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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Nous, d'Evgueni Zamiatine</title>
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		<dc:date>2024-07-29T12:51:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Basquin</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>dystopie</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je n'avais tout simplement jamais entendu parler de ce livre que beaucoup s'accordent &#224; consid&#233;rer comme un pr&#233;curseur du &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; de George Orwell avant il y a quelques mois. Un simple post sur Facebook a suffi &#224; me mettre sur sa piste, et j'ai compris tr&#232;s vite que ce roman dystopique avait connu de graves difficult&#233;s du vivant de l'auteur, et m&#234;me apr&#232;s (traductions &#224; partir d'une traduction (en anglais)).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/dystopie" rel="tag"&gt;dystopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2521-cf6fa.jpg?1772244067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je n'avais tout simplement jamais entendu parler de ce livre que beaucoup s'accordent &#224; consid&#233;rer comme un pr&#233;curseur du &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; de George Orwell avant il y a quelques mois. Un simple post sur Facebook a suffi &#224; me mettre sur sa piste, et j'ai compris tr&#232;s vite que ce roman dystopique avait connu de graves difficult&#233;s du vivant de l'auteur, et m&#234;me apr&#232;s (traductions &#224; partir d'une traduction (en anglais)).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quelle chance que de tomber directement sur cette nouvelle (excellente, autant que j'en puisse juger, ne lisant pas le russe) traduction en collection &#171; L'Imaginaire &#187; (chez Gallimard) par V&#233;ronique Patte ! Car, et avant m&#234;me d'avoir lu le fort appareil critique (pr&#233;face, notes de la traductrice, postface, etc.) entourant le livre, j'avais senti que la traduction fonctionnait bien, rendant tr&#232;s habilement le langage appauvri d'une dictature collectiviste pour le Bien de tous (le NOUS du titre) : ponctuation simplifi&#233;e (beaucoup de tirets et tirets doubles) et phrases comme une &#233;criture en st&#233;no, ou en flash :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les nuages &#8212; et puis, au loin, une tache verte &#8212; de plus en plus verte, de plus en plus criarde &#8212; nous fonce dessus &#8212; fin imminente &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]
&lt;br /&gt;&#8212; R&#233;acteurs de poupe &#8212; plein r&#233;gime !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devine facilement que la traductrice n'a pas pu inventer une telle ponctuation d'inspiration futuriste : tacatac !&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus loin, vers la fin du roman, l'&#233;criture devient carr&#233;ment cubiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est comme si les lettres noires, nettes, sur cette page - se mettaient soudain &#224; tanguer [&#8230;] - et plus un seul mot, rien que des inepties : brr &#8212; hop &#8212; com &#8212; Dehors - c'est pareil - une foule pulv&#233;ris&#233;e, en d&#233;sordre - qui va en avant, en arri&#232;re, de biais, de travers&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a touch&#233; &#224; la syntaxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une pens&#233;e qui forme / une forme qui pense&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas souvent, en tout cas dans la litt&#233;rature traduite, que l'on sent une telle ad&#233;quation entre le message d'un livre (son fond) et sa forme. Un miracle ? Une exception, qui confirme la r&#232;gle (toute traduction est une trahison) ? Il est impossible d'&#233;crire une dystopie imaginant un futur totalitaire en alignant les phrases comme un Proust, ou un Zola. Une soci&#233;t&#233; totalitaire ne pouvant fonctionner qu'apr&#232;s avoir r&#233;duit le langage (voir &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; &#224; ce sujet), comment imaginer une soci&#233;t&#233; o&#249; toute imagination a disparu avec des phrases d'une page emplies d'imparfaits du subjonctif se succ&#233;dant &#224; l'aide de tout un appareil de conjonctions de coordination et de points-virgules ? La r&#233;volution (litt&#233;raire) n'est pas un th&#233; de cinq heures (de l'apr&#232;s-midi) !&#8230; On ne peut pas vivre que de madeleines et de th&#233; &#224; la bergamote&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but du livre, premi&#232;re page, le ton est donn&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S'ils ne comprennent pas que nous leur apportons un bonheur math&#233;matiquement infaillible, notre devoir - les contraindre &#224; &#234;tre heureux. Mais avant les armes &#8211; nous utiliserons les mots.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21512 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/bonheur_medvekine_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH379/bonheur_medvekine_0001-0c81e.jpg?1721581217' width='500' height='379' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le Bonheur, Alexandre Medvedkine
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, l'auteur nous avait pr&#233;venu : &#171; Je transcrit simplement &#8211; mot &#224; mot &#8211; ce qui a &#233;t&#233; publi&#233; aujourd'hui au &lt;i&gt;Journal d'&#201;tat&lt;/i&gt;. &#187; On comprend que l'&#201;tat Unique (soit l'URSS de l'&#233;poque de la r&#233;daction du livre (1920-21), d'o&#249; les tr&#232;s nombreux probl&#232;mes de l'auteur avec la censure &#8212; j'y reviendrai) r&#232;gne, et que tout doit &#234;tre soumis &#171; au joug bienfaisant de la raison &#187; (communisme scientifique). On comprend tout de suite que le roman est compos&#233; comme une suite de notes (num&#233;rot&#233;es de 1 &#224; 40), un journal ; l'auteur, &#8710;-503, constructeur du vaisseau spatial l'INT&#201;GRALE, s'amusant &#224; en fournir le r&#233;sum&#233; en t&#234;te de chacune d'entre elles : &#171; Ballet. Harmonie carr&#233;e. X &#187;, &#171; Racine irrationnelle. R-13. Triangle &#187;. L'on sait qu'Evgueni Zamiatine fut d'abord ing&#233;nieur (naval)&#8230; Parfois, l'humour teint&#233; d'ironie profonde l'emporte, comme chez l'auteur du film &lt;i&gt;Le Bonheur,&lt;/i&gt; le cin&#233;aste Alexandre Medvedkine, qui lui aussi eut maille &#224; partir avec le r&#233;gime sovi&#233;tique : &#171; Pas de r&#233;sum&#233;. Impossible &#187;, ou bien &#171; Quel r&#233;sum&#233; ? Je ne sais pas. Un seul peut-&#234;tre : cigarette jet&#233;e &#187;. Tout l'environnement d'une soci&#233;t&#233; totalitaire doit &#234;tre r&#233;duit &#224; des choses calculables et rationnelles, m&#234;me et surtout le bonheur pour tous : &#171; Au nom du Bienfaiteur l'&#201;tat Unique avise l'ensemble des num&#233;raux [du Journal d'&#201;tat]. &#187; Je n'ai pas directement connu l'URSS au temps du communisme, mais la soci&#233;t&#233; covidiste int&#233;grale sous Olivier V&#233;ran &amp; Co, oui ; et je puis d&#232;s lors tout &#224; fait visualiser un tel monde : il est interdit d'y critiquer quoi que ce soit, et m&#234;me les chiffres (bonjour la science !&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fini les embrouillaminis avec le bien et le mal : tout est ultrasimple, paradisiaque, d'une simplicit&#233; enfantine. Le Bienfaiteur, la Machine, le Cube, la Cloche &#224; vide, les Gardiens &#8211; tout ce bien, tout cet univers est majestueux, magnifique, noble, sublime, d'une puret&#233; cristalline. Parce que cela prot&#232;ge notre non-libert&#233; &#8211; c'est-&#224;-dire notre bonheur. [&#8230;] vous comprenez ? G&#233;nial, non ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sait ce que l'ironie profonde de Zamiatine lui couta : censure de son livre en URSS pendant un demi-si&#232;cle&#8230; exil &#224; Paris, o&#249; il mourut, en 1937. Comment ne pas faire le rapprochement avec le programme dit &#171; Agenda-2030 &#187; du WEF (World Economic Forum) ? &#171; Vous ne poss&#233;derez plus rien, et vous serez heureux&#8230; &#187; Ou bien : &#171; Je me vaccine, et masque, pour prot&#233;ger les autres&#8230; &#187; &#171; G&#233;nial &#187;, non ? &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus : m&#234;me l'attaque des chapitres est &#171; futuriste &#187; : titre principal en italique gras en lettres minuscules ferr&#233; &#224; droite ; &#171; &lt;i&gt;R&#201;SUM&#201;&lt;/i&gt; &#187; en italique et en lettres majuscules ferr&#233; &#224; gauche ; puis sous-titre centr&#233; en lettres capitales et en gras. Walter Benjamin l'avait &#233;crit : les possibilit&#233;s infinies et nouvelles de la typographie allaient permettre un renouvellement de la litt&#233;rature du futur ; dommage qu'il n'ait pas &#233;crit (eu connaissance de ?) sur &lt;i&gt;Nous&#8230;&lt;/i&gt; Zamiatine ne se prive pas d'utiliser les lettres capitales dans le texte, comme les dada&#239;stes ou les futuristes le faisaient, pour souligner un mot : &#171; LE &#187;, &#171; LUI &#187;, &#171; ILS &#187;, &#171; INT&#201;GRALE &#187;, etc. Les noms des personnages eux-m&#234;mes sont ultra-simplifi&#233;s ; plus de place pour les noms de saints, comme durant l'&#233;poque du culte de l'&#202;tre supr&#234;me en France r&#233;volutionnaire ; mais &#171; I-330 &#187;, &#171; O-90 &#187;, &#171; R-13 &#187;, I-O &#187;, &#171; &#8710;-513 &#187;, etc. Fi de la sentimentalit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une anti-utopie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la premi&#232;re page du roman, on comprend que l'on va avoir &#224; faire &#224; une dystopie en forme d'anti-utopie (c'est le &lt;i&gt;Journal d'&#201;tat&lt;/i&gt; qui &#171; parle &#187;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans cent vingt jours va s'achever la construction de l'INT&#201;GRALE. [&#8230;] Il y a mille ans, vos h&#233;ro&#239;ques anc&#234;tres ont asservi la Terre enti&#232;re au pouvoir de l'&#201;tat Unique. Un exploit plus glorieux vous incombe : int&#233;grer l'&#233;quation infinie &#224; l'univers gr&#226;ce &#224; l'INT&#201;GRALE [&#8230;] Il vous incombe de soumettre des cr&#233;atures inconnues habitant sur d'autres plan&#232;tes - dans un &#233;tat de libert&#233; peut-&#234;tre encore sauvage [&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir sovi&#233;tique ne pouvait pas ne pas se reconna&#238;tre dans cette tendance imp&#233;rialiste totalitaire&#8230; Mille ans : le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich en a r&#234;v&#233;&#8230; l'&#201;tat Unique de &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; l'a fait ! L'auteur de la pr&#233;face du livre dans l'&#233;dition qui nous int&#233;resse, Giuliano da Empoli, souligne que Nous &#171; n'est pas qu'une critique f&#233;roce du syst&#232;me sovi&#233;tique &#187;, mais que &#171; c'est aussi, et peut-&#234;tre surtout, la description implacable de la ruche digitale d'aujourd'hui &#187;. Qui a travers&#233; la grande crise &#171; Covid-19 &#187; les yeux grands ouverts ne peut qu'en &#234;tre convaincu&#8230; Sans parler du &#171; simple &#187; article 4 du DSA (Digital Services Act) de l'UE instaurant une sorte de Minist&#232;re de la V&#233;rit&#233; (soit tr&#232;s exactement le MINISTRY OF TRUTH orwellien).&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me la sexualit&#233;, c'est l'&#201;tat qui la r&#233;gule&#8230; L'on sait la fortune de cette id&#233;e dans, plus tard, &lt;i&gt;Le meilleur des mondes&lt;/i&gt; d'Aldous Huxley.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme nouveau au marteau et &#224; la faucille &#171; n'a cess&#233; d'&#234;tre un homme sauvage que le jour o&#249; nous avons construit la Muraille Verte [&lt;i&gt;le cordon de s&#233;curit&#233; de l'&#233;poque&lt;/i&gt;], le jour o&#249;, gr&#226;ce &#224; elle, nous avons isol&#233; notre monde parfait, m&#233;canis&#233; - du monde informe, irrationnel des arbres, des oiseaux, des b&#234;tes&#8230; &#187;. Homme-Machine, tu quitteras ton p&#232;re, ta m&#232;re, et ton Ancienne Maison ridicule, et tu ch&#233;riras l'INT&#201;GRALE !&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'homme nouveau, pas d'&#233;chappatoire aux cha&#238;nes de la vie collective :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chissez un peu ! Les deux du paradis - ils ont eu &#224; choisir : ou le bonheur sans libert&#233; - ou la libert&#233; sans bonheur ; point de troisi&#232;me voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or &#171; ces deux b&#234;tas [&lt;i&gt;Adam et &#200;ve&lt;/i&gt;], ils ont choisi la libert&#233; &#187; ; et c'est &#171; nous &#187; qui &#171; avons aid&#233; Dieu &#224; vaincre d&#233;finitivement le diable [&lt;i&gt;moins catholique, tu meurs !&lt;/i&gt;]- c'est lui, en effet, qui avait pouss&#233; les hommes &#224; violer l'interdit et &#224; croquer le fruit de la libert&#233; fatale &#187; &#8212; le serpent perfide non pas comme arbre de la connaissance, mai comme go&#251;t de la libert&#233;. Heureusement, le communisme int&#233;gral est arriv&#233; et lui a &#171; flanqu&#233; un bon gros coup de godillot sur la t&#234;te - bam ! Et l'affaire &#233;tait r&#233;gl&#233; : de nouveau le paradis &#187;. Et voil&#224; que les hommes &#233;taient redevenus bienveillants et innocents, et depuis mille ans. Bien mieux que &#171; popu &#187; chez C&#233;line dans son &lt;i&gt;Mea culpa,&lt;/i&gt; quoi !&#8230; On sait ce qu'un Andr&#233; Gide en dirait en premier dans son &lt;i&gt;Journal de retour d'URSS&#8230;&lt;/i&gt; Sales &#233;crivains&#8230; toujours &#224; m&#233;goter sur le bonheur collectif obligatoire !&#8230; des monstres r&#233;acs et bourgeois !&#8230; M&#234;me la po&#233;sie a &#233;t&#233; apprivois&#233;e ; elle &#171; n'a plus rien &#224; voir avec l'arrogant sifflement du rossignol &#187;, et est devenue &#171; un service de l'&#201;tat &#187;, &#171; chose utile &#187;. La musique aussi : &#171; l'Usine Musicale &#187;, c'est &#171; le bourdonnement matinal des brosses &#224; dent &#233;lectriques, le cr&#233;pitement mena&#231;ant des &#233;tincelles dans la Machine du Bienfaiteur, l'&#233;cho de l'Hymne &#224; l'&#201;tat Unique, le tintement intime du vase de nuit &#233;tincelant comme le cristal, le cliquetis &#233;mouvant des stores qui s'abaissent &#187; : marteau avec Ma&#238;tre ! Dziga Vertov et sa symphonie filmique &lt;i&gt;L'Homme &#224; la cam&#233;ra&lt;/i&gt; ne sont pas loin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/homme_a_la_camera.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/homme_a_la_camera-4e154.jpg?1772212914' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'homme &#224; la cam&#233;ra
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, dans un tel monde, l'&#226;me est bannie : ce n'est plus qu'un scorpion, tel &#171; le scorpion l&#233;gendaire des anciens qui se pique volontairement afin de&#8230; &#187;. L'homme nouveau n'a plus besoin d'&#226;me, car &#171; effectivement &#233;duqu&#233; par l'&#201;tat Unique &#187;, il a &#171; atteint les plus hauts sommets possible pour l'homme &#187; : &lt;i&gt;l'homo-sovieticus&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'homme est scientifiquement r&#233;gl&#233; : &#171; Plus aucun d&#233;lire, plus aucune m&#233;taphore absurde, plus aucun sentiment : seulement des faits. &#187; Les &lt;i&gt;fact-checkers&lt;/i&gt; n'ont plus rien &#224; en redire&#8230; parce que le narrateur est &#171; sain, compl&#232;tement, absolument sain &#187;. La raison scientifique a vaincu ! (Derniers mots du livre.) Le monde comme raison et comme science a triomph&#233;. Sans restes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des &#233;lections ont toujours lieu ; mais le Parti est Unique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je vois tout le monde voter pour le Bienfaiteur &#8211; et peut-il en &#234;tre autrement si &#171; tout le monde &#187; et &#171; moi &#187; formons un &#171; NOUS &#187; unique ? C'est tellement plus ennoblissant, sinc&#232;re, &#233;lev&#233;, que les myst&#232;res poltrons et crapuleux des anciens !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a vous rappelle quelque chose de r&#233;cent en France ? Bah&#8230; vous &#234;tes s&#251;rement complotiste&#8230; De toute fa&#231;on, &#171; m&#234;me &#224; supposer l'impossible, c'est-&#224;-dire une dissonance quelconque dans la monophonie habituelle, nos Gardiens invisibles sont l&#224;, dans nos rangs : ils peuvent imm&#233;diatement rep&#233;rer les num&#233;ros tomb&#233;s dans l'erreur et les sauver de faux pas ult&#233;rieurs, et l'&#201;tat Unique - de toute dissonance &#187;. Ah ! que le bonheur est doux &#171; pieds et poings li&#233;s &#187; dans &#171; les rets &#187; du Bienfaiteur&#8230; C'est qu'on a invent&#233; une nouvelle op&#233;ration : &#171; l'ablation de l'imagination &#187; : tout le monde semble heureux&#8230; &#171; Vous &#234;tes malade ! Et cette maladie porte un nom : / IMAGINATION ! / C'est un ver qui creuse des rides dans votre front. C'est une fi&#232;vre&#8230; &#187; &#171; &#192; votre place - j'irais me faire op&#233;rer&#8230; &#187; En attendant &#171; le Jour de l'Unanimit&#233; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les tribulations d'un manuscrit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons. Evgueni Zamiatine participe &#224; la r&#233;volution de 1917. Il finit d'&#233;crire &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; en 1921. La censure interdit la publication du livre d&#232;s 1923. Les multiples tentatives de Zamiatine pour le faire publier en URSS se soldent toutes par un &#233;chec. En 1924, &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; para&#238;t en anglais &#224; New York. En 1927, il est traduit en tch&#232;que. En 1929 Gallimard sort une traduction fran&#231;aise&#8230; depuis la version anglaise. C'est cette version, &#224; la ponctuation et typographie non respect&#233;es du texte original, et expurg&#233;e de certains mots et m&#234;me courts passages, qui fera foi en occident et ailleurs pendant presque un demi-si&#232;cle. Zamiatine meurt &#224; Paris en 1937. En Russie, le livre circule sous le manteau sous forme de &lt;i&gt;samizdat&lt;/i&gt; jusqu'en 1988 o&#249; une version&#8230; traduite de l'anglais (sic &#8212; depuis la version de 1924) para&#238;t ! Il faut attendre 2011 pour que les &#233;ditions Mir fassent para&#238;tre enfin une version correcte du texte d'apr&#232;s le manuscrit original. C'est d'apr&#232;s cette &#233;dition que la traductrice de &#171; notre &#187; version dans &#171; L'Imaginaire &#187;/Gallimard, V&#233;ronique Patte, a int&#233;gralement retraduit le roman en restituant le texte complet, avec sa ponctuation, sa typographie, et ses r&#233;p&#233;titions&#8230; originales. Notons que &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; traduit mieux le titre russe original, &lt;i&gt;Mbl,&lt;/i&gt; que la pr&#233;c&#233;dente traduction, &lt;i&gt;Nous autres&#8230;&lt;/i&gt; et que donc nous avons eu de la chance de pouvoir acc&#233;der directement &#224; celle-ci. Comme dit Woland r&#233;pondant au Ma&#238;tre dans &lt;i&gt;Le Ma&#238;tre et Marguerite&lt;/i&gt; de Boulgakov : &#171; Les manuscrits ne br&#251;lent pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous et apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne constitue pas moins une anti-utopie gla&#231;ante que &lt;i&gt;1984,&lt;/i&gt; et George Orwell s'en souviendra pour &#233;crire son chef-d'&#339;uvre. L'&#201;tat Unique y a tellement format&#233; les &#226;mes, que tout Affranchi qui a fait l'exp&#233;rience d'une vie oisive et libre sans plus de travail collectif pendant tout un mois ne peut que vouloir mettre fin &#224; ses souffrances en s'enfon&#231;ant profond&#233;ment dans le fleuve : la dictature est parfaite ! Cette histoire devient m&#234;me un conte qu'on se raconte de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. M&#234;me plus besoin d'un Big Brother et de sa police pour contr&#244;ler les d&#233;viants : ils se suppriment d'eux-m&#234;mes ; la servitude est compl&#232;te et volontaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas parler de ce livre sans citer l'admirable postface de Jorge Semprun : &#171; Dans &lt;i&gt;Nous,&lt;/i&gt; Zamiatine refuse les r&#232;gles du jeu &#233;tabli, nie le pr&#233;sent [&#8230;] ; le dissout m&#234;me, en projetant sur lui, &#8216;ironiquement,&lt;/i&gt; la lumi&#232;re d'un avenir lointain et redoutable. Grand connaisseur de Wells, Zamiatine transforme le roman d'anticipation scientifique en une arme de l'esprit critique &#187; (c'est moi qui souligne). En publiant, en 1946, dans l'hebdomadaire Tribune, un article sur &lt;i&gt;Nous,&lt;/i&gt; George Orwell (qui avait lu la traduction fran&#231;aise de 1929) signalait cette ressemblance entre &lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le meilleur des mondes.&lt;/i&gt; &#171; Implicitement, il reconnaissait ainsi sa dette envers Zamiatine &#187;, conclut Semprun. On attend toujours le grand roman (ou film) de la dystopie pseudo-scientifique &#171; Covid-19 &#187;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_21513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/couv_nous.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/couv_nous.jpg' width=&#034;526&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;GALLIMARD, coll. L'Imaginaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Roman, 336 pages, cat&#233;gorie / prix : 15 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 978-2-07-302678-1&lt;br class='autobr' /&gt;
Format : 12,5 x 19,0 cm&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>X International Shiryaevo Biennale Of Contemporary Art</title>
		<link>https://www.tk-21.com/X-International-Shiryaevo-Biennale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/X-International-Shiryaevo-Biennale</guid>
		<dc:date>2019-02-25T12:04:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nelya and Roman Korzhovs</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Samara</dc:subject>
		<dc:subject>Shiryaevo biennale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous recherchons tous la &#171; joie &#187;. C'est ce que nous d&#233;sirons le plus.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Samara" rel="tag"&gt;Samara&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Shiryaevo" rel="tag"&gt;Shiryaevo biennale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH93/arton1399-695e3.jpg?1772197071' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1399.jpg?1551038192&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous recherchons tous la &#171; joie &#187;. C'est ce que nous d&#233;sirons le plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1999, le projet principal de la Biennale a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans le village de Shiryavo, situ&#233; sur les rives de la Volga, dans une vall&#233;e des Zhiguli, les plus anciennes montagnes du monde. La pr&#233;sentation est une myst&#233;rieuse exposition/performance d'une journ&#233;e le &#171; Nomadic Show &#187;. Le nom est n&#233; de la combinaison de deux termes : le &#171; Show &#187; europ&#233;en et le &#171; nomade &#187; asiatique, un mode de vie qui explore les nouveaux territoires. La &#171; Horde &#187; des spectateurs s'attaque aux artistes qui traversent la rivi&#232;re, les rues, les vieilles maisons, la vall&#233;e, les montagnes et les dalles de pierre. L'id&#233;e de voyage collectif est en elle-m&#234;me un changement. et le changement est source d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH499/unknown-2-2db6b.jpg?1772197010' width='500' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, cette pr&#233;sentation a &#233;t&#233; invent&#233;e comme une alternative au &#171; white cube &#187;, et sa r&#233;ussite lui a donn&#233; sont ind&#233;pendance. Pendant le voyage, chaque &#171; spectateur &#187; se transforme en un &#171; cr&#233;ateur &#187;, tous les participants &#224; l'action deviennent &#339;uvre d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Xe Biennale se concentre sur la &lt;strong&gt;joie&lt;/strong&gt; des formes dans les mouvements du corps, les sons et les forces naturelles. C'est une recherche d'un paradis perdu. Trouver le &#171; paradis &#187; dans une ville o&#249; tout est &#171; post quelque chose &#187; est pratiquement impossible, mais peut-&#234;tre se cache t-il dans la nature, les collines et les for&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait quand, l'&#226;ge d'or ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Red&#233;couvrons les statues et l'art antique, red&#233;couvrons une nouvelle &#232;re : la Renaissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le Moyen &#194;ge est de retour dans les rapports sociaux, il est peut-&#234;tre temps de cr&#233;er une nouvelle solidarit&#233; dans un mouvement de &lt;strong&gt;joie&lt;/strong&gt;. La &lt;strong&gt;joie&lt;/strong&gt; plut&#244;t que la frustration, pour r&#233;sister &#224; l'ultra-lib&#233;ralisme et au terrorisme. Retrouvons les valeurs humanistes et un nouveau moderniste sera possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie principale de la Biennale de Shiryaevo a traditionnellement lieu dans le village de Shiryaevo. Les artistes s&#233;journent dans les maisons des autochtones et s'immergent dans une &#171; vie simple &#187; &#8212; loin d'un &#171; art-image &#187; r&#233;pondant plus &#224; des besoin de promotion que de creation. Ils d&#233;veloppent ici des interrelations sp&#233;cifiques entre la vie et l'art. La solidarit&#233; et les amiti&#233;s qui se cr&#233;ent entre les artistes dans les jardins abandonn&#233;s, ouvre un nouvel horizon &#224; l'&#232;re d'une r&#233;volution post-industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de passer en revue l'histoire du lieu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au tournant des ann&#233;es 2000, une source sacr&#233;e a &#233;t&#233; rouverte pr&#232;s de Shiryaevo. Cette source a des vertus curatrices et c'est un lieu de gu&#233;rison. Les habitants se rappellent qu'avant la dissolution de l'URSS, la source n'&#233;tait qu'un point d'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre l&#233;gende dit que le mouvement du glacier s'est arr&#234;t&#233; non loin de l&#224;. Devant les montagnes Zhiguli, le relief et les plantes de la p&#233;riode pr&#233;-glaciaire en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, nous avons affaire &#224; un &#171; lieu de pouvoir &#187;, &#224; des conjonctions de forces telluriques, comme dans le film &lt;strong&gt;Stalker&lt;/strong&gt; de Andrey Tarkovsky, o&#249; tous les d&#233;sirs des personnages se r&#233;alisent. C'est un chemin difficile pour atteindre la porte &#233;troite qui permet d'acc&#233;der &#224; la connaissance de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce chemin est l'essence m&#234;me de l'art. C'est pourquoi la joie a souvent un revers : une forme de chagrin, de d&#233;pression, de paresse, une nostalgie, une incompr&#233;hension du moment pr&#233;sent... Mais la m&#233;ditation nous m&#232;ne vers l'avant. Si la vision capte ce qui est &#233;panoui, c'est-&#224;-dire le pass&#233;, la conscience du spectateur reconstitue un futur et un &#171; ici et maintenant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Biennale de Shiryaevo est ax&#233;e sur les projets spectaculaires, mais notre principe est de ne laisser aucune trace sur le paysage apr&#232;s l'&#233;v&#233;nement. Ce n'est pas un parc d'attraction ou un mus&#233;e. Tous les deux ans, le village dois redevenir un lieu vierge pour de nouvelles &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous ressentons, c'est l'&#233;v&#233;nement lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nelya Korzhova, Curator of &#1061; Shiryaevo Biennale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Organis&#233;e par la section Volga centrale du Centre national des arts contemporains dans le cadre de ROSIZO&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le soutien : &lt;br class='autobr' /&gt;
du minist&#232;re de la Culture de la F&#233;d&#233;ration de Russie, &lt;br class='autobr' /&gt;
du mus&#233;e national et centre d'exposition &#034;ROSIZO&#034;, &lt;br class='autobr' /&gt;
du gouvernement de la r&#233;gion de Samara, &lt;br class='autobr' /&gt;
du minist&#232;re de la Culture de la r&#233;gion de Samara&lt;br class='autobr' /&gt;
Partenaire g&#233;n&#233;ral de la Biennale : Fondation Mikhail Prokhorov &lt;br class='autobr' /&gt;
Commissaire de la Biennale : Roman Korzhov (Russie)&lt;br class='autobr' /&gt;
Directeur artistique de la Biennale de Shiryaevo, commissaire du projet principal : Nelya Korzhova (Russie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; National centre for contemporary arts. Developpement [art-info]. [Andrey Velikanov]'s design&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01-martial-verdier-nelya.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01-martial-verdier-nelya.jpg' width=&#034;640&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Nelya Korsova - &#1053;&#1077;&#1083;&#1103; &#1050;&#1086;&#1088;&#1078;&#1086;&#1074;&#1072;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Martial Verdier - Les figures po&#233;tique d'une r&#233;volution - Shiryaevo 2018
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Glee in Italian way</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Glee-in-Italian-way</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Glee-in-Italian-way</guid>
		<dc:date>2019-01-28T22:50:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renzo Durante et Stefano Bergamo</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>installation</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Shiryaevo biennale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Classic 3.0 is an ironic reinterpretation of the great classical art. Born from the idea to give to the gestures of Greek-Roman myths a provocative meaning between fun and irreverence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Shiryaevo" rel="tag"&gt;Shiryaevo biennale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1374-7e9fa.jpg?1772245442' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Classic 3.0 is an ironic reinterpretation of the great classical art. Born from the idea to give to the gestures of Greek-Roman myths a provocative meaning between fun and irreverence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;This concept fits well the theme of the Biennale of Shiryaevo - Glee !&lt;br class='autobr' /&gt;
Joy - to live, to create and to take oneself not too seriously.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/m4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/m4-227eb.jpg?1772189654' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Inside an old house in the small Russian village of Shiryaevo, once a kindergarten and then a stable, the installation of two Italian artists : Stefano Bergamo and Renzo Durante create an exhibition with a vaguely retro taste and extremely kitsch, made of connections between local traditions and the history of Western art revisited.&lt;br class='autobr' /&gt;
In this satiated container, the spectator is lost in search of a clue, an image, a sentence.&lt;br class='autobr' /&gt;
The difficulty in finding a needle (Glee) in a haystack is the real key to understanding&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The collaboration between Renzo Durante and Stefano Bergamo, arises from the desire of both (friends for some time) to experience a fusion between two different ways of seeing art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renzo is a sculptor very tied to the traditional &#034;matter&#034; (wood and stone). Stefano is an artist who loves the provocations of POP art and ranges from painting to digital. The biennial of Shiryaevo, was the occasion for a common project : the rereading of the great classical sculptures of the past.&lt;br class='autobr' /&gt;
Through interventions on photos and sketches of sculpture on wood and stone, the installation made inside an old Shiryaevo house is the final result.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classic 3.0 est une r&#233;interpr&#233;tation ironique du grand art classique. N&#233; de l'id&#233;e de donner aux gestes des mythes gr&#233;co-romains un sens provocant entre plaisir et irr&#233;v&#233;rence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce concept correspond bien au th&#232;me de la Biennale de Shiryaevo &#8211; Glee !&lt;br class='autobr' /&gt;
Joie - vivre, cr&#233;er et se prendre pas trop au s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/17-martial-verdier-nomadic_show-05675.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/17-martial-verdier-nomadic_show-05675-8160f.jpg?1772189654' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une vieille maison du petit village russe de Shiryaevo, qui fut un jardin d'enfants puis une &#233;curie, l'installation des artistes italiens : Stefano Bergamo et Renzo Durante cr&#233;e une exposition au go&#251;t vaguement r&#233;tro et extr&#234;mement kitch, faite de liens entre les traditions locales et l'histoire de l'art occidental revisit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce lieu satur&#233;, le spectateur se perd &#224; la recherche d'un indice, d'une image, d'une phrase.&lt;br class='autobr' /&gt;
La difficult&#233; &#224; trouver une aiguille (Glee) dans cette botte de foin est la cl&#233; pour comprendre cette d&#233;marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collaboration entre Renzo Durante et Stefano Bergamo vient du d&#233;sir des deux amis (depuis longtemps) d'exp&#233;rimenter une fusion entre deux mani&#232;res diff&#233;rentes de voir l'art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Renzo est un sculpteur tr&#232;s attach&#233; &#224; la &#034;mati&#232;re&#034; traditionnelle (bois et pierre). Stefano est un artiste qui aime les provocations de l'art POP et va de la peinture au num&#233;rique. La biennale de Shiryaevo a &#233;t&#233; l'occasion d'un projet commun : la relecture des grandes sculptures classiques du pass&#233; &#224; travers des interventions sur des photos et des croquis de sculptures sur bois et sur pierre, l'installation r&#233;alis&#233;e &#224; l'int&#233;rieur d'une ancienne maison de Shiryaevo est l'&#339;uvre finale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/07-martial-verdier-nomadic_show-05645.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/07-martial-verdier-nomadic_show-05645-0c114.jpg?1772189654' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_12074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;78&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/stefano-renzo.jpg' width=&#034;750&#034; height=&#034;600&#034; alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Stephano Bergano et Renzo Durante, Shiryaevo Biennale.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;photo Martial Verdier
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Imparfait et absentement</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Imparfait-et-absentement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Imparfait-et-absentement</guid>
		<dc:date>2018-12-31T17:02:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Poitevin et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Cor&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>photographie pauvre - foto povera</dc:subject>
		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>Shiryaevo biennale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'un des fantasmes les plus tenaces relatifs &#224; la photographie s'inscrit et prolif&#232;re d&#232;s sa &#171; naissance &#187; dans l'usage massif et pr&#233;sent&#233; comme salvateur d'un registre m&#233;taphorique d'une pr&#233;cision clinique incisive, celui de la capture par l'image de l'&#234;tre m&#234;me de ce qui ou de celui qui est photographi&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/portrait" rel="tag"&gt;portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Coree" rel="tag"&gt;Cor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie-pauvre" rel="tag"&gt;photographie pauvre - foto povera&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Shiryaevo" rel="tag"&gt;Shiryaevo biennale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH120/arton1354-b8475.jpg?1772238620' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'un des fantasmes les plus tenaces relatifs &#224; la photographie s'inscrit et prolif&#232;re d&#232;s sa &#171; naissance &#187; dans l'usage massif et pr&#233;sent&#233; comme salvateur d'un registre m&#233;taphorique d'une pr&#233;cision clinique incisive, celui de la capture par l'image de l'&#234;tre m&#234;me de ce qui ou de celui qui est photographi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_11876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH595/3.15-293ee.jpg?1546171947' width='500' height='595' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un fantasme dans l'histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le portrait a tr&#232;s vite constitu&#233; le c&#339;ur d'une pratique populaire de la photographie, mais avant m&#234;me d'avoir capt&#233; son premier visage humain, l'image photographique fut pens&#233;e comme &#233;tant plus encore qu'une duplication, un portrait de la chose m&#234;me qui &#233;tait repr&#233;sent&#233;e et plus encore comme un autoportrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie rend possible la croyance en la capture de la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; par l'appareil et en sa &#171; pr&#233;sence &#187; sur l'image &#224; cause de la pr&#233;cision d'une relation math&#233;matique indubitable entre le support et l'espace r&#233;el. Mais c'est aussi dans la mesure o&#249; elle ouvre dans le fonctionnement psychique une dimension nouvelle, que la photographie s'est impos&#233;e comme une grande pourvoyeuse de m&#233;taphores et de fantasmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ouverture &#171; psychique &#187; se produit par un processus singulier. En effet, la dimension narcissique bas&#233;e sur la dimension autopoi&#232;tique suppos&#233;e de la photographie est port&#233;e au cr&#233;dit de l'objet lui-m&#234;me, comme en t&#233;moigne cette phrase de Talbot &#233;voquant sa maison qu'il photographie &#224; l'&#233;t&#233; 1835 : &#171; Et je crois que ce b&#226;timent est le premier qui ait jamais &#233;t&#233; connu pour avoir dessin&#233; sa propre image &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(Henry Fox Talbot, cit&#233; par Fran&#231;ois Brunet, in Naissance de l'id&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette apparente autopo&#239;&#233;sis fait passer une sorte de scalpel entre le &#171; Je analogue &#187; et le &#171; Moi m&#233;taphorique &#187; pour reprendre les termes de Julian Jaynes. Avec cette autopo&#239;&#232;se suppos&#233;e, c'est en fait la possibilit&#233; m&#234;me de la m&#233;taphorisation qui est transform&#233;e par la photographie naissante, dans la mesure o&#249; tout ce qui est vu sur une photographie est suppos&#233; entretenir une relation de type indiciel avec son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations m&#233;taphoriques fonctionnent d&#233;sormais sur un autre plan qui implique la prise en charge du sujet, de l'homme ou de son psychisme, comme s'il &#233;tait con&#231;u sur le m&#234;me mode d'existence que l'objet technique dont l'image serait dot&#233;e par glissements et inf&#233;rences. L'appareil, &#171; oubli&#233; &#187; par le discours faisant croire que l'op&#233;ration photographique se fait par magie, revient comme support d'un processus de m&#233;taphorisation nouveau qu'&#233;voque le jeu d'auto-r&#233;f&#233;rence fourni par la planche VIII, &lt;i&gt;A scene in a library.&lt;/i&gt; L'image montre des rang&#233;es de livres. La l&#233;gende m&#233;rite d'&#234;tre lue int&#233;gralement :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH625/egerie-34da7.jpg?1546171947' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;g&#233;rie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parmi les nombreuses id&#233;es nouvelles que la d&#233;couverte de la photographie a sugg&#233;r&#233;es, il y a l'assez curieuse exp&#233;rience ou sp&#233;culation qui suit. &#192; la v&#233;rit&#233; je ne l'ai jamais tent&#233;e moi-m&#234;me, et je ne sache pas que personne d'autre l'ait tent&#233;e ou propos&#233;e, mais je pense que c'est l&#224; une (id&#233;e) qui, &#224; condition que l'on op&#232;re convenablement, doit r&#233;ussir immanquablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'un rayon de lumi&#232;re solaire est r&#233;fract&#233; par un prisme et projet&#233; sur un &#233;cran, il y forme la tr&#232;s belle bande color&#233;e connue sous le nom de spectre solaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les exp&#233;rimentateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1801, Johann W. Ritter mit en &#233;vidence un rayonnement au-del&#224; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont d&#233;couvert que si ce spectre est projet&#233; sur une feuille de papier sensible, c'est son extr&#233;mit&#233; violette qui produit l'effet le plus important ; et chose vraiment remarquable, un effet semblable est produit par certains rayons invisibles qui se situent au-del&#224; du violet et au-del&#224; des limites du spectre, et dont l'existence ne nous est r&#233;v&#233;l&#233;e que par cette action qu'ils exercent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je proposais donc de s&#233;parer ces rayons invisibles des autres en leur permettant de passer dans une pi&#232;ce attenante gr&#226;ce &#224; une ouverture dans un mur ou un &#233;cran de s&#233;paration. Cette pi&#232;ce se trouverait ainsi remplie (nous ne pouvons pas dire &#233;clair&#233;e) de rayons invisibles, qu'on pourrait diffuser dans toutes les directions &#224; l'aide d'une lentille convexe plac&#233;e derri&#232;re l'ouverture. S'il y avait des personnes dans cette salle, elles ne se verraient pas l'une l'autre ; et pourtant si une chambre photographique &#233;tait plac&#233;e de fa&#231;on &#224; viser en direction de l'une ou l'autre de ces personnes elle en prendrait le portrait et r&#233;v&#233;lerait ses actions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car, pour recourir &#224; une m&#233;taphore que nous avons d&#233;j&#224; employ&#233;e, l'&#339;il de la chambre photographique verrait clairement o&#249; l'&#339;il humain en d&#233;couvrirait rien que t&#233;n&#232;bres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dommage ! H&#233;las que cette sp&#233;culation soit un peu trop raffin&#233;e pour &#234;tre introduite avec profit dans un roman ou un conte moderne ; car quel d&#233;nouement aurions-nous si nous pouvions supposer les secrets de la chambre obscure r&#233;v&#233;l&#233;s par le t&#233;moignage du papier imprim&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henry Fox Talbot, cit&#233; par Fran&#231;ois Brunet, in Naissance de l'id&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_11879 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH622/eunyung-b3efb.jpg?1546171947' width='500' height='622' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La sagesse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'appara&#238;tre des corps dans le recul du regard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce rappel peut sembler &#233;loign&#233; des pr&#233;occupations de Martial Verdier lorsqu'il poursuit, mais d'une mani&#232;re nouvelle, son travail sur les portraits, commenc&#233; il y a longtemps avec la s&#233;rie &lt;i&gt;Les Ambassadeurs&lt;/i&gt;. Il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on pourra au premier regard v&#233;rifier que le travail sur les couleurs se rapproche &#233;trangement de ce qui est d&#233;crit par Talbot. On pourra aussi, par un glissement fantasmatique, tenter d'&#233;tablir une relation entre les personnages potentiels que sont le regard de l'appareil et celui des personnages suppos&#233;s qui prennent place dans la fiction de Talbot. On pourra enfin prendre en compte le ph&#233;nom&#232;ne si peu analys&#233; de cette autopo&#239;&#233;sis fantasm&#233;e &#224; travers ces personnages qui, dans les images de Martial Verdier, semblent &#234;tre comme mis en sc&#232;ne dans une sorte d'absence manifeste &#224; eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'est-ce pas cela qui aurait d&#251; interpeller les penseurs de l'image, cette forme singuli&#232;re d'absentement &#224; soi dans laquelle semblent se trouver les &#234;tres qui apparaissent sur les images ? C'est en tout cas ce d&#233;fi que cherche &#224; relever Martial Verdier en inscrivant ses portraits dans le champ crois&#233; d'une diffraction color&#233;e, d'un redoublement des surfaces comme condition de possibilit&#233; de l'appara&#238;tre des corps et d'une auto-proclamation des regards comme instrument de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH625/fighter-d7c40.jpg?1546171947' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le bagarreur
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le jeux avec les couleurs est rendu possible par un dispositif de prise de vue long et r&#233;p&#233;t&#233;, &#8212; &lt;i&gt;La trichromie vient de ce que je fais trois photos noir et blanc, qu'elles sont prises avec des filtres rouge, vert et bleu, que cette pose prend du temps et surtout qu'il n'y a pas d'instant d&#233;cisif, mais un long moment de contact entre le mod&#232;le et le film/capteur&lt;/i&gt; &#8212; c'est pour que ces couleurs fonctionnent &#224; la fois comme une r&#233;v&#233;lation et comme une dissociation. Ce qui est r&#233;v&#233;l&#233;, c'est en quelque sorte la chair sous la peau comme si les corps, ici, &#233;taient des plantes en train de fleurir. Ce qui est dissoci&#233;, c'est la surface m&#234;me, ce qui nous conduit &#224; voir dans l'image photographique un double empirique de la relation chair/peau et non pas le d&#233;calque d'un suppos&#233; &#171; r&#233;el &#187; ou d'une si &#233;vidente &#171; r&#233;alit&#233; &#187;. Ainsi dissoci&#233;e par les filtres, la lumi&#232;re est r&#233;v&#233;l&#233;e dans sa double fonction, &#234;tre &#224; la fois source de vie et de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH625/jeong_min-d4db1.jpg?1546171947' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le leader
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Repositionn&#233;es les unes par rapport aux autres, les diff&#233;rentes &#233;tapes de la prise de vue offrent une traduction de la vibration lumineuse m&#234;me. Certes, cette vibration peut-&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme &#171; m&#233;taphorique &#187;, mais elle nous fait face gr&#226;ce &#224; la puissance m&#234;me de sa manifestation diffract&#233;e. Ici, la relation peau/chair, traduite en surfaces color&#233;es superpos&#233;es par la vibration lumineuse m&#234;me, exhibe le corps comme un fant&#244;me et non comme une repr&#233;sentation. Ou, comme le dit Martial Verdier lui-m&#234;me, ce corps-image est la traduction d'un temps particulier, l'imparfait : &lt;i&gt;&#171; L'imparfait se loge dans le d&#233;faut et le non fini. De tr&#232;s vielles pellicules au rendu incertain combinent leurs d&#233;fauts. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fait la singularit&#233; de ces images, c'est surtout l'absentement particulier des regards. En effet, chaque visage, &#224; quelques tr&#232;s rares exceptions, est &#224; la fois visible, lisible et en retrait. Ce retrait est d&#251; au recul du regard auquel conduit la pose longue. Les yeux souvent semblent reculer comme s'ils voulaient se perdre dans le visage. La nuit visible au c&#339;ur de l'&#339;il est ici remplac&#233;e par une autre nuit, celle de l'&#233;change impossible du regard, enfoui et enfui qu'il est dans un trait noir vibratile.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH612/nicolene-48685.jpg?1546171948' width='500' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La passionaria
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre effac&#233;s comme dans les images d'Aziz et Cucher par exemple, les regards, ici, sont comme renvoy&#233;s &#224; leur source. Ils semblent nous parler d'un chemin vers une int&#233;riorit&#233; encore inconnue mais possiblement existante et donc &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils soient cor&#233;ens ou russes ou de tout autre pays, ces visages parlent une langue interm&#233;diaire entre celle, lisse et plate de l'&#233;vidence de la reconnaissance et celle, sombre et plomb&#233;e de la disparition. Ils se tiennent l&#224; o&#249; nous &#171; sommes &#187; et les regarder, c'est faire un pas vers nous-m&#234;me, non pas celui ou celle que nous pr&#233;tendons ou croyons &#234;tre, ni celui ou celle que la photographie d'identit&#233; semble vouloir donner de nous, mais vers cet &#234;tre &#224; jamais ind&#233;cis, &#224; jamais baign&#233; d'incertitude, qui vacille dans le visible comme un arc-en-ciel et qui cherche &#224; retrouver dans la nuit le chemin qui l'a conduit au jour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/planche_contact2-shiryavo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH313/planche_contact2-shiryavo-dd2fa.jpg?1546171948' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les figures symboliques d'une exposition
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(Henry Fox Talbot, cit&#233; par Fran&#231;ois Brunet, in &lt;i&gt;Naissance de l'id&#233;e de photographie&lt;/i&gt;, p.136&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 1801, Johann W. Ritter mit en &#233;vidence un rayonnement au-del&#224; de la r&#233;gion visible du spectre, par son action photochimique sur les sels d'argent. ndla&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Fox Talbot, cit&#233; par Fran&#231;ois Brunet, in Naissance de l'id&#233;e de photographie, p143-144&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les figures symboliques des r&#233;volutions seront pr&#233;sent&#233;es &#224; :&lt;br class='autobr' /&gt;
L'EXPO 6e biennale&lt;br class='autobr' /&gt;
vernissage le jeudi 17 janvier 2019 &#224; 19h&lt;br class='autobr' /&gt;
LE QUAI 3 - Centre Culturel Andr&#233; Malraux&lt;br class='autobr' /&gt;
3 et 3bis quai Voltaire 78230 Le Pecq&lt;br class='autobr' /&gt;
avec&lt;br class='autobr' /&gt;
Sandrine BEAUDUN &lt;br class='autobr' /&gt;
Ad&#232;le BESSY &lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;d&#233;ric BLAIMONT &lt;br class='autobr' /&gt;
Philip BODET &lt;br class='autobr' /&gt;
Yoel JIMENEZ &lt;br class='autobr' /&gt;
Darko KARADJITCH &lt;br class='autobr' /&gt;
Tatjana LABOSSI&#200;RE &lt;br class='autobr' /&gt;
PiBee&lt;br class='autobr' /&gt;
Sophie RAMBERT &lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;ronique TESSIER&lt;br class='autobr' /&gt;
Hortense VARILLON &lt;br class='autobr' /&gt;
Martial VERDIER&lt;br class='autobr' /&gt;
Du vendredi 18 janvier au vendredi 1er f&#233;vrier 2019 de 14h &#224; 18h30&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/png/iinvitationbiennale2019.png' width=&#034;600&#034; height=&#034;610&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187; la remise du philosophe</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Heidegger-en-Crimee-la-remise-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Heidegger-en-Crimee-la-remise-du</guid>
		<dc:date>2016-04-26T18:08:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herbert Holl et Kza Han &#54620;&#44221;&#51088;</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>essai </dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C&#233;l&#232;bre en Allemagne, le cin&#233;aste et &#233;crivain Alexander Kluge ne jouit en France que d'une r&#233;putation d'estime. Il fait cependant la Une pour un livre traduit en Fran&#231;ais, La chronique des sentiments, qui para&#238;t aux &#201;ditions P.O.L. Herbert Holl et Kza Han qui ont particip&#233; &#224; la traduction (supervis&#233;e par Vincent Pauval), nous livrent un texte &#171; inactuel &#187; d&#233;cryptant la mani&#232;re dont Kluge fait de Heidegger le p&#233;r&#233;grin de cette figure spiral&#233;e de pens&#233;es, hauts-faits, m&#233;faits, exp&#233;riment&#233;s en tiers inclus spectral dans la trou&#233;e que laissa Hitler, le &#171; tiers invisible &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/essai" rel="tag"&gt;essai &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton872-22c31.jpg?1772247921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C&#233;l&#232;bre en Allemagne, le cin&#233;aste et &#233;crivain Alexander Kluge ne jouit en France que d'une r&#233;putation d'estime. Il fait cependant la Une pour un livre traduit en Fran&#231;ais, La chronique des sentiments, qui para&#238;t aux &#201;ditions P.O.L.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&lt;i&gt;ai&#244;n&lt;/i&gt; de Heidegger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;i&gt;Chronique des sentiments&lt;/i&gt;, Alexander Kluge se per&#231;oit plus que jamais comme le &#171; gardien des ultimes restes de la grammaire, de la grammaire du temps[i] &#187;, guettant, impavide, le moment d'instance du feu, l'&#233;on des parages nautiques. Le &#171; moulin &#224; os &#187; de Verdun va concasser le &#171; Gewesendes &#187; de Heidegger dans &lt;i&gt;Qu'est-ce que penser&lt;/i&gt;, entre &#171; Gewesenes &#187; et &#171; Wesendes &#187;[ii]. Heidegger s'en remettra alors &#224; sa destin&#233;e de Balance sur &#171; flexueuse chaloupe de mer &#187; balanc&#233;e par les eaux[iii], &lt;i&gt;Gew&#228;sser&lt;/i&gt;, en confluence avec Adorno, Benjamin, Horkheimer, Tarkovski, Nietzsche, tout comme pour les &lt;i&gt;Chroniques&lt;/i&gt; &#171; ce sont les eaux qui assurent les communications &#224; travers les &#233;poques. Non pas l'air, non pas le feu &#187;, dit Tarkovski &#224; Kluge dans &#171; Les fontaines des dieux &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 477), confirmant les dimensions hydrog&#233;ologiques de l'&#233;criture klugienne. Dans ces parages, Heidegger restera pourtant &lt;i&gt;l'Expos&#233;, der Ausgesetzte&lt;/i&gt; par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kluge inscrit Heidegger dans un triple &#171; octroi &#187;, &lt;i&gt;Einr&#228;umung&lt;/i&gt;. Il lui attribue d'abord un r&#233;ceptacle, la paroi abdominale d'un espace icono-corporel o&#249; se d&#233;versent le Berlin des Spartakistes de d&#233;cembre 1919 comme le Burg Wildenstein des universitaires allemands r&#233;fugi&#233;s, en avril 1945. Ensuite, il le jette dans le fleuve qui le porte d'H&#233;raclite &#224; H&#246;lderlin, comme s'il s'agissait d'&#233;ons. Enfin, il le laisse naviguer souterrainement parmi tous les &#171; courants de fond de la pens&#233;e &#187;, toutes les nappes phr&#233;atiques des sensoriums[iv]. Kluge l'int&#232;gre &#224; sa n&#233;buleuse des noms propres : &#171; Ces luttes de tendances, ici Luhmann, l&#224; Adorno et Horkheimer, et l&#224;-bas Heidegger, ce sont d'absurdes lignes de front, et nous sommes appel&#233;s, tels des mineurs, &#224; &#233;difier nos b&#226;timents par-dessous tous les fronts, telles des taupes. &#187; Il en va de la &lt;i&gt;destination&lt;/i&gt; du savant &#8211; la science ou la Gr&#232;ce ou la Crim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quels &#233;l&#233;ments sont s&#233;lectionn&#233;s, lesquels sont &#233;cart&#233;s, et comment les lacunes entre les &#233;v&#233;nements sont-elles combl&#233;es ? &#187;, se demande Dirk Baecker dans &#171; Commencement et fin en historiographie[v] &#187;. Si les donn&#233;es &#233;v&#233;nementielles et leurs noms propres mettent toujours en jeu une identit&#233; qui ne sait rien de sa provenance, le Heidegger de Kluge, &#171; figure synth&#233;tique de cristallisation &#187;, garde cependant en remembrance cette provenance primig&#232;ne, &lt;i&gt;Herkunft&lt;/i&gt;. Si les encyclop&#233;dies ne font gu&#232;re aujourd'hui qu'enregistrer, classer &#171; les noms &#224; m&#234;me lesquels on pourrait raconter des histoires &#187;, Kluge fait pourtant de Heidegger, &#224; force de contigu&#239;t&#233; encyclop&#233;dique[vi] l'&#233;metteur et le r&#233;cepteur d'une &#171; digraphie &#187; de ses moments d'histoire et d'une &#171; syngraphie &#187; de ses &#233;poques de pens&#233;e[vii]. Il se produit alors la r&#233;solution de Heidegger au sens photographique du terme, une &#171; d&#233;shistoricisation &#187; de la distinction quotidienne entre commencement et fin[viii].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la somatisation d'un &#171; nom propre trouv&#233; au hasard &#187; est pour Pascal Quignard le c&#339;ur de la fiction[ix], le nom propre de Heidegger, qui ne doit rien au hasard, s'en remet dans la &lt;i&gt;Chronique des sentiments&lt;/i&gt;, par-del&#224; le r&#233;el et le fictionnel, aux hasards de change des situations de crise supr&#234;me. S'il est p&#233;rilleux de pr&#233;lever un nom propre et d'en retracer les figures et parcours &#224; travers les &#171; montages al&#233;atoires &#187; des &lt;i&gt;Chroniques&lt;/i&gt; d'Alexander Kluge, dont le centre est partout et la p&#233;riph&#233;rie nulle part[x], il est possible d'inscrire ce nom de Heidegger, somatis&#233; et d&#233;somatis&#233; &#224; la fois, dans une sorte de spirale que jalonnent, sous le signe de la gravit&#233; du cas des cas, &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt;, quatre parcours, d&#233;crits ici dans l'ordre chronologique de leur parution chez Alexander Kluge pour les trois premiers, sugg&#233;r&#233; pour le quatri&#232;me. D'abord, l'accomplissement d&#233;voy&#233;, depuis Fribourg en Brisgau jusqu'&#224; la Cr&#232;te sous occupation allemande de 1941 &#224; 1945, de la destin&#233;e d'un jeune &#171; savant &#187; et homme d'affaires, Mandorf &#8211; &#171; Die Bestimmung des Gelehrten &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; II, 618-629), sous l'emprise de la comm&#233;moration du plus haut des &lt;i&gt;Ernstf&#228;lle&lt;/i&gt;, en 1933 par le Recteur Heidegger : la mort en 1923 du &#171; r&#233;sistant &#187; Albert Leo Schlageter sous les balles d'un peloton fran&#231;ais d'ex&#233;cution. Rest&#233; &#224; Fribourg, Heidegger le poursuivra pourtant en Cr&#232;te telle une ombre platonicienne port&#233;e. Puis c'est l'&#233;largissement d'un p&#233;riple imaginaire du professeur Heidegger en d&#233;cembre 1941, selon une topologie nouvelle du &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt;, de Fribourg &#224; Simferopol, dans la Crim&#233;e derechef sous occupation allemande, &#224; la suite des groupes mobiles d'intervention assassins, &lt;i&gt;Einsatzgruppen&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 417-434, 503-505). Puis c'est le redoublement, le d&#233;tournement par Kluge, en un &#233;trange &lt;i&gt;cross-mapping&lt;/i&gt; (5.B., 90-95)[ xi] de la croisi&#232;re grecque biographiquement av&#233;r&#233;e de Heidegger en 1962. &#192; cette occasion, la mise &#224; mal infid&#232;lement mim&#233;tique de sa pens&#233;e de la gr&#233;cit&#233; r&#233;sonne &#224; travers tout ce chapitre du &lt;i&gt;F&#252;nftes Buch, Quint Livre&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;5.B.&lt;/i&gt; 69-95) : &#171; Le cours de vie d'une id&#233;e fixe &#187;, avec l'&#233;croulement guerrier de la vision id&#233;ale de l'hell&#233;nisme en 1941 et la crise grecque depuis 2011 en Europe, dans le &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt; g&#233;n&#233;ralis&#233; de contemporan&#233;it&#233;s &#233;loign&#233;es. Enfin, dans &lt;i&gt;Der 30. April 1945. Der Tag, an dem Hitler sich erscho&#223; und die Westbindung der Deutschen begann&lt;/i&gt;, Kluge consacre sa onzi&#232;me s&#233;quence au voyage immobile de Heidegger, fid&#232;lement d&#233;tourn&#233; par-del&#224; les &lt;i&gt;Chroniques des sentiments&lt;/i&gt;, non pas de retour &#224; Fribourg m&#234;me, au c&#339;ur de l'Universit&#233; auto-affirm&#233;e, mais dans la proximit&#233; fugitive, non loin des unit&#233;s fran&#231;aises qui avancent, d'un s&#233;jour pr&#233;caire &#224; Burg Wildenstein, universit&#233; d'urgence et de d&#233;tresse, o&#249; il &#233;lucidera, pour lui-m&#234;me et un auditoire restreint, &#171; Die Armut &#187;, &#171; La pauvret&#233; &#187;, une notation de H&#246;lderlin. De m&#234;me que l'arc-en-ciel surgi des eaux fluviales de la &lt;i&gt;Voie allemande du salut spirituel&lt;/i&gt; d'Anselm Kiefer (1975) s'&#233;lance hors du cadre, de m&#234;me l'ellipse &#233;cras&#233;e du parcours cosmo-topologique de Heidegger telle que nous la retra&#231;ons, de Fribourg &#224; Burg Wildenstein en passant par la Gr&#232;ce, de l'embouchure de l'Ister h&#246;lderlinien en Crim&#233;e aux sources heideggeriennes du Danube &#224; Burg Wildenstein, va se poursuivre par-del&#224; la &lt;i&gt;Chronique des sentiments&lt;/i&gt;[xii]. Kluge fait de Heidegger le p&#233;r&#233;grin de cette figure spiral&#233;e de pens&#233;es, hauts-faits, m&#233;faits, exp&#233;riment&#233;s en tiers inclus spectral dans la trou&#233;e que laissa Hitler, le &#171; tiers invisible &#187;, selon Jean-Pierre Faye[xiii].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH606/2-kluge-w-6fcf0.jpg?1772198277' width='500' height='606' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux p&#233;r&#233;grins du n&#233;ant&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trangement, Kluge asssocie aussi bien dans ses &lt;i&gt;Cours de vie&lt;/i&gt; de 1962 que dans son &lt;i&gt;30. April 1945&lt;/i&gt; de 2014 les noms de Heidegger et d'Albert Leo Schlageter, de 1923 &#224; 1933, de 1933 &#224; 1945. Dans &#171; La destination du savant. Mandorf &#187;, l'universit&#233; de Berlin du temps de sa refondation vers 1810, avec Fichte, Schelling, Humboldt, ostensiblement cit&#233;s, entre en rude collision par-del&#224; les temps avec l'&#171; autoaffirmation de l'universit&#233; allemande &#187; par Heidegger en 1933[xiv]. Mandorf, platonicien entrav&#233; et &#171; national-&#233;conomiste &#187; d&#233;termin&#233;, se retrouve pris en tenaille entre cet id&#233;al humboldtien et le discours de &#171; sa Magnificence &#187; Martin Heidegger en mai 1933 devant le corps universitaire de l'universit&#233; de F. dans toute sa profondeur historique et sa s&#233;dimentation hi&#233;rarchique, dans le morcellement de la Science. &lt;i&gt;Nolens volens&lt;/i&gt;, Heidegger expose le mall&#233;able &#233;tudiant avanc&#233; Mandorf &#224; la duret&#233; h&#233;ro&#239;que, jusque dans l'absolu d&#233;nuement, d'Albert Leo Schlageter, ancien compagnon d'Ernst von Salomon dans les corps-francs de la Baltique et de Haute-Sil&#233;sie, que les forces d'occupation fran&#231;aises fusill&#232;rent le 26 mai 1923 &#224; D&#252;sseldorf pour avoir fait sauter un viaduc dans la Ruhr, &#171; pour sabotage et espionnage &#187;. Des communistes comme Karl Radek, en avaient fait le &#171; martyr du nationalisme allemand &#187;, invitant ses compagnons d'armes &#224; faire volte face ; les nazis l'avaient &#233;rig&#233; en h&#233;ros de la &#171; r&#233;volution national-socialiste &#187;. Dans ce &#171; Cours de vie &#187;, &#171; La destination du savant &#187;, Kluge restitue dans une longue note de bas de page, en v&#233;ritable bifurcation textuelle de montage pseudo-encyclop&#233;dique, la c&#233;l&#233;bration de Schlageter par Heidegger, dont le support manuscrit est perdu &#8211; mais au discours indirect, comme une assertion report&#233;e et r&#233;cit&#233;e par Mandorf[xv]. Sous le signe de la mort, la gravit&#233; de la situation d&#233;esp&#233;r&#233;e, &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt;, se pr&#233;sentifie par anaphores, accumulation et intensification de superlatifs, &#233;latifs de la duret&#233;, de la gravit&#233;, avec invocation du granite natal et de la pure volont&#233;, &#224; insuffler aux &#233;tudiants. En m&#234;me temps, le &#171; national-socialiste de gauche &#187; Heidegger (Alexander Kluge) renforce les effets de son allocution en chantant le d&#233;sarmement sans d&#233;sarroi du jeune officier dans son &#171; exposition existentielle[xvi] &#187;. Mais &#224; l'instar de Mandorf, sous-officier paramilitaire appel&#233; pour sa comp&#233;tence en langues dans une Cr&#232;te criminellement occup&#233;e par les Allemands, qui va se percevoir pourtant comme &#233;ducateur et tuteur d'un peuple dans l'enfance, riches et pauvres, la caract&#233;risation de la &#171; Bestimmung &#187; de l'officier, du savant, et par ricochet celle de Heidegger lui-m&#234;me laissent pressentir que la &#171; destinerrance &#187; de Schlageter ne pourrait que le conduire au n&#233;ant. Schlageter, &#171; der Wanderer ins Nichts &#187; &#8211; &#171; Schlageter le Voyageur du N&#233;ant &#187; (Jean-Pierre Faye), &#171; le p&#232;lerin du n&#233;ant &#187; (Pierre Brou&#233;), ce &#171; p&#233;r&#233;grin dans le n&#233;ant &#187; pour nous, &#171; &lt;i&gt;ins&lt;/i&gt; Nichts &#187;, Heidegger va la d&#233;tourner du discours de Karl Radek, au c&#339;ur de l'occupation poincarienne dans la Ruhr, pour c&#233;l&#233;brer la r&#233;sistance de Schlageter au n&#233;ant, en ces premiers jours de son Rectorat de l'Universit&#233; de Fribourg. Schlageter, Mandorf, &#171; Wanderer ins Nichts &#187;, qui ne sont pas appel&#233;s &#224; cheminer dans un &#171; avenir meilleur pour toute l'humanit&#233; &#187; (Karl Radek).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa note aussi encyclop&#233;dique qu'historique, Kluge le chroniqueur va fondre dans &lt;i&gt;Mandorf. La destination du savant&lt;/i&gt; deux journ&#233;es contrast&#233;es mais apparent&#233;es du recteur nouvellement nomm&#233; : il condense le discours inaugural solennel du 27 mai 1933 &#224; Fribourg devant le corps enseignant en toge et bonnet &#8211; &#171; L'auto-affirmation de l'universit&#233; allemande &#187; &#8211; et les &#171; Paroles en m&#233;moire de Schlageter &#187; prononc&#233;es &#171; librement &#187; la veille sur la place de l'universit&#233;, pendant la pause entre les cours, pour intensifier la ferveur de son auditoire[xvii]. De la sorte, l'invocation du moment crucial, &#171; abarique &#187; au sens klugien du terme, d'un &lt;i&gt;kairos&lt;/i&gt; fugitif en destin&#233;e d'apesanteur de 1923, croise la &#171; th&#233;orie &#187; s&#233;culaire des fastes et des luttes disciplinaires des universitaires. Il en r&#233;sulte la fiction factuelle d'un jour festif aussi intensif qu'extensif. La note paradigmatique qui recycle la duret&#233; de Schlageter est mise en balance avec le syntagme historique avec arr&#234;ts sur les caract&#233;ristiques de Mandorf le mall&#233;able, dont la tendret&#233; rejaillit sur l'ensemble du paradigme d'&lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt; Schlageter-Heidegger. C'est ainsi que la campagne &#233;ducatrice de Mandorf dans la Cr&#232;te d&#233;vast&#233;e l'induira n&#233;anmoins &#224; une &#171; assimilation confusionnelle des Grecs et des Nazis[xviii] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chronique de la main de Heidegger en Crim&#233;e &#8212; &lt;/strong&gt;Dans le chapitre IV du premier volume de la &lt;i&gt;Chronique&lt;/i&gt;, dans l'histoire &#233;ponyme &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187;, le chroniqueur Kluge pr&#233;cipite Heidegger dans le cas de crise majeure, &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt;, l'&#233;tat d'exception d'&#233;criture (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 417-434)[ xix]. La Crim&#233;e expose Heidegger &#224; ce cas des cas oxymorique : alors qu'en Allemagne, Heidegger vit en d&#233;cembre 1941 r&#233;ellement sous une &#171; mince couche de cas des cas &#187;, il va conna&#238;tre fictivement en Crim&#233;e une idylle gorgon&#233;enne qui l'exposera &#224; l'imp&#233;n&#233;trable &lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt;. C'est &#224; la fois le moment fatidique de la bifurcation entre sa connivence avec Ohlendorf, chef de l' &#171; Einsatzgruppe D &#187;, le sinistre groupe mobile d'extermination qui s&#233;vit en Crim&#233;e, et l'instant en m&#234;me temps destinal et al&#233;atoire de la remise d'une enfant ind&#233;cidablement grecque, juive, tzigane entre les mains de Heidegger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se percevant comme spectateur badaudant, Heidegger n'en est pas moins l'acolyte d'un ex&#233;cuteur nazi de haut rang, le r&#233;cipiendaire d'une fille autrement vou&#233;e &#224; la mort &#8211; son souci, sa proie, son butin[xx], le d&#233;couvreur-pilleur, tel un Herbert Jankuhn, de tablettes incrust&#233;es du fragment 62 d'H&#233;raclite dans les ruines du temple d'Art&#233;mis[xxi]. Le voici affubl&#233; d'une aventure d&#233;close sur les bords d'une mer Noire tout aussi close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toile de fond sinistrement arachn&#233;enne, le chroniqueur ourdit la rencontre du savant-cobaye avec le chef du &#171; groupe d'intervention D &#187; du &lt;i&gt;Sicherheitsdienst&lt;/i&gt;, le &#171; camarade de parti &#187; Ohlendorf, sinistre intellect pr&#233;curseur et perp&#233;treur de l'Extermination, que Himmler appelait le &#171; gardien du Graal national-socialiste[xxii] &#187;. Tout comme le Je lyrique de l'&#233;l&#233;gie &#171; La destinerrance &#187;, &lt;i&gt;Die Wanderung&lt;/i&gt; de H&#246;lderlin s'&#233;criait &#171; Quant &#224; moi, je veux aller au Caucase &#187;, &lt;i&gt;Ich aber will dem Kaukosos zu&lt;/i&gt; (v. 25), le groupe d'extermination mobile d'Ohlendorf s'appr&#234;tait &#224; intervenir historiquement, &#171; &#224; destination du Caucase &#187; le 31 juillet 1941, quatre mois avant le voyage fictif de Heidegger vers la Crim&#233;e. L'intervention du groupe d'Ohlendorf devait elle aussi s'achever &#171; avant No&#235;l 1941 &#187; : comme il est de coutume chez Kluge, la veill&#233;e de No&#235;l constitue l'horizon ultime de toute destinerrance[xxiii].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Denker&lt;/i&gt; Heidegger se commet avec Ohlendorf, installateur, ex&#233;cuteur de la strat&#233;gie de l'Extermination, de la tactique des ex&#233;cutions. Impassible, impavide, laconique, le chroniqueur leur rend justice en m&#234;me temps qu'il les saisit par la justice, la &lt;i&gt;dik&#232;&lt;/i&gt; du fragment 28 d'H&#233;raclite, les laissant parler jusqu'au bout[xxiv]. Ainsi Heidegger se fait-il imperturbablement rapporteur du diagnostic exterminateur d'Ohlendorf :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Heidegger :] L'emploi de militaires &#224; des &#8216;fins de dissuasion' est inefficace, je dirais m&#234;me : irr&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet avis &#233;tait partag&#233; par le camarade Ohlendorf, en compagnie duquel je rentrais au quartier. Il n'&#233;tait pas l&#224; en qualit&#233; de participant au deuil, mais comme &lt;i&gt;t&#233;moin expert&lt;/i&gt;. Il lui incombe d'&#233;tudier &#224; fond le probl&#232;me des repr&#233;sailles, de pr&#233;parer une sorte de directive, mais il en vient &#224; conclure que ces ex&#233;cutions plac&#233;es sous le commandement de l'arm&#233;e resteront entach&#233;es de dilettantisme, quelles que soient les objections &#233;crites &#233;mises &#224; leur encontre. En bonne logique, dit-il, il faudrait en op&#233;rer le remplacement par les services de s&#233;curisation plac&#233;s ici sous les ordres du camarade Ohlendorf, une unit&#233; d'&#233;lite constitu&#233;e d'officiers sup&#233;rieurs de police sp&#233;cialement form&#233;s. (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 421)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une ex&#233;cution &lt;i&gt;exacte&lt;/i&gt;, au sens d'Ohlendorf et de Heidegger m&#234;me, celui-ci tombe sur son destin, &lt;i&gt;Geschick&lt;/i&gt;, en l'esp&#232;ce &lt;i&gt;das M&#228;dchen&lt;/i&gt; ind&#233;cidable pour Heidegger, oscillant entre juive, tzigane, grecque, vou&#233;e &#224; la mise &#224; mort prochaine dans une ravine par l'&lt;i&gt;Einsatzgruppe&lt;/i&gt; d'Ohlendorf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel l'officier SS Max Aue dans &lt;i&gt;Les Bienveillantes&lt;/i&gt; de Jonathan Littell, roman paru en 2006, plus de six ans apr&#232;s la r&#233;daction et la parution de &lt;i&gt;Heidegger en Crim&#233;e&lt;/i&gt;[xxv], ce Max Aue qui rencontre Ohlendorf &#224; plusieurs reprises, le philosophe se retrouve devant un autre &#171; voyageur du n&#233;ant &#187;, &#171; &lt;i&gt;friedlos&lt;/i&gt; tel le licanthrope de l'ancien Empire germanique &#187;, en &lt;i&gt;t&#233;moin expert&lt;/i&gt; : &#171; En effet, un assassin reste un spectateur. L'exp&#233;rience, il ne la conna&#238;t que de loin. Elle &#233;tablit en lui une banquise, un lac de glace &#187;, &#233;crit Fran&#231;ois Meyronnis[xxvi].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe, qui croit trouver ici son site &#233;v&#233;nementiel, pense s'installer en colon, &lt;i&gt;sich ansiedeln&lt;/i&gt;, dans la p&#233;ninsule. Tel un Robinson, flanqu&#233; du caporal Freitag, &lt;i&gt;Vendredi&lt;/i&gt;, l'aide-soignant avec lequel la relation deviendra intime, il r&#233;instaurera la culture germano-hell&#232;ne : &#171; Le seul &#224; vouloir rester ici, c'est moi &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 423). Heidegger se racontant &#224; la premi&#232;re personne, mais perfor&#233; par mainte autre perspective narrative, s'expose dans son monologue int&#233;rieur interrompu &#224; la voix neutre qui transperce son corps pensant. En effet, Kluge a incorpor&#233; &#224; ce dispositif de crise &#171; quelque chose comme une rupture de style[xxvii] &#187;. En Crim&#233;e, l'&lt;i&gt;ai&#244;n&lt;/i&gt; du philosophe, qui n'&#233;pousera plus tard le cours de vie de la Gr&#232;ce contemporaine qu'avec r&#233;ticence[xxviii], va se m&#233;tamorphoser : &#171; L'homme vou&#233; &#224; la chose (conquis par sa proie) modifiera de fond en comble l'expression &#8216;cours de vie' &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 430) &#8211; vers les parages &#233;v&#233;nementiels. &#171; Phryg&#233; &#187;, ce &lt;i&gt;Lebewesen&lt;/i&gt;, serait alors, comme chez Pascal Quignard, &#171; une proie qui n'est pas une proie et dont tout le site est la cache[xxix]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le s&#233;parant des paroles d'Ohlendorf rapport&#233;es par Heidegger par la seule limite de paragraphe (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 431, l. 3), le chroniqueur va d&#233;tourner ici en le trouant, le d&#233;naturant pour en donner la quintessence, le dernier paragraphe de la &#171; Repr&#233;sentation m&#233;taphysique de l'espace et du temps &#187;, qui figure dans le cours de Heidegger sur le chant nationel &#171; L'Ister &#187; de H&#246;lderlin, comme s'il &#233;tait transperc&#233; par la l&#233;gende national-socialiste de la &#171; r&#233;installation &#187;, &lt;i&gt;Umsiedlungslegende&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 431)[xxx]. Ainsi na&#238;t une &#171; partition de coupures-liens[xxxi] &#187;, qui expose la le&#231;on de Heidegger au site &#233;v&#233;nementiel de la citation, au point d'intersection d'un montage o&#249; se mesurent les deux images mont&#233;es (le texte de Heidegger est suivi par la version de Kluge) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de Heidegger :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Temps et espace sont le cadre construit en vue de l'ordonnancement calculant dominateur du &#8218;monde' comme nature et histoire. Ce m&#233;trage calculant, d&#233;couvrant, conqu&#233;rant du monde, l'homme moderne l'effectue sur un mode dont le signe distinctif m&#233;taphysique pr&#233;gnant est le machinisme moderne. La fa&#231;on de proc&#233;der spatio-captatrice et chrono-haptique de l'homme moderne ne sert-elle qu'&#224; occuper au sein du Tout de la plan&#232;te une position susceptible d'assurer au temps de vie de cette humanitude l'&#171; espace vital &#187; appropri&#233; pour elle, ou cette mani&#232;re de s'assurer de l'espace et du temps a-t-elle pour plus ample destination d'atteindre derechef de nouvelles possibilit&#233;s d'intervention spatio-captatrice et chrono-haptique et de les intensifier, voil&#224; qui reste en &#233;tat d'ind&#233;cision m&#233;taphysique. Si et comment cette volont&#233; d'ordonnancement plan&#233;taire s'impose &#224; elle-m&#234;me une fronti&#232;re, voil&#224; qui reste en &#233;tat d'ind&#233;cision m&#233;taphysique. Au regard de ce processus qui s'est empar&#233; de toutes les peuplades et toutes les nations, s'il peut sembler &#224; certains moments que l'homme moderne en vienne &#224; n'&#234;tre qu'un simple aventurier plan&#233;taire, en m&#234;me temps un ph&#233;nom&#232;ne tout autre et presque contraire acc&#232;de au premier plan. Les mouvements spatio-captateurs sont en connexion avec l'implantation et la r&#233;implantation. Comme contre-mouvement, s'implanter fait mouvement vers l'attachement &#224; un endroit. Seulement, notre champ de vision est l&#224; aussi trop limit&#233; pour qu'il puisse &#234;tre d&#233;cid&#233;, ou simplement conjectur&#233;, si un bridage de l'&#233;l&#233;ment aventureux implique une accession au chez-soi, ou &#224; tout le moins en soit une condition. (&lt;i&gt;Der Ister&lt;/i&gt;, p. 59) (notre traduction)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version Kluge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Temps et espace sont le cadre construit en vue de l'ordonnancement calculateur, dominateur du monde, &#8216;comme nature et histoire' ; ce&#8230; m&#233;trage du monde, l'homme moderne l'effectue sur un mode dont le signe distinctif m&#233;taphysique [&#8230;] est le machinisme moderne. [&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Si et comment cette volont&#233; d'ordonnancement plan&#233;taire s'impose une fronti&#232;re &#224; elle-m&#234;me, voil&#224; qui reste en &#233;tat d'ind&#233;cision m&#233;taphysique. Au regard de ce processus qui s'est empar&#233; de toutes les peuplades et de toutes les nations, s'il peut sembler &#224; certains moments que l'homme moderne en vienne &#224; n'&#234;tre qu'un simple aventurier plan&#233;taire, en m&#234;me temps un ph&#233;nom&#232;ne tout autre et presque contraire acc&#232;de au premier plan. Les mouvements spatio-captateurs sont en connexion avec l'implantation et la r&#233;implantation. Comme contre-mouvement, s'implanter fait mouvement vers l'attachement &#224; &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; endroit. [&#8230;] &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 431)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se noue plus serr&#233; un &#171; entrelacs &#224; gros n&#339;uds entre le lexique nazi le plus &#233;vident et la langue philosophique de l'ontologie &#187;, comme l'&#233;crit Jean-Pierre Faye dans &lt;i&gt;Le Pi&#232;ge&lt;/i&gt;[xxxii]. La &#171; r&#233;sidence de la destinerrance &#187; et la &#171; destinerrance de la r&#233;sidence &#187;, &#171; Ortschaft der Wanderschaft &#187; et &#171; Wanderschaft der Ortschaft &#187;, l'op&#233;rateur Kluge les assigne &#224; r&#233;sidence par la mise en italiques d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; place. Des sept interventions qui transforment aussi bien le texte cit&#233; que le texte citant, nous n'en retiendrons ici que deux : d'abord, avant &#171; reste en &#233;tat d'ind&#233;cision m&#233;taphysique &#187; s'op&#232;re par la biffure de neuf lignes de texte un lissage peu d&#233;celable des possibilit&#233;s d'&#171; espace vital &#187;, vocable d&#233;sormais national-socialiste, que Heidegger met entre guillemets de distanciation, et des proc&#233;dures de captation de l'espace-temps. Ensuite, la mise en italiques de la place &lt;i&gt;seule et unique&lt;/i&gt; de l'installation et de la d&#233;sinstallation se met en contexture avec l'&lt;i&gt;ici&lt;/i&gt; du lieu des assassinats d'o&#249; parlent Ohlendorf et Heidegger : &#171; Ces ex&#233;cutions, ici, ne sont que des &#233;tudes de cas, dit Ohlendorf, pas encore le cas d&#233;cisif. &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 431). Il revient aux alt&#233;rations, coupures et coutures de Kluge, de resserrer l'intervalle entre la destination de l'esprit du fleuve en pens&#233;e de l'&#171; estre &#187; et la narration en pr&#233;emprise et emprise nazie sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heidegger peut &#224; pr&#233;sent &#234;tre appliqu&#233; avec exactitude sur Ohlendorf et sa pure th&#233;orie de l'extermination, comme le haut-fait sur le m&#233;fait, son &lt;i&gt;De l'&#233;v&#233;nement&lt;/i&gt; sur le &lt;i&gt;compte-rendu d'&#233;v&#233;nements&lt;/i&gt; quotidien du &lt;i&gt;Einsatzgruppe&lt;/i&gt;[xxxiii]. Le contempteur de l'espace public, &lt;i&gt;&#214;ffentlichkeit&lt;/i&gt;, fait observer que l'ex&#233;cution, &lt;i&gt;Exekution&lt;/i&gt;, risque d'&#234;tre sans effet puisqu'elle bifurque en &lt;i&gt;Hinrichtung&lt;/i&gt; &#171; non-publique &#187; dans une ravine &#224; 13 km de Simf&#233;ropol. L'inspecteur-chef Wernicke, un subordonn&#233; d'Ohlendorf, r&#233;plique : &#171; Si, l'effet consiste en ce que le bruit se r&#233;pand. L'invisible fait de l'effet. &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 424). Tout l'arraisonnement &#233;v&#233;nementiel install&#233; par Kluge se r&#233;v&#232;le &#234;tre la m&#233;taphysique sanglante de l'exacte ex&#233;cution (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 425), tandis que Heidegger arrache en 1941 ses mots &#224; son &#171; Pourquoi des po&#232;tes &#187; &#224; survenir en 1946, en renfort d'un Ohlendorf qui pr&#233;tend transmuter le Reich allemand &#8211; par les groupes mobiles d'extermination ? &#171; Aux mortels ils apportent dans le noir de la nuit-monde la trace des dieux enfuis. &#187; (Chro I, 423)[xxxiv]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH547/3-kluge-w-5e708.jpg?1772198277' width='500' height='547' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une s&#233;quence intitul&#233;e &#171; Was ist Denken &#187;, &#171; Qu'est-ce que penser &#187;, non pas, comme dans les le&#231;ons profess&#233;es par Heidegger en 1951/52, &#171; Was hei&#223;t Denken &#187;, &#171; Qu'appelle-t-on penser &#187;, Heidegger en d&#233;sh&#233;rence &#233;voque pourtant ces temps tourment&#233;s o&#249; se densifieraient les &#233;v&#233;nements (I, 419). La Chronique de Kluge ne d&#233;clare-t-elle pas en un vertigineux report d'assertion : &#171; Un vrai philosophe vit dans l'esp&#233;rance d'un de ces moments ; il peut se dispenser du contact avec un exc&#232;s de praxis pour peu qu'un tel &#8216;tourbillon gravitationnel de l'Histoire' le touche directement au moins &lt;i&gt;une fois&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;.) Paradoxalement, cette survenue du &#171; cas des cas &#187; n'est pas celle de la grande guerre, qui n'est encore &#224; ses yeux qu'une &#171; mince strate de GRAVIT&#201; &#187; dans les marges de l'Allemagne, mais son saisissement, &lt;i&gt;&#220;berfall&lt;/i&gt;, par la minuscule main de jeune fille qu'une &#171; femme de petite taille aux yeux sombres &#187; a pos&#233;e dans la sienne (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 425), provoquant un tourbillon des membres ivres de sa pens&#233;e[xxxv] &#8211; &#171; Le destin prend le philosophe par la main &#187;, tel est d'apr&#232;s Kluge le propos de &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187;. &#171; Geschick &#187;, &#171; schicken &#187;, en un double sens an-archique : remise de toute chose en son lieu, d&#233;placement du lieu de toute chose[xxxvi]. Temps et &#234;tre se retirent alors, sous le signe d'une sentence qui pourrait &#234;tre de Carl Schmitt, mais se trouve dans &lt;i&gt;Qu'appelle-t-on penser&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Tenir&lt;/i&gt; signifie originellement &lt;i&gt;tenir sous sa garde. &#187; / &#171; Halten&lt;/i&gt; hei&#223;t urspr&#252;nglich &lt;i&gt;h&#252;ten&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 425)[xxxvii].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Donner : &#171; Un donner qui ne donne que sa donation, mais qui se retient et se retire pourtant, un tel donner, nous le nommons le destiner. &#192; prendre le don en ce sens, l'&#234;tre qu'il y a, est ce qui est destin&#233;. Chacun de ses changements reste destin&#233; de cette fa&#231;on. &#187; [&#8230;] Avoir lieu : &#171; Dans le destiner du lot destinal d'&#234;tre, dans la porrection du temps se montre une d&#233;dicace, une d&#233;volution &#8211; &#224; savoir de l'&#234;tre comme Estancia et du temps comme &lt;i&gt;regio&lt;/i&gt; de l'Ouvert &#8211; en leur propre d&#233;volu. Ce qui les voue tous deux, temps et espace, &#224; leur d&#233;volu, c'est-&#224;-dire &#224; leur coappartenance &#8211; nous le nommons : &lt;i&gt;l'&#233;vent&lt;/i&gt;[xxxviii]. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remise et cette exp&#233;dition ressurgissent et transpercent le corps exp&#233;ditionnaire nazi en Crim&#233;e : &#171; Erde durchragt Welt &#187;, &#8211; &#171; Terre transperce le monde &#187;, saisit le philosophe par la main (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 417)[xxxix].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que le chroniqueur exp&#233;die le philosophe &#224; la source de la philosophie &#8211; l'incr&#233;&#233; de la cr&#233;ature &#8211;, en-de&#231;&#224; de toute philosophie. &#171; La main est une chose &#224; part &#187;, disait Heidegger &#224; Fribourg en 1951/52 dans &lt;i&gt;Qu'appelle-ton penser&lt;/i&gt;[xl]. Il est remis &#224; l'&#233;preuve de cette singularit&#233;. Si la main &#171; est s&#233;par&#233;e de tous les organes de pr&#233;hension &#8211; les pattes, les ongles et les griffes &#8211; infiniment, c'est-&#224;-dire par l'ab&#238;me de son &#234;tre &#187;, cette embuscade tendue par le &lt;i&gt;Geschick&lt;/i&gt;, ce coup de d&#233;s du destin, l'&#233;vent m&#234;me, ce triple lot, &lt;i&gt;Los&lt;/i&gt;, le jettera dans la ravine o&#249; il recevra et offrira, s'offrira et se recevra, mais saisira en m&#234;me temps son butin, son &lt;i&gt;Lebewesen&lt;/i&gt;, affirmera son emprise adamique en lui donnant son nom grec rarissime, Phryg&#233;, fille d'Herakles, le demi-dieu qui chez H&#246;lderlin rebrousse l'Ister[xli]. &#171; Seul un &#234;tre qui parle, c'est-&#224;-dire pense, peut avoir une main et accomplir dans un maniement le travail de la main. &#187; Or, Heidegger ne parle ni ne comprend la langue de Phryg&#233;, mais il n'est plus que signe, &lt;i&gt;deutungslos&lt;/i&gt;, qui montre &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Inqui&#233;tance du temps&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Sur la cime&lt;br class='autobr' /&gt;
de ramure&lt;br class='autobr' /&gt;
s'ouvre la fen&#234;tre &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
tel l'&#233;clair&lt;br class='autobr' /&gt;
se pr&#233;cipite&lt;br class='autobr' /&gt;
l'al&#233;rion&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'abysse &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
hors champ&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;l&#232;ve une voix :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La main s'en va&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'aventure &#187; &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
intempestive :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; de gauche et de droite&lt;br class='autobr' /&gt;
les mains&lt;br class='autobr' /&gt;
de Che Guevara&lt;br class='autobr' /&gt;
coup&#233;es &#224; la hache &#187; &#8211;[xlii]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kza Han&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#171; La gravit&#233; d'un cas, c'est le LIEU DE L'IMPOSSIBLE &#187;, persiste &#224; penser le Heidegger de Kluge (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 427). Dans la Crim&#233;e occup&#233;e par les troupes et les groupes d'intervention national-socialistes, hant&#233;e par les unit&#233;s de partisans, seul un cas de crise majeure sup&#233;rieur &#224; l'&lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt; m&#234;me de la guerre pourrait sauvegarder sa proie, sa prot&#233;g&#233;e, qui en fin de compte sera enlev&#233;e au savant d&#233;sormais impuissant : &#171; Cela il le peut au front, entre amis, et pour le cas o&#249; le front resterait front pour l'&#233;ternit&#233; et qu'&#224; pr&#233;sent ils op&#232;rent une avanc&#233;e commune jusqu'&#224; l'Oural [&#8230;] d&#232;s lors il pourrait prot&#233;ger ce bien. Mais il ne peut le reconduire au pays, car le cas des cas n'y existe pas. [&#8230;] Ce qu'il ressent ici, c'est un manque de cas des cas, une parodie de cas des cas, bien que cela se fasse passer par moments pour la guerre, pour le cas des cas[xliii]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsque le chroniqueur expose Heidegger en une parabole corporelle aux ravines, crevasses et marmites gel&#233;es des monts Jaina, avec tous les tropismes d'un cas de crise mortelle trait&#233; par ces partisans qui s'y abritent, ceux-ci, pourtant dits omnipr&#233;sents, ignorent ironiquement le marcheur solitaire et les motocyclistes qui l'am&#232;nent, conduisant l'&lt;i&gt;Ernstfall&lt;/i&gt; &#224; l'absurde par une &#233;criture klugienne tout aussi partisane et irr&#233;guli&#232;re (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 422), au point de nouage entre narration et concept, &#224; l'instar de Jean-Pierre Faye, &#171; l'effrayante dentelure de roc avec laquelle s'est mesur&#233; le vaisseau de langage conduit par la main Heidegger[xliv]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;nommant &#171; Phryg&#233; &#187; la cr&#233;ature innomm&#233;e, cette &#171; Grecque &#187; qui, pour Heidegger, descendrait d'Iphig&#233;nie, souffrant pourtant d'une vari&#233;t&#233; inconnue de gale (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 429), le philosophe se reconna&#238;t dans une Gr&#232;ce aussi europ&#233;enne qu'asiatique, celle d'Iphig&#233;nie en Aulide et en Tauride, non sans pressentir Cyb&#232;le avide de sacrifices, m&#232;re des dieux et grand-m&#232;re de Phryg&#233;. De la sorte, il entre en r&#233;sonance avec Heiner M&#252;ller, qui inspira &#224; Kluge ce voyage de Heidegger en Crim&#233;e, &#233;voquant Goethe d&#233;couvrant l'Italie : &#171; Ce n'&#233;tait plus Winckelmann, tout &#224; coup la beaut&#233;, c'&#233;tait le gorgon&#233;en, le monstrueux en Sicile[xlv]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La foudre gouverne tout[xlvi] &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; pour Heidegger, ce fragment 64 d'H&#233;raclite, c'est le feu du ciel, mais pour Kluge, la quintessence de la guerre-&#233;clair impuls&#233;e par les &#171; &#233;nergies de gauche &#187;, &#171; linke Energien &#187;. Dans &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187; de Kluge, H&#233;raclite donne en m&#234;me temps le code secret de la post-hisoire de la r&#233;volution conservatrice telle que la d&#233;tournent de concert Heiner M&#252;ller et Alexander Kluge. Ici, Heidegger est pr&#233;cipit&#233; &#224; l'extr&#234;me bord des crimes et d&#233;lits perp&#233;tr&#233;s par la Wehrmacht, les &lt;i&gt;Einsatzgruppen&lt;/i&gt;, ces savants engag&#233;s dans la &lt;i&gt;Kriegswissenschaft&lt;/i&gt;, les scientifiques pilleurs d'&#339;uvres d'art dans les mus&#233;es crim&#233;ens. Tout cela, Kluge le contamine autant qu'il le convertit en pens&#233;e. Ainsi, il s'approprie, en le crochant par une main pr&#233;datrice qui d&#233;ment tout ce qu'il aura dit de la main, en jouissant et l'interpr&#233;tant dans une &#171; cellule de savant &#187; qui n'est pas sans parodier le &#171; Geh&#228;use &#187; de Saint-J&#233;r&#244;me, le fragment 62, &#224; la lumi&#232;re quadrill&#233;e de ses quatre &#171; bougies Hindenburg &#187; en provenance de la premi&#232;re guerre mondiale, au nom du mar&#233;chal qui amena au pouvoir l'ordonnateur de l'envahissement et de l'an&#233;antissement de la Crim&#233;e (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 432). S'ouvre alors, se ferme sur une tablette m&#233;tallique l'ab&#238;me qui s&#233;pare autant qu'il r&#233;unit hommes et dieux : &#171; Immortels mortels / Mortels immortels, / vivant des autres la mort/ mourant des autres la vie[xlvii] &#187; (Chro I, 432). Alors que selon Heidegger en sa cellule, &#171; le mot &#8218;opposition', &lt;i&gt;Gegensatz&lt;/i&gt;, n'appara&#238;t dans aucun texte d'H&#233;raclite &#187;, l'ajointement &#224; contre-boutants du divin et de l'humain, de la vie et de la mort, recouvre la mort que vivent les supplici&#233;s de Simf&#233;ropol, en m&#234;me temps qu'il signe la mort du monstre, &#171; mort de la vie des autres &#187;. Le retour de boomerang &#171; jusqu'au c&#339;ur de l'extr&#234;me aujourd'hui et de ses crises &#187; que provoque selon G&#233;rard Guest H&#233;raclite chez Heidegger, fait volte-face dans &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187; vers Heidegger m&#234;me, voleur d'H&#233;raclite comme Prom&#233;th&#233;e fut voleur de feu divin[xlviii]. &#192; son tour &#171; expropri&#233; &#187; de sa prot&#233;g&#233;e happ&#233;e par un &#171; transport &#187;, Heidegger de Kluge met en jeu &#224; travers le fragment 5, en une incongrue, anachronique critique des idoles chr&#233;tiennes, l'appareillage tot&#233;mique de l'Avent : &#171; Et ils font des pri&#232;res &#224; ces statues comme quelqu'un qui parlerait &#224; des maisons, ne connaissant en rien ce que sont les dieux et les h&#233;ros[xlix]. &#187; Oubliant ici la premi&#232;re partie, sacrificielle, du fragment de Diels-Kranz, le sang qui fait vivre et mourir, Heidegger reprend la comparaison d'H&#233;raclite, constatant que l'int&#233;rieur de ces demeures parodiques &#171; est vide, et l'entretien, absurde[l]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Heidegger ne parvient &#224; emporter en Allemagne ni ses tablettes h&#233;raclit&#233;ennes, ni sa cr&#233;ature jud&#233;o-grecque-tzigane, il aura amen&#233; en Crim&#233;e, selon la suggestion de Heiner M&#252;ller &#224; Alexander Kluge, le fragment strat&#233;gique, chiffre secret du travail contrari&#233; de la guerre-&#233;clair, &#171; geballte Energie von links &#187; qui hante dans la &lt;i&gt;Chronik&lt;/i&gt; I le chapitre de la &lt;i&gt;Description de bataille&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 509-793) : &#171; Or la foudre gouverne tout l'&#233;tant. &#187; (fragment 64). Dans une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e d'Alexander Kluge s'entretenant avec Oskar Negt, sur Adorno, Heidegger et H&#233;raclite l'Obscur, &lt;i&gt;Skoteinos&lt;/i&gt; (1996), une spirale grecque-allemande de mots, de couleurs, de sph&#232;res, court-circuite la guerre avec la foudre &#224; travers ce fragment, y accueillant Parm&#233;nide[li]. Ainsi se concr&#233;tise en sph&#232;res des couleurs la dichotomie que soutient sobrement et fermement Oskar Negt, et que contrecarre subtilement Alexander Kluge, tel un enfant h&#233;raclit&#233;en qui joue : &#171; PARM&#201;NIDE, le philosophe de la persistance et de l'ordre &#187;, &#171; H&#201;RACLITE, le philosophe du mouvement et des ruines &#187;, du tiers inclus &#8211; guerre et vie, l'&#233;clair, un chaosmos de fulgurances (&lt;i&gt;Skoteinos&lt;/i&gt; p. 257, illustration p. 255). Ainsi, le commentaire heideggerien s'&#233;claire du feu de Zeus, quintessence de l'impr&#233;visibilit&#233; des dieux et de leur nature radicalement novatrice et indiff&#233;rente aux humains (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 409), la d&#233;flagration de la flamme : &#171; Comme foudre, le feu traverse en &#233;claireur le tout de sorte qu'en ce qui est &#224; chaque fois pur regard de l'&#339;il, chaque fois le tout s'ajointe dans son ajointure &#187;, disait Heidegger dans son cours de 1942/43 sur H&#233;raclite et le &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;[lii].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &lt;i&gt;ag&#244;n&lt;/i&gt; stichomitique, Negt et Kluge font honneur au &#171; &lt;i&gt;pantha rhei&lt;/i&gt; &#187; h&#233;raclit&#233;en apocryphe, au &#171; fluidifier &#187; authentiquement klugien de l'&#201;ph&#233;sien, qui se serait expos&#233; &#224; l'inqui&#233;tance du temps, &#171; mouvement du concept, c'est-&#224;-dire des d&#233;combres &#187;, comme dans le fragment 124 d'H&#233;raclite : &#171; Des choses jet&#233;es l&#224; au hasard, le plus bel arrangement, ce monde-ci[liii]. &#187; Commentant ce fragment avec Oskar Negt, Alexander Kluge radicalise sa &#171; polarit&#233; qui combine le disparate et l'ordre[liv] &#187;, en &#171; rebut &#187; et &#171; plus beau cosmos &#187; &#8211; ce &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt; que Heidegger appelait &#171; la plus belle des parures &#187;, &#171; das sch&#246;nste Gezierde[lv] &#187;. Ici r&#233;sonneraient chez H&#233;raclite l'Obscur les sons interm&#233;diaires, &lt;i&gt;Zwischent&#246;ne&lt;/i&gt;, le tiers inclus o&#249; la manigance d'une &lt;i&gt;Verschrottung&lt;/i&gt; est proche, ce d&#233;sossement et concassement klugiens[lvi].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jetzt komme, Feuer ! &#187; Au c&#339;ur du dialogue &#171; H&#233;raclite l'Obscur &#187; surgit sur l'&#233;cran, sur la page, une photo noir et blanc, en discordance avec l'&#233;clair jaune sur fond noir &#8211; &#171; Das Seiende im Ganzen aber steuert der Blitz &#187; / &#171; Or le tout de l'&#233;tant, la foudre le conduit[lvii] &#187;. &#192; sa poursuite, l'&#233;v&#233;nement d'inqui&#233;tance du temps transperce l'entretien accord&#233; par Heidegger au Spiegel le 23 septembre 1966 &#224; la maison de la Rotebuck &#224; Fribourg et son postlude dans le chalet de Todtnauberg, &#224; Rudolf Augstein accompagn&#233; de Georg Wolff, r&#233;dacteur au &lt;i&gt;Spiegel&lt;/i&gt;, ancien SS[lviii]. Rudolf Augstein, le &#171; faiseur &#187; des m&#233;dias, et Heidegger, le contempteur de la publicit&#233; et de la sph&#232;re publique &#8211; &#171; &#214;ffentlichkeit ist der Selbstmord der Philosophie &#187; / &#171; L'ouverture au public est le suicide de la philosophie &#187;, avait-il &#233;crit en secret dans les &lt;i&gt;Cahiers Noirs&lt;/i&gt;. Alors se cristallisent chez Negt/Kluge en image dialectique avec les visages min&#233;raux d'H&#233;raclite et de Parm&#233;nide, leurs sph&#232;res-mondes &#8211; &#171; Photo noir et blanc : deux hommes dans un chalet de montagne / &#201;tag&#232;res remplies de livres, une table, en incrustation : Martin Heidegger / Rudolf Augstein &#187;. Au dehors, l'appareil photographique de Digne Meller Marcovicz illumina en un &#233;clair le site. Innomm&#233;e, la sentence de Heidegger r&#233;sonna , &#171; seul un dieu encore peut nous sauver &#187;, sentence non pas issue du four d'H&#233;raclite, mais d'une hutte, d'une biblioth&#232;que, d'une for&#234;t, o&#249; se dresse le &#171; monde de terre transperc&#233; &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 430) :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&#201;cholalie de Todtnauberg&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Jamais&lt;br class='autobr' /&gt;
ne tomba&lt;br class='autobr' /&gt;
ainsi taill&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
un d&#233; d'&#233;toile&lt;br class='autobr' /&gt;
de son socle&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; d'o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
tombait&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; pic &lt;br class='autobr' /&gt;
l'eau de source &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
en bou&#233;e de sauvetage&lt;br class='autobr' /&gt;
sans bruit&lt;br class='autobr' /&gt;
dans l'auge de bois&lt;br class='autobr' /&gt;
ravin&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
se laissant rouler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la main gauche &lt;br class='autobr' /&gt;
un seau d'eau,&lt;br class='autobr' /&gt;
la main droite&lt;br class='autobr' /&gt;
sur le bord de l'auge, &lt;br class='autobr' /&gt;
immobile&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la pouss&#233;e d'herbe&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; ni en avant&lt;br class='autobr' /&gt;
ni en arri&#232;re &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
debout le gaucher&lt;br class='autobr' /&gt;
sort scell&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le champ&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; la clairi&#232;re de brume&lt;br class='autobr' /&gt;
tournant le dos,&lt;br class='autobr' /&gt;
arraisonnant&lt;br class='autobr' /&gt;
le creuset de lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kza Han&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Non loin de Heidegger et de Digne Meller-Marcovicz, Kluge &#233;voquera Marx, Lassalle &#8211; et Negt invoquera ce mouvement ouvrier qui, transper&#231;ant le mythe, reconnaitra le temps-monde de la foudre d'H&#233;raclite. Ainsi se creusera l' &#233;nergie de la guerre &#233;clair : &#171; Das Seiende im Ganzen / aber steuert der Blitz &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/4-kluge-w-68d29.jpg?1509805289' width='500' height='589' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;los, Davos&lt;/strong&gt; &#8211; &#192; la recherche obstin&#233;e du premier commencement h&#233;raclit&#233;en au &#171; pays des dieux enfuis[lix] &#187; (S 12/13), Martin Heidegger finit par accepter durant les jours de la P&#226;ques chr&#233;tienne de 1962, l'ann&#233;e m&#234;me de la parution du &#171; Cours de vie &#187; de Mandorf le platonicien de Cr&#232;te, un don de sa femme Elfride : la croisi&#232;re en Gr&#232;ce &#224; laquelle leur ami Erhart K&#228;stner, qui avait parcouru sous l'&#233;gide de la Wehrmacht la Gr&#232;ce, et notamment la Cr&#232;te occup&#233;e en 1943 pour &#233;crire ses livres, incitait depuis plusieurs ann&#233;es celui que retenait la crainte d'&#234;tre d&#233;&#231;u, &#171; le chemin de pens&#233;e se r&#233;v&#233;lant d&#232;s lors comme une aberration &#187;, sans cependant l'accompagner le jour venu[lx]. En &#171; marque de reconnaissance &#187;, &lt;i&gt;Zeichen des Beschenkten&lt;/i&gt;, Heidegger d&#233;dia &lt;i&gt;S&#233;jours, Aufenthalte&lt;/i&gt;, &#171; &#224; la m&#232;re &#187;, quarante pages d'un r&#233;cit t&#226;tonnant, &#224; la recherche de quelque &lt;i&gt;Stimmung&lt;/i&gt; al&#233;the&#239;que, pour que finissent par se recouvrir la topologie de l'&#234;tre grec avec son &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt; et la topographie &#233;clat&#233;e de la Gr&#232;ce contemporaine avec son industrie du tourisme cosm&#233;tique. &#171; Ce cadeau exigeait son effectuation &#187;, &#233;crit Heidegger, comme une r&#233;miniscence de sa vieille ontologie de la facticit&#233; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 14/15). Un demi-si&#232;cle plus tard, Alexander Kluge ramasse et d&#233;tourne &lt;i&gt;Aufenthalte/S&#233;jours&lt;/i&gt; dans les six pages de son &#171; Nouveau cours de vie &#187; du &lt;i&gt;Quint Livre&lt;/i&gt; de 2012 : &#171; Tr&#232;s loin du Ve si&#232;cle avant J.-Ch.[lxi] &#187;. L'hypertexte klugien conclut cette histoire en lointain, pourtant &#233;troit palimpseste et parodie contre-mim&#233;tique de tout un chapitre consacr&#233; &#224; la Gr&#232;ce en crises, intitul&#233; &#171; Cours de vie d'une id&#233;e fixe &#187; &#8211; en effet, les humains ne sont pas seuls d&#233;tenteurs d'un cours de vie : &#171; [&#8230;] les choses aussi : les v&#234;tements, le travail, les habitudes et les attentes. &#187; Pour Kluge, Heidegger sera une cl&#233; de chiffrement de l'&#233;criture invisible que constitue l'ensemble de ces cours de vie (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt; 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa croisi&#232;re en cabotage sur le &#171; Jugoslavija &#187;, au contexte contemporain innomm&#233;[lxii], sur ce &#171; vaisseau de fer &#187;, &lt;i&gt;Eisenschiff&lt;/i&gt; (Alexander Kluge), sans feu ni lieu, conduisit Heidegger de Venise &#224; Ithaque, puis en Cr&#232;te et &#224; Rhodes, avec retour par les Cyclades, de la mer &#201;g&#233;e &#224; Ath&#232;nes par D&#233;los, le cap Sounion, enfin Delphes et Venise, le p&#233;riple refermant sa boucle au c&#339;ur de la grande spirale primig&#232;ne de la destinerrance heideggerienne. Invoquant d'embl&#233;e, puis paraphrasant longuement la quatri&#232;me strophe de l'&#233;l&#233;gie h&#246;lderlinienne &#171; Pain et Vin &#187; avec ses instantes anaphores du &lt;i&gt;wo&lt;/i&gt;, de l' &#171; o&#249; donc &#187;, Heidegger tente de d&#233;gager au forceps de son propre questionnement le &#171; grand destin &#187; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 8/9), le &#171; Geschick &#187; d'un trajet pr&#233;d&#233;termin&#233; par l'organisateur de la croisi&#232;re. D&#232;s l'embarquement &#224; Venise en un dimanche des Rameaux liturgiquement d&#233;sert&#233;, cette croisi&#232;re sera travers&#233;e par &#171; l'&#233;norme puissance et par la sophistication des postes de commande en lesquels se ramifie l'arraisonnement &#187; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 20/21)[lxiii]. L'invocation heideggerienne d'une telle destin&#233;e en fuite permanente aura lieu sous le signe de l'&lt;i&gt;ethos&lt;/i&gt;, le s&#233;jour, du &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt;, l'&#233;clat du monde, de l'&lt;i&gt;aletheia&lt;/i&gt;, le c&#232;lement d&#233;celant. Telle la destinerrance de H&#246;lderlin jusque dans le Caucase sans jamais aller ni en Italie ni en Gr&#232;ce, la prescience goeth&#233;enne de la Gr&#232;ce asiatique &#224; l'extr&#234;me pointe de la Sicile, et peut-&#234;tre les quatre savants et cosmonautes historiocides des &lt;i&gt;Processus d'apprentissage &#224; issue mortelle&lt;/i&gt; de Kluge, qui prennent possession des plan&#232;tes de la voie lact&#233;e par le seul fait de passer au loin, Heidegger quittera le navire le moins possible, se confiant &#224; son regard int&#233;rieur et son pouvoir imaginal, lisant longuement H&#233;raclite et son fragment 90, avec ses &#171; dits &#224; lointaine port&#233;e &#187;, &#171; fernhintreffenden Spr&#252;che &#187; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 8/9, trad. l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e), tandis que ses compagnons de croisi&#232;re visitent Rhodes et reviennent enthousiastes de l'&#238;le dont il aura manqu&#233; l'Acropole (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 46/47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;mutos&lt;/i&gt; longuement pr&#233;m&#233;dit&#233; d'une topologie de l'estre, &lt;i&gt;Seyns&lt;/i&gt;, et d'une rh&#233;torique de l'&#233;tant, Kluge le subvertit par la disposition monadique de l'espace narratif. Le &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt; heideggerien des quarante pages est aspir&#233; sur cinq pages par le &lt;i&gt;bathos&lt;/i&gt; klugien. Philippe-Joseph Salazar &#233;claire le po&#232;me topographique de Heidegger, qui entrecroise les r&#233;gions c&#233;lestes : certes, le &#171; Jugoslavija &#187; croise du couchant au levant, mais le r&#233;cit de Heidegger qualifie d'oriental tout ce qui renvoie au tropisme technique occidental[lxiv]. C'est un sobre feu c&#233;leste hell&#233;nique-asiatique qui va faire fondre ce dispositif chez Kluge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du dimanche des Rameaux galvaud&#233; de Venise &#224; la P&#226;ques de D&#233;los, Heidegger commence par croiser dans &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt; la chr&#233;tient&#233; de Byzance &#224; Ithaque, avec son pope, au lieu de la gr&#233;cit&#233; esp&#233;r&#233;e, l'&#233;l&#233;ment &#171; asiatique &#187; prononc&#233; de Corinthe avec Myc&#232;ne provoque &#171; une r&#233;action de d&#233;fense, &lt;i&gt;Abwehr&lt;/i&gt;, &#224; l'&#233;gard du monde pr&#233;hell&#233;nique &#187; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 32/33). Du monde labyrinthique de Cr&#232;te, Cnossos en son &#234;tre &#233;gyptien-oriental, &#233;manait pour lui une infamiliarit&#233; redoubl&#233;e sous le signe omnipr&#233;sent de la bipenne (S 38/39). Quant &#224; Kluge, il aiguise d'embl&#233;e cette acuit&#233; visuelle de Heidegger en croisi&#232;re, le projetant tr&#232;s en-de&#231;&#224;, au-del&#224; du Ve si&#232;cle avant J.-Chr. Il retire &#224; Heidegger son propre retrait de l'Asiatique, ex&#233;cutant l'effectuation oscillante du voyage heideggerien, comme on ex&#233;cute un jugement, il jette l'ancre dans la clairi&#232;re de la &#171; trouvaille &#187; heideggerienne, le &#171; Fund &#187; de l'&#233;l&#233;gie de H&#246;lderlin &lt;i&gt;Heimkunft&lt;/i&gt;, qui chez Heidegger en Crim&#233;e n'est que rapine (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 426), l'hybride du d&#233;sabritement. Quand Heidegger commence par douter, notamment devant Ithaque, que l'exp&#233;rience du commencement grec puisse jamais nous &#234;tre accord&#233;e (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 18/19), Kluge surexpose Heidegger &#224; une question autrement plus radicale : &#171; Peut-&#234;tre que tout mythe n'a jamais relev&#233; que du mot, non du terrain &#187;. (&lt;i&gt;5.B.&lt;/i&gt; 91). Serait-ce quelque centaure au corps heideggerien, &#224; la t&#234;te klugienne, puisque Kluge lui-m&#234;me dit dans un entretien avec Romain Leick : &#171; L'Arcadie est une utopie perdue, le mythe n'est que mot, non pas lieu[lxv] &#187;. C'est l&#224; son diagnostic narratif d'une perte du &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; et de sa puissance performative dans un lieu &lt;i&gt;alogos&lt;/i&gt;, le site heideggerien, h&#246;lderlinien, le &lt;i&gt;p&#232;d&#237;on t&#275;s al&#233;t&#232;ias&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;S 52/53&lt;/i&gt;), champ du d&#233;sabritement, &lt;i&gt;Gefild der Unverborgenheit&lt;/i&gt;, arraisonn&#233; par le &lt;i&gt;Gel&#228;nde de la techn&#232;, le Gew&#228;sser de la physis&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&#381;uvys&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Vers la ramure stellaire&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;levant par del&#224; le rayon&lt;br class='autobr' /&gt;
le soleil couchant&lt;br class='autobr' /&gt;
vers la baleine abyssale&lt;br class='autobr' /&gt;
se laissant choir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kza Han&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ithaque, la Cr&#232;te, D&#233;los : trois &lt;i&gt;Aufenthalte&lt;/i&gt; d'intensit&#233; hell&#233;nique croissante chez Heidegger, trois &lt;i&gt;Gel&#228;nde&lt;/i&gt; d&#233;sert&#233;s par les dieux chez Kluge. Sur des vers choisis de &#171; Pain et Vin &#187; de H&#246;lderlin, des anaphores de questions purement &#233;l&#233;giaques sur le lieu po&#233;tique, &#171; &lt;strong&gt;wo&lt;/strong&gt; die Tempel &#8230; &#187; donnent la basse continue aux voix de dessus, Euripide, Pindare, H&#233;raclite&#8230; Cependant, le Heidegger de Kluge reconstruit en contrepoint l'&#233;l&#233;ment hymnique de &#171; Pain et Vin &#187;, en sourdine &#233;l&#233;giaque chez Heidegger m&#234;me : &#171; Bienheureuse Gr&#232;ce ! &#244; toi maison des c&#233;lestes tous / le sol est toute mer ! et tables les monts / [&#8230;] De vrai (&#8230;) jadis &#233;difi&#233;s ! &#187; (4e strophe, &lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 90)[lxvi]. O&#249; les &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt; de Heidegger d&#233;plorent avec H&#246;lderlin la perte et la fuite des dieux[lxvii], &#171; Tr&#232;s loin du Ve si&#232;cle avant J.-Chr. &#187; donne la &lt;i&gt;par&#244;dia&lt;/i&gt;, la parodie klugienne n&#233;e de la rhapsodie heideggerienne[lxviii] : temps et &#234;tre klugien &#233;pousant p&#233;rilleusement l'&#234;tre et le temps heideggerien, par l'exact contre-chant &#233;loign&#233; d'un chant h&#246;lderlinien aussi enthousiaste que sobre, non exempt d'asp&#233;rit&#233;s, effleurant le ton grec fondamental selon H&#246;lderlin, le feu du ciel nourri de l'&#233;l&#233;ment asiatique : &#171; La nuit survient / Gorg&#233;e d'&#233;toiles /et certes peu soucieuse de nous. &#187; (&#171; Pain et Vin &#187;, 1e str., v. 15 sq., &lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 90) &#8211; &#171; Au tr&#233;fonds bouleversant parvient ainsi / Du haut de l'ombre parmi les hommes leur jour. &#187; (&#171; Pain et Vin &#187;, 4e str., v. 71 sq., 5.B. 92) &#8211; &#171; Et dans la nuit glaciale / se querellent les ouragans seuls. &#187; (&#171; &#192; Diotima &#187;, v. 6, 5.B. 94).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, d&#232;s &lt;i&gt;Le raid a&#233;rien sur Halberstadt le 8 avril 1945&lt;/i&gt; (1977), le bombardement qui d&#233;truisit la ville natale d'Alexander Kluge, un tel &#233;v&#233;nement ne pouvait plus se tourner, pour l'institutrice Gerda Baethe et sa strat&#233;gie d'en bas embryonnaire, vers l'&#233;vent, &lt;i&gt;Ereignis&lt;/i&gt;, pour retourner &#171; Sein und Zeit &#187; en &#171; Zeit und Sein &#187;, face &#224; la strat&#233;gie d'en haut d'un &#171; syst&#232;me conceptuel, un &#233;difice d'id&#233;es voil&#233;es de fer blanc[lxix] &#187;. C'est d&#232;s 1928 qu'elle avait manqu&#233; de saisir le &lt;i&gt;kair&#243;s&lt;/i&gt; par les cheveux, selon le narrateur de &lt;i&gt;L'inqui&#233;tance du temps&lt;/i&gt;, lorsque lisant et commentant collectivement &lt;i&gt;Sein und Zeit&lt;/i&gt; de Heidegger (1927), elle avait &#233;chou&#233; &#224; mettre l'&#234;tre pr&#233;cursif du &lt;i&gt;Dasein&lt;/i&gt; en tant que pouvoir-&#234;tre aussi factuel qu'existentiel &#8211; la r&#233;solution, &lt;i&gt;Entschlossenheit&lt;/i&gt;, d'une strat&#233;gie d'en-haut &#8211; en conjonction avec le temps-monde, le cours de vie des dizaines de milliers d'enseignants r&#233;solus &#224; mettre en &#339;uvre une strat&#233;gie d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La br&#232;ve s&#233;quence &#233;ponyme du chapitre &#171; Le cours de vie d'une id&#233;e fixe &#187; du &lt;i&gt;Quint Livre&lt;/i&gt; de Kluge consid&#232;re de pr&#232;s le &#171; mot d'ordre &#187; goeth&#233;en, inscrit en majuscules, &#171; DAS LAND DER GRIECHEN MIT DER SEELE SUCHEND &#187;, et l'&#233;pingle dans le texte tel un papillon qui vous regarde de loin. Aussi funeste pour la &#171; Gr&#232;ce Allemande &#187; que pour le &#171; Gothenland &#187; de Crim&#233;e, l'ann&#233;e 1941 est plac&#233;e sous le signe philologique d'un directeur d'&#233;tudes grecques et colonel commandant la place de Th&#232;bes, le Dr Erich von Lerchenberg-Winnigerode, selon lequel ce n'est pas le nouvel &#201;tat grec du XIXe si&#232;cle qui refl&#233;ta la lumi&#232;re de l'antique pays grec, mais bien son appropriation par &#171; la philosophie classique allemande, les d&#233;cors de Schinkel, le cachet architectural de la capitale, Berlin, au XIXe si&#232;cle, les pi&#232;ces ma&#238;tresses des mus&#233;es anglais &#187; (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt; p. 71). Au cap Sounion, dont le temple &#224; la dure blancheur &#171; renvoie avec agressivit&#233; le soleil en &#233;cho &#187;, le temps de &#171; Heidegger et ses camarades &#187; fait &#233;cho au temps des d&#233;tachements radio allemands, les &#171; camarades &#187; du temps de l'occupation, dilatant l'espace jusqu'en M&#233;sopotamie par leurs communications enfi&#233;vr&#233;es, enfin celui des h&#233;ros de l'Antiquit&#233;, par la gr&#226;ce et la &#171; logique des probabilit&#233;s suffisantes &#187; d'une eau de baignade commune et de l'abrupt soleil grec au z&#233;nith (5.B, 94). De m&#234;me, le Heidegger de Kluge, ce &#171; chasseur de mots &#187;, suppl&#233;e le Heidegger des &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt; lorsqu'il &#233;voque, comme si de rien n'&#233;tait, l'ann&#233;e d'occupation 1941, et l'improbabilit&#233; de la trouvaille, du &#171; Fund &#187; h&#246;lderlinien[lxx] : &#171; J'en aurais eu vent d&#232;s 1941 par des amis du Haut Commandement l&#224;-bas &#187; (5.B. 90). &#171; D'amers en amers[lxxi] &#187;, sa croisi&#232;re est survol&#233;e dans le lointain, &#224; quelques pages de distance dans le &lt;i&gt;Quint Livre&lt;/i&gt;, par le &#171; regard allemand sur la victoire finale &#187; en 1941 (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 78), avec cette Cr&#232;te qui tient ensemble un vaste &#233;ventail de chasseurs Junkers en s&#233;jour guerrier sur l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;77&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/herbert-holl.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH311/herbert-holl-fdc9d.jpg?1772198277' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Abb. : Der deutsche Blick zum Endsieg geht 1941 von griechischem Boden aus.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son cours sur H&#233;raclite, Heidegger traduit l'&lt;i&gt;&#275;thos&lt;/i&gt; du fragment 78 par &lt;i&gt;Aufenthalt&lt;/i&gt;, &#171; s&#233;jour &#187;, dans le sens d'une &#171; habitation au c&#339;ur de l'&#234;tre &#187;, non par &#171; caract&#232;re &#187;, comme le font en fran&#231;ais Bollack-Wismann ou Marcel Conche[lxxii]. D&#232;s lors, &lt;i&gt;gnom&#232;&lt;/i&gt; ne serait pas &#171; connaissance &#187; ou &#171; raison &#187;, mais &#171; pr&#233;-m&#233;ditation &#187; ou &#171; conseil &#187; : &#171; Le caract&#232;re de l'homme, de ne pas tenir les intentions, du dieu de les tenir[lxxiii]. &#187; C'est quelque &#171; dynamique des hauts et des bas &#187; qui animerait d&#232;s lors Heidegger d'une intention inattendue, en apparence peu heideggerienne. En effet, le travail sur le &lt;i&gt;s&#233;jour&lt;/i&gt; de ce p&#233;riple, &lt;i&gt;&#275;thos&lt;/i&gt;, am&#232;ne le chroniqueur &#224; pr&#234;ter &#224; l'auteur de la &lt;i&gt;Lettre sur l'humanisme&lt;/i&gt;, avec sa destruction de l'&#233;thique, le projet incongru, qu'il oubliera d&#232;s son retour en Allemagne, d'une th&#233;orie de l'&#233;thicit&#233;, &#171; THEORIE DER SITTLICHKEIT &#187;, comme en &#233;cho &#224; la &lt;i&gt;M&#233;taphysique des m&#339;urs&lt;/i&gt; kantienne, aux &lt;i&gt;Doctrines &#233;thiques&lt;/i&gt; de Fichte ou au &lt;i&gt;Syst&#232;me de l'&#233;thicit&#233;&lt;/i&gt; inachev&#233; du Hegel d'I&#233;na, voire l'&#233;thicit&#233; de l'&#233;thos, &lt;i&gt;Sittlichkeit der Sitte&lt;/i&gt; nietzsch&#233;enne&#8230; Comme si l'&lt;i&gt;&#275;thos&lt;/i&gt; h&#233;ta&#239;rique et ses Myst&#232;res, l'indiff&#233;rence divine et ses automates (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 409)[lxxiv], le dialogue des morts d'Adorno avec Heidegger laissaient paradoxalement entrevoir au Heidegger klugien la possibilit&#233; d'une archi-&#233;thique &#224; la lueur trouble de l'arraisonnement technico-touristique du site grec (5.B., 93)[lxxv].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Kluge provoque-t-il chez Heidegger une catastrophe des yeux de l'esprit, d&#232;s lors qu'une &#171; omission &#187; permet &#224; l'omis de sauter aux yeux, comme sur un n&#233;gatif photographique. L'hypertexte klugien jette tout le lest de l'hypotexte heideggerien, de la gr&#233;cisation de la Gr&#232;ce, en commen&#231;ant par alourdir Heidegger, le lecteur, le citateur, le r&#233;citant passionn&#233;, de mati&#232;res cueillies, recueillies, d&#233;rob&#233;es : deux caisses de livres devant la Cr&#232;te, &#171; avec vue sur la baie d'Heraklion &#187;, puis des pierres en guise de fragments antiques dans le labyrinthe de Minos &#224; Cnossos. Cette lev&#233;e, cet all&#232;gement et soulagement que Heidegger recherche avec plus d'acharnement que de d&#233;laissement au fil de sa croisi&#232;re, Kluge les lui accorde lors du passage d'Ithaque, dont Ulysse est absent, au golfe de Corinthe sur le vapeur m&#233;tallique, par la contre-vision d'un &#171; svelte bateau en bois &#187;, ses voiles battant au vent, dont le pilote aurait &#171; pass&#233; tout son temps de vie &#224; affronter Pos&#233;idon en combat singulier. &#187; Il offre alors au philosophe une bien-aim&#233;e vision h&#246;lderlinienne : &#171; Dans l'&#339;il du marin &#8216;cingle le nordet', lit-on chez H&#246;lderlin. &#187; &#8211; &#171; Quand nous lisons chez Hom&#232;re : &#8216;Il souffle, cinglant, l'&#339;il tel le nordet', c'est difficile &#224; filmer, car c'est bien l'&#339;il qui souffle, non le vent &#187;, &#233;crit Kluge dans les &#171; Fontaines des dieux &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I 477), en pr&#233;sence d'Andre&#239; Tarkovski[lxxvi]. Exemplaire des &#171; Nouvelles histoires &#187; klugiennes, &#171; Tr&#232;s loin du Ve si&#232;cle av. J.-Chr. &#187; ne serait-il pas tel ce navire de bois cinglant vers le large, appel&#233; &#224; all&#233;ger Heidegger et les autres de leurs coffres de pens&#233;es (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;., 90) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la Cr&#232;te, l'&#233;trang&#232;re &#224; sa vision de la Gr&#232;ce, Heidegger tente d&#233;j&#224; dans &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt; d'interpr&#233;ter &#171; le tout autre scintillement du sommet enneig&#233; de l'Ida &#187; comme faisant signe vers un centre de gravit&#233; de cet apparent &#233;parpillement des &#238;les grecques, les Cyclades (S 40/41), les larmes dans les &#171; yeux du monde miraculeux &#187;, &lt;i&gt;Augen der Wunderwelt&lt;/i&gt;, du chant nocturne de H&#246;lderlin en 1805 &#8211; &#171; Thr&#228;nen &#187;, avec D&#233;los, &#171; le discret, le menu milieu de la couronne d'&#238;les &#187;, (S 50/51). Mais ce n'est qu'&#224; la fin de sa croisi&#232;re, en quittant Delphes, que Heidegger &#233;prouva pleinement cette &lt;i&gt;e&#250;kuklos spha&#237;r&#232;&lt;/i&gt;, la m&#233;tamorphose de l'antique Gr&#232;ce en &#171; une seule &#238;le ferm&#233;e aux autres mondes connus et inconnus [&#8230;] blottie en l'insularit&#233; qui est la sienne &#187; (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 82/83 sq.). Ainsi s'ouvrirait pour lui la contexture de la fin et du commencement, le s&#233;jour clos sur terre et le &#171; s&#233;jour des dieux enfuis s'ouvrant &#224; la m&#233;moire &#187;, la confiance recouvr&#233;e en Hellas se nourrissant de la derni&#232;re strophe du &#171; Chant de l'Allemand &#187; de H&#246;lderlin et de la vision d'antiques dauphins accompagnant quelque temps le vaisseau de fer (S 82/83). Mais comme pour op&#233;rer une catastrophe &#233;l&#233;mentaire, la derni&#232;re s&#233;quence de la br&#232;ve chronique klugienne change ce &lt;i&gt;k&#250;klos&lt;/i&gt; &#224; la construction laborieuse, &#224; la compacit&#233; douteuse, cette pl&#233;nitude invoqu&#233;e, en inanit&#233;, lacunairement combl&#233;e par les &#238;les : &#171; [De fait, la Gr&#232;ce est un espace singuli&#232;rement sans terre, pour ainsi dire &#8216;vide', que les &#238;les diss&#233;min&#233;es ne remplissent que d'une mani&#232;re litt&#233;ralement &#8216;sporadique'] &#187; (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;., 95, en caract&#232;res gras dans l'original). D&#232;s D&#233;los, &#224; la recherche d'une antique trace, le d&#233;chirement insulaire de la Gr&#232;ce projette Heidegger dans un avenir p&#233;rilleux, le &lt;i&gt;Jetztzeit&lt;/i&gt; m&#234;me de la Gr&#232;ce : &#171; Ce territoire de son voyage &#233;tait une base de missiles d'o&#249; s'&#233;lan&#231;ait une extr&#234;me dangerosit&#233;. &#187; (&lt;i&gt;5.B.&lt;/i&gt; 93) Tels sont les premiers vers de l'hymne inachev&#233; de H&#246;lderlin &#171; L'Unique &#187;, que Heidegger cite depuis l'Allemagne, chantant ce lien qui chez Kluge le ligote, &lt;i&gt;fesselt&lt;/i&gt; : &#171; Qu'est-ce qui aux / Antiques bienheureux rivages / M'attache, que plus encore je / Les aime / Que ma patrie &#187; (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 95).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d&#233;ceptif de pr&#233;paration &#224; une Ath&#232;nes qui &#171; alors d&#233;j&#224; n'avait rien accueilli d'H&#233;raclite en son sein &#187; fait basculer chez Kluge l'enthousiasme heideggerien d'une construction du divin et de son retrait, tout en infusant dans la parodie, chemins &#224; la fois se recouvrant et radicalement autres, le &lt;i&gt;Geschick&lt;/i&gt; de la Gr&#232;ce, ses &#171; tumultes et passions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, ce fut D&#233;los, &#171; la manifeste, qui d&#233;c&#232;le sans recel &#187; (&lt;i&gt;S 48/49&lt;/i&gt;, traduction modifi&#233;e), l'occasion pour Heidegger d'un infini &#171; coup de sonde dans Al&#233;th&#233;ia &#187; qui c&#232;le, d&#233;c&#232;le le myst&#232;re bri&#232;vement &#233;voqu&#233; des jumeaux Apollon et Art&#233;mis[lxxvii] (&lt;i&gt;S&lt;/i&gt; 48/56). Mais condensant l'Al&#233;th&#233;ia dans les termes m&#234;mes de Heidegger, d&#233;gageant cette &#171; v&#233;rit&#233; &#187; des strates interpr&#233;tatives composites qui l'&#233;cras&#232;rent, &#171; imitant &#187; Heidegger en cela, Kluge va le faire s&#233;journer aupr&#232;s des jumeaux, &lt;i&gt;Geschwisterpaar&lt;/i&gt;, non sans avoir mentionn&#233; &#171; platement &#187; le plat rivage de l'&#238;le baign&#233; d'une brume, comme pour d&#233;senchanter l'hypertexte hymnique de l'Al&#233;th&#233;ia en une paradoxale potenciation (5.B. 92). En effet, le Heidegger de Kluge va d&#233;nier &#224; la diff&#233;rence sexuelle des deux divinit&#233;s, pr&#233;cairement conserv&#233;e chez le Heidegger des &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt;, tout droit sur Apollon et Art&#233;mis : &#171; On s'aper&#231;oit alors qu'ils sont fr&#232;res, et non pas dieu et d&#233;esse. &#187; (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 92) On rejoint ici la transsexualit&#233; de la &#171; Phryg&#233; &#187; du philosophe en Crim&#233;e, sa parent&#233; d&#233;ni&#233;e avec le &lt;i&gt;Page de Gustave-Adolphe&lt;/i&gt;, la nouvelle de Conrad Ferdinand Meyer. Sans pour autant androgyniser Apollon et Art&#233;mis, Kluge invoque la neutralit&#233;, l'asexuation d'une libre &#171; estance &#187; divine, telle qu'en 1928 Heidegger la revendiquait lui-m&#234;me pour la neutralit&#233; ontologique du l&#224;-&#234;tre, en-de&#231;&#224; de tout concept g&#233;n&#233;rique, cette &#171; LIBERT&#201; DES DIEUX, qui consiste en ce qu'ils r&#233;pliquent &#224; toutes les s&#233;parations que g&#232;re l'humanit&#233; par leur D&#201;SOB&#201;ISSANCE G&#201;N&#201;RALIS&#201;E &#187; (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;.) De m&#234;me qu'il abolit la diff&#233;rence sexuelle divine en &#171; fraternisant &#187; Art&#233;mis et Apollon en-de&#231;&#224; de l'&#234;tre et du para&#238;tre, le Heidegger de Kluge envisage froidement de &#171; liquider la diff&#233;rence entre l'homme et la femme &#187;, faisant du fard d'un cosmos d&#233;voy&#233; la condition a priori du temps et de l'espace du &lt;i&gt;Geschlecht&lt;/i&gt;, la frappe d'un lignage, en un inqui&#233;tant rebroussement (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec le m&#234;me sang froid ign&#233; qu'&#224; Davos Heidegger avait affront&#233; en 1929, selon le chroniqueur, le n&#233;o-kantien et goeth&#233;en humaniste Ernst Cassirer lors de leur c&#233;l&#232;bre &#171; dispute &#187;, &#224; partir des deux &#233;crasantes colonnes &#171; asiatiques &#187; aper&#231;ues par Goethe m&#234;me lors de son voyage en Sicile le 23 mars 1787, r&#233;percut&#233;es par Heiner M&#252;ller s'entretenant avec Alexander Kluge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et c'est alors qu'il a subitement d&#233;couvert le gorgon&#233;en, l'&#233;l&#233;ment asiatique en fait, tout comme H&#246;lderlin aura ult&#233;rieurement d&#233;couvert l'&#233;l&#233;ment &#233;gyptien dans l'hell&#233;nique chez Sophocle, lors de ses traductions. Et il se peut bien que ce soit aussi une d&#233;couverte de Heidegger, l'asiatique dans l'antiquit&#233;[lxxviii].&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redress&#233;es par Heidegger, ces colonnes &#233;crasaient ce que la pens&#233;e de Cassirer avait &#224; ses yeux de fr&#234;le, de &#171; filigrane &#187;. Impassible, le chroniqueur remet Heidegger &#224; un discours indirect libre et sans entraves assumant ce haut fait brutal, ce &#171; m&#233;fait &#187;, qui n'inspire &#224; l'auteur nul &lt;i&gt;Leid&lt;/i&gt;, regret. Alors devient &lt;i&gt;criante&lt;/i&gt; la victoire auto-proclam&#233;e, rapport&#233;e &#224; la premi&#232;re personne du pluriel, de l'auteur de &lt;i&gt;Kant et la question de la m&#233;taphysique&lt;/i&gt; et d'&lt;i&gt;&#202;tre et temps&lt;/i&gt; sur le penseur des formes symboliques et du mythe (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;. 91). Alexander Kluge va subtilement comparer ce &#171; diff&#233;rend barbare &#187; au combat de l'escrimeur qui attaque infatigablement l'ours, lequel repousse infailliblement tous ses assauts dans le &#171; Th&#233;&#226;tre de marionnettes &#187; de Kleist, et se solidariser avec Cassirer au nom de la dialectique des Lumi&#232;res et d'Adorno, fustigeant les &#171; jeunes nazis &#187; de Davos disssimul&#233;s sous leur d&#233;froque philosophique. Mais qui &#233;tait l'ours, qui &#233;tait l'escrimeur[lxxix] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;loignant toutefois Heidegger de cette &#171; prouesse &#187;, Kluge le transporte sur le Parnasse, afin qu'il conf&#232;re paradoxalement avec un Adorno en quelque sorte divinis&#233;, &#171; le philosophe son antipode, le pr&#233;tendu ennemi &#187;, n&#233;anmoins apparent&#233; au sein des courants souterrains de la pens&#233;e (&lt;i&gt;5.B&lt;/i&gt;, 92) [lxxx]. Le chroniqueur klugien ajointe ici l'analytique heideggerienne du l&#224;-&#234;tre de 1928 avec l'&#233;vent &#224; venir chez Heidegger, &lt;i&gt;Ereignis&lt;/i&gt;, celui de l'apparaissement et du retrait des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;S&#233;jours&lt;/i&gt;, Heidegger tentait obstin&#233;ment de restaurer la contexture destinale du monde grec et la compl&#233;tude des noms divins. Celles-ci pouvaient jouer alors avec ce qu'il avait appel&#233; temps-monde, en fruition, &lt;i&gt;Zeitigung&lt;/i&gt;, de la fruition originaire de la temporalit&#233; dans &lt;i&gt;Sein und Zeit&lt;/i&gt; (&#167; 82, p. 436). En 1943, il allait traduire par ce &lt;i&gt;Weltzeit&lt;/i&gt; l'&lt;i&gt;&#945;&#953;&#969;&#957;&lt;/i&gt; du fragment 52 d'H&#233;raclite, presque toujours traduit par &#171; vie &#187; ou &#171; temps de vie &#187; : &#171; Le temps-monde &#8211; est un enfant, qui joue/ d&#233;pla&#231;ant les pions de ci de l&#224;. / &#192; cet enfant de r&#233;gner sur l'&#234;tre[lxxxi]. &#187; Alexander Kluge va passer ce &lt;i&gt;Weltzeit&lt;/i&gt; d'un H&#233;raclite heideggerien, dont l'&#234;tre serait d'&#234;tre un enfant exer&#231;ant sa souverainet&#233; sur le temps, au fil de son histoire &#233;ponyme de la &lt;i&gt;Chronique I&lt;/i&gt;, &#171; Temps-monde &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 483-486). Mettant en exergue de cette chronique neuropo&#233;tique la traduction du fragment par Heidegger dans son cours sur les chants nationels &lt;i&gt;Germanien&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Der Rhein&lt;/i&gt; de H&#246;lderlin, Kluge remet le jeu auquel joue l'enfant-temps avec les pi&#232;ces min&#233;rales du damier, &lt;i&gt;Brettsteine&lt;/i&gt;, entre les mains appareill&#233;es de neurologues quelque peu oulipiens de Novosibirsk. Pour eux, les m&#233;ga-d&#233;placements temporels d'un monde juv&#233;nilement fig&#233; &#171; arrivent sur nous en extraterrestres, comme le flux et le reflux &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 484). Parlant &#224; la premi&#232;re personne du pluriel, les po&#232;tes-neurologues de cette chronique ont pour porte-parole ludique l'explorateur c&#233;r&#233;bral Wjesolod Gippius, qui va se d&#233;placer par sauts de narration th&#233;orique dans un labyrinthe de boucles, de prises et de dispositions qu'il semble g&#233;n&#233;rer au fur et &#224; mesure[lxxxii]. Gippius de Kluge s'inspirerait-il de cet &lt;i&gt;ai&#244;n&lt;/i&gt; deleuzien, qui n'a besoin que d'&#234;tre &#171; infiniment subdivisible &#187; en &#233;v&#233;nements &#224; chaque fois plus petits que &#171; le minimum de temps continu pensable[lxxxiii] &#187; ? De &#171; formation mat&#233;rialiste, donc nihiliste &#187;, &#233;crit-il comme si c'&#233;tait &#233;vident, le neurologue fait anachroniquement passer aux rayons X les pierres du jeu h&#233;raclit&#233;en sur lesquelles H&#233;raclite &#171; en personne &#187; aurait fait graver ce fragment qui est pourtant leur seule raison d'&#234;tre, en une danse vertigineuse du Tout, du fragment et de la pi&#232;ce, la chose et le dire, &#171; l'exprim&#233; des propositions &#187; sur une face, &#171; l'attribut des choses &#187; sur l'autre[lxxxiv]. Portant les pierres diss&#233;min&#233;es en autant de min&#233;raux, l'inscription grav&#233;e serait attest&#233;e par l'auteur des &lt;i&gt;Remarques sur l'&#338;dipe&lt;/i&gt; de Sophocle de 1805, H&#246;lderlin &#171; d&#233;j&#224; en sa phase de folie &#187; (I, 483), comme si le &#171; neurologue &#187; de T&#252;bingen Autenrieth se tenait aux c&#244;t&#233;s de ses confr&#232;res de Novosibirsk avec sa camisole de force en enjambant deux si&#232;cles. Pour les chroniqueurs de Novosibirsk, les cerveaux ne seraient eux-m&#234;mes que pierres, de sorte que tout leur &#234;tre se trouve investi par ces temps ramifi&#233;s : &#171; Il n'y a aucune chance de prot&#233;ger les cerveaux contre l'invasion d'un temps-monde pass&#233; ou futur ou parall&#232;le &#187;, d&#233;clare le neurologue klugien (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 483). Des puissances temporelles irr&#233;conciliables, incontr&#244;lables, s'acharneraient de mani&#232;re al&#233;atoire sur tous les &#233;ons, le temps s'attaquant &#224; l'&#234;tre m&#234;me des dieux et des humains : &#171; Des coll&#232;gues ont interpr&#233;t&#233; cela comme une DIVINIT&#201; AB&#206;M&#201;E. Des dieux se sont &#233;loign&#233;s ou enfuis ; fauch&#233;s en pleine fuite, ils sont &#233;tendus l&#224; comme une masse, plus ma&#238;tres de leurs sens. &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 483) Ce sont ces m&#234;mes dieux pourtant qui gratifiaient jadis impitoyablement ceux qui n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; accueillir leurs dons (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 485) D&#232;s lors, le temps-monde exer&#231;ant la domination de l'&#234;tre sur l'&#234;tre permettrait en une folle extrapolation de l'&#234;tre-et-temps heideggerien au temps-et-&#234;tre d'&#233;tablir &#171; des contacts indirects avec les courants temporels avant et apr&#232;s le d&#233;placement, semblables aux savoirs hydrologiques des premiers navigateurs. &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 485). Ainsi s'effectue avec minutie, et non par blocs erratiques, le va-et-vient labyrinthique des pions de l'enfant h&#233;raclit&#233;en, heideggerien en sa jouvence : &#171; C'est l&#224; ce que les ANCIENS appellent une id&#233;e fixe ou un spleen &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 486). Spleen hell&#233;nique ou crim&#233;en d'un Heidegger dont Kluge fait &#224; la fois l'architexte et le paratexte, le chroniqueur et le chroniqu&#233; de sa chronique, lui qui d&#233;place les pions autant qu'il s'inscrit sur chacun d'eux, pr&#234;t &#224; &#171; bondir dans un temps nouveau &#187; &#8211; &lt;i&gt;Weltzeit&lt;/i&gt; ! &#8211; &#224; l'instant propice offert par une nouvelle partie : &#171; Es spielt aber niemand mit uns, sondern es ereignet sich &#187; / &#171; Seulement personne ne joue avec nous, mais cela advient &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 485) :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Vandenis&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Une nuit d'hiver en silence&lt;br class='autobr' /&gt;
oscille douce ramure stellaire&lt;br class='autobr' /&gt;
entre flux et reflux&lt;br class='autobr' /&gt;
s'assombrissant,&lt;br class='autobr' /&gt;
s'&#233;claircissant&lt;br class='autobr' /&gt;
d'essence en essence &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la t&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
une mitre,&lt;br class='autobr' /&gt;
et derri&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
un trident,&lt;br class='autobr' /&gt;
dans la main droite&lt;br class='autobr' /&gt;
un rayon d'eau vertical &#8211;&lt;br class='autobr' /&gt;
mi cheval&lt;br class='autobr' /&gt;
mi serpent&lt;br class='autobr' /&gt;
s'enla&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
se d&#233;senla&#231;ant&lt;br class='autobr' /&gt;
sous le rayon stellaire d&#233;chu&lt;br class='autobr' /&gt;
de blanc &#233;tincelant&lt;br class='autobr' /&gt;
de naissance en naissance&lt;br class='autobr' /&gt;
sur l'Atlantide &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kza Han&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_7981 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH596/5-kluge-w-a28d3.jpg?1772198277' width='500' height='596' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Certes il est &#233;troitement ceint, notre temps de vie &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; ce vers de l'ode &#171; An die Deutschen &#187;, &#171; Adresse aux Allemands &#187;, Kluge le d&#233;tourne de H&#246;lderlin vers Heidegger en Crim&#233;e, &#171; eng be&lt;strong&gt;grenzt&lt;/strong&gt; &#187; de H&#246;lderlin couronnant le front des &#226;ges de son quasi-homonyme paronomastique &#171; eng be&lt;strong&gt;kr&#228;nzt&lt;/strong&gt; &#187; chez Kluge, transmutant l'essence des cours de vie. Mais &#224; la fin, Kluge ne va pas remettre Heidegger c&#233;l&#233;brant Schlageter, colonisant la Crim&#233;e, survivant &#224; la Gr&#232;ce, au &#171; change essentiel de notre estance &#187; &#224; survenir en &lt;i&gt;kair&#243;s&lt;/i&gt;, comme dans le cours de 1943 sur le chant nationel &lt;i&gt;L'Ister&lt;/i&gt; de H&#246;lderlin. Loin de la chronique sans &lt;i&gt;chronos&lt;/i&gt; mais &#224; l'&lt;i&gt;ai&#244;n&lt;/i&gt; infini, Kluge l'exposera au terrain min&#233;ral suspensif du temps-monde de Burg Wildenstein, en r&#233;solution du cours de vie multiple de la seule journ&#233;e du 30 avril 1945, l&#224; o&#249; Heidegger et son s&#233;minaire philosophique ont trouv&#233; refuge, non loin des sources du Danube chant&#233;es par H&#246;lderlin, entre monts et contre-monts, &#224; la vaine recherche d'une convergence entre temps de vie et temps-monde[lxxxv]. Sous le ciel de guerre que se partagent le vol des oies cendr&#233;es et le contre-vol des avions de chasse, tous conscients du fleuve, le demi-dieu en contrebas, Heidegger enseignera au nom de H&#246;lderlin[lxxxvi], en un pauvre cas de crise supr&#234;me, une provocante &#171; pauvret&#233; v&#233;ritable &#187; &#8211; non pas le &#171; manque du n&#233;cessaire &#187;, mais le &#171; manque du non-n&#233;cessaire &#187;, ne cessant de tomber h&#246;lderliniennement &#171; vers le haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#65532;[i ]Alexander Kluge, &lt;i&gt;Chronik der Gef&#252;hle&lt;/i&gt;, Francfort/M : Suhrkamp, 2000, deux vol. La traduction fran&#231;aise du vol. I a paru en mars 2016, et c'est &#224; elle que nous allons nous r&#233;f&#233;rer : &lt;i&gt;Chronique des sentiments Livre I Histoires de base&lt;/i&gt;, &#233;dition dirig&#233;e par Vincent Pauval, textes traduits de l'allemand par Anne Gaudu, Kza Han, Herbert Holl, Hilda Inderwildi, Jean-Pierre Morel, Alexander Neumann et Vincent Pauval, Paris : P.O.L., mars 2016. &lt;strong&gt;Sigle de cet ouvrage : Chro suivi des num&#233;ros de livre et de page&lt;/strong&gt; ; &lt;i&gt;De la grammaire du temps Thedor Fontane &#8211; Heinrich von Kleist &#8211; Anna Wilde &#8211; G.E. Lessing &#8211; J&#252;rgen Habermas &#8211; Heiner M&#252;ller&lt;/i&gt;, traduit par Anne-&#201;lise Delatte, Paris : L'Harmattan, 2003, p. 98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ii] Alexander Kluge, &lt;i&gt;Die Macht der Gef&#252;hle&lt;/i&gt;, Francfort/M. : 2001, 1984, p. 577 sq ; Martin Heidegger, &lt;i&gt;Was hei&#223;t Denken ?&lt;/i&gt;, T&#252;bingen 1984, p. 98.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iii] Friedrich H&#246;lderlin : &lt;i&gt;Mn&#233;mosyne&lt;/i&gt;, v. 16 sq., notre traduction.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iv] &#171; Was in erz&#228;hlerischer Hinsicht revolution&#228;r ist &#187;, entretien in&#233;dit d'Alexander Kluge avec Vincent Pauval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[v] Dirk Baecker, &#171; Anfang und Ende in der Geschichtsschreibung &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Bernhard J. Dotzler (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;Technopathologien&lt;/i&gt;, Munich, 1992, p. 59-86.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[vi] Sur cette caract&#233;risation, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. Gunther Martens, &#171; Das Poetische hei&#223;t Sammeln. Ernst J&#252;nger im Spiegel der enzyklop&#228;dischen Literatur (Kempowski, Littell, Kluge, M&#252;ller) &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Matthias Sch&#246;ning (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;Ernst J&#252;nger und die Bundesrepublik : &#196;sthetik &#8211; Politik &#8211; Zeitgeschichte&lt;/i&gt;, Berlin, 2012, p. 137- 162, ici p. 137. Les textes encyclop&#233;diques sont pour Gunther Martens ceux qui se pr&#233;sentent explicitement comme collages et compendiums.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[vii] Cf. Herbert Holl, &lt;i&gt;La fuite du temps Zeitentzug chez Alexander Kluge. R&#233;cit. Image. Concept&lt;/i&gt;, Bern- Berlin-Francfort/M-Paris e.a. : Peter Lang, 1999, p. 346, version condens&#233;e du livre d'habilitation : &#171; Violence de la contexture : autour de G.W.F. Hegel, F. H&#246;lderlin, A. Kluge &#187;, Universit&#233; de Paris XII, 20 janvier 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[viii] Dirk Baecker, &lt;i&gt;loc. cit.&lt;/i&gt;, p. 76, n. 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[ix] Pascal Quignard, &lt;i&gt;Philippe Bonnefis le Sortil&#232;ge&lt;/i&gt;, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[x] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Gunther Martens, &#171; Distant(ly) Reading Alexander Kluge's Distant Writing &#187;, &lt;i&gt;in : Vermischte Nachrichten Alexander Kluge-Jahrbuch&lt;/i&gt; 1/ 2014, p. 29-41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xi] Figurant dans l'ouvrage d'Alexander Kluge &lt;i&gt;Das f&#252;nfte Buch&lt;/i&gt;, Berlin : Suhrkamp, 2012, p. 69-95, &#171; In gro&#223;er Ferne zum 5. Jahrhundert v. Chr. &#187; a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par l'auteur dans le livre I de la &lt;i&gt;Chronique des sentiments&lt;/i&gt;, avec tout le chapitre dont elle faisait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Herbert Holl, &#171; Die &#220;bergabe des Philosophen &#8211; wie Heidegger Kluge aussetzt, mit &lt;i&gt;Vier Wasserw&#252;rfeln, Alexander Kluge gewidmet&lt;/i&gt;, von Kza Han &#187;, &lt;i&gt;in Vermischte Nachrichten. Alexander Kluge-Jahrbuch 1/2014&lt;/i&gt;, G&#246;ttingen : V&amp;R unipress, p. 225-252, notamment l'interpr&#233;tation de &#171; Heidegger auf Burg Wildenstein &#187;, p. 243-252.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xiii] Gunther Martens, &#171; Distant(ly) Reading [...] &#187;, art. cit., p. 39 ; Jean-Pierre Faye, &lt;i&gt;Langages totalitaires&lt;/i&gt;, Paris, 1976.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xiv] Alexander Kluge, &lt;i&gt;Chronik der Gef&#252;hle&lt;/i&gt;, vol. II, p. 618-628. Publi&#233; tout d'abord dans les &lt;i&gt;Cours de vie (Lebensl&#228;ufe.)&lt;/i&gt; de 1962 (Francfort/M : Suhrkamp, 1962).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xv] Kluge prend en compte d&#232;s1962 la &lt;i&gt;Nachlese zu Heidegger&lt;/i&gt; de Guido Schneeberger, Berne, 1962, p. 47 - 49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xvi] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. l'entretien t&#233;l&#233;vis&#233; entre Oskar Negt et Alexander Kluge, reproduit dans &lt;i&gt;Der untersch&#228;tzte Mensch&lt;/i&gt; I, Francfort/M, 2001, p. 197-208 : &#171; Albert Leo Schlageter und das merkw&#252;rdige Jahr 1923 &#187; (&#171; Albert Leo Schlageter et la singuli&#232;re ann&#233;e 1923 &#187;). Discours de Radek devant la commission ex&#233;cutive &#233;largie de l'Internationale : &#171; Leo Schlageter, der Wanderer ins Nichts &#187;, &lt;i&gt;Die Rote Fahne&lt;/i&gt;, 26 juin 1923, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Herrmann Weber (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;Der deutsche Kommunismus, Dokumente 1915-1945&lt;/i&gt;, Cologne, 1972, p. 142-147.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xvii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Martin Heidegger, &lt;i&gt;Reden und andere Zeugnisse eines Lebensweges, Gesamtausgabe&lt;/i&gt; vol. 16, Francfort/M., 2000, texte n&#176; 51, p. 107 ; n&#176; 285, p. 759. Dans sa &#171; Prise de position &#187; (&lt;i&gt;Stellungnahme&lt;/i&gt;) du 24 novembre 1974, Heidegger d&#233;clare ne pas avoir ob&#233;i aux exigences du ministre des cultes du pays de Bade, qui r&#233;clamait un hommage solennel, avec interruption des cours et des s&#233;minaires (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, texte n&#176; 281, p. 746).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xviii] Johann Chapoutot, &lt;i&gt;Le national-socialisme et l'Antiquit&#233;&lt;/i&gt;, Paris : PUF, 2008, p. 182.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xix] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Herbert Holl, &#171; Die &#220;bergabe des Philosophen &#8211; wie Kluge Heidegger aussetzt &#187;, &lt;i&gt;art. cit&lt;/i&gt;. Dans la perspective &#233;largie de l'&#233;v&#233;nement, l'auteur avait d&#233;j&#224; interpr&#233;t&#233; &lt;i&gt;Heidegger en Crim&#233;e in&lt;/i&gt; : &#171; &#8216;[...]lang ist die Zeit, es ereignet sich aber / Das Wahre' : Ereignisgew&#228;sser in Alexander Kluges &#8216;Heidegger auf der Krim &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Nikolaus M&#252;ller-Sch&#246;ll (Hg.), &lt;i&gt;Ereignis. Eine fundamentale Kategorie der Zeiterfahrung. Anspruch und Aporien&lt;/i&gt;, Bielefeld, 2003, p. 269-293. &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. aussi Timo Ogrzal, &#171; &#8216;Es geht um den Herantransport der Horizonte.' Der Schauplatz &#8216;Ostkrieg' in Alexander Kluges &#8218;Heidegger auf der Krim' &#187;, in : Ulrich Wergin und Karol Sauerland (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;Bilder des Ostens in der deutschen Literatur&lt;/i&gt;, W&#252;rzburg, 2009, p. 247-274. Ici, p. 247.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xx] Fran&#231;ois Meyronnis, &lt;i&gt;De l'extermination &#8216;consid&#233;r&#233;e comme un des beaux arts'&lt;/i&gt;, Paris, 2007, p. 109 : &#171; Tout ce qui vit, tout ce qui subsiste, est &lt;i&gt;expos&#233; en proie&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxi] Ici, Kluge rend honneur aux r&#233;cits sur H&#233;raclite transmis par la tradition, plus v&#233;ridiques selon Heidegger que les &#171; donn&#233;es historiques &#187; (Martin Heidegger, &lt;i&gt;Der Anfang des abendl&#228;ndischen Denkens. Logik. Heraklits Lehre vom Logos&lt;/i&gt;, [1943] &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Gesamtausgabe&lt;/i&gt;, vol. 55, Francfort/M., 1979, p. 5). H&#233;raclite aurait apport&#233; ses fragments au temple de Diane &#224; &#201;ph&#232;se, o&#249; ils seront victimes d'un incendie, sauf une partie d'entre eux, qui trouvera refuge dans le temple d'Art&#233;mis en Crim&#233;e. Le Heidegger de Kluge va en d&#233;rober plusieurs en &lt;i&gt;Kunstraub&lt;/i&gt; par une esp&#232;ce d' &#171; op&#233;ration Ritterbusch &#187; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxii] Andrej Angrick, &lt;i&gt;Besatzungspolitik und Massenmord. Die Einsatzgruppe D in der s&#252;dlichen Sowjetunion&lt;/i&gt;, Hamburg, 2003, p. 91. L'Ohlendorf &#171; historique &#187; avait adh&#233;r&#233; au N.S.D.A.P. d&#232;s 1925.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxiii] Cf. le rapport d'activit&#233; et de situation (&lt;i&gt;T&#228;tigkeits- und Lagebericht&lt;/i&gt;) du 31 juillet 1941 et la d&#233;position d'Ohlendorf au proc&#232;s des &lt;i&gt;Einsatzgruppen&lt;/i&gt; &#224; Nuremberg (&lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxiv] Friedrich Kittler, &#171; Alles steuert der Blitz &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Text + Kritik&lt;/i&gt;, n&#176; 85/86, nouvelle version, r&#233;d. Thomas Combrink, novembre 2011, p. 11-14, ici p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xxv] Sur la trajectoire de &#171; Heidegger auf der Krim &#187; &#224; partir de 1990, &#171; aussi aventureuse que cette exp&#233;rience de pens&#233;e m&#234;me &#187;, et les r&#244;les respectifs de Heiner M&#252;ller et Ernst J&#252;nger, cf. Gunther Martens, &#171; Reclaiming &#8216;geballte linke Energie' : War in Alexander Kluge's Docufiction &lt;i&gt;Heidegger auf der Krim&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;seminar&lt;/i&gt;, vol. L, n&#176;. 1, f&#233;vrier 2014, p. 69-82 ici p. 75-77 ; &#171; Das Poetische hei&#223;t Sammeln &#187;, art. cit., p. 144, mentionne en outre l'exposition de 1995 sur les crimes de la Wehrmacht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxvi] Fran&#231;ois Meyronnis, &lt;i&gt;De l'extermination &#8216;consid&#233;r&#233;e comme un des beaux arts'&lt;/i&gt;, Paris, 2007, p. 36 sq. &lt;i&gt;Friedlos&lt;/i&gt;, &#171; sans paix ni repos &#187;, mot allemand ins&#233;r&#233; dans le texte fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xxvii] Alexander Kluge, &lt;i&gt;Verdeckte Ermittlung. Ein Gespr&#228;ch mit Christian Schulte und Rainer Stollmann&lt;/i&gt;, Berlin : Merve Verlag, 2002, p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxviii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Alexander Kluge, la s&#233;quence &#171; Der Lebenslauf einer fixen Idee &#187; (&#171; Le cours de vie d'une id&#233;e fixe &#187;), p. 69-95 (&lt;i&gt;cf. infra&lt;/i&gt;).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxix] Pascal Quignard, &lt;i&gt;Rh&#233;torique sp&#233;culative&lt;/i&gt;, Paris : Gallimard (Folio), 1997, p. 109.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xxx] Martin Heidegger, &lt;i&gt;H&#246;lderlins Hymne&#8218; Der Ister&#8216;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Gesamtausgabe&lt;/i&gt;, vol. 53, Francfort/M., 1993, p. 59 ; G&#246;tz Aly, Susanne Heim, &lt;i&gt;Vordenker der Vernichtung. Auschwitz und die deutschen Pl&#228;ne f&#252;r eine neue europ&#228;ische Ordnung&lt;/i&gt;, Hambourg : Hoffmann und Campe, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxi] Daniel Sibony, &lt;i&gt;Ev&#233;nements III&lt;/i&gt;, Paris : Points Seuil, 1998, p. 361.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xxxii] Jean-Pierre Faye, &lt;i&gt;Le Pi&#232;ge. La philosophie heideggerienne et le nazisme&lt;/i&gt;, Paris : Balland, 1994, p. 42 ; Heidegger, &lt;i&gt;Der Ister, op. cit&lt;/i&gt;., p. 39.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxiii] &#171; En ce temps-l&#224;, le camarade Ohlendorf ne baignait pas dans l'aura d'un criminel de guerre, mais plut&#244;t dans un mixte de rayonnement militaire et universitaire. &#187; (I, 430). Le chroniqueur cr&#233;dite Ohlendorf, dont Himmler voulait, &#233;crit-il, qu'il se salisse enfin les mains, d'avoir assum&#233; tous ses m&#233;faits lors du proc&#232;s de Nuremberg. Sur les tactiques et strat&#233;gies d'Ohlendorf durant les mois du proc&#232;s, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. cependant Christian Ingrao, &lt;i&gt;Croire et d&#233;truire. Les intellectuels dans la machine de guerre SS&lt;/i&gt;, Paris : Fayard, 2010, p. 424-434 (&#171; Les strat&#233;gies de justification &#187;).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxiv] Martin Heidegger, &#171; Wozu Dichter &#187; (sur Rilke), 19947, p. 319. Derni&#232;res pages de l'&#233;loge comm&#233;moratif de Rilke, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &#171; Pourquoi des po&#232;tes &#187;, &lt;i&gt;Chemins qui ne m&#232;nent nulle part&lt;/i&gt;, trad. par Wolfgang Brokmeier, Paris : Gallimard (id&#233;es), 19806, p. 384.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xxxv] Gunther Martens voit dans l'&lt;i&gt;Obersturmf&#252;hrer&lt;/i&gt; SS August H&#228;fner, chef de l'&lt;i&gt;Einsatzgruppe&lt;/i&gt; C, l'un des composants de la figure syncr&#233;tique du Heidegger de Kluge. En Ukraine, son groupe assassina neuf cents juifs, laissant derri&#232;re lui des enfants &#226;g&#233;s de un &#224; sept ans. La main de la jeune fille serait celle d'un de ces enfants ex&#233;cut&#233;s &#224; Bjelal Zerkow (Gunther Martens, &#171; Reclaiming &#8216;geballte linke Energie' : War in Alexander Kluge's Docufiction &lt;i&gt;Heidegger auf der Krim&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;seminar&lt;/i&gt;, vol. L, n&#176;. 1, f&#233;vrier 2014, p. 69- 82, ici p. 71, n. 1.) En rhizome avec &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187;, cf. la &#171; chronique &#187; &#171; Suites mortelles d'une maladresse &#187; (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 780-790) qui rend compte, en pr&#233;caire contre-exemple historique restitu&#233;, de l'une des rares tentatives de r&#233;sistance, ambigu&#235;s et inefficaces, par le lieutenant-colonel Groscurth, dans ce m&#234;me &lt;i&gt;Einsatzgruppe&lt;/i&gt; &#224; Bjelala Zerkow en Ukraine.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxvi] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Rainer Sch&#252;rmann, &lt;i&gt;Le principe d'anarchie. Heidegger et la question de l'agir&lt;/i&gt;, Paris : &#201;d. du Seuil, 1982, notamment p. 318-323 (&#167; 45), &#171; La transmutation du destin &#187;.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxvii] &lt;i&gt;Was hei&#223;t Denken&lt;/i&gt;, Stuttgart 1992, p. 3.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxviii] Martin Heidegger, &#171; Zeit und Sein &#187;, in : Ren&#233; Char e.a., &lt;i&gt;L'Endurance de la pens&#233;e. Pour saluer Jean Beaufret&lt;/i&gt;, Paris, 1968, &#233;d. bilingue, trad. de Fran&#231;ois F&#233;dier, p. 12-74, ici p. 30/31 ; p. 56/57. Notre traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xxxix] Proposition pr&#233;lev&#233;e par Kluge sur &lt;i&gt;Der Ursprung des Kunstwerkes/ L'origine de l'&#339;uvre d'art&lt;/i&gt; de Heidegger. Le Heidegger de Kluge laisse l&#224; le premier terme du rapport r&#233;ciproque du monde et de la terre : &#171; Die Welt gr&#252;ndet sich auf die Erde, und Erde durchragt Welt. &#187; Stuttgart : Reclam, 1977, p. 50.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xl] &#171; Mit der Hand hat es eine eigene Bewandtnis. &#187; Martin Heidegger, &lt;i&gt;Qu'appelle-t-on penser&lt;/i&gt;, traduit par Aloys Becker et G&#233;rard Granel, Paris : PUF, (1959) Quadrige 2007, p. 90. &#171; Quant &#224; la main, il y a l&#224; quelque chose de sp&#233;cial. &#187; (Notre traduction)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xli] Sur ces mains qui loin d'&#234;tre cath&#233;drale (Rodin, Rilke) peuvent &#234;tre pure pr&#233;dation, et le culte de la main sous le &#171; Troisi&#232;me Reich &#187;, cf. Claudia Schm&#246;lders, &#171; Hitlers H&#228;nde oder der Teufel im physiognomischen Detail &#187;, &lt;i&gt;in Freibeuter&lt;/i&gt; 60, 1979, Berlin : &#233;d. Wagenbach, p. 3-16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xlii] &#171; Quatre lancers de d&#233;s sur l'eau &#187; de Kza Han, d&#233;di&#233;s &#224; Alexander Kluge. &#171; &#381;uvys &#187; et &#171; Vandenis &#187; sont deux po&#232;mes iconiques d'apr&#232;s le cycle de M.K. &#268;iurlionis, &lt;i&gt;Zodiakas&lt;/i&gt;. En lithuanien, &#171; &#381;uvys &#187; c'est le Poisson, &#171; Vandenis &#187;, le Verseau. Notre travail reproduit par ailleurs trois de ces &lt;i&gt;Zodiakas&lt;/i&gt; de M.K. &#268;iurlionis, respectivement : &#171; Kurklys &#187; (le Scorpion), &#171; Svarstykles &#187; (la Balance), &#171; Vandenis &#187; (le Verseau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xliii] Kluge, &lt;i&gt;Verdeckte Ermittlung [ Enqu&#234;te camoufl&#233;e]&lt;/i&gt;, p. 57. Notre traduction.&#8232;[xliv] Jean-Pierre Faye, &lt;i&gt;Le Pi&#232;ge. La philosophie heideggerienne et le nazisme&lt;/i&gt;, Paris : Balland, 1994, p. 46 ; p. 20. Pour le narrateur-partisan, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. Timo Ogrzal, art. cit., p. 269.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xlv] &#171; Heiner M&#252;ller im Zeitenflug &#187;, &lt;i&gt;in : M&#252;ller &#8211; Kluge : Gespr&#228;che&lt;/i&gt;, site web de la Cornell University Library et de l'universit&#233; de Br&#234;me, transcription de la vid&#233;o, &#233;mission diffus&#233;e le 29 janvier 1996 [&lt;a href=&#034;http://muller-kluge.library.cornell.edu/de/video&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://muller-kluge.library.cornell.edu/de/video&lt;/a&gt; transcript.php ?=110 (site consult&#233; le 15 juillet 2014)].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xlvi] Fragment 64 (fragment 87 chez Marcel Conche, p. 303). Traduction de Wismann/Bollack : &#171; Les choses qui sont l&#224;, la foudre les conduit toutes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xlvii] &#171; Unsterbliche Sterbliche / Sterbliche Unsterbliche / Lebend den Tod der andern / Und das Leben der andern gestorben. &#187; Traduction de Marcel Conche, modifi&#233;e par nous en fonction de la traduction du grec donn&#233;e par &#171; Heidegger &#187; (H&#233;raclite, &lt;i&gt;Fragments&lt;/i&gt;, texte &#233;tabli, traduit, comment&#233; par Marcel Conche, Paris : PUF, 1986, fg 106 pour Conche, p. 369). Jean Bollack et Heinz Wismann proposent une lecture divergente, qui ne conna&#238;t pas ce chiasme : &#171; Immortels mortels Mortels immortels, vivant la vie [!] des autres, morts de la vie des autres. &#187; (&lt;i&gt;H&#233;raclite ou la s&#233;paration&lt;/i&gt;, Paris : &#233;d de Minuit, 1972, p. 209).&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[xlviii] G&#233;rard Guest, article &#171; Gr&#232;ce / les Grecs &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Le dictionnaire Martin Heidegger&lt;/i&gt;, sous la direction de Philippe Arjakovsky, Fran&#231;ois F&#233;dier, Hadrien France-Lanord, Paris : Les &#201;ditions du Cerf, 2013, p. 557.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[xlix] H&#233;raclite, fragment 5, traduit par Marcel Conche (fragment 44 selon sa num&#233;rotation), &lt;i&gt;in H&#233;raclite : Fragments, op. cit.&lt;/i&gt; p. 171.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[l] Bollack/Wismann, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt; p. 73&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[li] Alexander Kluge et Oskar Negt, &#171; H&#233;raclite l'Obscur &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Der untersch&#228;tzte Mensch&lt;/i&gt;, p. 256-262. (TV- Magazin &lt;i&gt;10 vor 11&lt;/i&gt;, premier avril 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lii] &#171; da&#223; je in dem, was nun rein Blick des Auges zumal erblickt, jedesmal das Ganze in sein Gef&#252;ge sich f&#252;gt. &#187; Martin Heidegger, &lt;i&gt;Der Anfang des abendl&#228;ndischen Denkens. Logik. Heraklits Lehre vom Logos, in Gesamtausgabe&lt;/i&gt;, vol. 55, Franfurt/M., 1979, pp. 161-162. Notre traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[liii] Bollack/Wismann, p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[liv] &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;. p. 339.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lv] &lt;i&gt;Logos &#8211; Heraklit&lt;/i&gt;, p. 165. Traduction de Diels-Kranz : &#171; Im planlos Hingegossenen findet sich laut Heraklit die sch&#246;nste Ordnung. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lvi] Dictionnaire &lt;i&gt;Heidegger&lt;/i&gt;, art. &#171; H&#233;raclite &#187;, p. 595.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lvii] Bollack, fg 64, p. 215 modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lviii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. la reconstitution implacable de Lutz Hachmeister, &lt;i&gt;Heideggers Testament. Der Philosoph, der &#8216;Spiegel' und die SS&lt;/i&gt;, Berlin, 2014, pp. 203-255.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lix] Nous citons ici : Martin Heidegger, &lt;i&gt;Aufenthalte. S&#233;jours&lt;/i&gt;, &#233;dition bilingue, traduction, postface et notes de Fran&#231;ois Vezin, &#233;d. du Rocher 1992. Sigle dor&#233;navant : S suivi des num&#233;ros des pages allemande et fran&#231;aise en regard. &#201;dition allemande dans les &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes : H&#246;lderlin. Griechenlandreisen, Gesamtausgabe&lt;/i&gt;, vol. 75, Francfort/M., 2000, p. 213-246.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lx] Erhart K&#228;stner participera de mani&#232;re analogue &#224; la gen&#232;se de l'entretien de 1967 avec le &lt;i&gt;Spiegel, cf&lt;/i&gt;. Lutz Hachmeister, op. cit., p. 185-200.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxi] Alexander Kluge, &lt;i&gt;Das f&#252;nfte Buch&lt;/i&gt;, Francfort/M., 2012, p. 90-95. Sigle dor&#233;navant : &lt;i&gt;5.B.&lt;/i&gt; suivi du n&#176; de page.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxii] Alexander Kluge, &lt;i&gt;Das f&#252;nfte Buch. Neue Lebensl&#228;ufe&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxiii] Philippe-Joseph Salazar, &#171; &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; Voies de la rh&#233;torique et &lt;i&gt;Pouvoirs de persuasion&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Valerie Allen/Ares D. Axiotis, &lt;i&gt;L'art d'enseigner de Martin Heidegger&lt;/i&gt;, Paris : Klincksieck, 2007, p. 61-83, ici p. 68. Salazar &#233;voque la Yougoslavie o&#249; le mar&#233;chal Tito vient de cr&#233;er le Mouvement des non- align&#233;s, la Gr&#232;ce en proie aux violences, &#171; &#224; peine remise de l'affaire du criminel de guerre nazi Max Merten &#187;...&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxiv] &#171; [...] von der Wucht und K&#252;nstlichkeit der Stell-Werke des Gestells durchzogen [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxv] Philippe-Joseph Salazar, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxvi] &#171; Arkadien ist eine verlorene Utopie, der Mythos nur Wort, kein Ort &#187; dit Kluge en une rime que nous n'avons pas encore r&#233;ussi &#224; rendre, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &#171; Der Konjunktiv des Krieges &#187;, entretien avec Romain Leick, &lt;i&gt;Der Spiegel&lt;/i&gt; 2/2012 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxvii] &#171; Pain et Vin &#187;, 1e strophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxviii] Friedrich H&#246;lderlin, &#171; Brot und Wein &#187;, in : &lt;i&gt;Gedichte&lt;/i&gt;, &#233;d. par Jochen Schmitt, Francfort/M., 1969, p. 116, 4e strophe, v. 61-63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxix] G&#233;rard Genette, &lt;i&gt;Palimpsestes&lt;/i&gt;, Paris : &#201;d. du Seuil, 1982, p. 20 sq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxx] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Alexander Kluge, &lt;i&gt;Le raid a&#233;rien sur Halberstadt le 8 avril 1945&lt;/i&gt;, traduit par Kza Han et Herbert Holl, Bienne-Berlin-Paris : diaphanes, 2016, ici p. 54 ; et le commentaire de Herbert Holl &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;La fuite du temps &#8216;Zeitentzug' chez Alexander Kluge. R&#233;cit. Image. Concept&lt;/i&gt;, Bern &#8211; Berlin &#8211; Paris &#8211; Vienne etc. : Peter Lang, 1999, p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxi] Jean-Luc Nancy pointe la diff&#233;rence entre suppl&#233;ance et suppl&#233;ment : &#171; Le suppl&#233;ment en son concept double rel&#232;ve toujours de la technique, de l'artifice ou de l'art [...] &#187; (&#171; De la struction &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Aur&#233;lien Barreau, Jean-Luc Nancy, &lt;i&gt;Dans quels mondes vivons-nous&lt;/i&gt;, Paris : Galil&#233;e, 2011, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxxii] Salazar &#233;voquant Saint John Perse, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;. p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxiii] Marcel Conche, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, fg 17 (78 chez Diels-Kranz)), p. 81 ; Bollack/Wismann, op. cit., p. 239 sq. &#8211; &#171; identit&#233; de la personne &#187;, &#171; identit&#233; de l'esp&#232;ce [...] &#187; &#8211; Martin Heidegger, &lt;i&gt;Heraklit. Der Anfang des abendl&#228;ndischen Denkens, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 349.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxxiv] Traduction de Bollack/Wismann, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;. &#171; In diesem urspr&#252;nglichen Rat ist zuvor das Seiende versammelt und einbehalten. &#187; / &#171; Dans ce conseil primig&#232;ne, l'&#233;tant est pr&#233;alablement rassembl&#233; et retenu. &#187; Heidegger, &lt;i&gt;loc. cit&lt;/i&gt;. Notre traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxv] Dans le texte &#171; Le retour des dieux &#187;, qui pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement, avec le &#171; Phare pour un voyageur dans le d&#233;sert &#187;, le chapitre &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187; : &#171; Les dieux n'ont pas d'esclaves, les dieux ont des automates &#187;, citation d'H&#233;raclite, invent&#233;e (&lt;i&gt;Chro&lt;/i&gt; I, 371).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxxvi] La &#171; Calypso &#187; d'Ulysse, nymphe h&#233;ta&#239;rique, veut dire celle qui vit &#224; couvert, en cachette, &lt;i&gt;im Verborgenen&lt;/i&gt;. La possibilit&#233; d'une telle archi-&#233;thique heideggerienne, klugienne, est esquiss&#233;e par Peter Sloterdijk, &#171; Schlaflos in Ephesos &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Du musst dein Leben &#228;ndern. &#220;ber Anthropotechnik&lt;/i&gt;, Francfort/M., 2014. Traduction fran&#231;aise : &#171; Insomniaque &#224; &#201;ph&#232;se &#187;, &lt;i&gt;Les Temps Modernes&lt;/i&gt;, juillet- octobre 2008, n&#176; 650, p. 219-234. Cf. surtout Jacques Colleony, &#171; D&#233;construction, th&#233;ologie n&#233;gative et archi-&#233;thique (Derrida, L&#233;vinas et Heidegger) &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Le passage des fronti&#232;res Autour du travail de Jacques Derrida&lt;/i&gt;, Colloque de Cerisy, Paris : Galil&#233;e, 1994, p. 249-261. Par contre, Jean-Pierre Faye voit en Heidegger un destructeur de l'&#233;thique, qui serait pour celui-ci &#171; la ruine, le p&#233;ril ou le d&#233;p&#233;rissement de la pens&#233;e &#187; (&lt;i&gt;La raison narrative&lt;/i&gt;, Paris : Balland, 1990, p. 411.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxvii] La chronique &#171; Les fontaines des dieux &#187; (I, 437-444), attribue ces vers du &#171; N&#228;chstes Bestes &#187; de H&#246;lderlin &#224; Hom&#232;re (p. 477), faisant d'eux l' &#171; &#201;l&#233;mentaire &#187; qu'il importe &#224; Kluge et Andre&#239; Tarkovski de filmer. Emprunt&#233;s &#224; la m&#233;morable &lt;i&gt;Introduction&lt;/i&gt; de D.E Sattler &#224; l'&#233;dition de Francfort des &#338;uvres compl&#232;tes de H&#246;lderlin (Francfort/M., 1975, p. 31), ils reviennent d&#232;s &lt;i&gt;Histoire et ent&#234;tement&lt;/i&gt; au h&#233;ros antique des mers, ou &#224; Colomb, en m&#233;taphore des Lumi&#232;res (Oskar Negt, Alexander Kluge, &lt;i&gt;Geschichte und Eigensinn&lt;/i&gt;, Francfort/M : Zweitausendeins, 1981, p. 742).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxviii] Jacques Orsoni, &#171; Le cr&#233;puscule de pourpre &#224; D&#233;los &#187;, in : Anne Meistersheim (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;L'&#238;le laboratoire&lt;/i&gt;, Ajaccio, 1999, p. 369 sq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxxix] Heiner M&#252;ller, Alexander Kluge, &#171; Heiner M&#252;ller im Zeitenflug &#187;. Or, d'apr&#232;s Jean-Pierre Faye, l' &#171; Asiatique &#187; signifie pour Heidegger le phantasme de l'ennemi int&#233;rieur, le &#171; danger jud&#233;o-asiatique &#187; tel que l'affirmait von Reichenau en 1942 (&lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. &#171; Le nazisme des intellectuels &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; 04./05. ao&#251;t 2013, p. 15 ; &#171; Un village br&#251;le en philosophie &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 24 mai 2013, p. 20, cite le t. 36 de la &lt;i&gt;Gesamtausgabe&lt;/i&gt;, le cours sur H&#233;raclite de d&#233;cembre 1933 : &#171; l'effr&#233;n&#233;, le forcen&#233;, le furieux, l'enivr&#233;, l'enrag&#233; [...] l'Asiatique &#187; ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxx] &#171; Jungnazis im philosophischen Gewande &#187;, dans l'entretien cit&#233; avec Vincent Pauval. Sur les enjeux de cette rencontre, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. p. ex. : Pierre Aubenque, &#171; Le d&#233;bat de 1929 entre Cassirer et Heridegger &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Ernst Cassirer. De Marbourg &#224; New York&lt;/i&gt;, Paris, &#201;d. du Cerf, 1990 ; Dominic Kaegi/Enno Rudolph (&#233;d. scient.), &lt;i&gt;Cassirer &#8211; Heidegger 70 Jahre Davoser Disputation&lt;/i&gt;, Hamburg, 2002 ; Michael Friedman, &lt;i&gt;Carnap, Heidegger, Cassirer. Geteilte Wege&lt;/i&gt;, Francfort/M., 2004 ; J&#252;rgen Kaube, &#171; Der unbekannte Dritte von Davos &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;FAZ&lt;/i&gt;, 2 ao&#251;t 2004, n&#176; 177, p. 31.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxi] Martin Heidegger, &lt;i&gt;Metaphysische Anfangsgr&#252;nde der Logik im Ausgang von Leibniz, in Gesamtaustausgabe&lt;/i&gt;, vol. 26, Francfort/M., p. 171 sq. Il s'agit l&#224; de la &#171; &lt;i&gt;M&#228;chtigkeit des Ursprunges&lt;/i&gt; &#187;, la puissance dans son affirmation primig&#232;ne : &#171; Das Dasein &#252;berhaupt birgt die innere M&#246;glichkeit f&#252;r die faktische Zerstreuung in die Leiblichkeit und damit in die Geschlechtlichkeit &#187;. &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Jacques Derrida, &#171; Diff&#233;rence sexuelle, diff&#233;rence ontologique. &lt;i&gt;Geschlecht I&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Heidegger et la question&lt;/i&gt;, Paris, 1990, p. 150-152 ; &#171; La main de Heidegger (&lt;i&gt;Geschlecht II&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Psych&#233;. Inventions de l'autre&lt;/i&gt;, Paris : Galil&#233;e, 1987, p. 415-452.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxii] Martin Heidegger, &lt;i&gt;Sein und Zeit&lt;/i&gt;, T&#252;bingen : Max Niemeyer,1977, p. 436 (&#167; 82).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxiii] Traduction du fragment 52 par Martin Heidegger, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;H&#246;lderlins Hymnen &#8216;Germanien' und &#8216;Der Rhein', Gesamtausgabe II. Abteilung : Vorlesungen 1923-1944&lt;/i&gt;, vol. 39, Francfort/M : Vittorio Klostermann, 1980, p. 105 (&#167; 9, &#171; Geschichtliche Zeit und Grundstimmung &#187;). Traduction fran&#231;aise : Martin Heidegger, Les hymnes de H&#246;lderlin : &#8216;La Germanie' et &#8216;Le Rhin', texte &#233;tabli par Suzanne Ziegler, traduit de l'allemand par Fran&#231;ois F&#233;dier et Julien Hervier, Paris:Gallimard, 1988, p. 104. (Traduction de Kza Han et Herbert Holl, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Chronique des sentiments I&lt;/i&gt;, chapitre &#171; Heidegger en Crim&#233;e &#187; ; I, 483.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxiv] Sur ce fragment d'H&#233;raclite, ainsi que sur le fragment 62, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. Jean L&#233;v&#234;que, &lt;i&gt;La trilogie. Parm&#233;nide &#8211; H&#233;raclite &#8211; Gorgias&lt;/i&gt;, Paris : Osiris, 1994, pp. 68 sq., 56 sq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxv&lt;/i&gt; Gilles Deleuze, &lt;i&gt;Logique du sens&lt;/i&gt;, Paris : UGE, 1973 (&#201;d. de Minuit 1969), p. 85 sq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxvi] &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[lxxxvii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. Hans Blumenberg, &lt;i&gt;Lebenszeit und Weltzeit&lt;/i&gt;, Francfort/M : Suhrkamp, 1986, p. 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;[lxxxviii] &lt;i&gt;Cf&lt;/i&gt;. l'excellente &#233;dition bilingue de &#171; Die Armut &#187; de Heidegger : &#171; La pauvret&#233; (die Armut) &#187;, pr&#233;sentation de Philippe Lacoue-Labarthe, traduction de Philippe Lacoue-Labarthe et Anna Smardzija, Strasbourg : Presses Universitaires, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Les mains d'Alexander Kluge, Munich, 2003, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; : Alexander Kluge/Digne M. Marcovicz, &lt;i&gt;Realismus des Herzens Texte und Bilder&lt;/i&gt; &#187;, &#233;d. par Wolfgang Jacobsen, Munich : &#233;d. text+kritik, 2003, p. 119.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Main, in Oskar Negt, Alexander Kluge, &lt;i&gt;Geschichte und Eigensinn&lt;/i&gt;, Frankfort/M : &#233;d. Zweitausendeins, 1981, p. 246.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations reproduites avec l'aimable autorisation d'Alexander Kluge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un homme chapitre III</title>
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		<dc:date>2015-03-25T11:46:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hannibal Volkoff</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>nu</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>Intime</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'exposition &#171; Un homme &#187; &#224; la Galerie Hors-Champs est le troisi&#232;me chapitre d'une s&#233;rie d'expositions &#233;labor&#233;es par le commissaire Camilo Racana autour du th&#232;me de la repr&#233;sentation de la masculinit&#233; dans la photographie contemporaine. Elle se focalise cette fois-ci sur les artistes, principalement jeunes, vivant dans cette longue veine rouge s&#233;parant l'Europe et l'Asie : de la Russie &#224; l'Iran en passant par l'Arm&#233;nie, la G&#233;orgie, l'Ukraine, et la Bi&#233;lorussie.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton693-180b3.jpg?1772262107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exposition &#171; Un homme &#187; &#224; la Galerie Hors-Champs est le troisi&#232;me chapitre d'une s&#233;rie d'expositions &#233;labor&#233;es par le commissaire Camilo Racana autour du th&#232;me de la repr&#233;sentation de la masculinit&#233; dans la photographie contemporaine. Elle se focalise cette fois-ci sur les artistes, principalement jeunes, vivant dans cette longue veine rouge s&#233;parant l'Europe et l'Asie : de la Russie &#224; l'Iran en passant par l'Arm&#233;nie, la G&#233;orgie, l'Ukraine, et la Bi&#233;lorussie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le corps f&#233;minin a dispos&#233;, tout au long du XXe si&#232;cle, d'une v&#233;ritable exploration consistant &#224; en r&#233;v&#233;ler l'ali&#233;nation et &#224; le lib&#233;rer de son oppression, le corps masculin, lui, est un terrain qui peine &#224; trouver ses mots, sa v&#233;rit&#233; au del&#224; de ses carcans normatifs. Il l'est d'autant moins dans les pays les plus religieux, o&#249; la repr&#233;sentation de la nudit&#233; masculine est syst&#233;matiquement soup&#231;onn&#233;e d'association avec des interdits encore tr&#232;s pr&#233;sents. L'exposition pr&#233;sente ainsi des artistes qui ont choisi d'aborder la masculinit&#233; en connaissance de cause des tabous (des dangers ?) qui l'entourent, quelle que soit leur sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/2._goldstream._2000_khabarovsk_russia.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH748/2._goldstream._2000_khabarovsk_russia-3ac45.jpg?1509832384' width='500' height='748' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agit pas l&#224; de dresser un constat documentaire de chairs opprim&#233;es, martyres. La d&#233;marche tient plut&#244;t sur des corps d'hommes, photographi&#233;s en tant que tels, et sur ce que ces corps disent, &#224; travers le regard du photographe, non pas de leur &#233;poque et de leurs diff&#233;rents pays, mais en leur sein. Si beaucoup de ces images sont r&#233;alis&#233;es en r&#233;action &#224; des contextes difficiles, elles ne s'expriment donc pas par d&#233;nonciations victimaires, mais par la revendication de l'intime et d'un univers personnel, &#224; part, une sph&#232;re int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection des photographies s'op&#232;re alors dans un cheminement po&#233;tique. La nudit&#233; est l'outil d'une &#233;chapp&#233;e et en elle et par elle s'&#233;veille une histoire, qui part du quotidien pour mieux y puiser son exp&#233;rience spirituelle, jusqu'&#224; l'onirisme. Solitaire, tr&#232;s souvent confront&#233;e &#224; la nature, elle s'&#233;panouit dans l'isolement pour communier avec ses racines, celles de l'humanit&#233; en son Eden perdu, celles aussi des cultures pa&#239;ennes slaves (ou proto-indo-europ&#233;enne) dont l'animisme habitait le folklore, donnant un nom &#224; ce qui les d&#233;passait, cette force avivant les &#233;l&#233;ments, les for&#234;ts ou les lacs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/mikhail_leshchanka_island-63ee4.jpg?1509832384' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La nature est l&#224; o&#249; il faut se rendre ; la nudit&#233; est un d&#233;placement vers la rencontre avec soi-m&#234;me. Cette recherche est particuli&#232;rement explicite chez Serge Golovach, o&#249; il faut sortir des Enfers (des bunkers, des tanks) et se confronter au double pour atteindre la pl&#233;nitude, ainsi que chez Mikhail Leshchanka, pour qui la nudit&#233; transforme l'&#238;le en barque et devient invitation au bercement des flots. Chez Nikita Pirogov, la soif de cette communion se fait urgence du corps (voire du genre), presque anxieuse et maladroite. Elle trouve sa satisfaction chez Uladzimir Parfianok, o&#249; l'&#234;tre semble se purifier enfin par son immersion dans l'eau, et l'univers en t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6070 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/yaroslav_solop_trojan_horse_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH749/yaroslav_solop_trojan_horse_-6cc45.jpg?1772248687' width='500' height='749' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces photographies s'ajoutent deux vid&#233;os. La premi&#232;re, d'Alexander Isaenko, proc&#232;de de la m&#234;me invitation : un adolescent nu nous entra&#238;ne dans la for&#234;t, et, &#224; travers l'image saccad&#233;e au rythme des pulsations qui l'animent, jusqu'&#224; l'abstraction, il se fond dans les entrailles du bois (&#224; moins que ce ne soit le contraire) et se confond &#224; lui en un &#233;tat d'&#226;me visc&#233;ral. Dans la seconde, de Tigran Khachatryan, la nudit&#233; de l'homme accompagne les po&#232;mes des futuristes arm&#233;niens et nous engage &#224; la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH591/pavel_titovich_from_labyrinth-4a34d.jpg?1509832385' width='500' height='591' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; o&#249; ces corps nous guident, tels des passeurs du Styx, d'autres nous attendent. Nous rentrons dans leurs Terres. Le jeune prostitu&#233; d'Alexander Lepeshkin nous interpelle avec son nombril d&#233;nud&#233; comme un &#339;il, comme un point d'interrogation, et les avatars de Yaroslav Solop, incarnations de dieux et de mythes, hantent ces lieux que nous osons troubler par notre pr&#233;sence. M&#234;me dans les int&#233;rieurs cosy de Beso Uznadze, le corps devient mythologique, rejoignant le &#171; labyrinthe int&#233;rieur &#187; de Pavel Titovich, il est un objet qui se livre ou se d&#233;robe par la lumi&#232;re, sphinx poss&#233;d&#233; par son &#233;nigme. Celle d'une utopie enfouie dans ses vestiges.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/constellation_gemini._castor_and_pollux_yaroslav_solop_2012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/constellation_gemini._castor_and_pollux_yaroslav_solop_2012-2a883.jpg?1772248687' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, l&#224; o&#249; r&#232;gne la mythologie &#233;merge le rituel. La masculinit&#233;, projection sociale que l'on associe &#224; la virilit&#233;, est en elle-m&#234;me une chim&#232;re et, comme toute symbolique, s'arme d'usages, de r&#232;gles et de c&#233;r&#233;monies pour attester de son existence. L'histoire que propose l'exposition &#171; Un homme &#187; va cependant subvertir la notion de rite pour en faire non plus l'&#233;tape d'appartenance &#224; la communaut&#233; mais celle de son &#233;vasion. Si la double &#233;tymologie du mot rite signifie &#171; se relier &#187; et &#171; se recueillir &#187;, c'est avant tout dans la qu&#234;te de la connaissance de soi que les photographes se concentrent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6067 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/golovach_2001_ivan_bathed.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH739/golovach_2001_ivan_bathed-a416f.jpg?1772248687' width='500' height='739' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que la coutume russe consistant &#224; sauter par-dessus le feu est surtout pratiqu&#233;e en couple (&#171; la nuit d'Ivan Kupala &#187;), c'est seul que l'homme s'ex&#233;cute chez Golovach. Il s'&#233;l&#232;ve, se transforme en Herm&#232;s, figure d'or qui s'est nourrie du feu pour se d&#233;ployer. Quant &#224; la douce baignade de Parfianok, elle est un bapt&#234;me. Le terrible dialogue de Titovich est une incantation, la myst&#233;rieuse excursion de Leshchanka est un p&#232;lerinage, et les insolites montages de Solop sont des codes &#224; d&#233;chiffrer afin de comprendre l'invisible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/arshia_kiani_the_boy_-serie_ashoura_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH798/arshia_kiani_the_boy_-serie_ashoura_-7f8c4.jpg?1772248687' width='500' height='798' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exposition ach&#232;ve son voyage en Iran. Les corps mouvement&#233;s des photographies d'Arshia Kiani contrastent avec la force murmurante et la fragilit&#233; solitaire des slaves : c'est la c&#233;r&#233;monie de l'Achoura, comm&#233;moration funeste mais aussi je&#251;ne purificateur. Des hommes se mart&#232;lent le torse : la chair trouve son sens dans le partage collectif et le collectif dans la douleur. Un enfant, soudain, &#233;merge de la masse, et &#224; nouveau le silence. Quelque chose de contemplatif comme une pri&#232;re, de corporel comme une &#233;l&#233;vation, se tisse. Une nouvelle &#233;tape commence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La Galerie Hors-Champs pr&#233;sente&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Un Homme &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre III&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Exposition du 7 avril 2015 au 20 mai 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
Vernissage le 9 avril 2015 de 18 heures &#224; 21 heures&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images du corps masculin dans la photographie contemporaine de la Russie &#224; l'Iran&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexander Isaenko (Ukraine) - Alexander Lepeshkin (Russie) - Arshia Kiani (Iran) - Beso Uznadze (G&#233;orgie) - Mikhail Leshchanka (Bi&#233;lorussie) - Nikita Pirogov (Russie) - Pavel Titovich (Russie) - Serge Golovach (Russie) &#8211; Tigran Khachatryan (Arm&#233;nie) - Uladzimir Parfianok (Bi&#233;lorussie) - Yaroslav Solop (Ukraine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commissaire d'exposition : Camilo Racana&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>EST MEMORIALE</title>
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		<dc:date>2014-03-24T00:20:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ciro Vitale et Pier Paolo Patti</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>
		<dc:subject>cityscape</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Italie</dc:subject>
		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Shiryaevo biennale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;4300 km parcourus en 12 jours pour atteindre Shirayaevo, en passant par la Gr&#232;ce, la Bulgarie, la Roumanie, la Moldavie, l'Ukraine et la Russie. Ce fut un long voyage &#224; travers ce morceau historique de l'Europe de l'Est qui trace la fronti&#232;re entre l'Est et l'Ouest.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Carnet-de-voyage" rel="tag"&gt;Carnet de voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Shiryaevo" rel="tag"&gt;Shiryaevo biennale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH78/arton529-edf46.jpg?1772242020' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;4300 km parcourus en 12 jours pour atteindre Shirayaevo, en passant par la Gr&#232;ce, la Bulgarie, la Roumanie, la Moldavie, l'Ukraine et la Russie. Ce fut un long voyage &#224; travers ce morceau historique de l'Europe de l'Est qui trace la fronti&#232;re entre l'Est et l'Ouest.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/253160886?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/253160886&#034;&gt;Est memoriale video - Ciro Vitale et Pier Paolo Patti&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/user25678686&#034;&gt;TK-21&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelque part&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup parl&#233; des contradictions &#233;manant des pays de l'ex-U.R.S.S. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps reste d&#233;finitivement l'&#233;l&#233;ment qui appelle une profonde r&#233;flexion de notre part : il semble parfois suspendu &#224; la m&#233;moire du communisme, d'autres fois il semble chercher insatiablement libert&#233; et bien-&#234;tre. Commen&#231;ant par les diff&#233;rences, notre but est de souligner les dangers du processus d'occidentalisation, le premier &#233;tant le risque de ratification au syst&#232;me capitaliste qui peut s'auto-d&#233;truire dans une lourde crise &#233;conomique comme celle que nous traversons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail r&#233;alis&#233; pour la 7&#232;me Biennale d'Art Contemporain de Shiryaevo repr&#233;sente le r&#233;sum&#233; de notre exp&#233;rience pour montrer, par un point de vue contrast&#233;, l'h&#233;ritage d'une histoire qui marque encore les peuples de l'Est. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/kurumoch.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/kurumoch-dd48d.jpg?1772200398' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Kurumoch
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Somewhere&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;4300 km driven in 12 days to reach Shiryaevo, passing through Greece, Bulgary, Romania, Moldova,Ukraina and Russia. It was a long journey through that historical piece of Eastern Europe that trace the boundary between East and West.&lt;br class='autobr' /&gt;
Many considerations have been made about the contradictions produced by ex-U.R.S.S. countries.&lt;br class='autobr' /&gt;
The &#034;time&#034; is definitely the element that call us for huge reflections : it sometimes seems to be hang to comunism memoirs, other times it seems to long freedom and wellness. Starting form the differences, our aim is to underline the dangers of the westernization process, first of all the risk of ratification into the capitalistic system, which is always ready to explode into heavy financial crisis like the one we are going to.&lt;br class='autobr' /&gt;
The work realized for the VIII Shiryaevo Biennale of Contemporary Art is an image that represents the summary of our experience to show, into a contrasting point of view, the legacies of an history that still mark eastern people.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/lviv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/lviv-7e210.jpg?1772200398' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Lviv
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Da qualche parte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;4300 km percorsi e 12 giorni in auto per arrivare a Shirayaevo, attraversando Grecia, Bulgaria, Romania, Moldavia, Ucraina e parte della Federazione Russa ; tutta quella parte dell'Europa dell'est che storicamente mette in relazione Oriente e Occidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Molte sono state le considerazioni fatte sulle contraddizioni che esprimono i paesi dell'ex Unione Sovietica o che ad essa facevano riferimento, il &#8220;tempo&#8221; &#232; l'elemento che in modo predominante impone delle riflessioni, esso a volte sembra sospeso nella memoria del comunismo, altre volte invece sembra divorato da un'insaziabile fame di benessere e di libert&#224;. Il nostro obbiettivo &#232; di evidenziare le differenze, ma sottolineare anche i pericoli che l'occidentalizzazione porta con se, primo su tutti il rischio dell'omologazione in un sistema capitalistico che si &#232; dimostrato pi&#249; volte pronto ad esplodere in gravissime crisi finanziarie come quella attuale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'immagine realizzata per l'&lt;i&gt;VIII Shiryaevo Biennale of Contemporary Art&lt;/i&gt;, rappresenta la sintesi di questa esperienza, ma soprattutto di tutti i contrasti ereditati dalla storia recente e che ancora segnano la vita dei popoli dell'est.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/map_of_the_journey.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH299/map_of_the_journey-28adb.jpg?1772200398' width='500' height='299' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Map of the journey
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/on_the_road.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/on_the_road-ad6d7.jpg?1772200398' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;On the road
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pier Paolo Patti - Ciro Vitalle
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Partners :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
VIII Shiryaevo Biennale of Contemporary Art&lt;br class='autobr' /&gt;
Galleria Primo Piano, Napoli&lt;br class='autobr' /&gt;
Galleria Studio Legale, Napoli&lt;br class='autobr' /&gt;
BAD - bunker art division, Casandrino, Napoli&lt;br class='autobr' /&gt;
Tekla - Scafati, Salerno&lt;br class='autobr' /&gt;
Di.St.Urb.- distretto di studi e relazioni urbane, Scafati, Salerno Ferro Tre - circolo culturale&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;traduction fran&#231;aise Anne H&#233;mion&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/odessa_001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/odessa_001.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;533&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Odessa
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Road Movie Horizon</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Road-Movie-Horizon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Road-Movie-Horizon</guid>
		<dc:date>2014-02-25T16:57:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ann Korzhova et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Samara</dc:subject>
		<dc:subject>post-histoire</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous pensons que les images disent ce que nous voyons. En fait, elles disent ce que nous sommes. Mais l'&#234;tre dont elles nous parlent, il se pourrait bien qu'il ne convienne pas &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/landscape" rel="tag"&gt;landscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Samara" rel="tag"&gt;Samara&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/post-histoire" rel="tag"&gt;post-histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH110/arton515-c06e0.jpg?1772251637' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous pensons que les images disent ce que nous voyons. En fait, elles disent ce que nous sommes. Mais l'&#234;tre dont elles nous parlent, il se pourrait bien qu'il ne convienne pas &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;padding:75% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/363550364?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/363550364&#034;&gt;Anna Korzhova - ROAD MOVIE_HORISON&lt;/a&gt; from &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/user25678686&#034;&gt;TK-21&lt;/a&gt; on &lt;a href=&#034;https://vimeo.com&#034;&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous pr&#233;f&#233;rons croire &#224; la premi&#232;re hypoth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi aussi certains artistes s'obstinent &#224; creuser le sillon d'autres possibilit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Anna Khorzova avec Road Movie Horizon pose deux questions. La premi&#232;re concerne en effet l'horizon. C'est le v&#233;ritable sujet de la vid&#233;o. L'horizon cens&#233; &#234;tre une ligne, la ligne ind&#233;passable o&#249; se rejoignent le ciel et la terre, appara&#238;t ici en proie &#224; des variations constantes et subtiles, &#224; des effets de d&#233;composition et de recomposition, comme si cette certitude datait du temps o&#249; la terre &#233;tait plate. Aujourd'hui elle est mouvement, vitesse, superpositions, d&#233;calages, bref tout sauf une boule ronde pour ceux qui la parcourent dans des v&#233;hicules lanc&#233;s &#224; grande vitesse &#224; travers l'air comme sur les routes. L'horizon variable qui nous est montr&#233; ici est pourtant encore une sorte d'image d'une r&#233;alit&#233; ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de cette vid&#233;o en particulier nous dit aussi autre chose. Cela ne concerne plus le paysage mais notre vision du monde et nous-m&#234;mes. Nous ne sommes, dans la nuit de la vitesse du d&#233;placement, qu'une bande passante, un &#233;metteur de signaux incertains, une coul&#233;e liquide de flux lumineux qui ne semblent m&#234;me pas adress&#233;s &#224; quelqu'un. Nous glissons, nous passons, nous sommes flux travers&#233; de flux et rien d'autre. C'est d&#233;j&#224; beaucoup, mais &#231;a ne correspond en rien &#224; l'image que nous tenons &#224; garder de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ce Road Movie Horizon nous conduit-il &#224; penser aussi &#224; l'agencement entre flux et lignes, entre vision norm&#233;e et vision quantique, entre image reconnaissable et image fluide. Oui, ici, nous sommes litt&#233;ralement au seuil de la mati&#232;re visuelle, l&#224; o&#249;, d&#233;compos&#233;e en flux lumineux, elle se recompose quelques instants au gr&#233; de la lumi&#232;re du jour r&#233;v&#233;lant un monde instable s'accrochant &#224; l'horizon, cette ligne faite de millions de lignes mobiles, comme on s'accroche &#224; un morceau de bois lorsque le navire fait naufrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roulant &#224; toute allure sur la terre-m&#232;re, nous vivons un naufrage visuel et nous d&#233;couvrons lentement notre nouveau statut paradoxal. Ce que nous voyons ici, c'est un peu de notre corps int&#233;rieur, un peu de ces millions de mouvements qui le font agir, c'est un peu de notre corps int&#233;rieur devenu images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.tk-21.com/Lines-and-bandwidth' class=&#034;spip_in&#034; hreflang=&#034;en&#034;&gt;English &#8212;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Screen-Scape</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Screen-Scape-495</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Screen-Scape-495</guid>
		<dc:date>2014-01-19T22:14:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>exposition</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Samara</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Landscreen / Monster scape,&lt;br class='autobr' /&gt;
Memoryscreen / Unforgettable scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape Object / Life screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Body scape / Eros screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Bodyscreen / Inside scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
City screen / Abstract scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape as Screen / Screen as Scape&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Expositions" rel="directory"&gt;Expositions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Samara" rel="tag"&gt;Samara&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton495-04c2e.jpg?1772262107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Landscreen / Monster scape,&lt;br class='autobr' /&gt;
Memoryscreen / Unforgettable scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape Object / Life screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Body scape / Eros screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Bodyscreen / Inside scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
City screen / Abstract scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape as Screen / Screen as Scape&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour sa huiti&#232;me &#233;dition, &#171; Screen : Between Europe and Asia &#187;, Shiryaevo Biennale of Contemporary Art a demand&#233; &#224; Jean-Louis Poitevin et &#224; Martial Verdier de pr&#233;senter un programme d'&#339;uvres, photographiques et vid&#233;os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de la biennale a inspir&#233; directement la probl&#233;matique et orient&#233; le choix des &#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir des notions de &lt;i&gt;screen&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;scape&lt;/i&gt;, termes qui recoupent directement les questionnements privil&#233;gi&#233;s par TK-21 LaRevue, c'est la question des cadres implicites ou explicites qui &#224; la fois permettent &#224; un regard d'exister, le d&#233;terminent et le limitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En faisant du &#171; screen &#187; notre &#171; scape &#187; nous transformons chaque &#233;l&#233;ment de notre vie en un &#171; scape &#187; dont le devenir le plus glorieux est de venir couler sans fin sur les &#171; screen &#187; de nos villes et de nos maisons, de nos cerveaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant d&#233;couvrir des artistes d'orient, de Chine et de Cor&#233;e en particulier, nous avons voulu aussi, non seulement r&#233;pondre &#224; la th&#233;matique g&#233;n&#233;rale de la biennale, mais faire d&#233;couvrir des &#339;uvres et des artistes inconnus en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons enfin voulu d&#233;cliner ce cadre g&#233;n&#233;ral de r&#233;flexion &#224; travers des exemples &#224; la fois vari&#233;s et signifiants. Landscreen / Monster scape, Memoryscreen / Unforgettable scape, Object scape / Life screen, Body scape / Eros screen, Bodyscreen / Inside scape, City screen / Abstract scape, Screen as Scape / Scape as Screen, &#224; travers ces titres nous avons voulu aussi donner une image parfois tragique parfois dr&#244;le, toujours intense, des lignes de tension qui parcourent notre monde mais aussi nos esprits et traversent nos corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la grande invit&#233;e de cette exposition, c'est &#171; l'image &#187;, notion fant&#244;me qui fait &#233;cho en nous &#224; cet &#171; obscur objet du d&#233;sir &#187;, pr&#233;sent partout et saisissable nulle part. Comme si nous voulions faire ce pari fou de construire une &#171; image &#187; de &#171; l'image &#187; &#224; la fois radicale et plus troublante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb3922|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
For its eighth edition, &#034;Screen : Between Europe And Asia&#034;, the Shiryaevo Biennale of Contemporary Art asked Jean-Louis Poitevin and Martial Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;The title of the biennial directly inspired the theme, and guided the choice of works.&lt;br class='autobr' /&gt;
The notions of &#034;screen&#034; and &#034;scape&#034;, are two of the main questions of TK-21 LaRevue. The question of implicit and explicit stages which at the same time allow the look to exist, determine it and limit it.&lt;br class='autobr' /&gt; By making the &#034;screen&#034; our &#034;scape&#034;, we transform every part of our lives into a &#034;scape&#034; which most glorious outcome is to become the endless flow coming on &#034;screen&#034; in our cities and our homes, in our brains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By presenting oriental artists from China and Korea in particular, we not only wanted to meet the general theme of the biennial, but also to show works and artists unknown in Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finally, we wanted to translate this general frame of thinking through examples both varied and meaningful. &lt;br class='autobr' /&gt;
Landscreen / Monster scape,&lt;br class='autobr' /&gt;
Memoryscreen / Unforgettable scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape Object / Life screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Body scape / Eros screen, &lt;br class='autobr' /&gt;
Bodyscreen / Inside scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
City screen / Abstract scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
Scape as Screen / Screen as Scape, &lt;br class='autobr' /&gt;
through these titles we wanted to also give a sometimes funny sometimes &lt;br class='autobr' /&gt;
tragic picture, always intense power lines that run our world, but also &lt;br class='autobr' /&gt;
through our minds and our bodies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But the greatest guest of this exhibition is the &#034;image&#034; itself, ghost notion that echoes in us to this &#034;obscure object of desire&#034; everywhere and nowhere grasped. As if we wanted to perform the somewhat crazy idea of building a &#034;picture&#034; of the &#034;image&#034; both radical and disturbing.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6214 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/pdf/samara_catalogue.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.8 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L300xH426/catsamara-2-44e5f.jpg?1772246169' width='300' height='426' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Catalogue de l'exposition
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#224; t&#233;l&#233;charger&lt;br class='autobr' /&gt;
Exhibition booklet to download
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb3925|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Demander le programme</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Demander-le-programme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Demander-le-programme</guid>
		<dc:date>2013-08-29T23:09:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Comit&#233; de r&#233;daction et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>Russie</dc:subject>
		<dc:subject>Samara</dc:subject>
		<dc:subject>exposition</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans le cadre de la biennale internationale de Samara, Russie, Jean-Louis Poitevin et Martial Verdier, ont con&#231;u et pr&#233;sent&#233; une exposition autour du th&#232;me de cette biennale, la notion de screen entre orient et occident.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Russie" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Samara" rel="tag"&gt;Samara&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/exposition" rel="tag"&gt;exposition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton429-5d02d.jpg?1772262107' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre de la biennale internationale de Samara, Russie, Jean-Louis Poitevin et Martial Verdier, ont con&#231;u et pr&#233;sent&#233; une exposition autour du th&#232;me de cette biennale, la notion de screen entre orient et occident.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce projet se situe dans la droite ligne des r&#233;flexions engag&#233;es par TK-21 LaRevue depuis maintenant plus de deux ans. Ce projet a pour titre &lt;strong&gt; Screen / Scape&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;r&#233;volution visuelle / r&#233;volution mentale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/21-mv-samara-5877.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/21-mv-samara-5877-41ca1.jpg?1772191572' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notre regard a mut&#233;. Pli&#233; aux angles des &#233;crans, il glisse sans fin d&#233;sormais sur l'infinie surface de la trame. Ou plut&#244;t, c'est la trame qui embarque notre regard, ind&#233;finiment. Le regard, les supports et les formes agissent ensemble pour permettre aux hommes d'acc&#233;der &#224; des visions qui soient aussi des extases.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les parois des grottes permettaient d&#233;j&#224; de faire trembler les animaux pour des regards hallucin&#233;s. Les grands vitraux des cath&#233;drales ont fait de la lumi&#232;re le support d'hallucinations color&#233;es. La trame math&#233;matique de la perspective a permis de conf&#233;rer aux objets des visions humaines une hallucinante stabilit&#233;. La fixit&#233; du regard photographique a ouvert la porte au r&#233;veil des fant&#244;mes de tous les temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui les &#233;crans peuplent le monde de leur trame invisible. &#192; chaque instant ils nous offrent la possibilit&#233; d'assister, fascin&#233;s et tremblants, &#224; la r&#233;surrection de notre v&#233;cu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre paysage mental est en train de prendre une nouvelle forme, d'acc&#233;der &#224; de nouveaux territoires, de s'inventer une nouvelle consistance. Les &#171; screen &#187; ouvrent en nous autant de &#171; scape &#187; qu'il y a de sujet. Le pictorial s'exhibe sans retenue sous forme d'images instables ne trouvant leur consistance que dans l'obstination de nos regards &#224; leur conf&#233;rer une puissance d'&#233;vocation.&lt;br class='autobr' /&gt;
En faisant du &#171; screen &#187; notre &#171; scape &#187; nous transformons chaque &#233;l&#233;ment de notre vie un &#171; scape &#187; dont le devenir le plus glorieux est de venir couler sans fin sur les &#171; screen &#187; de nos villes et de nos maisons, de nos cerveaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sormais, nous nos r&#234;ves habitent nos cerveaux mais comme des h&#244;tes &#233;trangers. Ils le font d'une mani&#232;re si troublante que nous esp&#233;rons que ce r&#234;ve deviendra r&#233;alit&#233;. Nous oublions ainsi qu'il est r&#233;el comme l'est un r&#234;ve, une ivresse ou une extase : il ne dure que le temps d'un r&#234;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi nous nous d&#233;battons entre le d&#233;sir imp&#233;rieux de savoir si ce r&#234;ve est vrai ou si quelque chose d'autre persiste en nous qui le contredirait et la crainte de v&#233;rifier ce que nous savons pourtant dans notre chair m&#234;me, si cet instant, m&#234;me s'il est aussi long que la vie, est aussi infini que l'&#233;ternit&#233; m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce projet est devenu une exposition de photographies et de vid&#233;os dans un espace de six cents m&#232;tres carr&#233;s. Les &#339;uvres des photographes et les vid&#233;astes pr&#233;sents dans cette exposition ont toutes fait l'objet d'analyse dans TK-21 LaRevue ou le feront tr&#232;s bient&#244;t. Il est donc possible &#224; partir des num&#233;ros 24 et 25 essentiellement consacr&#233;s &#224; cette exposition, mais aussi &#224; partir des archives de la revue, de partir &#224; la d&#233;couverte de cette exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voici le programme d&#233;taill&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Land screen / Monster scape&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les monstres &#233;nerg&#233;tiques dans le paysage d'aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01-mv-samara-9354.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/01-mv-samara-9354-e796b.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Olivier Perrot &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Radiation, 6'26&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha taebum &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Wargames 1, 3'49&lt;br class='autobr' /&gt;
Dance on the city, 4'20&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martial Verdier&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les Monstres &#187; (Monsters), Marseille/Fos 2013&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Memory screen / Unforgettable scape&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moire archives images d'images et formation d'une nouvelle strate mentale&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/35-mv-samara-0209.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/35-mv-samara-0209-fb534.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alexandrine Boyer&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Incantation cin&#233;ma, 3'00&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salvatore Puglia&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;An etiquette lesson, 5'50 ; 2001&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Galatry&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Frioul blanc, 2006, 2'50 (White Frioul)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chan Kai-yuen &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Qing, 1'12&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gao Jie &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le premier film du monde, un pari sur le cheval, 1872, 1'&lt;br class='autobr' /&gt;
(The very first film of the world, a bet on the horse, 1872) 1'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daphn&#233;e Le Sergent&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;My split eye, 8', 2011&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salvatore Puglia&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Wilderatlas &#187; installation, variable format, report on fabric, 1997-2010&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chong Jae-Kyoo&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Indian ink 3D &#187;, 2013, 66,5 x 47,5 cm, photo/papier kraft&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Charlot 3D &#187;, (30.7 x 39.9 cm) x 10, photo / kraft-paper, 2013&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Scape as Screen / Screen as Scape&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des images r&#233;fl&#233;chissant l'image en rendant sensible sa puissance de r&#233;p&#233;tition&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/40-mv-samara-0226.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/40-mv-samara-0226-91264.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Daphn&#233;e Le Sergent &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;24 photos I occupied &#187; 8'39&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Robert &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ondes &#187; 14'&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandrine Boyer&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Mirage, 2'12&lt;br class='autobr' /&gt;
Rue Fran&#231;ois Lehmann, 3'&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Lecomte &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Imago, 2007, 4'58&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Guy Lathuiliere&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;[Summer] heavy rain / moscow, july of 2005, 8'43&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Body scape / &#201;ros screen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les voies secr&#232;tes du d&#233;sir entre peau et profondeurs abyssales&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/30-mv-samara-0196.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/30-mv-samara-0196-1901c.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sophia Aboulkassem &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Betty &#187; 2009, 1'06&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La petite mort &#187; (Little Death) 2013, 1'25 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martial Verdier&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Une journ&#233;e particuli&#232;re &#187; (A Special Day) 2011, 1'19&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mistress Cindy &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ikebana 17'&lt;br class='autobr' /&gt;
Your mouth is the expression of the Heart 11'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chan Kai-yuen &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ha-Billets_l'origine du monde, 0'41&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martial Verdier&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le tarot sauvage &#187; (Wild tarot) 40 x 50 cm, 2012 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Body screen / Inside scape&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le corps dans tous ses &#233;tats, d&#233;compos&#233; par l'image, ressuscit&#233; dans l'image, m&#233;tamorphos&#233; par l'image&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20-mv-samara-5872.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/20-mv-samara-5872-8d239.jpg?1772191572' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Damien Valero&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Modulor 2013, 2'48, loop&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie Lecomte &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; O &#187;, 2007, 4'58&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xavier Lucchesi&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Thorax abdo &#187; 1'40 (x2)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tricolor &#187;, 2'22&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chan Kai-yuen &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Kiss, 1'08&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chang Soe-Young &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; The Toddler &#187; 2009, 7'27&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh Jaewoo &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Echoes, part 1 &amp; 2, 4'53&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Xavier Lucchesi&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Portraits interieurs &#187; (Inside portraits),&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chen Mei-tsen&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Astres &#187; (Stars) 2006,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;City screen / Abstract scape&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La ville mutante devenant image et support d'images&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02-mv-samara-0201.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/02-mv-samara-0201-5343a.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Maud Maffei&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Flowing Sun, Video installation Video projected on polyester fabric, 2012, 5'05 on loop &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Fabian &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Travelling &#8211; Londres, 4'24&lt;br class='autobr' /&gt;
Travelling - Lucerne &#8211; Ile d'Yeu, 3'52&lt;br class='autobr' /&gt;
Travelling &#8211; Lausanne, 1'44&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martial Verdier &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;I am a real artist, 2010, 1'53&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;dicte Plaige &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;8 mn de pas (8' of steps)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gao Jie&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ouvrir la porte, 3'22&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;dicte Plaige&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Photo &#171; yellow sequences &#187; &#177; 160 cm x 90 cm&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Object Scape / Life screen&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du quotidien revu et transform&#233; par la puissance plastique de l'image et l'intime apparaissant comme monde&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/26-mv-samara-0187.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/26-mv-samara-0187-8dceb.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oh Jaewoo &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Collectors choice, 14'41&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Fabian&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Interiors - Lucerne - KKL&lt;br class='autobr' /&gt;
Interiors - Rotterdam - Europoort&lt;br class='autobr' /&gt;
Interiors - Rotterdam &#8211; Willemsbrug (1'20 x3)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Robert &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Cris, 4'33&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ulice Deborne &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;By my CAR, even (ma VOITURE m&#234;me) 4'25&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Guy Lathuiliere &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Srilanka, 4'28&lt;br class='autobr' /&gt;
CityScape 4'17&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Perrot&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#8220;110 photogrammes Etudes sur la vitesse de la lumi&#232;re&#8221; 6'31 &lt;br class='autobr' /&gt;
(110 photogrammes Studies on the speed of light)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Fabian&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;S&#233;rie &#171; Int&#233;rieurs &#187; 2012&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Soussan&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Shirts and Chairs, 2013&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Perrot&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Photogrammes, 2012&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01-mv-samara-9355.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/01-mv-samara-9355-95957.jpg?1772191572' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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