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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Ch&#232;re Farah Khelil</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana&#239;s Djouad</dc:creator>


		<dc:subject>art num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>art conceptuel</dc:subject>
		<dc:subject>Magreb</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ch&#232;re Farah Khelil,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu envie de vous &#233;crire et puis non, et puis je me suis dit, pourquoi pas, une lettre fictive. Une excuse, une prise de pouvoir par le texte pour exprimer ce qui m'est venu &#224; l'approche de vos travaux que j'ai d&#233;couverts en 2014, &#224; vous &#233;couter dans plusieurs espaces les pr&#233;senter, &#224; cheminer &#224; travers les lieux de vos expositions et dans vos publications.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.tk-21.com/art-numerique" rel="tag"&gt;art num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/art-conceptuel" rel="tag"&gt;art conceptuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.tk-21.com/Magreb" rel="tag"&gt;Magreb&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2671-7adf3.jpg?1772242012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Farah Khelil,&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu envie de vous &#233;crire et puis non, et puis je me suis dit, pourquoi pas, une lettre fictive. Une excuse, une prise de pouvoir par le texte pour exprimer ce qui m'est venu &#224; l'approche de vos travaux que j'ai d&#233;couverts en 2014, &#224; vous &#233;couter dans plusieurs espaces les pr&#233;senter, &#224; cheminer &#224; travers les lieux de vos expositions et dans vos publications. Deux illustrations de vos &#339;uvres accompagnent cette lettre fictive, encore plus fictive puisque vous avez envoy&#233; des fichiers &#224; ma demande, alors vous savez d&#233;j&#224; que vous ne recevrez pas de courrier mais que j'ai d&#233;tourn&#233; une lettre que je voulais vous &#233;crire, pour la publier ici. Trop tard Farah ! le m&#233;dium a transform&#233; d&#233;j&#224;, le message.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Je reprends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ch&#232;re Farah Khelil,&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai presque attach&#233; votre pr&#233;nom &#224; votre nom, comme on dit souvent le nom d'un artiste, en bouche, &#171; Farahkhelil &#187;. Dans le code source d'un lieu virtuel ils l'auraient &#233;t&#233; sans doute. L'&#233;criture invisible, le code, sans g&#234;ne, s'approprie et convertit tout. Le code source comme la bouche dans laquelle se forme quelque chose&#8230; Ce que l'on d&#233;pose dans le physique du seul &#171; vrai &#187; monde que l'on conna&#238;t, appartient &#224; l'espace dans lequel la forme s'est inscrite, on s'en d&#233;fait visiblement. Les datas tracent jusqu'&#224; la source et quel que soit leur objet, chaque espace de la cr&#233;ation et de la source restent toujours li&#233;s d'un lien invisible. Parfois l'une des fibres de ce lien perp&#233;tuel se rompt, le tout freeze, la transmission se fige ou tourne en rond sans plus savoir par o&#249; sortir, une fibre en moins et le tissu perd ses moyens. Une &#233;vidence quand on fait face &#224; votre s&#233;rie &lt;i&gt;Offline Screenshot&lt;/i&gt; (2020) Farah, qui &#224; moi, m'a dit : ce qui n'est pas encore saisi semble pourtant d&#233;j&#224; avoir pris forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le processus de m&#233;diation num&#233;rique, la r&#233;v&#233;lation de l'information d&#233;pend de la capacit&#233; de connexion. Ni l'imaginaire, ni l'abstraction ne pourraient en faire autant. Le &#171; sans pareil &#187; du tout-appareil. Faiblesse, talon d'Achille de nos nouvelles m&#233;moires, d&#233;terminant de nos traces virtuelles, de nos &#233;changes sans visibilit&#233;(s) mais avec des &#233;crans pour montrer et regarder.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/farah_kehlil_offline01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH361/farah_kehlil_offline01-4495e.jpg?1745590132' width='500' height='361' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Farah Kehlil, Offline Screenshot
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Transmettre et voir, quant &#224; eux, me semblent d&#233;pendre du sens produit par nos &#233;changes, quel qu'en soit l'objet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et vous Farah, vous semblez attacher un lien sensible entre ce qui est et ce qui pourrait &#234;tre, depuis l'imaginaire de vos livres d'&#233;tudiante en art et l'archipel du cartel comme seul lieu de cet art, jusqu'&#224; vos explorations num&#233;riques et leur potentiel de trans-formation. La forme comme essence de la cr&#233;ation, l'&#233;chelle nouvelle de la puissance algorithmique. Comme vous le dites quelque part, &lt;i&gt;&#171; la beaut&#233; pour l'aveugle n'est qu'un langage &#187;&lt;/i&gt;, et bien un langage n'est-il pas, apr&#232;s tout, qu'une technique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;j&#224;-l&#224; qui permet d'aller au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce &#171; d&#233;j&#224;-l&#224; &#187; que l'on reproche souvent au dispositif du virtuel, n'est-il pas aussi le livre, le mus&#233;e, le son, la lettre, l'alphabet ? Toute technique de trace, de transmission n'est-elle pas d&#233;j&#224; l&#224;, avant l'objet ? Objet du d&#233;sir, esth&#233;tique, figurant ou spectre qui raconte, qui exploite, qui fait croire, qui fait foi. Toutes ces techniques qui permettent d'aller au-del&#224;. D'elles, de nous, de l'autre. Marshall McLuhan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Herbert Marshall McLuhan (1911-1980, Canada) Philosophe, th&#233;oricien de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a dit &lt;i&gt;&#171; The medium is the message &#187;&lt;/i&gt;. Votre travail semble questionner le processus de la mise en sens et la capacit&#233; de r&#233;g&#233;n&#233;rer ce sens qu'ont les algorithmes, mais aussi le fantasmagorique de l'interaction avec les datas. Qu'est-ce qu'on risque alors si l'on ne gagne pas grand-chose si ce n'est un simulacre, un r&#233;el fantasm&#233; ? Peut-&#234;tre ressentir au moins un manque de transformations ? Une victoire &#233;crasante des normes contre la capacit&#233; de re-cr&#233;ation ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les technologies brouillent sans cesse les pistes, on entrevoit aujourd'hui &#224; peine leur impact sur nos &#233;cologies. Cr&#233;er, c'est peut-&#234;tre avant tout savoir exploiter, et &#339;uvrer serait alors ma&#238;triser les objectifs de l'exploitation. Les technologies brouillent les pistes de l'acte de cr&#233;ation, la technique &#224; la hauteur du d&#233;ifique, m&#234;me le marteau n'avait pas frapp&#233; aussi fort, celui de Thor peut-&#234;tre. L'art sacr&#233; de la guerre : la fronti&#232;re entre la technique et l'art. Dans le tissu g&#233;ant s'est coinc&#233; Walter Benjamin. Il aura &#233;t&#233; un critique exemplaire de la religion capitaliste, ce sont ses mots. &lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;i&gt;Dieu et la Technologie. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;ifique, Fantasmagorique, Simulacre ou&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Procession, Processus, Proc&#233;d&#233; de cr&#233;ation.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22339 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;152&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.tk-21.com/IMG/jpg/farah_kehlil_iqrafk.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/farah_kehlil_iqrafk-0b15c.jpg?1745590132' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Farah Khelil, Iqra, 2013
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;dessin et collage, encre et puce &#233;lectronique sur papier, dimensions variables, Courtesy Farah Khelil, &#169; Photo : Farah Khelil
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers souvenirs qu'accrochent &#224; mes synapses vos cr&#233;ations, j'ai en m&#233;moire une puce &#233;lectronique depuis laquelle circonvolue le trac&#233; d'un abjad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alphabet ou lettre arabe.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; noir qui nous emm&#232;ne dans un nouveau type de procession. &#192; double corps/core, dans cette Mecque revisit&#233;e, c'est un nouveau p&#232;lerin que je vois circuler autour de cette carte-m&#232;re, foyer de la nouvelle religion, du nouveau levier id&#233;ologique, c'est double encore ou pas si simple. L'empire algorithmique et ses croyants. Le culte nouveau, transcendance particuli&#232;re, une soumission comme oblig&#233;, nous sommes maintenant ces &#234;tres oblig&#233;s, num&#233;riquement oblig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#339;uvre fait partie de la s&#233;rie de dessins &lt;i&gt;Iqra&lt;/i&gt; (2013-2016) (en arabe &#171; Lis &#187;), premier mot du Coran, ordonnant de lire. Lire, le d&#233;but d'un &lt;i&gt;Tout.&lt;/i&gt; D'o&#249; vient l'injonction cette fois ? Quel Livre cette fois ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de croiser votre Iqra, Farah, je ne savais rien des abjads, ces alphabets o&#249; seules les consonnes sont figur&#233;es, le reste appartient &#224; la grammaire, aux agencements, pas de voyelles au d&#233;part mais un bassin de cinq consonnes qui relient juifs et arabes dans une m&#234;me onto-s&#233;mantique. Elle fait partie de nos gen&#232;ses communes qui pars&#232;ment les sillons de l'histoire universelle, pour faire face aux ontog&#233;n&#233;tiques de nos rites num&#233;riques et leurs nouveaux langages, visibles et non-visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le fantasmagorique, la part laiss&#233;e &#224; l'irrationnel laisse entrer la m&#234;me m&#233;canique de croyance que le religieux. Cette nouvelle religion, dirons-nous alors, qui propose un autre sc&#233;nario d'immortalit&#233;, paradis d&#233;j&#224;-l&#224;, encastr&#233; dans la vie, synchrone et asynchrone &#224; souhait, multi-spatiale ou trans-spatiale, qui fait de nous les entrepreneurs de notre propre immortalit&#233;. Nouvelle s&#233;mantique d'un soi qui se prolonge dans des donn&#233;es dont les usages passifs et actifs sont autant d'hybridations transformatives de soi. Soi multiple, conserv&#233; dans des capsules de donn&#233;es, lieux inconnus ou connus ? Le virtuel est-il un lieu ? Ces lieux font-ils de nous des &#234;tres atemporels ou multi-temporels ? Pour faire d'un espace un lieu, ne faut-il pas un proc&#233;d&#233; propre &#224; l'incarnation ? Vivons-nous plusieurs temps avant m&#234;me d'avoir compris le quantique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vous l'artiste apr&#232;s tout, alors je vous &#233;cris, pour savoir au moins si on peut se demander &lt;i&gt;si.&lt;/i&gt; Si nos sensibles num&#233;riques sont cr&#233;ations puis &#339;uvres, dans un principe de mise en trace d'un r&#233;el qui n'est pas incarn&#233; en soi, cela fait-il de nous de potentiels artistes essayant de faire &#339;uvre depuis de multiples espaces (mais sont-ils des lieux ?) renfermant nos actes de cr&#233;ations ? Depuis combien de temps, &#224; tourner autour de nos espaces num&#233;riques, tentons-nous en vain d'en ma&#238;triser quelque chose ?&#8230; Pour finir en Uber Tesla. Peut-&#234;tre parce que le tout-artiste n'est qu'une illusion. Elle est rassurante, l&#224; encore la m&#233;canique de la fantasmagorie a laiss&#233; une empreinte forte, faite de filtres et de scripts. Un nouvel art pauvre, le num&#233;rique ? Walter Benjamin s'&#233;touffe dans la trame sombre et invisible du tissu n&#233;o-religieux. L'Artiste et non pas les &lt;i&gt;avatarartistes,&lt;/i&gt; on pourrait les appeler comme &#231;a, le r&#244;le de l'artiste n'est-il pas de nous donner l'occasion de faire un pas de c&#244;t&#233; pour nous r&#233;apprendre &#224; aller vers l'&#339;uvre d'art et la dissocier de l'acte de cr&#233;ation hypermoderne ? Comme nous emmener de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, voir ce qui se joue tout autant qu'inventer des arts de jouer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Iqra&lt;/i&gt; (2013-2016) puis &lt;i&gt;Offline Screenshot&lt;/i&gt; (2020), est-ce que vous avez cherch&#233; &#224; transcrire l'endo-dialogue double, moteur du simulacre de l'interaction, cet &#233;change qui se joue entre le medium et le message, ind&#233;pendamment de l'&#233;metteur et du r&#233;cepteur ? Un &lt;i&gt;endo&lt;/i&gt;-dialogue pour que le m&#233;dium reprenne ensuite sa fonction initiale, non celle construite pour devenir ce d&#233;terminant culturel, passant de l'outil contextuel &#224; l'outil orientant la volont&#233; de contexte. &lt;i&gt;Endo&lt;/i&gt;-dialogue que le &lt;i&gt;e-simulacre&lt;/i&gt; rend potentiellement fragile, en disparition et que l'artiste, parce que sa fonction est politique, doit nous r&#233;apprendre &#224; voir comme faisant partie de nous. Le m&#233;dium serait alors le message qui dit &#224; l'individu hypermoderne qu'il est crucial, vital, de retourner vers un dialogue &lt;i&gt;entre l'intime et le soi,&lt;/i&gt; de laisser finalement de c&#244;t&#233; le m&#233;dium, de re-initier le dialogue, en commen&#231;ant par &#234;tre son propre interlocuteur. C'est peut-&#234;tre cela la difficile t&#226;che de l'artiste multim&#233;dia qui, vecteurs et supports oblige, ergonomie et design des objets aux technicit&#233;s et possibilit&#233;s qui norment leurs usages, doit presque r&#233;inventer ce principe d'attraction chez un spectateur qu'on habitue &#224; attendre que le nouveau vienne &#224; lui, que l'inconnu vienne le surprendre. Alors que nous savions si bien chercher l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des performances artistiques repr&#233;sentant la possible et presque positive d&#233;sint&#233;gration et redimensionnement des corps, la d&#233;liquescence programm&#233;e du physique, l'apparition des &#226;mes flottantes, connect&#233;es aux r&#233;seaux sans discontinuer &#8212; qui seront tout sauf les Lucioles encore &#233;clairantes ch&#232;res &#224; Pasolini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pier Paolo Pasolini. &#171; Il vuoto del potere in Italia &#187; (le vide du pouvoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; l'autre voix de l'artiste multim&#233;dia ou de l'artiste num&#233;rique est peut-&#234;tre de mettre en jeu pour nos sens, les formes quotidiennes, &#224; nouveau : apr&#232;s les surr&#233;alistes, les &lt;i&gt;hyper- surr&#233;alistes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; des normes, la marche vers un conformisme qui marquerait la mort de l'esprit d&#233;mocratique, conna&#238;t des champs de r&#233;sistance suffisamment puissants pour donner encore du temps &#224; l'&#233;laboration d'un contre-ouvrage complexe ; un autre tissu, fait d'autres fibres. Et je me demande, Farah, si dans l'hypermodernit&#233; o&#249; la schizophr&#233;nie sociale devient progressivement un standard, les artistes ne seraient pas le rempart exig&#233; par toutes et tous plus ou moins consciemment, celui qui nous expulserait de nos agirs pr&#233;calcul&#233;s. &#338;uvres arythmiques, syst&#232;mes de d&#233;mesure, inintelligibilit&#233; du monde, la glorification de l'irrationnel, de l'incoh&#233;rent, du passionn&#233;, la mise &#224; mal du fantasm&#233;. Un sensible visible qui r&#233;habilite l'invisible, le texte &#224; soi. Une religion du doute ontologique pour r&#233;introduire l'inconnu comme facteur l&#233;gitime de l'existence, sortir du simulacre et sauver l'authentique de son d&#233;tournement capitaliste. Pour Jean Baudrillard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Baudrillard. Simulacres et simulation, &#233;d. Galil&#233;e&#184;1981.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'inexistence du doute par la saturation informationnelle plonge le monde dans une folie universelle (une schizophr&#233;nie sociale ?), alors je compte sur les artistes, je compte sur vous Farah, pour nous emp&#234;cher de devenir des sachants surpuissants toujours en concurrence, pour emp&#234;cher la banalisation des singularit&#233;s moteurs des innovations collectives, pour rejeter fissa toutes &lt;strong&gt;saillances&lt;/strong&gt; potentielles, pour nous pousser quand nous restons fig&#233;s au bord du trou noir plein de promesses inattendues, ces interstices qui justement naissent dans vos &#339;uvres et nous donnent envie de regarder &#224; nos pieds, les trous noirs dans lesquels nous n'avons jamais os&#233; sauter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut des cr&#233;ateurs d'antimondes &#224; explorer au-del&#224; de l'&#339;uvre. Des g&#233;ographes de nouveaux espaces et lieux, dynamiques de nouveaux textes, des espaces que l'on identifierait comme des lieux puisqu'ils nous appartiendraient en plein, pas &#224; Google, pas &#224; Microsoft, pas &#224; ces empires qui font de nos pixels des enjeux g&#233;opolitiques bien trop s&#233;rieux en regard des usages superficiels des masses que nous formons. L'art pour nous rattraper de cette acc&#233;l&#233;ration oblig&#233;e, l'art comme moteur pour reconcentrer en nous ces ext&#233;riorisations &#224; l'extr&#234;me de nos &#233;motions et sens dont nous sommes d&#233;sinvestis, d&#233;sengag&#233;s par la m&#233;canique fantasmagorique qui gagne toujours, qui gagnera tant que fonctionnera la mystique technologique. Nous &lt;i&gt;processualisons&lt;/i&gt; autour d'une gigantesque carte-m&#232;re. Parfois, &#231;a freeze, c'est l'occasion d'une grande respiration. Avec une angoisse quand-m&#234;me, si l'on commence &#224; vouloir changer de monde, est-ce que l&#224;-bas, il y aura du wifi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous avez trouv&#233; une sortie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J'ai suivi une ligne de fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous n'avez pas eu peur de vous perdre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; chaque instant, mais c'est justement comme &#231;a que j'ai trouv&#233; la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela a l'air merveilleux&#8230; Mais, le danger n'est-il pas de mettre ces mondes secrets en curiosit&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Herbert Marshall McLuhan (1911-1980, Canada) Philosophe, th&#233;oricien de la communication et professeur de litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alphabet ou lettre arabe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pier Paolo Pasolini. &#171; Il vuoto del potere in Italia &#187; (le vide du pouvoir en Italie), Corriere della sera (journal italien), 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 1975. Voir &#233;galement l'ouvrage de Georges Didi-Huberman. Survivances des Lucioles, &#233;d. De Minuit, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Baudrillard. Simulacres et simulation, &#233;d. Galil&#233;e&#184;1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture :&lt;br class='autobr' /&gt;
Farah Khelil, Lignes, 2015, collage on paper, 10 x 15 cm, Courtesy Farah Khelil, &#169; Photo : Farah Khelil&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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