chirer la chair mate des &#233;vidences, la platitude du mensonge pour y &#233;lever des montagnes et y faire jaillir des sources inconnues. Et ce qui remonte de ces profondeurs, prouve que la spirale du temps existe bien comme une voie effective de communication entre des dur&#233;es et des temporalit&#233;s incompossibles. Ce qui remonte ressemble &#224; s'y m&#233;prendre au mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre inspir&#233; sur Eschyle, intitul&#233; &lt;i&gt;Eschyle le grand perdant&lt;/i&gt;, Isamail Kadar&#233; &#233;crit ces phrases inattendues : &#171; Si nous imaginons une cr&#233;ature extraterrestre, un &#234;tre &#224; qui, apr&#232;s quelques br&#232;ves informations sur notre plan&#232;te, nous pr&#233;senterions deux pi&#232;ces, l'une antique et l'autre contemporaine, et &#224; qui l'on demanderait ensuite de situer ces pi&#232;ces dans le temps, il y a fort &#224; parier qu'au terme de sa lecture et sur la base des informations re&#231;ues, relatives surtout &#224; l'avance technique de l'&#233;poque C (contemporaine) sur l'&#233;poque A (antique), il d&#233;signerait la trag&#233;die grecque comme la plus r&#233;cente des deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; un telle conclusion que Werner Lambersy est parvenu &#224; sa mani&#232;re lorsqu'il entend que la po&#233;sie confronte mensonge, v&#233;rit&#233; et mythe et surtout lorsqu'il &#233;crit un texte de dimension mythique pour &#234;tre port&#233; par des voix diffus&#233;es par des haut-parleurs dans un projet d'op&#233;ra acousmatique dont la musique sera &#233;crite par Annette Vande Gorne. &#338;uvre r&#233;solument contemporaine dans sa forme et sa r&#233;alisation, Yawar Fiesta fera tanguer entre nos oreilles le combat de toujours entre les puissants, ces tard venus comme les appelait Nietzsche, incarn&#233;s ici dans la figure des colons occidentaux qui ont commenc&#233; de piller la plan&#232;te en assassinant les peuples d'un continent, et les habitants de toujours, les pauvres pour l'&#233;ternit&#233;, ceux qui n'ont pas besoin de rien poss&#233;der sur terre pour faire de leur passage sur la peau de la pacha mama, un moment d'accord lumineusement d&#233;saccord&#233; entre deux nuits absolues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a la vie, le grand rituel de la vie ou plut&#244;t l'affirmation r&#233;solument intenable que la vie ne m&#233;rite d'&#234;tre v&#233;cue qu'&#224; &#234;tre &#233;cartel&#233;e entre un accomplissement que l'on sait impossible mais vers lequel on ne cesse de tendre et le d&#233;sir de durer en faisant de tout instant une dur&#233;e et de toute dur&#233;e la totalit&#233; du temps. La vie est invivable si elle n'est pas tentation incernable de la vie juste, comme le disait Robert Musil. Et pour cela d&#232;s ses premi&#232;res &#339;uvres, Werner Lambersy a choisi de donner &#224; la vie juste la forme insens&#233;e du rituel. Ce mot peut sembler aujourd'hui l'un des plus d&#233;suets et pourtant c'est &#224; cela que tend le po&#232;me, ritualiser l'instant pour l'ouvrir aux r&#233;seaux de signification qui l'ont rendu possible et qui en font un &#233;l&#233;ment vivant, c'est-&#224;-dire capable de durer au-del&#224; de la mort de celui qui l'&#233;crivit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;me est donc le moyen par lequel il est possible aujourd'hui encore de faire vivre la voix, cette part du psychisme qui vient &#224; la fois du dehors et du dedans et qui fait le corps se conna&#238;tre source unique et unique r&#233;ceptacle de la pens&#233;e. Le po&#232;me est en ce sens l'&#233;l&#233;ment le plus actuel, le plus contemporain, le plus ind&#233;cidable et le plus utile pour nous situer dans l'univers comme en nous-m&#234;mes, car il &#233;pouse, comment l'ignorer d&#233;sormais, le fonctionnement m&#234;me du cerveau. N'y e&#251;t-il qu'une preuve d'une telle affirmation, on la trouverait dans ceci que le po&#232;me, du moins tel que le pratique Werner Lambersy, est une m&#233;canique complexe qui introduit sans cesse le discontinu dans les illusions de la continuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a au fond pas d'autre forme de la tyrannie que cette croyance &#224; laquelle tous les pouvoirs de tous les temps nous obligent &#224; d&#233;f&#233;rer, que ce que l'on a con&#231;u devrait &#234;tre et rester immuable, &#224; jamais inchang&#233;, parce que cela serait la preuve m&#234;me de la pl&#233;nitude, la marque en nous de l'appartenance au divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la vie, elle, et le cerveau qui est une part d'elle, ne cessent de faire le contraire. Ils n'existent, ne fonctionnent que par un jeu incessant de ruptures, de brisures, d'&#233;carts, bref de discontinuit&#233; dans la continuit&#233;, macro-ruptures au-del&#224; du ciel des &#233;toiles, micro-ruptures dans les &#233;changes &#233;lectriques et chimiques qui rendent possible l'illusion o&#249; nous sommes que voir, sentir, penser, seraient des activit&#233;s continues et constantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous recouvrons du voile de la pudeur ces &#233;vidences insoutenables, c'est aussi que la vie le veut. Elle le fait comme pour se prot&#233;ger de son propre myst&#232;re, de son propre secret. Mais le po&#232;me, lui, n'est autre chose que la plong&#233;e recommenc&#233;e vers ce myst&#232;re, source du vrai et du beau, source de la po&#233;sie. Werner Lambersy le sait qui &#233;crit : &#171; Mon seul rapport au vrai fut le po&#232;me. Mon seul rapport au beau, la contemplation du trou de souche qu'a laiss&#233; son arrachement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L383xH600/4_lambersy-6-99cd2.jpg?1638313561' width='383' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Acc&#233;l&#233;ration de la spirale &#8212; I/II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Acceleration-de-la-spirale-I-II</link>
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		<dc:date>2021-10-31T13:07:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>Hommage</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La disparition de Werner Lambersy, qui nous confia tant de textes in&#233;dits, nous affecte profond&#233;ment. Un ami dispara&#238;t et nous lui rendons hommage en publiant ici en deux parties un texte qui met en perspective son parcours et son oeuvre. Ce texte fut publi&#233;, en son temps, aux &#233;ditions des Vanneaux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1972-90bd6.jpg?1772268844' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La disparition de Werner Lambersy, qui nous confia tant de textes in&#233;dits, nous affecte profond&#233;ment. Un ami dispara&#238;t et nous lui rendons hommage en publiant ici en deux parties un texte qui met en perspective son parcours et son oeuvre. Ce texte fut publi&#233;, en son temps, aux &#233;ditions des Vanneaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Plus je travaille avec la t&#233;l&#233;, plus je pense au n&#233;olithique. &#187; Nam June Paik&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sourire du diable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie est une affaire d'affects purs. Or les affects purs n'existent pas. Il faut les construire. Tel est l'agir du po&#232;te : rassembler les d&#233;bris de l'improbable, faire coexister le vif et le mort en pariant contre la mort, d&#233;pecer les &#233;vidences, faire &#233;clater le discontinu jusqu'&#224; ce qu'il accouche d'une ligne aux courbures de sir&#232;ne ou d'un ch&#226;teau de cartes, &#233;quarrir le n&#233;ant et en recracher la pulpe jusqu'&#224; usure des dents. Bref, il s'agit de les extraire de nulle part, ces affects purs, pour les lancer vers l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'est un affect pur ? La brisure dans la r&#233;gularit&#233; de l'offense, la douleur dans le sourire du diable, en tout cas quelque chose qui dans ce que nous appelons un homme vient d'ailleurs, le traverse, le cloue, l'&#233;puise et parfois le transperce si bellement qu'il se trouve emport&#233; au-devant de lui-m&#234;me, en devenant la fl&#232;che de quelque chose qui avant cela n'avait pas de nom et pourtant existait. Le po&#232;te est celui qui, &#224; cette &#171; chose-l&#224; &#187;, donne son nom.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17421 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH730/1_lambersy-6-15151.jpg?1635686588' width='500' height='730' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;chirure et la voix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, cela devient : le po&#232;te est un homme, le po&#232;me, lui , est non humain. Pas inhumain au sens graveleux du terme, simplement, c'est un chercheur d'un genre particulier. Il fouille, il sonde, il arpente le n&#233;ant, les profondeurs, la peau et en ram&#232;ne parfois rien, parfois des os, ou des souvenirs que l'on ne voulait pas rencontrer, parfois aussi quelques br&#251;lures comme en laissent les &#233;toiles sur l'&#339;il clos des amants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non-humain a un nom : d&#233;couverte. On peut l'appeler aussi invention. Parfois, il croise dans les parages du destin et s'appelle l'inconnu. Mais son nom de toujours, c'est la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce que je sais comme individu et ce que je sais comme humanit&#233;, ce que je sais comme singularit&#233; fervente et ce que je sais comme universalit&#233; volage. Et il y a ce que je peux. Et souvent, c'est moins que ce que je sais. Ou plut&#244;t ce n'est pas en phase avec ce que je sais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que consiste, diff&#233;rente en chacun et unique entre tous, la d&#233;chirure. C'est d'elle que semble venir la voix. Du plus lointain dehors. Des plus grandes profondeurs du monde int&#233;rieur. Le po&#232;te est celui qui, n'ayant en quelque sorte peur de rien, pr&#234;te &#224; cette voix les accents de la sienne. Il y risque beaucoup et ceci surtout, de devenir elle &#224; la mesure o&#249; elle devient lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte d&#233;j&#224; ancien, l'un des grands artistes de l'art vid&#233;o, art contemporain s'il en est, s'est r&#233;v&#233;l&#233; non seulement fort attentif aux images, mais aussi &#224; la voix. &#171; Les anciens Grecs entendaient des voix. Les &#233;pop&#233;es hom&#233;riques sont pleines d'exemples de gens guid&#233;s dans leurs pens&#233;es et actions par des voix int&#233;rieures auxquelles ils r&#233;pondent automatiquement. [...] De nos jours, nous sommes m&#233;fiants envers les personnes qui pr&#233;sentent ce type de comportement ; nous oublions que le terme entendre se r&#233;f&#232;re &#224; une sorte d'ob&#233;dience (les racines latines du mot sont &lt;i&gt;ob&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;audire&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire entendre quelqu'un &#224; qui l'on fait face). L'autonomie de l'esprit est un concept si profond&#233;ment enracin&#233; en nous que nous r&#233;partissons ceux qui entendent des voix en diverses cat&#233;gories : a) ceux qui sont l&#233;g&#232;rement amusant, b) ceux qui sont des po&#232;tes, c) ceux qu'il faudrait enfermer dans un institut psychiatrique. Une quatri&#232;me cat&#233;gorie pourrait &#234;tre ceux qui regardent la t&#233;l&#233;vision ; [...] S'il y a un espace r&#233;el ou virtuel de la pens&#233;e, alors il doit y avoir aussi du son &#224; l'int&#233;rieur, car tout son cherche &#224; s'exprimer comme vibration dans un milieu spatial. &#187; (Bill viola &#171; Le son d'une ligne de balayage &#187;. &lt;i&gt;Chim&#232;re 11&lt;/i&gt;, printemps 1991.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la simplicit&#233; de son questionnement et par sa radicalit&#233; m&#234;me, cette remarque de Bill Viola, montre qu'&#224; l'&#233;vidence, la vid&#233;o et au-del&#224; d'elle, toute pratique artistique contemporaine se trouve &#224; la crois&#233;e des questions pos&#233;es tant par la situation de crise qui est la n&#244;tre aujourd'hui que par l'art depuis deux ou trois mill&#233;naires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L414xH600/2_lambersy-6-911ee.jpg?1635686588' width='414' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand je regarde la Lune par une nuit d&#233;gag&#233;e, je ne vois pas un satellite de la N.A.S.A. m&#234;me si je sais que ce que je vois est un satellite appartenant &#224; la N.A.S.A. Je continue &#224; voir un satellite naturel de la terre ; ma vision du monde n'int&#232;gre pas ma connaissance. Cette absence d'int&#233;gration de la connaissance &#224; la vision est caract&#233;ristique de situations d&#233;termin&#233;es que nous appelons &#171; crises &#187;. Il est probable que les Grecs de l'Antiquit&#233; savaient que la Lune est une sph&#232;re, mais ils continuaient &#224; voir en elle une d&#233;esse. Il est probable que les m&#233;lan&#233;siens savent que la lune est un satellite de la N.A.S.A., mais ils continuent de voir en elle un symbole de la fertilit&#233;. Dans une situation de crise, la vision du monde ne parvient pas &#224; int&#233;grer la connaissance &#187; (Vil&#232;m Flusser, &lt;i&gt;Essais sur la nature et la culture&lt;/i&gt;, p. 62, Ed. Circ&#233; 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une crise se caract&#233;rise par une absence de lien ou du moins de coh&#233;rence entre une vision du monde et les connaissances disponibles sur le monde &#224; ce m&#234;me moment, et donc par le fait que ces deux plans ne fonctionnent plus de mani&#232;re parall&#232;le ou compl&#233;mentaire, alors, ce que nous vivons aujourd'hui constitue bien une situation de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux plans se d&#233;ploie, s'invente, se cr&#233;e une sorte &#171; d'image commune &#187; dont le contenu constitue l'ensemble des croyances l&#233;gitimes &#224; un moment de l'histoire. Il ne faut pas oublier que cette &#171; image commune &#187; est autant le r&#233;sultat de nos oublis et de nos aveuglements que de nos connaissances, de nos refus ou de nos peurs que de ce que nous sommes capables de reconna&#238;tre et d'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les forces qui traversent notre vision du monde et les champs de nos connaissances s'exercent dans des directions contradictoires, une d&#233;chirure, in&#233;vitable, vient affecter de mani&#232;re parfois irr&#233;m&#233;diable l'ensemble de nos croyances l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle d&#233;chirure entre vision du monde et connaissance traverse aussi bien la soci&#233;t&#233; dans son ensemble que les pratiques artistiques et que les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partage qui nous affecte aujourd'hui, rel&#232;ve &#224; la fois d'une situation nouvelle dans le champ des sciences, d'une faille constitutive de l'histoire de la pens&#233;e occidentale et d'un conflit plus ancien encore entre image et &#233;criture d'une part, image et voix de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Werner Lambersy est un parcours incessant et renouvel&#233; le long de cette d&#233;chirure et une tentative de tisser avec les mots de toujours de nouveaux liens entre nos connaissances et notre vision du monde, de forger de nouvelles images. C'est pourquoi elle est irr&#233;ductiblement contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L385xH600/3_lambersy-6-543ba.jpg?1635686588' width='385' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La spirale et le vide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le temps n'avance pas en ligne droite, comme une assimilation r&#233;ductrice de son d&#233;ploiement avec la seule succession des secondes nous le laisse croire le plus souvent. Dans ce sch&#233;ma, la seconde serait un point qui en se d&#233;pla&#231;ant tracerait une ligne infinie &#233;tirant sa langueur entre un commencement inaccessible et une fin promise quoique tout aussi inaccessible pour le corps comme pour la conscience. Cette figure n'a pas d'autre validit&#233; que celle que lui conf&#232;rent les marchands de sommeil et les croque-morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun le sait qui &#233;coute en lui le murmure incessant des choses et des &#234;tres, des vies bris&#233;es et des chemins qui bifurquent, le temps ne se d&#233;ploie pas en ligne droite. Il forme plut&#244;t une sorte de spirale voire une double h&#233;lice comme l'escalier de Chambord dessin&#233; par L&#233;onard de Vinci. &#192; ceci pr&#232;s que parfois, un passage peut s'op&#233;rer entre les h&#233;lices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect le plus important de la spirale tient surtout en ceci que des points &#233;loign&#233;s dans le temps peuvent se trouver proches dans l'espace ou du moins dans le m&#234;me axe &#224; un moment donn&#233;. Il faudrait ajouter que ces spirales temporelles forment elles-m&#234;mes d'autres spirales sur la longue dur&#233;e. Ce sont alors des &#233;poques fort &#233;loign&#233;es dans l'histoire qui peuvent entrer en correspondance avec le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui arrive aujourd'hui. Nombreux sont ceux qui remarquent des &#233;chos, des parent&#233;s m&#234;me parfois, entre ces temps hyper technologiques et des temps plus anciens, des temps pr&#233;historiques, des temps o&#249; la conscience &#233;tait autre et les voix plus audibles, o&#249; la peur servait &#224; d&#233;clencher les gestes qui sauvent et la vie &#233;tait un trait de bronze traversant l'espace-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie des h&#233;ros en tout cas ressemblait &#224; cela. La vie des po&#232;tes est li&#233;e de mani&#232;re intime et profonde, ind&#233;racinable, &#224; ces temps d'avant l'histoire, &#224; ces temps d'avant le temps, &#224; ces temps d'avant la fin annonc&#233;e de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le po&#232;te est celui qui, port&#233; par les soubresauts du chaos dans la m&#233;moire des atomes, parcourt ces spirales comme d'autres s'&#233;lancent sur les montagnes russes du d&#233;sespoir en vue d'y voir le paysage sous un nouveau jour. Et ce qu'il d&#233;couvre est un paysage inhumain, comme sont inhumains les affects qui alors le traversent. Le po&#232;te est celui qui, par ses va-et-vient incessants, entre les courbures et les entrelacs des spirales du destin, fait appara&#238;tre une figure coh&#233;rente. Il est cette figure et cette ligne en m&#234;me temps qu'elles le traversent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est la fl&#232;che et le corps, il est aussi le temps et son contraire le plus absolu, le vide, ce vide qui n'est &#224; confondre ni avec le n&#233;ant ni avec le calcul g&#233;n&#233;ral des profits qui confinent les formes ab&#226;tardies de la vie &#224; tourner en rond dans le cercle fini du z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vide, la physique contemporaine le con&#231;oit comme une entit&#233; plus riche en potentialit&#233;s que les mille et une nuits en rebondissements. Michel Cass&#233; en dit ceci : &#171; Nous venons de d&#233;finir le vide n&#233;gativement, par privation, comme espace sans particule r&#233;elle. On peut aussi en donner une d&#233;finition positive, dont l'int&#233;r&#234;t est de nous faire comprendre, pr&#233;cis&#233;ment ce que nous qualifierons d'&#233;nergie du vide : c'est, comme nous n'avons cess&#233; de le marteler, un oc&#233;an de particules virtuelles. Celles-ci, bien qu'&#233;ph&#233;m&#232;res, interagissent tr&#232;s l&#233;g&#232;rement entre elles et avec la mati&#232;re, et conf&#232;rent au vide une certaine &#233;nergie potentielle. Il est de ce fait, l'une des mani&#232;res d'&#234;tre de l'&#233;nergie, laquelle n'est pas touch&#233;e par le changement des formes et des &#233;tats que la suite des causes et des effets, ou bien des al&#233;as, fait survenir ou dispara&#238;tre, et qui seules sont soumises &#224; la &#171; naissance &#187; et &#224; la &#171; mort &#187;. [...&lt;/i&gt; Par&#233; de sa d&#233;finition, le vide dispose des deux vertus relationnelle et ontologique (quantique et cosmologique). La premi&#232;re en fait l'administrateur admirable du microcosme et la seconde, l'&#233;largisseur de l'espace, p&#232;re de la mati&#232;re. &#187; (Michel Cass&#233;, &lt;i&gt;Du vide et de la cr&#233;ation&lt;/i&gt;, Ed Odile Jacob, p. 169)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte po&#233;tique par excellence consiste &#224; faire surgir du vide des combinaisons improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#232;te est celui pour qui les mots sont non seulement des entit&#233;s qui d&#233;signent des choses, des &#234;tres ou des &#233;tats, mais bien plus encore et avant cela, des entit&#233;s sonores et scripturales qui fonctionnent dans notre esprit comme fonctionnent les particules virtuelles dans le vide quantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'histoire et le temps ne sont pas les seuls &#224; former des spirales dans la conscience des hommes. Les atomes et les mots remuent et tournent sur eux-m&#234;mes dans le silence de l'oubli, celui qui pr&#233;c&#232;de toute m&#233;moire et que rien ne remplace. L'&#233;vocation de cet oubli, pourtant, continue d'&#233;veiller des craintes &#233;tranges. Ce sont elles que le po&#232;te renvoie dans les limbes lorsqu'il laisse se lever les mots, ces particules qui dansent, dansent, dansent, comme des images sur la r&#233;tine du d&#233;sir, comme des pixels sur l'&#233;cran neigeux des catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L426xH600/4_lambersy-5-a1dc2.jpg?1635686588' width='426' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;taphores&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela passe pour une telle &#233;vidence qu'il serait inutile d'en parler, et pourtant il le faut. La m&#233;taphore est le moyen unique dont dispose le po&#232;te. La m&#233;taphore est aussi le moyen unique dont dispose l'homme sinon pour penser du moins pour assimiler ce qu'il pense, s'en nourrir et cro&#238;tre avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit &#224; Julian Jaynes dans son livre &lt;i&gt;La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit&lt;/i&gt;, d'avoir donn&#233; &#224; la m&#233;taphore sa dimension la plus compl&#232;te. Il remarque en effet deux choses essentielles, d'une part que la conscience est le travail de la m&#233;taphore lexicale et d'autre part que la conscience ne cesse de s'engendrer elle-m&#234;me en inventant toujours de nouvelles m&#233;taphores, c'est-&#224;-dire &#224; la fois de nouveaux liens entre les choses et de nouvelles images permettant de rendre compte de l'&#233;tat du monde et de celui de la &#171; pens&#233;e &#187; humaine. C'est qu'il pense la langue comme un organe de perception, ce que le po&#232;te, in&#233;vitablement, lui aussi sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il n'y a pas de diff&#233;rence entre corps et pens&#233;e, entre le paquet de chair et de nerfs qui sent et crie et celui qui parle et chante, calcule et pleure, entre l'homme et le po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seules diff&#233;rences tiennent en quelques effets de feed back de certaines habitudes ou de certaines croyances sur cette viande articul&#233;e au souffle qui nous sert de v&#233;hicule. Elles sont parfois incommensurables et parfois elles s'annulent. Le po&#232;te est celui qui parcourt ce double &#233;cart, celui de la faille entre les cultures et celui de la faille entre le corps. Pour cela, il doit aimer et voyager.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L319xH500/5_lambersy-6-a2940.jpg?1635686588' width='319' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Panoramique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Werner Lambersy est un citoyen du monde. &#192; ceci pr&#232;s qu'il a choisi ses mondes et parfois aussi &#233;t&#233; choisi par eux. Il a voyag&#233; par les livres et pour les livres, comme homme et comme po&#232;te. Mais il ne voyage pas pour le plaisir de voyager ! On se souvient de la formule lapidaire de Beckett. Non, il voyage pour rencontrer, il rencontre pour voyager. En fait, il n'y a pas l&#224; calcul mais bien r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et plaisir r&#233;el de la d&#233;couverte, d'un texte, d'un po&#232;te, d'une voix. Car un pays ou une r&#233;gion du monde pour lui, ce sont d'abord les po&#232;tes qui le disent, les &#233;crivains qui le narrent, les voix qui le chantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne peut se faire n'importe comment. Il est facile de voyager au XXe si&#232;cle et d'avoir des amis partout. Il est facile d'avoir acc&#232;s aux litt&#233;ratures du monde. &#199;a l'&#233;tait moins, il y a quelques d&#233;cennies et c'est redevenu difficile aujourd'hui, pour d'autres raisons. Il fallait sans doute avoir un peu de chance, rencontrer un ou deux bons passeurs, mais il faut surtout aujourd'hui comme toujours, avoir la force, le courage de faire face et de faire corps avec ce que l'on entend d&#233;couvrir, avec ce qui se d&#233;couvre &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renard et le petit prince ont tout dit au sujet de cette n&#233;cessit&#233; absolue qui est au c&#339;ur de chaque rencontre comme son secret de polichinelle et sans lequel pourtant elle ne serait rien : l'apprivoisement de soi par l'apprivoisement de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en va-t-il pour Werner Lambersy qui va passer de la d&#233;couverte de la po&#233;sie allemande &#224; celle des USA des ann&#233;es cinquante &#224; soixante-dix, de celle de l'Europe du nord, la finlandaise en particulier, &#224; celle d'Afrique, celle de l'Afrique &#233;mergente d'apr&#232;s la d&#233;colonisation, puis &#224; celle de l'Inde gr&#226;ce &#224; l'amiti&#233; pour Lokenath Bhattacharya et enfin &#224; celle du Qu&#233;bec qu'il d&#233;couvre &#224; partir des ann&#233;es soixante dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il n'y a pas que des po&#232;tes parmi ses amis. Il y a aussi de grands romanciers qui accaparent son attention et forcent son respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y aura les non-rencontres, celles d'auteurs qui le traduiront ou qu'il traduira et qu'il ne conna&#238;tra pas, celles de pays o&#249; il n'ira pas, celle des contacts qui feront d&#233;faut et vivront en lui par ce d&#233;faut m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa g&#233;ographie est donc triple, textuelle, r&#233;elle et r&#234;v&#233;e. Elle est donc purement po&#233;tique. Mais elle est aussi profond&#233;ment politique au sens o&#249; ces amiti&#233;s ne font pas la part belle aux personnages reconnus. Bien plut&#244;t s'agit-il toujours d'affects puissants, face auxquels les reflets des paillettes, m&#234;me litt&#233;raires, sont sans valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces rencontres sont nourritures terrestres essentielles. Ici, c'est bien s&#251;r la part sombre de l'&#226;me qui se met &#224; nu ou le drame des temps barbares qui se chiffre. Et le nom de Paul Celan r&#233;sonne &#224; travers la mort. L&#224;, ce sont les voix aigu&#235;s des anc&#234;tres que nous n'avons pas eu et les voix de l'Afrique remontent &#224; travers nos pieds. Ici, ce sont les mythologies de la modernit&#233; qui explosent, &#224; travers Ginsberg qu'il a bien connu plus encore qu'&#224; travers Burroughs ou Kerouac. &#192; Qu&#233;bec c'est la rencontre entre une voix et un peuple, entre po&#233;sie et r&#233;alit&#233; politique et sociale qui s'arriment, &#224; travers les textes de Gaston Miron et de tous ceux qui occuperont le rang d'amis, en particulier Antonine Maillet ou H&#233;l&#232;ne Dorion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a, parmi les rencontres d&#233;cisives, la rencontre d&#233;cisive unique. C'est celle de Lokenath Bhattacharya, le po&#232;te bengali vu et revu entre 1972 et 1989 qui permettra que soit publi&#233; dans un quotidien bengali tir&#233; &#224; un million d'exemplaires &#171; Ma&#238;tres et maisons de th&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a encore et toujours, lancinante, la question des origines r&#233;elles. Accept&#233;es ou refus&#233;es, ni&#233;es ou magnifi&#233;es, elles ne sont pas sans importance. Et en effet, Werner Lambersy ne vient pas de nulle part. On le sait, il est belge d'origine flamande et il &#233;crit en fran&#231;ais. Et outre la biographie qui oscille in&#233;vitablement entre famille et amours, le pays de naissance peut donner lieu &#224; des amiti&#233;s r&#233;elles et litt&#233;raires. Ce sont ainsi Jean-claude Bologne, Henry Bauchau Pierre Dhainaut ou Marie-Claude Bancquart dont il faut ici faire sonner le nom parmi beaucoup d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les g&#233;ographies imaginaires, celles qui se d&#233;ploient au gr&#233; des lectures. Il y a tant de lectures, que cela pourrait ne pas compter. Mais il s'agit ici des lectures qui vous changent la vie ou qui vous accompagnent pendant des ann&#233;es, des d&#233;cennies, plus parfois. Et l&#224; les noms sont l&#233;gion. Ou plut&#244;t ils forment une l&#233;gion, l'une des meilleures, l'une des plus actives sur le front de la transformation des conditions g&#233;n&#233;rales de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Werner Lambersy n'est pas le seul &#224; aimer Pessoa et Michaux, Melville et Heaney, Pound et Cummings, C&#233;saire et Laabi, Borchert et Lagerkvist Transtr&#246;mer et Schulz, Montaigne et Kazantzakis. Il se trouve que, pour un po&#232;te, la lecture prend souvent une dimension simplement plus directe, plus violente, plus explicite. Il s'agit de go&#251;ter, mais aussi de grandir, il s'agit de cro&#238;tre mais aussi de se mesurer aux mots des autres. Pas pour &#234;tre vainqueur, il n'y a pas de vainqueur ici, sinon celui qui se vainc lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que tout conduit, non pas &#224; soi, mais &#224; l'&#233;laboration en soi par les autres de ce qui constitue ses propres affects, &#224; l'&#233;laboration d'affects purs qui sont les fl&#232;ches par lesquelles on a &#233;t&#233; travers&#233; et dont on aura pu se saisir pour les renvoyer plus loin, vers d'autres. Puissance des mots. Magie des mots. Douleur des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le destin du po&#232;te de produire des armes fatales d'un genre particulier puisqu'elles doivent pouvoir r&#233;veiller les morts et en tout cas &#233;veiller les errants de la chair que nous sommes. Car il faut &#233;laborer un programme lorsque l'on devient po&#232;te, un programme de vie, qui prenne en charge croyances et politique, la politique des corps comme la politique du mensonge, pour en d&#233;gager la po&#233;tique, cette &#233;quation &#224; &#171; n &#187; inconnues qui ne se r&#233;sout jamais mais qui admet, parfois, de beaux r&#233;sultats transitoires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L330xH512/6_lambersy-5-42485.jpg?1635686588' width='330' height='512' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tous les po&#232;tes disent la m&#234;me chose ? Il se pourrait bien que oui. Et si cela &#233;tait, ce ne serait que raison, car cette puissance du semblable dans l'infinit&#233; des variations est la m&#234;me qui fait l'infinit&#233; de la musique sur le clavier des passions en noir et blanc ou celle des combinaisons verbales sur le clavier des alphabets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant il s'agit &#224; chaque fois d'autre chose. De la m&#234;me chose autrement et du m&#234;me autrement de la chose. Non seulement parce que le monde est en chaque &#234;tre chaque fois recommenc&#233;, mais parce que chacun est une combinaison, on le sait, particuli&#232;re, unique dit-on. C'est ce que l'on veut croire. C'est ce que le po&#232;te confirme et infirme en chacun de ces vers : l'unique est un compos&#233; d'atomes sentants et ces atomes sentants sont tous semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyager et aimer cela ne suffit pas pour devenir po&#232;te. Rien n'existe sans la conscience de l'amour et du voyage. Reste &#224; chaque &#233;poque &#224; faire vivre cet amour, &#224; accomplir ces voyages. Le po&#232;te n'a pas d'autre t&#226;che que des les accomplir, on dirait presque dire pour les autres, dans la mesure o&#249; il le fait avec les mots de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que tous les po&#232;tes parlent de la m&#234;me mani&#232;re ? C'est l&#224; que les chemins divergent qui m&#232;nent au centre incernable, l&#224; o&#249; se trouve l'&#233;metteur d'o&#249; sourdent, ultimes et vivantes, vaines et irascibles, les voix qui sont la voix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L411xH600/7_lambersy-5-abd59.jpg?1635686588' width='411' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La spirale, il faut en dire la courbure. Plusieurs &#233;tages de la grande spirale de l'histoire et des temps qui la pr&#233;c&#232;dent sont align&#233;s et comme mis en relation depuis le passage du r&#233;gime des outils et des machines &#224; celui des appareils. Le prix &#224; payer pour &#234;tre contemporain, - et qu'est-ce d'autre &#234;tre cr&#233;ateur sinon prendre cette question &#224; bras le corps ? Pourtant, il n'y a apparemment rien de plus &#233;loign&#233; de la po&#233;sie de Werner Lambersy que les aspects technologiques de la r&#233;volution mondiale en cours depuis plus d'un demi-si&#232;cle. On pourrait m&#234;me dire que tout l'oppose &#224; cela. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans la mani&#232;re qu'il a de prendre part &#224; ce combat de titans qu'il assume l'h&#233;ritage dont chacun se passerait peut-&#234;tre bien mais qui est le seul auquel il ne faut pas se d&#233;rober, celui d'une &#233;poque devenue folle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ne lit-on aucune plainte dans l'&#339;uvre de Werner Lambersy, plut&#244;t la mise en place progressive des enjeux du combat. : la possibilit&#233; pour l'homme de vivre et celle de cr&#233;er des affects purs. La ligne de partage est &#233;troite entre les devenirs inhumains des formes d&#233;clar&#233;es ou larv&#233;es de dictature et les nostalgies vaines. Entre les deux, les mots. Rien que les mots ? Non, les images et les sons aussi. La po&#233;sie est cela, un canevas de mots, d'images et de sonorit&#233;s m&#234;l&#233;s. Le dessin dans ce tapis des pri&#232;res &#233;cartel&#233;es et des v&#339;ux exauc&#233;s est celui des devenirs non humains de l'homme. On y voit des figures impensables. Elles naissent de la voix et constituent la ligne de la cr&#233;ation, tous arts confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quels mots ? Quelles images ? Quelles sonorit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : l'enjeu de toute cr&#233;ation et de prendre en charge le contemporain en lui faisant face, en s'opposant &#224; lui, en le c&#233;l&#233;brant. Le contemporain n'est ni ce qui existe &#224; la force des ordres venus d'ailleurs, ni ce qui aurait pu exister si les choses avaient &#233;t&#233; autres. C'est la chance contenue dans le pr&#233;sent et qu'il ne voit pas, aveugl&#233; qu'il est par ses propres reflets. Le po&#232;te est celui qui conjugue la chance du pr&#233;sent pour qu'il s'accomplisse comme destin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17428 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_lambersy-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/8_lambersy-3-dd61d.jpg?1772202352' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Werner Lambersy a publi&#233; de nombreux po&#232;mes dans la revue. Ils sont disponibles aux liens suivants : &lt;a href='https://www.tk-21.com/Dansez-dansez-sinon-nous-sommes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus&lt;/a&gt; pour le premier et &lt;a href='https://www.tk-21.com/Departs-de-feux-I-IV' class=&#034;spip_in&#034;&gt;D&#233;parts de feux &#8212; I/IV&lt;/a&gt; pour le dernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est possible de passer d'un po&#232;me &#224; l'autre en cliquant sur les icones en bas de chacun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Depth on the surface &#8212; Lynne Cohen</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Depth-on-the-surface-Lynne-Cohen-1769</link>
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		<dc:date>2020-12-27T22:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynne Cohen &#8224;</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ces images de Lynne Cohen sont accompagn&#233;es de ses propres r&#233;flexions, ce qui nous permet de d&#233;couvrir &#224; la fois qu'une image, pour elle, est un m&#233;lange d'attention et de r&#233;flexion. Si jamais certains doutaient qu'une image peut penser, Lynne Cohen nous d&#233;montre ici all&#232;grement le contraire. Dans ce dernier moment qui lui est consacr&#233;, Lynne Cohen se r&#233;v&#232;le &#234;tre une brillante analyste de la situation de l'art au XXe si&#232;cle, analyse qui lui sert de socle pour d&#233;velopper son &#339;uvre et qui nous est rendue accessible ici par des cartes postales qu'elle a collectionn&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Canada" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton1769-6ccd8.jpg?1772247909' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces images de Lynne Cohen sont accompagn&#233;es de ses propres r&#233;flexions, ce qui nous permet de d&#233;couvrir &#224; la fois qu'une image, pour elle, est un m&#233;lange d'attention et de r&#233;flexion. Si jamais certains doutaient qu'une image peut penser, Lynne Cohen nous d&#233;montre ici all&#232;grement le contraire. Dans ce dernier moment qui lui est consacr&#233;, Lynne Cohen se r&#233;v&#232;le &#234;tre une brillante analyste de la situation de l'art au XXe si&#232;cle, analyse qui lui sert de socle pour d&#233;velopper son &#339;uvre et qui nous est rendue accessible ici par des cartes postales qu'elle a collectionn&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a. Cartes postales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lynne Cohen a collectionn&#233; des cartes postales toute sa vie. Certaines de celles qu'elles envoient lui reviennent. Quelques-unes des cartes de cette s&#233;lection proviennent de sa correspondance personnelle avec Karin Hanssen et Bert Danckaert. Sa collection r&#233;v&#232;le qu'elle ne s'int&#233;resse pas tant &#224; l'aspect touristique d'une carte postale qu'&#224; la valeur architecturale et aux aspects formels des lieux repr&#233;sent&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'on discute de mon &#339;uvre, on tend &#224; se focaliser sur son contenu et &#224; en ignorer les qualit&#233;s formelles, tout aussi fondamentales &#224; mes yeux. Venant de l'art conceptuel, j'avais l'impression que plus impassible &#233;tait le clich&#233;, plus d'id&#233;es il laisserait transpara&#238;tre. J'ai d'embl&#233;e compris que je pouvais accro&#238;tre l'illusion de neutralit&#233; par un &#233;clairage plat, la sym&#233;trie et la profondeur de champ, le type d'appareils utilis&#233;s dans la production de cartes postales et de rapports annuels. Ceci conf&#232;re &#224; mes photos un c&#244;t&#233; distant et impartial. Elles ont ainsi l'air impeccablement con&#231;ues tout en dissimulant les histoires presque incompr&#233;hensibles qu'elles semblent v&#233;hiculer. Ma strat&#233;gie consiste &#224; traiter de th&#232;mes compliqu&#233;s en surprenant le spectateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b. Relocation Proposal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#339;uvre pr&#233;coce date de la p&#233;riode o&#249; Lynne Cohen n'a pas encore tout &#224; fait choisi la photographie. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, elle r&#233;alise &#224; la fois des &#339;uvres graphiques et des sculptures. Cette &#339;uvre &#8211; Relocation Proposal &#8211; se compose d'un Polaroid et d'instructions. La photo encadre un pan de r&#233;alit&#233;, qu'elle souhaite ensuite reproduire &#224; l'identique &#224; un autre endroit &#224; l'aide des instructions. L'&#339;uvre n'a jamais vu le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but des ann&#233;es '70, je pensais m&#234;me devoir d&#233;limiter physiquement la photo dans la r&#233;alit&#233; pour en indiquer pr&#233;cis&#233;ment les contours ou devoir &#171; sauver &#187; une petite partie du monde pour la d&#233;placer tout entier dans une galerie d'art. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c. Marcel Duchamp &#8211; Fietswiel &#8211; 1913&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L441xH700/1_duchamp-faafe.jpg?1609107293' width='441' height='700' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de 1913, Roue de bicyclette, fait figure de pionni&#232;re du dada&#239;sme. Marcel Duchamp (FR, 1887-1968) la cr&#233;e initialement pour lui-m&#234;me sans l'exposer. C'est un pr&#233;lude &#224; son oeuvre la plus c&#233;l&#232;bre, Fountain, l'exemple le plus connu de ready-made. Un ready-made est un objet manufactur&#233; sorti de son contexte quotidien auquel on conf&#232;re le statut d'oeuvre d'art en l'exposant dans un mus&#233;e. Avec Lynne Cohen, on pousse la r&#233;flexion encore plus loin : faut-il vraiment d&#233;placer l'objet ou suffit-il de le photographier pour l'&#233;lever au rang de ready-made ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai abord&#233; la photographie &#224; la lumi&#232;re de mon int&#233;r&#234;t pour l'histoire de l'art et en tant qu'artiste en exercice. Mes pr&#233;dispositions &#233;ventuelles s'approchaient davantage de la conception du m&#233;dium de Duchamp que de celle de Cartier-Bresson. Bizarrement, l'id&#233;e de tout concevoir comme un &#171; ready-made &#187; m'a s&#233;duite et j'esp&#233;rais naturellement approfondir ce parti pris. (&#8230;) Mais si j'ai appliqu&#233; une neutralit&#233; duchampienne &#224; mes strat&#233;gies formelles, je n'ai jamais &#233;t&#233; indiff&#233;rente &#224; mes sujets, uniquement ambivalente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;d. Guillaume Bijl &#8211; Gold Ankauf &#8211; 1989&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_bijl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH508/2_bijl-5efab.jpg?1772190323' width='500' height='508' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'artiste anversois Guillaume Bijl (BE, 1946) est connu pour ses imitations d'int&#233;rieurs quotidiens, d'espaces commerciaux et de stands. Bijl r&#233;alise ce petit guichet de n&#233;gociant d'or en 1989 pour une des plus anciennes et plus grandes foires d'art : Art Cologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que d&#232;s le d&#233;part j'ai voulu appr&#233;hender le monde comme Guillaume Bijl (tout peut &#234;tre vu comme un ready-made). J'envisageais de toute fa&#231;on le ready-made comme un vaste point de d&#233;part. Et j'ai toujours &#233;t&#233; convaincue que la photographie contemporaine &#233;tait inconcevable sans cette id&#233;e de ready-made. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;e. Jacques Tati &#8211; Playtime &#8211; 1967&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_tati.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH283/5_tati-7926c.jpg?1609107293' width='500' height='283' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Playtime&lt;/i&gt; est un film fran&#231;ais r&#233;alis&#233; par Jacques Tati (FR, 1907 &#8211; 1982) en 1967. Tout le film se d&#233;roule dans une ville fictive, o&#249; les immeubles de bureaux, les autoroutes et les gratte-ciels occupent une place centrale. Tati voit dans Playtime sa vision d'un monde futuriste dans lequel les libert&#233;s individuelles semblent dispara&#238;tre tandis que l'architecture et la technique st&#233;rile jouent le r&#244;le principal. Quarante mille figurants et une ville enti&#232;rement reconstitu&#233;e de 16 kilom&#232;tres carr&#233;s font de Playtime un des films culte les plus exceptionnels de tous les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je trouve Tati profond&#233;ment engag&#233; socialement. C'est son ressenti de la folie du monde que nous nous sommes cr&#233;&#233; et le calme avec lequel il le d&#233;peint qui me fascinent. J'esp&#232;re que l'humour dans mon &#339;uvre enrichit &#233;galement la critique. (...) Mon oeuvre m'apparait sociale et politique, mais elle est d&#233;pourvue de message concret. C'est peut-&#234;tre la raison pour laquelle je me sens plus proche de Jacques Tati que de Michel Foucault. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;f. Thomas Demand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH421/4_demand-b2ff4.jpg?1609107293' width='500' height='421' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Thomas Demand (DE, 1964), dont une exposition individuelle est &#233;galement organis&#233;e &#224; M Leuven cet automne, appartient &#224; une g&#233;n&#233;ration plus tardive de l'&#233;cole de D&#252;sseldorf. Il fait des photos de maquettes grandeur nature auto-construits. Il s'agit souvent de lieux et objets doubl&#233;s d'une signification sociale ou politique claire. Les maquettes sont ensuite d&#233;truites et seule subsiste la photo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que les photographies des maquettes d'int&#233;rieur de Thomas Demand sont souvent plus convaincantes que mes clich&#233;s de lieux similaires. C'est dingue dans un sens. La photographie d'un int&#233;rieur fait main plus r&#233;aliste que le clich&#233; d'un lieu authentique ? Mais quelque chose dans la construction &#224; la main d'un int&#233;rieur, compte tenu des tol&#233;rances et des corrections, donne un aspect plus plausible &#224; sa photographie qu'&#224; celle d'un lieu similaire dans le monde. Ses installations ont l'air deux fois plus r&#233;elles parce qu'on en voit une photographie. Mes photographies d'int&#233;rieurs tels quels semblent, en revanche, avoir &#233;t&#233; &#233;trangement mont&#233;es. On pense qu'elles ne peuvent &#234;tre vraies, qu'elles doivent avoir &#233;t&#233; truqu&#233;es, ce qui n'est &#233;videmment pas le cas. La diff&#233;rence, c'est peut-&#234;tre que Demand s'int&#233;resse davantage &#224; ce qu'elles aient l'air exactes tandis que je veux montrer &#224; quel point elles sont &#171; erron&#233;es &#187;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;g. Richard Artschwager&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15973 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_artschwager.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/3_artschwager-a288e.jpg?1609107293' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Richard Artschwager (US, 1923 &#8211; 2013) est l'un des artistes de l'&#226;ge d'or du pop art. Ses sculptures ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;es en plastique formica et se situent &#224; mi-chemin entre une reproduction en bois, une peinture, un meuble, une sculpture et une statue. Il est connu pour &#234;tre un &#171; sculpteur de meubles &#187; et fabrique lui-m&#234;me toutes ses &#339;uvres avec un grand savoir-faire. Ses objets simulent une fonction sp&#233;cifique, mais ne la remplissent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant mes &#233;tudes, j'ai &#233;t&#233; influenc&#233; par des id&#233;es propos&#233;es par Artschwager. De m&#234;me, j'ai adopt&#233; la conception Renaissance et Baroque selon laquelle un cadre fixe son contenu dans un plan spatial sp&#233;cifique et s&#233;pare ce qui se passe &#224; l'int&#233;rieur de ses limites de tout ce qui se passe &#224; l'ext&#233;rieur. Pour mes cadres, j'utilise le formica, un mat&#233;riau issu du &#171; trompe-l'&#339;il &#187;. Contrairement &#224; celui que l'on trouve en France, le formica des &#201;tats-Unis imite &#224; la perfection des mat&#233;riaux comme le marbre ou le granite. M&#234;me s'il n'a rien d'authentique, le formica est un mat&#233;riau particuli&#232;rement beau, souvent utilis&#233; dans les lieux que je choisis de photographier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;h. Eug&#232;ne Atget&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Atget (FR, 1857 &#8211; 1927) est c&#233;l&#232;bre pour ses photos de la vie urbaine et de l'architecture parisienne. Dans les ann&#233;es 1920, Paris est &#224; l'aube de mutations m&#233;tropolitaines et de projets de modernisation. Atget photographie la capitale fran&#231;aise depuis pr&#232;s de trente ans, souvent t&#244;t le matin avec une lumi&#232;re diffuse. Ses sc&#232;nes urbaines ne montrent pratiquement personne et ont rapidement &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;es comme des lieux o&#249; un crime aurait pu &#234;tre commis, notamment par le philosophe culturel allemand Walter Benjamin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je n'aspire aucunement &#224; me lib&#233;rer du poids de la tradition photographique et appr&#233;cie pleinement l'analyse de Benjamin des photos d'Atget quand il les d&#233;crit comme des clich&#233;s de &#171; sc&#232;nes de crime &#187;. La photographie est cependant importante pour moi en raison de sa pr&#233;sence physique, qui me contraint &#224; m'impliquer physiquement et directement. La photographie est en fait un artifice o&#249; la triche n'a pas sa place... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;i. Walker Evans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1971, Walker Evans (US, 1903 &#8211; 1975) est invit&#233; par l'Universit&#233; du Michigan pour une discussion avec les &#233;tudiants concernant son &#339;uvre, dans le prolongement de sa r&#233;trospective expos&#233;e au Michigan apr&#232;s l'avoir &#233;t&#233; au MOMA de New York. Cette discussion est ensuite transcrite et publi&#233;e. &#192; ce moment-l&#224;, Lynne Cohen vit encore aux &#201;tats-Unis, o&#249; elle &#233;tudie &#224; la Eastern Michigan University. Elle est pr&#233;sente dans le public et la discussion semble avoir jou&#233; un r&#244;le fondamental dans son choix de poursuivre des &#233;tudes de photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lynne &#233;tait une fan de l'&#339;uvre de Walker Evans et des Am&#233;ricaines de Robert Frank (mais elle d&#233;testait The Family of Man). J'ai r&#233;cemment lu une discussion entre Walker Evans et des &#233;tudiants &#224; l'Universit&#233; de Michigan en octobre 1971. Je ne me souviens pas si j'&#233;tais pr&#233;sent, mais Lynne l'&#233;tait. Cela l'a profond&#233;ment marqu&#233;e et elle y a souvent fait r&#233;f&#233;rence. Elle utilisait un 8&#8221; x 10&#8221; &#224; l'&#233;poque, mais je pense que l'&#233;v&#233;nement de Walker Evans a confort&#233; son choix. &#187; Andrew Lugg, le mari de Lynne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Depth on the surface &#8212; Lynne Cohen</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Depth-on-the-surface-Lynne-Cohen-1770</link>
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		<dc:date>2020-11-30T14:20:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynne Cohen &#8224;</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ces images de Lynne Cohen sont accompagn&#233;es de ses propres r&#233;flexions, ce qui nous permet de d&#233;couvrir &#224; la fois qu'une image, pour elle, est un m&#233;lange d'attention et de r&#233;flexion. Si jamais certains doutaient qu'une image peut penser, Lynne Cohen nous d&#233;montre ici all&#232;grement le contraire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Canada" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1770-0f927.jpg?1772247909' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces images de Lynne Cohen sont accompagn&#233;es de ses propres r&#233;flexions, ce qui nous permet de d&#233;couvrir &#224; la fois qu'une image, pour elle, est un m&#233;lange d'attention et de r&#233;flexion. Si jamais certains doutaient qu'une image peut penser, Lynne Cohen nous d&#233;montre ici all&#232;grement le contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations avec des &#339;uvres sp&#233;ciiques :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Spa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/18_spa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH396/18_spa-07318.jpg?1772220034' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette photo co&#239;ncide avec le d&#233;but d'un changement. Au milieu des ann&#233;es 1990, j'ai commenc&#233; &#224; privil&#233;gier les &#233;v&#233;nements p&#233;riph&#233;riques aux &#233;v&#233;nements de premier plan. Le clich&#233; d&#233;tourne le spectateur du sujet, essentiellement la chaise en tissu noir et le tube fa&#231;on Dan Flavin au plafond, pour le diriger vers ce qui peut sembler un &#233;v&#233;nement mineur : la lumi&#232;re sous la porte. Si je devais donner un nom &#224; cette oeuvre maintenant, je l'appellerais Untitled (Light under the Door). Et non Spa.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi, c'est l'&#233;clat myst&#233;rieux de la lumi&#232;re qui est essentiel. La photographie a pour th&#232;me l'ignorance et la r&#233;pugnance &#224; en sortir. On sent une chose se passer derri&#232;re la porte close, une chose qu'il vaut mieux ne pas identifier. Qui plus est, une fois qu'on l'a remarqu&#233;e, la porte ressemble plus &#224; un dessin qu'&#224; une vraie porte, peut-&#234;tre le sch&#233;ma architectural d'un artiste conceptuel. La forme de la pi&#232;ce a aussi son importance. La photographie retiendrait moins l'attention si le mur du fond n'avait pas un angle aussi &#233;trange, si la grille au sol allait dans la direction attendue et sans le c&#226;ble suspendu &#224; c&#244;t&#233; de la lumi&#232;re fluorescente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Factory&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_lynne_cohen-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH395/8_lynne_cohen-2-ba04a.jpg?1606747504' width='500' height='395' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur cette photo, j'ai choisi un cadre en formica beige pour faire &#233;cho &#224; la couleur de peau des mannequins. (Quand je les ai vus, ils m'ont rappel&#233; les anges dans un tableau de Hans Memling, chantant et jouant des instruments.) Introduire des couleurs dans les cadres pour &#233;voquer des associations me semble toujours une bonne id&#233;e pour certaines de mes &#339;uvres en noir et blanc. En effet, j'ai r&#233;cemment vu un lot de ces photographies align&#233; sur un mur et j'ai pens&#233; qu'ensemble elles faisaient sens. Tr&#232;s t&#244;t, j'ai voulu que mes oeuvres soient encadr&#233;es selon mes souhaits et pas ceux de l'acqu&#233;reur ou du &#171; style de la maison &#187; d'une institution. Les cadres de couleur &#233;taient ma solution &#224; l'&#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en privil&#233;gie pas moins une finition satin&#233;e neutre et souhaite que chaque photo encadr&#233;e soit un objet parfait (j'ai d&#233;but&#233; comme sculptrice). Assez &#233;trangement, lorsque des photos noir et blanc de ce type sont expos&#233;es dans des cadres color&#233;s &#224; c&#244;t&#233; de clich&#233;s couleur aux cadres gris plus neutres, on a tendance &#224; les traiter comme des photos couleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Blackboard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/15_blackboard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH390/15_blackboard-8f57a.jpg?1606747505' width='500' height='390' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la derni&#232;re photographie de mon premier livre, Occupied Territory. Elle r&#233;sume beaucoup de choses pour moi. Les fl&#232;ches pointant vers l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur semblent incarner une philosophie de vie. C'est un non-sens ayant pleine autorit&#233;. Le triste s&#233;rieux de l'absurdit&#233; est parfait. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici plane le myst&#232;re. Je dis parfois que mes clich&#233;s racontent des histoires et vous pourriez penser que celui-ci en raconte une. Les X du lutrin font &#233;cho aux fl&#232;ches sur le tableau noir &#8211; ou serait-ce l'inverse ? Pour moi, elles se contaminent &#224; l'instar des meubles qui contaminent le sch&#233;ma. Il y a aussi des allusions aux gribouillis de Cy Twombly, aux bo&#238;tes de Jasper Johns et aux tableaux noirs de Joseph Beuys. Ce qui est tr&#232;s bien. Mais ce qui est tout aussi important pour moi, c'est le caract&#232;re pictural des effacements sur le tableau noir et le poids de la chaise en ch&#234;ne &#8211; une &#171; antiquit&#233; r&#233;cente &#187;. Voyez &#233;galement comment les barreaux de la chaise se refl&#232;tent sur l'assise. Cette photographie fut prise dans un auditoire, mais il pourrait s'agir d'une sorte d'installation d'art contemporain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laboratory&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/16_laboratory.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH396/16_laboratory-27291.jpg?1606747505' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai vu cette photographie agrandie en 180 cm x 220 cm, c'&#233;tait comme si je la voyais pour la premi&#232;re fois. C'&#233;tait environ douze ou treize ans apr&#232;s l'avoir imprim&#233;e en 125 cm x 150 cm, ce qui est loin d'&#234;tre petit. La taille a fait une &#233;norme diff&#233;rence. Auparavant, on l'envisageait plut&#244;t comme un document. Elle a encore un sujet, mais qui tient davantage de l'abstraction. C'est-&#224;-dire qu'elle est devenue plus formelle, moins ax&#233;e sur une pi&#232;ce en particulier. L'image s'est &#233;largie et la couleur, s'est intensifi&#233;e. La rouille des jointures est maintenant palpable et les rayures sur le mur, plus apparentes. Cela revient presque &#224; regarder un tableau expressionniste abstrait de Jackson Pollock. C'est cet entre-deux mi-document mi-abstraction qui s'empare de moi. Comment est-il possible qu'une prise de vue tienne parfois plus de l'abstraction que du document ? Dans les petites photos, l'abstraction est certes pr&#233;sente, mais moins perceptible. Dans les plus grandes, elle peut m&#234;me prendre le dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Untitled (Abstraction)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/10_lynne_cohen-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/10_lynne_cohen-2-67d4e.jpg?1606747505' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai insist&#233; sur le fait que l'abstraction joue un grand r&#244;le dans mon oeuvre, et ici c'est ind&#233;niable. Consid&#233;rer cette photo comme un document a peu de sens. Elle ne vous dit presque rien des spas, des piscines ou du fitness. Ce qui importe c'est la couleur et le motif du mur du fond. Cela me rappelle un tableau de Gerhard Richter et parfois je l'appelle Untitled (Richter). Mais il y a aussi la courbure des carreaux au fond de la piscine et le reflet du mur et des cinq plafonniers dans l'eau. Ils rendent le clich&#233; encore plus abstrait. On pourrait &#233;videmment dire que la photographie documente le tout. Je pr&#233;f&#233;rerais cependant la d&#233;crire comme une abstraction &#171; ready-made &#187;. Elle est tellement formelle. Et elle fonctionne tout aussi bien &#224; l'envers. Elle a en fait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans un appareil technique, qui inverse l'image &#224; l'instar d'une chambre noire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Untitled (Balloons)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/7_lynne_cohen-eccf2.jpg?1606747505' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne photographie pas les gens. Une personne en chair et en os sur cette image irait &#224; l'encontre de mon objectif. Les spectateurs n'auraient plus l'impression de regarder &#224; l'int&#233;rieur, de voir les choses de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, ils risquent bien s&#251;r de se focaliser uniquement sur les trois personnages. Mais ce n'est pas grave. Ils remarqueront &#224; quel point ils sont comiques avec des parties du corps tronqu&#233;es, des membres coll&#233;s et des v&#234;tements &#233;clabouss&#233;s de paintball. Le lieu est incroyablement modeste avec ses ballons, ses meubles v&#233;tustes et ses rideaux de fortune. Tout semble bricol&#233; et de travers, un peu trop grand ou trop petit. Le sol en linol&#233;um et plus particuli&#232;rement le reflet du ballon rose est &#233;galement int&#233;ressant et le d&#233;sordre semble &#233;trangement agenc&#233;. Voyez aussi la tache au sol le long du mur. L'endroit &#233;tait exactement comme cela. Je sentais qu'en changeant ne fut-ce qu'un d&#233;tail, le clich&#233; se disloquerait. L'absurdit&#233; est renforc&#233;e par la capture de chaque d&#233;tail par l'appareil technique et la neutralit&#233; que j'adopte. M&#234;me en le voulant, on ne trouverait rien de plus insignifiant et dramatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Untitled (Plywood Walls)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/21_untitled_plywood_walls_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/21_untitled_plywood_walls_-a2392.jpg?1606747505' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est un bel exemple de photographie pouvant &#234;tre prise pour le clich&#233; d'une installation. On pourrait penser qu'il s'agit d'une oeuvre r&#233;alis&#233;e dans le studio d'un photographe postmoderne. Il y a toutefois une nette diff&#233;rence. Mes sites ont presque toujours l'air moins r&#233;els que certaines constructions de studio. Le site photographi&#233; ici semble on ne peut plus faux. Si cette photographie &#233;tait expos&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de celle d'une maquette de chambre avec un lit, une porte et des armoires similaires, elle aurait probablement l'air moins cr&#233;dible, plus construite.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'attache &#224; immortaliser l'inexactitude. Ce qui m'intrigue, c'est l'aspect des espaces int&#233;rieurs lorsqu'ils sont photographi&#233;s sans correction ni manipulation. Je me fie &#224; la fa&#231;on dont l'appareil grand format rend les choses plus &#233;tranges qu'elles ne le sont &#224; l'&#339;il nu. Il immortalise chaque d&#233;faut en ajoutant une couche de neutralit&#233; en apparence objective. Je ne lutte contre rien de cela et exploite plus particuli&#232;rement la fa&#231;on dont de tels appareils capturent le contreplaqu&#233;, le linol&#233;um, l'acier et le poly&#233;thyl&#232;ne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Untitled (Submarines)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/11_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH401/11_lynne_cohen-d3aab.jpg?1606747505' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il n'y avait pas le plafond et la porte, vous pourriez penser qu'il s'agit d'une piscine vide. Les proportions du lieu semblent erron&#233;es et il est difficile de savoir si l'espace est grand ou petit. Cela me donne une sensation de claustrophobie. L'ouverture sur la droite semble offrir une issue, mais j'imagine que seule la trappe au sol en est v&#233;ritablement une. Outre le mur jaune brillant et le sol quadrill&#233;, le clou du spectacle doit &#234;tre les sous-marins. Tous trois, grands et petits, sont en suspension. Le noir des silhouettes est profond et cotonneux, aussi riche que le pigment de couleur des premi&#232;res sculptures d'Anish Kapoor. On a l'impression de glisser dans un trou noir. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut presque y plonger &#224; l'instar d'un tableau baroque. Le spectateur est engag&#233; physiquement et psychologiquement. M'inspirer du baroque et de l'art contemporain ne m'a jamais pos&#233; probl&#232;me. C'est mon bagage. Il est diff&#233;rent de celui de la plupart des jeunes artistes. Mais c'est le mien. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colophon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commissaires : Bert Danckaert &amp; Joachim NaudtsRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Concept et recherche : Bert Danckaert &amp; Karin HanssenRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Commissaire adjoint : Ingrid Leonard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction et r&#233;daction : Naomi Vandenbroeck, Piuma Translations, Mia Verstraete&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conception graphique : Aline De Feyter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remerciements :Retour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrew LuggRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Guillaume Bijl, Bart De Baere, Els De bruyn, Peter Gorschl&#252;ter, Aaron Guravich, Rodolphe Janssen, Olga Korper, Fabienne Leclerc, Ga&#235;l Leininger, Marine Lemoal, Jon Michelena, Johan Pas, Isabelle Rocton, Thomas Seelig, Roel Van Nunen, Alexander Vandeputte, Sofie Van de Velde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;teurs :Retour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrew Lugg, MontrealRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Museum Folkwang, EssenRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Galerie In Situ - Fabienne Leclerc, ParijsRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Rodolphe Janssen, BrusselRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Olga Korper Gallery, TorontoRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
FRAC-Artoth&#232;que Nouvelle-Aquitaine, LimogesRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Sofie Van de Velde, AntwerpenRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
M HKA, Antwerpen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'&#233;quipe FOMU, stagiaires et b&#233;n&#233;voles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FOMU - Fotomuseum AntwerpenRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Waalsekaai 47Retour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
2000 AntwerpenRetour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Belgi&#235;Retour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.fomu.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fomu.be&lt;/a&gt; Retour ligne automatique&lt;br class='autobr' /&gt;
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+32 (0)3 242 93 00&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Depth on the surface &#8212; Lynne Cohen</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Depth-on-the-surface-Lynne-Cohen</link>
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		<dc:date>2020-11-02T12:16:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lynne Cohen &#8224;</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Mon &#339;uvre m'appara&#238;t sociale et politique, mais elle est d&#233;pourvue de message concret. C'est peut-&#234;tre la raison pour laquelle je me sens plus proche de Jacques Tati que de Michel Foucault. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Canada" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1766-bd2c4.jpg?1772247909' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Mon &#339;uvre m'appara&#238;t sociale et politique, mais elle est d&#233;pourvue de message concret. C'est peut-&#234;tre la raison pour laquelle je me sens plus proche de Jacques Tati que de Michel Foucault. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lynne Cohen (CA, 1944 &#8211; 2014) d&#233;c&#232;de en 2014 &#224; Montr&#233;al, au Canada. Elle laisse une &#339;uvre et une archive particuli&#232;rement homog&#232;ne : pendant plus de quatre d&#233;cennies, elle photographie exclusivement des int&#233;rieurs. Initialement des pi&#232;ces comme des salons, des salles de r&#233;ception et des instituts de beaut&#233;, puis des lieux de plus en plus charg&#233;s politiquement comme des installations militaires et des laboratoires. Chaque clich&#233; est empreint d'une connotation l&#233;g&#232;rement absurde et surr&#233;aliste, qui fait la part belle &#224; l'obsession humaine de contr&#244;le et de compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH396/2_lynne_cohen-65885.jpg?1604319689' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Corporate Office, 1986, Courtesy Rodolphe Janssen
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, Cohen est davantage attir&#233;e par l'univers dada&#239;ste de Marcel Duchamp et le &lt;i&gt;ready-made&lt;/i&gt; que par la photographie d'Henri Cartier-Bresson, par exemple. Dans cette exposition, nous pla&#231;ons son &#339;uvre dans un contexte d'artistes partageant les m&#234;mes sensibilit&#233;s tels que Guillaume Bijl ou Thomas Demand. Tous partent d'un m&#234;me questionnement : que se passe-t-il lorsqu'on place une chose banale dans un nouveau contexte ? Les int&#233;rieurs de Cohen peuvent &#233;galement &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &lt;i&gt;objets trouv&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses photos ne sont pas de simples documents. Il s'agit de pures captures de la r&#233;alit&#233;, r&#233;alis&#233;es avec un appareil technique et un point de vue apparemment neutre. Mais pour le spectateur attentif, elles rec&#232;lent d'indications et de contradictions. Qui a con&#231;u ces pi&#232;ces et pourquoi ? Qui les utilise et &#224; quelle fin ? Pourquoi Cohen les a-t-elles immortalis&#233;es ? &#192; ses yeux, elles sont devenues des objets d'art. Elle nous montre des lieux d'o&#249; les gens ont disparu, mais o&#249; leurs traces demeurent sous forme de signes cryptiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH396/3_lynne_cohen-e665a.jpg?1604319689' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Laboratory, Collection FOMU P, 1999
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez Cohen, on ne trouve pas de noms de s&#233;ries, elle n'utilise que peu de titres et ses &#339;uvres sont rarement dat&#233;es. L'exposition n'est donc pas construite chronologiquement, mais vue du point de vue de l'artiste. Ses &#339;uvres les plus anciennes des ann&#233;es 1970 consistent en de petites impressions de contact en noir et blanc, les plus r&#233;centes sont g&#233;n&#233;ralement plus grandes et en couleur. Sa voix est pr&#233;sente tout au long de l'exposition sous forme de citations. Elle vous demande de regarder attentivement au-del&#224; de la surface de la photo, en qu&#234;te d'une &#233;chappatoire &#224; son monde claustrophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Depth is on the surface est&lt;/i&gt; l'une des premi&#232;res grandes r&#233;trospectives de Lynne Cohen apr&#232;s son d&#233;c&#232;s en 2014. Elle est le fruit d'une longue recherche sur son &#339;uvre port&#233;e par les artistes Bert Danckaert et Karin Hanssen pour l'Acad&#233;mie royale des Beaux-Arts d'Anvers. Leur amiti&#233; de longue date tant avec Lynne Cohen qu'Andrew Lugg, veuf et administrateur de l'archive, fournit une mine d'informations et jette les bases conceptuelles de cette exposition, mise sur pied par les curateurs Bert Danckaert et Joachim Naudts. Trois des &#339;uvres expos&#233;es ici sont issues de la collection du FOMU et ont &#233;t&#233; acquises apr&#232;s une pr&#233;c&#233;dente exposition de Lynne Cohen en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/4_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH351/4_lynne_cohen-7d5b0.jpg?1604319689' width='500' height='351' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Police Range II, 1990, Courtesy FRAC Limousin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aucun de mes lieux ne semble r&#233;el. Mais l&#224; encore, peu de choses paraissent r&#233;elles avec le recul et la contemplation. Quand les gens m'en parlent, je leur demande de regarder autour d'eux. Il y a presque toujours un &#233;l&#233;ment que je peux leur montrer, une lumi&#232;re, une prise ou une a&#233;ration d&#233;centr&#233;e. J'aimerais qu'ils voient les choses comme si c'&#233;tait la premi&#232;re fois et remarquent leur inad&#233;quation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/5_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH395/5_lynne_cohen-6b245.jpg?1604319689' width='500' height='395' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Recording Studio, 1987, Courtesy Rodolphe Janssen
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans mes clich&#233;s, la fronti&#232;re entre le sinistre et l'hilarant est parfois t&#233;nue. Peut-&#234;tre parce que je ne trouve pas le sinistre de la vie r&#233;elle hilarant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gens ont une telle pr&#233;sence qu'en les photographiant, ce qui m'int&#233;resse &#8211; l'&#233;tranget&#233; intrins&#232;que des choses &#8211; serait rel&#233;gu&#233; au second plan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH400/6_lynne_cohen-b2d55.jpg?1604319689' width='500' height='400' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Untitled (Astroturf), 2007, Courtesy Olga Korper Gallery
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La photographie a captur&#233; des &#233;l&#233;ments qui attendaient d'&#234;tre &#171; immortalis&#233;s &#187;, et ce, sans &#171; interf&#233;rences &#187; extrins&#232;ques. L'&#233;ventualit&#233; d'une interf&#233;rence, voire son existence, ne m'est apparue que plus tard en r&#233;alisant que le seul choix du sujet de la photographie ou du cadrage du clich&#233;, constituait une interf&#233;rence et une intrusion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/8_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH395/8_lynne_cohen-f4154.jpg?1604319689' width='500' height='395' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Untitled (Factory), 1994, Collection FOMU P, 1998
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'int&#233;resse &#224; l'aspect des lieux o&#249; les gens passent leur temps, &#224; ce qu'ils leur font, mais aussi &#224; l'impact de ces lieux sur ceux qui les traversent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour p&#233;n&#233;trer mes clich&#233;s, il faut les contempler suffisamment longtemps et s'impr&#233;gner des diff&#233;rents d&#233;tails. La seule cl&#233; que je donne r&#233;side dans le cadre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/9_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH401/9_lynne_cohen-f00c2.jpg?1772190342' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Untitled (Military Installation), 2007, Courtesy In Situ Fabienne Leclerc
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne per&#231;ois pas mon &#339;uvre comme une illustration ou une critique du contr&#244;le et du pouvoir. De tels qualificatifs ne me d&#233;rangent pas, au contraire, je les appr&#233;cie. Je m'oppose simplement &#224; toute analyse r&#233;ductrice de mes clich&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, avant de commencer &#224; travailler en couleur, j'ai d&#233;cid&#233; d'encadrer mes photos en formica de couleur distincte. (&#8230;) J'ai s&#233;lectionn&#233; des couleurs en lien avec les d&#233;tails des clich&#233;s, en lien avec des objets pro&#233;minents, la temp&#233;rature ou les odeurs que j'associais aux pi&#232;ces. Il m'est apparu clair que la couleur servirait &#224; capturer quelque chose de quintessentiel ou de caract&#233;ristique du site, quelque chose qui donnerait un peu plus (mais pas trop) d'informations au spectateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/12_lynne_cohen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH396/12_lynne_cohen-116fd.jpg?1772190342' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lynne Cohen, Untitled (War Game), 1988, Collection FOMU P 1990
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui m'a incit&#233;e &#224; commencer &#224; travailler en couleur c'est mon int&#233;r&#234;t soudain pour la fa&#231;on erron&#233;e dont le film couleur immortalise les couleurs. Apr&#232;s avoir renonc&#233; &#224; capturer correctement la couleur, j'ai pu capitaliser sur la fa&#231;on dont le film couleur subvertit le poids psychologique que nous accordons aux choses dans le monde. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Colophon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commissaires : Bert Danckaert &amp; Joachim Naudts&lt;br class='autobr' /&gt;
Concept et recherche : Bert Danckaert &amp; Karin Hanssen&lt;br class='autobr' /&gt;
Commissaire adjoint : Ingrid Leonard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction et r&#233;daction : Naomi Vandenbroeck, Piuma Translations, Mia Verstraete&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conception graphique : Aline De Feyter&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remerciements :&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrew Lugg&lt;br class='autobr' /&gt;
Guillaume Bijl, Bart De Baere, Els De bruyn, Peter Gorschl&#252;ter, Aaron Guravich, Rodolphe Janssen, Olga Korper, Fabienne Leclerc, Ga&#235;l Leininger, Marine Lemoal, Jon Michelena, Johan Pas, Isabelle Rocton, Thomas Seelig, Roel Van Nunen, Alexander Vandeputte, Sofie Van de Velde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#234;teurs :&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrew Lugg, Montreal&lt;br class='autobr' /&gt;
Museum Folkwang, Essen&lt;br class='autobr' /&gt;
Galerie In Situ - Fabienne Leclerc, Parijs&lt;br class='autobr' /&gt;
Rodolphe Janssen, Brussel&lt;br class='autobr' /&gt;
Olga Korper Gallery, Toronto&lt;br class='autobr' /&gt;
FRAC-Artoth&#232;que Nouvelle-Aquitaine, Limoges&lt;br class='autobr' /&gt;
Sofie Van de Velde, Antwerpen&lt;br class='autobr' /&gt;
M HKA, Antwerpen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute l'&#233;quipe FOMU, stagiaires et b&#233;n&#233;voles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FOMU - Fotomuseum Antwerpen&lt;br class='autobr' /&gt;
Waalsekaai 47&lt;br class='autobr' /&gt;
2000 Antwerpen&lt;br class='autobr' /&gt;
Belgi&#235;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.fomu.be&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fomu.be&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
info@fomu.be&lt;br class='autobr' /&gt;
+32 (0)3 242 93 00&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Qu'emporteriez-vous si la maison bru&#770;lait ? - J'emporterais le feu &#187; </title>
		<link>https://www.tk-21.com/Qu-emporteriez-vous-si-la-maison</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Qu-emporteriez-vous-si-la-maison</guid>
		<dc:date>2018-04-30T19:36:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bont&#233;-Hessed2 </dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Le feu est de ces r&#233;alite&#769;s privile&#769;gie&#769;es qui comptaient - qui comptent encore - parmi les plus charge&#769;es de re&#770;ves et d'humanite&#769; &#187; (Bachelard in &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton1223-4f0c1.jpg?1772210215' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Le feu est de ces r&#233;alite&#769;s privile&#769;gie&#769;es qui comptaient - qui comptent encore - parmi les plus charge&#769;es de re&#770;ves et d'humanite&#769; &#187; (Bachelard in &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Isabelle Bonte&#769;-Hessed2 sensible a&#768; ce proble&#768;me du feu, a&#768; son origine, a&#768; sa conque&#770;te, a&#768; sa valeur, bref, a&#768; sa symbolique, est alle&#769;e sur les traces de ce philosophe, dans une tentative de re&#769;pondre a&#768; la question &#171; Qu'est-ce que le feu ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un hommage, cette exposition commence par des portraits en paraffine de Bachelard. Ces peintures de&#769;voilent la figure du philosophe qui, tel un fanto&#770;me, surgit du lointain, par sa pre&#769;sence entre lumie&#768;re et ombre, entre oubli et m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10788 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH622/1_bonte-ae709.jpg?1525118071' width='500' height='622' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Portrait en paraffine de Bachelard, sur panneau de bois noir (100 x 70 cm) 2016
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu est un e&#769;le&#769;ment qui fait re&#770;ver ; le feu de chemine&#769;e re&#769;veille en nous a&#768; la fois des peurs et des chaleureux souvenirs. Il est un objet pre&#769;cieux, sacre&#769;, digne de respect, un objet que l'on ne doit pas toucher. Alors comment se l'approprier afin de le connai&#770;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point d'orgue de cette exposition, une se&#769;rie de cercles a&#768; broder montre cette transformation par le feu de l'ouvrage de Bachelard : des formes noires sugge&#769;rant des territoires e&#769;clate&#769;s. Ces pages bru&#770;le&#769;es de &#171; La psychanalyse du feu &#187; portent l'interrogation autour de cet e&#769;le&#769;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre bru&#770;le&#769; devient matie&#768;re, et l'acte de bru&#770;ler, cre&#769;ateur. Chacun peut se re&#769;approprier cet objet, le recomposer et re&#769;e&#769;crire une histoire. Ainsi qu'est-ce qu'un livre ? Qu'est-ce que l'acte de lire, comment le de&#769;finir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bibliothe&#768;que de livres en paraffine, entre parole et silence, poursuit cette interrogation. Le livre dont la forme devient fantomatique, attire l'attention sur sa mate&#769;rialite&#769;, sa densite&#769; physique, sa position dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2_bonte.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/2_bonte-9f672.jpg?1525118071' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Livres en paraffine (dimensions variables) 2017/2018
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et alors le feu ? Dans cette exposition, il incarne aussi bien la disparition que la renaissance. Et a&#768; travers le cheminement dans ces &#339;uvres, la Galerie de la Vou&#770;te est comme habite&#769;e, hante&#769;e, marque&#769;e de signes, de cre&#769;ations dont la bru&#770;lure et la paraffine incarnent la force et la fragilite&#769;. Un nouveau re&#769;cit se cre&#769;e. A la frontie&#768;re de l'oubli, de la disparition, la galerie, - devenue maison -, renferme des souvenirs, des secrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diffe&#769;rentes intensite&#769;s lumineuses, de l'obscurite&#769; a&#768; la lumie&#768;re e&#769;blouissante, renforcent l'impression d'une me&#769;tamorphose au c&#339;ur des &#339;uvres pre&#769;sente&#769;es. Une poe&#769;sie du simple, du peu, du petit, du profond, - ce rien, ce trois fois rien, qui se risque a&#768; devenir le tout de la disparition -, nous emme&#768;ne vers des &#339;uvres qui ouvrent a&#768; des mondes fragiles, en voie d'extinction... se risquant aux confins de la repre&#769;sentation. C'est ainsi qu'Isabelle Bonte&#769;-Hessed2 a conc&#807;u son muse&#769;e de la disparition, son cabinet de curiosite&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Pierres de la disparitions&lt;/i&gt;, nous laissent songer a&#768; une matie&#768;re myste&#769;rieuse, pre&#769;cieuse. Ces pierres symbolisent des e&#769;le&#769;ments a&#768; conserver, tels des vestiges, des objets de collection, et pourtant, re&#769;sidus d'un effacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les i&#770;les abandonne&#769;es&lt;/i&gt; te&#769;moignent de ces lieux oublie&#769;s dont les formes attirent par leur couleur blancha&#770;tre et translucide. De cet effacement progressif, l'artiste les redonne a&#768; voir. Elle fait remonter a&#768; la surface ces terres enfouies.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10790 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/3_bonte.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/3_bonte-c5477.jpg?1525118071' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Sculpture en paraffine sur socle en bois noir (10x10cm) 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ou&#768; sont les parfums enivrants des fleurs disparues ?&lt;/i&gt;, e&#769;voque ces espe&#768;ces menace&#769;es. L'artiste a constitue&#769; un herbier, fait d'un embossage a&#768; peine visible, pour donner a&#768; voir cette disparition et pre&#769;server la me&#769;moire de ces plantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond du corridor, a&#768; l'inte&#769;rieur d'un livre bru&#770;le&#769;, une plante e&#769;merge des cendres. Celle-ci rappelle que dans la disparition, un nouveau monde se forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme nous dit Bachelard &#171; Tout perdre pour tout gagner. La lec&#807;on du feu est claire &#187; (in &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu d'Isabelle Bonte&#769;-Hessed2 n'est pas une destruction mais une renaissance... L'objectif n'est pas de faire disparai&#770;tre mais de faire apparai&#770;tre autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cette exposition, se perc&#807;oit plusieurs stades de transformation, un cycle de la matie&#768;re au l du parcours. Les oeuvres, fragments, apparaissent a&#768; la fois comme des petits riens, des re&#769;sidus, des e&#769;le&#769;ments sans importances et comme des formes merveilleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les the&#768;mes : le feu, l'effacement ou le recouvrement, la disparition et la me&#769;moire se manifestent de diffe&#769;rentes manie&#768;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors re&#770;vons ; re&#770;vons devant ces cendres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pauline Lisowski / commissaire de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;205&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/7_bonte.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH377/7_bonte-9a150.jpg?1525118071' width='500' height='377' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;79 cercles a&#768; broder pre&#769;sentant les pages bru&#770;le&#769;es de &#171; La psychanalyse du feu &#187;, incluses dans de la paraffine. (Cercle a&#768; broder 20 cm de diam&#232;tre, paraffine, pages bru&#770;le&#769;es du livre) 2016
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;(LA PSYCHANALYSE DU FEU) - Isabelle Bont&#233;-Hessed2&lt;br class='autobr' /&gt;
17 x 21,5 / 112 pages / avril 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
isbn : 978-2-35137-249-4&lt;br class='autobr' /&gt;
Textes (fran&#231;ais / english) : Klaus Speidel et Anthony Spiegeler&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;ditions de l'&#339;il / 7, rue de la Convention / 93100 Montreuil / (0033) 1 49 88 03 57 / editionsdeloeil@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expositions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du 10 au 30 Avril 2018 : exposition collective au C.A.C. - Passages (Centre d'Art Contemporain &#224; Troyes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du 19 Avril au 12 Mai 2018 : exposition personnelle &#224; la Galerie de la Vo&#251;te, vernissage le 19 Avril, avec la signature de mon livre &#034;La psychanalyse du feu&#034; (Le titre &#233;voque l'ouvrage de G.Bachelard).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_bonte.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/6_bonte.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;598&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;42 Rue de la Vou&#770;te - 75012 Paris M&#176;/Tram Porte de Vincennes Contact Galerie : Thomas +33 (0)6 09944960&lt;br class='autobr' /&gt;
Contact commissaire d'exposition : +33 (0)6 31951682 &lt;a href=&#034;http://www.galeriedelavoute.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.galeriedelavoute.com&lt;/a&gt; galeriedelavoute@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du 27 Avril au 21 Mai 2018 : exposition collective &#224; la Maison des Arts et de l'Image (&#224; Rueil-Malmaison)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Automne 2018 : la s&#233;rie des fleurs (365) avec la constitution et les tableaux CRS, &#224; la Galerie Hors-Champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derniers articles de presse :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; MCD #77 : &#034;La politique de l'art&#034; (Mars 2015) : article de Marie Gayet. &lt;a href=&#034;http://www.digitalmcd.com/mcd77-la-politique-de-lart/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.digitalmcd.com/mcd77-la-politique-de-lart/&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Article d'Emmanuel Mah&#233; : Les pratiqueurs de nuages contemporains &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Interview de la galerie Leyden Gallery : &lt;a href=&#034;http://vimeo.com/19624899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vimeo.com/19624899&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(visite de l'atelier sur rdv &#224; Paris XIII, m&#233;tro Olympiades)&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pouvez la suivre sur :&lt;br class='autobr' /&gt;
Sites : &lt;a href=&#034;http://www.isabelle-bonte.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.isabelle-bonte.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Blog : &lt;a href=&#034;http://lalettreadeuxvisages.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://lalettreadeuxvisages.blogspot.com/&lt;/a&gt; Facebook : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/PlasticienneIsabelleBonte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/PlasticienneIsabelleBonte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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