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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Chronos et Saturne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>
		<dc:subject>apartheid</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Comment juguler la spirale de la violence ? &#187; se demandaient &#224; cette &#233;poque les journalistes en &#233;voquant la situation en Afrique du Sud et certains qualifiaient m&#234;me cette spirale d'infernale.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2511-d0f71.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comment juguler la spirale de la violence ? &#187; se demandaient &#224; cette &#233;poque les journalistes en &#233;voquant la situation en Afrique du Sud et certains qualifiaient m&#234;me cette spirale d'infernale. Une spirale infernale de violence, c'est l'une des expressions de l'extr&#234;me pour un journaliste occidental moyen effectuant une lecture confortable des d&#233;p&#234;ches &#233;mises par les agences de presse, mais on ne peut masquer le fait que la situation &#233;tait extr&#234;mement tendue &#224; cette &#233;poque-l&#224; en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_21545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L469xH707/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_11_54.03-d880f.jpg?1722010523' width='469' height='707' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression internationale, pour lever les sanctions &#233;conomiques, il faut bien que les affaires reprennent, le gouvernement sud-africain n&#233;gociait avec l'African National Congress, l'ANC, la fin de l'apartheid et peut &#234;tre m&#234;me aussi un relatif partage du pouvoir, mais tout cela ne plaisait &#233;videmment pas au parti conservateur, donc &#224; la frange la plus dure de la population blanche, ni, plus curieusement, aux Zoulous. C'&#233;tait politiquement compliqu&#233;, l'ins&#233;curit&#233; &#233;tait partout et il y avait vraiment de quoi effrayer un journaliste occidental, confortable lecteur des d&#233;p&#234;ches d'agence, car le pays s'ab&#238;mait dans la violence, violence politique, violence criminelle, ou les deux &#224; la fois. Explosion de criminalit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par la r&#233;cession &#233;conomique, elle-m&#234;me g&#233;n&#233;r&#233;e par les sanctions &#233;conomiques, r&#233;pression polici&#232;re g&#233;n&#233;r&#233;e par l'explosion de la criminalit&#233; mais aussi et surtout par le racisme end&#233;mique, violence entre groupe ethnico-politiques, les Xhosas ayant majoritairement rejoint l'ANC, les Zoulous ayant fond&#233; l'Inkatha, financ&#233; par le gouvernement pour faire barrage &#224; l'ANC, les Afrikaners, des blancs d'origine n&#233;erlandaise, se r&#233;clamant majoritairement du parti conservateur, exactions commises par les escadrons de la mort &#224; la solde du parti conservateur alli&#233; au parti n&#233;o-nazi lui-m&#234;me majoritairement afrikaner. La col&#232;re grondait aussi bien dans les townships que dans les r&#233;sidences surveill&#233;es des blancs, la haine se r&#233;pandait partout, alors que l'heure e&#251;t d&#251; plut&#244;t &#234;tre pr&#233;paratoire &#224; la d&#233;tente, mais la vraie politique n'est jamais facile, surtout sur fond de racisme end&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L462xH703/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_12.51_01-a1888.jpg?1722010523' width='462' height='703' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plant&#233; tout droit au milieu de la large et belle avenue arbor&#233;e de la ville du Cap, le monsieur corpulent et &#226;g&#233; portant chapeau &#224; blaireau &#233;prouvait une vive col&#232;re lui aussi car des enfants faisaient mine de vouloir attraper les petits &#233;cureuils qui se d&#233;pla&#231;aient par bonds l&#233;gers et gracieux sur les pelouses bordant les contre-all&#233;es de la large et belle avenue arbor&#233;e de la ville du Cap. Il brandissait vivement, mais dignement, un doigt court, courrouc&#233; et moralisateur vers ces enfants qui troublaient sans vergogne les &#233;bats des petits rongeurs car toute cr&#233;ature de Dieu a le droit au respect, &#224; la libert&#233; et &#224; la paix prof&#233;rait-il d'un ton docte dans une langue fort gutturale. Les enfants, intimid&#233;s, abandonn&#232;rent leur jeu, les &#233;cureuils inquiets qui avaient paru un temps comme suspendus dans l'air se remirent &#224; bondir l&#233;g&#232;rement et gracieusement sur les pelouses bordant les contre-all&#233;es et le vieux monsieur &#224; blaireau, un Afrikaner, reprit son chemin en s'appuyant dignement sur sa canne sculpt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L462xH707/capture_d_e_cran_2024-05-15_a_19.05_23-5421d.jpg?1722010523' width='462' height='707' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'hiver austral &#233;tait glacial et d&#233;tremp&#233; et un manteau de brumes charbonneuses enveloppait la ville du Cap. A l'extr&#234;me pointe de Bonne Esp&#233;rance, sous une pluie furieuse, des paquets d'oc&#233;an se lan&#231;aient &#224; l'assaut des falaises et les vagues gigantesques rejetaient sur les rochers d&#233;goulinants des algues monstrueuses dont les tiges, grosses comme des lances &#224; incendie, &#233;taient parcourues par des colonnes noires d'&#233;normes insectes aquatiques. Tout semblait vouloir se dissoudre dans ce soir africain d'une fin du monde glaireuse. Une humidit&#233; de mis&#232;re impr&#233;gnait tout, la nature, la ville, ses immeubles, nos v&#234;tements, nos cerveaux. En compagnie d'un militant de l'ANC, nous f&#238;mes quelques pas dans le plus grand township du Cap, situ&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres seulement de la belle avenue arbor&#233;e, ville dans la ville bien qu'aux franges de la ville, double n&#233;gatif de la ville, ville o&#249; tout est n&#233;gatif et n&#233;gation, anti-ville concentrant plusieurs centaines de milliers de personnes, cercle surnum&#233;raire de l'Enfer de Dante constitu&#233; d'un bidonville colossal uniquement peupl&#233; d'innocents.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH337/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_12.56_02-394c4.jpg?1722010523' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des petits groupes de gens recouverts de ce qu'ils pouvaient pour les prot&#233;ger du froid et sortis de baraques bancales faites de planches et de plaques de t&#244;le r&#233;cup&#233;r&#233;es s'agglutinaient autour de braseros de fortune, pots vid&#233;s de leur peinture ou bidons vid&#233;s de leur essence. Fum&#233;es sales, boue, brouillasse, d&#233;tritus, ingr&#233;dients d&#233;l&#233;t&#232;res et presque banaux de la tr&#232;s grande mis&#232;re du Monde. Dans la ville du Cap certains n'h&#233;sitaient pas &#224; prendre la d&#233;fense des &#233;cureuils des contre-all&#233;es arbor&#233;es mais supportaient que, pratiquement &#224; leur porte, des centaines de milliers d'humains grouillent dans des pourrissoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L459xH707/capture_d_e_cran_2024-05-15_a_19.10_34-8be0e.jpg?1722010523' width='459' height='707' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notre guide nous raccompagna &#224; notre h&#244;tel o&#249; nous l'invit&#226;mes, bien s&#251;r, &#224; partager notre repas. Nous logions dans un b&#226;timent massif, une tr&#232;s grosse prison transform&#233;e depuis peu en &#233;cole de commerce priv&#233;e. Durant les cong&#233;s universitaires, l'administration louait aux gens de passage les chambres des &#233;tudiants, anciennes cellules r&#233;am&#233;nag&#233;es luxueusement. Apr&#232;s nous avoir abondamment d&#233;crit les efforts d&#233;ploy&#233;s par l'ANC en vue d'organiser un tant soit peu le township, d'apporter des satisfactions aux besoins premiers des gens, ramassage des ordures, &#233;vacuation des eaux us&#233;es et des d&#233;jections, cr&#233;ation d'&#233;coles primaires et de dispensaires, notre h&#244;te nous confia qu'il avait v&#233;cu quelques temps en ces lieux, qu'il y avait m&#234;me pass&#233; de nombreux mois, non pas en qualit&#233; d'&#233;tudiant, non pas en qualit&#233; de voyageurs de passage, puisqu'il vivait au Cap, mais en celle de prisonnier politique. Les temps changeaient donc puisqu'on transformait les prisons en &#233;cole pour &#233;tudiants fortun&#233;s et m&#234;me en h&#244;tels de luxe pendant leurs vacances. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous rencontr&#226;mes Ian au si&#232;ge de l'ANC &#224; Johannesburg. Ian, d'origine anglaise et de sensibilit&#233; marxiste, &#233;tait l'un des tr&#232;s rares militants de race blanche du Congr&#232;s. A la direction internationale, il &#233;tait m&#234;me un permanent sp&#233;cialis&#233; dans les questions militaires et diplomatiques. Son engagement contre nature, aux yeux du pouvoir blanc, lui avait valu, &#224; lui aussi, quelques ann&#233;es de prison, suivis de quelques ann&#233;es d'exil. C'&#233;tait un petit homme trapu et jovial qui vivait avec une jeune universitaire, &#233;galement militante de l'ANC, ce qui &#233;tait absolument exceptionnel puisque d'origine afrikaner. Nous sympathis&#226;mes imm&#233;diatement et Ian nous entra&#238;na dans un lieu &#233;trange pour l'Afrique du Sud de cette &#233;poque, un pub de son quartier o&#249; se retrouvait la jeunesse blanche lib&#233;rale, une enclave exotique et paisible dans un Johannesburg quasiment sur le pied de guerre. En &#233;clusant quelques pintes, il nous raconta son histoire et nous d&#233;crivit ses r&#234;ves et ses espoirs, nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L467xH704/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_13.07_42-badad.jpg?1722010523' width='467' height='704' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, nous retrouv&#226;mes Ian &#224; Paris alors qu'il revenait d'un colloque au Pays-Bas. Ses r&#234;ves et ses espoirs &#233;taient tous sur le point de se r&#233;aliser. L'ANC avait pris le pouvoir, la vie des gens allait &#234;tre boulevers&#233;e, le racisme et l'effroyable injustice allaient &#234;tre jet&#233;es dans les poubelles de l'Histoire et, quant &#224; lui, il venait juste de se marier avec la jeune universitaire, l'incursion au Pays-Bas constituant ainsi une sorte de voyage de noces. Nous les h&#233;berge&#226;mes deux ou trois jours, lui et son &#233;pouse, leur f&#238;mes visiter la capitale que ni l'un ni l'autre ne connaissaient, puis ils reprirent l'avion pour Johannesburg et disparurent d&#233;finitivement. Malgr&#233; diverses tentatives pour reprendre contact, nous n'e&#251;mes plus jamais de nouvelles de Ian et de son &#233;pouse, et nous craignons beaucoup qu'ils aient &#233;t&#233; aval&#233;s, eux aussi, par une nouvelle spirale de violence car les lendemains r&#233;volutionnaires ne sont jamais calmes et bien des ambitions et des app&#233;tits f&#233;roces ne manquent jamais de se manifester. En effet, quasiment au lendemain de sa victoire, l'ANC commen&#231;a par r&#233;gler quelques comptes en son sein, de se purger de quelques &#233;l&#233;ments moins d&#233;sirables, ou pas d&#233;sirables du tout, conflits entre factions, conflits entre personnes, conflits pour le pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chronos n'est pas une &#171; rivi&#232;re gentille &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; l'un des derniers dessins de Louise Bourgeois figurant une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir aux townships, ils &#233;taient &#224; l'&#233;poque divis&#233;s en trois secteurs qui n'entretenaient strictement aucunes relations entre eux. Le premier &#233;tait constitu&#233; des bidonvilles o&#249; la vie &#233;tait indigne et o&#249; les membres de l'ANC investissaient toute leur &#233;nergie &#224; tenter d'am&#233;liorer le quotidien des gens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L463xH701/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_13.11_16-19f2f.jpg?1722010523' width='463' height='701' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_21550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L471xH707/capture_d_e_cran_2024-05-16_a_13.16_16-8f1f2.jpg?1722010523' width='471' height='707' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le second regroupait les &#171; hostels &#187;, sortes de pensions-dortoirs qui h&#233;bergeaient les travailleurs venus d'autres r&#233;gions et qui &#233;taient source de d&#233;fiance, voire de peur irr&#233;pressible, car tous disaient qu'ils &#233;taient contr&#244;l&#233;s par l'Inkhata, le parti zoulou, qui &#224; partir d'eux perp&#233;trait des op&#233;rations meurtri&#232;res. Le troisi&#232;me, bizarrement, &#233;tait compos&#233; de lotissements &#224; l'am&#233;ricaine o&#249; la petite bourgeoisie noire &#233;mergente bourrait d&#233;j&#224; ses habitations de la m&#234;me pacotille &#233;lectronique et des m&#234;mes meubles de parvenus que la petite bourgeoisie blanche. Ici, dans ce troisi&#232;me secteur, on ne faisait pas de politique. On attendait tout simplement que les actions politiques des autres produisent enfin leurs fruits, que ces actions finalement aboutissent pour que l'on commence enfin &#224; vraiment gagner de l'argent, car ici, dans ce troisi&#232;me secteur, ce dont on parlait c'&#233;tait essentiellement d'argent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le soir, tandis que les man&#339;uvres, qui descendaient des trains les ramenant &#224; leurs baraquements, formaient une ronde et entonnaient les beaux chants de guerre de l'ANC et se lavaient ainsi des multiples affronts de la journ&#233;e, les dames du quartier &#171; r&#233;sidentiel &#187; de Pretoria pr&#233;paraient de riches barbecues et des rafra&#238;chissements fruit&#233;s en pr&#233;vision de la nuit festive qui s'annon&#231;ait, nuit au cours de laquelle leur chorale interpr&#232;terait les superbes balades rythm&#233;es et m&#233;lancoliques, celles dont raffole la bourgeoisie lib&#233;rale et blanche de la ville de Pretoria... et que j'adore aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Chronos n'est pas une &#171; rivi&#232;re gentille &#187; o&#249; se baigner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s bien des ann&#233;es maintenant, que ce soit &#224; Johannesburg, au Cap ou &#224; Pretoria, &#224; Durban aussi, on peut voir glisser le long des larges et belles avenues, arbor&#233;es ou non, de longues limousines noires qui, &#224; intervalles r&#233;guliers, s'arr&#234;tent juste devant les portes &#224; tambour des gigantesques tours &#224; l'am&#233;ricaine. Des hommes noirs porteurs d'impeccables costumes noirs descendent parfois des longues limousines et s'engouffrent dans les tours sans m&#234;me jeter un regard aux innombrables enfants noirs, saoul&#233;s de colle et de mis&#232;re, qui comme des mouches tournent autour des longues limousines et ne s'engouffrent jamais dans le tourniquet des portes &#224; tambour. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Afrique du Sud, la fracture sociale a, largement, supplant&#233; la fracture raciale, et pourtant c'est l'ANC qui est au pouvoir, depuis bien des ann&#233;es maintenant. Il n'y a pas de pouvoir militant. Il n'y a pas d'&#201;tat militant. Le pouvoir est un broyeur de militants. Saturne d&#233;vore ses enfants. Ian et son &#233;pouse et ses s&#339;urs et ses fr&#232;res me manquent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH318/capture_d_e_cran_2024-05-15_a_19.17_17-0e6f9.jpg?1772190060' width='500' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au march&#233; aux sorciers de Durban, &#224; un &#233;tal &#233;trange et un peu terrifiant, j'avais d&#233;couvert, parmi tout un fatras de mains de singes boucan&#233;es, de cr&#226;nes de ch&#232;vres d&#233;charn&#233;s, de bouts de cuir et de l&#233;zards s&#233;ch&#233;s, de racines inqui&#233;tantes, un tr&#232;s gros coquillage mouchet&#233;, un cauri de divination. Il m'arrive encore de coller mon oreille aux l&#232;vres de ce coquillage au cas o&#249; Ian ou d'autres me parleraient de leurs destins et de celui de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21419 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH363/capture_d_e_cran_2024-05-15_a_18.59_58-2ef8b.jpg?1721051630' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon retour du Nicaragua, ou peut-&#234;tre plus tard, je me souviens avoir abord&#233; la question de la R&#233;volution avec un groupe d'enseignants cubains, une famille et deux couples d'amis &#224; elle, cette famille, au bord d'une piscine dans les faubourgs de La Havane. Quelques-uns d'entre eux avaient encore en m&#233;moire la dictature de Fulgencio Batista, soit qu'ils l'aient v&#233;cu eux-m&#234;mes mais alors ils &#233;taient de tr&#232;s petits enfants, soit que leurs parents leur aient racont&#233; l'histoire, ou les deux &#224; la fois. Ils avaient tous v&#233;cus les premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;volution cubaine et &#233;taient donc porteurs de l'Histoire qu'ils avaient bien entendu tent&#233; de transmettre &#224; leurs enfants et &#224; leurs &#233;l&#232;ves. Tous d&#233;ploraient avoir &#233;chou&#233; dans cette t&#226;che parce que tout simplement le temps s'&#233;tait &#233;coul&#233; et que leurs r&#233;f&#233;rences paraissaient d&#233;pass&#233;es. La jeunesse cubaine avait d'autres probl&#232;mes et d'autres ambitions et eux les parents-enseignants passaient d&#233;j&#224; pour des &#171; vieilles barbes &#187;. Ils battaient leur coulpe en confessant qu'ils s'&#233;taient, sinon l&#233;g&#232;rement embourgeois&#233;s, tout du moins un peu ramollis, et qu'ils n'avaient peut-&#234;tre pas trouv&#233; &#224; tout-coup les mots justes, ceux qui vont droit au c&#339;ur, mais eux, affirmaient-ils, la R&#233;volution ils la gardaient dans les leurs de c&#339;urs. Il est vrai qu'en ces ann&#233;es le voyageur faisait imm&#233;diatement la diff&#233;rence entre Cuba, malgr&#233; certaines insuffisances criantes, et le reste du continent latino-am&#233;ricain. Au bord de la piscine, dans les faubourgs de la Havane, nous nous sommes content&#233;s de parler de Chronos, pas de Saturne. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Extraits de &#171; La Col&#232;re et la Compassion &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
in &#171; La Chute d'Icare &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Usamos el derecho a la alegr&#237;a,&lt;br class='autobr' /&gt;
a encontrar el amor&lt;br class='autobr' /&gt;
en la tierra lejana&lt;br class='autobr' /&gt;
y sentirnos dichosos&lt;br class='autobr' /&gt;
por habernos hallado compa&#241;era&lt;br class='autobr' /&gt;
y compartir el pan, el dolor y la cama. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utilisons le droit &#224; la joie, de rencontrer l'amour en terre lointaine et de nous sentir heureux pour nous &#234;tre trouv&#233; une compagne et partager le pain, la douleur et le lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Aunque nacimos para ser felices&lt;br class='autobr' /&gt;
nos vemos rodeados de tristezas y vainas,&lt;br class='autobr' /&gt;
de muertes y escondites forzados . &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nous naissions pour &#234;tre heureux nous nous voyons entour&#233;s de tristesse et de tracas, de morts et de caches forc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nicaragua est une autre histoire, que j'ai relat&#233;e il y a tr&#232;s longtemps et avec beaucoup de tendresse, que je raconterai ici peut-&#234;tre un jour si on m'y autorise, mais l'esprit demeure bien l&#224;, m&#234;me si c'est totalement ailleurs, loin de la belle Joconde qui a &#233;crit ces vers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gioconda Belli - Claro que no somos una pompa funebre in Poes&#237;a Pol&#237;tica (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; l'un des derniers dessins de Louise Bourgeois figurant une longue trace d'encre, la rivi&#232;re, qui ondoierait gentiment sur des port&#233;es musicales. O&#249; se baigner.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gioconda Belli - Claro que no somos una pompa funebre in Poes&#237;a Pol&#237;tica Nicarag&#252;ense (Ministerio de la Cultura - Managua - Nicaragua libre - 1986), traduction bien maladroite de DS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des v&#234;tements intelligents</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Des-vetements-intelligents</link>
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		<dc:date>2021-07-29T18:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>costume/v&#234;tement</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La mode sud-africaine est empreinte des luttes qui ont secou&#233; le pays : retour sur l'histoire de l'apartheid et regard vers un avenir ouvert au monde. En termes de v&#234;tements, cela se traduit en un croisement innovant de styles historiques et actuels.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/costume-vetement" rel="tag"&gt;costume/v&#234;tement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Allemagne" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1931-2cb3e.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mode sud-africaine est empreinte des luttes qui ont secou&#233; le pays : retour sur l'histoire de l'apartheid et regard vers un avenir ouvert au monde. En termes de v&#234;tements, cela se traduit en un croisement innovant de styles historiques et actuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le milieu international de la mode, l'Afrique du Sud est depuis longtemps consid&#233;r&#233;e comme un pr&#233;curseur. Le pays poss&#232;de un milieu de mode dynamique et prometteur et a d&#233;j&#224; produit de nombreux cr&#233;ateurs de renom. L'Afrique du Sud est particuli&#232;rement reconnue pour son exceptionnelle mode de la rue. Le 8 septembre 2019, Thebe Magugu est devenu le premier cr&#233;ateur de mode du continent africain &#224; remporter le prix LVMH &#224; Paris. Il s'agit certainement du prix international le plus prestigieux pour les jeunes designers. Le jeune cr&#233;ateur sud-africain avait d&#233;j&#224; re&#231;u un prix lors de l'International Fashion Showcase 2019 &#224; Londres au printemps de cette m&#234;me ann&#233;e. Les collections de Magugu doivent beaucoup aux cultures alternatives sud-africaines. Sa haute couture co&#239;ncide avec la mode de la rue et un examen g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'histoire de son pays vue d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_04_c_agnese_sanvito_lr.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/ifs2019_south_africa_04_c_agnese_sanvito_lr-177c2.jpg?1627583857' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Magugu a pr&#233;sent&#233; sa collection d'&#233;t&#233; 2020 &#224; Paris, intitul&#233;e Prosopographie. Sa mode s&#233;duit par ses coupes &#233;l&#233;gantes et ses d&#233;tails surprenants, ses mati&#232;res nobles et ses couleurs intenses, ainsi que par l'utilisation efficace d'images et de motifs. Les mod&#232;les de la collection Prosopography s'inspirent de la mode f&#233;minine des ann&#233;es 50 et 60, que le cr&#233;ateur traduit &#224; notre &#233;poque. Les robes fluides et moulantes, les jupes pliss&#233;es et les blouses taill&#233;es expriment une f&#233;minit&#233; &#233;l&#233;gante et confiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les v&#234;tements de cette collection portent une micro-puce qui donne acc&#232;s &#224; des informations de fond via la plateforme de la soci&#233;t&#233; de marketing et de technologie Verisium. Il s'agit du contexte historique, des techniques de production ou des sources d'inspiration de chaque v&#234;tement. Le motif floral-abstrait de la &#8220;Zebra Mud Blouse&#8221;, par exemple, a &#233;t&#233; appliqu&#233; sur le tissu avec de l'argile m&#233;lang&#233;e par un gu&#233;risseur sud-africain, ce qui explique la couleur chaude et intense brun-rouge. Le designer utilise les derniers d&#233;veloppements technologiques et cr&#233;e de nouveaux moyens de communication et de fid&#233;lisation pour ses clients. Sa mode se caract&#233;rise non seulement par son esth&#233;tique et sa cr&#233;ativit&#233;, mais aussi par l'innovation et une conscience historique et sociale aiguis&#233;e. Il touche ainsi au c&#339;ur d'une &#233;poque o&#249; des th&#232;mes tels que la d&#233;colonisation, la consommation et la durabilit&#233;, le changement climatique, la diversit&#233; et la parit&#233; entre les sexes sont &#233;galement &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;finition particuli&#232;re de l'identit&#233; et de l'authenticit&#233; est au centre de l'&#339;uvre de Magugu, o&#249; l'authentique, selon lui, &#034;est quelque chose de tr&#232;s personnel. On ne devient pas plus authentique en s'isolant et en se d&#233;connectant du d&#233;veloppement mondial. L'authenticit&#233; s'exprime plut&#244;t dans la mani&#232;re dont on s'y met en relation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_02_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_02_c_agnese_sanvito-e2927.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire du pays racont&#233;e &#224; travers la mode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Kimberly en 1993, Magugu vit aujourd'hui &#224; Johannesburg, o&#249; il a &#233;galement suivi une formation de styliste de mode &#224; la Lisof Fashion School. Il a lanc&#233; sa premi&#232;re collection de v&#234;tements pour femmes en 2017. Les cr&#233;ations de son label, qui porte simplement son nom, expriment l'attitude de vie de toute une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;ration cherche une nouvelle approche de l'histoire difficile de son pays, qui jette encore aujourd'hui une longue ombre sur la nation arc-en-ciel. Magugu se concentre consciemment sur le contexte historique, l'&#233;lucidation et l'&#233;ducation dans son travail. Il veut raconter des histoires avec sa mode et rompt avec les id&#233;es re&#231;ues. Dans une interview, il souligne l'importance des v&#234;tements : &#034;J'appr&#233;cie particuli&#232;rement les v&#234;tements qui sont intelligents, c'est-&#224;-dire qui transmettent un message au-del&#224; de leur qualit&#233; mat&#233;rielle et dont on peut m&#234;me apprendre quelque chose.&#034; Il choisit des titres programmatiques pour ses collections. Pour son installation &#8220;African Studies&#8221; prim&#233;e dans le cadre de l'exposition Brave New Worlds &#224; la Somerset House de Londres, il a plac&#233; les poup&#233;es vestimentaires sur une longue bande de papier imprim&#233;e du texte de la constitution sud-africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magugu publie &#233;galement son propre magazine sous la forme d'un annuaire, appel&#233; Faculty Press, ce qui n'est pas un hasard. Il souhaite y documenter, avec d'autres artistes, la culture contemporaine de la sc&#232;ne cr&#233;ative en Afrique du Sud. Le th&#232;me du premier num&#233;ro &#233;tait &#233;galement &#8220;African Studies&#8221; et la couverture pr&#233;sentait un membre du duo d'artistes den performance queers FAKA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les v&#234;tements et la mode ont une grande importance en Afrique du Sud, qui va bien au-del&#224; de la perception ext&#233;rieure des v&#234;tements traditionnels zoulous en peaux d'animaux, du perlage (tissage et broderie de perles) mondialement connu, ou des tissus shweshwe &#224; motifs g&#233;om&#233;triques qui sont maintenant produits dans de nombreuses couleurs et tr&#232;s r&#233;pandues. Ces influences jouent &#233;galement un r&#244;le important dans la mode contemporaine. Le jeune designer Laduma Ngxokolo s'est fait conna&#238;tre &#224; l'international avec sa marque de tricots Maxhosa, fond&#233;e en 2012. Il reprend les symboles, les motifs et les couleurs du perlage traditionnel des Xhosa et les transf&#232;re dans une autre r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle. Dans la rencontre des traditions indig&#232;nes avec les influences internationales (comme dans le perlage et le schweshwe) et la mode mondiale de l'influence europ&#233;enne, l'identit&#233; culturelle continue d'&#234;tre red&#233;finie et n&#233;goci&#233;e &#224; travers les v&#234;tements. Les v&#234;tements sont utilis&#233;s pour s'exprimer et peuvent souvent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s comme une d&#233;claration politique. Stuart Hall a soulign&#233; un jour &#034;comment le style, que les critiques culturels grand public consid&#232;rent souvent comme une simple coquille, la couverture et l'enrobage de la pilule, est lui-m&#234;me devenu le sujet de l'histoire au sein du r&#233;pertoire noir&#034;. C'est &#224; travers le style, qui est &#224; la fois normatif et individuel, que se jouent les r&#233;f&#233;rences dont Magugu parle comme de l'authenticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito-604ea.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pantsula : la danse comme prise de pouvoir... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magugu a choisi une chanson sud-africaine comme bande sonore de son installation &#224; Londres. Il s'agit d'un remix de la l&#233;gendaire chanteuse de kwaito Lebo Mathosa, d&#233;c&#233;d&#233;e dans un accident de voiture en 2006. La chanteuse a &#233;t&#233; une figure centrale de la sc&#232;ne musicale des ann&#233;es 1990, qui ont marqu&#233; la fin de l'apartheid. Lebo Mathosa repr&#233;sente la g&#233;n&#233;ration qui a contribu&#233; &#224; ce changement et elle repr&#233;sente &#233;galement ce qui est probablement la sous-culture la plus influente en Afrique du Sud : le pantsula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes d'aujourd'hui connaissent le pantsula comme une forme de danse urbaine originale qui attire l'attention internationale. Beaucoup veulent faire carri&#232;re en tant que danseurs. Le pantsula est apparu dans les townships dans les ann&#233;es 1980. Mais le m&#233;lange de danse, de mode, de langue et de prise de position a des racines qui remontent &#224; la Renaissance de So-phiatown dans les ann&#233;es 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier r&#233;sidentiel de Sophiatown, dans l'ouest de Johannesburg, habit&#233; par des personnes de toutes les couleurs de peau et de toutes les ethnies, s'est transform&#233; en un centre culturel dans les ann&#233;es 1940 et 1950, comparable &#224; Harlem &#224; New York dans les ann&#233;es 1920. De nombreuses personnalit&#233;s c&#233;l&#232;bres ont &#233;merg&#233; de cette sc&#232;ne culturelle, comme la chanteuse Miriam Makeba. Nombre d'entre eux, dont le futur pr&#233;sident de l'Afrique du Sud, Nelson Mandela, se sont oppos&#233;s au r&#233;gime d'apartheid, notamment lorsque le gouvernement a voulu d&#233;truire le quartier, ce qui s'est produit en 1955 malgr&#233; des protestations persistantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style de vie de l'&#233;poque &#233;tait influenc&#233; par les films am&#233;ricains et la musique de jazz. Les images sur l'&#233;cran et les pochettes de disques ont &#233;galement eu une influence durable sur les v&#234;tements. Chapeau, costume, chemise, cravate, chaussures en cuir uni ou bicolores, parfois associ&#233;es &#224; un trench-coat, &#233;taient en vogue. Les femmes cultivent un style nettement f&#233;minin. Leurs robes ou chemisiers et jupes assorties, ainsi que leurs chaussures &#224; demi-talons, provenaient souvent des m&#234;mes labels internationaux que ceux des hommes. Il y avait aussi le style d&#233;contract&#233; avec des pantalons pliss&#233;s, des chemises en flanelle &#224; carreaux, des pulls en tricot &#224; motifs g&#233;om&#233;triques et des blousons. Ce style montre les influences de la mode sportive britannique, irlandaise et &#233;cossaise, mais aussi am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciennes photos de portraits dans les albums de famille t&#233;moignent encore du style de l'&#233;poque, dont une partie a &#233;t&#233; conserv&#233;e dans les armoires des parents et des grands-parents de la g&#233;n&#233;ration post-apartheid. &#192; la fin des ann&#233;es 2000, presque dix ans apr&#232;s la fin de l'apartheid, de nombreux jeunes ont voulu faire revivre cette p&#233;riode et la ramener dans la m&#233;moire collective, notamment des collectifs de mode comme Khumbula, I-see-a-different-you et les Sartists. Ils ont mis en sc&#232;ne et v&#233;cu le style historique comme un roman-photo et se sont empar&#233;s d'un pass&#233; refoul&#233; - et donc parfois transfigur&#233;. Mais ils ont actualis&#233; leurs mod&#232;les et ont consciemment &#233;tabli un contrepoint &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation des ann&#233;es 2000. Dans sa collection Prosopography, Thebe Magugu s'inspire &#233;galement du style de cette &#233;poque, en s'inspirant des femmes du mouvement Black Sash, qui avaient milit&#233; pour l'&#233;galit&#233; des droits de la population noire &#224; partir des ann&#233;es 1950 et portaient une ceinture noire lors de leurs manifestations, ce qui a donn&#233; son nom au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture pantsula puise &#233;galement dans cette &#233;poque et combine habilement l'image am&#233;ricaine du gangster avec le gentleman myst&#233;rieux et irr&#233;prochable et coureur de jupons (Humphrey Bogart), l'intellectuel et l'artiste (Harlem Renaissance, Jazz), le com&#233;dien (Frank Sinatra, Fred Astaire) et l'activiste politique (mouvement Black Power, Malcolm X). D&#232;s les ann&#233;es 1980, les jeunes des townships ont modernis&#233; des styles historiques et traditionnelles de musique et de danse, notamment le marabi. Ils ont cr&#233;&#233; le style de danse Pantsula d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_06_c_agnese_sanvito-604ea.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... et signe d'ind&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme Pantsula est souvent traduit par &#034;dandinement de canard&#034;. Cela pourrait faire r&#233;f&#233;rence &#224; la fois &#224; une posture caract&#233;ristique des danses traditionnelles sud-africaines et aux jeunes gens affect&#233;s qui d&#233;filaient dans les rues des townships pour montrer leurs v&#234;tements de marque co&#251;teux, en prenant soin de ne pas se couvrir de poussi&#232;re. Une autre explication du terme suppose qu'il s'agit d'un emprunt &#224; une forme de danse ant&#233;rieure dans laquelle le pantalon (anglais : pants) &#233;tait en fait baiss&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux Pantsulas ont &#233;galement &#233;t&#233; politiquement actifs dans les ann&#233;es 1980 et 1990 dans la r&#233;sistance au r&#233;gime d'apartheid. Les groupes de danse pantsula se sont affront&#233;s lors de comp&#233;titions. L'individualit&#233; joue un r&#244;le important, mais lorsqu'ils se produisent en groupe, ils dansent dans des &#034;uniformes&#034; identiques. Les uniformes scolaires et les v&#234;tements de travail ont remplac&#233; la mode haut de gamme de la g&#233;n&#233;ration Sophiatown des ann&#233;es 40 et 50. Ces v&#234;tements &#233;taient pour la plupart issus de l'usage quotidien, moins chers et faciles &#224; obtenir en grand nombre, mais ils &#233;taient &#233;galement modifi&#233;s individuellement. Le groupe de danse &#034;Vibrations&#034; a cr&#233;&#233; le look traditionnel de l'&#233;chiquier dans les ann&#233;es 1980 en s&#233;parant des chemises et des pantalons de deux couleurs diff&#233;rentes et en les recousant en alternance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des marques comme la marque am&#233;ricaine de v&#234;tements de travail Dickies ont gagn&#233; en popularit&#233;. Aujourd'hui encore, de nombreux danseurs portent des Dickies, ainsi que des combinaisons de travail et des salopettes bleues et oranges, dont certaines proviennent &#233;galement de marques locales, comme Alaska par City Outfitters. Le nom Alaska a &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233; par un groupe l&#233;gendaire de kwaito. Le costume dit de cuisine (Kitchen-Suit ou Mathanda-Kitchen) est &#233;galement une tenue de travail datant de l'&#233;poque de l'apartheid. Il a des manches courtes, un pantalon court et une ceinture attach&#233;e dans le dos. Les manches, les jambes du pantalon et la ceinture sont d&#233;cor&#233;es de rubans rouges. Le costume &#233;tait port&#233; par les hommes et les femmes qui travaillaient dans les cuisines et les m&#233;nages. Aujourd'hui, c'est un article de mode produit par City Outfitters dans toutes les couleurs et tous les motifs possibles et port&#233; par de nombreux danseurs de Pantsula comme costume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chapeau caract&#233;ristique des Pantsulas reste le spoti, une casquette en coton &#224; bord &#233;troit, &#233;galement appel&#233;e chapeau de p&#234;cheur, qui est enfil&#233;e, retourn&#233;e ou pli&#233;e de diff&#233;rentes mani&#232;res selon l'humeur du porteur. Les chaussures en cuir de haute qualit&#233; ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par les baskets Converse &#034;Chucks&#034; All Stars, moins ch&#232;res, plus l&#233;g&#232;res et plus souples. Le spoti et la Converse All Stars sont devenues depuis les symboles de la culture pantsula. Kopano Ratele, aujourd'hui professeur &#224; l'universit&#233; de Pretoria, raconte dans un texte publi&#233; en 2012 qu'il devait absolument avoir une paire de Converse All Stars lorsqu'il &#233;tait adolescent et admet que son image de la masculinit&#233; &#224; l'&#233;poque d&#233;pendait beaucoup du port de ces chaussures. Il y a aussi une photo de Thebe Magugu tenant une chaussure Converse blanche que l'on peut trouver sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_07_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_07_c_agnese_sanvito-51a06.jpg?1772203090' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une repr&#233;sentation de l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux v&#234;tements port&#233;s par les Pantsulas se retrouvent &#233;galement dans la mode actuelle, soit dans leur version originale, soit sous forme de coupes similaires. R&#233;cemment, certains labels locaux ont m&#234;me vu le jour, directement commercialis&#233;s par les danseurs de Pantsula eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est pass&#233; de l'autonomisation par la mode bas&#233;e sur les mod&#232;les am&#233;ricains et europ&#233;ens, que Homi K. Bhabha appelait du mim&#233;tisme, &#224; une mode que l'on peut qualifier d'authentique au sens de Thebe Magugu. Le jeune designer reprend des mod&#232;les historiques et les combine avec des th&#232;mes actuels et les technologies d'avenir. L'African Fashion Research Institute (AFRI), fond&#233; en 2019, suit une approche similaire. L'AFRI veut d&#233;velopper la recherche sur la mode en Afrique et &#224; propos de l'Afrique par le biais d'expositions virtuelles et r&#233;elles, de podcasts, de discussions, d'ateliers, de conf&#233;rences et de performances. En 2019, &#224; la Momo Gallery de Johannesburg, AFRI a pr&#233;sent&#233; une exposition virtuelle documentant le travail de trois cr&#233;ateurs de mode africains lors de l'International Fashion Showcase 2019 &#224; Londres, dont Thebe Magugu. Organis&#233;e par les deux membres fondateurs d'AFRI, Erica de Greef et Lesiba Mabitsela, l'exposition utilise des technologies innovantes, des formats num&#233;riques et la r&#233;alit&#233; virtuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un projet phare qui donne acc&#232;s &#224; des sources indispensables et cr&#233;e une plateforme pour une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes cr&#233;ateurs critiques qui veulent r&#233;inventer la mode.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/ifs2019_south_africa_08_c_agnese_sanvito.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ifs2019_south_africa_08_c_agnese_sanvito-c29fe.jpg?1772203091' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Agnese Sanvito
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://bit.ly/2tPnTDA" class="spip_out"&gt;https://bit.ly/2tPnTDA&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; dans : Iz3w Magazin, 377 Der Lauf der Mode, M&#228;rz/April 2020, S.31-33 (&lt;a href=&#034;https://www.iz3w.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.iz3w.org&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Oswenka II</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Oswenka-II</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Oswenka-II</guid>
		<dc:date>2013-02-21T22:37:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>danse</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/danse" rel="tag"&gt;danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH87/arton325-78e1b.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Oswenka&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La primaut&#233; du costume deux ou trois pi&#232;ces&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2373|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le costume, cet ensemble coordonn&#233; veste et pantalon, est un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'histoire de la mode. Entre son invention &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle et aujourd'hui, il s'impose comme &#171; le &#187; v&#234;tement masculin par excellence. S'il a &#233;t&#233; par moments rejet&#233;, il n'a jamais &#233;t&#233; profond&#233;ment alt&#233;r&#233; dans sa forme. Il est le symbole d'une &#233;l&#233;gance absolue, incarnant &#224; lui seul beaut&#233; et pouvoir, et est en ce sens le vecteur de l'image d'une sexualit&#233; masculine positive. Infiniment variable et adaptable, le costume semble r&#233;sister au principe de changement permanent de la mode. Quant aux accessoires utilis&#233;s par ceux qui le portent, on peut constater qu'ils sont toujours int&#233;gr&#233;s &#224; la ligne g&#233;n&#233;rale du v&#234;tement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2372|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Port&#233; dans le monde entier, le costume fait l'image de l'homme moderne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Anne Hollander, Sex and Suits : The evolution of modern dress, New York, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mod&#232;le europ&#233;en de l'habit masculin, il a &#233;t&#233; largement adopt&#233; par les hommes en Afrique qui ont par ailleurs su cr&#233;er un v&#233;ritable culte d'&#233;l&#233;gance autour de ce v&#234;tement. Que l'on &#233;voque les sapeurs du Congo ou les swenkas d'Afrique du Sud, il s'agit toujours d'une v&#233;ritable appropriation et non d'un simple emprunt signalant un ph&#233;nom&#232;ne d'&#233;chappatoire social.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2371|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Chorale et mariages : l'origine du swenka&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des swenkas sont issus de l'isicathamiya, une pratique de chant a cappella. C'est en fr&#233;quentant ces groupes qu'ils en viennent &#224; se consacrer au swenking. C'est bien &#233;videmment le cas d'Adolphus Mbuyisa. Ayant grandi sous l'autorit&#233; d'un p&#232;re qui exigeait avant tout un comportement respectueux et qui prenait grand soin de ses v&#234;tements, Adolphus a appris d&#232;s son enfance &#224; soigner son apparence. Des premiers v&#234;tements qui leur ont &#233;t&#233; donn&#233;s par les blancs ou aux v&#234;tements qu'il s'est achet&#233; lui-m&#234;me par la suite, il leur a toujours port&#233; la m&#234;me attention. De plus, jeune homme, il s'est mis &#224; chanter dans une chorale &#224; Durban.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2369|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'isicathamyia remonte &#224; une tradition ancestrale zouloue qui se pratique depuis plus d'un si&#232;cle et qui a &#233;t&#233; adapt&#233;e aux nouvelles conditions de vie dans les villes par les travailleurs migrants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Veit Erlmann, Nightsong : Power, Performance, and Practice in South (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les chorales sont g&#233;n&#233;ralement compos&#233;es d'une dizaine d'hommes, nombre qui peut quelques fois aller jusqu'&#224; vingt. Les chanteurs sont tous v&#234;tus du m&#234;me costume. Chemise, cravate et chaussures sont, bien s&#251;r, assortis. Seul le chef de la troupe se distingue, g&#233;n&#233;ralement par un costume d'une autre couleur et par une apparence souvent encore plus soign&#233;e que celle des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2374|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils chantent des chansons simples, dont les textes parlent de la vie de tous les jours, de l'amour, de la mort, de dieu... Rassembl&#233;s dans un grand demi-cercle, ils ponctuent leurs chants de gestes et de pas de danse, suivant une chor&#233;graphie qui rappelle celle de la danse traditionnelle zouloue, mais dans une version plus souple.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;tt&gt;&lt;emb2383|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les comp&#233;titions d'isicathamiya et de swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes se produisent traditionnellement lors les mariages et ou dans d'autre types de f&#234;tes, mais ils s'affrontent aussi dans des comp&#233;titions qui peuvent durer toute une journ&#233;e ou toute une nuit. Les groupes d&#233;filent alors les uns apr&#232;s les autres devant une salle pleine et un juge, sp&#233;cialement d&#233;sign&#233; pour cette tache. Le juge est g&#233;n&#233;ralement une personne abord&#233;e dans la rue, qui n'a dans l'id&#233;al aucun lien avec les chanteurs et qui ne conna&#238;t pas ou peu leur pratique. Ce qui est pris en compte et jug&#233; lors du concours, ce sont la tenue, la pr&#233;sentation, la chor&#233;graphie et la qualit&#233; des chansons tant sur le plan musical que sur celui du contenu. C'est au sein de ces manifestations qu'est apparue une nouvelle forme de comp&#233;tition, celle de l'homme le mieux habill&#233; : Oswenka.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2380|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les concours des swenkas se d&#233;roulent presque toujours, mais pas exclusivement, dans le cadre des comp&#233;titions d'isicathamiya. Aux d&#233;buts, les prestations des swenkas &#233;taient tr&#232;s courtes. Elles ne duraient que quelques minutes et ne consistaient qu'en des pr&#233;sentations de soi dans des poses, presque immobiles, debout devant le juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but &#233;tait de mettre en valeur l'habit, le costume, sous tous ses aspects. Le jugement portait sur la qualit&#233; des v&#234;tements et des accessoires et sur l'harmonie des couleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la profonde humanit&#233; qu'expriment ces hommes, ils restent, lors des concours, des concurrents s&#233;v&#232;res. Et dans une comp&#233;tition, l'important c'est de gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le classement est annonc&#233; par le juge &#224; la fin des pr&#233;sentations en partant du dernier (4-3-2-1) et c'est seulement au moment de la remise des prix (g&#233;n&#233;ralement des sommes plus ou moins importantes d'argent) que leurs noms sont d&#233;voil&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2377|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de leur passage, on les appelle par des chiffres, &#224; partir du 5, pour &#233;viter les chiffres utilis&#233;s dans le classement final. Au d&#233;but de la comp&#233;tition, les chiffres sont not&#233;s sur des bouts de papier et les swenkas qui participent &#224; la comp&#233;tition tirent chacun un num&#233;ro au hasard qui indique donc l'ordre de leur passage en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participer &#224; une comp&#233;tition engage &#224; chaque fois des frais consid&#233;rables pour chacun d'entre eux. Outre le fait de se procurer les v&#234;tements, &#224; des prix variables, selon les marques ou les tailleurs qu'ils choisissent et les accessoires qu'ils y ajoutent, il faut tenir compte du prix du pressing, des frais de transport et du droit d'entr&#233;e dont chaque participant doit s'acquitter avant la comp&#233;tition. Souvent, pour les comp&#233;titions de moindre importance, c'est l'argent r&#233;colt&#233; pour la participation qui est vers&#233; comme prix au vainqueur, un peu comme dans un jeu de hasard o&#249; la mise reviendrait au gagnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2384|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Les ma&#238;tres du swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le d&#233;roulement de la comp&#233;tition a &#233;volu&#233;. Les prestations durent de plus en plus longtemps (5 &#224; 8 minutes), et une simple pr&#233;sentation de v&#234;tements s'est transform&#233;e en un v&#233;ritable d&#233;fil&#233;. Outre la qualit&#233; des v&#234;tements, l'attention va &#224; celui qui les porte et &#224; la mani&#232;re dont il les porte. Ceci a entra&#238;n&#233; une modification du statut m&#234;me du swenka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre un bon swenka, il faut d&#233;sormais savoir associer les qualit&#233;s du danseur ou de l'acteur &#224; l'&#233;l&#233;gance d'un style vestimentaire individuel. L'id&#233;e reste la m&#234;me : montrer ses v&#234;tements et les accessoires assortis. Aujourd'hui, les swenkas inventent aussi leur propre chor&#233;graphie, certains allant jusqu'&#224; incarner un personnage. La tache n'est pas facile et la dramaturgie comme la pr&#233;sence sur sc&#232;ne font l'objet d'un travail attentif et soign&#233;, d'autant que le swenking se fait toujours sans accompagnement musical, dans le silence le plus complet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2375|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adolphus Mbuyisa perfectionne l'&#233;l&#233;gance de ses tenues par la parcimonie de ses gestes. Il tient &#224; ce que sa pr&#233;sentation soit courte. Sa d&#233;marche, il la veut souple et gracieuse. Chaque geste est &#233;tudi&#233;, chaque mouvement doit produire un effet. Avec les grands swenkas comme Adolphus, il est impossible de se concentrer sur la chor&#233;graphie, les pas, les gestes. Tout est dans la s&#233;duction et la mani&#232;re de capturer le regard du spectateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vusi Kunene, un bel homme dans la fleur de l'&#226;ge, suit Adolphus dans sa d&#233;marche visant &#224; une &#233;l&#233;gance parfaite et &#224; une pr&#233;sentation forte et impeccable. Encore plus rigoureux, il veille soigneusement sur les effets qu'il produit sur sc&#232;ne. Sa d&#233;marche est tr&#232;s rythm&#233;e et il alterne moments d'immobilit&#233;, pas lents et mesur&#233;s, mouvements fluides et mouvements plus rapides. Il a aussi mis au point une mani&#232;re singuli&#232;re de tourner lentement sur lui-m&#234;me sans jamais s'arr&#234;ter, gr&#226;ce &#224; laquelle il s'assure de la fascination de son public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2376|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Adolphus et Vusi ne semblent jamais faire d'effort, leur d&#233;marche, parfaite, reste l&#233;g&#232;re, presque nonchalante. Leur ma&#238;trise absolue fait penser &#224; ce que Baldassare Castiglione avait appel&#233; &#224; une autre &#233;poque la &lt;i&gt;sprezzatura&lt;/i&gt; : donner de l'aisance et du naturel &#224; un comportement hautement artificiel et cod&#233;, celui de l'&#233;tiquette de la cour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Baldassare Castiglione : Il libro del Cortegiano, Venise, 1528 (Le Livre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dingani Zulu n'est pas dans la m&#234;me finesse ni la m&#234;me r&#233;serve. Ses gestes sont amples, impressionnants, presque acrobatiques. Tel un prestidigitateur, il joue de son v&#234;tement, et changeant subitement ses postures, il cr&#233;e la surprise. &#192; la fin de sa prestation, il saute hors de la sc&#232;ne, suscitant cris et rires dans l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jotham Dhlamini est un homme joyeux, plein d'humour, ce qu'il traduit sur sc&#232;ne &#224; travers le caract&#232;re comique, parfois presque clownesque de sa d&#233;marche. Les rires dans le public sont fr&#233;quents lors de ses prestations. Par rapport &#224; l'&#233;l&#233;gance parfaite d'Adolphus ou de Vusi, tout en restant tr&#232;s m&#233;ticuleux dans sa fa&#231;on de bouger, il arrive &#224; tourner en d&#233;rision le s&#233;rieux de la situation et s'impose par l'originalit&#233; de sa prestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2370|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait d'avoir de l'humour et du r&#233;pondant dans la conversation, ainsi qu'un style de vie raffin&#233; et urbain, &#233;tait aussi n&#233;cessaire &#224; l'homme de cour du XVIe si&#232;cle que son &#233;l&#233;gance et la ma&#238;trise de son comportement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les prestations des swenkas, et en particulier celles des swenkas de l'ancienne g&#233;n&#233;ration, sont des performances qui laissent entrevoir leur personnalit&#233;. Ce sont autant des mises en sc&#232;ne portant sur les v&#234;tements que la pr&#233;sentation d'un style de vie ou l'expression d'une revendication identitaire. La force de caract&#232;re et la dignit&#233; personnelles de ces hommes se traduisent par l'individualit&#233; d'une d&#233;marche et une &#233;l&#233;gance enti&#232;rement &#171; int&#233;rioris&#233;e &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2386|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Artiste ou mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le caract&#232;re th&#233;&#226;tral de leurs comp&#233;titions, les swenkas ne se consid&#232;rent pas comme des artistes de sc&#232;ne. L'essentiel &#233;tant le v&#234;tement, ils se consid&#232;rent comme des mod&#232;les. Il en d&#233;coule entre autres choses que quiconque veut les prendre en photo se doit de les r&#233;mun&#233;rer. Mais ce n'est pas le nombre de prises de vues qui compte, c'est le nombre de costumes pr&#233;sent&#233;s. Si le m&#234;me swenka est pris en photo avec deux costumes diff&#233;rents, il convient donc de le payer deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comp&#233;titions sont organis&#233;es par les communaut&#233;s dans les foyers de travailleurs ou les salles des f&#234;tes et quelquefois par des personnes priv&#233;es. Qui veut organiser une comp&#233;tition doit fournir le lieu, le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, les juges, le public &#233;tant alors consid&#233;r&#233; comme secondaire. Les gens viennent de toute fa&#231;on gr&#226;ce au bouche-&#224;-oreille. De plus, on propose en g&#233;n&#233;ral dans ce cas une contribution qui va &#224; l'association des swenkas ainsi qu'une participation aux prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2387|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Philosophie du swenking&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le swenking, c'est aussi une expression d'amour et de passion pour les beaux v&#234;tements. Les swenkas d&#233;pensent une tr&#232;s grande partie de l'argent qu'ils gagnent dans leur garde-robe, certains d&#232;s leur plus jeune &#226;ge. Leur attention se porte avant tout sur les habits qu'ils portent en comp&#233;tition, mais pour eux la comp&#233;tition n'est pas une fin en soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les comp&#233;titions sont la partie la plus visible et la plus s&#233;duisante du swenking, mais &#234;tre un swenka, cela implique d'&#234;tre attentif &#224; son allure, &#224; sa personne, d'&#234;tre distingu&#233;, sur la sc&#232;ne lors de la comp&#233;tition, mais aussi et surtout dans la vie de tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les costumes de comp&#233;tition, les swenkas poss&#232;dent des beaux v&#234;tements pour toutes les occasions, et souvent arborent un blazer classique qu'ils portent dans le contexte plus d&#233;tendu de la sortie du dimanche apr&#232;s-midi. Malgr&#233; le caract&#232;re conservateur et classique des costumes port&#233;s en comp&#233;tition, les swenkas suivent la mode, lorsqu'il s'agit des v&#234;tements qu'ils portent au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2388|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#201;loge de l'&#233;l&#233;gance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la comp&#233;tition, l'&#233;l&#233;gance tient autant &#224; la qualit&#233; du v&#234;tement qu'au style des swenkas. Si le costume sur mesure est de rigueur pour la vieille g&#233;n&#233;ration, les v&#234;tements de marques s'imposent pour la jeune g&#233;n&#233;ration qui porte donc des costumes o&#249; l'&#233;tiquette figure de mani&#232;re bien visible au bord de la manche de la veste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les couleurs soient bien choisies, c'est-&#224;-dire qu'il n'y en ait pas trop et qu'elles s'harmonisent, m&#234;me dans le cas de couleurs tr&#232;s vives. Il convient d'assortir en g&#233;n&#233;ral deux et au maximum trois couleurs, pas plus. Par exemple, le costume rose p&#233;tillant que porte Mcebo Zondo est assorti avec du blanc ou du noir. D'autres couleurs qui pourraient s'harmoniser, tel un vert &#233;meraude par exemple, sont proscrites, car trop criardes &#224; son go&#251;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si le mot &#171; swenking &#187; semble &#234;tre d&#233;riv&#233; du verbe anglais &#171; to swank &#187; (en mettre plein la vue), il existe des limites qui ne doivent pas &#234;tre d&#233;pass&#233;es. Car le swenking est un concours d'&#233;l&#233;gance et non d'ostentation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2381|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il appartient donc aux swenkas de veiller sur la ligne qui s&#233;pare le bon du mauvais go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils aiment le luxe, ils savent qu'ils doivent se garder de toute vulgarit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les swenkas se soucient de savoir si une couleur leur sied mieux qu'une autre et ils portent un grand int&#233;r&#234;t &#224; la coupe de leurs v&#234;tements. C'est pourquoi ils ont une pr&#233;f&#233;rence pour les costumes faits sur mesure. Par ailleurs, ils se fournissent dans des boutiques sp&#233;cialis&#233;es et dans les grands centres commerciaux. Leur pr&#233;f&#233;rence va alors &#224; des marques italiennes et anglaises, mais &#233;galement fran&#231;aises. Ils choisissent parmi les gammes du pr&#234;t-&#224;-porter, jamais dans la haute couture.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2378|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le costume n'est qu'une partie de l'ensemble, mais pas la moindre, &#233;videmment. En effet, il faut y ajouter les chemises, les cravates, les bijoux, les socquettes et surtout les chaussures. Celles-ci doivent &#234;tre en cuir. Elles sont souvent bicolores et de pr&#233;f&#233;rence de fabrication anglaise ou italienne. Adolphus Mbuyisa poss&#232;de une collection impressionnante de cravates, de n&#339;uds papillons et d'&#233;charpes. Tous ces accessoires sont class&#233;s par couleurs dans des bo&#238;tes s&#233;par&#233;es. &#192; cela s'ajoutent les bijoux comme les bagues et d'autres accessoires comme les pinces de cravate, les broches, les &#233;pingles, les montres et les boutons de manchettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'achat d'un nouveau costume et des accessoires assortis est d'une telle importance que les swenkas sont pr&#234;ts &#224; parcourir toute la ville pour aller chercher les bonnes socquettes au bon endroit &#8211; quitte &#224; d&#233;penser de l'argent en plus dans le transport et &#224; y consacrer toute une apr&#232;s-midi. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2389|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#202;tre swenka, &#234;tre gentleman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adolphus Mbuyisa a soixante ans. Il est le pr&#233;sident de l'association des swenkas qui compte une cinquantaine d'adh&#233;rents. Un peu plus de la moiti&#233; d'entre eux est install&#233;e &#224; Johannesburg et aux environs, l'autre moiti&#233; &#224; Durban, quelques-uns vivant &#224; la campagne dans la r&#233;gion du KwaZulu-Natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui veut participer aux comp&#233;titions doit d'abord &#234;tre membre de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre se composer une garde-robe, le candidat est oblig&#233; de para&#238;tre devant un jury et, comme dans une confr&#233;rie, il est tenu d'accepter et de respecter les r&#232;gles de comportement impos&#233;es par l'association. Ces r&#232;gles sont &#233;crites. Elles portent &#224; la fois sur la tenue vestimentaire pour la comp&#233;tition (par exemple, il est d&#233;conseill&#233; de porter des vestes de costume &#224; col dit &#034;mao&#034; ou des pantalons longs qui couvrent les chaussures) et sur le comportement (par exemple, il est interdit de fumer et de boire en public). Les r&#232;gles de comportement restent en vigueur m&#234;me en dehors de la comp&#233;tition. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2382|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui enfreint les r&#232;gles peut se voir r&#233;primand&#233;, &#234;tre condamn&#233; &#224; payer une amende, &#234;tre exclu de la comp&#233;tition, voire de l'association, dans le cas d'une infraction grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les swenkas sont tr&#232;s respect&#233;s dans leur communaut&#233; et dans la soci&#233;t&#233;. Ils sont reconnus pour le respect qu'ils portent aux autres et &#224; eux-m&#234;mes, respect qui s'exprime &#224; travers les v&#234;tements et les r&#232;gles de comportement qu'ils se donnent. &#202;tre un swenka veut dire &#234;tre un gentleman. L'apparence y est certes pour quelque chose, mais ce n'est qu'une image ext&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les valeurs morales et personnelles sont essentielles car elles sont le fondement du swenka. Mais de plus, elles aident &#224; se forger un caract&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Poss&#233;der un beau costume et savoir se pavaner devant un juge ne fait pas un swenka. &#171; Swenking, dit Adolphus Mbuyisa, c'est une histoire d'amour-propre et d'appr&#233;ciation que l'on porte &#224; soi-m&#234;me, mais &#233;galement aux autres. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2368|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2390|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Anne Hollander, Sex and Suits : The evolution of modern dress, New York, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Veit Erlmann, Nightsong : Power, Performance, and Practice in South Africa, University of Chicago Press, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Baldassare Castiglione : &lt;i&gt;Il libro del Cortegiano&lt;/i&gt;, Venise, 1528 (&lt;i&gt;Le Livre du courtisan&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; par Alain Pons, &#233;ditions G&#233;rard Lebovici, Paris, 1987).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maboneng, lieu de lumi&#232;re</title>
		<link>https://www.tk-21.com/Maboneng-lieu-de-lumiere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.tk-21.com/Maboneng-lieu-de-lumiere</guid>
		<dc:date>2012-08-20T23:12:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>cityscape</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Maboneng veut dire &#171; lieu de lumi&#232;re &#187; en Sesotho. Plus encore qu'un lieu de lumi&#232;re, c'est un lieu de rencontre, un centre de cr&#233;ativit&#233; dans une ville qui n'a pas de centre : Johannesburg, sans cesse d&#233;chir&#233;e et recompos&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/cityscape" rel="tag"&gt;cityscape&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Afrique-du-sud" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH56/arton251-2c5ca.jpg?1772203094' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='56' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Maboneng veut dire &#171; lieu de lumi&#232;re &#187; en Sesotho. Plus encore qu'un lieu de lumi&#232;re, c'est un lieu de rencontre, un centre de cr&#233;ativit&#233; dans une ville qui n'a pas de centre : Johannesburg, sans cesse d&#233;chir&#233;e et recompos&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Johannesburg est une ville o&#249; se croisent les chemins de beaucoup de personnes qui repartent ensuite dans diff&#233;rentes directions. Mais au points de leur croisements na&#238;t une grande &#233;nergie et cette &#233;nergie nourrit la ville, la fait grandir et se mouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/02032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/02032012-885f5.jpg?1772203094' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un soir je descends Bree Street vers Newtown. Adolphus m'accompagne et nous parlons. Il dit : &#171; Il fut un temps o&#249; l'on ne pouvait pas voir un seul homme noir dans la rue ici... &#187; Je lui r&#233;ponds : &#171; Aujourd'hui, on ne peut pas voir un seul homme blanc dans la rue ici... &#187;. Nous nous regardons et nous rions. C'est de l'histoire, ce qui compte vraiment, c'est que nous marchons en ce moment ici ensemble dans la rue, un homme noir d'un certain &#226;ge et une jeune femme blanche, et que nous pouvons en rire. De tels moments sont rares et la conscience du fait qu'il ait senti le besoin de m'accompagner pour que je sois en s&#233;curit&#233;, outre son &#233;ducation de parfait gentleman, trouble notre joie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/01032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH239/01032012-caebe.jpg?1772203094' width='500' height='239' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;placement de la population majoritairement blanche et du quartier des affaires vers le nord de Johannesburg, le centre-ville a accueilli une population majoritairement noire et originaire de tous les pays d'Afrique et est devenu un non-lieu pour une grande partie de personnes, noires et blanches.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1651 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/03032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH237/03032012-bd63e.jpg?1509806750' width='500' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent en Afrique du Sud, les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus, mais d&#233;plac&#233;s. Inverser la situation n'a encore jamais fait avancer. Le vivre ensemble s'apprend au jour le jour et quelquefois p&#233;niblement dans une soci&#233;t&#233; qui s'est construite sur la s&#233;paration. Bient&#244;t 20 ans apr&#232;s la fin de l'apartheid, les marges de man&#339;uvre sont parfois tr&#232;s &#233;troites et l'&#233;quilibre reste fragile, suspendu &#224; la volont&#233; de chacun d'&#233;riger des ponts sans avoir la moindre id&#233;e, s'ils tiendront, &#224; l'endroit o&#249; d'autres avaient pris soin de creuser des foss&#233;s, trop larges et trop profonds pour ne jamais &#234;tre travers&#233;s. Marcher sur ces ponts revient &#224; marcher sur un fil. Chacun veille sur ses pas, toujours en train de scruter l'autre, des fois qu'il l&#226;cherait le bout du fil sur lequel on avance et toujours aux aguets, des fois qu'un acte de sabotage interviendrait de l'ext&#233;rieur. L'ignorance, m&#234;me involontaire, est le plus grand danger. La conscience, aussi de cette ignorance, est le plus grand atout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/04032012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/04032012-bbb08.jpg?1772203095' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un grand orage &#233;clate au moment o&#249; j'arrive &#224; Maboneng et une pluie torrentielle se met &#224; tomber. C'est un dimanche apr&#232;s-midi. Le vent &#233;crase les gouttes contre les vitres et l'eau chute du toit. Il fait sombre et on n'y voit rien. Impossible de regarder au del&#224; des confins de la cour int&#233;rieure du b&#226;timent. Peu de temps apr&#232;s, la pluie cesse de tomber et le ciel s'&#233;claircit. Le regard porte vers l'ouest, sur le centre ville de Johannesburg. Les silhouettes des tours des immeubles plus proches se dessinent &#224; l'horizon avec le Carlton Center au milieu en face.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/05022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/05022012-7f2eb.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;p&gt;Construit &#224; la fin des ann&#233;es 1960 et inaugur&#233; en 1973, ce gratte-ciel de 50 &#233;tages et 223 m de haut est le plus haut b&#226;timent en Afrique et fait partie du patrimoine architectural embl&#233;matique de la ville de Johannesburg. La tour elle-m&#234;me abrite essentiellement des bureaux et le si&#232;ge social de la compagnie de transports Transnet, son propri&#233;taire actuel. Elle marque un tr&#232;s grand centre commercial, qui s'&#233;tend autour d'un atrium central couvert d'une verri&#232;re et descend sur plusieurs niveaux au sous-sol de ce vaste complexe, comprenant en plus un parking, une patinoire et un h&#244;tel de luxe, l&#233;gendaire &#224; son &#233;poque, mais ferm&#233; en 1997 et qui reste aujourd'hui abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/20022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/20022012-84c65.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis assise en face de la fen&#234;tre dans le lobby de l'h&#244;tel 12 Decades qui se trouve au septi&#232;me &#233;tage du b&#226;timent Main Street Life et j'essaie d'&#233;tablir une connexion Internet. Dans ma chambre de l'autre c&#244;t&#233; du couloir, la r&#233;ception est trop faible, ici le signal est plus puissant, mais ce n'est pas pour autant que le r&#233;seau fonctionne. Je commence &#224; discuter avec un professeur d'architecture de Chicago. Il n'arrive pas non plus &#224; se connecter et il est furieux, car il doit envoyer des documents urgents chez lui. Alert&#233; par le professeur, le gardien de nuit de l'h&#244;tel arrive. Il a inform&#233; le fournisseur et ne peut rien faire de plus. Il faut attendre. Probablement demain matin. Le professeur pousse quelques injures, tourne les talons et s'en va dans sa chambre en claquant la porte. Nous nous regardons avec le gardien de nuit et nous haussons les &#233;paules en souriant. C'est un homme grand et plut&#244;t mince, d'un naturel tr&#232;s doux et ferme, avec un beau sourire. Son calme et sa gentillesse sont rassurants. Est-ce qu'il y a souvent des probl&#232;mes avec Internet ? Demande-je. H&#233;las, oui...! Dit-il avec un autre sourire. Nous discutons un peu. Ensuite il part faire un tour sur le toit et je retourne dans ma chambre, me changer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1656 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13022012a.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/13022012a-8586e.jpg?1509806751' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je descends un peu plus tard pour aller au cin&#233;ma, regarder &#171; Africa shafted under one roof &#187;, un film documentaire r&#233;alis&#233; par Ingrid Martens qui parle du b&#226;timent Ponte et de ses habitants. Le Ponte est un autre &#233;difice encore plus embl&#233;matique que le Carlton. Il est aussi situ&#233; &#224; proximit&#233; de Maboneng, mais un peu plus vers le nord, sur le bord du quartier de Hillbrow et en face de Yeoville. Outre son aura de monument, Ponte tient le record du plus haut b&#226;timent r&#233;sidentiel sur le continent africain. Initialement con&#231;u comme une habitation de luxe avec des vues spectaculaires sur la ville et situ&#233; entre un quartier pris&#233; et cosmopolite (Hillbrow) et &#224; c&#244;t&#233; d'un quartier r&#233;sidentiel de bon standing (Yeoville), Ponte est devenu par la suite un lieu de refuge pour des immigr&#233;s venant de toute l'Afrique et cherchant fortune &#224; Johannesburg, situ&#233; d&#233;sormais dans un environnement avec un taux de criminalit&#233; record. Le photographe sud-africain Michael Subotzky s'est fait conna&#238;tre par un public international avec &#171; Ponte City &#187;, un projet photographique qu'il d&#233;veloppe avec Patrick Waterhouse autour de ce b&#226;timent et qui a re&#231;u le prix D&#233;couverte aux Rencontres d'Arles en 2011. Connaissant le travail de Michael, je suis curieuse de d&#233;couvrir le film. Le film se joue presque exclusivement dans les ascenseurs, nous fait rencontrer les habitants, les laisse parler. Il en sort un plaidoyer contre le racisme, touchant, contradictoire et rempli d'humanit&#233;. La r&#233;alisatrice est pr&#233;sente, il y a une petite discussion avec le public apr&#232;s le film.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1657 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/13022012b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH241/13022012b-fa2fc.jpg?1509806751' width='500' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la salle, je croise une amie historienne de l'art de Berlin qui travaille sur un project de recherche en Afrique du Sud, comme moi, et est venue assister &#224; la conf&#233;rence annuelle des historiens de l'art sud-africains qui se tient &#224; Pretoria dans les jours qui viennent. Elle me pr&#233;sente une collaboratrice du Goethe-Institut avec qui je discute longuement. C'est un heureux hasard. &#192; la fermeture, un des deux patrons du cin&#233;ma vient nous rejoindre. Il nous rapporte les derni&#232;res nouvelles du jour. Depuis peu, le quartier poss&#232;de son propre service de transport, ce qui est une bonne initiative dans une ville o&#249; les transports en commun sont rares et mal organis&#233;s et les taxis collectifs difficiles d'usage pour les non-habitu&#233;s et les &#233;trangers. Marcher &#224; pied n'est pas une alternative praticable pour tout le monde et n'est surtout pas conseill&#233; la nuit, aussi, &#233;tant donn&#233; l'&#233;tendue de la ville, ce n'est pas vraiment un moyen de d&#233;placement adapt&#233;. Ainsi on reste souvent bloqu&#233; sans voiture. Maintenant un mini-bus, baptis&#233; &#171; Mabo-go &#187; attend devant l'h&#244;tel. Le chauffeur fait des circuits r&#233;guliers le matin et le soir et propose aussi des services &#224; la carte. Il emm&#232;ne tout le monde, touristes, habitants et employ&#233;s confondus. Ce jour-l&#224;, il s'&#233;tait fait arr&#234;ter et menacer, arme &#224; l'appui, par un groupe de chauffeurs de taxis collectifs. Ces chauffeurs sont organis&#233;s comme une mafia et contr&#244;lent leur territoire. L'incident a pu &#234;tre r&#233;gl&#233; et n'a pas eu de cons&#233;quences, autres que le versement d'une somme d'argent &#224; l'association des taxis. Les chauffeurs de taxis collectifs ont un certain pouvoir et il le font valoir, m&#234;me vis-&#224;-vis les autorit&#233;s publiques quand il s'agit d'entrave sur leur territoire &#8211; que ce soit par l'installation de transports en commun ou par la cr&#233;ation de p&#233;ages sur les routes. En dehors du probl&#232;me de l'orientation et de la langue, les taxis collectifs constituent le moyen de transport le plus fiable et le moins cher &#224; Johannesburg &#8211; mais certainement pas le plus rapide. Les gares de taxis collectifs constituent un monde &#224; part, ce sont des plaques tournantes, toujours grouillant de monde, souvent li&#233;es aux march&#233;s d'alimentation et/ou de v&#234;tements et entour&#233;es des petits stands de vente improvis&#233;s par des vendeurs de trottoir qui pr&#233;sentent un ensemble de bonbons, pop-corn, Zambuk (un baume au camphre que beaucoup mettent aussi sur les l&#232;vres) et des cigarettes &#224; l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/14022012.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH188/14022012-448c8.jpg?1509806752' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;p&gt;Je rentre tard et tombe sur le gardien de nuit dans l'entr&#233;e de l'h&#244;tel. Il est en train de parler au t&#233;l&#233;phone et me fait signe de l'attendre. Quand il raccroche, il me dit que l'ascenseur est en panne et me fait passer par l'autre entr&#233;e pour prendre le deuxi&#232;me ascenseur. L'autre personne qui prend l'ascenseur avec moi est Jonathan Liebman, visionnaire et promoteur du quartier. Il a organis&#233; un d&#238;ner avec des sponsors sur le toit du b&#226;timent qui vient tout juste d'&#234;tre termin&#233;. Pendant un certain temps, il dort aussi &#224; l'h&#244;tel, en changeant de chambre tous les jours ou presque, selon les disponibilit&#233;s. Ses bureaux sont dans le b&#226;timent &#224; c&#244;t&#233; qui est en phase de construction. Il tient &#224; &#234;tre pr&#233;sent sur les lieux. Il a toujours fait ainsi, d&#232;s le d&#233;part &#8211; d&#232;s le d&#233;but de la r&#233;habilitation du premier complexe de b&#226;timents qu'il ach&#232;te en 2008 et qui deviendra par la suite Arts on Main. Nous discutons le temps de monter. Le tout avait commenc&#233; avec le constat qu'il cherchait en vain un endroit pour vivre et travailler dans la ville de Johannesburg qui correspondrait &#224; ses ambitions. Par cons&#233;quent, il a d&#233;cid&#233; de le cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1659 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/Joburg_Skyline.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH136/Joburg_Skyline-6256d.jpg?1509806752' width='500' height='136' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;1970-01-01 01:00:00
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&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En suivant l'exemple du r&#233;am&#233;nagement d'un complexe industriel &#224; Milpark, dans la p&#233;riph&#233;rie ouest de la ville, il ach&#232;te un premier complexe de b&#226;timents situ&#233; dans un carr&#233; entre Fox et Main Street donnant sur Berea Street, dans un quartier situ&#233; &#224; l'est du centre-ville de Johannesburg qui comprend nombre de vieux b&#226;timents industriels en partie abandonn&#233;s et propices &#224; &#234;tre transform&#233;es en espaces de travail et de vie modernes. Il commence &#224; cr&#233;er Arts on Main, un espace de travail, comprenant ateliers d'artistes, galeries et espaces de travail et d'exposition. Son projet constitue une initiative importante dans le r&#233;am&#233;nagement du centre-ville de Johannesburg et repr&#233;sente une contribution majeure au d&#233;veloppement urbain de la ville. Persuad&#233; que d'autre gens viendront partager sa vision d'une nouvelle vie dans la ville de Johannesburg et de la cr&#233;ation d'une communaut&#233; cr&#233;ative, il continue &#224; d&#233;velopper son projet et commence &#224; se lancer dans la cr&#233;ation d'une &#233;conomie communautaire et int&#233;grante qui offre des possibilit&#233;s &#224; tout et chacun. Le projet gagne vite en envergure. Main Street Life, un complexe r&#233;sidentiel avec restaurants, boutiques, cin&#233;ma d'art et d'essai, th&#233;&#226;tre, espaces de travail et d'exposition et h&#244;tel, est inaugur&#233; &#224; peine deux ans apr&#232;s Arts on Main. Cette ann&#233;e, le Main Change, Revolution House et Fox Street Studios ont ouvert leur portes, et deux autres b&#226;timents, Artists and Res et le MOAD, le premier mus&#233;e du design en Afrique, sont en phase de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#224; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Oswenka</title>
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		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;&#034;Number 10, number 10&#034; appelle le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie. Rapidement mais sans h&#226;te il traverse la salle, v&#234;tu d'un costume &#233;l&#233;gant, tout en rayures noir et blanc. Il monte les marches qui m&#232;nent &#224; la sc&#232;ne, se tourne et s'approche de la rampe o&#249; il s'immobilise en joignant les mains. Tous les regards se posent sur lui.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton111-bc20a.jpg?1772203095' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Number 10, number 10&#034; appelle le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie. Rapidement mais sans h&#226;te il traverse la salle, v&#234;tu d'un costume &#233;l&#233;gant, tout en rayures noires et blanches. Il monte les marches qui m&#232;nent &#224; la sc&#232;ne, se tourne et s'approche de la rampe o&#249; il s'immobilise en joignant les mains. Tous les regards se posent sur lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'incline respectueusement devant son juge en levant les yeux. Il porte deux bagues &#224; la main gauche et un papillon blanc. Sur le revers de sa veste brille une broche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du haut de la sc&#232;ne il pose son regard sur le juge et ne le l&#226;chera plus des yeux. Il ne voit que lui, les personnes dans la salle lui sont indiff&#233;rentes. Lorsqu'il avance le bras gauche, la manche de sa veste glisse en arri&#232;re et d&#233;couvre la montre qui orne son avant-bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pos&#233;ment, il avance le pied gauche et le soul&#232;ve du sol. Tous les regards glissent le long de sa jambe en fr&#244;lant ses socquettes et s'attardent sur ses chaussures avant de remonter le long de son corps. Il se redresse en suivant les regards et tourne sur lui m&#234;me comme sur un pas de danse. Jamais il ne l&#226;che son juge des yeux, sauf &#224; cet instant o&#249; il se montre de dos. Progressivement il ouvre sa veste et laisse entrevoir l'&#233;tiquette &#224; l'int&#233;rieur : Giorgio Armani. Lentement il enl&#232;ve la veste. En dessous il porte un gilet &#224; rayures et une chemise noire dont les manchettes doubl&#233;es de blanc sont l&#233;g&#232;rement repli&#233;es sur les bords et tenues par des boutons de manchettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se tourne &#224; nouveau en faisant un geste de la main comme pour mettre en garde. D'un pas tranquille et lent il fl&#226;ne le long de la sc&#232;ne dans le fond, en tenant la veste dans une main et en glissant l'autre main dans la poche de son pantalon. Ses mouvements sont fluides, ses pas mesur&#233;s. Il suit un rythme int&#233;rieur. Arriv&#233; au bout, il se retourne. Il se redresse majestueusement et marque un temps d'arr&#234;t, puis avec un geste entra&#238;nant de la main gauche revient d'un pas plus vif vers le milieu et l'avant de la sc&#232;ne. En tenant la veste pli&#233;e en deux dans la main droite de fa&#231;on &#224; ce que l'on voie la broche et le mouchoir en soie noire dans la poche poitrine, il s'incline &#224; nouveau, l&#233;g&#232;rement, comme pour tirer la r&#233;v&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avance l&#233;g&#232;rement son pied gauche et tient le bras gauche &#224; hauteur de sa poitrine. Tout y est &#224; la fois. Pendant un instant, il se d&#233;couvre enti&#232;rement jusqu'au moindre d&#233;tail et s'immobilise juste le temps de le parcourir du regard de haut en bas et d'en faire l'inventaire : la somme d'un habit &#233;l&#233;gant et de tous ses accessoires, parfait jusque dans le moindre d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doucement il se retire et se tourne &#224; nouveau avec un l&#233;ger sourire sur le bout des l&#232;vres. D'un geste nonchalant il remet sa veste. D'abord une premi&#232;re manche. Encore une occasion de pr&#233;senter la main gauche avec la montre et les bagues. Ensuite l'autre manche. Il s'arr&#234;te au milieu de la sc&#232;ne et avance. Il s'incline &#224; nouveau devant le juge en joignant ses mains, le regard toujours pos&#233; sur les yeux du juge. Il tient son regard, le marque d'un hochement l&#233;ger de la t&#234;te, comme pour s'en assurer, puis se retourne et s'en va. Il y a un murmure dans la salle. Quelques personnes applaudissent. Le juge se penche sur son papier et prend note.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La ville de l'eau</title>
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		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


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		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous nous sommes baign&#233;s pendant plus d'une heure. Il y avait du monde sur le petit bout de plage surveill&#233;, le seul endroit o&#249; la baignade &#233;tait autoris&#233;e. Les vagues &#233;taient hautes et le courant fort. La mar&#233;e &#233;tait en train de monter. Nous avons rempli des bouteilles d'eau de mer, une pour chacun. Ceux qui &#233;taient rest&#233;s sur la plage ont ajout&#233; une poign&#233;e de sable. Il ne faut pas oublier le sable, car si elle ne contient que de l'eau, la bouteille est vide.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton110-8f6b9.jpg?1772203095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dimanche matin. Nous nous sommes baign&#233;s pendant plus d'une heure. Il y avait du monde sur le petit bout de plage surveill&#233;, le seul endroit o&#249; la baignade &#233;tait autoris&#233;e. Les vagues &#233;taient hautes et le courant fort. La mar&#233;e &#233;tait en train de monter. Nous avons rempli des bouteilles d'eau de mer, une pour chacun. Ceux qui &#233;taient rest&#233;s sur la plage ont ajout&#233; une poign&#233;e de sable. Il ne faut pas oublier le sable, car si elle ne contient que de l'eau, la bouteille est vide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand nous &#233;tions sur le d&#233;part, un petit groupe de fid&#232;les arrivait sur la plage avec des tambours. Ils chantaient et priaient face &#224; la mer. Ils portaient les uniformes vert et bleu de l'&#233;glise Zion. Certains s'avan&#231;aient dans l'eau, leur v&#234;tement flottant autour d'eux. Le soleil faisait briller les cha&#238;nes dor&#233;es et autres objets qu'ils avaient sur eux. Quelques m&#232;tres plus loin la houle couvrait presque enti&#232;rement leurs voix, mais les chants continuaient &#224; flotter dans l'air, port&#233;s par le vent, et nous accompagnaient en marchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau de mer sert &#224; chasser les mauvais esprits, elle prot&#232;ge. Les gens se baignent pour se purifier et ils remplissent des bouteilles d'eau de mer pour en ramener chez eux. C'est aussi un m&#233;dicament, certains en boivent dans des moments difficiles ou de d&#233;tresse. Il y en a m&#234;me qui dorment avec une bouteille sous l'oreiller pour retrouver la clart&#233; d'esprit dans une situation compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de mon d&#233;part en Europe je suis inqui&#232;te et anxieuse. Je me souviens de la bouteille que j'avais gard&#233;e pr&#232;s de moi. Elle est toujours &#224; l'endroit o&#249; je l'avais pos&#233;e, dans la salle de bains, &#224; c&#244;t&#233; de la baignoire. Avant de me coucher je bois une gorg&#233;e d'eau de mer, cette eau que j'avais cueillie dans l'Oc&#233;an Indien une semaine auparavant, et je m'endors avec la bouteille sous l'oreiller. Je dors mal, soit par appr&#233;hension du voyage, soit &#224; cause de la bouteille sous mon oreiller, mais je suis apais&#233;e et parfaitement calme quand je me r&#233;veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb385|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La ville de l'or</title>
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		<dc:date>2011-09-08T09:51:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniela Goeller</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>cityscape</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De la ville de Johannesburg n'appara&#238;t d'abord qu'une ligne d'horizon o&#249; se dessinent les contours reconnaissables des immeubles embl&#233;matiques qui marquent le centre ville.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton107-34da4.jpg?1772203095' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la ville de Johannesburg n'appara&#238;t d'abord qu'une ligne d'horizon o&#249; se dessinent les contours reconnaissables des immeubles embl&#233;matiques qui marquent le centre ville.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le quartier de Hillbrow est perch&#233; sur une colline tel un ch&#226;teau fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970 c'&#233;tait un endroit mondain et cosmopolite et dans les ann&#233;es 1990 le quartier devint le haut lieu du crime organis&#233;. Johannesburg, le nouveau paradis, la terre promise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette ligne d'horizon que d&#233;bute et se termine le film &#034;Jerusalema&#034; de Ralph Ziman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La topographie de la ville fait que cette ligne d'horizon est omnipr&#233;sente, tel un rep&#232;re : Johannesburg, ville de bonne et de mauvaise fortune. En circulant, elle r&#233;appara&#238;t sans cesse, vue de l'est comme de l'ouest, vue du nord comme du sud, sans qu'il n'y ait jamais qu'un seul point de vue. Johannesburg, ville &#224; facettes multiples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, il y avait des parkings sur la route de Bedford pour contempler le paysage, mais ils sont d&#233;sormais ferm&#233;s. Johannesburg, ville inaccessible, insaisissable. C'est cette ligne d'horizon famili&#232;re qui enveloppe le livre de Guy Tillim : &#034;Jo'burg&#034;, ville attachante et intouchable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est &#224; la fois trop loin et trop pr&#232;s, tout semble &#234;tre &#224; port&#233;e de main et pourtant se soustrait, se refuse. Johannesburg, ville &#224; jardins et &#224; contradictions, &#233;vocatrice et fascinante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;tt&gt;&lt;emb371|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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