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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>Rodin vs Epstein </title>
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		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH116/study_of_a_nude_female_figure_satyress_auguste_rodin_public_domain-9a89d.jpg?1775383396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les violeurs de Madame P&#233;licot &#233;taient sans doute de cette cat&#233;gorie : m&#233;diocres et sans talent. Mais Epstein ? Un propos rapport&#233; dit tout : les femmes, c'est comme les crevettes, on leur coupe la t&#234;te et on garde le reste. Il n'y a pas plus atroce fa&#231;on de d&#233;clarer qu'il n'y a pas d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de visage : pas d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par contraste cela me fait penser &#224; la beaut&#233; des corps aur&#233;ol&#233;s d'un visage. Cela me fait penser aux splendides audaces de Marl&#232;ne Dumas capable d'exposer la crudit&#233; derri&#232;re une nudit&#233; dont on ne sait plus si le visage dit la jouissance ou la mort. Il y a l&#224; une pens&#233;e, une fouille dangereuse sans doute, qui renvoie tout pr&#233;dateur &#224; l'horreur banale de sa pratique. Ou aux dessins &#233;rotiques de Rodin parmi les plus audacieux. Rodin plonge dans le corps f&#233;minin comme on se noie dans un paysage. L'attraction d'un corps, c'est rendre visible l'illimit&#233;. Le viol, c'est sa r&#233;duction au sans-t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epstein ne fut certes pas un homme banal, mais ce violeur en s&#233;rie, par la multiplication vertigineuse de ses victimes, banalise le crime en interdisant toute identit&#233; aux victimes, identiques les unes aux autres, soumises au m&#234;me &#171; prototype &#187;, disparaissant donc sous l'unicit&#233; de leur fonction. Son vaste appartement de l'avenue Foch &#233;tait, para&#238;t-il, couvert de photos de femmes nues. C'est une passion de pornographe : aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'artiste repr&#233;sente le corps et le sexe, non pour s'y arr&#234;ter dans une attitude de voyeur, mais pour plonger au c&#339;ur d'une &#233;nigme dont le sexe est le trouble ou l'effroi. Il ne coupe pas la t&#234;te de M&#233;duse, tant il sait qu'il n'y a de M&#233;duse qu'en lui ! Il l'emporte ! Un autre &#8212; le m&#234;me ? &#8212; peint une nuque d&#233;voil&#233;e par des cheveux nou&#233;s en chignon pour pr&#233;senter l'image du d&#233;sir et un hommage &#224; la beaut&#233;. La nuque ne serait-elle qu'une m&#233;taphore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le violeur en s&#233;rie est aveugle car il ne per&#231;oit pas l'unique au sein du multiple. &lt;i&gt;&#171; Nous exposons l'unique &#224; la lumi&#232;re du soir et elle est un secret, nous l'exposons &#224; la lumi&#232;re de son secret et elle rev&#234;tue de tendresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cees Nooteboom in Philippe et les autres, folio P. 177&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins &#233;rotiques de Rodin sont des uniques, des paysages myst&#233;rieux qui illimitent le regard. Chaque corps est le r&#233;ceptacle d'une beaut&#233; qui retourne &#224; la fiction qui l'a fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rotisme se d&#233;ploie dans la fiction (ou le r&#233;cit) qui pr&#233;c&#232;de la d&#233;nudation. Le pornographe &#8212; le violeur &#8212; est sans imaginaire. Il se noie dans l'abondance d'une r&#233;alit&#233; qu'il prive de la suspension du temps. Or, le d&#233;sir dans le temps du ravissement suspend le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela &#234;tre ravi. En annulant l'unicit&#233; du corps, le criminel d&#233;truit une beaut&#233; dont il n'a pas id&#233;e. Le &#171; g&#233;nie du crime &#187; avoue une mis&#232;re de la pens&#233;e l&#224; o&#249; l'artiste dresse son d&#233;sir vers un ciel habit&#233; de la lumi&#232;re de son secret. Epstein, au fond, ne m'int&#233;resse pas, seuls ses exc&#232;s me disent que n'est pas saisi par l'&#233;nigme du corps qui veut. Il y faut une pens&#233;e et un abandon dont le violeur est incapable. Rodin s'abandonne &#224; son trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le corps ouvert, le violeur (se) ment. Il se ment car il refuse d'exc&#233;der son d&#233;sir en le diminuant par la possession de l'autre-absent. Rodin retourne le paradis et le regarde bien en face ; enfer et paradis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que je comprends Rodin serait pr&#233;tentieux. Mais je vois dans l'abondance des dessins une bacchanale vertigineuse, une m&#233;taphysique du plaisir ou un au-del&#224; de l'impudeur qui offre &#224; la femme repr&#233;sent&#233;e l'abondance de &lt;i&gt;sa propre&lt;/i&gt; jouissance. Rodin n'est pas spectateur, il est d&#233;miurge. Il r&#233;v&#232;le ce que l'on n'osait savoir par sa pr&#233;sence absente tel un Freud silencieux devant le divan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Il y eut dans notre actualit&#233; r&#233;cente R&#8230;, l'ours producteur, puis Epstein, le danseur sans t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis&#232;re des pr&#233;dateurs ! Mis&#232;re des sans-amour. Ces hommes font de leur puissance un mur infranchissable devant le plus beau des sentiments. L'amour s'y fracasse. Ils ne connaissent pas le bonheur des fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fronti&#232;re de l'autre corps pour le violeur, la fronti&#232;re &#8212; politique &#8212; des autres mondes pour le tyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violeurs ont affreusement leur &#233;quivalence politique. Trump, Poutine et tant d'autres sont &#224; la politique ce que sont les violeurs &#224; la vie commune. Tous vivent un monde sans autres. Remarque-t-on assez cette analogie de l'horreur ? Remarque-t-on assez cette identit&#233; de la pr&#233;dation politique qui viole les territoires et de la pr&#233;dation sexuelle qui viole les corps ? Le crime g&#233;opolitique et le crime sexuel seraient-ils de m&#234;me nature ? Bien s&#251;r ! Passion de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le go&#251;t des tyrans pour l'argent, ils se font plus discrets sur leur go&#251;t pour l'abus des corps. Encore que Trump&#8230; Ils ont en commun, ces tyrans et ces violeurs, un monde sans autres et plus encore &#8212; si je peux dire &#8212; sans art. L'art n'a de cesse d'interroger la pr&#233;sence autre, il ne cesse de renvoyer le voyeur &#224; ses aveuglements et de proposer &#224; chacun l'art de &lt;i&gt;voir.&lt;/i&gt; Voir et non seulement regarder, c'est traverser l'image, le paysage, le visage, tout autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art ou l'inviolable pr&#233;sence de l'&#233;tranger. Passion de vie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas que l'artiste de g&#233;nie comprenne toujours ce qu'il fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de comprendre mais d'&#234;tre en face. &#202;tre en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le face &#224; face constitue la r&#233;alit&#233; du geste artistique l&#224; o&#249; le lugubre violeur reste sans vis-&#224;-vis. L'art expose l'unique, il cr&#233;e son secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposons l'unique, nous cr&#233;ons son secret&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cees Nooteboom in &lt;i&gt;Philippe et les autres,&lt;/i&gt; folio P. 177&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : &#201;tude d'un nu f&#233;minin, Auguste Rodin, 1905&#8211;8. Graphite and watercolor. Domaine Public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Que Dire ?</title>
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		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


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		<dc:subject>Image</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Image" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH138/arton2794-46709.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moi qui ai pass&#233; ma vie &#224; tenter de t&#233;moigner des relations aussi difficiles que f&#233;condes entre l'art et la d&#233;mocratie, je me trouvais pris de court. Que dire ? Que peut-on encore esp&#233;rer dans un monde d&#233;bord&#233; par la barbarie et le mensonge ? Les mots eux-m&#234;mes font la guerre (cf. Barbara Cassin &#171; la guerre des mots &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Dominique Edd&#233; &#171; la mort est en train de changer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Pourtant ces livres t&#233;moignent d'une r&#233;sistance lucide, profonde, n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon malaise ne s'est pas apais&#233; en allant visiter &#224; la Bourse du commerce &#224; Paris l'exposition consacr&#233;e aux Minimalistes. Si le visible, le trop visible, est malade de la violence, l'absence d'image ou l'image vide ne r&#233;pondent ni par le silence ni par cette quelconque pr&#233;sence &#224; l'horreur de notre monde. L'image est comme &#233;vanouie. Or, je ne vois qu'elle, l'image, pour d&#233;passer la visibilit&#233; et se d&#233;faire du trop visible. Pourquoi cette exposition &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt; Dois-je pr&#233;ciser que l'image dont je parle est l'exacte contraire de l'envahissement &#171; d'images &#187; dont notre quotidien est abreuv&#233;, &#233;tourdi, d&#233;cervel&#233;. Ces pseudo-images, selfies et autres c&#233;l&#233;brations du Moi, sont &#224; la conscience de soi ce que l'algorithme est &#224; la sensibilit&#233;. M&#234;me la captation par le t&#233;l&#233;phone de faits, de moments de r&#233;alit&#233;, aussi utiles sont-ils pour t&#233;moigner de massacres innommables, m&#234;me ceux-l&#224; peuvent &#234;tre l'objet de contre-fa&#231;ons par IA interpos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mensonge d&#233;borde le r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
La technique n'a que faire de la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir affirme ; le r&#233;el doit se soumettre. Trump, Poutine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis la guerre de Troie, le sc&#233;nario est le m&#234;me. Femmes viol&#233;es, villes d&#233;truites, enfants enlev&#233;s ou tu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Agamemnon enl&#232;ve Cassandre, il sera tu&#233; par Clytemnestre qui elle-m&#234;me, etc&#8230; Depuis, il semble qu'Ath&#233;na d&#233;gout&#233;e ait rejoint l'Olympe pour ne plus en sortir, laissant les humains &#224; leurs horreurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre se r&#233;p&#232;te. Seul changement mais de taille : la technique. On peut tuer en masse, de loin, sur plusieurs sites simultan&#233;s. Formidable progr&#232;s ! La technique, encore elle, permet de diffuser le mensonge au monde entier et de maquiller le massacre en l&#233;gitime d&#233;fense. Qu'est devenue la culture, que peut-elle, dans cette histoire retourn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il nous reste l'&#233;tude pr&#233;cise, &#233;loign&#233;e de tout ce manich&#233;isme dont l'opinion raffole, j'&#233;voquais deux auteurs au d&#233;but de cet article &#8212; il en est d'autres. Il nous reste la fiction dont le cin&#233;ma, ici et l&#224;, s'honore.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;habiliter la fiction et son pouvoir de d&#233;voilement de la v&#233;rit&#233; est une t&#226;che encore &#224; notre port&#233;e dans nos pays o&#249; le droit n'est pas enseveli, &#224; nous qui ne sommes pas soldats ni terroris&#233;s par un ordre religieux ou dictatorial. (Les deux en Russie s'entendent &#224; merveille !).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#171; L'accouplement de la conscience et de l'algorithme&#8230; est en train d'accoucher d'un rejeton qui n'est d&#233;j&#224; plus que tr&#232;s partiellement surveill&#233; par la conscience. &#187; &lt;/i&gt; (D. Edd&#233;). Ce rejeton fera-t-il encore la distinction entre la v&#233;rit&#233; de fiction et le mensonge du pseudo-r&#233;el ? Ce rejeton comprendra-t-il, par exemple, que la censure op&#233;r&#233;e au nom de &#171; l'appropriation culturelle &#187; est plus qu'une imb&#233;cilit&#233;, c'est un acte liberticide qui ignore ce que les mots culture, art, rec&#232;lent de richesses partag&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Partag&#233; ! Quel mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'image, la &#171; grande &#187; image, celle qui va, disons de Rembrandt &#224; Marl&#232;ne Dumas, de Schiele &#224; Bacon, de Jean Rustin &#224; Kieffer, cette image t&#233;moigne de la douleur du retour sur soi &lt;i&gt;en terre &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;. La terre de l'autre. Ces images sont &#224; la peinture ce que la m&#233;taphore est &#224; la litt&#233;rature. Ces images sont silencieuses ; elles ne font pas silence. L'intelligence c&#232;de devant la pens&#233;e. Nous savons combien l'intelligence est versatile et peut &#234;tre bavarde. La pens&#233;e reste suspendue au-dessus du vide. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivons dans un monde o&#249; il est difficile de ne pas se taire, il nous appartient n&#233;anmoins de ne pas renoncer &#224; ce qui fait humanit&#233;. Je sais combien un humanisme sentimental a pu &#234;tre moqu&#233;, &#224; juste titre puisqu'il d&#233;dommageait la conscience &#224; peu de frais. Il en est un autre : un humanisme de lutte. Un humanisme qui ne c&#232;dera pas. Toute vie est de droit &#233;gal. Les fronti&#232;res sont l&#233;gitimes tant que nous pouvons les passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; quand le pouvoir exub&#233;rant de la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La haine c'est le mal, le bien c'est l'amour &#187;&lt;/i&gt; r&#233;sumait Vladimir Jank&#233;l&#233;vitch, ce grand philosophe de la morale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'autorise de lui pour clore cet article par ce qui appara&#238;tra comme une na&#239;vet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Je&#769;rome Martin Langlois, Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax (1810). Mus&#233;e du Louvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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